Drago avait saisi le bras de Hermione pour la hisser sur ses pieds et la jeter sur le lit. Assise, la jeune Gryffondor le regarda se servir un verre de vin rouge sur la table de chevet, qu'il fit tournoyer pensivement entre ses doigts fins avant de l'avaler.

-Je me suis demandé où tu étais et ce que tu faisais toutes ces années, Granger, dit-il en se resservant et sans la regarder. Je me suis toujours imaginé que la grande Hermione Granger, première partout en cours, meilleure amie du célèbre Potter, courageuse et charismatique, aurait droit à un grand destin. Au lieu de quoi, je la retrouve pendue au bras d'un idiot profond, et en tant que pion dans les rangs d'une société secrète et donc, illicite. Je dois t'avouer, Granger, que je suis déçu.

-Moi je ne suis pas déçue du salaud assassin que tu es devenu, Malefoy, répliqua-t-elle avec véhémence, puisque à vrai dire, je n'en attendais pas moins de toi. Et Ron n'était pas un idiot !

-Était, souligna Drago en la regardant avec un sourire sournois. Weasmoche n'est donc plus de ce monde ? Déjà ? Il est à peine onze heures du soir, pourtant. Cela prouve à quel point il était inutile.

-Ta gueule, Malefoy.

-Ouh, ma lionne se rebelle. Je te reconnais bien, là. Mais nous ne sommes plus à Poudlard, Granger. Nous sommes en guerre, et je t'ai en mon pouvoir. Tu ferais donc mieux de garder ces sarcasmes indignes de toi. Cela pourrait te coûter.

-Le simple fait de ne pas avoir de parents sorciers me coûte déjà, Malefoy.

-Uniquement parce que tu as choisi le mauvais camp, Granger. Uniquement pour cela.

-Je ne savais pas que Voldemort recrutait chez les nés-moldus, se moqua-t-elle.

En un éclair, Drago fut sur elle, le visage tordu par la fureur, son verre de vin brisé sur le tapis. Il la plaqua sur le lit en la tenant par la gorge, l'étranglant.

-Ne prononce pas son nom, siffla-t-il. Ne prononce plus jamais son nom devant moi ! Est-ce clair, Sang-de-Bourbe ?

Cherchant de l'air, Hermione ne répondit pas, pâlissant à vue d'œil. Drago se contenta de resserrer sa prise.

-Je répète ! Est-ce clair, Sang-de-Bourbe ?

Hermione paniquait. Il allait clairement la tuer si elle ne répondait pas à son ordre.

-Ou...oui...

-Dis-le Granger !

-Je ne...pron...prononcerai...plus son...jamais son...nom...

Aussitôt, Drago desserra sa main, mais la laissa sur son cou, alors que Hermione avalait les goulées d'air bienvenues.

-Tu vois que ce n'est pas si dur de répondre à une demande de ma part, Granger. Je pense que finalement, nous pourrons bien nous entendre.

Sa main commença à caresser la gorge de Hermione, remontant sur son menton puis redescendant dans sa nuque, pinçant sa chair. Sa virilité s'éveilla encore, et il releva brutalement la jeune femme jusqu'à la position assise.

-Si tu veux que toi et tes petits amis restent en vie le plus possible, je te conseille de répondre à chaque demande que je te ferai, Granger.

-Les ambassadeurs, siffla-t-elle.

-Au Diable les ambassadeurs, Sang-de-Bourbe. Nous les tuerons aussi. Au final, crois-tu que Potter et Dumby seuls résisteront au Maître, une fois que nous aurons tué tous ceux du Phénix se trouvant ici ce soir ? Je peux le faire, tu le sais. Je peux donner cet ordre. Et une fois que le Maître aura remporté la victoire, l'Europe n'osera plus se mêler des affaires britanniques. Tout cela à cause de toi.

Elle se figea.

-Tu n'oserais pas ?

-Il y a peu de choses que je n'oserai pas, Granger.

-Pourquoi moi ?

-Il n'est pas temps pour toi de le savoir. J'ai tout pouvoir ici. Alors, Granger ? M'obéiras-tu ?

Drago était loin d'être stupide. Il savait que même si elle disait oui, et la connaissant elle le ferait, il n'aurait pas sa coopération. Elle chercherait chaque occasion pour faire du mal aux Mangemorts. Il devait s'assurer de sa complète et parfaite soumission envers lui, en la manipulant. Ainsi, elle lui serait toute acquise.

-Oui.

Et voilà, elle se tiendrait à carreau. Du moins pour l'instant. Il pouvait mettre en place le plan de conquête.

Avec un grand sourire, Drago glissa ses doigts sur un sein de la brune, qui tenta de se dérober. Néanmoins, un seul regard du Mangemort l'arrêta et elle plissa les lèvres, droite et raide, en attendant son destin. Elle devait lui obéir pour le moment. Au moins cette nuit. Demain serait un autre jour.

Avec un sourire de contentement, Drago pinça le téton de son ennemie à travers le tissu de la robe, puis l'effleura de son pouce. À sa grande honte, Hermione sentit ses deux seins se durcir. Elle savait que ce n'était pas à cause du plaisir. Ou plutôt si : elle ne le voulait pas, mais son corps, sous le toucher expert du jeune homme, répondait à ses avances. Elle rougit, mortifiée, d'autant plus quand Drago éclata d'un rire mauvais.

-Je sens que nous allons bien nous amuser tous les deux, Granger.

-Tu vas me...me...

-Te, te ? Dis-le, Granger. N'aie pas honte.

-Tu vas me violer ?

-Certainement pas.

Elle parut rassurée, mais Drago se pencha près de son oreille et en caressa le lobe de ses lèvres en murmurant :

-Ce ne serait pas drôle sans que tu me supplies de te baiser.

Elle fut tout à fait rassurée. Comme si elle supplierait Malefoy de quoi que ce soit, surtout cela ! Mais le sourire du jeune homme lui promettait d'autres choses...

Ce fut à ce moment-là que la porte s'ouvrit.

.

Ginny se sentait fondre, emportée dans un tourbillon de douce folie. Les lèvres de Blaise caressaient les siennes, la taquinant, jouant sans jamais donner à ses baisers l'intensité qu'elle désirait. Elle était emplie de peine et de honte de ce qu'elle faisait, néanmoins, elle était incapable de s'arrêter. Elle avait son Veela dans la peau. Il lui mordilla la lèvre inférieure et elle soupira.

-Blaise...je ne peux pas...nous ne...

-Arrête de résister, mon ange, souffla-t-il contre sa peau. Tu es mienne à présent.

-Mais je te déteste ! Je ne veux pas...

-Oh que si, tu le veux, Ginevra. Tu me veux. Simplement, tu laisses trop de choses se mettre entre nous.

Ginny se renfonça dans les oreillers et tira sur ses liens, mécontente. Blaise lui jeta un regard neutre. Quelqu'un qui frappait à la porte arracha un grognement animal au jeune homme, et il alla ouvrir.

-Ah ! Entrez. Venez. Ginny mon cœur, voici la personne qui va nous marier ce soir.

Les yeux de Ginny s'écarquillèrent de peur en revenant totalement à elle. Elle allait devoir épouser ce rustre de Zabini, qu'elle le veuille ou non (et elle ne le voulait certainement pas) ! Son cœur se brisa en songeant à Harry, puis à sa famille, ses amis et tous ceux qu'elle trahissait malgré elle.

La personne s'avança dans la pièce et hocha brièvement la tête en direction de la rousse, dont la peur fut remplacée aussitôt par la rage. Elle se redressa, tirant sans succès pour se libérer, et cracha au visage de l'arrivant :

-Vous !

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Alecto et Amycus Carrow étaient drôlement semblables. Hormis leur physique partagé de cochon, ils avaient sensiblement le même caractère : brut, cru, sans élégance, cruel par dépit et assoiffé de baiser le bas de la robe des puissants. Ils se caractérisaient également par leur manque d'intellect.

Cependant les Carrow avaient un atout pour eux. Ils ne se séparaient jamais. Plusieurs personnes songeaient qu'ils puissent se rendre coupables d'inceste. C'était peut-être vrai. Ou alors, un fort amour filial.

Les Carrow représentaient peu de choses sur l'échiquier de la guerre, toutefois ils étaient connus pour avoir la baguette légère. Et Kingsley Shacklebolt avait peur que ces deux bouffons arrivent à tuer plus de monde à eux seuls que les plus intelligents des Mangemorts.

Kingsley était Auror. Aussi, il œuvrait pour la justice et n'attaquait généralement pas le premier. Mais son instinct lui hurlait de faire quelque chose, de se débarrasser des ennemis avant que les ennemis ne se débarrassent de lui. Il avait opté pour les Carrow.

Le problème étant, si il avait le frère devant lui, il aurait la sœur derrière et vice versa. Le travail d'équipe faisait la force des Carrow.

Kingsley décida de se faire aider. Ne voyant pas Arthur dans les coins, il alla chercher le professeur Flitwick, qui dansait le jive avec Madame Chourave. Le petit Filius écouta d'une oreille attentionnée le plan de l'Auror, et acquiesça.

Filius Flitwick approcha le couple Carrow non loin et leur demanda d'une voix pépiante et caractéristique,

-Mademoiselle, Monsieur. Auriez-vous la grande bonté de m'indiquer le chemin des toilettes, je vous prie ?

Amycus, le frère, prit un air gourmand qui ravagea ses traits horripilants, et sa sœur Alecto offrit un sourire atrocement hypocrite au professeur de Charmes et Sortilèges.

-Bien entendu, répliqua-t-elle.

Elle indiqua une porte au fond de la salle :

-Là, première à droite.

-Merci, répondit Filius.

Il s'éloigna d'une démarche sautillante et sortit par la porte indiquée. C'était un grand couloir en pierre, éclairé de torches...il y avait du sang par terre. Le professeur fronça les sourcils. Il se retourna vers la porte, parvenant, grâce à sa petite taille, à s'aplatir presque hors de vue contre le mur dans un léger renfoncement, et attendit. Bientôt, la porte s'ouvrit et il entendit les voix caquetantes du frère et de la sœur.

-Bouge tes fesses, Amycus. On doit rattraper ce nain.

-Tu peux parler, espèce de conne. On aura de la chance s'il a pas filé oui !

-La ferme, imbécile. On sait tous deux que j'ai toujours été la plus intelligente, ici.

-Ah, silence. Il nous entend peut-être.

Ils s'avancèrent dans le couloir, baguette aux aguets. Filius quitta sa cachette.

-En garde, maudits Mangemorts, pépia-t-il d'une voix solennelle.

-Je t'avais dit qu'il nous entendait, ronchonna Amycus en contrant le maléfice informulé de Filius.

-On en fait qu'une bouchée, du nain, se moqua Alecto.

La bataille devint rapidement spectaculaire. Filius avait l'avantage d'être un sorcier rompu au maniement de la baguette. Les Carrow, eux, étaient deux. Les lumières volaient en une pluie étincelante, illuminant le couloir des cachots en une symphonie visuelle. Puis, la porte finit par s'ouvrir de nouveau, et l'immense personne de Kingsley se glissa sans bruit dans le couloir, lançant un puissant Avada Kedavra dans le dos d'Alecto Carrow.

Il y eut un instant de silence, où le corps du Mangemort tomba sans grâce, s'aplatissant contre le sol glacial, puis Amycus laissa échapper un rugissement de fureur. Il jeta un sort informulé à Flitwick, qui vola plusieurs mètres en arrière et finit par heurter le mur de la tête dans un craquement nauséabond, et il se tourna vers Kingsley, qui l'immobilisa rapidement avec le même sort que sa sœur. Le Mangemort chuta, raide mort, yeux encore ouverts dans sa fureur.

Kingsley enjamba rapidement les deux cadavres et alla secourir Filius, assommé, le crâne éclaté. Il allait mourir, l'Auror le savait. Réprimant un sanglot, l'homme noir pointa sa baguette sur l'ancien professeur et souffla, pour la troisième fois en autant de minutes, le sortilège fatal.

Puis il se leva et pointa son arme sur les trois corps tour à tour, murmurant à chaque fois « Evanesco », envoyant les morts dans le non-être. Il récupérerait son ami plus tard pour lui offrir des funérailles dignes de lui.

Se sentant profondément coupable et déçu, Kingsley Shacklebolt retourna dans la salle de bal.

.

Daphné Greengrass rentra dans la salle de bal, venant tout juste de quitter le labyrinthe. Ses yeux apeurés parcouraient la foule afin de trouver ses camarades. Pansy, Vincent, Gregory, Blaise et Drago manquaient à l'appel. Elle fut cependant rassurée de voir sa sœur, Astoria, valser au milieu de la piste avec Théodore.

Blaise devait être avec cette garce affreuse de Weasley, mais les autres ? Vincent et Gregory étaient assez cons pour se trouver encore dans le labyrinthe à chercher la sortie. Où était Pansy ? Pire encore, où était Drago ? Peut-être avec Granger. Cette idée fit serrer les poings de la jeune héritière. Qu'avaient-ils tous, ce soir, à vouloir copuler avec l'ennemie ? Le goût de l'interdit, sans doute ?

Bon, évidemment, Drago n'avait jamais clairement annoncé qu'il voulait Granger pour la baiser. Il pouvait simplement vouloir la torturer, ce qui était plausible. Mais l'instinct de Daphné lui disait autre chose. Il voulait Granger...et pas seulement pour s'entraîner au Doloris dessus.

Daphné avait toujours secrètement eu des vues sur le jeune Malefoy. Être avec Blaise Zabini lui permettait de se rapprocher de l'héritier, et elle avait clairement indiqué ses dispositions à Drago, qui l'avait prise une fois, deux ans auparavant. Que ne donnerait-elle pas pour être Madame Daphné Malefoy !

Elle devait l'empêcher de séduire la Sang-de-Bourbe. À tout prix. Sinon...elle sentait que Granger avait plus de valeur pour le blond que ce qu'il voulait bien en dire. Cela n'irait pas si Drago et Granger entamaient une romance, aussi sordide soit-elle.

Décidée, Daphné quitta la salle de bal et laissa ses pas la diriger vers l'endroit où son amour et son ennemie et rivale étaient les plus à mêmes de se trouver. La chambre de Drago.