Chapitre 9 :
Respect
X
Une dizaine de minutes plus tard, la porte de la salle de réunion s'ouvrit, montrant une Kali qui émit un petit cri de douleur lorsqu'elle remonta son sous-vêtement. Elle se retourna la larme à l'œil vers Sam, qui émergea à son tour de l'obscurité en sifflant innocemment les bras derrière la tête. Elle se forgea un rappel mental de lui rendre la pareille une fois qu'elle aurait restauré son énergie magique le lendemain. Voyant les yeux espiègles lancés dans sa direction, elle rougit en détournant son regard dans une moue.
— Dépêchons-nous de les rejoindre, commanda-t-elle les bras croisés.
— Vos désirs sont des ordres, madame, répliqua-t-il dans une courbette avant de poser la main sur son épaule.
Ils réapparurent à l'endroit exact où Sam avait laissé son illusion dans un flash de lumière, à côté d'Anko reportant son masque, d'Akuma, du paysan interprète et des quatre agents qui les avaient raccompagnés. Ils portaient tous un masque et une cape noire. Ils étaient déjà à l'extérieur de l'hôpital et semblaient rejoindre un ensemble de trois bâtiments à six étages chacun, présentant tous une horloge au centre juste en dessous du toit. De larges enceintes entouraient le campus, ce qui donnait une zone géographique assez large de plusieurs hectares. Il y avait plusieurs cours extérieures, certaines verdoyantes à l'apparence de parc et d'autres ressemblant à des terrains d'entraînement, présentant des parcours d'obstacles, avec des cibles proches de tables disposant des munitions basiques comme des shurikens ou des kunaïs.
Alors qu'elle était concentrée dans son observation, Sam de derrière, la revêt à son tour d'un masque et l'enveloppa d'une longue cape noire. Elle ne comprit pas de suite avant de remarquer que les autres ne réagirent pas à ce changement soudain. Sam lui expliqua que les agents lui avaient posé cette cape sur son précédent fantôme, bien qu'il lui avoua ne pas connaître lui-même la raison. Elle lui répondit alors que c'était une mesure qu'Hiruzen avait prise puisqu'elle était haïe par la plupart des villageois. Elle vit Sam lui sourire avant qu'il ne rabattît sa capuche sur sa tête et qu'il rangea ses cheveux rouges à l'intérieur de la longue veste. Il la guida par la main à l'endroit où leur illusion avait continué de marcher. Il relâcha alors l'illusion qu'il avait posé sur eux d'un claquement de doigts, lui stipulant qu'il resterait invisible à leur vue.
Les agents se stoppèrent une seconde, regardant autour mais le groupe ne tarda pas à reprendre le trajet, si bien qu'ils atteignirent les portails de la faculté, gardés par deux hommes en uniforme vert, qui les laissèrent passer en suant à grosses gouttes voyant le contingent de forces spéciales. Si de tels hommes étaient directement à la coupe du chef du village, elle ne doutait pas que ceux-ci devaient jouir d'une autorité hors norme auprès de leurs comparses. Ils devaient probablement faire partie d'une élite minoritaire, au même titre que l'étaient les démons de cercle trois ou plus au Pandémonium.
Des enfants vinrent à eux en riant, les montrant du doigt en criant qu'il y avait Monsieur Poisson parmi eux. L'un des agents de leur groupe s'interposa en allant directement à leur rencontre. Il commença à sortir des bonbons de sa longue cape noire ou d'autres objets multicolores, qu'il donna aux garçons, ainsi que quelques poupées aux jeunes filles, si bien que Kali se demandait s'il portait sur lui directement des sceaux de stockage. Celui-ci prit quelques balles en caoutchouc depuis son manteau et se mit jongler avec, en introduisant de temps à autre des objets comme des kunaïs, devant le rire joyeux des mômes.
Pour Kali, cette vision lui paraissait extrêmement étrange puisqu'elle n'avait jamais vu une situation pareille arriver dans le monde des démons. Le souvenir qu'elle avait de son enfance avait été plus de participer aux pillages commis par sa bande de mercenaires, ou lorsqu'elle était encore plus jeune dans le bordel où elle était née en train de récurer des chaudrons. Le seul souvenir mémorable qu'elle avait gardé de sa résidence natale était la partie de Yam qu'elle avait jouée en compagnie de gobelins farfelus. Elle se souvint momentanément du moment où sa mère l'avait vendue le même jour à un nécromancien du fait des dettes liées aux paris ratés de celle-ci, suite à quoi elle fut placée dans une cargaison contenant des enfants de plusieurs espèces, cargaison qui fut ensuite réceptionnée par le groupe de bandits qu'elle rejoignit après avoir passé leur test, soit de tuer l'un des enfants qui avaient été enfermés. Elle n'avait en mémoire que la dureté de son environnement natif où elle avait dû montrer sa valeur chaque jour pour survivre. Elle hocha alors la tête, songeant qu'il ne servait à rien d'être jalouse de pauvres humains qui ne pourraient jamais s'élever au rang de sénateur comme elle en était capable. Ses expériences avaient forgé ce qu'elle était actuellement devenue.
Alors qu'ils embrayèrent le rez-de-chaussée du deuxième bâtiment, l'agent s'étant écarté d'eux les rejoignit peu de temps après. Des humains portant le même uniforme vert se courbèrent respectueusement à leur passage alors que les quatre agents commencèrent à marcher au pas, à un tel point que même Kali put notifier le changement d'allure. Ils s'arrêtèrent devant la porte d'une aile un peu plus sombre. L'un des agents, n'étant pas Monsieur Poisson, posa sa main sur le poignet de celle-ci. Des sceaux bleutés transparurent autour de son bras qui s'illuminèrent successivement avant que la porte ne s'ouvrit par elle-même. Ce phénomène rappela la fois où Kali avait emprunté les couloirs de la demeure du clan Sarutobi lorsqu'elle était arrivée dans ce village et qu'un agent avait effectué le même tour. Sam, qui était quant à lui toujours invisible de tous mis à part de sa partenaire, s'infiltra sur leur passage avant que la porte coulissante ne se referma.
Dans cette aile, ils rencontrèrent plusieurs acolytes portant les mêmes robes noires que les membres de leurs groupes. Certains des agents parurent se figer devant le masque rouge d'Akuma, et fixer par la suite avec attention leur groupe en passant en revue chacun d'entre eux, si bien que la plupart d'entre eux se courbèrent quand même à leur passage. Même Sam fut impressionné par la discipline qui régnait dans ce lieu, faisant remonter l'estime qui l'avait du personnage d'Hiruzen qui lui avait semblé être qu'un humain un peu moins frêle que la moyenne. Au bout d'un moment, dans un couloir entièrement vide, excepté par leur groupe, Sam poussa une interjection et tous les membres de leur équipée se retournèrent soudain vers lui avec surprise. Bien qu'ils le reconnurent, cela n'empêcha pas les agents de sortir instinctivement des armes de leur cape avant de les rengainer avec un soupir de soulagement.
Dans un sursaut, Kali vit alors l'un des murs fluctuer devant eux. Un agent portant une cape blanche et un masque d'un blanc uniforme présentant un symbole particulier inscrit en vert sortit de la façade comme si celle-ci avait été de l'eau. Kali sentit instantanément que l'énergie dégagée par ce personnage était bien supérieure à tous ceux qu'elle avait rencontrés jusqu'à présent, si bien qu'il libérait presque autant qu'un démon de cercle cinq. Le pire, c'était qu'elle n'avait senti son énergie qu'à partir du moment où il avait surgi du mur. Même la structure de son énergie était complètement différente de ceux qu'elle avait croisés jusqu'à présent dans ce monde, puisque la majorité semblait provenir du masque lui-même. Ce fut à ce moment que Kali sentit qu'ils avaient fait le bon choix en acceptant l'alliance avec Hiruzen, qui leur avait stipulé que le monde des ninjas refermait bien des secrets dangereux...
Les quatre agents, comme Anko et Akuma posèrent un genou à terre devant lui en collant leur paume gauche contre leur main droite. Kali hésita à s'exécuter ici, mais le timing aurait été trop faussé de toute façon. Sam lui fit alors signe que ses propres illusions ne fonctionnaient pas du tout sur lui, ce qui la fit blêmir.
— Capitaine Alpha, c'est un honneur de vous rencontrer ici ! saluèrent tous les agents présents.
— Relevez-vous, répliqua celui-ci d'une voix terne en portant ses pupilles azurées vers Sam qui le regarda en retour avec méfiance. Je devais juste m'assurer que l'intrus ayant pénétré l'un de nos QG n'était pas un ennemi.
Le groupe entier se remit debout. Le prénommé Alpha continua alors en fermant brièvement les yeux :
— Ainsi, vous êtes les invités qu'Hiruzen a accueillis au village... Je vous souhaite la bienvenue ici. Enku vous attend dans la salle F-52, je vous prierai de vous dépêcher.
L'agent en question s'effrita complètement en poussière en moins d'une seconde et Kali retint un hoquet, car c'était comme si l'énergie de celui-ci s'était intégralement dissipée en même temps. Était-il capable lui aussi de changer de dimension ? Elle se retourna vers Sam, qui hocha la tête, n'ayant pas la moindre idée de ce qu'il s'était passé non plus à son expression. Elle remarqua qu'il avait appelé Hiruzen seulement par son prénom et non précédé d'un titre comme les autres agents faisaient. Ces derniers demandèrent alors des explications à Kali pour Sam, qui leur expliqua le petit tour qu'il avait effectué, car ils avaient eu... un petit retard particulier. Ceux-ci, constatant le ton embarrassé même à travers la voix de l'humain transcripteur, firent part à Kali que son coéquipier devait dans l'invisibilité puisqu'ils n'avaient pas prévenu le QG de sa présence. Sam s'exécuta alors, encore plus surpris qu'il eut réussi à le faire seulement suite au départ de ce dénommé Alpha. Kali demanda alors à Akuma qui était cet individu, ce à quoi il répondit qu'il n'était pas habilité à lui répondre, ni aucun d'entre eux ici et qu'elle devrait demander directement au Sandaime, ce qui était encore plus louche. Quoi qu'il en fût, elle avait déjà entendu le nom Enku quelque part, même si elle n'arrivait plus à se souvenir où.
Ce fut cinq minutes plus tard qu'ils débouchèrent dans un mini-complexe composé de plusieurs salles reliées entre elles. Ils virent dans une pièce intégralement peinte en blanc, deux agents en tailleur avec une allure méditative. Ils parvinrent finalement à une salle un peu plus grande que la moyenne, comportant des lignes de pupitres, plusieurs armoires où étaient rangés des rouleaux.
Au fond de la pièce, il y avait un bureau surélevé sur une estrade, bureau sur lequel était assis les jambes croisées un agent faisant rebondir lestement une boule de cristal dans sa main gantée de noir. Celui-ci portait comme Alpha, une cape blanche, sauf que son masque était bien plus conventionnel et que son énergie était seulement un peu au-dessus de la moyenne, de telle sorte que Kali ne distingua rien de particulier chez lui. Après avoir verrouillé la porte derrière eux via un système de sceau, les quatre agents s'approchèrent et plièrent le genou devant leur hôte, qui posa alors sèchement sa boule sur son bureau.
— Capitaine Enku ! Nous vous ramenons, comme ordonné par le Haut Seigneur, les invités que vous devez instruire.
Celui-ci s'approcha des quatre agents et les souleva par le col par paires en collant son propre masque sur les leurs.
— J'ai eu des retours de mes collègues présents à l'hôpital, que vous vous êtes encore fait prendre à rien foutre, et par le Sandaime qui plus est. Je vous assure que, si je me prends un blâme à cause de vos égarements, je m'occuperai personnellement de votre remise en forme, les menaça l'agent, sa voix claquant comme un fouet.
Kali reconnut alors un timbre de voix clairement féminin et maintenant qu'elle l'observait mieux, elle pouvait voir un très léger vallonnement au niveau du haut de l'uniforme de la capitaine. Celle-ci lâcha les agents d'un geste brusque tandis qu'ils s'excusèrent au sol à répétition, demandant clémence pour leurs pêchés. Kali la vit se retourner vers le reste de leur troupe avant qu'elle les salue respectueusement.
— Bien que nous nous sommes déjà rencontrées brièvement, attesta-t-elle dévisageant vers Kali, mais je vais me représenter à nouveau à vous, démone du Pandémonium. Je suis Enku et j'agirai en tant que votre instructrice ainsi que votre examinateur durant le reste de votre séjour ici, quel que soit le type de leçon que vous devrez apprendre.
Kali se remémora alors d'elle en l'analysant avec plus attention. Akuma chuchota à son humain-traducteur que c'était la même personne qu'ils avaient croisée lorsqu'ils étaient rentrés dans la demeure du clan Sarutobi. Kali regarda les autres gardes qui les avaient accompagnés jusqu'à présent et reconnut aussi leur signature, puisqu'eux aussi avaient fait partie des acolytes présents. Kali, se rendant compte que la capitaine attendait une réponse, se courba respectueusement à son tour.
— Enchantée de vous rencontrer, Enku.
Celle-ci se retourna vers Anko.
— Mademoiselle Mitarashi, veuillez préparer la résidence de nos invités ici comme il vous fut ordonné.
Anko acquiesça et attendit que l'agent ouvre-porte arrive pour la faire sortir. La capitaine ne prêta pas la moindre attention à Akuma qui resta en retrait. Enku demanda aux autres agents de sortir, ce qu'ils firent à leur tour. Elle se mit tourner la tête à droite à gauche avant de se fixer sur Kali.
— Où est votre ami... Sam, si je ne me trompe pas ?
Kali demanda alors à Sam de réapparaître, ce qu'il fit juste en face de la capitaine avec un grand sourire, même si celle-ci resta impassible.
— Bien, clama-t-elle. Maintenant que nous ne sommes plus que nous quatre, vous pouvez défaire votre uniforme Kali. Vous ne craignez rien ici. Comme le Sandaime m'a explicitement demandé de faire de même lors de vos leçons avec moi.
Et alors que Kali était déjà en train d'enlever le superflu sur elle, elle vit la capitaine rabattre sa capuche en arrière, révélant des cheveux blonds atteignant ses épaules avec de nombreuses mèches en forme de piques. Lorsqu'elle enleva son masque révélant ainsi son visage. Sam se permit de décrier un « Ouh ! Pas mal. », ce qui lui fit gagner un coup de coude dans le flanc de la part de Kali. La femme avait un visage plutôt fin, avait l'air d'être dans la vingtaine et présentait une expression sérieuse.
Elle leur proposa de s'asseoir sur l'une des rangées pendant qu'elle préparerait le matériel. Ils la virent voguer entre les différentes armoires de la pièce, emportant divers rouleaux de stockage avec elle, qui fit bien un tas d'une vingtaine de rouleaux d'où elle sortit des encriers, des tas de feuilles blanches et de nombreux ouvrages.
« Commençons, » conclut Enku, en un mot.
La séance qui suivit parut extrêmement longue pour Kali.
Une partie de cette impression était liée au fait qu'elle devait tout retranscrire à Sam en simultané, ce qui doublait l'énergie mentale qu'elle devait allouer à sa concentration. Enku se démontra être une enseignante rigoureuse qui n'admettait aucun écart. À la façon dont elle communiquait, elle devait être habituée à toujours recevoir des élèves parfaitement disciplinés... ce qui n'était pas foncièrement pas le cas de Kali et Sam.
La première demi-heure de cours se passa plutôt bien, lorsqu'Enku présenta globalement comment ils allaient procéder. Elle leur exposa qu'ils allaient se concentrer en premier lieu sur comment former des phrases préconçues pour les motiver à progresser rapidement, puis qu'ils s'attaqueraient aux symboles formant directement les mots composant les phrases, symboles ayant une structure syllabique. Pour éviter de compliquer la tâche, Enku ne leur avoua pas qu'elle s'intéresserait pas immédiatement à la phonétique, mais voulait seulement à ce qu'ils saisissent bien la sémantique de chaque mot. Elle présenta également qu'ils auraient besoin de devenir rapidement efficient en calligraphie puisqu'une partie de ses tests nécessiteraient qu'ils écrieraient par eux-mêmes et qu'ils deviendraient indépendants dans leur apprentissage au fil du temps.
Ce fut à la seconde demi-heure qu'ils entrèrent dans le vif du sujet. Cette phase d'apprentissage basique se révéla simple, puisqu'elle demanda seulement aux démons de communiquer entre eux, utilisant ces quelques phrases dans des jeux d'introduction où ils se présentaient l'un l'autre. Enku remarqua que leur prononciation était très hachée, comme s'il leur manquait une partie des sonorités et qu'inversement, ils essayaient de combler en incluant des sons qu'Enku elle-même avait du mal à saisir. Elle décida de remettre cette problématique de sonorités à plus tard. Mais comme cette phase était ludique, l'attention des deux démons resta plutôt élevée.
Lorsqu'ils dévièrent dans la technicité de la calligraphie, ceci fit rapidement endormir Sam et même Kali ne comprenait pas trop l'intérêt. Enku leur précisa que cela constituait un investissement futur s'ils étaient intéressés au Fuinjutsu qui était l'art de réaliser des sceaux, comme celui de sceau de stockage qu'ils avaient pu voir, ce qui raviva l'attention des deux démons un moment avant que Sam ne partît en vrille en construisant son premier château de savons à la façon où il aurait construit un château de cartes. Enku sut alors instinctivement qu'elle devrait seulement se consacrer à Kali si elle voulait qu'au moins l'un d'eux rentre dans les quotas du Sandaime.
Toutefois, Kali se révéla peu adroite avec la plume qui était un exercice nouveau pour elle. Celle-ci qualifia rapidement l'exercice d'inutile, au grand déplaisir d'Enku. La capitaine décida de changer sa méthode d'enseignement lorsqu'elle vit Kali tracer les kanjis directement en l'air avec ses deux doigts et qui restaient en l'air quelques secondes via un élément particulier comme le feu ou la foudre. Enku se figea sur place pendant trois secondes lorsqu'elle la vit faire ça de manière parfaite. Ceci la motiva à laisser de côté la calligraphie papier afin que Kali se concentre plutôt à reproduire les sigles de la façon qu'il lui conviendrait le mieux.
Il n'en fut pas longtemps avant que Sam se lasse de son petit jeu et voulut divertir Kali de sa leçon, en la massant sensuellement, sous le regard désabusé d'Enku. Kali lui indiqua rapidement qu'elle n'était pas d'humeur à ça et qu'elle avait besoin de toute son attention pour apprendre, ce qui causa Sam de bouder sur le côté. Il se mit alors à créer plusieurs clones de lui-même pour transformer la salle d'étude en salle de jeu où des plateaux d'échecs apparurent à chaque angle. À ce niveau, Enku proposa s'il ne fallait pas mieux l'évincer directement du cours considérant, sa présence pernicieuse à l'apprentissage de Kali, ce à quoi l'intéressée répondit qu'il se calmerait si elle lui laissait quelques jours pour s'acclimater à l'ambiance.
La séance se termina au bout de quatre heures lorsqu'Enku nota que Kali commençait sérieusement à ralentir dans son assimilation. Il était à ce moment-là six heures passées, si bien qu'Enku abrégea la séance. Elle contempla d'un air blasé la pièce où elle avait l'habitude d'enseigner à l'élite du village se faire aussi peu respecter par le démon cornu. Avant de les libérer, Enku requit à Kali de la suivre dans la salle peinte en blanc où les deux agents qui avaient été présents étaient déjà partis. Elles furent suivies de près par Sam, qui rompit son tournoi d'échecs de clone pour l'occasion. Enku demanda alors à Kali sur une chaise blanche incurvée, tandis qu'elle s'asseyait en face d'elle. Elle lui annonça enfin qu'elle allait évaluer sa faculté à résister aux illusions.
Enku lui recommanda de rester calme quoiqu'il advenait, et que tous les objets ou animaux qu'elle verrait apparaître dans la sphère de verre tenue à cinq mètres d'eux ne seraient pas réels. Enku fit apparaître à ses yeux divers items de la vie quotidienne, suivis d'animaux exotiques comme des tigres, des serpents, des aigles, et même un requin. En faisant ça, elle tint un calepin avec une liste où en face de chaque descriptif, il y avait plusieurs gradients allant du vert au rouge, qu'elle compléta de croix au fur et à mesure que Kali lui décrivait à chaque fois ce qu'elle voyait.
À la fin de la séance, ayant duré une heure, Enku bifurqua plusieurs fois son regard entre le calepin et Kali avec une expression parfaitement placide. Elle lui requit d'attendre un instant sur place afin qu'elle vérifie certains rapports, surtout concernant ceux mentionnant ses capacités respectives et celles de son coéquipier. Elle croisa le test qu'elle venait de remplir avec ce qu'elle lisait sur le rapport de Sam plusieurs fois. Une goutte de sueur perla de son front au moment où elle remballa les dossiers dans le parchemin de stockage qui leur était dédié. Elle revint enfin vers Kali, la remerciant de son attente.
Curieuse, la démone s'enquit des résultats du test. Enku la décrit avec une verve peu usuelle d'elle-même comme extraordinaire, hors du commun et autres adjectifs similaires et elle avoua que jamais de sa vie elle avait eu une étudiante aussi réceptive aux illusions qu'elle. Kali considéra ces superlatifs comme un avis extrêmement positif et croisa fièrement les bras. Elle afficha une expression si enchantée qu'Enku ne voulut pas la blesser en lui stipulant qu'elle venait de raconter était juste la pire alchimie pour elle, qui avait démontré à plusieurs reprises des techniques extrêmement létales. Enku croisa du regard Sam qui paraissait en train de souffler sur ses ongles avant de se retourner vers elle en ajustant son pourpoint tandis qu'une larme de fierté lui coulait de l'œil.
Même Enku eut du mal à rester de marbre devant un résultat aussi absurde et estima que, même si Kali avait dû être soumise à des illusions tous les jours en compagnie de ce personnage, la différence de niveau était telle qu'elle n'avait jamais progressé ou même, qu'elle avait régressé dans sa résilience aux illusions. Toutefois, la capitaine estima que ce serait au Sandaime de juger du désastre ambulant qu'était littéralement Kali où n'importe quel adepte de genjutsu serait en mesure de la retourner contre eux. Elle les relâcha définitivement cette fois en révélant qu'elle les attendrait le lendemain matin pour d'autres tests. Elle confia l'évaluation de compétence à Akuma en lui expliquant la situation, ce à quoi il acquiesça gravement et qu'il remettrait ce rapport aussi vite que possible au Sandaime avant de s'éclipser. Il passa devant Kali qui était en train de se revêtir de sa longue cape et de son masque tandis que son coéquipier se rendit invisible.
Kali remercia Enku avant de sortir du mini-complexe. L'agent ouvre-porte fut celui qui l'attendit à la sortie. Ce denier lui annonça qu'il la guiderait jusqu'à leur résidence, qui était voisine de son propre baraquement et celui de ses colocataires, qui n'étaient autres que les autres agents avec qui ils avaient traîné l'après-midi. Kali lui révéla que Sam se tenait juste à côté d'eux, mais cette fois il ne sursauta pas de surprise. Taïwa leur demanda comment s'était passée la séance, question que Kali décida de ne pas communiquer à Sam. Kali répliqua qu'elle évaluait la leçon qu'elle avait suivie comme étant intéressante. Il leur fut répondu de la part de l'agent qu'Enku était la meilleure tutrice au service du Sandaime et qu'elle était l'une des seules à connaître à un degré avancé tous les arts du shinobi. Celui-ci affirma que personne n'avait été autorisé à voir le minois qu'elle cachait derrière son masque, mais que des rumeurs courraient qu'elle était d'une majestueuse beauté et que le premier qui vendrait son cliché gagnerait un sacré pactole. Cette information intéressa un peu plus Kali, qui lui demanda combien, ce que l'agent retranscrit à plusieurs mois de salaire d'un agent de sa trempe. Elle communiqua ceci à Sam, qui se massa alors le menton en acquiesçant à plusieurs reprises.
Ce fut ainsi que le quatuor traversa les couloirs et les escaliers menant au sous-sol du bâtiment, l'humain-zombie les suivant toujours. L'agent ouvre-porte leur fit la visite des lieux. Sachant qu'ils seraient amenés à se croiser souvent, l'agent se présenta comme étant Taïwa, préférant être appelé par son prénom que par son nom de code. Il leur informa que bien que la plupart des agents à la solde du Sandaime préféraient rester auprès de leur famille que d'habiter dans les souterrains du village, chaque agent avait un lit dans un baraquement de fonction, avec toilette et douche commune. Ils virent alors des agents tenant serpillières et seaux d'eau traverser les couloirs à toute vitesse criant un « Allez allez allez ! ». Taïwa leur expliqua que les nettoyages des sous-sols étaient journaliers et rotatifs parmi les agents les moins côtés.
Ils débouchèrent finalement devant deux baraquements voisins, devant l'un desquels Kali vit Anko la saluer de loin, avec Kurenaï à ses côtés. Taïwa leur souhaita une bonne soirée tandis qu'il s'arrêta devant la porte où il y avait des bouteilles de saké vides alignées ainsi qu'une plaquette où était inscrit « Vous ne passerez pas ! », mais Taïwa sembla quand même passer sans soucis. Kali vit l'intérieur du baraquement de l'agent qui pulsait de son. Elle reconnut à l'aura spirituelle, Monsieur Poisson sortant de la douche avec un Tee-shirt avec écrit « manger sans une table -3 ». Il avait l'air d'être dans la vingtaine comme les autres agents plus loin en train de jouer avec des manettes devant une télé où des ninjas bondissaient d'arbre en arbre à l'écran avec un score figuré vers le haut. Kali regarda avec attention ces objets montrant des images qu'elle n'avait jamais pu voir au Pandémonium bien que Sam était plus intrigué pour sa part sur comment ces agents s'occupaient durant leurs heures de repos. Kali eut la vague impression que ces agents étaient l'équivalent des minotaures de son monde, et elle repensa au moment où ceux à la solde de la Maîtresse avaient joué à la balle avec la tête du squelette appartenant à leur ami le mage noir.
Remarquant que Kali avait le regard fixé sur la chambre de leurs voisins, Anko lui fit signe de venir à elle, en lui soufflant qu'il ne fallait pas qu'elle fréquente ces bonhommes, qui étaient de sacrés pervers, en plus. Elle lui murmura qu'ils avaient essayé de regarder à travers la serrure de leur baraquement au moment où Kurenaï et elle se changeaient et qu'ils avaient essayé de les inviter à boire ensuite. Anko soupira soulagée, en disant que les murs des sous-sols étaient insonorisés et qu'elles ne risquaient pas de les entendre beugler toute la nuit. Kali cligna seulement des yeux à l'affût de toutes ces informations, qui paraissaient juste bizarres pour elle.
Notant qu'il ne restait plus qu'elles, Sam se révéla subitement devant les deux kuinochis, faisant bondir Kurenaï en arrière, qui fut ensuite rassurée par Anko que c'était l'un de ses tours habituels. Kurenaï sourcilla légèrement, requérant si Sam allait vraiment dormir dans la même chambre qu'elles. Kali demanda en quoi cela posait problème en enlevant sa longue cape noire. Kurenaï scruta avec attention le corps de Kali parfaitement visible sous sa robe transparente et qui était couvert de suçons, ce qui fit encore plus insister Kurenaï que c'était un gros problème.
Sam demanda quel était le sujet de conversation alors que Kurenaï continuait de le fixer avec méfiance, chose que lui communiqua Kali. Celui-ci retourna un sourire en coin à l'autre femme alors qu'il s'approcha de la démone avant de partager avec elle un langoureux baiser, devant les glapissements d'Anko qui bégayait qu'ils ne devraient pas faire ça ici et Kurenaï qui soupira qu'elles étaient de toute façon chargées de veiller à leur confort, par ordre direct du Sandaime. Malgré son allure assertive, cela n'empêcha pas la kunoichi de rougir légèrement en observant Kali se faire becqueter ainsi par le démon au monocle, qui paraissait tirer autant de plaisir à cet acte qu'à le faire en public. Même l'humain-zombie, qui avait recouvré le contrôle de lui-même dû au fait que Kali n'était pas concentrée à le contrôler, fixa Sam avec jalousie.
Une fois qu'ils arrêtèrent leur longue pelle, Kali somma Sam de la laisser se poser alors que ses yeux se fixèrent sur le bras manquant de Kurenaï. Elle estima à peu près son énergie et il était vrai qu'elle n'avait pas mal récupéré durant la journée vu que leurs activités de la journée après leur duel avaient été plus mentales que physiques. Kali recontrôla son invocation humaine et leur transmit qu'elle se sentait assez en forme pour soigner Kurenaï. Bien que celle-ci paraissait dubitative, voire réticente, elle accepta finalement l'opération alors qu'Anko invita tout le monde à rentrer dans leur baraquement.
Leur chambre se révéla être totalement l'inverse de leurs voisins : elle était propre, rangée et ne puait pas l'alcool, ni la sueur malgré les circuits de ventilation bien présents dans les deux chambres. Celle-ci semblait au contraire parfumée, même si cela fit gratter le nez des démons plus qu'autre chose, qui étaient plus habitués au type d'ambiance et aux remugles d'à côté. Il y avait de nombreux livres rangés sur des armoires, notamment concernant du genjutsu qui étaient ceux que Kurenaï affectionnait. Comme l'autre pièce, la chambre était munie de deux paires de lits superposés, où Anko dormait sur celui du dessus par rapport à Kurenaï. La salle figurait une petite télé, bien qu'il n'y avait pas de console, avec une unique chaîne qui passait le programme du gouvernement du Pays du Feu avec quelques feuilletons nationaux, dont certains reportages sur les ninjas de la Feuille.
Faisant abstraction de ce décor, Kali invita alors à Kurenaï à s'allonger dans son lit afin qu'elle puisse réaliser sa prothèse. Celle-ci s'exécuta, demandant si cela allait lui faire mal. Kali admit qu'elle n'avait jamais rafistolé personne d'autre qu'elle-même vu que c'était une magie qu'elle avait acquise durant son apprentissage à Voile. Lorsqu'elles lui demandèrent quel était cet endroit, Kali leur avoua que c'était un lieu d'étude où elle y avait été confinée durant cinq ans avec pour seule compagnie Sam et un dénommé Archiviste qui était plus le propriétaire du lieu qu'autre chose.
Les imaginant tous deux ensemble durant cinq ans à lire l'un à côté de l'autre, Anko comprit qu'il était naturel que la relation entre les deux démons s'est ainsi développée ainsi. Kali répondit à la question initiale de savoir si son opération allait être douloureuse, en stipulant qu'il y avait une forte probabilité que Kurenaï hurlerait de douleur durant la connexion une fois qu'elle aurait complété son bras. Ceci ne rassura ni Anko, ni la concernée, mais celles-ci gardèrent pour elles leur crainte.
Kali se mit à ausculter l'état global du corps du patient, qui était en assez bonne forme. Comme c'était sa première opération sur autrui, et que c'était un moyen pour elle de se rembourser des fautes qu'elle avait commises à l'encontre du village, Kali prit cette expérience très au sérieux. Elle leur demanda de faire le silence pour qu'elle puisse se pleinement se concentrer à la tâche. Elle requit alors à Sam de faire endormir l'humain-zombie temporairement, ce qu'il fit avant de regarder la scène d'un air intrigué, puisqu'il était curieux de voir comment elle allait se débrouiller.
Durant plusieurs minutes, celle-ci déploya un cercle de lumière au niveau de l'autre bras de Kurenaï qui lui permit de voir à travers la peau, puis les fibres des muscles jusqu'aux nerfs, aux os et jusqu'à la moelle osseuse directement. Ses livres de magie de sang avaient incorporé l'anatomie de nombreuses espèces, dont celle des humains, dont elle ne redécouvrait pas tout de zéro mais il y avait là une particularité en plus, c'était que le corps de Kurenaï incluait aussi son réseau de chakra qui était une donnée nouvelle pour elle à implémenter. Heureusement, son talent à pouvoir analyser les flux énergétiques accéléra grandement l'analyse, qui fut complétée du bras au bout de trente minutes d'étude, sous le regard stressé d'Anko et celui impassible de Kurenaï.
Kali matérialisa temporairement un schéma en trois dimensions du bras droit de Kurenaï sous une forme lumineuse et compara les différences que celui-ci présentait avec l'original. Elle prit soin d'utiliser toutes les annotations qu'elle avait prélevées durant son étude précédente. Cela lui prit une quinzaine de minutes pour que la copie coordonne parfaitement avec le membre originel. Kali réalisa une symétrie parfaite à la copie, avant de passer en revue sa transformation géométrique durant cinq minutes.
Elle demanda ensuite à Kurenaï si elle pouvait prélever une partie de son sang et notamment une partie de sa moelle osseuse, ce qui la fit devenir pâle lorsqu'elle lui demanda s'il y avait un risque d'infections et cela ne lui rassura pas lorsque Kali elle-même ne semblait être au courant de ce que signifiait une infection, ni un groupe sanguin. Kali lui affirma qu'elle n'avait pas besoin de ces informations, puisqu'elle allait juste reproduire l'échantillon qu'elle allait lui prélever pour réaliser le bras. Kurenaï hésita un moment avant d'accepter, se disant que, si cette opération réussissait, il y avait de bonnes chances pour que Kali soit en mesure de soigner après elle, tous les autres infirmes du village.
Kali décida de façonner un scalpel de vide au-dessus de son doigt, puisque, d'après Kurenaï, il était important de conserver l'échantillon dans un milieu sceptique et homogène. Kali se mit à sectionner partiellement l'un des doigts de Kurenaï, ce qui fit grincer la femme de douleur, malgré que la section était extrêmement fine. Kali colmata la césure et referma la plaie après son passage, ayant en sa possession ce qu'elle recherchait, soit un résidu de sang et de moelle osseuse.
Comme elle ne comprenait pas avec précision comment leur réseau de chakra fonctionnait, elle décida de calquer celui de Kurenaï sur le sien, en prenant seulement en compte la jonction entre les deux réseaux où elle façonna mentalement une sorte de convertisseur énergétique.
Kali se mit alors à multiplier les cellules sanguines entre elles et créer un bon litre planant au-dessus d'elle entouré d'une barrière de vide, et un peu moins d'un décilitre pour la moelle. Bien que c'était probablement du surplus, elle préférait être certaine qu'il lui en resterait si elle échouait une première fois.
Elle copia le bras lumineux qu'elle utilisa comme base. Elle se mit alors à reformer le bras fait de sang et de chair injectant directement dans le schéma lumineux les fluides en réserve. Anko et Kurenaï observèrent estomaquées les tissus du bras commencer à se reformer sous leurs yeux tandis que Sam observait la scène du point de vue d'un spécialiste, bien qu'il n'avait à l'évidence pas un tel degré de compétence en magie du sang pour produire avec une telle précision ce que Kali était en de réaliser. Cela prit une minute entière à ce que le bras fut entièrement reconstitué. Elle requit à Sam de réveiller l'humain-traducteur pour qu'elle puisse communiquer à Kurenaï qu'elle était prête à connecter la prothèse.
La kunoichi acquiesça alors et Kali affirma que ce serait probablement le passage le plus douloureux, car elle devrait reconnecter chaque nerf à son circuit neuronal. Toutefois, elle stipula qu'elle pourrait atténuer un peu la sensation en y coupant partiellement les signaux électriques, bien qu'elle précisa qu'il était important pour Kurenaï d'en ressentir la douleur, car la connexion était une étape cruciale au processus de guérison. Kurenaï ne comprenant pas tout ne fit qu'acquiescer et Kali fit alors flotter le bras en apesanteur juste à côté de son moignon. Kurenaï y sentit quelques picotements puisque Kali avait rouvert la plaie, même si elle était recouverte en partie une lame de vide. Les deux parties du corps se mirent à s'entremêler. Kali coupa sa liaison temporairement avec l'humain-traducteur afin d'effectuer tout qu'elle venait de décrire. Le bras et le moignon s'imbriquèrent à la perfection. Kali passa alors son index et son majeur sur le dessus de la prothèse et elle raviva tous les nerfs qui étaient présents, de même que ceux connectés directement aux articulations. Kurenaï grinça des dents et ne put réprimer le cri de douleur qui perça ses cordes vocales pendant que Kali continuait d'effectuer l'opération en remontant des doigts de la femme jusqu'au moignon, en vérifiant bien que les deux réseaux énergétiques fusionnèrent comme prévu... ce qu'ils firent.
Après une dizaine de secondes, passée l'opération, Kurenaï respira lourdement sur le lit, son corps entier couvert de sueur. Anko vérifia si elle était fiévreuse, mais à l'évidence, Kali avait réussi son tour sans causer d'infections, au vu de l'absence de rougeur au niveau de l'ancien moignon, démontrant qu'il n'y avait pas de réaction bactériologique. Kali s'assit alors sur l'une des chaises, épuisée mentalement par cet exercice et par tous les efforts qu'elle avait accumulés durant la journée.
Au bout de cinq minutes, Kurenaï put se rasseoir. Elle tenta de bouger son nouveau bras et vit complètement abasourdie qu'elle arrivait à le faire. Anko se jeta dans ses bras en la félicitant. Kali se mit à soupirer avec le coude posé sur la table que tout cela était dû à l'absence de potions de régénération dans ce monde. Anko et Kurenaï se courbèrent alors face à elle avec une considération renouvelée à son égard. Si Anko était déjà empathique envers elle, elle la considérait dorénavant comme une sœur d'avoir réussi l'exploit que même les meilleurs médecins du village avaient failli à accomplir.
Kurenaï curieuse de savoir si elle pouvait toujours utiliser ses techniques tenta de réaliser une simple illusion sur elle-même en faisant pousser une fleur immatérielle au niveau de son index. Bien que cette technique était tellement basique qu'elle pouvait le faire sans mudras, elle joignit quand même ses deux mains et put voir avec émerveillement qu'elle arriva à concrétiser sa technique. Toutefois, elle notifia un changement étrange en elle... c'était comme si elle pouvait accéder à des sens qui lui avaient été jusque-là coupés. Instinctivement, elle réussit à faire illuminer la fleur au bout de son doigt, ce qui la fit écarquiller les yeux à cette réalisation :
Elle était capable d'utiliser la même magie que les démons faisaient ! Chose que même les Uchiwa avec leur sharigan n'avaient réussi à faire !
— Comment avez-vous fait ça ? requit-elle époustouflée.
— Fait quoi ? lui demanda Anko en se retournant vers elle, surprise.
— Regarde ! souffla Kurenaï en illuminait tous ses doigts de sa main gauche, devant les yeux élargis d'Anko.
Kali reçut la nouvelle étonnée, mais non pour les mêmes raisons. Hiruzen ne lui avait pas dit que les ninjas étaient incapables de réaliser leurs techniques. Elle songea qu'elle devrait convenir un certain rendez-vous avec le vieil homme. Elle notifia ça à Sam, qui haussa les épaules, signalant que toute façon, d'après lui, les humains n'auraient pas eu assez d'énergie pour manipuler les éléments de leur niveau, même s'ils seraient capables de les pratiquer. Au moment où Anko se calma, Kali leur répondit d'une voix sereine :
— Je trouvais vos réseaux énergétiques trop compliqués, si bien que je l'ai supplanté par le mien.
— Mais... commença Kurenaï troublée, comment se fait-il que j'arrive quand même à utiliser mes techniques habituelles, alors ?
Kali lui révéla alors son tour et Kurenaï ne revenait pas du talent de la démone. Même avec son explication, cela dépassait son entendement. Anko décida qu'il fallait qu'ils fêtent ça pour l'occasion, mais Kali leur signala qu'elle était bien trop fatiguée et qu'elle désirait juste dormir à l'heure actuelle. Anko insista pour lui montrer la douche commune, si bien qu'elle y entraîna Kali qui se laissa juste aller, suivie derrière elle par Kurenaï qui croisa le regard de Sam, remarquant que celui-ci était en train de sortir de leur baraquement. Sam se retourna vers elle avec un doigt au niveau de son sourire, pour lui signifier de ne rien dire aux deux autres, avant qu'il ne sorte de la chambre, laissant les femmes s'amuser entre elles.
Sam recouvrit toute la distance qu'ils avaient parcourue avec l'autre agent en une trentaine de minutes, seulement stoppé par les délais d'attente, qu'un des agents ouvrit les quelques portes verrouillées par un sceau. Sam retourna alors dans le couloir sombre où ses illusions s'étaient estompées. Toutefois, au moment où il commença à effectuer des tests de son cru, il ressentit l'exacte sensation qu'en début d'après-midi où il perdit le contrôle de sa magie. Il vit alors un mur fluctuer et l'agent portant la cape blanche apparaître face à lui. Sam lui convia un rictus alors qu'il se mettait en position de combat.
— Tu tombes à pic, je te cherchais ! lui témoigna Sam.
Il y eut alors une brève pause, avant que Sam entende distinctement en langage démonique :
— Et en quoi puis-je vous aider ? lui répliqua Alpha.
