Bonjour !
Je tiens pour commencer à m'excuser pour mon horrible retard... Je n'ai plus une seule seconde à moi.
Et encore pire : je ne vais plus pouvoir publier très souvent.
Mais ! Pas d'inquiétude j'ai la ferme intention de finir cette histoire jusqu'au bout.
Bonne lecture ! ^ ^
Chapitre Dixième : Protection
Une seconde auparavant, Bella était dans les bras d'Edward. Maintenant, elle était plaquée au sol, le corps d'Edward recouvrant le sien.
Elle s'était cogné la tête en tombant, et elle se sentait à demi assommée, sous le choc.
La déflagration résonnait encore à ses oreilles. Comme Edward se relevait, elle entendit par-dessus le sifflement du signal d'alarme les de ses bébés. Son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine, lui coupant le souffle.
- Va voir les enfants, cria Edward en la relevant.
L'instant d'après, il s'était rué dans la chambre. Il arracha les rideaux en feu et les piétina tandis qu'elle traversait le couloir en courant pour gagner la nurserie.
Une bouffée de soulagement la submergea. Le vacarme avait effrayé ses enfants, mais ils étaient sains et saufs.
Le cœur battant à se rompre, elle les prit dans ses bras et resta immobile au centre de la pièce, paralysée sur place, ne sachant ce qui allait se passer. Elle tenta de calmer Anthony et Nessie, mais, avec le hurlement strident de l'alarme, c'était impossible.
Les larmes roulant sur ses joues, elle tenta de maîtriser sa propre peur.
Quelqu'un avait jeté un cocktail Molotov par la fenêtre de sa chambre. La fenêtre devant laquelle Edward s'était tenu quelques secondes plus tôt.
Elle ne parvenait pas à le croire.
L'explosion aurait pu le tuer. Ou la tuer, elle. Si Edward n'avait pas réagi aussi vite, ils auraient sans doute été gravement blessés tous les deux.
Voire pire.
Elle serra plus étroitement les enfants contre elle, et laissa échapper un soupir de soulagement lorsque l'alarme se tut enfin.
Cela signifiait-il que tout danger était écarté ? Trop terrifiée pour bouger, elle demeura là où elle était.
Quelques secondes plus tard, Edward et Esmé firent irruption dans la pièce.
- Ça va ? demanda Edward, d'une voix altérée par la tension.
- Oui, je crois, répondit-elle, luttant de nouveau contre les larmes tandis qu'Esmé passait un bras réconfortant autour de ses épaules.
- Jasper est en route, annonça Edward en prenant Nessie. Descendons l'attendre au rez-de-chaussée.
Lorsqu'ils atteignirent l'entrée, on frappait à la porte. Edward reconnut deux de ses hommes et les fit entrer.
- Nous avons entendu la déflagration, déclara Sam, la mine sombre. Ensuite, nous avons vu le feu à la fenêtre. C'est une chance que vous soyez tous indemnes.
- Vous n'avez vu personne rôder dans les environs ? demanda Edward tout en changeant Nessie de position.
Sam et Jacob secouèrent la tête en même temps.
- Je n'ai pas entendu de voiture, pas vu âme qui vive, grogna Sam. Bon sang, c'est comme si ce type était un fantôme !
- Un fantôme ne jette pas de cocktail Molotov, rétorqua Edward d'une voix où perçait la colère.
Il tendit Nessie à sa mère.
- Je veux aller jeter un coup d'œil au-dehors. Avec la neige, il devrait y avoir des traces.
Sam fronça les sourcils.
- J'ai peur que Jacob et moi n'ayons marché dessus, avoua-t-il. Quand nous avons entendu l'explosion, nous nous sommes précipités tous les deux vers ce côté de la maison. Je n'ai même pas pensé qu'il pourrait y avoir des empreintes.
- Il en reste peut-être quand même, répondit Edward d'un ton décidé.
- Je t'en prie, Edward, intervint Bella, attends que Jasper soit arrivé avant de sortir.
Qui savait quel danger l'attendait au-dehors, dans le noir ? L'idée qu'il puisse arriver quelque chose à Edward lui était intolérable.
- Bella a raison, renchérit sa mère avec inquiétude. Attends Jasper, s'il te plaît. À quoi bon prendre des risques inutiles ?
Bella le dévisagea. À en juger par son expression, il mourait d'envie de faire quelque chose, n'importe quoi qui puisse aboutir à l'arrestation du coupable.
- Si vous voulez, Jacob et moi pouvons retourner jeter un coup d'œil, proposa Sam.
- Croyez-moi, ajouta Jacob, si ce type traîne encore par ici, je ne demanderais pas mieux que de lui flanquer une bonne rossée !
Edward lui tapa amicalement sur l'épaule.
- Merci, Jacob, mais je ne veux pas que quiconque soit blessé. Je suggère que nous restions tous ici en attendant que Jasper arrive.
Sam et Jacob acquiescèrent et s'assirent sans discuter. Bella et Esmé prirent place sur le canapé avec les enfants tandis qu'Edward faisait les cent pas dans la pièce, bouillant d'une rage contenue.
La peur de Bella s'était un peu apaisée à présent, mais elle était désormais résolue à quitter cette maison le plus tôt possible. Elle ne pouvait exposer ses enfants au danger plus longtemps. La pensée que l'engin aurait pu être jeté dans la chambre des enfants lui glaçait le sang.
Cessant d'arpenter la pièce, Edward s'adressa à Jacob.
- Quand Jasper aura inspecté les lieux, allez voir dans la grange si vous pouvez trouver un morceau de contreplaqué pour remplacer la vitre cassée.
Il se tourna vers Bella. Ses yeux étaient aussi sombres que de l'encre.
- Bella, je voudrais que tu prépares un sac pour toi et pour les enfants.
Elle le regarda avec surprise.
- Mais… où pouvons-nous aller ?
Les routes étaient presque impraticables et elle savait que ses pneus étaient usés. Il était hors de question qu'elle prenne le chemin du retour ce soir.
- Sam va te conduire dans un motel. Tu y resteras jusqu'à ce que les routes soient dégagées.
Enfin, il considéra sa mère.
- Tu ferais peut-être mieux de faire pareil.
- Absolument pas, rétorqua Esmé. Je pense comme toi qu'il vaut mieux que Bella et les enfants soient mis à l'abri. Mais personne ne va me chasser de chez moi.
Edward hocha la tête, comme si la décision de sa mère ne le surprenait guère. Il reporta son attention sur Bella.
- D'après le dernier bulletin météo, la neige va durer entre vingt-quatre et quarante-huit heures. Emporte assez de vêtements pour deux jours au moins.
- Et toi ? demanda-t-elle, inquiète.
Elle aurait voulu qu'il les accompagne, qu'il s'éloigne de cet endroit dangereux et aille se cacher avec eux en lieu sûr.
- Ne te fais pas de souci pour moi. L'important, c'est que les enfants et toi soyez en sécurité.
Il tendit les bras et lui prit Anthony.
- Viens, je vais t'aider à préparer le nécessaire.
- Et moi, je vais à la grange, intervint Jacob. Je suis sûr que celui qui a lancé ce truc est parti depuis longtemps, à présent.
Sam acquiesça.
- Je reste ici avec Mme Cullen.
Edward et Bella gravirent l'escalier en silence et gagnèrent la chambre. Une odeur d'essence et de fumée flottait encore dans l'air.
Un frisson parcourut Bella alors qu'elle songeait à ce qui aurait pu arriver. Avec des gestes tremblants, elle sortit la valise du placard et y mit rapidement les quelques vêtements qu'elle avait apportés avec elle. Ensuite, elle se rendit dans la nurserie et fit de même avec les affaires des enfants.
- Je t'appellerai demain matin, murmura Edward.
Elle se tourna vers lui. L'angoisse se lisait sur ses traits, mêlée à la colère.
Il s'approcha d'elle et posa la main sur sa joue. Bella se laissa aller contre sa chaleur.
- Tu aurais pu être blessée, dit-il d'une voix sourde. Toi ou les enfants.
- Mais nous sommes sains et saufs, souffla-t-elle.
- Pour ce soir, oui, mais je ne peux pas courir le risque qu'une chose pareille se reproduise. Je vous croyais en sécurité ici, mais je comprends à présent que je me trompais. Vous serez à l'abri au motel jusqu'à ce que vous puissiez renter à Chicago.
La voix de Jasper s'éleva au pied de l'escalier.
- Edward ?
Edward laissa retomber sa main et fit un pas en arrière.
- Je suis là. Monte.
Ils allèrent à la rencontre du shérif.
- Jette un coup d'œil si tu veux. J'envoie Sam conduire Bella au motel. Je reviens tout de suite.
Pendant que Bella et Esmé mettaient leurs manteaux aux enfants, Edward entra dans son bureau. Il en ressortit quelques instants plus tard.
- Je vous ai réservé une chambre chez Alberto. Le motel est propre et confortable, et le propriétaire est un de mes amis. La chambre est au nom de Henry Johnson. Personne ne saura que vous êtes là.
Un muscle tressauta à sa mâchoire.
- Sam prendra soin de vous. Je t'appelle demain matin, dit-il en plaçant une liasse de billets dans la main de Bella. Il y a un restaurant à côté. On te livrera tout ce dont tu as besoin.
Sam prit la valise, prêt à partir. Bella enfila son manteau, soudain effrayée pour Edward.
- Je t'en prie, sois prudent, murmura-t-elle, les enfants dans les bras.
Il se pencha pour déposer un baiser sur leur front, puis replaça doucement une mèche folle derrière l'oreille de Bella.
- Vas-y.
Quelques minutes plus tard, les enfants et elle étaient installés à bord du 4x4 de Sam. Comme ils s'éloignaient de la maison, Bella se retourna et vit la silhouette d'Edward qui se détachait sur le seuil.
Une fois de plus, un terrible pressentiment l'envahit. Une peur inexplicable.
La crainte de ne plus jamais le revoir.
Une heure plus tard, Jasper avait prélevé les fragments du projectile et examiné les débris laissés dans la chambre. À présent, Henry était en train de fixer le contreplaqué à la fenêtre béante.
Sam était rentré au ranch après avoir déposé Bella et les enfants au motel. Bien que soulagé de les savoir en sécurité, Edward bouillait de rage. À vrai dire, sa colère n'avait fait que s'accroître depuis l'incident.
Et il savait exactement contre qui elle était dirigée.
Il se dirigea vers l'entrée et enfila sa veste.
- Où vas-tu ? demanda Jasper, interloqué.
- Chez Volturi.
Edward décida de laisser son revolver dans le tiroir. S'il l'emportait, il risquait d'être tenté de s'en servir. Et bien qu'il brûle de punir celui qu'il considérait comme responsable de l'attentat, il ne voulait pas aller jusqu'à le tuer.
Il était père, à présent. Il ne pouvait se laisser dominer par la fureur qu'il éprouvait, même si elle était justifiée.
- Bon sang, Edward, tu ne peux pas débarquer chez lui comme ça ! s'écria Jasper, consterné.
- Tu veux parier ?
- Reste ici, insista le shérif. Je vais aller voir Volturi.
- En ce cas, je t'accompagne.
Sans laisser à Jasper le temps de protester davantage, Edward sortit dans la nuit enneigée, claquant la porte derrière lui.
Quelques instant plus tard, ils roulaient dans la voiture de patrouille de Jasper. La neige rendait la circulation difficile, mais une seule pensée occupait l'esprit d'Edward : il imaginait ce qui se serait produit si le projectile avait été lancé dans la chambre des enfants.
Le seul fait d'envisager pareille tragédie décuplait sa rage.
- Il aurait pu tuer mes enfants, Jasper, dit-il, rompant le silence qui régnait dans l'habitacle.
- Je sais.
La voiture fit un petit écart et Jasper manœuvra pour la redresser.
- Nous vérifierons si Démétri a un alibi pour ce soir.
- Il est possible qu'il n'ait pas agi lui-même, rétorqua Edward, les sourcils froncés. Il a pu employer un homme de main. Il faut que je mette un terme à tout cela.
Il se détourna, fixant la nuit noire.
- Peut-être devrais-je retirer ma candidature ?
Jasper le regarda, abasourdi.
- Tu ferais ça ?
- S'il n'y avait que moi, je n'y songerais pas une seconde. Mais la situation a changé, Jasper. J'ai des enfants. Bella et eux ont besoin de moi.
- Si tu te retires, tes ennemis auront gagné. Et la corruption continuera à sévir à Springfield, répondit Jasper avec un soupir. Accorde-moi encore quelques jours avant de prendre une décision. En ce moment, tu es sous le coup de l'émotion. Donne-toi le temps de retrouver ton calme et laisse-moi régler cette affaire.
Edward demeura silencieux, conscient que son ami avait raison. Il était trop bouleversé pour se montrer rationnel, mais il ne pouvait s'empêcher de penser à Bella, à Nessie et à Anthony.
Il avait voulu être un héros, débarrasser sa ville de la corruption que ses habitants subissaient depuis trop longtemps. À présent, il se demandait si le prix à payer n'était pas trop élevé.
Il voulait être un père plus qu'un héros.
Il se redressa sur son siège alors qu'ils approchaient des faubourgs. Les seuls autres véhicules qu'ils croisaient étaient des chasse-neige et des camions qui déversaient du sel sur la chaussée.
Démétri Volturi vivait bien au-dessus de ce qui lui permettait son salaire, dans une luxueuse villa de cinq chambres située sur un vaste terrain. La première chose qu'Edward remarqua fut sa voiture, garée dans l'allée. Des traces de pneus indiquaient clairement qu'on s'en était servi peu de temps auparavant.
Sa colère, qui s'était un peu apaisée durant le trajet, revint au galop. Il ouvrit sa portière et se rua hors du véhicule avant même que celui-ci se soit complètement immobilisé.
- Edward ! Attends-moi, bon sang ! cria Jasper en coupant le contact.
Edward n'en fit rien. Il se dirigea d'un pas résolu vers la porte d'entrée et se mit à tambouriner des deux poings contre le battant.
Lorsque Démétri apparut sur le seuil, Jasper avait atteint la véranda. Sans dire un mot, Edward saisit l'homme par le col de sa chemise immaculée et le traîna au-dehors.
- Hé ! Lâche-moi, hurla Démétri.
Il se dégagea d'un geste brusque.
- Ça ne va pas, non ?
- Tu es sorti faire un tour ce soir, Démétri ? rétorqua Edward en le foudroyant du regard. Je vois qu'on a conduit ta voiture. Tu es venu me rendre une petite visite ?
Il prit brusquement conscience d'une autre présence. L'adjoint au shérif, Frank Hunter, venait de les rejoindre.
- Je ne sais pas de quoi tu parles, s'écria Démétri, les joues écarlates.
- En ce cas, tu as engagé quelqu'un pour lancer un cocktail Molotov par ma fenêtre ! accusa Edward en faisant un pas vers lui. Il y avait deux bébés chez moi, espèce de salaud !
Démétri regarda tour à tour Edward et Jasper.
- Quoi ? Je ne sais rien de cette histoire, je vous le jure !
- En ce cas, où es-tu allé ? demanda Edward. Ta voiture a roulé récemment. Où es-tu allé ?
- Au supermarché ! rétorqua Démétri, visiblement irrité. On annonce encore des chutes de neige. J'avais besoin de lait. C'est un crime ?
- Il dit la vérité, intervint Frank. Je l'ai surveillé toute la soirée. Il n'est allé qu'au supermarché.
Edward fixa Frank, puis Démétri.
- Je te préviens, Démétri. S'il arrive quoi que ce soit à un de mes proches, je reviens te voir et je te ferai regretter d'être né.
Démétri regarda Jasper d'un air outré.
- Vous avez entendu ça ? Il m'a menacé !
Jasper secoua la tête.
- Non. Ce n'était pas une menace, Démétri. C'était une promesse.
Le shérif mit la main sur l'épaule d'Edward.
- Viens, Edward. Nous ne pouvons rien faire de plus pour l'instant.
Après avoir lancé un dernier regard assassin à Démétri, Edward tourna les talons et regagna la voiture. Jasper et Frank échangèrent encore quelques mots avec l'homme tandis qu'il fulminait en silence.
Quand donc parviendraient-ils à éclaircir cette affaire ? Qui que soit le coupable, il était assez habile pour ne pas laisser d'indices derrière lui.
Une chose était claire : Edward ne pouvait permettre à Bella de revenir chez lui avant que le problème soit réglé. Et cette pensée ne faisait qu'aviver sa fureur.
Le trajet de retour fut tendu. Jasper se chargea de la conversation, exposant à Edward son plan d'action.
- S'il y a des empreintes sur les débris que j'ai récupérés chez toi, il sera peut-être possible de déterminer la provenance des matériaux utilisés. Fais-moi confiance, Edward. Je trouverai celui qui se cache derrière tout cela.
Edward se taisait, fixant le noir, songeant à Bella et aux enfants.
Que faisaient-ils en ce moment ? Il jeta un coup d'œil à sa montre. Ses enfants devaient dormir à poings fermés, et ce soir, il ne pourrait pas se tenir sur le seuil et respirer leur odeur, contempler leurs adorables petits visages.
Ce soir, Bella et lui ne pourraient pas s'asseoir ensemble dans le salon et bavarder paisiblement après que sa mère se serait retirée dans sa chambre.
Savoir qu'un odieux individu lui avait volé ces plaisirs réveilla sa colère. Pourtant, lorsqu'ils arrivèrent à la maison, elle s'était dissipée d'elle-même, le laissant épuisé.
Jacob et Sam étaient dans le salon avec sa mère lorsqu'il entra. Il leur résuma la situation en quelques mots, après quoi les hommes s'en allèrent.
Edward se dirigea vers le bar et se servit un whisky.
- Ça va ? demanda Esmé avec sollicitude.
- Non. Je suis furieux, frustré, et je me demande si je ne devrais pas renoncer à me présenter, avoua-t-il en s'asseyant à côté d'elle.
- C'est ce que tu veux ?
- Ce que je veux, c'est qu'il n'arrive rien à Bella et aux enfants.
Esmé lui sourit.
- Mais tu n'as pas répondu à ma question. D'ailleurs, dès que les routes seront dégagées, Bella et les jumeaux rentreront à Chicago. Tu devras continuer à vivre ici, avec ta décision.
Edward soupira, et se laissa aller contre le dossier de son fauteuil.
- Je n'ai jamais eu vraiment peur dans ma vie jusqu'à ce soir. L'idée que Bella et les enfants soient passés si près du danger me terrifie.
- Être parent apporte une multitude de craintes, commenta Esmé en lui tapotant la main. La première fois que ces enfants monteront à bicyclette, tu seras terrifié aussi. Le jour où tu les mettras dans un bus pour qu'ils se rendent à l'école, tu auras le cœur serré en pensant à tout ce qui pourrait mal se passer. Mais tu connaîtras aussi des joies plus grandes que toutes celles que tu as pu éprouver auparavant.
Edward hocha la tête sans rien dire.
- Et puis il y a Bella, dit Esmé doucement. Ton visage s'éclaire quand elle est près de toi, Edward.
- Elle est la mère de mes enfants.
- Je pense qu'elle pourrait être davantage si tu lui ouvrais ton cœur.
- Je ne veux pas qu'elle soit davantage, répondit-il avec une légèreté forcée.
Esmé soupira.
- Ton père était un homme merveilleux, Edward, mais il était obsédé par la crainte qu'une femme ne vole ta fortune. J'ai peur qu'au lieu de te rendre prudent, ce qui était son intention, il ne t'ait rendu incapable d'être proche de quelqu'un.
Edward n'était pas d'humeur à écouter sa mère tenter de le faire changer d'avis sur l'amour et le mariage. Il vida son verre d'un trait.
- Maman, la journée a été longue et je suis épuisé. Je ne veux pas avoir une conversation concernant ma décision de rester célibataire.
- Tu as raison, murmura-t-elle. Je suis désolée.
Elle se leva.
- Je vais me coucher. À demain, Edward. J'espère que, d'ici là, Jasper aura tout résolu et que la vie pourra reprendre son cours normal.
- Bonne nuit, maman.
Il la suivit des yeux jusqu'à ce qu'elle ait disparu dans l'escalier, puis se laissa de nouveau aller contre le dossier du fauteuil, poussant un long soupir.
Il espérait lui aussi que Jasper aurait obtenu des réponses le lendemain matin, mais il n'était guère optimiste.
Son regard se posa sur le téléphone. Il réprima l'envie d'appeler Bella, juste pour entendre sa voix avant d'aller se coucher. Il était tard et il ne voulait pas réveiller les jumeaux. D'ailleurs, il lui avait dit qu'il téléphonerait de bonne heure le lendemain matin.
Il se leva et s'approcha de la fenêtre. Il avait recommencé à neiger.
La veille, il avait espéré qu'il neige afin de pouvoir garder Bella et les enfants plus longtemps auprès de lui.
À présent, il priait pour que la neige cesse et que Bella puisse ramener les enfants à Chicago, là où ils seraient à l'abri du dément qui s'était mis en tête de gâcher sa vie.
