Flamme d'amour, meurent les beaux jours
Bonjour/Bonsoir !
Je suis désolée de ne pas être aussi présente qu'avant… Q.Q Je fais ce que je peux pour écrire dès que j'ai le temps mais c'est chaud !
Mais bref ! Me revoilà pour la suite ! J'essaie d'avancer L'homme et la Bête aussi mais l'inspiration se fait désirée (ouuups !) donc contentez-vous de ça pour l'instant, mes petits loups !
Voilà, voilà ! Au lieu de dire de la merde, je vais plutôt répondre directement aux commentaires, ce sera du temps plus utile ! XD
DjoDjoCute :
Merci pour le commentaire, ma belle ! Je balance des réponses dans ce chapitre, c'est l'occasion de voir si tes théories étaient avérées ou non ! :P Et merci d'avoir bien pris en compte ce questionnement sur la sexualité, je suis contente quand on remarque mes efforts (tu mérites un cookie /te donne un cookie/). Puis la description de la scène de crime, c'était complètement au fraise lors de mon premier jet, j'ai dû remodelé ce merdier XD Bref, mille bizous sur tes joues ! Kiss, kiss, kiss ! Tes reviews me font grave du bien !
Mimichan :
Toi, tu me fais toujours sauter au plafond dans tes fics ! Pourquoi penses-tu que j'essaie de faire de même ! C'est évidemment une vengeaaaaance ! *-* /PAN/ Ou juste une manifestation de mon cerveau malade, en fait XD Vouiiii ! J'ai fais des moments mignooooons ! Vouiiiii ! Les deux sont de mauvaise foi, façon ! C'est plus drôle comme ça ! Je pense que, sadique comme tu es, tu vas apprécier un certain passage de ce chapitre XD A moins que… huuum… Tu me diras ! Et oui, le respect est définitivement mort ! Bisouuuu !
Sanae :
Mais je te jure ! Réagir comme tu le fais pour des questions aussi… graves, c'est de la maturité ! Sinon, les petits moments de couple font plaisir parce que, après réflexion (et j'ai eu le temps de réfléchir depuis mon dernier post XD), avec Francis qui meurt au chapitre 1, je n'avais pas 18.000 opportunités de les montrer en petit couple mignon. Pourtant, ça fait du bien de revenir aux origines de leur amour ! Un peu de tendresse compense le reste de la fic ! :P Tout ce que je peux te dire, c'est que tu auras tes réponses dans ce chapitre ! Je te remercie de tout cœur et t'embrasse fort, fort, fort ! Merci !
Et hop !
Chapitre révélation ! Je mets enfin les choses au clair (il serait temps car on approche de la fin de la fic).
Du coup, je vous souhaite une bonne lecture et m'excuse encore pour mon retard !
Chapitre XX :
Le feu d'artifice explosa le ciel en vermeil, couleur des passions fortes. La musique en couvrait le son, appuyée par une série de rires allant de crescendo en décrescendo, tout en rythme régulier. La fête battait son plein, en plein air, le long de la Côte d'émeraude, en bordure des falaises escarpées qui plongeaient dans l'océan. Des barrières de protection protégeaient les jeunes un peu trop ivres et quelques gendarmes nationaux patrouillaient en tenue de civil pour empêcher tout débordement. Cela ne ruinait en rien la fête.
A la base, on était supposé fêter la Saint-Patrick en ce 17 mars, mais les jeunes de la région avaient vus grands cette année, réclamant aux communes quelque chose de plus vivant que les fêtes de villages que tout le monde connaissait par cœur. Quelques paroisses avaient criées au scandale mais, fort heureusement, on s'en foutait au point de les ignorer magistralement. Il semblait évident que cette histoire de Saint-Patrick n'était qu'un prétexte pour faire la fête, d'où l'agacement de certains religieux, et il serait vain d'empêcher la jeunesse bretonne de s'amuser. Mieux valait autoriser et surveiller que refuser et pleurer un terrible accident.
Pour l'heure, tout se passait relativement bien, si ce n'est qu'Allistor avait été impliqué dans une bagarre nationaliste entre son frère pro-Irlande et l'aîné Kirkland pro-Ecosse pour le futur match de hurling. Lorsqu'Arthur vit ses frères se faire trainer par les forces de l'ordre jusqu'au commissariat pour décuver, il eut le bon réflexe pour préserver sa fierté de se retourner et feindre de ne pas connaître les trouble-fêtes. Ce fut lorsqu'il se retrouva seul qu'il comprit qu'il était dans la merde (son temps de réaction laissait à désirer quand il était bourré). Comment rentrer sans ses frères, sachant qu'il n'était pas encore véhiculé ?
Eh bah je dormirai ici, conclut-il en reprenant sa danse endiablée.
Ce fut sans compter un heureux hasard qui s'approcha de lui pour lui frôler la hanche.
Arthur fit volte-face et plongea dans le regard sincèrement enchanté de Francis, chemise ouverte avec des traces de peinture sur les pectoraux qui formaient une sorte de dessin satanistico-comique avec des bites dessinées au cœur du pentacle. Et une signature des plus subtiles, dont l'écriture penchée laissait comprendre que l'auteur avait dû être ivre-mort en la faisant : chef-d'œuvre du sacro-saint Gil, artiste à ses heures. Mais où était passé la Maturité, encore ?
Désinhibé par l'alcool, Arthur fit une embrassade à son 'ami' en lui susurrant qu'il était comblé de le voir. Et bien sûr, ce fut réciproque.
« Pourquoi es-tu tout seul ? s'inquiéta l'adulte. Je croyais qu'Al serait avec toi.
_ Il cuve au commissariat, cet idiot.
_ Oh non, il a remis ça…
_ J'ai toujours eu du mal à accepter qu'on ait le même sang dans nos veines, mais maintenant j'ai la preuve qu'il a été adopté. Mes parents ne peuvent pas l'avoir foiré à ce point-là ».
Francis, qui avait bien compris que les deux frères étaient en constante rivalité pour des raisons qui le dépassaient, rit de bon cœur puis acheva en une ultime gorgée sa bière.
« Tu danses ? »
L'invitation était plaisante et Arthur s'y laissa prendre. Pour une fois qu'il participait à une soirée, autant s'y mettre à fond. Et le bon plan, c'était de rester avec Francis pour que celui-ci l'empêche de s'emmêler les pieds dans le gazon et, surtout, qu'il puisse éventuellement le ramener chez lui à la place de ses incapables de frères.
Bon, y avait une autre raison à cela, un peu plus… voilà, quoi.
Arthur se sentit rougir mais dans l'obscurité de la soirée, cela passa incognito. Depuis quelques temps, il s'arrangeait un peu trop bien pour croiser Francis 'par hasard' et prendre ne serait-ce que quelques minutes pour discuter avec lui. Ça leur arrivait de prendre un café tous les deux ou de s'envoyer des SMS sans but précis. La situation plafonnait mais durait. Jamais Arthur ne fut autant sur les nerfs qu'en cette période, puisqu'il n'était absolument habitué à être dans la peau d'un… d'un… oui, disons-le, d'un courtisant.
Parce que c'était littéralement ça.
Bien qu'ayant nié son attirance pour Francis, qu'il avait jugé être purement passager, il avait bien fallut se rendre à l'évidence : non seulement cet homme était physiquement très attractif, mais en plus de ça, il avait la personnalité la plus adorable qui soit. Arthur le voulait. Cet homme était pour lui et il n'allait pas laisser les innombrables soupirantes qui le côtoyaient tous les jours à la BFT lui voler son homme.
D'où l'attitude plus offensives du Britannique qui était passé à la vitesse supérieure.
Qu'on soit bien d'accord, il n'était pas très branché 'fêtes' et 'soirée' avec autrui, en temps normal. Mais son incapable de frère aîné avait laissé entendre, sans arrière-pensée, que Francis pouvait être de la partie. Avec joie, il s'avérait qu'effectivement, il était là. Et vu les regards envieux qui le bouffaient de toute part, ce gros naïf de Français ne s'était pas encore trouvé de partenaire de danse. Bonne chose.
Le gros problème de cette histoire était finalement Francis.
Ce dégénéré qui semblait laissé s'échapper des roses de ses mains à tout bout de champ maniait encore mieux le déni que lui – chose incroyable ! A vrai dire, à mesure qu'Arthur se désinhibait et montrait ouvertement qu'il était prêt à s'engager dans quelque chose avec lui, Francis adoptait l'attitude inverse et cachait au mieux son intérêt. Parce que, oui, il y avait de l'intérêt ! Qu'on n'aille pas lui dire le contraire, Francis le bouffait des yeux à chaque occasion !
D'où cette ridicule situation : les deux se désiraient mais rien ne bougeait.
Arthur était toujours aussi mou pour tout ce qui demandait de mettre les choses à plat – faire comprendre par des gestes qu'il était intéressé était le maximum que son sale caractère de coincé permettait – et Francis toujours aussi con de refuser un amour qui le tentait. Aucun des deux ne faisait rien, ils attendaient comme deux arbres planté dans un champ, à se contempler, à faire se caresser leurs feuillages 'sans faire exprès' de temps à autre, et à tourner la tête quand ça devenait trop oppressant.
Un beau duo de bras cassé. C'en était presque artistique.
Vu qu'avouer en face son affection, c'était surfait, Arthur resta dans sa politique du 'regarde-moi, tu me plais, ça se voit, merde !' en se permettant un petit collé-serré contre Francis pendant une danse un peu trop chaude pour être innocente, sans ressentir de retour particulier chez l'autre.
Mais t'es con ou bien ? pensa-t-il avec frustration. Qu'est-ce que t'attends pour te jeter sur moi ? Je ne vais pas te mâcher tout le travail !
Que manquait-il pour mettre Francis au pied du mur et bien en face des sentiments qu'il cachait ? Arthur avait tout essayé, des allusions subtiles aux contacts indécents. Enfin, 'indécents'… Ce n'était pas sa faute s'il avait malencontreusement glissé jusqu'à se retrouver dans les bras de son 'ami', les mains sur ses reins et le nez dans son cou. L'erreur est humaine, n'est-ce pas ?
Puis, pour sa défense, Francis avait tardé à réagir quand il l'avait reçu contre lui ! Pour preuve, Arthur avait eu le temps de détailler le parfum de son fantasme sur patte sous toutes ses coutures. Ça en plus de profiter des formes somptueusement bien proportionnées de son corps. Bref, c'était une preuve qu'il ne le laissait pas indifférent. Francis faisait un blocage, c'était évident, mais quant à savoir pourquoi ou comment l'en défaire, c'était une autre paire de manches. Et hors de question de solliciter les deux crétins d'amis du Français. Arthur n'accordait aucun crédit à ces bouffeurs d'intelligence. Ces deux gars constituaient à eux seuls le cimetière de la crédibilité. Francis, lui au moins, savait rester classe en toute circonstance !
Ou alors, c'était l'amour qui parlait.
Frustré, Arthur se décala pour bouger plus librement mais eu l'agréable surprise d'être tiré dans une paire de bras forts. Il papillonna des yeux en réalisant que Francis l'enlaçait pour ne pas le laisser partir. Il sentait son parfum, ses muscles autour de lui, son souffle sur le sommet de son crâne. Leur relation était très clairement en train de déraper, deux amis ne faisaient pas ça, même bourrés. Surtout que les mains de son camarade n'étaient pas sur ses épaules mais plutôt dans le bas de son dos.
Ils se plaisaient, pourquoi ne pas conclure ?
Francis, tu me saoules…
Arthur passa à la vitesse supérieure en entourant son cou de ses bras, rapprochant dangereusement leurs visages. Si là, ce n'était pas assez clair, il allait piquer une crise.
« Tu as froid ? demanda innocemment le Français ».
L'anglais manqua de chuter au sol. Est-ce qu'il se foutait de sa gueule ? Je te drague, espèce de gros con ! Mais il retint ses hurlements intérieurs en se mordant la lèvre inférieure. Il ne comprenait pas ce déni exacerbé chez son camarade. Francis avait des problèmes à régler ou bien ? Il ne connaissait pas l'amour ? Il en avait peur ? Pourquoi ?
Arthur passa la soirée à s'interroger sur ce qu'avait pu vivre son camarade pour refuser autant de se laisser aller à la passion.
Aux alentours de deux heures du matin, ils résolurent à quitter la fête. Francis avait accepté avec plaisir de raccompagner son jeune camarade jusqu'à chez lui. Arthur avait bien noté la faible consommation d'alcool de son ami. A part une petite bière, il avait plutôt abusé des jus et sodas, histoire de rester sobre pour prendre le volant. Arthur était rassuré de cette minutie chez Francis, de cette prévoyance tendre qui en faisait toujours cet être parfait et aux petits soins.
Ils grimpèrent tous deux à l'avant de la voiture, ayant échoués à retrouver Antonio et Gilbert. Francis avait décrété qu'ils n'avaient qu'à dormir ici, avec les autres, et que c'était bien fait pour eux – car les deux idiots avaient disparus quand il avait eu le dos tourné. Véritable aubaine pour Arthur qui ne voulait pas s'encombrer de ces trouble-fêtes, ils furent seuls dans le noir, serrés au même endroit, sous un ciel étoilé sublime qui plongeait dans l'océan.
« Le paysage est sublime, commenta le Français d'un air lointain.
_ Les reflets sur l'eau sont reposants…
_ … comme une berceuse.
_ Exactement… »
Ils eurent un sourire commun sans quitter le spectacle des yeux. A moteur éteint, le silence était délectable et chacun appréciait la présence de l'autre. Arthur hésitait entre fixer uniquement le paysage, ou alterner entre la lune et le visage de son conducteur. Celui-ci avait le regard vide en fixant les flots, perdu loin en lui. Il avait souvent des moments d'absence comme celui-là, même lorsqu'il parlait. Arthur se demandait s'il soupirait d'amour pour un philosophe ou un homme peinant à se concentrer.
On ne pouvait pas lui reprocher à cet instant d'ignorer l'existence des lésions cérébrales de son futur mari.
Le temps passa doucement, jusqu'à ce qu'Arthur ne décide d'attacher sa ceinture, résolu à finir sa soirée frustré, comme d'habitude. Cependant, la tâche fut plus compliqué qu'il n'y paraissait, déjà parce qu'il faisait nuit noire, puis parce que ce modèle de voiture lui était inconnu et l'empêchait de trouver le bon trou.
Il sentait qu'il était au bon endroit mais impossible d'attacher la ceinture. Il aurait pu forcer jusqu'à ce que ça rentre mais une idée narquoise lui vint en tête et il se tourna vers son camarade avec un air doux et gêné.
« Je n'arrive pas à m'attacher, est-ce que tu peux m'aider ?
_ Oh, oui, c'est vrai ! Cette ceinture est un peu compliquée, Gilbert a prévu de la retaper le week-end prochain. J'arrive tout de suite ».
Francis détacha sa propre ceinture et, au plus grand plaisir d'Arthur, se pencha vers lui dans un contact absolument délicieux, pour s'occuper de l'attacher. Le visage de l'adulte était au niveau de sa poitrine mais s'il relevait le museau, il pourrait trouver les lèvres envieuses de l'Anglais. Celui-ci prit une profonde inspiration en sentant le parfum frais lui chatouiller les narines, puis cette main fouiller à côté de sa hanche pour agripper l'attache. Un peu tard, Francis comprit dans quel piège il était tombé car il marqua un petit arrêt, appréciant le souffle court d'Arthur sur son front. Lui aussi se gargarisait de son odeur sans rien en dire.
C'en fut presque dommage quand le 'clic' retentit et que Francis se recula, les joues un peu roses, arborant un petit sourire timide. Comme il était beau…
« Je… je vais mettre un peu de musique…, décida-t-il en approchant ses doigts de la radio ».
Mais sa main fut retenue par les doigts chauds de son camarade, qui les attrapa au vol pour en caresser la pulpe avec subtilité.
« Pas besoin, ton souffle me suffit ».
Arthur vit Francis poser sa main sur le volant mais sans faire aucun autre geste, attendant juste dans un calme total. Puis il s'aperçut que l'adulte tremblait. Alarmé, l'adolescent glissa ses doigts sur l'avant-bras de son compagnon pour le ramener dans la réalité, penché vers lui quitte à s'étrangler avec sa ceinture.
« Francis ? Est-ce que ça va ? »
Bie qu'il le regardât, l'adulte ne desserra pas les lèvres, une lueur étrange brillant au fond de ses iris bleus. Le visage d'Arthur prit une moue triste qui changea complétement l'ambiance entre eux deux.
« C'est de ma faute ? J'ai fait quelque chose de mal ? »
Ce fut le déclic.
Arthur n'avait jamais compris ce qu'il s'était passé à ce moment-là dans la tête de son partenaire mais ce fut après cette déclaration que Francis se jeta sur lui avec passion pour placer une de ses mains sur la joue brulante de l'adolescent et l'autre contre sa hanche. Le geste brusque avait propulsé Arthur contre le coin entre son siège et la portière. Complètement déboussolé, il comprit vite que la dernière chose qui empêchait les lèvres de Francis de le dévorer était cette fichue ceinture de sécurité. Et cela suffit à le freiner.
Arthur en aurait pleuré lorsqu'il s'aperçut que Francis hésitait en se mordant les lèvres. Son visage était souffrant, les beaux yeux azurés se perdaient derrière ses paupières à demi closes. Francis aussi semblait au bord des larmes. Mais embrasse-moi, bordel !
Mais non, l'adulte se recula pour reprendre sa place, ému et tremblant de ses propres geste, laissant un Arthur aussi choqué qu'affligé.
« Pardon… pardonne-moi, Arthur… J'ai dépassé la limite… »
Oh non, c'est hors de question !
Arthur subit la montée fulgurante de l'adrénaline dans ses veines et ne perdit pas une seconde de plus pour se débarrasser de sa ceinture – qui claqua contre la vitre à cause de la force avec laquelle l'Anglais l'avait jeté –, puis il grimpa sans honte sur les hanches de son camarade pour voler ses lèvres avec puissance. A l'instant où Francis comprit qu'il avait Arthur sur les cuisses et contre les lèvres, il perdit définitivement pied avec la réalité et rendit ce baiser en glissant ses mains sur le corps tentateur qui l'échauffait.
C'était tout ce qu'Arthur avait jamais rêvé. Le baiser était fort, souple, douloureux. Il laissait passer les dilemmes, déchirements et frustrations de ces derniers mois. Tous deux se ravitaillaient de caresses, s'en abreuvaient avec délice, dévorés par leur passion commune. Leur relation avait définitivement basculé, ils s'aimaient.
Francis gémit entre ses lèvres quand le jeune homme glissa ses mains le long de son torse pour finir sur ses reins ou dans ce qu'il pouvait toucher de son dos. Le contact de leurs jeans l'un contre l'autre créait des frictions délectables, de quoi leur donner la chair de poule.
En transe, Arthur s'entendit larmoyer un 'je t'aime' alors qu'il sentait son âme fusionner à celle de son camarade. C'était enfin sorti. Arthur se sentait délivré de ses craintes, surtout quand il entendit entre deux baisers voraces un tendre 'moi aussi, si tu savais'. Et ce fut à partir de ce baiser passionné que commença leur vie à deux, une vie qui aurait dû se poursuivre sur des décennies mais que le destin avait choisi de détruire.
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C'était un cauchemar inimaginable. Arthur ne pouvait pas accepter ce qui lui tombait en pleine gueule. Francis, complice d'un braquage ? Personne n'aurait pu imaginer ça de la part du plus grand philanthrope du pays. D'ailleurs, Arthur n'y croyait toujours pas. Il avait bâti son couple sur des bases qu'il croyait solides, sur une image quasi divine de son partenaire. Que toute cette sincérité n'ait été que mensonge…
Quatre braqueurs, dont Francis et un vieux ?
C'était peut-être bien une affaire de gang. Antonio et Gilbert ne lui avaient rien dis de plus après la révélation, affirmant qu'ils n'en savaient pas plus, que Francis était juste venu les voir un soir en disant qu'il avait merdé. Mensonge, encore. Les deux amis ne lui disaient pas tout, comme d'habitude, et Arthur se ferait une joie de les mandater une fois que son interrogatoire sur les victimes du cambriolage serait fini. Antonio et Gilbert passeraient après eux pour cracher le morceau à leur tour.
Le moral à plat, Arthur retourna en salle d'interrogatoire pour accueillir son second témoin.
Une dame. Une dame vouée d'un sourire attendri et attristé, peut-être un peu nerveuse à l'idée de convoquer à nouveau ses souvenirs sur cet angoissant moment de sa vie. Elle était attendrissante, avec son petit air de mamie-gâteau, toute fine, légèrement ridée mais dont on voyait qu'elle fût belle dans sa jeunesse.
« Madame.
_ Bonjour, inspecteur Kirkland.
_ Je vous en prie, prenez place. Si quelque chose vous dérange dans cet interrogatoire, n'hésitez pas à me le faire savoir et j'arrêterais.
_ Bien, monsieur.
_ Et faites-le surtout, conseilla le policier. Car si vous hésitez, je ne le verrai peut-être pas et je continuerai ».
Arthur ne faisait absolument plus confiance à son jugement et à son sens de l'observation. Il était capable de la détruire de paroles crues juste par rancœur, juste pour nier l'implication de son mari dans cette affaire. Heureusement, Ludwig Beilschmidt veillait au grain, accoudé derrière lui avec le regard sévère et intransigeant. Bon sang, lui qui avait été considéré par Arthur comme un poids se révélait finalement être un de ses derniers piliers dans le monde conscient.
« Bien, commençons. Parlez-nous du braquage, madame. Qu'avez-vous vu ?
_ Oh, pas grand-chose au début, inspecteur, rougit-elle. Je discutais avec une conseillère à qui je devais remettre un chèque de mon mari. J'étais concentrée sur notre discussion, si bien que je me suis aperçu de l'entrée des ravisseurs que lorsqu'un tir a retenti. Nous n'avons pas eu le temps de nous mettre à terre, ils nous braquaient déjà en nous ordonnant de mettre les mains en l'air. Le personnel était le premier visé.
_ Sans doute pour qu'ils n'appuient sur aucune alarme.
_ Je pense aussi. Ils ont tirés ensuite dans les caméras pendant que l'un d'entre eux baissait les stores de la banque. Nous avons été alignés en trois-quatre rangées au sol, mains en évidences, débarrassés de nos affaires… L'un des criminels nous pointait et nous a avoué avoir dissimulé un espion parmi nous. C'était… c'était…
_ … angoissant ?
_ Oui, mais je voulais surtout dire 'bien joué'. Je sais que je ne devrais pas dire ça mais…, le vol était programmé à la lettre près, c'était incroyable. Ils étaient calmes, ils maitrisaient tout… C'est pour ça qu'aucun d'entre nous n'a osé faire quoique ce soit. On sentait que c'était impossible de renverser la tendance.
_ Vous n'avez pas vu ce que faisait le deuxième ravisseur ?
_ Celui qui s'est occupé de l'argent ? Non, il a menacé le jeune homme à côté de moi, puis un grand Russe s'est interposé pour le protéger ».
Arthur releva le nez de ses notes, interloqué par un détail.
« Le jeune homme à côté de vous…
_ Un adolescent aux cheveux blonds et aux yeux bleus, il portait une capuche brune pour se cacher mais, vraiment, quel ange ! Il me couvait du regard malgré notre situation ! Lorsque j'ai fait ma crise d'asthme, il a pris régulièrement de mes nouvelles. Un amour… Etre autant considérée dans ce genre de situation, c'est presque inespéré. Quel gentil garçon… »
Les doigts de l'anglais tremblèrent sur son calepin.
Francis, je n'en peux plus de toi…
La situation était telle qu'Arthur aurait presque préféré découvrir que son mari était une enflure complète pour au moins avoir une raison de le haïr de toute son âme. Mais évidemment, Francis ne pouvait pas être une enflure complète. Il avait fallu que ce grand salaud prenne des nouvelles de sa voisine en plein milieu de son forfait, bien sûr. C'était toujours plus fort que lui. Comme si Francis était obligé, même dans ses crimes, d'être un type bien.
Alors, pour s'infliger le coup de grâce, il posa LA question dont il connaissait parfaitement la réponse et qui allait l'achever sur place :
« Ne craignez-vous pas qu'il soit le quatrième complice ? »
Très surprise du ton cassant employé, elle cligna innocemment ses yeux maquillés en fixant son interlocuteur comme s'il venait de lui parler une langue étrangère. La question la prenait vraisemblablement de court, mais elle se reprit vivement en secouant la tête, arborant alors un regard déterminé et honnête.
« Lui ? Bien sûr que non ! Il était bien le SEUL, à mon sens, en plus du Russe pour des raisons évidentes, qui ne pouvait pas être complice ! Oh ça non ! N'écoutez pas les rumeurs idiotes sur son allure suspecte ! Le jeunot est aussi innocent que vous ! Je vous le dis, je vous l'assure : il n'était absolument et définitivement pas le quatrième complice ! »
Arthur en lâcha son stylo.
Là, il devait bien reconnaître être complètement largué. Un coup, on lui disait que ce ne pouvait être que lui, un coup non… Et lui qui venait de s'imaginer toute une hypothèse sur le passé de son mari… Avait-il encore sauté trop vite sur des conclusions facilitantes ? Mais comment était-ce possible ? Antonio et Gilbert avaient avoués que Francis s'était retrouvé dans le braquage et le premier témoin avait fait part de ses suspicions sur le lien pouvant unir les braqueurs au jeune adolescent. Cette femme remettait tout en cause.
Arthur s'était peut-être fourvoyé ? Venait-il de condamner Francis sur un coup de tête ? Ne lui faisait-il donc plus confiance ?
« Comment pouvez-vous affirmer ça… ?
_ Il était à côté de moi, inspecteur, j'ai tout vu. Et croyez-moi, s'il ne me regardait pas avec inquiétude, il avait la tête dans ses genoux pour trembler de peur. On a vu mieux comme technique de surveillance. Puis nous étions tout devant. Expliquez-moi comment le petit aurait pu surveiller les otages de derrière comme ça. Et il avait l'air sincèrement paniqué. Plutôt que de regarder à droite et à gauche comme presque tout le monde pour trouver qui était l'espion, il se recroquevillait sur lui-même et essayait parfois, dans un élan d'orgueil, de me faire un sourire encourageant pour me rassurer. Non, inspecteur. Il n'était pas le quatrième complice. Lui et le Russe sont les plus innocents de tous ».
Arthur but ses paroles comme un remède goûteux à toutes ses angoisses.
Elle disait vraie, elle était sensée, oui, tout ce qu'elle exprimait était concret. Francis ne pouvait physiquement pas être complice. Il n'avait pas eu la bonne attitude, il n'avait pas eu les bons réflexes, ce n'était pas lui. Ce n'était pas lui !
Francis était innocent !
Ludwig vit les épaules d'Arthur s'affaisser d'un coup sec, comme s'il venait de relâcher toute la pression.
La piste du Francis en tant que complice venant de s'effondrer, il fallait revenir aux fondamentaux, tout reprendre du début et examiner les possibilités.
Le braquage avait eu lieu pendant sa fugue mais rien n'indiquait qu'il ait mal tourné. Etait-il allé à la banque dans l'espoir de toucher l'héritage de ses parents ? Ce serait logique pour lui que de chercher à subvenir à ses besoins en utilisant ce que son père et sa mère lui avaient laissé… Et cela justifierait sa présence à la banque. Qu'il se soit retrouvé dans un braquage n'était donc qu'un concours de circonstances.
Mince, mais c'était aussi con que ça ?
Là où il s'était imaginé des théories du complot, des doubles-visages, des crimes, l'appât du gain ou autres joyeusetés, il n'en était en fait rien. Les preuves convergeaient vers Francis mais lorsque l'on grattait la couche, on se rendait compte qu'il n'y était pour rien dans cette histoire. Vivre ce braquage l'avait motivé à fonder une association caritative, c'était là toute l'origine de son projet !
Arthur avait l'impression de revivre. Il pouvait redonner tout son crédit à Francis et regrettait d'avoir sali sa mémoire en l'insultant. Il y avait eu des dissimulations, certes, mais toutes justifiables et justifiées. Francis avait été un être souffrant, il avait droit au pardon. Arthur se frotta les yeux à deux mains et sentit contre la peau de son visage les alliances froides qui le caressaient.
Je ne dois plus douter de toi, je suis désolé, mon amour…
Las, il expédia le reste de l'interrogatoire en faisant participer Ludwig et s'esquiva pendant que ce dernier revoyait point par point les événements avec cette adorable dame. Heureux d'avoir lavé les soupçons de son mari, Artur regagna son bureau avec un sourire relatif mais libérateur. C'était la première bonne nouvelle qu'il recevait depuis bien longtemps, il pouvait bien se permettre d'extérioriser. Sauf qu'il reprit son air frigide lorsqu'il s'aperçut que quelqu'un l'attendait derrière sa porte. Qui donc avait osé pénétrer son bureau au lieu d'attendre à la réception ?
Il n'attendit pas de s'interroger sur l'identité de son visiteur et poussa directement la porte en fronçant les sourcils, comme à son habitude.
Derrière, il vit une belle silhouette élancée qui fixait les décorations murale, de profil par rapport à lui, un peu perdu dans ses pensées. Un homme en pleine réflexion, blond aux cheveux plus long que la moyenne, aux yeux magnifiquement bleus, encapé dans un manteau d'automne qui mettait la prestance de son corps en valeur. Un instant, Arthur vit Francis dans cet homme et sentit sa lèvre inférieure trembler d'émotion, mais la réalité le rattrapa vite et il fut obligé de reprendre pied avec cet affreux monde.
« Monsieur ? »
L'homme cligna des yeux et se tourna vers lui.
C'était Matthias, l'amoureux transit de l'autre psychopathe de chasseur de fantôme. Ses cheveux partaient un peu moins dans tous les sens que d'habitude, d'où la méprise d'Arthur.
« Oh, inspecteur ! Je désespérais de vous voir arriver !
_ Que faites-vous dans mon bureau ?
_ Lukas m'envoie. Il a jugé que vous préféreriez me voir moi plutôt que lui ».
Suspicieux, le policier ferma la porte derrière lui pour éloigner les oreilles indiscrètes. Dès qu'il avait affaire avec un membre de ce duo de fou, il craignait le pire.
« Que me vaut ce plaisir ? demanda Arthur avec un air désabusé ».
Gêné de cette demande qui trahissait beaucoup de dédain, Matthias frotta sa crinière d'or en grimaçant, conscient d'être en trop dans l'existence de cet homme. Ces histoires de fantôme ne plaisaient vraiment pas au policier, c'était de plus en plus visible. Néanmoins, il fit un effort pour sourire à nouveau, poli et gentil, et avança vers l'inspecteur qui s'était avachi sur son siège en le fixant avec attention. Le Scandinave sortit de sa poche un petit pendentif en bois, taillé avec finesse et attaché par une corde épaisse.
« Lukas vous offre ceci. Il y a passé la nuit.
_ Qu'est-ce que c'est ?
_ Une amulette. Dans le cas où votre mari vous hanterait pour vous faire du mal, cela le repoussera en cas d'actes malveillants. De ce que j'ai compris, cette amulette détecte les comportements hostiles des esprits et retourne leur force contre eux. Vous n'êtes pas obligé de l'arborer autour de votre cou, l'avoir dans la poche est grandement suffisant. Ce qu'il faut pour vous protéger, c'est juste de l'avoir sur vous ».
Arthur s'embarrassa d'un 'merci' hypocrite en attrapant l'étrange bijou vraisemblablement fait main. Il était lourd mais finement travaillé, représentant une sorte de créature mythologique scandinave dont le nom échappait au Britannique. A défaut de croire aux revenants, il reconnaissait la beauté de l'objet. S'il se concentrait uniquement sur son aspect esthétique, il serait capable d'oublier ce qu'il symbolisait. Parce que même avec toute la meilleure volonté du monde, il ne pouvait pas accepter le mystique. Par ailleurs, le sourire forcé de Matthias commençait à le gaver. Francis ne se forçait pas, lui. Même lorsqu'il se prenait des vents, il avait un sourire honnête qui trahissait sa gêne. Le genre de petit sourire timide craquant qui montrait bien qu'il remettait en cause son propre comportement pour comprendre où il avait merdé. Parce que Francis était toujours coupable de tout, bien évidemment. En tout cas, il avait passé son temps à agir comme tel. Arthur comptait sur les doigts d'une main le nombre de fois où son mari lui avait fait des reproches. A bien y réfléchir, cette tendance à s'écraser face au conflit était curieuse. Francis avait été un homme assez soumis à la volonté d'autrui, finalement. Il était passé pour acteur de sa vie mais s'il ne prenait pas directement le contrôle de la situation, il ne cherchait pas à le prendre ultérieurement. Ses relations n'évoluaient pas. S'il dominait la conversation, il s'y tenait, sinon il se taisait.
Il n'avait pourtant pas été battu dans son enfance. D'où venait cette particularité de son caractère ?
Arthur avait toujours pensé qu'il était simplement 'trop gentil', que c'était dans sa nature, mais maintenant que tout s'avérait être mensonge et dissimulation, il craignait d'avoir encore loupé quelque chose d'important.
Proche du bureau, le Danois laissa courir son regard au gré du vent pour passer le temps, ne sachant pas s'il pouvait prendre congé de l'inspecteur. Inspecteur qui venait de l'oublier apparemment, pour se concentrer sur le bijou. Quoique, son regard vide prouvait qu'il était en réalité plus perdu dans ses pensées qu'en pleine étude de l'artefact. Silencieux, Matthias bascula d'une jambe à l'autre en faisant la moue, toujours intrigué par les dossiers ouverts qui jonchaient le bureau. Il fut finalement attiré par un journal relativement vieux, dont le gros titre attira son attention.
« Oh ! Vous travaillez sur le Braquage fantôme ?
_ Hum…, confirma Arthur en rangeant les rares pièces à conviction qui trainait n'importe où ».
Trop tard, le non-invité venait de prendre le journal pour admirer la Une avec un sourire lointain.
« C'était vraiment quelque chose que ce cambriolage… plus qu'un fait divers, c'est devenu une légende… »
Cette fois-ci, l'Anglais sortit complètement de ses souvenirs pour fixer son interlocuteur, surpris par le ton mélancolique de sa voix. Que lui arrivait-il ?
« Vous aviez un proche présent au moment des faits ?
_ Non ».
Arthur se tut, comme si Matthias s'était vengé de sa froideur en faisant de même.
« Pire, j'y étais ».
Le Scandinave serra ses lèvres une fois son aveu sorti. Il se demandait s'il n'avait pas fait une bêtise, surtout que l'inspecteur venait de blêmir lentement en verrouillant leurs yeux. C'était embarrassant.
« Votre nom n'apparait nulle part sur le registre des témoins, contra finalement l'Anglais. Vous mentez.
_ Non, inspecteur, j'y étais. Mais je me suis sauvé avant l'arrivée de la police ».
En entendant ça, Arthur se mit à trembler des épaules.
« Ne me dites pas que c'était vous… »
Oh non.
« … c'était vous… »
Encore des mensonges.
« … l'adolescent encapuchonné ».
Antonio et Gilbert avaient mentis.
0*O*o*O*0
Antonio Fernandez Carriedo avait commencé une vie assez tiède.
Il avait passé sa jeunesse avec Francis, un garçon trop brillant pour lui, qui illuminait littéralement le monde sa bonté. Lui n'en était pas à ce stade, il suivait beaucoup le mouvement, comme une pie attirée par un joyau. A contempler la perfection qu'était son meilleur ami et à l'imiter pour glorifier son existence de valeurs louables, il en était arrivé à vivre par procuration. Francis était un miroir qui n'avait jamais rien fait d'autre que de lui montrer ses défauts, ses imperfections. Francis était parfait, il était bon, il était doux, il était intelligent. Lui avait sa bonne humeur également mais il avait du mal à se bouger autant que Francis pour faire avancer les choses. Il aimait attendre que tout lui tombe dans les bras naturellement. Souvent, ça fonctionnait. Un mot doux à untel, une demande à cet autre et le résultat était là. Antonio Fernandez Carriedo était un bon manager, il savait motiver, il savait se faire respecter, mais jamais qu'à petites doses. Il n'avait pas les épaules forgées pour soutenir la responsabilité de la BFT. Francis en était le directeur car il était le plus compétent du groupe.
Francis était mort. Antonio Fernandez Carriedo ne pouvait plus vivre par procuration.
Il lui manquait un ami. Il lui manquait un frère. Sa vie ne faisait plus sens.
Antonio Fernandez Carriedo se réveilla dans une chaise, l'esprit embrumé dans un voile de coton. Il n'y avait aucun bruit et une bien faible lumière au plafond. Il n'était pas chez lui, ni chez Gilbert, ni au travail, ni nulle part, en fait. S'il n'était pas dans l'un de ses trois endroits, il n'était nulle part. Car c'était là sa vie. Il lui restait un ami, une maison et un travail.
Autre élément notable : Antonio Fernandez Carriedo était attaché à la chaise. Il tira ses bras mais abandonna vite la manœuvre pour se concentrer sur ses sens, priant pour vite recouvrer la vue. Cela lui prit environ quinze minutes pour que la silhouette de Gilbert ne s'impose enfin à lui.
Gilbert, son meilleur ami et collègue, était allongé sur une table placée à la verticale contre le mur, en face de lui, les bras noués par un cordage rigide qui lui tiraient les bras en position d'écartèlement, ses pieds étant noués au bas de la table.
Que se passait-il ici ?
A force de patience, l'Allemand finit par ouvrir les yeux à son tour, affolé par sa position et la présence de son meilleur ami, pas dans un meilleur état que lui.
« Vous en avez mis du temps, pour vous réveiller, commenta une voix bien connue avec dédain ».
Arthur attrapa une chaise et s'y assis à califourchon, le menton sur les bras, fixant ses deux proie avec intérêt.
Antonio Fernandez Carriedo eut peur. Très peur.
« Q-q-qu'est-ce que tu as fait ?
_ Je vous ai drogué, bien sûr ».
'Bien sûr' ?
Antonio Fernandez Carriedo plongea dans sa mémoire et se revit quelques heures plus tôt, accompagné de Gilbert, recevoir la visite surprise de l'inspecteur qui, en silence, s'était incrusté dans leur bureau en allumant le service à thé de la pièce comme s'il s'agissait du sien, pour leur préparer trois tasses. Et il avait refusé d'ouvrir la bouche tant que les deux amis n'avaient pas goûté son thé. Ils avaient crus à un caprice mais il n'en fut rien.
Arthur avait pété un câble. Et ça se voyait dans son regard, la folie le noyait. C'était une folie enragée, la frustration d'être mené en bateau par tout le monde, d'être humilié par Ceux qui Savaient. L'ignorance le rendait fou. Les mensonges aussi.
La corde qui retenait les poignets de Gilbert était reliée à un système improvisé de poulie, fabrication artisanale avec les moyens du bord, d'ailleurs, et n'envisageait rien de bon. Surtout lorsqu'Arthur se releva avec un sourire odieux pour se diriger vers sa petite machinerie, en face d'Antonio.
« Je n'ai aucune pitié pour les menteurs ».
Il tourna la poulie.
Gilbert hurla.
Il arrêta.
Gilbert se reprit.
« Vous avez remarqué ? minauda l'Anglais avec démence. C'est ici-même qu'il est mort ».
Antonio Fernandez Carriedo eut un frisson d'angoisse en réalisant qu'il était dans la cave d'Arthur, à l'endroit exacte où le brasier avait commencé. Une grosse tâche noire recouvrait le sol, pile à l'endroit où se trouvait sa chaise. Quelle horreur. Francis avait ici perdu la vie. Son meilleur ami, son frère. Cette pensée lui déchira le cœur et il ne fut plus loin de craquer.
« Francis n'est pas le jeune homme de la banque ».
Les deux amis blêmir comme un seul homme.
« Il me semble évident que vous le couvrez et jusqu'à maintenant, ce braquage vous a servi de couverture pour vous dissimulez. Ma patience risque de très vite atteindre ses limites, plus vite que les os de Gilbert, si vous voyez ce que je veux dire… »
Et pour appuyer son propos, il tourna la poulie une fois de plus, s'attirant un jappement plaintif de souffrance.
« Arrête ! pria l'Espagnol. C'est illégal !
_ Je m'en fous ».
Il tourna encore, Gilbert lâcha une larme.
« Dites-moi ce que vous cachez ?! ordonna l'Anglais dont les yeux rouges et cernés n'aspiraient à rien d'autre qu'à l'effroi ».
Arthur relâcha un peu la pression de la poulie puis la bloqua avec un pied de biche pour se diriger vers le Méditerranéen. Ce dernier se prit une gifle magistrale qui lui coupa la vue pendant deux secondes, avant de se reprendre, fixant son bourreau avec crainte et affliction. Il s'entendit balbutier un léger 'pitié' mais il n'en était déjà plus question, car Arthur Kirkland était au bout du rouleau, au bout de sa vie, au bout de ses limites.
« PARLEZ ! »
Le tortionnaire hurla an laissant s'échapper une larme de dégoût, puis tourna à nouveau la poulie d'un coup sec. Gilbert se déchira presque les tympans et son cri acheva les nerfs torturés de l'Espagnol.
« C'était nous ! Pitié arrête ! C'était nous ! C'était… c'était nous… Pitié… Arthur, arrête… Je vais tout te dire mais arrête… »
L'interpelé relâcha la pression et coinça la poulie avec son pied de biche pour reprendre place sur sa chaise, en face de sa victime.
« Développe ».
Pendant que Gilbert reprenait difficilement son souffle, l'autre membre du duo baissait les yeux pour ne pas confronter le regard assassin de son tortionnaire.
« Il n'y a jamais eu de quatrième complice, c'est nous trois qui avons cambriolé cette banque ».
Il n'eut pas le temps de finir car une autre baffe explosa sa joue, puis il contempla le visage dévasté d'Arthur, qui venait de laisser couler sa peine le long de ses joues.
« Tu mens…
_ Non, c'est vrai. L'argent pour fonder la BFT vient de ce braquage.
_ C'est pas vrai…
_ Je suis désolé…
_ Oh épargne-moi tes excuses minables ! craqua l'inspecteur en se tirant les cheveux. Bordel de merde, je savais que vous n'étiez que des sales races, tous les deux, mais Francis… non… pas lui… Pourquoi ?
_ C'était… mon idée…, lâcha Gilbert, les joues rouges de douleur.
_ Ta gueule, coupa Arthur en se reconcentrant sur Antonio. Pourquoi vous avez fait ça ? »
L'Espagnol déglutit mais dût se résoudre à s'expliquer. Tout était fini, de toute manière, autant jouer franc-jeu.
« On l'a fait pour aider Francis ».
Arthur allait cracher son venin mais l'Allemand le supplia d'écouter jusqu'au bout.
« Comprends-nous…, implora Antonio. Il venait de perdre ses parents dans un accident qui l'avait salement amoché, sa tante le maltraitait, il avait fugué… et le voir sans un sou, dehors en pleine nuit, à ma porte… Tu ne peux pas comprendre ça, Arthur. Francis et moi avons été les deux doigts d'une même main depuis longtemps. J'aurais tout fait pour lui, tout. Je voulais l'aider, je voulais le protéger, lui offrir une chance de réussir dans cette vie qui l'avait abandonné ! »
Les yeux écarquillés d'horreur, Arthur sortit son arme et pointa la tête de sa victime avec. Une rage sourde venait de s'emparer de lui.
« C'est quoi ce putain de discours passionné, Carriedo ? cracha-t-il. Ne me dis pas que tu l'aimais… »
L'Espagnol rougit et baissa la tête.
« Je l'ai aimé ».
Il sembla que les dents d'Arthur se mirent à grincer entre elles, tant la jalousie le dévorait, mais Gilbert se sentit de l'ouvrir pour empêcher toute catastrophe.
« Putain, Arthur ! Mets-toi à notre place, un peu ! La relation entre Tonio et Francis n'a plus rien de romantique, je suis sûre que tu le sais ! Ils se sont connus avant que tu n'arrives, qu'est-ce que ça peut te foutre qu'ils se soient aimés ?! De toute façon, c'est fini ! Francis t'aimait comme un fou, on l'a bien vu ! Crois-moi, Tonio a eu le temps de faire son deuil !
_ De toute façon, je suis en couple depuis deux mois…, marmonna timidement l'Hispanique. Francis et moi, ce n'est plus qu'un vieux passé lointain… Je te le jure… A partir du moment où il nous a avoué son amour pour toi, j'ai compris que ce serait toi et uniquement toi… »
Arthur était dans un état second, une main sur le visage, blême, suant, l'arme toujours levée vers son odieux rival amoureux. Voilà pourquoi il n'avait jamais pu blairer Antonio. Il avait eu des vues sur Francis et son inconscient avait dû le remarquer. C'était la jalousie d'Arthur qui l'avait fait haïr Antonio depuis le premier jour. Cet enfoiré avait convoité SON homme.
« On devait l'aider à tout prix, reprit Gilbert pour décoincer le silence angoissant. L'héberger en secret chez nos parents, à tour de rôle, ne pouvait pas durer longtemps. Et c'est là que j'ai eu l'idée…
_ Non… ça ne colle pas… ce n'est pas possible…, marmonna l'Anglais. Le braquage était… familial… le vieux… il…
_ Il n'y a jamais eu de vieux dans le groupe. C'était…
_ … Francis, acheva Arthur en baissant son arme, choqué de ce qu'il venait de déduire ».
Son mari revenait d'un accident sévère au moment des faits, il sortait à peine de sa rééducation et de sa fugue. C'était à cause de sa condition physique encore fragile et de son état émotionnel précaire qu'il avait eu cette posture voutée et raide, d'où la méprise avec un 'vieux'. C'était donc Francis qui avait menacé directement la vie d'Ivan Braginsky en lui faisant remplir les sacs…
« Non… Non… Non… Ce n'est pas possible… Francis est un homme bon… Il n'aurait jamais fait ça…
_ On sait… C'est d'ailleurs lui qui a insisté pour fonder la BFT. Il voulait se racheter en faisant le bien autour de lui. Nous, on a suivi son impulsion. A partir du moment où on a décidé de commettre ce vol à trois, on a également juré de tout faire ensemble, de rester solidaires… et voilà où on en est aujourd'hui…
_ Mais comment… comment avez-vous pu regarder Braginsky dans les yeux après ça… ? »
Aucune réponse ne lui parvint. Antonio et Gilbert était mortifiés, accablés par le poids de leur propre honte.
« C'est Francis qui le gérait. Nous, on pouvait pas.
_ Bande de lâches ».
Ils ne répliquèrent rien, sachant qu'ils étaient en position de soumission et très clairement en tort dans cette histoire.
Arthur était en train de tourner fou et le pire, c'était que personne n'allait pouvoir l'arrêter. Il n'y aurait que deux conséquences possibles s'il continuait dans ce sens. Soit il craquerait en tournant sa haine vers autrui, volant ainsi une vie quand bien même c'était contre ses principes, soit il se retournerait contre lui-même et finirait donc de la même manière que son époux. Actuellement, il était plus proche d'assassiner Antonio et Gilbert que lui-même mais rien n'était exclu. Son esprit n'était plus qu'un amas de pensées décousues, d'interrogations existentielles et de déni persistant.
Il était plus qu'évident que le suicide de Francis était à lier avec ce braquage. Un élément dans sa vie, dans son entourage, avait dû faire ressurgir sa culpabilité, ou quelque chose comme ça. Peut-être quelque chose d'apparence innocente, une parole en l'air, amené comme ça, sans intention. Peut-être à cause d'Ivan Braginsky. S'il s'entendait bien avec le défunt, il y avait moyen que cette complicité ait poussé Francis à bout.
C'était une possibilité. Mais dans ce cas, même Ivan n'en saurait rien. Fallait-il l'interroger malgré tout ?
Le souvenir du Francis parfait s'était brisé pour Arthur, mais fallait-il en faire de même pour ses proches ? Avouer à Ivan que son ami et collègue s'était joué de lui ? Devait-il partager sa souffrance en détruisant un à un les liens que Francis avait tissé avec les autres ?
Non, il ne le pourrait pas. Arthur était incapable d'extérioriser sa peine, il gardait tout en lui jusqu'à l'explosion. Explosion qui s'approchait dangereusement.
Francis était un criminel.
Cette simple constatation était insupportable.
Le fantôme fixait la scène avec honte, les yeux baissés sur ses pieds nacrés et translucides, jouant avec ses orteils légèrement bleutés en les frottant les uns aux autres. Il avait commis beaucoup trop d'erreurs dans sa vie, ce n'était pas rattrapable. Pourquoi l'avait-on sauvé des limbes pour le tirer vers ce paradis étrange, alors que sa place était En-bas ? Il avait honte de sa vie passé. Même en ayant fondé une association, en ayant fait le bien, il ne se sentait pas comblé. Sa vie avait été trop courte pour qu'il puisse se pardonner son erreur de jeunesse.
0*O*o*O*0
Allongé sur un côté dans le lit conjugal froid, Arthur s'était mis à fixer ses alliances d'un air absent. Un petit morceau de sa vie dansait dans son esprit, en boucle, comme une scénette qui tournait son passé en ridicule.
Il serait bien incapable de se remémorer le moment où cela eut lieu mais à en juger par la cheminée allumée, le souvenir prenait place dans une douce soirée hivernale. A cette époque, ils ne vivaient pas encore ensembles, mais Francis avait invité dans le vieux chalet familial des Kirkland. Ils s'étaient couché l'un contre l'autre sur le canapé pour se tenir chaud, la télé chantant en arrière-plan sur une chaîne musicale quelconque, deux tasses fumantes posées sur la table basse à quelques pas de là. Ils en étaient aux baisers innocents et aux mots doux, enlacés comme deux pandas, dans une ambiance tamisée.
Le matin même, ils s'étaient promenés dans une petite ville voisine – un peu attrape-touriste sur les bords mais charmant malgré tout – avant de s'en retourner dans leur petit havre de paix. Le week-end était agréable, ils se sentaient… en voyage de noces. Arthur rougit de cette comparaison et cacha son visage dans le cou de son partenaire qui en rit affectueusement, quoiqu'il avait l'air assez nerveux. Francis avait passé la journée à se perdre dans ses pensées et, pour se faire pardonner ses absences, s'était attaché à embrasser son amoureux à chaque occasion, le couvrant de mille attentions.
Arthur avait la sensation dérangeante qu'on lui cachait quelque chose.
Sans s'annoncer, Francis enserra le corps fin du plus jeune pour le porter en position assise, le prenant largement par surprise. Conciliant, Arthur se laissa faire, bien qu'il fût plutôt angoissé en voyant que son petit moment de plaisir était écourté par les actions pour le moins étranges de ce grand gaillard. Ce dernier avait glissé sur lui comme une larve pour reposer son visage sur les cuisses du policier, à moitié vautré par terre.
« Qu'est-ce qui t'arrive, Francis ? »
Pas de réponse mais on lui prit les mains pour les baiser amoureusement.
Là, ça devenait angoissant.
« Est-ce que ça va ? Tu as mal ? »
Arthur s'inquiétait de voir son amant se murer dans le silence en caressant sa peau, jouant à porter les mains tendues du Kirkland contre sa tête, l'invitant à caresser ses longues mèches dorées.
Après un temps qui sembla infini, Francis se décida à relever la tête. Il était plus que nerveux, il était au bord de la panique. Arthur avait l'impression de pouvoir sentir son cœur battre jusque-là.
Le plus vieux baisa à nouveau ses mains avant d'enfin desserrer ses lèvres.
« Je suis vraiment bien avec toi ».
Arthur rougit, ça venait du fond du cœur et il s'en ému.
La cheminée diffusait sa douce chaleur, glissant des ombres chaudes et mouvantes sur les deux corps amoureux. Francis n'avait jamais autant brillé qu'à cet instant, divinisé dans son halo or et carmin. Sa peau se faisait de miel, il était sublime.
« Moi aussi ».
Le policier s'était senti obligé de répondre à cette déclaration, et ce de manière honnête. Quand on se souvenait de la galère que ce fût pour qu'ils se déclarent l'un à l'autre, il n'était plus question de mystère entre eux. Traumatisé par sa frustration, Arthur lui avait dit 'plus jamais ça !' avec le regard assuré et intransigeant. Depuis, ils se disaient tout. C'était donc outrageant de constater que Francis cachait quelque chose. Ces petits mots d'amour ne sortaient pas là pour rien, il y avait quelque chose derrière. Essayait-il de l'amadouer ?
Putain, qu'est-ce qu'il a fait ?
Du coup, Arthur aussi en vint à se sentir nerveux.
« Qu'y a-t-il ? »
Arthur avait tenté de forcer la vérité mais Francis serrait les lèvres avec gêne. Et plus il restait silencieux, plus c'était inquiétant.
Et ce n'était pas le fond musical qui allait détendre l'atmosphère.
Arthur allait poser une n-ième question mais ce fut à ce moment-là que Francis se décida à couper le suspense en sortant de sa poche… une boîte.
Arthur comprit immédiatement de quoi il était question.
Sa lèvre inférieure trembla, suivie bientôt par ses bras et le reste de son corps. Pas mieux loti, le plus âgé avait ouvert le boitier nacré, laissant apparaitre une alliance parfaite, faite en or blanc, lisse, étincelante, magnifique. A genoux devant lui, le regard humide, Francis lui présenta son cadeau avec un sourire fébrile, vivant un des instants les plus intenses de toute sa misérable existence.
« Veux-tu m'épouser ? »
Une sourde bouffée de chaleur monta aux joues d'Arthur, qui le bloqua totalement. Noyé dans les yeux de son amant, il prenait le temps de réaliser la portée de ce geste et de cette phrase, de profiter de tout le bonheur que cela lui procurait. Il commençait déjà à fantasmer sur sa vie future, lâchant un rire nerveux qui, peu à peu, devint de plus en plus abusé. Pour le coup, ce fut au tour de Francis de s'inquiéter pour son amant.
« Arthur… ? »
Il fallut attendre que la crise de fou rire du policier ne s'achève pour retrouver un minimum de sérieux. Le regard malicieux et humide, Arthur attrapa sa veste qui trainait sur l'accoudoir du canapé pour en fouiller la poche, puis sortit à son tour une boîte.
A ce moment-là, Francis compris qu'ils avaient eu la même idée au même moment.
La boîte noire s'ouvrit, abritant exactement le même modèle d'alliance, en or blanc, lisse, éclatant. Ils étaient passés devant la même bijouterie et avaient flashés sur la même bague, ce qui rendait la scène parfaitement comique. D'ailleurs, ils ne se gênèrent pas pour rire à gorge déployée.
« Tu m'as devancé ! se plaint Arthur en pleurant de joie.
_ Pour une fois que c'est moi qui te prend par surprise ! répliqua l'autre ».
Ils s'échangèrent les alliances en riant, front contre front, puis s'embrassèrent à pleine bouche, heureux à en crever d'avoir eu le même besoin d'union au même moment. Les bagues brillaient d'un éclat semblable, donnant un sens encore plus particulier à leurs fiançailles, come confirmant qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Sous le crépitement de la cheminée, accouplé aux mélodies portée par la télévision, ils s'aimèrent en ce lieu qui avait marqué le début de leur nouvelle vie à deux.
Honnêtement, dites-moi si j'ai complètement foiré mon effet de surprise pour le coup du braquage T.T Parce que, à la base, mon découpage n'était pas comme ça (je vous rappelle que j'ai perdu ma frise chronologique entre temps… OuiJeSuisUnGénieMerci), et les fins de chapitres ne se finissaient pas comme ça. Du coup, tout mon suspense a été décalé ! Je suis déçue ! /se flagelle pour se punir/
Plus que cinq chapitres, il ne me reste plus qu'à bourrer le reste d'explication et les derniers retournements de situation (tranquiiiiiille, on est laaaarge /kofkof/). C'est en l'écrivant que je me rend compte du déséquilibre puisant de ma fic entre les deux premiers tiers et le dernier XD
Je crains à mort, en fait !
Bref ! Merci d'avoir lu ! J'espère ne pas troooop vous faire attendre pour la suite mais sachez que je m'en excuse !
Biz' !
