AUTEUR: criminalxxxmindsxxxfreak
TITRE ORIGINAL: A Place to Call Home
DISCLAIMER: Les personnages, le texte original et les idées ne sont pas de moi. Je n'ai fait que traduire le texte, avec la permission de l'auteur.
N/T: Pour l'instant, ça fonctionne! Deux jours et un nouveau chapitre… Je me sens ridiculement fière. :D
J'ai l'impression que mes traductions s'améliorent… Est-ce que c'est juste moi ? Il me semble, en tout cas, que c'est moins difficile de le faire. On dirait que ma technique se développe. xD
Un énorme merci à tous ceux qui ont laissé un petit mot pour me donner leur opinion (ainsi qu'à ceux qui ont ajouté cette fiction à leurs favoris ou à Story Alert), mais je veux surtout remercier SherlockSnapouBlack qui, depuis le début, prend toujours le temps de reviewer. Merci!
AVERTISSEMENT: Abus phyisique, sexuel et psychologique d'enfants... À ce point-ci, vous devriez le savoir. :P Ce chapitre est pas mal moins pire que l'autre. Pas que la situation s'améliore, mais bon…
CHAPITRE 10 - SANS COEUR
JJ resta silencieuse durant tout le trajet jusqu'au complexe résidentiel. Alors qu'ils s'engageaient dans le stationnement de l'immeuble, Rossi se tourna vers sa jeune collègue. « Est-ce qu'il y a quelque chose qui ne va pas ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils dans sa direction. Jamais, dans les quelques années où il avait connu la jeune femme, ne l'avait-il vue aussi énervée à cause d'une enquête, aussi affectée par quelque chose.
« Évidemment qu'il y a quelque chose qui ne va pas, » répondit sèchement JJ. Elle n'était pas d'humeur à être gentille. « Ces enfants sont maltraités et nous ne pouvons faire une fichue chose pour les aider! »
Rossi cligna des yeux; il savait que JJ n'employait jamais de jurons. Jamais. « Je sais, JJ. Crois-moi, je comprends. Mais en ce moment, nous ne pouvons pas faire grand-chose pour eux. Je souhaiterais pouvoir faire plus, vraiment, mais tout ce que nous pouvons faire, c'est notre travail. Et, tout de suite, notre travail est de trouver Anthony Woods avant qu'il ne tue d'autres innocents. »
JJ soupira. « Je sais, Rossi… Je suis désolée. C'est juste que… Tu n'as pas vu ces enfants. Surtout Spencer… Mon Dieu, il a seulement neuf ans, Rossi. Il avait des hématomes sur son visage, même sur ses poignets. Il a dit qu'il est tombé en bas de son lit. Il a presque fait une crise de panique quand nous lui avons si Grant l'avait déjà maltraité. »
« Parfois, quand des enfants sont victimes d'abus, juste d'imaginer ce qui se passerait si leur agresseur apprenait qu'ils ont parlé peut les faire paniquer. Je l'ai déjà vu, » dit doucement Rossi. « Nous allons les aider, JJ. Mais nous devons d'abord trouver Anthony Woods. »
« Et si nous arrivions trop tard ? » demanda JJ en regardant l'autre profileur dans les yeux. « Et s'il leur arrivait quelque chose ? Grant pourrait les tuer Rossi. »
« Nous n'arriverons pas trop tard, JJ. Grant et Natalie ont déjà été poursuivis en justice pour abus. Je doute qu'ils soient assez négligents pour les tuer, » affirma Rossi. « Nous avons le temps. Nous les sortirons de cette maison. »
« Tu n'as pas vu ses yeux, » dit JJ en hochant la tête. « Il n'a pas d'âme. Il se fiche complètement de ces enfants. »
« Peut-être, mais il se soucie de sa personne. Il ne ferait rien qui lui apporterait des ennuis. S'il tuait les enfants, il se ferait attraper. Lui et sa femme ne réussiraient jamais à justifier ça, » dit Rossi.
« D'accord, » soupira JJ en ouvrant la porte du VUS. « C'est juste que… je préférerais être en train de les aider. »
« Je sais que c'est ce que tu voudrais, » dit doucement Rossi. « C'est ce que nous voudrions tous. Mais il y a d'autres innocentes vies en jeu. Nous devons penser à elles aussi. »
JJ pinça les lèvres en acquiesçant et suivit Rossi sur le trottoir qui menait au complexe résidentiel.
Grant quitta la pièce en laissant les deux garçons étendus sur le plancher avec leur douleur. Dès que la porte se referma derrière lui, Brad se força à se relever. À travers ses larmes, il chercha ses vêtements. Il les enfila rapidement, puis rejoignit Spencer qui n'avait pas bougé ou parlé depuis que Grant l'avait lancé en bas du lit.
« Spence ? » murmura Brad. Il le retourna prudemment afin d'être capable de voir son visage. Heureusement, Spencer respirait et ses yeux étaient ouverts, mais ils ne fixaient rien en particulier. « Spencer ? » tenta de nouveau Brad. Il commençait à paniquer.
Spencer cligna des yeux en dirigeant son regard vers son frère d'accueil. Des mots bourdonnaient de façon incohérente dans sa tête, mais il n'arrivait pas à former de phrases complètes. « Spencer, est-ce que tu m'entends ? » demanda Brad. L'inquiétude qui paraissait dans le regard du plus vieux rendait Spencer malade. Il cligna des yeux encore quelques fois et força son esprit à fonctionner.
« Ouais, » dit-il faiblement. « Je… » Il s'arrêta, grimaçant. Juste respirer était douloureux. « Ça fait mal, » murmura-t-il finalement en fermant les yeux.
Brad se mordit la lèvre presque jusqu'au sang et prit une grande, quoique douloureuse, inspiration. « Je sais, » dit-il. « Je suis désolé. »
« Ce n'est pas de ta faute, » réussit à dire Spencer, ses mots à peine audibles.
« Oui, ça l'est, » dit Brad. « Je lui ai menti. Et tu as été puni pour ça. »
« Toi aussi, » lui rappela Spencer. « Je lui ai menti aussi… nous l'avons tous fait. »
Brad hocha la tête. « Tu n'arrêteras jamais de débattre ça avec moi, pas vrai ? » demanda-t-il.
Spencer hocha la tête en grimaçant. « Non, » dit-il en essayant tant bien que mal d'afficher un petit sourire.
Brad soupira. « Viens, je crois qu'on a tous les deux besoin de se nettoyer. » Il souleva l'enfant maigre dans ses bras et le transporta jusqu'à la salle de bain où il l'assit doucement sur la cuvette. « Est-ce que la trousse de premiers soins est en bas ? » demanda-t-il en regardant dans la pharmacie vide, déçu.
« Non, elle est sous l'évier. Je l'ai déposée là après que tu as bandé mon dos ce matin, » répondit Spencer en pointant d'une main tremblante le lavabo.
« D'accord, » répondit Brad en s'agenouillant pour sortir la trousse. « Attends un instant, je vais aller te chercher des vêtements propres. » Il sortit rapidement de la petite salle de bain et entra dans leur chambre à coucher. En attendant que son frère revienne, Spencer fixait le plancher. Il attendait toujours dans la salle de bain pendant que Brad s'occupait de tout. À l'idée de ce qui arriverait dans quelques années, une fois que Brad aurait dix-huit ans, son cœur se serra d'angoisse.
« Tiens, » dit Brad en lui tendant les vêtements. Spencer enfila les sous-vêtements, mais attendit que Brad ait fini de vérifier s'il n'avait pas d'autres blessures avant de mettre la chemise et le pantalon. « Est-ce que tu saignes encore ? » demanda Brad en le regardant, l'air inquiet.
Le regard toujours fixé sur le plancher, Spencer hocha la tête. « Non, » dit-il tout bas. Par contre, il avait mal. Tout son corps semblait douloureux en même temps. Il doutait que quelque chose puisse faire plus mal que ça. Il se demandait comment Brad arrivait à se tenir debout alors qu'après ce qui était arrivé, lui-même arrivait à peine à s'asseoir. Il voulait simplement s'étendre et se laisser emporter au loin. Très loin.
Brad regardait son frère, inquiet. Quand Spencer était arrivé, il était beaucoup plus heureux. Bien sûr, il a avait été abusé par d'autres familles d'accueil, mais ce n'était rien comparé à ce que Grant et Natalie faisaient. Et, d'une manière ou d'une autre, ils avaient réussi à lui voler cette dernière parcelle d'espoir et de bonheur qu'il entretenait. Il n'était plus le gamin qui à peine quelques années auparavant, s'assoyait et débitait fait après fait dès qu'il était seul avec Brad. D'une certaine façon, il était brisé. Mais pas complètement; de ça, Brad était certain. Il y avait encore une étincelle d'optimisme en Spencer, même s'il ne s'en rendait pas compte.
Maintenant, il regardait Spencer et voyait seulement combien on l'avait écrasé. Le sourire éclatant qu'il était capable de faire apparaître était presque complètement disparu. Il ne souriait plus comme ça, sauf en de rares occasions, pour Lizzie ou Kayla, lorsque quelque chose de bien arrivait vraiment. Brad ne l'avait pas vu depuis des mois. En soupirant, Brad pinça les lèvres. Dans sa tête, il cria chaque malédiction et injure qu'il connaissait. Tout ça était de la faute de Grant. « Pourquoi est-ce qu'on n'irait pas jeter un œil sur les filles ? » demanda-t-il à Spencer en le regardant tristement.
Spencer leva les yeux et hocha la tête, débarquant avec précaution du siège. Il suivit lentement Brad jusqu'à la chambre des filles en grimaçant à chaque pas qu'il prenait.
Dès qu'ils entrèrent dans la chambre, Lizzie et Kayla sautèrent en bas du lit et les rejoignirent en courant. Deux paires de bras enveloppèrent leurs frères d'accueil en une étreinte tremblante. Bras sourit et détacha délicatement les deux filles d'eux, tout en caressant les cheveux désordonnés de Lizzie. « Je pensais qu'il t'avait tué, » dit doucement Kayla, les larmes aux yeux.
Brad regarda les trois plus jeunes tristement. « On va bien, Kayla. Promis. » Il sourit à la petite fille qui lui demanda, en tendant son petit doigt : « Promis, juré ? » Il acquiesça et le serra dans le sien en répétant : « Promis, juré. On est juste un peu amochés… Grant ne vous a pas fait mal, pas vrai ? »
Lizzie répondit. « Non. Il est revenu et nous a crié après par contre… il a dit que Kayla ne peut pas manger pour deux jours. Moi non plus, pour encore deux jours. »
Brad se renfrogna. « Quatre jours sans nourriture ? » marmonna-t-il. « Est-ce qu'il est fou ? »
« Oui, » dit tout bas Spencer. « Il est complètement malade. »
Brad cligna des yeux; il regarda le plus jeune qui semblait avoir de la difficulté à rester debout. « Je sais qu'il l'est. Viens, Spence, pourquoi tu ne t'assoirais pas sur un des lits ? »
Spencer secoua la tête. « Je vais bien, » protesta-t-il. Mais, les jambes chancelantes, il faillit tomber. Brad l'attrapa et lui jeta un regard aigu.
« Tu peux à peine tenir debout, » dit-il en tirant Spencer jusqu'au lit. « Juste, assois-toi sur le lit et repose-toi un peu, d'accord ? » Spencer soupira et acquiesça. Il avait encore mal à peu près partout, de sorte que, peu importe comment il bougeait, quelque chose commençait à élancer douloureusement.
Brad pinça les lèvres en le regardant. L'heure du déjeuner était à peine passée et Grant avait déjà blessé le gamin au point qu'il ne pouvait même pas s'étendre sans éprouver de douleur. Comment plus est-ce qu'ils étaient censés en prendre ? Il pensa aux agents du FBI qui étaient venus plus tôt… Peut-être que Spencer avait raison. Peut-être qu'ils pouvaient aider. Mais il n'était vraiment pas prêt à prendre le risque de les appeler. Il savait exactement ce qui arriverait si Grant l'attrapait.
Rossi et JJ remercièrent le gérant du complexe avant de quitter l'immeuble, perdus encore une fois. « Comment ça se fait qu'autant d'entre eux se souviennent de Tony, mais qu'aucun ne le connaisse assez bien pour avoir une idée d'où il est ? » demanda JJ en regardant à travers la fenêtre du passager.
« Il a laissé une mauvaise impression. Tu as entendu ce qu'ils ont dit… il se met en colère facilement, est violent envers tout homme qui s'approche de lui… Ils se souviendraient de lui et ils voudraient aussi rester le plus loin possible au cas où il péterait vraiment les plombs un jour, » expliqua Rossi, en colère. On aurait dit que, d'une manière ou d'une autre, Anthony Woods avait vraiment réussi à disparaitre et ça commençait réellement à lui taper sur les nerfs. Ce type avait vingt-six ans ! Comment est-ce qu'un jeune pouvait complètement couper les liens avec tout et tout le monde et devenir l'homme invisible ?
« Grandir dans la même maison que Grant Pierce a sûrement eu quelque chose à voir avec ça, » répondit distraitement JJ.
« Tu es au courant que nous ne sommes même pas certains à cent pour cent que Grant abuse de ces enfants, pas vrai ? » lui fit prudemment remarque Rossi. Il ne voulait pas la mettre en colère, mais bien s'assurer qu'elle comprenait la situation.
JJ se contenta de hocher la tête. « Tu n'étais pas là, Rossi. Je te le dis, ces enfants sont victimes d'abus. Demande à Morgan… Je souhaiterais seulement qu'il y ait quelque chose que nous puissions faire de plus en ce moment… j'ai un mauvais pressentiment à propos de toute cette histoire. »
« Ne t'inquiète pas, » dit Rossi. « Nous allons trouver Anthony Woods, nous allons résoudre ce dossier, obtenir une confession et nous allons aider ces enfants. C'est notre travail après tout. »
JJ resta silencieuse. Elle regardait les nuages dans le ciel. Elle savait que Rossi avait raison. Ils étaient là pour attraper un tueur, et c'est ce qu'ils devraient faire en ce moment. Mais elle repensait continuellement à l'expression horrifiée qu'avait eue Spencer lorsqu'ils lui avaient demandé si Grant le maltraitait. Elle ne pouvait s'empêcher de vouloir l'aider, laissant par le fait même Anthony Woods à quelqu'un d'autre.
Les yeux foncés de Grant remplissaient son esprit maintenant, et elle frissonna. Elle ne voulait pas imaginer quelles sombres pensées pouvaient se tapir derrière des yeux aussi vides, aussi indifférents. Elle appuya sa tête contre le siège et soupira. Elle trouvait cela tellement injuste de ne pas pouvoir sortir ces enfants de là elle-même.
