- tu les reconnais ? Demanda une voix.

Cette voix le fit revenir à la réalité. Ce n'était pas le chien des enfers qui se tenait face à lui, mais trois loups, attachés par le cou à une longue chaîne tenue par Euristhée, le beau-frère d'Hercules.

- ce sont des créatures fascinantes, dit Euristhée à propos des loups. Ils sont dangereux, sauvages, mais si on les nourrit, il deviennent très... fidèles. On m'a rapporté qu'ils s'étaient régalés de la chair de ta femme... et de ta fille.

- Toi ! Pourquoi ?

- Le peuple t'aimais trop, il t'aurait voulu roi...

- je n'ai jamais voulu être roi !

- Je sais. C'est justement le problème. Un homme comme Cotys peut être acheté, mais un homme qui ne veut rien... le seul moyen de s'en débarrasser, c'est de le détruire.

- Cotys ?

- Oui, intervint le roi. Euristhée a entendu parler de mes problèmes, et m'a parlé de toi. Je voulais être roi de Thrace, maintenant je brûle d'envie d'un empire, et grâce à toi, je peux l'obtenir.

- Hercules, intervint Liz, ne les laisses pas gagner ! Tu es le fils d'un dieu, tu dois nous sauver ! Tu dois sauver la Thrace !

- Ça suffit. Tuez la sorcière, ordonna Cotys.

Un garde armé d'un hache ouvrit la porte de la cellule de Liz, grâce aux clés qu'il portait à la ceinture. Il la saisit par le bras, et la mena jusqu'à un billot. Elle se débattit vivement, mais il était trop fort pour elle.

- lâchez-la ! Hurla Tom.

Benedict tenta de défoncer la grille de sa cellule à coup d'épaule. Hercules commença à tirer sur ses chaînes. Elizabeth fut attachée au billot. Elle appela à l'aide. Le bourreau leva sa hache. Les larmes aux yeux, elle continua de se débattre, et appela à nouveau à l'aide. Lucas serra les poings et poussa un hurlement de rage. Il tendit les bras en avant, dirigés vers le bourreau, et ouvrit les mains, d'où sortirent une lumière rouge, qui frappa l'homme de plein fouet. Hercules réussit à tirer suffisamment fort sur ses chaînes pour desceller les pierres du sol, et il envoya l'une des deux pierres exploser l'arrière du crâne du bourreau. Épuisé, Lucas perdit connaissance. Euristhée lâcha ses loups et décida, tout comme Cotys et Sytaclès, qu'il était temps de partir. Les trois loups se jetèrent sur Hercules, qui réussit à les tuer, même s'ils lui infligèrent quelques blessures. Le troisième loup fut le plus coriace. Hercules lui planta dans le crâne la dent de lion que lui avait rendu Arius. Il alla ensuite libérer Elizabeth. La jeune femme, les mains légèrement tremblantes, se dépêcha de prendre les clés des cellules sur le cadavre du bourreau, puis ouvrit toutes les portes. Sitôt sortie, Enaya se précipita vers Lucas. Elle le secoua légèrement, et il ouvrit les yeux.

- ça va aller ? Lui demanda-t-elle doucement.

Il hocha la tête et se leva difficilement, pour retomber presque aussitôt.

- Egernia, dit Enaya, restez avec lui. Restez en sécurité, tous les deux.

- C'est hors de question, mon fils est aux mains de son grand-père. Je ne l'y laisserais pas.

- Il n'y est pas, répondit-elle. Autolycos l'a fait sortir de la ville.

- Quoi ?

- C'est Ilian qui est aux mains de Cotys. Nous avons échangé leur apparence.

- Alors vous m'avez encore menti... dit Hercules.

- Un secret est mieux gardé s'il n'est pas partagé. Même Tom et Benedict n'étaient pas au courant. Dans ces conditions, madame, je vous refais ma demande. Restez avec Lucas, et gardez le en sécurité.

- Oui, dit Egernia. C'est d'accord.

- Bien. Ne vous en faites pas, cette histoire aura une fin heureuse.

- Alors ne perdons pas de temps, dit le colosse, nous avons des comptes à régler.

Il se tourna alors vers Rhésos :

- je suis désolé, dit-il. Je ne savais pas.

Rhésos hocha silencieusement la tête. Hercules souleva la herse de la prison et tous sortir à sa suite .

Des gardes les attendaient dans l'escalier, et ils se battirent. Du coté de Cotys, il n'y eu pas de survivants. L'un d'entre eux réussit tout de même à envoyer sa lance en direction d'Ampharios. La lance s'enflamma, et le devin, persuadé que son heure était venue, ouvrit les bras. Hercules attrapa la lance au dernier moment.

- excuse-moi, c'était mon moment ! S'exclama le prophète.

- Tu me remercieras plus tard.

Ils arrivèrent dans le grand hall.

- je m'occupe d'Euristhée, déclara le fils de Jupiter.

Et il prit le couloir de gauche vers la salle du trône. Liz le suivit discrètement. Paniqué et acculé par Hercules, Euristhée tenta sa chance en essayant de convaincre le colosse de ne pas le tuer.

- Je te donnerai de l'or, des montagnes d'or !

Hercules le poussa sur le trône.

- je te donnerai ce que tu veux, si tu acceptes de me pardonner.

- Tu veux que je te pardonne ? Répéta le colosse. Demandes à ma famille de te pardonner !

Et il planta la propre épée de son beau-frère dans sa poitrine. Il sentit soudainement quelque chose s'enrouler autour de son cou, et tomba en arrière.

- c'est la première fois que je vais tuer un dieu, lui dit Sytaclès en levant une massue.

Mais presque aussitôt, il lâcha son arme et tomba à genoux. Hercules découvrit Lis derrière lui, les mains posées sur ses tempes : elle contrôlait son esprit. Elle le fit tomber en arrière et se pencha au dessus de lui le maintenant à terre.

- Oh, dit-elle d'une voix doucereuse, si tu savais les visions que tu fais naître dans mon esprit...voilà de quoi les calmer.

Elle sortit un couteau de sa manche, et le planta dans la gorge du général, avec un regard haineux.

- ne pose jamais la main sur une américaine.

Puis elle se releva, et tendit la main à Hercules. Celui-ci la prit, se releva, et la regarda, à la fois surpris, choqué et admiratif.

- vous êtes vraiment surprenante.