Désolée du retard mais le bac approche à grand (très grand) pas :/ et il faut bien que je bosse un peu !
Je pense d'ailleurs que j'aurais moins de temps pour écrire donc je tarderais un peu à publier.
Je n'ai pas répondu à vos reviews mais bon, vous savez que je vous en remercie et les réponses à vos questions se trouveront peut-être dans ce chapitre (faut espérer en tout cas !).
Pour me faire pardonner de mon retard il est plus long que les autres et avec un petit quelque chose qui manquait jusqu'à maintenant et que vous apprécierez (ou pas) !
PS : je n'ai pas eu le temps de me relire donc désolée pour les possibles fautes !
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« Je sais que tout ça est brutal pour toi mais s'il te plaît j'aimerais savoir ce que tu en penses ! »
Je reprends pied et tourne la tête vers Edward. Cela doit faire un bout de temps déjà que je suis perdue dans les méandres de mes réflexions.
Malgré ça, je suis à court de mots.
« Hum, franchement je ne sais pas quoi te dire Edward. Je... J'ai besoin d'un peu de temps pour prendre conscience de toutes ces informations. »
« Prends tout ton temps. » Il me fait son habituel petit sourire en coin.
Il m'avait manqué celui-là.
Je laisse quelques secondes passer et le regarde sortir un paquet de cigarette de son manteau.
« Après tout ce qui t'es arrivé tu reviens finalement ici. Tu aurais pu rester en Irlande et reprendre tout à zéro, ou alors rester à Chicago auprès de ta famille. »
« C'est vous ma famille. » Dit-il comme une évidence.
« Si tu l'dis… Même si Charlie t'as pris sous son aile quand tu as débarqué ici et que Emmett est ton plus vieil ami ça ne change pas. Si tu pensais arriver ici et te refaire une place aussi facilement dans nos vies tu es vraiment optimiste, voire très égoïste. »
Il acquiesce doucement de la tête tout en tirant plusieurs taffes de sa cigarette.
« Peut-être que tes raisons sont plus acceptables que celles que j'imaginais jusqu'à maintenant et que je comprends le fait que tu veuilles retrouver les personnes qui a une époque ont été là pour toi, mais est-ce que tu as été là pour eux toi ? Quand Emmett a repris le garage de Billy après son accident ? Quand Charlie a dû prendre soin de son meilleur ami ? Quand Em' et Rose ont commencé la construction de leur maison ? »
Quand j'ai accouché de Leah ?
« Tu avais peut-être de gros problèmes mais tu aurais pu nous donner plus de nouvelles de toi et t'inquiéter de notre sort, nous montrer que tu ne nous avais pas oublié et que nous comptions toujours pour toi. De mon point de vue personnel tu as plus donné l'impression que tu ne reviendrais jamais et que tu voulais couper définitivement les ponts avec nous. »
Ma gorge s'assèche d'avoir autant parlé. Je scrute Edward dont la mine s'est affectée à mesure de mes mots.
D'un côté j'aimerais lui dire à quel point je souffre d'apprendre ce qu'il a traversé et que j'espère que maintenant le meilleur est à venir pour lui. Seulement de l'autre, je dois être impartiale et dure envers lui car il nous a aussi fait souffrir et certaines conséquences de ces actes sont irrécupérables. Les conséquences sur ma fille par exemple.
Il termine nerveusement sa cigarette avant de prendre la parole.
« Comme je te l'ai dis je pensais faire au mieux même si j'avais conscience que je faisais malgré tout n'importe quoi. Je ne voulais pas vous nuire avec mes conneries pour que vous puissiez vivre tranquillement. Mais bon, je savais que je ne pouvais pas disparaître totalement alors je donnais de temps en temps de mes nouvelles à Charlie et Emmett. »
J'eu un rictus de dépit à sa dernière phrase.
« En parlant de ça, j'aimerais que tu me dises pourquoi tu n'as pas pris la peine de me téléphoner directement, au moins lorsque tu es parti. »
« Charlie et Emmett connaissaient déjà mes problèmes passés, je voulais te préserver, surtout avec ce que tu vivais. »
Je réponds instantanément très en colère. « Tu ne m'as pas préservé, tu m'as caché des choses que je devais savoir avec la complicité de mon père ! Pendant longtemps je me suis sentie mal et abandonnée, maintenant je me sens limite trahie et mise de côté par vos cachoteries. J'aurais aimé comprendre dès le début et pas 4 ans plus tard ! »
« Charlie était d'accord avec moi sur le fait de te laisser dans l'ignorance, je l'sais on a eu tord mais c'était tout sauf pour te faire du mal ! On ne peut pas revenir en arrière mais crois moi que j'aurais agis différemment si j'avais su ! » Sa voix est aussi forte que la mienne.
« Tu pensais que j'aurais mal réagi en apprenant le fait que tu sois un junkie ? »
« Non, je sais que tu es quelqu'un de tolérant et ouvert d'esprit, exactement comme ton père. Je m'étais dis que de toute façon dans mon état je ne pouvais pas t'approcher, encore moins Leah. »
« Et maintenant qu'est-ce que tu veux ? Qu'est-ce que tu comptes faire ? Tu restes définitivement à Forks ou tu vas repartir ? » Les mots fusent de ma bouche sans réfléchir.
Edward me fixe en silence et la vive tension qui s'est installée plus tôt redescend un peu.
Il réduit l'espace nous séparant. « Ce que je peux t'assurer c'est que je ne compte pas repartir une nouvelle fois, je reste pour de bon. Même si cela va prendre du temps je veux retrouver ma place parmi vous. » Il passe une énième fois la main sur ses cheveux. « Je… Hum, j'aimerais aussi passer du temps avec Leah et rattraper ce que j'ai raté. »
A la mention de ma fille je ne peux m'empêcher d'être sur la défensive. « Tu crois que je vais accepter aussi facilement ? Il faudrait d'abord que je te fasse confiance ce qui est loin d'être le cas ! »
« Je ferais ce qu'il faut pour que ça change. » Il murmure presque.
Je souffle épuisée. « Et tu crois aussi que c'est simple ? Leah n'a que 4 ans et même si elle est très intelligente je ne vais pas t'introduire dans sa vie comme ça ! Il est hors de question de la perturber ! Alors si tu veux la voir tu vas devoir attendre, et encore ce n'est pas sûr que ça se fasse. Comprends bien que si tu entres dans sa vie c'est pour ne pas en sortir. »
« Je comprends, je comprends. Tu doutes encore de moi mais je vais faire en sorte que ça ne dure pas, et ne t'inquiète pas je ferais au mieux pour ne pas perturber votre quotidien. »
Nous nous dévisageons sans un mot. Je vois à quel point il semble déterminé mais aussi serein et confiant.
En apparence Edward est un homme comme les autres, sans trace des troubles et des traumatismes qu'il a connu il y a peu. Au final j'ai l'impression de le retrouver exactement tel qu'il était quand il m'a quitté.
A l'exception bien sûr de ses cheveux qu'il a coupé très court, des traits encore plus durs de son visage, il doit avoir 28 ans je crois, et de cette lueur sombre qui trouble ses iris.
Quand je le vois, des souvenirs me viennent à l'esprit et l'envie de lui accorder toute ma confiance obstrue ma raison, j'en oublie presque ces dernières années. Je dis bien presque…
Je soupire de frustration.
Je comptais en finir avec lui et pourquoi pas me défouler un peu pour tous mes moments de colère, de tristesse et de déprime dont il est responsable mais il m'a coupé dans mon élan avec toutes ces révélations.
Désormais je suis partagée entre rancœur et compréhension.
Quel bordel !
Je sens qu'il est temps pour moi de clore cette conversation et me retrouver un peu seule.
Je me lève du banc et ressens la tension dans mes membres après être restée pendant un certain temps dans la même position.
Edward me regarde faire sans expression.
« Ecoutes, je pense que j'en sais suffisamment pour l'instant. J'ai vraiment besoin de faire le point là. »
Comprenant mon départ imminent, il se redresse à son tour.
« Si tu veux m'appeler ou me voir c'est quand tu veux, je suis à l'hôtel pour l'instant mais je cherche à m'installer sur Port Angeles. »
« Euh, ok. Honnêtement j'aimerais que me laisse un peu d'espace pour l'instant, après on verra. »
Ses yeux se voilent. « Ok, c'est comme tu veux. »
Je recule, hésitante, de quelques pas. « Bon, bah salut. Et merci d'avoir été honnête. »
Les mains dans les poches, il me fait un sourire encore plus beau que les précédents. « A bientôt j'espère. »
Je me retourne définitivement et rejoins mon appartement.
La porte à peine claquée je me jette, encore couverte de mes couches de vêtements, sur le canapé.
Ces derniers jours m'ont montré à quel point une simple conversation peut être épuisante.
Comme si je n'en avais pas assez avec tout le reste !
J'attrape mon téléphone sur la table base et compose le numéro de Rose.
« Bella ! Tu viens de rentrer ? Ca va ? »
Ma voix affaiblie par la fatigue lui répond. « Oui on vient de se quitter et oui ça va mais je suis crevée. Dis, ça n'te dérange pas de me garder la p'tite pendant encore un moment je vais m'allonger un peu là ? »
« Pas de problème, si tu veux je la garde cette nuit ? »
« Nan c'est bon, merci. Je viendrais dans une heure environ. »
« Ok, reposes-toi bien ma belle ! »
« Merci, bisous. »
« Bisous. »
Toujours assise sur le canapé je me débarrasse de mon manteau et du reste que je laisse en plan pour me diriger dans ma chambre et en particulier dans mon lit.
Tout ce dont j'ai besoin pour l'instant c'est de repos, on verra pour la suite.
Forks, Juillet 2006
« Hé, Belli-Bella ! Va voir si tu peux détacher Eddie de sa caisse ! »
« Va le faire toi ! J'ai pas envie d'bouger ! »
« Je l'ai déjà fait ça n'a pas marché, c'est à ton tour ! »
Rrrrr !
Satisfait de m'avoir cloué le bec cet idiot d'Emmett me nargue d'un clin d'œil avant de retourner à ses mamours avec Rose.
Comme si j'avais envie de quitter ma place.
Je retourne à la contemplation des flammes dansantes du feu que j'ai moi-même allumé plus tôt.
J'entends à côté Jared et son frère Quil se dire des âneries alors que les couples Emmett/Rose et Sam/Emily nous offrent un spectacle des plus romantico-guimauve.
Alors que la chaleur du feu brûle agréablement mon visage je sens un léger courant d'air que la nuit récemment tombée nous apporte.
On peut dire que les vacances commencent bien.
Malheureusement le devoir m'appelle, ou plutôt Emmett, et je quitte ma place.
Il ne me faut que quelques mètres pour faire le trajet du feu de camp au garage. Je peux déjà entendre le bruit des outils.
Depuis mon arrivée à la Push il y a quelques heures je n'ai pas vu Masen, même au moment du repas il ne s'est pas montré.
A peine entrée dans l'entrepôt je l'aperçois, dos à moi et penché sur le capot ouvert de sa voiture.
Sa Ford mustang noire de 1967 qu'il a pu s'offrir après des mois de travail. Depuis il ne fait que de la bidouiller !
Je connais peu ce cher Edward Masen mais on ne peut pas passer à côté de son grand intérêt pour les voitures anciennes.
Un mec fan d'automobile, quelle originalité me direz-vous !
A environ un mètre de lui je décide de manifester ma présence.
« Hé Masen ! »
Il se redresse lentement et me fait enfin face.
Un petit sourire me vient alors que je constate son allure. Ses cheveux châtains cuivrés sont plus désordonnés que d'habitude, il semble légèrement transpirant et ne porte qu'un marcel blanc couvert de traces noires et un jean troué aux genoux.
Certaines filles de mon lycée le qualifieraient de « super sexy » du fait de son côté négligé.
Je le reconnais aussi et lui trouverais même des airs à la James Dean mais quand on connait un peu mieux Edward il y a plus intrigant chez lui.
Après mon bref examen je remarque qu'il me détaille aussi, en particulier la petite robe que Rose et Emily m'ont « contraintes » de porter. Un bout de tissu minuscule qui me donne l'impression de me balader nue !
Gênée par son regard je romps le silence.
« Après les tentatives d'Emmett, Sam et Jared c'est à mon tour de t'embêter ! »
Il me fait son magnifique sourire en coin. «Je viendrais peut-être un peu plus tard. »
« Tu as dis la même chose la dernière fois, tu n'as plus d'excuses ! Je sais que ton bolide est plus intéressant que nous mais essaye au moins de faire acte de présence histoire de faire plaisir à Em'. »
Il s'adosse contre la voiture, ses mains dans les poches. « J'imagine qu'il est en plein rituel d'accouplement avec Rose donc j'pense pas qu'il se soucie de moi en ce moment. »
Je souffle. « Oui mais tu avais dis tu serais là, j'me retrouve à tenir la chandelle aux amoureux et à observer les gamineries des jumeaux, tu pourrais être solidaire ! En plus tu n'as pas mangé, je t'ai fait ton « super sandwich » pour rien ! »
Son sourire s'agrandit. « Désolé princesse, la prochaine fois j'assurerais et puis le sandwich n'est pas perdu. »
Ma pseudo colère ne peut rien contre sa voix douce et rauque qui me fait comme toujours le même effet troublant.
Ridicule je sais ! Masen sait toujours y faire avec moi.
Comme lorsqu'il veut qu'en plus de la dizaine de sandwichs habituels pour notre soirée je lui prépare son préféré blindé de morceaux de poulet, de tranches de tomate, de fromage et de sauce épicée !
Devant sa moue repentante j'ajoute, orgueilleuse « Actuellement il fait son chemin dans l'appareil digestif d'Emmett donc c'est sûr qu'il n'est pas perdu. »
Il grogne. « Connard. »
Mon rire retentit entre les murs et Edward ne tarde pas à me suivre.
Il s'approche de quelques pas alors que je calme mes rires.
« Tu es très jolie. »
Ma gêne se manifeste une nouvelle fois et je vois une lueur appréciatrice dans ses yeux bleus.
Comme un signe de défense je croise mes bras contre ma poitrine. « Hum, merci. »
« Tu devrais mettre des robes plus souvent. »
« Quand je n'aurais plus la sensation d'être nue avec peut-être ! »
A ma remarque il hausse les sourcils puis se racle la gorge.
« Dis, plutôt que de rejoindre les autres, ça te dis un p'tit tour en voiture ? »
Je prends une mine faussement flattée. « Tu me laisserais le privilège de monter dans ton bolide ? »
Il secoue la tête visiblement amusé. « Arrêtes tes conneries et montes ! »
Je m'installe côté passager sur le siège en cuir noir alors que Edward abaisse le capot avant de me rejoindre.
« Voyons voir les prouesse de mon super bolide ! »
Il démarre alors et un sourire apparaît sur ses lèvres à l'entente du moteur vrombissant. Nous roulons tranquillement jusqu'à la sortie du garage. Je tourne la tête vers ma fenêtre et vois au loin nos amis toujours à leur place autour du feu.
Soudainement Masen accélère et nous partons.
Il roule vite, très vite même sur la route déserte qui s'étend devant nous. Le plaisir qu'il prend est évident alors je ne rouspète pas, de toute façon j'apprécie aussi la vitesse. Je vois à peine clairement le paysage qui défile et me dis qu'il ne manquerait que le toit ouvrant pour profiter pleinement de la balade.
Notre trajet se fait en silence. Un silence qui n'a rien de gênant, cela se passe souvent ainsi entre nous et c'est d'ailleurs ce que nous aimons. Les paroles inutiles nous agacent autant l'un que l'autre et je sais que cela met Edward mal à l'aise lorsque des sujets personnels sont abordés.
Je quitte la fenêtre des yeux pour le scruter discrètement. Ses traits sont détendus mais une certaine concentration émane de lui. J'imagine que cette simple virée et un moyen pour lui d'évaluer le résultat de ses diverses manipulations passées.
Il ralentit alors que nous longeons à présent les falaises de la Push en partie bordées par la forêt presque omniprésente dans ce coin de l'Etat de Washington. Malgré ce que l'on peut dire sur Forks le paysage est vraiment beau, différent de tous ceux que j'ai connus avant mon arrivée.
Nous arrivons sur le parking légèrement surélevé face à la mer. Edward se gare.
Il se tourne vers moi et pose son bras sur le dossier derrière ma nuque.
« Alors ma belle, qu'est-ce que tu en dis ? »
Avec un sourire fier il attend ma réponse.
« Et bien, pour un vieux modèle elle se débrouille pas trop mal ! » Je réponds hautaine.
Il s'esclaffe « En parlant de vieux modèles on pourrait pt'être aborder le cas de ta Chevrolet ? »
« Je sais très bien qu'elle est toute rouillée, qu'elle a du mal à rouler tellement elle est vieille etc, etc… Donc pas la peine d'en parler une fois de plus ! »
« Oh, allez Bella ! Si tu me laissais faire elle deviendrait un vrai p'tit bijou. Comme la mienne ! »
Je lève les yeux blasée. Ce n'est pas la première fois qu'Edward cherche à mettre la main sur mon pauvre 4x4 dans le but d'en faire « un vrai objet de collection ».
« Pff ! Avec toutes les heures que tu passes les mains dans le cambouis j'me demande comment tu ne te lasses pas ! »
Et c'est là que monsieur se lance dans une explication sur son passe temps favoris sans oublier de me détailler les divers opérations qu'il a effectué sur sa chère mustang.
Même si je n'en comprends que le tiers je le regarde amusée par son enthousiasme enfantin mais aussi attendrie par cette lueur brillante dans ses iris.
Les moments où il est si ouvert et bavard sont rares alors j'en profite.
Edward est le genre de personne plutôt renfermée avec une part assez sombre émanant de lui. Comme je l'ai dis, j'en connais peu sur lui mais ses allures de bad boy ténébreux sont révélatrices de son passé difficile.
Quand je suis arrivée il y a 2 ans, il venait tout juste de partir de chez mon père qui l'avait hébergé depuis son arrivée en ville. Charlie ne m'en a pas tellement dit sur lui et tout ce que j'ai pu apprendre de son passé c'est Edward lui-même qui m'en a parlé.
Au début nous ne nous parlions presque pas, par timidité et gêne principalement mais surtout de mon côté parce que cette période fut particulièrement difficile.
Je suis arrivée dans cette ville presque étrangère pour moi, seulement quelques semaines après le décès de ma mère. Je dus alors m'adapter à un nouveau mode de vie et apprendre à mieux connaître mon père. De son côté Masen avait « ses zones d'ombres ».
Mais après s'être autant côtoyés les premières paroles se sont échangées, à cette période je faisais la connaissance de Rose et Emmett donc c'était inévitable, et nous nous sommes tout de suite entendus.
Tout d'abord nous avions abordés des sujets banals dans le but de se trouver peut-être des points communs. Puis il m'a parlé de sa mère morte d'un cancer qu'il adorait et qui a tant souffert à cause de son con de père. Il a aussi évoqué les foyers dans lesquels il a dû vivre et sa nouvelle vie ici. Moi je lui ai parlé de Renée, ma mère, de sa passion pour les voyages qui nous a conduites à vivre dans plusieurs pays d'Europe, de l'accident de voiture qui l'a tuée mais aussi de ma relation avec Charlie.
Parler avec lui est facile, sans prise de tête et malgré nos 6 ans d'écart j'ai l'impression que nous nous ressemblons.
Il ne « m'embête » pas longtemps avec la mécanique et pendant ce qui me semble des heures nous discutons d'autres sujets. Malheureusement ces sujets tournent pour la plupart autour de moi et Masen prends un malin plaisir à me titiller avec ses questions.
« Alors comme ça y'a un gars de ton lycée qui te court après ? »
La moue moqueuse qu'il arbore me fait grogner intérieurement.
« Qui t'a dit ça ? Rose j'imagine. »
Son sourire s'élargit. « Et bien non, c'est Charlie qui m'a parlé d'un charmant garçon du nom de Tyler qui s'est apparemment donné pour mission de devenir ton chevalier servant ! »
Cette fois si mon grognement s'extériorise alors que cet imbécile se bidonne à mes côtés.
« Génial! Vas-y, rigole idiot ! J'vois pas ce qu'il y a de si drôle, il est juste un peu collant ! »
« Il paraît qu'il est venu un jour dans ton lycée avec un bouquet de roses pour toi ? »
« Oui. Parce que la veille au réfectoire il avait renversé un verre de soda sur mes chaussures. »
La mention des idioties de Tyler fit remonter mon agacement. Voilà une des raisons pour lesquelles j'avais hâte d'être en vacances.
« J'espère qu'ils ne sont pas tous comme lui dans ton lycée. C'est franchement pathétique ! »
Je fais la moue. « Il m'a offert des fleurs pour s'excuser de sa maladresse, c'est une gentil attention quand même, non ? »
« Tu va me dire que tu es ce genre de fille ? En extase pour des simples roses ? »
Je ris, sarcastique. « Bien sur que non mais ça fait toujours plaisir d'en recevoir. Ca prouve que Tyler est un gentil garçon, idiot peut-être mais gentil. »
Edward fronce les sourcils. « Tu y crois vraiment à son numéro ? Pitié Bella, tu veux que j'te rappelle qu'elle est la principale obsession des gars à ton âge ? Et ne me contredis pas parce que je sors à peine de cette période ! »
Je hausse un sourcil. « Tu ne fais qu'en sortir ? » dis-je railleuse. « De façon tu n'peux pas comprendre, je suis sûre que tu n'as jamais offert de fleurs à une fille ? »
« Qu'est-ce que tu en sais ? » Sa voix se fait plus grave.
« Et bien, sans te vexer, tu n'es pas le genre de garçon délicat et sensible aux choses romantiques ! La preuve, tu te moques de ce que Tyler a fait pour moi. »
Edward m'observe en silence avec un petit sourire mutin, apparemment je ne l'ai pas trop vexé. En même temps je ne fais que de dire la vérité !
« C'est vrai je ne suis pas très « délicat » mais honnêtement ça n'a rien de romantique son geste ! Pour toi il suffit d'un bouquet de fleur pour être considéré comme romantique. » A mesure de ces mots Edward se penche dans ma direction. « Tu vois, l'homme indélicat et rustre que je suis aurait agit différemment à la place de ce cher Tyler. Pour commencer je t'aurais offert des lys blancs parce que ce sont tes fleurs préférés, puis je l'aurais fait en privé parce que je sais que tu n'aimes pas attirer l'attention. »
Ces derniers mots furent soufflés tout près de mon visage.
Je le regarde silencieuse. Bêtement je reste bloquée sur le fait qu'il connaisse mes fleurs préférée alors que je suis sûre que même mon père ne le sait pas.
L'ambiance au sein de la voiture change radicalement alors que le ton d'Edward ne semble plus être à la plaisanterie.
« Je suis sûr qu'il ne sait pas ces choses toutes simples à propos de toi et qu'il n'a jamais pris le temps d'apprendre à te connaître. C'est vrai, je n'ai jamais offert de fleur à une fille mais c'est parce qu'aucune fille ne m'a donné l'envie d'apprendre à la connaître et de lui faire ce genre de cadeau. Et puis, honnêtement, je préfère des cadeaux plus symboliques et qui durent. » Ses doigts caressent alors le bracelet à mon poignet.
Une chaîne en argent où est accroché un petit cœur en diamant, il a appartenu à Elisabeth, la mère d'Edward et il me l'a offert lors de mon dernier anniversaire.
Alors que je quitte du regard l'objet, je vois comme au ralenti son visage approcher du mien puis ses lèvres se poser délicatement sur ma joue. Je reste immobile, un peu déroutée par ce geste supposé innocent.
Il recule de quelques millimètres et se met à caresser lentement ma joue du revers de sa main, mon regard encontre le sien et s'y accroche.
Je ne peux pas définir ce qu'il se passe entre nous, beaucoup trop surprise et perturbée par la profondeur de ses beaux yeux bleus.
Il ne s'est jamais rien passé de semblable entre nous.
Mon cœur stoppe sa course effrénée lorsqu'il frôle mes lèvres des siennes et qu'il les lie enfin, je ferme mes yeux.
Au début je n'ose pas bouger et me laisse faire, il recule de peu son visage pour me scruter. Le regard plus sombre il s'approche une nouvelle fois. C'est fois-ci je ne peux que participer au baiser alors que ses lèvres bougent lentement contre les miennes.
J'ai l'impression d'embrasser pour la première fois…
C'est doux et lent, mon cœur en émoi cogne littéralement.
Puis nos langues se rencontrent pour la première fois. Edward se fait plus pressant, un de ses mains part à la découverte de mes cuisses nue alors que l'autre enveloppe ma joue. Une chaleur jusqu'à présent peu connue se loge dans mon bas ventre et ma main empoigne la tignasse d'Edward.
Le baiser se transforme en quelque chose de sensuel et fougueux. Nos mains se tâtent avec envie et malgré nos respirations erratiques nous ne parvenons pas à nous séparer.
Malheureusement un étourdissement me vient et je décide d'être raisonnable, Edward descend alors ses lèvres sur mon cou qu'il torture agréablement. Des petits gémissements sortent de ma bouche gonflée, je suis de plus en plus excitée surtout lorsque les grognements d'Edward me parviennent.
Son souffle saccadé percute mon oreille. « J'ai tellement envie de toi là… »
Je m'entends à peine lui répondre « moi aussi… »
Il remonte son visage qui frôle à présent le mien. Nos souffles se mélangent alors que nous plongeons chacun dans le regard de l'autre. Le sien est brillant mais je n'en vois pas plus, mon esprit est obnubilé par ses grandes mains et ses lèvres tout aussi gonflées que les miennes.
« Suis-moi à l'arrière. » Prononce-t-il faiblement.
Je suis incapable de lui répondre me contentant de le suivre. Il s'installe au centre de la banquette arrière et me réceptionne entre ses cuisses.
Nos bouches ont vite fait de se retrouver et pendant un long moment seul le bruit de nos baisers et de nos respirations trouble le silence dans l'habitacle.
Comme je le désirais tant ses mains se font plus exploratrices, elles palpent d'abord mes seins à travers le tissu de ma robe puis descendent. Elles progressent du bas de mes cuisses jusqu'à atteindre mes fesses qu'elles agrippent rudement, un petit couinement aigu sort de ma bouche.
Edward remonte une de ses mains pour atteindre mes mèches folles et doucement, sa jumelle passe la barrière de mon sous-vêtement. Ma tête tombe contre son cou alors que ses doigts trouvent mes plis intimes.
« Putain, t'es trempée ! »
Ses caresses me font pousser de profonds gémissements et je ne peux m'empêcher d'onduler mon bassin comme une chienne en chaleur.
Je pousse un petit cri quand ses doigts me pénètrent.
Après quelques va-et-vient il retire ses doigts et alors que ma bouche embrasse inlassablement son cou, je l'entends distinctement lécher ses doigts.
Instinctivement mes lèvres rejoignent les siennes, le goût de mes fluides intimes mélangés à sa salive me rend fiévreuse de désir et nos langues se livrent alors une bataille des plus acharnées.
Je sens ses mains remonter davantage ma robe puis faire doucement glisser ma petite culotte. Totalement fébrile je tente de l'aider jusqu'à m'en être totalement débarrassée, c'est alors qu'Edward stoppe notre baiser.
Il ouvre la bouche, essoufflé. « Ai-aides-moi à me déshabiller… »
Avec précipitation il retire son marcel et tremblante je déboutonne son jean. Il relève son bassin, m'entraînant avec lui, ce qui me permet tout juste de libérer son membre tendu à l'extrême.
Bordel de merde !
Je reste figé l'espace de quelques secondes, son sexe semble tellement sensible que je n'ose pas le toucher.
« S'il te plaît vas-y… » Son ton suppliant me sort de ma contemplation.
Avant d'accéder à sa demande je décide de retirer complètement ma robe qui me gêne plus qu'autre chose. Maintenant nue, Edward en profite pour m'observer dans les moindres détails, en particulier ma poitrine.
Malheureusement pour lui je lui coupe la vue et approche de son torse nu. Légèrement parsemé de poils il n'est pas particulièrement athlétique et puissant mais je le trouve parfait.
Je me retiens d'engloutir entre mes lèvres son membre actuellement impressionnant et décide de le faire languir. J'embrasse et trace de ma langue les moindres contours de son torse, j'insiste particulièrement sur ses pectoraux et le tatouage qui recouvre le côté droit.
Il se laisse docilement faire m'encourageant de par ses faibles gémissements.
Quand je remonte mon visage je vois ses yeux clos et ses traits tendus par le plaisir. Encore plus beau que d'habitude.
Il se reconcentre sur moi alors que j'attrape son sexe. Après deux ou trois caresses je l'engloutis entre mes chairs.
Nous poussons tous les deux un profond gémissement de bien-être.
Nos yeux ne se quittent pas et nos lèvres se frôlent doucement alors que je bouge lentement entre ses cuisses. La tension entre nous est tellement forte que je me retiens de me déhancher sur lui comme une sauvage.
J'ai l'impression d'être littéralement écartelée de l'intérieur mais je suis d'accord sur le fait que ce sont les plus agréables sensations que j'ai vécu de ma courte vie.
Ses mains depuis le début agrippant mes hanches, il décide de prendre les commandes et accélère le rythme. Ses lèvres entrouvertes me donnent envie de les baiser violement. Malheureusement il me bloque la vue de son magnifique visage en l'enfouissant dans mon cou.
« Putain Bella, tu m'rends dingue! » Rugit-il alors.
Tout en restant connectés il me pousse afin que je m'allonge sur la banquette, il m'observe quelques secondes à genoux entre mes cuisses.
Ses yeux me transpercent et je profite de l'image sublime qu'il me renvoie, le corps couvert de sueur à peine éclairé par les faibles lumières extérieures.
« Parfaite… » Prononce-t-il faiblement avant de me recouvrir de son corps.
Ce bref moment de calme est balayé par un Edward dominateur et agréablement brutal.
Nos corps sont presque collés alors qu'il effectue de profonds et frénétiques coups de rein. Je ne m'entends plus gémir et crier mais les grognements et gémissements d'Edward m'allument comme jamais.
Je ne pensais pas ressentir autant de plaisir que ça en deviendrait presque une torture, quelque chose de fort et incontrôlable.
Edward écarte mes jambes qu'il cale dans le creux de ses bras et devient plus rude encore.
Il me martèle continuellement et j'ai l'impression que cela ne cessera jamais. Si seulement ça pouvait être le cas…
Puis le point de rupture arrive, comme si quelque chose de fort et d'incroyablement bon éclatait en moi. L'orgasme je pense.
Je crie le nom de mon amant telle une délivrance et à peine cela se termine pour moi que c'est à son tour. Ses coups de rein s'accélèrent, son corps tout entier tremble puis il hurle mon nom.
Son corps couvert de sueur recouvre toujours le mien alors que nos respirations tentent de se stabiliser.
Le temps semble ne pas vouloir reprendre son cour depuis le premier baiser échangé.
Edward se relève à genoux entre mes cuisses. Une nouvelle fois nos regards se soudent, l'esprit embué je ne parviens pas a lire ses émotions mais probablement nous partageons les mêmes.
Doucement nous changeons de position et je me retrouve contre son torse bouillant. Aucun mot ne brise le silence, tant mieux. Je profite du calme et de mon état de béatitude, je réfléchirais à la situation plus tard.
Mes yeux se ferment, bercée par le battement de cœur d'Edward contre mon oreille et de ses caresses sur mes cheveux.
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Et voilà enfin de quoi justifier le « rated M » !
A bientôt !
