Et me revoilà :)

Je tenais à dire que j'ai écrit ce chapitre pendant mes vacances à la mer, alors bénissez-moi pour avoir renoncé à la plage pour vous! (Nann, je dèc', je déteste la plage) J'espère que ce chapitre vous plaira. Personnellement, je ne le trouve pas extraordinaire, mais au fond, je l'aime bien. C'est un peu comme le genre de vieilles fringues qu'on trouve dans une friperie, usé, moche, mais qu'on finira quand même par acheter parce-que quelque chose dedans nous parle. Bref.

Merci beaucoup aux reviewers (Lynshan, Zelda-sama, Miwa Powa, Satine et Rin Nakano bien sûr, héhé) et plus particulièrement à Ginnii qui m'a fait très plaisir :D Quand aux gens qui m'ajoutent à leur Story Alert List, ça serait gentil de me dire ce que vous en pensez, parce-que bon, c'est gentil, vraiment, mais c'est un peu comme les gens qui vous rajoutent en tant qu'amis sur MySpace et qui viennent pas vous parler... Get it? Bref xD

J'espère qu'à tous, ce chapitre vous plaira et répondra à vos interrogations!

Chapitre 10

- Potter...

Harry tourna la tête du côté de Drago. Ce dernier était parfaitement réveillé bien qu'ayant l'air un petit peu secoué. Il avait toujours ce teint maladif qui à présent faisait entièrement partie de son apparence quotidienne, mais leur rencontre de ce matin n'avait pas l'air d'avoir laissé de séquelles. Une bouffée de soulagament envahit le Gryffondor.

- Tu vas bien?

Ne tenant pas compte de la question, Drago enchaîna:

- Ton pote, la Belette...

Harry tiqua.

- Attends, attends, pendant que Ron et Hermione étaient là, tu nous écoutais?

- Vous m'avez réveillés, crétins, à faire un boucan de tous les diables! soupira Malfoy en levant les yeux au ciel. Et que j'ai remarqué qu'ils étaient là ne signifiait pas que j'écoutais en douce votre conversation totalement sans intérêt, au passage. Sois heureux que je ne me sois pas jeté sur Weasley après ces insinuations que tu serais capable de me battre à plate couture...

Harry eut un sourire en se rappelant le pin qu'il s'était pris de sa part et se dit qu'effectivement, Ron était bien loin de la vérité.

- Au fait, vous vous êtes disputés dernièrement?

Le sourire de Harry disparut et il grogna:

- Pas tes affaires.

L'autre ricana.

- Pas confiance en l'ennemi, hein Potter? Ecoute-moi bien sur ce point: fais attention à Weasley. Il est dangereux.

- Conneries.

Et pourtant, pourquoi Ron lui avait-il paru si froid et distant? Tout à l'heure, cette attitude... ce n'était pas Ron. Quelque chose en lui avait changé. "Non, ce n'ets pas vrai. Bon sang! C'est mon meilleur ami, je ne peux pas douter de lui!" se morigéna Harry. Mais son visage dut le trahir car Malfoy eut un petit reniflement dédaigneux.

- Tu vois? Même un bigleux comme toi l'a remarqué.

- Ce n'est pas vrai! s'exclama Harry, s'obstinant dans sa voie. C'est mon ami, j'ai confiance en lui. Ron ne pourrait faire de mal à personne.

- C'est ce que tu crois?

Malfoy s'était relevé sur un coude, une lueur de défi brillant dans son regard. Ses couvertures avaient glissé, dévoilant un corps recouvert de bandages, à un point que c'en était effrayant. Au cou, Harry remarqua que des bandelettes avaient été proprement tranchées; une tâche rouge commençait à s'étendre, fleur ouvrant ses pétales couleur de sang.

- Malfoy, tu saignes!

Le Serpentard prit un air rêveur et porta la main à son cou, passant un doigt sur ses plaies.

- Je me demande... qui était cette personne rousse au regard dément...

Il planta ses yeux dans ceux de Harry.

- ... qui a soigneusement essayé de me trancher la gorge, finit Drago dans un souffle.

A mesure que l'information parvenait au cerveau de Harry, son visage se décomposait. Alors, c'était cela que Ron faisait tout à l'heure, leur tournant le dos? Cette haine pour Malfoy avait-elle réussi à se changer en rage meurtrière? Harry avait de la peine à le croire. Non, il ne voulait pas le croire. Pourtant, tout concordait. Tout concordait horriblement.

- Ce n'est qu'une mise en garde Potter. A ta place, je ne dormirais que d'un oeil.

Le Serpentard était en train de fouiller les tiroirs de sa commode et en ressortit un rouleau de bandages qu'il s'empressa d'enrouler autour de son cou avant le retour de Pomfresh.

- Malfoy, pourquoi dis-tu que je devrais me méfier de lui?

Malfoy s'arrêta dans son geste, son bras en suspens serrant toujours le rouleau de bandelettes. Une mimique agacée passa sur ses traits.

- Tu n'as pas écouté ce que je viens de te dire? Il a essayé de me tuer Potty, ton crâne est-il à ce point épais pour que ça ne rentre pas?

- Ce n'est pas après moi qu'il en a.

Drago lui jeta un coup d'oeil distrait et continua à s'affairer avec ses bandages. Harry, frustré qu'il ait porté si peu d'attention à sa remarque relança:

- Alors quoi?! Ca ne te fait rien d'être en danger de mort? Es-tu conscient de ce qu'il risque de t'arriver si tu continues à prendre ça à la légère? Merde! T'as si peu de respect pour la vie que tes parents t'ont offert?!

Sa dernière phrase, Harry l'avait presque criée. Et il s'attendait à tout sauf à ce que Malfoy éclate d'un rire cristalin, franc, et réellement amusé.

- Que me sors-tu là l'ami Potter? Ma mère m'a mis au monde dans le seul but de donner un héritier à la lignée des Malfoy. La vie n'est qu'un passage obligé dans l'existence d'un être humain, qu'elle soit bonne ou mauvaise, à la fin, tu finiras quand même mort. C'est triste, non? La vie n'est rien, mais c'est vrai que quitte à mourrir, que ce le soit de ma propre main plutôt que de celle de la Belette. Pas très glorieux, ne trouves-tu pas? Haha! Ne t'inquiètes pas, j'ai survécu aux Mangemorts, je survivrais bien à la crise de folie d'un adolescent névrosé!

Pendant qu'il parlait, un grand sourire étirait ses lèvres. "Comment peut-il parler de choses si sombres avec une telle légèreté?", se demanda Harry, choqué par l'attitude du garçon.

Peut-être tout simplement parce-que les ténèbres étaient son lot. Le sombre, son quotidien. Pendant un intstant, il eut pitié de cet être fragile à côté de lui, aux cheveux si blonds et au sourire si plein de lumière qu'il en éclipsait le soleil. Dans ces ténèbres, il avait l'air d'une flamme. Non pas de celles qui brûlent, mais de celles qui givrent. La beauté est faite pour être intouchable, qui mieux que la glace peut-elle la conserver? "C'est ça, se dit Harry. Une étoile dans la plus froide et sombre des nuits."

- Vis, s'il te plaît.

Harry l'avait à peine soufflé, mais Malfoy s'arrêta. Lentement, il reposa les bandes sur ses couvertures, tandis que de son sourire ne restait plus qu'une fine courbe, presque imperceptible. Et pourtant emplie de ce que Harry crut identifier comme de la tendresse.

- Ne t'inquiètes pas, j'ai dit. Je ne t'abandonnerai pas, finit-il dans un chuchotis.

Il se tourna vers Harry et celui-ci, pour la première fois décela dans le regard du Serpentard comme de la confiance. "Je ne t'abandonnerais pas non plus", se promit Harry. "Même si cela doit me coûter la vie, je resterais à tes côtés". Mais il se rendit compte que c'était faux. Il l'avait déjà abandonné.

-Mon rêve...

C'était clairement un abandon. Il lui avait lâché la main. Pour son bien, peut-être, mais de ce fait il avait renoncé à lui purement et simplement.

Malfoy se raidit. Il détourna les yeux et commença à jouer avec ses bandelettes.

- Nous avons eu le même rêve, n'est-ce pas? insista Harry.

Le Gryffondor vit Drago lâcher un soupir et ses épaules s'affaisser. Avec réticence, il releva la tête et dit entre ses lèvre à peine entr'ouvertes:

- Cette bille, garde-la précieusement. Ne laisse personne d'autre la toucher. Et si quelqu'un vient à en connaître la signification...

Drago prit une grande inspiration et Harry remarqua que ses yeux étaient devenus un peu plus brillants et humides.

- Si quelqu'un vient à en connaître la signification, reprit Drago, la voix un peu plus rauque, détruis-là.

Harry ne savait que répondre.

- Qu'est-ce que c'est? demanda-t-il après quelques instants de silence.

- Quelque chose de très précieux pour moi, répondit Drago les yeux baissés. Quelque chose qui nous concerne tous les deux et qui ne saurait tomber entre de mauvaises mains.

- Si ça nous concerne tous les deux, tu peux au moins me dire ce que c'est censé être, non? insista Harry, sa curiosité maladive l'emportant sur la délicatesse.

- Moins de personnes le savent, plus la bille est en sûreté, contra Drago. Je te le dirais quand tout ça sera terminé.

Malfoy avait à présent un air de tristesse indéfinissable sur son visage, ce qui dissuada Harry de le harceler de questions, de ce qu'était le "ça" qui devait se terminer au pourquoi du danger que cette bille représentait. Mais dieu que se réfréner était frustrant.

- Dors, lui ordonna Harry, décidant que c'était la meilleure solution pour faire taire toutes ces interrogations que se bousculaient dans sa tête.

- Je n'ai pas d'ordre à recevoir d'un Gryffondor! rétorqua Drago, retrouvant tout d'un coup toute sa trempe.

- Dors je te dis, avant que Pomfresh ne se ramène avec une de ses potions de Sommeil imbuvables!

Envisageant plus sérieusement cette option, le Serpentard ne se fit pas plus prier et replongea sous les épaisses couvertures de l'infirmerie. Harry, satisfait, tira ses draps jusqu'au menton et murmura pour lui-même:

- Dors, mon ange...

Dans le lit jouxtant celui de Harry, un petit sourire gêné apparut sur les lèvres de l'ange qui en occupait les couvertures.

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Harry put sortir de l'infirmerie quelques jours après, le temps que "ses côtes recollent les milliards de morceaux en lesquels elles s'étaient éclatées", comme le disait si bien Pomfresh (qui avait une certaine tendance à dramatiser, histoire de persuader les élèves de ne plus "se blesser inutilement). Malfoy quant à lui avait encore quelques jours de convalescence à tuer, étant de nature plus fragile et ayant en plus de ça "un traumatisme crânien à en faire frémir un oeuf dur". Toujours est-il qu'une fois de plus, les Gryffondors s'en sortaient mieux que les Serpentards ( dixit lesdits Gryffondors).

Harry reprit sa routine quotidienne. Les cours s'enchaînaient, les repas, les entraînements de Quidditch ainsi que les devoirs, en masse à cette période de l'année. Aucune dispute n'avait eu lieu avec Ron et Hermione depuis. Ron n'avait pas une seule fois eu l'attitude étrange de sa visite à l'infirmerie. Drago se rétablit. Et fit comme d'habitude. Comme si rien ne s'était passé. Toujours. Piques lors de leurs rares rencontres. Mépris affiché. Sourires cachés. Toujours. La routine.

C'était le soir. Harry avait eu une longue journée et était en route pour la classe de Sortilèges en compagnie de Ron et d'Hermione. Ils faisaient partie des derniers à arpenter les couloirs de l'école à cette heure. L'échos de leurs pas était le seul bruit leur parvenant.

- C'est injuste que ç asoit les 6e année qui aient hérité de cette heure du soir, grommela Ron, rajustant son sac lourd malgré les nombreux livres qu'il avait pris le soin d'oublier.

- Ron, l'an prochain c'est les ASPIC, nous avons besoin de cette heure! le réprimenda Hermione, outrée. Je n'ai toujous pas bien saisi le sortilège d'expulsion et on a une interrogation dessus dans deux semaines, avec les devoirs d'Arithmancie et ceux de Métamorphose, je n'y arriverais jamais...

- Arrête Hermione, intervint Harry, las des lamentations de son amie, c'est toi qui a obtenu les meilleurs résultats la dernière fois, deux semaines seront largement suffisantes!

Hermione sortit son agenda et en marmonnant, essaya de trouver un trou dans son emploi du temps qui pourrait lui permettre de s'entraîner à l'utilisation de ce sortilège.

- Eh Harry, faudra essayer de s'arranger pour caler un entraînement de Quidditch quelque part, fit remarquer Ron en jetant un coup d'oeil à l'agenda d'Hermione. Le match contre les Poufsouffles est pas loin, ça serait bête qu'on perde contre ces losers!

- Je crains que tu te sois trompé de maison Weasley, les perdants de ce match seront les Gryffondors, avec un tel capitaine...

Harry eut du mal à cacher la joie sur son visage quand il reconnut la voix de Malfoy. Cela faisait déjà quelques temps qu'il ne l'avait pas croisé et sa présence lui manquait... étrangement. "Restons dans le jeu", se dit Harry.

- Heureusement que tu n'es pas celui de Serpentard, déjà que le niveau est au ras des pâquerettes, ça finirait en tournoi chez les Moldus!

Drago, appuyé contre un mur, eut un petit sourire narquois. Blaise Zabini ainsi que Théodore Nott l'accompagnaient, une expression de désintérêt complet s'affichant clairement sur leurs visages.

- Ne perds pas ton temps avec eux, intervint Nott avec un reniflement de mépris. Ils ne valent rien.

Drago l'écouta d'une oreille distraite, mais se décida tout de même à se décoller du mur et à suivre ses compagnons qui s'enfonçaient déjà dans les couloirs sombres du château.

Un frisson de révolte parcourut l'échine de Harry. Comment pouvaient-ils se permettre d'interrompre un des rares moments qu'il pouvait passer avec Drago? Comment avaient-ils l'audace de le lui enlever, d'enlever l'étoile qui brillait dans sa nuit? Il ne se posait même pas la question du pourquoi il avait à ce point besoin de celui qui auparavant avait été son ennemi, pourquoi cette rage bouillait en lui, pourquoi ce désespoir qui teintait ses pensées. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il le voulait du plus profond de ses entrailles.

- Malfoy!

Sans en avoir entièrement conscience, il avait emboîté le pas au Serpentard et l'avait quasiment rattrapé. Le blond s'arrêta, et se retournant à peine, lui demanda:

- Que me veux-tu?

Un instant, Harry fut troublé. Etait-ce de la supplication dans sa voix? Que voulait-il dire? Voulait-il lui parler ou au contraire, l'éviter? Par ces simples mots, Drago avait réussi à l'embrouiller.

Le silence s'éternisant, Drago soupira.

- Si c'était pour le seul plaisir de prononcer mon nom, ceci était inutile...

- Je veux te parler.

Ce n'était pas une proposition, encore moi une prière. Il s'agissait d'un ordre. Irréfutable. Malfoy dut en prendre conscience car il se retourna, essayant de ne trahir aucune émotion.

- Allons-y, lui répondit-il simplement.

Ils s'aventurèrent dans l'un des couloirs sinueux de Poudlard, chacun laissant ses compagnons en plan.

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- Alors, de quoi voulais-tu me parler?

Les deux garçons étaient face à face, chacun appuyé contre une face différente d'un couloir perdu entre de nombreux passages cachés, et donc, introuvable. Ou du moins, ils l'espéraient.

- Je... Tu vas bien?

A vrai dire, Harry n'avait aucune idée de ce qu'il avait à lui dire. Il voulait juste être avec lui. Le savoir près de lui, juste parler un peu. Pour gagner du temps.

Drago eut un petit rire et tout en chassant quelques mèches qui lui obstruaient la vue, il dit:

- Tu te faisais du souci pour moi, hein? Et bien... ça va. Mes blessures sont guéries même si évidemment, je garderais quelques cicatrices. Aucune nouvelle des Mangemorts ni de ma très chère mère; tant mieux, non? Je ne suis même pas sûre qu'elle m'accepte chez elle pour les vacances d'été (Il rit). Je ne mange toujours pas énromément, même si ça s'améliore. La nourriture me dégoûte. Tu le savais? Non. Bien, maintenant tu le sais. Je dors un peu mieux, mais ça ne chasse pas mes cernes. Je me suis débarassé de Crabbe et Goyle. Bonne idée n'est-ce pas? Ils respiraient si fort qu'il ne me restait plus d'oxygène. Voilà. Je crois que c'est tout.

Un silence se posa sur eux.

- Et toi?

Harry sursauta. Pendant les quelques moments qu'il avait passés en compagnie du Serpentard, il avait fini par s'habituer à son narcissisme et à son ego surdimensionné. Ce retour de question le surprenait.

- Bahh... ça va. Avec Ron et Hermione, tout va bien. Les cours, ça va. Je n'ai pas beaucoup de temps pour entraîner l'équipe de Quidditch, mais on va devoir s'en sortir. Tout est horriblement routinier. Tu me manques.

Cette dernière phrase avait jailli sans prévenir, et Harry se retint de porter instinctivement sa main à sa bouche. Trop tard. Drago eut un petit rire bref, teinté d'une pointe d'amertume.

- C'est fou comme on peut s'attacher à n'importe qui, hein?

- Oui, c'est fou. Pourquoi?

- Pourquoi? Parce-qu'un jour, Mr Potter s'est décidé à s'intéresser à mon cas un peu plus en profondeur, lança Malfoy un rictus collé aux lèvres.

Ce fut à Harry de rire. Mais d'un rire différent de celui de Drago. Beaucoup plus vivant. Son rire s'éteignit lentement, comme les dernières flammes d'un feu déjà en cendres.

- Et puis ça s'est enchaîné, souffla-t-il plus pour lui même que pour Drago.

Silence.

- Je crois...

Drago s'arrêta. Il semblait chercher ses mots. Finalement, il se ravisa.

- Non, c'est ridicule.

- Dis toujours, lâcha Harry.

- Je crois... que je ne me suis jamais senti aussi "moi" depuis ce jour-là.

- L'adrénaline, t'aimes hein? rigola le Gryffondor.

- Ris, crétin. Ca me fait du bien.

Harry crut que son coeur allait éclater tant cette phrase l'emplissait de joie. Alors comm eça, il rendait Malfoy heureux? Pour Harry, cette phrase était comme une délivrance. Elle signifiait que les maux dont souffrait Malfoy étaient partis et que maintenant, il s'accordait de vivre. Enfin.

En quelques pas, Harry était près de Drago et le serrait fort, fort dans ses bras. Le réflexe du Serpentard fut d'abord de se débattre, de s'échapper de cette étreinte; puis se rendant compte qu'elle n'avait rien d'une menace, il laissa faire. Enfin, Harry sentait le corps de Drago contre le sien. Enfin, il sentait sa chaleur, la vie qui emplissait cet être de glace. Enfin, il sentait son coeur. Ce coeur qui battait si fort et si vite et si près du sien. Drago était vivant et près de lui. Plus rien ne le rendait plus heureux en cet instant.

- Tu es un ange, souffla-t-il, les cheveux blonds lui chatouillant la bouche.

- Idiot. Mes ailes, ça fait longtemps que je les ai perdues.

Le souffle chaud de Drago se perdit dans son oreille, mais n'en ressortir qu'un frisson. La réalité de ces mots le glaçaient. Et lui donnaient envie de le serrer encore un peu plus fort. Et lui transmettre cette chaleur qu'il sentait dans sa poitrine quand il le voyait.

Ils s'éloignèrent légèrement l'un de l'autre, désserant leur étreinte. Harry remarqua qu'ils faisaient exactement la même taille. "Moi qui m'étais toujours pris pour un gringalet", se dit-il amusé. Du bout des doigts, Harry chassa les quelques mèches de cheveux blond platine qui lui empêchaient de voir les yeux de Drago. Qui eux, brillaient de mille feux. "La beauté est faite pour être intouchable", se répéta Harry. Et pourtant, cette règle, il ne pouvait la tenir. Il ne savait si c'était parce-qu'il faisait si sombre, si c'était ces yeux au regard suppliant, ce bonheur dont il était empli ou juste cette chaleur qu'il ressentait au creux de la poitrine, mais il ne put s'y résoudre. Il posa ses lèvres sur celles du Serpentard en une douce caresse. Rien de plus. Juste assez pour exprimer ces émotions qui lui parcouraient le corps. Juste assez poue ne pas dévoiler toute la violence de ces sentiments, qu'il ne pensait pas encore accepter. Juste assez pour lui dire que non, il ne l'abandonnerait pas.

Dans un des passages secrets par lesquels les deux jeunes hommes se sentaient protégés, des yeux les épiaient. De leur arrivée jusqu'à ce moment précis, ces yeux ne les avait pas quittés un instant, les suivant conscienscieusement dans leurs moindres faits et gestes. Un obsevration froide et calculatrice.

Si on s'était approchés à quelques centimètres de ces yeux, on aurait pu entendre un refrain à présent devenu familier.

- Malfoy... je te hais.