Disclaimer : La série, les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas. De plus, je ne retire aucun salaire de ces écrits. Je ne fais que satisfaire mon esprit tordu de fan :0P (en espérant que d'autres personnes apprécient et se divertissent ;0).
Rating : Cette fic est classée M et c'est un slash. Vous êtes prévenu(e)! ;0)
Note de l'auteure : Je crois que le titre dit tout... Mais je tiens quand même à vous dire un ÉNORME merci pour vos reviews, c'est tellement apprécié!!
Chapitre 10 : Le retour tant espéré… en êtes-vous sûr?
La petite Meredith fêtait sa première année. Une petite fête avait été organisée en conséquence. La fillette avait fait tellement de progrès en si peu de temps : elle faisait maintenant plusieurs pas sans que personne ne l'aide, elle avait prononcé ses premiers mots et elle semblait comprendre le monde qui l'entourait bien plus qu'il n'y paraissait aux premiers abords, au plus grand dam de sa mère qui subissait les conséquences de sa vive intelligence.
Carson regardait ses amis regroupés autour de la table, chantant « Bonne fête » à la gamine, un chapeau de carton ornant chacune de leur tête. Le médecin eut un pincement au cœur en pensant à tout ce que Rodney manquait. En effet, le scientifique restait introuvable. Après avoir visité sans succès les mille quelques adresses ayant activé la Porte des Étoiles, ils avaient dû se rendre à l'évidence : l'activation étrange d'Allock n'avait pas été enregistrée dans l'ordinateur central. Apparemment, il fallait entrer les coordonnées d'une autre planète directement du clavier pour que l'adresse soit mise en mémoire. Carson avait mal pris la nouvelle, il avait failli retomber dans une profonde dépression. Heureusement, John l'avait assuré qu'il était plus têtu que cela et Heightmeyer ne l'avait plus lâché d'une semelle.
Néanmoins, leurs recherches restaient vaines et Carson ne savait plus à quoi s'accrocher. Zelenka avait même sous-entendu qu'il devrait peut-être tourner la page. L'écossais n'avait pas apprécié l'idée et il n'avait pas adressé la parole au tchèque pendant près d'un mois. Mais il avait finalement dû admettre que le scientifique n'avait pas tout à fait tort. Pouvait-il attendre Rodney à tout jamais, sans même savoir s'il était toujours en vie? Puis, le médecin tombait dans une de ses phases de culpabilité – il était devenu maître dans cet art! Il avait l'impression de trahir McKay seulement en pensant qu'il pourrait un jour refaire sa vie avec un autre. Il se mettait alors à penser qu'il était de toute façon trop vieux pour ça, que personne ne voudrait de lui vu son très joyeux état d'esprit ces derniers mois, et patati! Et patata!
Bref, Carson vivait sur une ultime étincelle d'espoir, mais ce n'était pas le moment d'y penser. Le médecin se força à revenir au présent et à faire comme tout le monde, c'est-à-dire s'attendrir sur la petite fille qui dévorait son gâteau au chocolat en étalant du glaçage partout sur ses cheveux blonds. La fillette ressemblait étonnamment à sa mère, personne n'aurait pu se douter de l'identité du père. À nouveau, le médecin pensa à Rodney : il avait tout fait pour lui faire envoyer aux oubliettes son serment sur le secret professionnel. Le canadien était la curiosité personnifiée. Carson soupira et préféra quitter le petit groupe de fêtards avant de briser l'atmosphère joyeuse. Mais son absence ne passa pas inaperçue pour tout le monde.
- Carson, est-ce que ça va?
- Oh, Laura! Oui, oui, tout va bien. Retournez auprès de votre fille, c'est un moment important pour vous deux, tenta le médecin avec un sourire qui se voulait rassurant.
- Vous mentez très mal, Carson.
Le médecin soupira et baissa les yeux. Évidemment, il avait toujours été un livre ouvert. Enfin, sauf pour Rodney, qui avait mis un temps fou à découvrir ses sentiments à son égard.
- Je n'en peux plus de cette incertitude, Laura.
- Oui, je comprends. Mais il ne faut pas se laisser abattre.
- Mais cela fait pratiquement un an! Ce n'est plus un ou deux mois, Laura! S'il avait réussi à s'en sortir, il serait déjà revenu, maintenant.
La voix du médecin se brisa sur le dernier mot. Il se força à respirer profondément et à se calmer comme le lui avait enseigné la psychologue.
- Retournez à la fête, je ne veux pas gâcher l'atmosphère. Ça va aller.
Beckett plongea son regard le plus confiant qui lui restait dans celui de la militaire et espéra de toutes ses forces que cela serait suffisant. Il avait besoin d'être seul.
- OK. Mais s'il y a quoi que ce soit, je veux que vous me promettiez de venir m'en parler.
- D'accord.
- OK. Ne baissez pas les bras, Carson, conclut la jeune femme en enlaçant le médecin.
Puis, la jeune maman retourna à la fête de sa petite fille, qui en était à être débarbouillée par Teyla. La jeune Athosienne semblait totalement sous le charme de la bambine, ce que John ne manqua pas de remarquer.
Après un dernier regard pour ses amis, Carson quitta la salle et se dirigea vers ses quartiers. Il enleva le chapeau de carton qu'il portait encore et pensa qu'il aurait aimé avoir une discussion sur les enfants avec Rodney. Une puissante vague de colère le submergea alors. C'était tellement injuste! Pourquoi ces envahisseurs étaient-ils venus leur prendre le brillant scientifique? Leur chef avait dit qu'il avait été choisi, mais choisis par qui? Pourquoi? Était-ce à cause du moustique qui l'avait piqué et qui lui avait inoculé cet étrange gène qui lui avait donné de puissants pouvoirs? L'emmenait-il pour le tuer? L'utiliser? Toutes ces questions sans réponses frustraient le médecin à un point inimaginable. Cela le rongeait depuis trop longtemps.
Carson venait d'ouvrir la porte de ses quartiers lorsqu'il entendit l'alerte signalant une activation non programmée de la Porte.
o0O0o
Lorsqu'il arriva dans la salle de contrôle, Carson constata que tout le monde présent à la petite fête organisée pour Meredith était présent… la fillette y comprise, confortablement lovée dans les bras de sa mère.
- Avez-vous un code d'identification? demanda Élizabeth en essayant de se rappeler quelles équipes étaient en mission en ce moment.
- Non, madame, aucun.
La dirigeante d'Atlantis décocha un regard surpris à l'officier en service. C'était fort peu habituel de recevoir des visiteurs inconnus, surtout depuis qu'Atlantis était supposément officiellement détruite.
- Recevez-vous une transmission?
- Non, madame... Mais il y a un transfert d'énergie! Quelqu'un arrive! s'alarma l'officier.
- Quoi?! Mais ils vont s'écraser sur le bouclier! s'écria John.
Avant qu'Élizabeth ait le temps d'ordonner de lever le bouclier pour empêcher la mort de potentiels innocents, un groupe restreint de personnes traversa ledit bouclier sans un problème, comme s'il n'avait été qu'une vulgaire illusion.
- Mais qu'est-ce…, commença John.
- Ce sont les Sholkiens, expliqua Carson, sa voix teintée d'une colère non dissimulée.
La réaction des Atlantes ne se fit pas attendre. Laura confia sa fille à Carson et, comme les autres militaires, elle sortit son arme et se dirigea vers les intrus qui avaient enlevé Rodney un an auparavant. Le médecin plissa les yeux en direction des visiteurs peu désirés et remit Meredith à Zelenka sans lui demander son avis. Le tchèque regarda la fillette, désemparé, ne sachant comment agir avec un bébé. Heureusement pour lui, la gamine sembla trouver ses lunettes très amusantes et il n'eut pas à faire grand-chose pour la tenir occupée – et, accessoirement, tranquille.
- Qu'avez-vous fait du docteur McKay? demanda Élizabeth, qui se tenait en retrait derrière la ligne défensive de militaires qui pointaient leurs armes sur les intrus.
Les Sholkiens se tournèrent vers la Porte et Allock traversa à son tour le vortex, en tenant un brancard semblant fait de cristal qui flottait au niveau des hanches de l'homme. Carson écarquilla les yeux en constatant que Rodney reposait sur la civière, inconscient. Il voulut se précipiter vers le scientifique, mais John le retint par le bras, l'empêchant ainsi de peut-être se jeter tête baissée dans un piège. L'air grave du chef des Sholkiens ne laissait présager rien de bon.
- Le docteur McKay n'a malheureusement pas supporté l'extraction des données…
- Hein? Quoi? intervint Beckett, sous le choc.
- Les informations qu'il avait récoltées étaient primordiales pour nous… mais le cerveau du docteur McKay n'a pas tenu sous le traitement visant à le libérer de Espia numéro un. Notre prototype n'est de toute évidence pas au point. Vous m'en voyez navré.
- Attendez, une minute! C'est à cause de vous que Rodney a été infecté? Vous l'avez enlevé pour récupérer votre virus et ça vous a pris une année entière avant de réaliser que vous étiez incapable de le sauver?
- Nous ne faisons pas partie du même plan temporel que vous.
- Vous auriez dû le ramener ici! J'aurais pu faire quelque chose! s'indigna le médecin.
- Je ne pense pas.
- Qu'est-ce que vous en savez! Vous connaissez le corps humain mieux que moi, peut-être?
Allock baissa la tête. Il ne servait à rien d'argumenter avec le médecin. Il avait jadis constaté – avec surprise – les sentiments qui unissaient les deux hommes. Il savait donc que Beckett n'écouterait rien de ce qu'il pourrait dire.
- Je suis désolé que cela vous cause de la douleur, je…
- De la douleur? Je ne pense pas que l'on puisse qualifier ce que je ressens de « douleur ». C'est au-delà de ça. Pire que la souffrance, pire que la haine.
- Carson…, tenta Cadman en s'approchant du médecin.
- NON! cria l'écossais en se dirigeant finalement vers le brancard, bousculant John au passage.
Sheppard surveilla Beckett du coin de l'œil et raffermit sa prise sur son arme. Si Allock bougeait, il goûterait à sa science à lui. Le médecin ralentit en approchant de Rodney, le découvrant beaucoup trop blême pour qu'il puisse encore oser espérer. Néanmoins, il approcha sa main tremblante du cou du scientifique pour tenter de sentir un pouls, ne serait-ce que très faible. Il ne voulait pas s'avouer l'inévitable. Lorsque les doigts de Carson entrèrent en contact avec la peau froide du canadien et qu'il ne découvrit sans surprise aucun pouls, la colère l'aveugla.
- Vous n'êtes que des meurtriers! vociféra-t-il en direction des Sholkiens.
Le médecin s'empara de l'arme d'un jeune militaire et tira sur Allock. L'intrus offrit un sourire désolé à Beckett avant de disparaître avec ses hommes dans un voile de fumée violette, les balles allant se fracasser sur le mur opposé, sans blesser personne, heureusement.
- NON! Revenez ici, bande de lâches!
Le brancard sur lequel reposait Rodney s'écrasa alors au sol, éclatant en milliers de fragments. Tous ceux présents dans la salle d'embarquement et dans la salle de contrôle sursautèrent et se tournèrent vers le funeste tableau qui s'offrait à eux. McKay gisait au milieu des débris qui ressemblaient à d'innombrables petites étoiles scintillantes autour du scientifique. Il était mort en héros, en sauvant des centaines de vies.
Carson s'approcha stoïquement du corps de son ancien amant. Il le souleva comme s'il n'était qu'un poids plume et il quitta silencieusement la salle d'embarquement. Le regard vide du médecin inquiéta Laura qui voulut le suivre.
- Non, laissez-le. Il a besoin d'être un peu seul, intervint Sheppard.
- Mais…, voulut protester la militaire.
- Il vient de perdre l'amour de sa vie, laissez-le au moins lui faire ses adieux en privé, enchaîna John, sa voix s'étant durci malgré lui.
La militaire baissa les yeux. Son supérieur avait raison et, de toute façon, elle aurait – et aurait besoin – toute l'éternité ensuite pour tenter de consoler le médecin. Cadman se dirigea donc plutôt vers Zelenka, qui n'avait pas non plus bougé d'un centimètre, pour lui reprendre sa fille qu'elle serra longuement dans ses bras, tentant d'imaginer ce que Carson pouvait ressentir en ce moment. Si elle devait perdre son enfant, l'être qu'elle aimait le plus au monde, elle aussi serait inconsolable. Supporter Beckett ne serait pas facile, le médecin allait avoir besoin d'eux. D'eux tous. La jeune femme promena son regard sur ses amis. Teyla s'était blottie dans les bras de John, des larmes discrètes coulant sur ses joues rougies. Radek avait pris la main d'Élizabeth dans la sienne et la tenait fermement. La dirigeante semblait absente. Elle était terriblement attachée aux personnes dont elle avait la responsabilité, mais, comme tout le monde l'avait remarqué, même si elle ne le disait pas, elle avait des affinités particulières avec certains membres de l'expédition. Même Ronon semblait pris au dépourvu, car Miko, la scientifique japonaise qui remplaçait Rodney au sein de SGA-1, s'était lancée dans ses bras et pleurait à chaudes larmes.
Mais aucune de leur tristesse n'atteignait le gouffre abyssal dans lequel Carson était tombé. Le médecin avait déposé le scientifique sur son lit, dans les quartiers que Beckett avait pratiquement faits siens à force d'y passer tout son temps, surtout durant les premiers mois de la disparition de Rodney. L'écossais parcourait les traits sereins de son ancien amant du bout de ses doigts. Maintenant il savait ce qui était arrivé à Rodney. Il aurait préféré ne jamais avoir su. Une petite étincelle d'espoir valait mieux que le désespoir profond qu'il ressentait maintenant en ayant la certitude qu'il avait perdu Rodney à tout jamais.
De toute sa vie, il n'avait jamais aimé quelqu'un autant que Rodney. Contre toute attente, il avait trouvé son âme sœur dans ce scientifique hypocondriaque à l'ego démesuré. La seule et unique personne de toutes les galaxies qui le complétait parfaitement, avec qui il se sentait en parfaite fusion. Un tel sentiment ne se rencontrait qu'une fois dans une vie. Personne ne pourrait jamais le réconforter, personne ne pourrait remplacer Rodney. Tourner la page lui serait impossible, il en était sûr maintenant. Quelle solution lui restait-il maintenant qu'il savait que sa vie n'aurait plus aucun sens sans Rodney?
Sans qu'il ne le veuille vraiment, son regard se leva vers la haute porte-fenêtre qui menait au balcon. Rodney avait choisi cette chambre en particulier à cause de cette vue magnifique sur l'océan atlante. Le médecin se leva et se dirigea lentement, comme s'il n'avait plus le contrôle de son corps, vers la porte qu'il ouvrit. Il laissa l'air marin envahir ses sens. Même cette odeur lui rappelait Rodney. Carson se retourna vers l'homme sans vie allongé sur le lit à quelques mètres de lui. Avait-il un autre choix?
- Je sais que je suis lâche. Je suis incapable de faire preuve du même courage que toi. Je ne pourrai pas supporter le quotidien sans toi. Me pardonneras-tu un jour?
Carson se dirigea vers le bureau de Rodney et en sortit une tablette de feuilles et un stylo. Il écrivit une lettre expliquant les raisons de son acte. Il fit ses adieux à tous ceux qui comptaient pour lui et leur fit ses dernières recommandations, surtout médicales ou sentimentales, se voulant un tantinet humoristique. Mais il réserva une lettre toute spéciale pour sa mère. Il savait qu'elle ne comprendrait pas, car elle était profondément attachée à la vie. Il fallait qu'elle sache pourquoi et qu'elle accepte. Il ne fallait surtout pas qu'elle culpabilise – à croire qu'il avait hérité ce penchant d'elle. Lorsqu'il eut fini, il relut ce qu'il avait écrit pour être certain de ne rien avoir oublié. Satisfait, le médecin glissa les lettres dans des enveloppes séparées qu'il adressa aux personnes qui devraient les lire, puis il se dirigea vers Rodney. Il caressa longuement son front, comme il l'aurait fait pour un malade. Finalement, il se pencha et déposa ses lèvres sur celles glacées du scientifique pour un ultime baiser.
Puis, Carson se retourna vers la porte-fenêtre qu'il traversa à nouveau. Il posa sa main sur la rambarde avant de l'enjamber sereinement. Il ne pouvait être séparé de Rodney et si ce dernier ne pouvait pas venir à lui, lui pouvait au moins aller le rejoindre dans cet autre plan que les terriens appelaient « le paradis ». Le médecin inspira une dernière fois profondément pour graver dans sa mémoire cette image. La grande cité d'Atlantis se dressant fièrement au milieu d'un océan couleur saphir, comme les yeux de Rodney, et enveloppée de cet air marin rafraîchissant. Puis, doucement, Carson lâcha prise. Ses mains quittèrent la balustrade et il entama une chute libre qui aurait pu paraître affolante pour n'importe qui. Mais pas pour Carson. Il allait rejoindre Rodney. Il serait bien mieux là-bas, il en était persuadé. Pour une fois, il faisait quelque chose pour lui. Uniquement pour lui. Il faudrait que les autres comprennent.
« Je t'aime, Rodney. », pensa-t-il.
Bon, il faut quand même que je souligne que j'ai appris au moment où j'écrivais cette fic comment finissait la saison 3 (qui commence le 30 août sur Ztélé!!!), alors j'étais trop dégoûtée! Disons que ça m'a mise dans un état d'esprit plutôt sombre...
