Bonjour tout le monde,
Voici un nouveau chapitre des feuilles mortes, j'espère qu'il vous plaira.
J'en profite pour vous remercier pour vos nombreuses reviews sur le dernier chapitre, j'ai été très touchée. Une bise particulière à Anne et titine, revieweuses anonymes à qui je n'ai, hélas, pas pu répondre directement.
Le prochain chapitre sera en deux parties. On travaille encore dessus avec mes bétas adorées (bisous les filles), j'espère que j'arriverais à le terminer dans les temps pour mettre en ligne la première partie la semaine prochaine. Je vais faire mon possible dans tous les cas.
Maintenant je vous laisse lire et on se retrouve en bas ;-)
Puce
Chapitre 9 : Tentatives
Bella POV
La bataille faisait rage depuis plusieurs semaines. J'aguichais puis j'esquivais, j'ignorais puis revenais le plus naturellement possible faussement ingénue jouant la bonne copine. Je ne me reconnaissais plus. Angela non plus d'ailleurs mais au moins, je la faisais rire.
Edward, quant à lui, riait de moins en moins et avait même par moment des accès de colère à peine déguisés.
Ce jour-là, nous attendions patiemment le début du cours de biologie en discutant paisiblement:
" Et comment va Ethan, ça fait une éternité que je ne l'ai pas vu?
- Il va bien, je vais finir par être jaloux de mon propre frère, Bella.
- Et tu auras raison, il a beaucoup plus de charme que toi.
- Je vois, je n'ai aucune chance.
- Bella, ma belle, tu viens dîner à la maison ce soir?
Le visage d'Edward se crispa en voyant Jacob approcher.
- C'est prévu comme ça il me semble, je m'occupe du dessert.
- On aura au moins un truc mangeable à table. Pour le reste, c'est Billy qui cuisine.
- J'ai intérêt à grignoter un truc avant de partir alors. Jacob s'esclaffa et je le suivis dans son éclat de rire.
- Puisque je dérange, je me casse."
Avant même que j'eus le temps de répondre quoi que ce soit, il avait tourné les talons et s'éloignait à grands pas. Continuer à sourire, faire comme si de rien n'était, ignorer l'air triomphant de Jacob, ne pas le laisser m'atteindre...
Quelques jours plus tard, Edward était revenu assister au cours de danse. Cours qui contre toute attente avaient repris.
Satisfaite de notre niveau, Sylvia Guillaume avait décidé de nous inscrire au concours annuel de l'état de Washington, ce concours devait réunir tous les lycées de l'état. Il s'agissait de présenter une chorégraphie originale de 8 minutes. Du coup, la danseuse étoile avait décidé de prolonger son séjour parmi nous et nous travaillions d'arrache pieds. J'étais soliste sur une partie de la chorégraphie et les répétitions me prenaient beaucoup de temps:
" Bella, reviens parmi nous tu veux! On reprend au solo, concentrez vous les filles!"
Les premiers accords désormais connus de la bande originale de Talons Aiguilles se firent entendre. C'était reparti.
Si tienes un hondo penar, piensa en mi (Si tu as une peine profonde, pense à moi,)
Si tienes ganas de llorar, piensa en mi (Si tu as envie de pleurer, pense à moi,)
Ya ves que venero tu imagen divina (Vois-tu comme je vénère ton image divine,)
Tu parvula boca, que siendo tan nina (Ton innocente bouche, qui est si enfantine,)
Me enseno a pecar (M'a appris à pécher.)
Piensa en mi cuando sufras, (Pense à moi, quand tu souffres,)
Cuando llores, tambien piensa en mi, (Quand tu pleures, pense aussi à moi,)
Quando quièras quitarme la vida (Quand tu veux ôte moi la vie,)
No la quiero, para nada (je n'en ai pas besoin,)
Para nada me sirve sin ti (elle ne me sert à rien sans toi.)
Piensa en mi cuando sufras, (Pense à moi, quand tu souffres,)
Cuando llores, tambien piensa en mi, (Quand tu pleures, pense aussi à moi,)
Quando quièras quitarme la vida (Quand tu veux ôte moi la vie,)
No la quiero, para nada (je n'en ai pas besoin,)
Para nada me sirve sin ti (elle ne me sert à rien sans toi.)
Le reste du groupe enchainait sur une musique de Gotan Project. J'avais trente secondes pour souffler avant de les rejoindre sur ce tango moderne et sensuel. 5, 4, 3, 2, 1, en piste mais la musique s'interrompit aussitôt:
"Non, non, non et non! Jessica, fais attention à ce que tu fais! Clara, montre lui tu veux, moi, je désespère."
Je tombais alors sur deux prunelles vert émeraudes et je m'y perdais, indifférente à ce qui se passait autour de moi. Mais la prof me ramena bien vite à la réalité.
"Bella, tu peux venir? J'aimerais que tu reprennes la fin du refrain. Elle ne veut pas de sa vie sans lui, elle la lui laisse entre les mains. Essaie d'approfondir encore le mouvement. Imagine celui qui pourrait-te faire ressentir ce genre de choses"
Un coup d'œil vers lui, son regard s'était assombri. Je repris le mouvement sans le quitter des yeux.
" C'est ça! C'est mieux, beaucoup mieux Bella, allez les filles, on reprend tout"
Je quittais notre connexion à regret, quand je regardais à nouveau dans sa direction, il n'était plus là.
Le cours se terminait et je n'avais qu'une envie, filer au gymnase pour retrouver mes basketteurs préférés. J'avais de moins en moins de temps pour les voir et ça me manquait. Une douche rapide plus tard, j'arrivais juste pour la fin de l'échauffement. Le championnat avait très bien démarré pour eux et ils étaient en bonne passe de le remporter. Edward faisait des merveilles sur le terrain ce qui contribuait à accentuer sa popularité, surtout auprès des filles.
Ce jour là, le coach était très énervé et Newton prenait cher. Ce qui fut plus surprenant, c'est qu'Edward était logé à la même enseigne. Il manquait tous ses tirs, ses passes étaient mauvaises et il faisait des marchés à répétition. Hors de lui, le coach hurla:
" Cullen, j'en ai raz le bol. Tu files aux vestiaires, tu reviendras demain si l'envie de jouer au basket te reprend."
Furieux, Edward ramassa ses affaires d'un geste rageur et s'engouffra dans le couloir qui menait aux vestiaires. Mue par je ne sais quel instinct, je le suivis et m'adossais à côté de la porte. Dix minutes plus tard, il réapparut, plus sexy que jamais avec ses cheveux humides et son air renfrogné.
" Si t'es là pour te payer ma tronche, Swan, c'est pas le jour.
- ...
- Bordel qu'est ce que tu veux? M'allumer et me laisser là comme un con? Jouer à la bonne copine qui s'inquiète comme s'il n'y avait jamais rien eu d'autre entre nous? Je me fous de ton amitié, Bella, ce n'est pas ça que je veux. Je ne veux pas que tu sois avec moi comme avec tous les autres – puis sa voix devint murmure - Je pense à toi Bella, souvent..."
L'allusion à ce qui s'était passé en cours de danse était plus qu'évidente. Piensa en mi. Il pensait à moi, souvent. Alors je baissais les armes, une nouvelle fois. Sans quitter ses yeux qui me scrutaient avec la même intensité que quelques heures auparavant, je me hissais sur la pointe des pieds. Il se baissa pour venir à ma rencontre et nos lèvres se trouvèrent comme si elles ne s'étaient jamais quittées. Ce baiser fut doux, tendre. Il prit mon visage en coupe pour presser ses lèvres un peu plus fort sur les miennes, puis s'écarta, posant son front contre le mien:
" Je ne sais pas si je vais savoir faire ça Bella. Le truc du petit ami, fidèle et tout... Je n'ai jamais... Je n'ai jamais été am... enfin j'ai jamais été comme ça avec une fille.
- Chut, je ne te demande rien Edward. On essaie. Si ça marche tant mieux sinon, on ne se prend pas la tête d'accord. La seule chose que je veux, c'est que tu sois toujours honnête avec moi OK?
- Je crois que je peux faire ça."
Il me fit son sourire en coin avant de reprendre mes lèvres. Je me sentis rougir et ma timidité revint au grand galop. C'était bien beau tout ça mais comment on allait faire maintenant? En réponse à ma question muette, Edward stoppa notre baiser, entrelaça ses doigts dans les miens et m'entraina à sa suite avec un sourire rassurant. OK, apparemment, on assume.
Edward POV
Je serrais les petits doigts tremblants de Bella dans ma main, l'entraînant au grand jour. Je voulais tenter le coup, vraiment. Essayer d'avoir une petite amie et de me comporter correctement avec elle. Et la première étape, c'était de l'assumer devant tout le monde. J'arrivais dans la cours principale en gardant la main de Bella dans la mienne, un air de défi sur le visage essayant d'occulter les regards étonnés et curieux qui nous scrutaient sans la moindre gène.
Les chuchotements sur notre passage n'étaient pas discrets non plus.
" Tu crois qu'il sort avec elle?
- Pas possible! Tu l'as regardée? Un gars comme lui avec une fille comme elle, il ne faut pas pousser non plus.
- Ca y ressemble quand même.
- Il peut se faire toutes les filles qu'il veut, pourquoi ce microbe?"
Ma main se crispa dans la sienne, comment pouvaient-ils parler de ma Bella de cette façon? Je l'entendis murmurer à mes côtés:
" Laisse couler, j'ai l'habitude"
Non, je ne laisserais pas couler. Je me stoppai net, me tournai vers elle sans rien dire, ancrai mon regard au sien qui semblait me poser mille questions et je pris ses lèvres avec force. Elle se laissa faire et remise peu à peu de sa surprise, me rendit mon baiser avec ferveur. Je finis par rompre notre étreinte, hors d'haleine, les sensations qu'elle provoquait en moi commençaient à devenir embarrassantes et je voulais agir correctement. Je ne pouvais pour autant m'empêcher de lancer à la cantonade en serrant ma belle contre moi:
" C'est clair pour tout le monde maintenant? – Puis je baissais la voix pour m'adresser à elle – Préviens Jasper, je te ramène chez toi."
Elle sortit son téléphone pour taper un texto puis se tourna vers moi avec un de ses éblouissants sourires. Nous nous dirigeâmes lentement vers le parking, main dans la main, sous le regard encore inquisiteur de ceux qui étaient toujours présents au lycée. Nul doute que la nouvelle était en train de circuler à vitesse grand V parmi les élèves.
Je la conduisis jusqu'à chez elle dans le silence le plus complet, nous étions tous les deux perdus dans nos pensées, nos interrogations. Ma petite démonstration de toute à l'heure avait été facile. Ce que j'avais entendu m'avait mis hors de moi et ma réaction avait été spontanée. Mais comment faire maintenant? Comment me comporter? Comment gérer une relation de couple au quotidien? J'étais garé devant chez elle depuis 5 minutes et aucun de nous n'avait bougé le petit doigt. A côté de moi, je la sentis prendre son inspiration:
"Bon, merci pour le taxi, je... je vais y aller je crois.
- Charlie est rentré?
- Non, c'est bien trop tôt. Tu... Tu veux...
- J'aimerai bien oui"
Elle rougit violemment avant de sortir de l'habitacle, je la suivis lentement, affichant sur mon visage un air bien plus serein que je ne l'étais en réalité. Elle ouvrit la porte, m'invitant à entrer. La maison était petite, simple mais chaleureuse. Rien à voir avec les villas de mes parents et de la plupart de mes amis. Elle me proposa un chocolat chaud dans la cuisine et j'acceptais avec plaisir.
En la voyant s'affairer sur le plan de travail, j'eus envie de la rejoindre. Je me collais donc contre son dos, plongeant mon nez dans ses cheveux qui sentaient la fraise:
" Tu sens bon ma Bella.
- Je pourrais m'habituer à ça, tu sais?
- A quoi?
- A me retrouver au creux de tes bras, sentir ton souffle chaud sur ma nuque, passer du temps seule avec toi, à discuter et à faire ça aussi"
Elle se retourna et m'embrassa, timidement. J'effleurais ses hanches avec douceur, ses ongles griffaient légèrement la base de ma nuque provoquant une vague électrique le long de mon dos. Comment une caresse si anodine pouvait entraîner de telles sensations? Je commençais à me sentir à l'étroit dans mon jean, je devais me reprendre. Pas ici, pas comme ça. Je m'écartais donc à regret :
" Tu me fais visiter?"
Sans dire un mot, elle m'entraîna dans le salon. Un vieux divan faisait face à une télé écran plat, seule témoin dans cette pièce que nous avions quitté les années 70. La décoration ne devait pas avoir bougé depuis le départ de la mère de Bella. Je stoppais ma belle devant le buffet où trônaient des photos d'elle quand elle était petite:
" Eh, tu es trop mignonne là dessus! – Elle rabattit le cadre avec vigueur
- Non Edward, par pitié, ne regarde pas ça – Je le relevais de force et le mettais en hauteur hors de sa portée.
- Tu as du chocolat partout, comment tu t'étais débrouillée?
- Edward, rends moi ça! Je suis ridicule là dessus. – Elle sautait en tendant les bras pour récupérer la photo mais j'étais décidément trop grand pour elle.
- Mais non, tu es la plus jolie petite fille que j'ai jamais vue. Alors c'est quoi tout ce chocolat?
- J'avais voulu faire un gâteau pour l'anniversaire de mon père mais en portant le saladier à ma mère pour qu'elle le mette dans le moule, je me suis étalée et la préparation m'est tombée sur la tête."
Je ne pouvais m'arrêter de rire en m'imaginant la scène. Bella, faussement vexée, se jeta sur mon dos pour récupérer son cadre. Dans la bataille, je ne vis pas le canapé se rapprocher et nous trébuchâmes tous les deux, basculant sur le vieux divan dans une position plus qu'équivoque. Le calme revint tout d'un coup. Nos regards restaient accrochés et nos lèvres se joignirent à nouveau dans l'urgence. Nos mains se firent de moins en moins sages, mes doigts se faufilèrent sous son pull pour caresser la peau douce et chaude de son ventre, son contact m'électrisait complètement. Ses caresses timides provoquaient en moi des sensations inédites. Elle était celle avec laquelle je voulais bien me tenir tout en étant celle qui éveillait le plus mes instincts les plus primaires. Quel enfer!
Elle fut la première à reprendre ses esprits avant que cela ne dérape pour de bon:
" Si Charlie nous trouve là, je ne donne pas cher de ta peau.
- En effet...
- On continue la visite?
- Je te suis"
Elle se leva, prit ma main et me mena vers l'escalier. Nous montâmes en silence.
" Là, c'est la chambre de Charlie, et là, la salle de bain. Et puis là c'est..."
Je la poussais tout doucement à l'intérieur de la petite chambre. Cette pièce ressemblait à ma Bella. Simple et rangée, elle aurait pu paraitre ordinaire au premier regard mais quand on s'attachait aux détails, elle révélait beaucoup de choses sur son occupante.
Les murs étaient bleus pales, une grande étagère pleine à craquer de livres cachait le plus grand pan de mur. Un petit bureau y était accolé et un lit une place occupait l'angle opposé. Une simple commode et une petite penderie semblaient abriter l'essentiel de la garde robe de ma belle. Une fille pas comme les autres...
Elle me regardait détailler son intimité, rougissante.
" J'aime beaucoup cet endroit, il te ressemble. Elle fronça les sourcils.
- Je ne suis pas sûre que ce soit un compliment ça. Je lui souris.
- C'en est un ma belle et je t'ai promis que je serai toujours honnête."
Elle ne répondit pas mais se hissa à nouveau sur la pointe des pieds pour m'embrasser. Je nous basculais sur son lit et nous reprîmes nos baisers et nos caresses avec la même intensité qu'auparavant. Mais je ne voulais pas aller trop vite, je voulais lui laisser du temps. Une nouvelle fois avec beaucoup de difficultés, je rompais notre étreinte. Bella me fixa avec incompréhension.
" J'en meurs d'envie Bella mais je veux faire ça bien pour une fois. C'est important. Je veux qu'on essaie d'être un vrai couple, avant ça, tu comprends? – Elle hocha la tête en signe de compréhension – Pour commencer, j'aimerais beaucoup t'inviter au cinéma vendredi soir et puis on ira manger un morceau après.
- Il faut que j'en parle à Charlie mais ça ne devrait pas poser de problème.
- C'est cool. D'ici là, tu m'aides à être sage alors?
- Pas question, pour ça, tu te débrouilles"
Elle se jeta à nouveau sur mes lèvres, m'entrainant dans un baiser passionné. Cette fille aurait ma mort.
