Note de l'Auteur : Hey ! Merci à vous pour ces quelques Reviews ! ^^ Je ne reviens pas les mains vides, voici la suite !
OoO Chapitre 9 : Le feu au poudre OoO
Du haut de ses dix-neuf ans, Drago Malefoy avait connu tout un tas de réveils, allant de ceux tendres que sa mère lui accordait en l'absence de son père, en passant par ceux qui annonçaient une journée d'examens, mais aussi ceux où il devait congédier une conquête d'un soir, à ceux froids et solitaires de ses semaines d'entraînements en compagnie de Bellatrix.
Malheureusement, ce matin, le jeune homme, fatigué et encore mal en point, dut se résoudre au fait que les choses allaient empirer. Sous ses yeux, déplié sur la table, juste à côté de sa tasse fumante, un article le narguait depuis une bonne dizaine de minutes tant il ne savait pas comment réagir.
Au début, il fut stupéfait de voir le nom de Rita Skeeter puisque cette mégère devait, à l'heure actuelle, croupir chez elle et sans emploi. Or, après lecture du journal, le Serpentard comprit que son adorable belle-famille avait, apparemment, fait jouer ses relations afin de la réengager. En effet, la Gazette avait pour première page une photo d'Astoria qui, tout sourire, présentait aux journalistes une bague hors de prix à son annulaire gauche.
Le mariage du siècle !
Alors qu'on attendait impatiemment une officialisation entre Harry Potter et Ginny Weasley, le Survivant se retrouve doublé par son rival, Drago Malefoy, qui lui pique la vedette en annonçant son union avec la délicieuse Astoria Greengrass. Cette dernière a elle-même contacté la presse ce matin, pour nous faire part de cette merveilleuse nouvelle ! La date n'est pas encore fixée, mais ça ne serait tarder !
Il est évident que nous ne manquerons pour rien au monde cette cérémonie qui, nous en sommes sûrs, sera grandiose. En attendant, l'héritier Malefoy, pris par son travail, n'a pas pu nous accorder d'interview.
Hé oui, mesdemoiselles et mesdames, il va falloir vous faire une raison, le jeune Drago Malefoy sera bientôt marié et il ne vous restera que vos yeux pour pleurer !
Le vert et argent froissa le quotidien sorcier et l'envoya bouler contre le mur d'en face. Tout le monde était à présent au courant. Ses amis n'allaient pas tarder à lui bondir dessus, sans parler des paparazzis, les magazines, etc...
- "Sale garce..." Grommela-t-il entre ses dents serrées.
Il n'avait pas besoin de tergiverser pendant des heures pour savoir le comment du pourquoi, la réponse était évidente, limpide : Anthony Dolohov. Cet énergumène avait sans aucun doute rapporté les détails de la veille à Astoria, tout en prenant un malin plaisir à lui faire part du dérapage entre lui et Granger lors de ce foutu tango. C'était bien la première fois que la situation lui échappait de la sorte, à croire que depuis qu'il se farcissait cette folle furieuse de Gryffondor, les choses lui glissaient entre les mains telles des anguilles effrayées. Rien ne se passait comme prévu, il y avait toujours un paramètre hasardeux qu'il oubliait de prendre en compte : elle, Hermione.
De fil en aiguille, ses pensées se tournèrent vers la nuit passée en compagnie de la rouge et or, une grimace dansant sur ses lèvres crispées. Ça n'avait pas été aussi désagréable que de s'en rappeler, loin de là... Il avait -étonnement- passé un bon moment, même si au début ils avaient eu du mal à se détendre -ce qui en soit était tout à fait compréhensible-. Par sa simplicité, son insupportable aura de réconfort à la lisière du "maternel", Hermione était, parfois, parfaitement supportable, surtout lorsqu'elle était submergée par ses émotions -état dont le processus n'avait, pour Drago, plus aucun secret-.
Tout à coup, ses soucis lui semblèrent moins graves qu'ils en avaient l'air, minimisant de ce fait les conséquences des déclarations de sa promise et les dégâts qu'engendrerait le serment inviolable. Enfin... Jusqu'à ce que son elfe de maison ne vienne lui annoncer la visite de Mademoiselle Parkinson. Sachant pertinemment qu'il se devait de la recevoir, Malefoy bu une gorgée de café, fit signe à son serviteur de faire entrer son amie, et se laissa mollement tomber sur le fauteuil de la salle à manger.
- "Plus d'une semaine ! Une semaine ! Sans aucune nouvelle de toi ! Tu répondais même pas à nos hiboux ! On s'est dit "Bah, il travaille, c'est normal !", et qu'est-ce qu'on apprend ?! Non seulement y avait ta photo dans tous les journaux avec Granger, mais en plus t'es fiancé ?!" Hurla l'enragée qu'était Pansy en déboulant tel un cognard fou dans le séjour.
- "Bonjour, ça va ?" Répliqua amèrement son hôte, blasé.
L'espace d'une seconde, elle hésita entre lui asséner une gifle amplement méritée ou lui renverser son mug chaud sur les noix. Cela dit, les colères de son ami étaient dignes des plus grands cataclysmes, aussi elle choisit l'option du "regard noir qui fait froid dans le dos", sauf que c'était loin d'impressionner son interlocuteur qui, narquois, se contenta de lever les yeux au ciel.
- "Ecoute... Je pensais trouver une solution pour éviter ce mariage à la con, c'est pour ça que j'ai rien dit. Les personnes au courant devaient pas en parler, je voulais éviter ce genre de... De scènes inutiles, tu saisis ?" Eluda-t-il en incitant la Serpentard à prendre place sur le canapé.
- "Et, à ce que je vois, t'as trouvé aucune solution, pas vrai ?!" Ragea de plus belle cette dernière, un exemplaire de la Gazette chiffonné entre ses mains tremblantes.
La tension atteignant son paroxysme, elle s'affala sur le sofa, jeta son sac sur la table basse et se mit à sangloter face à un Drago exaspéré.
- "Bon sang... Tu vas pas me faire ton numéro de la pleurnicheuse, Pansy. Tu sais bien que ça marche pas, ça a jamais marché avec moi." Lui rappela froidement le beau blond qui, frôlant son quota de patience, avait sorti sa baguette, faisant léviter une bouteille de scotch jusqu'à eux.
Le bouchon sauta de lui-même et, capricieusement, la bouteille se pencha au-dessus de deux verres pour les remplir à moitié. Voici la première étape vers une éventuelle réponse au problème : boire.
- "Calme-toi..." Dit-il en lui tendant le breuvage qu'elle avala d'une traite avant de reposer le tout dans un bruit sec.
- "Me calmer ? Tu... Tu vas te marier ! Tu nous l'a cachés ! Tu me l'a cachée, à moi ! MOI !" Explosa-t-elle, ses ongles résolument enfoncés dans le revêtement du canapé.
Il la considéra de son regard hivernal, se demandant si son comportement possessif n'était pas quelque peu démesuré, mais réalisa bien vite qu'elle n'avait pas tort. Il aurait dû mettre ses amis dans la confidence, leur parler de ses ennuis, pour ça, il était impardonnable. Malheureusement, que ce soit en amitié ou en amour, Drago Malefoy faisait souvent les mauvais choix. Les pleurs de Pansy le firent culpabiliser malgré lui, une faiblesse à laquelle on le prenait rarement.
- "T'as raison..." Lâcha-t-il entre deux soupirs d'agacement.
Surprise, la sorcière leva ses prunelles larmoyantes vers lui, bouché bée. Il était cher payé de voir l'héritier déchu s'excuser, c'est pour cela qu'elle inspira une goulée d'air avant de se caler plus confortablement parmi les coussins en velours, priant pour qu'il se lance dans des confidences à rallonge.
- "C'est... Compliqué, je veux pas vous affoler avec mes histoires."
- "Bon, stop ! On est là pour toi. On est tes amis, Dray' ! Tes amis ! Si tu nous exclus de ta vie, qui d'autre pourrait t'épauler, hein ?!" Coupa-t-elle, vexée.
- "Je pensais pas que ça prendrait ces proportions, c'est tout." Se défendit le sang-pur en hochant la tête, résigné.
- "Tu sais, lorsque je suis tombée sur cette photo, celle prise à l'hôpital, avec Granger qui chialait dans tes bras, j'ai eu qu'une envie à ce moment-là : la retrouver et l'étriper d'avoir osé poser les doigts sur toi. Mais tu sais quoi ? Je me suis rendue compte qu'elle avait suscité chez toi ce que j'avais réussi à faire en six longues années. Elle a révélé ton côté tendre, celui que tu réserves seulement à tes proches, tes amis. Moi, j'ai galéré à t'approcher, à gagner ton amitié, et elle... Elle avait juste à pleurer comme une gamine, alors dis-moi, Dray', pourquoi quand j'ai perdu un proche, tout comme Granger, j'ai pas eu droit à autant de compassion ? Pourquoi, moi, j'ai dû attendre des années pour qu'enfin tu daignes me regarder, me soutenir tout comme je le faisais ?" Déblatéra la jolie brune sans un accro dans la voix.
"Nous y voilà...", Pensa le jeune homme, irrité d'aborder le sujet "Granger" avec sa camarade de maison. Il s'attendait à cette confrontation, sauf que, bizarrement, ces questions le mettaient mal à l'aise, comme s'il devait se reprocher son attitude envers Hermione. Oui, pourquoi ? Pourquoi consoler l'éternelle Miss-je-sais-tout ? Pourquoi lui avoir épargné le même traitement que les autres ? C'était vrai, il avait repoussé Pansy à plusieurs reprises, elle et toutes celles qui cherchaient à s'accaparer sa personne. Orgueilleux et d'un naturel mauvais, il ne s'était jamais intéressé aux états d'âme de ses conquêtes, encore moins à leurs interminables jérémiades. Machinalement, Drago se resservit un verre, puis planta ses orbes grisées dans celles implorantes de son invitée.
- "Parce que Granger, elle est différente." S'entendit-il souffler, égaré dans ses songes.
- "Et en quoi ?!" S'indigna Parkinson en croisant les jambes.
- "Elle cherche pas à m'avoir. Je pourrais ne pas exister, pour elle, ce serait pareil, si ce n'est mieux." Rétorqua-t-il, un sourire illuminant son visage d'ange.
- "Alors c'est ça, le truc ? Faut te snober pour t'attirer ?" Conclut-elle sèchement.
- "Non."
- "Alors quoi ?!"
- "Pansy, je te l'ai déjà dit cinquante fois : personne ne peut m'avoir. Tes sentiments pour moi, je les ai jamais respectés. J'en ai jamais voulu et tu sais très bien pourquoi. J'ai pas de place pour quoique ce soit dans ma vie. Je ne veux rien. Alors t'es mignonne, t'arrête de me prendre la tête avec ces conneries." Claqua-t-il, diablement hautain.
La concernée encaissa le choc, habituée à ces gerbes d'acide depuis belle lurette. Cependant, la douleur qui lui compressait le cœur se dessinait clairement sur ses traits tendus, lui faisant perdre de sa superbe. Evidemment qu'elle savait à quoi s'en tenir, Drago était constamment sec avec tout le monde, même si, de temps en temps, il se laissait aller à quelques gentillesses. C'était donc ça, l'avènement de leur relation ? Elle était rentrée dans sa vie à la mauvaise période, celle de son enfance gâchée par un père fanatique ? Mais, était-ce sa faute, à elle, s'ils s'étaient connus à Poudlard, durant ces heures sombres de son existence ? Non. Elle lui avait maintes fois prouvé son allégeance, son dévouement, même lorsqu'il lui avait expliqué sans détour qu'il n'y aurait rien entre eux. Jamais.
- "Je te connais, Dray'... Maintenant, tout ça c'est du passé. C'est révolu, alors pourquoi on..."
- "Pourquoi tu veux tout gâcher, hein ?!" Gronda le garçon en passant une main dans ses cheveux.
- "Mais t'en sais rien ! Toi et moi, on s'est apprivoisés avec le temps. Tu t'es même confié à moi et je t'ai écouté. Tu sais combien je suis jalouse de ces filles qui te tournent autour ou que tu t'envoies sur un coup de tête ! Je veux pas te partager et me dire qu'une de ces salopes sans cervelle prend son pied avec toi alors que, moi, moi je suis là pour toi ! Que je suis plus proche de toi qu'elles le seront jamais !" Riposta-t-elle fougueusement, ses longs cils bordés de larmes.
- "Je veux pas de ça avec toi, Pansy, arrête ! C'est ça que tu veux ? Ruiner notre amitié pour une partie de jambes en l'air ? Réduire notre complicité à du sexe ? Je sais que je t'en ai fait baver, notamment à cause de mon passé et du fait que t'étais au mauvais endroit au mauvais moment. Mais t'as tenu le coup, t'as pas lâché, t'es restée ! J'ai besoin de toi dans ma vie, mais pas de cette manière. Je te veux comme pilier, pas comme échappatoire et..."
Il s'interrompit quand, tout à coup, un poids s'écrasa sur lui, une paire de bras fermement enroulée autour de son cou : à bout de nerfs, la jeune femme s'était précipitée sur lui, noyant le chagrin qui la dévorait de part en part.
- "S'il te plaît... Fous pas tout en l'air..." Supplia-t-il en lui caressant le dos du bout des doigts.
Ils n'avaient jamais vraiment posé les choses à plat entre eux, l'un et l'autre satisfaits de ce lien indestructible qui les unissait. Néanmoins, Drago ressentit un besoin urgent d'en découdre une bonne fois pour toutes, comme si les événements de ces deux derniers mois lui avaient subitement ouvert les yeux. Il était conscient des sentiments de son amie, elle n'arrêtait pas de lui témoigner son amour, que ce soit par d'infimes baisers sur le front, la joue... Ou encore ses regards enflammés dont elle le gratifiait à tous leurs rendez-vous... Il réalisa mélancoliquement qu'il l'avait fait souffrir, or Pansy ne méritait pas ça, absolument pas.
- "Je te demande pardon... Pour tout ce que je t'ai fait subir..." Chuchota-t-il en la serrant tendrement.
L'éplorée hoqueta, puis, touchée par les aveux de son amour de jeunesse, releva la tête et colla son front contre le sien.
- "T'es qu'un mufle, tu le sais, hein ? Mais bon... J'imagine que c'est pour ça que je te supporte. J'aime les enfoirés." Railla-t-elle, quelques mèches de cheveux noirs voilant son regard.
- "Je t'adore et merci de me supporter. Je sais que c'est pas facile tous les jours." Concéda son hôte en lui dégageant distraitement la vue.
A cet instant précis, Pansy Parkinson comprit que, quoiqu'il arrive, pour rien au Monde elle n'échangerait sa place avec une autre. Car être l'amie et confidente de Drago Malefoy n'avait pas de prix. Peut-être avait-elle secrètement espéré cette conversation avec lui, cet échange qui, finalement, avait réussi à la rassurer. En effet, c'était comme le final d'une pénible pièce de théâtre, un achèvement à quelque chose de pesant et d'éprouvant. Le deuil d'une relation amoureuse à laquelle elle seule rêvait, voilà ce qu'était cette poignée de secondes passée contre le torse de Drago : une libération.
- "Alors ? C'est quoi le plan ?" Reprit-elle sans pour autant se détacher de lui.
- "Le plan ?" Répéta-t-il, incrédule.
- "Bah oui ! Le plan pour foutre en l'air ton mariage ! Va falloir mettre au parfum Théo' et Blaise ! A nous quatre, on va bien ruiner les espoirs d'Astoria !" Expliqua-t-elle en parfaite stratège des complots les plus infâmes.
- "Pansy... C'est délicat..."
- "Ah non, Dray' ! T'as besoin de nous, alors tu vas tout nous raconter et on va te sortir de ce merdier, t'entends ?!" Trancha l'hystérique en bondissant du siège. "On se retrouve tous ce soir, au Trois Balais. T'as intérêt à te pointer !"
Malefoy approuva du chef et déposa un baiser sur la joue tendue de sa camarade qui, d'un pas léger, se dirigea vers la sortie, souriante.
OOO OOO OOO
A quelques kilomètres de là, enlisée sous ses couvertures, Hermione peinait à quitter son lit douillet jusqu'à ce qu'un "Toc-toc" lui écarquille ses yeux meurtris. Précipitamment, elle rabattît sa couette, jeta un œil à son réveil -se maudissant au passage d'avoir autant trainé dans les bras de Morphée- puis, non sans se casser royalement la figure, finit par enfiler ses chaussons et une robe de chambre avant de courir dans l'entrée.
D'un informulé, la marmotte annula les protections magiques et ouvrit la porte en baillant pour finalement se retrouver face à un Ron cramoisi.
- "Sa... Salut..." Lança-t-il, fébrile.
Les sourcils froncés, elle le toisa assez longtemps pour que ses iris fatiguées la picotent. La dernière fois qu'elle l'avait vu, ils s'étaient disputés, et depuis, plus aucune nouvelle, silence radio.
- "Qu'est-ce... Qu'est-ce que tu fais ici ?" Risqua-t-elle en rangeant son arme.
- "Petit-déjeuner ?" Proposa-t-il en brandissant un sac d'où s'échappait une délicieuse odeur de croissants et de café.
Sans un mot, Hermione l'autorisa à entrer, son cœur battant soudainement la chamade.
- "Je me suis dit que... Qu'il était peut-être temps que je mette ma fierté de côté, tu crois pas ?" Poursuivit le roux en se dirigeant vers la cuisine.
- "Ron..."
- "S'il te plaît, te moque pas ! J'ai déjà assez de mal à assumer le fait que..."
- "Assumer ? C'est si dur que ça de venir me voir pour renouer un semblant de dialogue entre nous, vraiment ?!" Souligna la rouge et or, blessée.
- "Non, attends... C'est pas ça ! Hermione... Je suis impulsif et toi, toi t'es têtue comme une mule ! Tu savais très bien que ça allait me foutre en rogne de te voir traîner avec la fouine, même si tu l'as pas choisi ! C'est moi qu'ai commencé, je le reconnais, mais c'était pas une raison pour mêler mes frères à ça, surtout pas Fred et Georges." Renvoya-t-il en posant ses achats sur le comptoir.
- "Je me suis excusée, Ron ! Et sur ça, tu débarques chez moi et ça part en vrille, encore une fois ! Pire, tu me craches à la figure que je... Que "je sais pas quoi" avec Malefoy !" Réfuta l'érudite qui avait décidément du mal ce matin.
- "J'étais en colère ! Je m'en voulais et j'en voulais à Harry ! Je nous en voulais de pas avoir été là alors que t'en avais besoin ! C'était à nous de te consoler, pas à lui !" S'écria ce dernier en lui saisissant les mains.
- "Mais... J'ai été idiot de m'en prendre à toi comme ça, je le sais et, crois-moi, Harry m'a passé un sacré savon. Genre pire que maman, t'imagines ? Je suis désolé..." Ajouta-t-il, l'attirant définitivement contre lui dans une étreinte salvatrice.
La lionne se figea, stupéfaite. Puis, attendrie, elle passa ses bras autour de Ron et agrippa gentiment son t-shirt tout en faufilant son visage au creux de son cou, dissimulant ainsi l'expression niaise qu'elle affichait.
- "Tu m'as manquée, Hermione." Murmura-t-il en posant son menton sur le sommet de son crâne, ses doigts allant et venant le long de sa nuque.
- "T'es vraiment maladroit, crétin, doté d'une capacité émotionnelle avoisinant celle d'une..."
- "D'une petite cuillère, je sais..."
- "Mais je t'aime pour ça..." Confia à demi-mot la brunette, ses membres tout à coup tétanisés.
Le rouquin rougit violemment, ignorant comment interpréter les paroles de sa meilleure amie. Les avait-il rêvées ? D'habitude, elle disait ça à Harry, son frère de cœur -comme elle aimait le rappeler-, mais... Lui, Ron, elle ne l'avait jamais considéré de la sorte, n'est-ce pas ? Il ne voulait pas risquer de se méprendre et pourtant, une vision nette de leur baiser échangé lors de l'ultime Bataille lui revint distinctement à l'esprit. Porté par le souvenir de cet élan dénué de toute fraternité, il recula légèrement, noya ses prunelles azures dans celles caramels de sa belle et, lascivement, rapprocha ses lèvres des siennes.
Si proches, elles étaient si proches qu'Hermione pouvait sentir le souffle régulier de Ron la faire frémir de bas en haut et, alors qu'il s'apprêtait à concrétiser son geste, elle le repoussa délicatement, assiégée par une image qu'elle aurait aimé chasser à tout jamais : celle d'un tango qui s'était terminé par un baiser fiévreux et passionnel.
- "Ahem... On... On devrait plutôt... Enfin... Ce serait plus sage d'éviter de faire ça." Balbutia-t-elle, gênée.
- "Excuse-moi..." Se lamenta maladroitement le garçon en titubant sur place.
- "Non ! Tout va bien, je t'assure ! Juste que... Ce serait idiot de dire "inutile de se précipiter", vu toutes ces années qu'on a passé ensemble, mais... J'ai..."
- "C'est bon. C'est ma faute, j'aurais pas dû." La tranquillisa-t-il, les mains levées en signe d'apaisement.
Elle le gratifia d'un sourire en coin, puis, joueuse, le bouscula avant d'attraper un pain au chocolat qu'elle lui fourra dans la bouche. Faussement scandalisé, il fit de même avec un beignet, et, c'est ainsi que l'ambiance passa d'électrique à bon enfant.
Ronald Weasley n'aimait pas Hermione Granger pour son intelligence sans limite ou son courage Gryffondorien, non... Il l'aimait pour son imprévisibilité -même si elle avait tendance à tout prévoir à l'avance-, pour sa tendresse, son grand cœur, sa générosité... Il l'aimait parce qu'il la connaissait réellement. Qu'il avait eu la chance inouïe de la côtoyer durant des années, qu'il pouvait fièrement assurer qu'il était, et serait, à ses côtés jusqu'au bout. Elle était de celles qu'on attendait toute une vie s'il le fallait. Une jeune femme farouche et émotive, aussi délicate qu'une fleur malgré ses dangereuses épines, alors... Alors il l'attendrait, car Hermione Granger méritait amplement sa patience. Toute sa patience.
- "Tu sais ce qui nous ferait du bien ?" Clama-t-elle, l'extirpant de ses pensées. "On devrait tous se retrouver, ce soir, au Trois balais, t'en penses quoi ?"
Le jeune homme ne put réprimer un sourire et, reconnaissant qu'une sortie en groupe serait la bienvenue, acquiesça d'un hochement de tête. Tout à coup, un imperceptible hululement résonna, faisant sursauter le duo qui, apercevant une chouette à la fenêtre, se mit à rire bêtement.
- "C'est le journal !" Annonça Hermione en dépliant le quotidien sorcier.
En découvrant la première page, la bonne humeur de la Gryffondor s'évapora instantanément tandis qu'une inexplicable boule de frustration remontait dans sa gorge nouée. Merlin... Drago allait se marier... L'information mit une minute à imprimer son cerveau, ses neurones refusant d'admettre les faits. Elle papillonna des paupières, la respiration saccadée : Anthony... Il les avait sûrement vus, hier... Quelle idiote ! Elle était en partie responsable ! Que devait-elle faire à présent ? Mettre fin à son partenariat avec Malefoy, sachant qu'elle avait besoin de ses talents ? Faire comme si de rien n'était ? Lui en parler ? Non... Rien de tout cela. Une lueur de détermination embrasa son regard : il était officiellement dans le pétrin, elle avait accéléré l'engrenage, alors soit, Hermione Granger allait aider Drago Malefoy. Après tout... Ils étaient partenaires.
OOO OOO OOO
En début d'après-midi, Hermione rejoignit Drago au Département des Aurors, tous deux convoqués par leur supérieur.
- "Je suis désolée !" Tonna la sorcière en prenant son collègue par les épaules, le secouant comme un pommier.
- "Euh... Je t'ai déjà dit que mes fringues valaient plus chères que ton taudis, alors, t'es gentille, vire tes sales pattes de là." L'intima ce dernier en guise de salutation.
- "J'ai lu la Gazette !" Se justifia-t-elle sans amorcer le moindre mouvement.
- "Tu me félicites pas ? Je suis déçu..." Ricana-t-il, impertinent.
- "Arrête ! C'est sérieux ! Je suis sûre que c'est Dolohov qu'a..."
- "Pourquoi tu t'excites comme ça, hein ? Tu pensais me mettre le grappin dessus ou quoi ?" L'ignora le Prince des Serpentards, optant pour l'indifférence.
- "Drago..." Soupira-t-elle en baissant la tête.
- "Ça te regarde pas, compris ? T'étais peut-être au courant de ma vie privée, mais maintenant, le peu d'exclusivité que t'avais s'est barré ce matin à la première heure." Objecta-t-il violemment en la poussant contre le mur.
Troublée, sa consœur avala péniblement sa salive, se reprochant intérieurement d'être aussi compatissante qu'abrutie. Dire qu'elle pensait le secourir, l'épauler... Avait-elle perdu de son importance aux yeux du garçon, maintenant qu'elle n'était plus dans la confidence ? Leur entente de la veille avait-elle volé en éclats ? L'avait-il supportée uniquement dans l'espoir qu'elle tienne sa langue ?
- "T'as pas le droit ! Je te l'interdis !" Ordonna-t-elle, l'index rivé sur lui.
- "T'es bourrée ?"
- "La ferme ! T'as pas le droit de jouer ton numéro du vilain petit canard qui me confit ses maux pour, après, m'envoyer chier à la première occasion, t'entends ?! Où est passé le Drago que je soignais hier, hein ?! Celui qui s'était laissé aller malgré ses grands airs à la con !"
- "T'es vraiment entrain de me faire une scène de ménage, là ? T'es complètement givrée..." Grommela le jeune homme en s'adossant contre la porte du bureau au cas où Kingsley déciderait de se pointer.
- "Tais-toi ! Je... Je t'ai cru, moi, quand tu m'as racontée ta vie, tes problèmes ! Je pensais que c'était clair entre nous, qu'on était un duo. Tu foires, je foire. T'es dans la merde, je le suis aussi ! Tu peux pas tout effacer et faire comme ça t'arrange ! Moi aussi, j'ai mes humeurs, mes envies ! T'es un manche en relation sociale, mais je vais t'initier, moi, t'en fais pas ! A partir de maintenant, ta personnalité "boule à facettes", tu la gardes pour les autres !" Déversa la lionne, les joues en feu.
- ""Boule à facettes" ?"
- "C'est moldu..." Expira-t-elle, démunie devant cette accablante nonchalance.
Le vert et argent la scruta attentivement, décelant chez elle la moindre émotion, curieux de la voir se mettre dans tous ses états. Granger était trop empathique, c'était aussi chiant que les recommandations de sa mère. Mais ce nez retroussé, ces fossettes plissées, ces lèvres pincées, ce teint cramoisi et ces cheveux bordéliques lui firent jeter l'éponge.
- "Ça va... Je passe ma journée à m'excuser. Quelle galère !" Dit-il en levant les bras au ciel.
- "Je m'en veux, c'est en partie à cause de moi si Astoria a tout déballé à la presse." Désespéra la petite brune qui, soulagée de le voir baisser les armes, s'installa sur le canapé.
- "Toute façon, ça me pendait au nez, j'étais préparé à ça..."
- "Je veux t'aider !" Imposa-t-elle, catégorique.
- "Non, ça suffit ! J'ai déjà trois vicieux pour me prêter main forte, je vais pas m'encombrer d'un troupeau ! Inutile d'aggraver les choses. Toi, tu te contente de travailler sur l'enquête. Le reste, c'est mon problème !" Refusa le serpent dans un soupir lourd de sens.
- "T'auras jamais les idées claires avec cette histoire !"
- "Hermione... Insiste pas, ok ? T'en as assez fait. J'ai déjà un moyen pour me sortir d'affaire... Enfin, un moyen, disons plutôt qu'il s'agit d'une éventuelle porte de sortie, mais j'ai pas encore peaufiner les détails." Avoua-t-il à moitié.
Alors qu'Hermione ouvrait la bouche pour assommer son partenaire d'hypothèses et suppositions en tout genre, la porte s'ouvrit à la volée, laissant place à un Shacklebolt ruminant précédé d'une liasse de parchemins.
- "Je n'ai pas beaucoup de temps à vous consacrer, alors allons droit au but : vous êtes suspendus." Déclara-t-il de façon identique à celle d'un présentateur télé chargé de la météo.
- "De... Quoi ?!" Rugit Drago, les poings serrés.
- "Oh, et... Félicitations, Malefoy." Compléta le métis sans accorder le moindre regard à ses disciples.
- "Monsieur, on peut savoir pourquoi ?!" Réagit à son tour l'apprentie Auror, debout aux côtés de son confrère.
- "Harry et d'autres Aurors se chargeront de l'enquête pour une durée... Indéterminée. Tous les deux, vous êtes trop instables ! Vous avez enfreint les règles en vous exposant délibérément au danger ! Vous êtes inconscients !" Les réprimanda le Ministre, impassible. "J'ai reçu une lettre anonyme me certifiant qu'un de mes "protégés en avait pris pour son grade, hier, au cocktail", vous comptez m'en parler quand ? Vous attendiez quoi ? Que l'un d'entre vous meurt ?!"
- "C'était pas la peine d'en faire une montagne !"
- "Je lui ai dit qu'on devait vous en parler. C'est lui qui a refusé !"
Consternés, Drago et Hermione se fusillèrent du regard.
- "Vous êtes dispensés jusqu'à nouvel ordre. Maintenant, sortez." Commanda rudement le mage.
Voyant qu'il serait futile de protester, les rivaux posèrent leurs insignes sur le bureau et saluèrent brièvement Kingsley avant de sortir, abattus par cette punition.
- "On fait quoi maintenant ?" Souffla l'érudite en se prenant la tête entre les mains.
- "On désobéît." Rétorqua simplement le blond, peu disposé à accepter la sentence.
- "Mais t'es fou ?! On a plus nos badges !"
- "C'est pas ça qui va m'empêcher de travailler, crois-moi !" Balaya-t-il en la défiant de ses prunelles métalliques. "Alors ? Tu participes ou t'admires ?"
- "Crétin ! Bien sûr que j'en suis, j'ai pas le choix, faut bien une personne censée pour t'assister !" S'esclaffa la Miss-je-sais-tout, piquée au vif. "Je te rappelle que cette affaire concerne le meurtre d'un de mes amis, je vais pas rester sans rien faire !"
Fier de sa prestation, le Serpentard lui adressa un sourire ravageur, puis tourna les talons : interdiction formelle d'être en retard à Pré-au-lard au risque de subir le courroux de Pansy.
