Salut Mavalia, je suis super contente que ce chapitre t'ait fait vibrer à ce point parceque c'était le but recherché.

Merci pour ta review ma puce.

Bye.

Salut Lily-Nora, je suis vraiment très émue par ta review; c'est le plus important chapitre de mon histoire et je suis très heureuse qu'il t'ait plu à ce point! je ne sais pas si le prochain te semblera être un cadeau de Noel mais je l'ai écrit dans ce sens.

J'attends ta prochaine publication avec impatience.

Gros bisous.

Bye.

Bienvenue Kimi-Chan3000, je suis très touchée par ta review et ravie de t'accueillir dans mon histoire. Comme je suis d'accord avec toi, L est vraiment trop craquant; j'espère toujours trouver un mec comme lui! lol.

Bonne lecture.

Bye.


Chapitre 10

Papa

Je me réveillais vers treize heures, pétant littéralement le feu. Je chantais avec la radio « Sexual Healing » de Marvin Gaye, lorsque Marie entra en me jetant un regard meurtrier.

- T'as pas bientôt fini ton ramdam? Maugréa t-elle.

- J'ai les cheveux complètement emmêlés! M'écriai-je avec un grand sourire de bonheur.

- J'en suis très heureuse pour toi et j'espère que tu vas te repentir de tes mauvaises actions de la nuit dernière! Fit Marie faussement sévère avec un regard coquin.

- Je m'en vais prier pour le salut de mon âme de ce pas! Répondis-je avec un grand sourire malicieux.

- Pourquoi tu n'es pas restée dans sa chambre? Les hommes adorent faire des gros câlins le matin.

- Une lady ne passe pas toute la nuit dans la chambre de son amant! Répondis-je avec dignité.

- Hum... tu suis les recommandations d'Eileen maintenant?

- Non, de Nadine de Rothshield! Et toi pourquoi n'as-tu pas passé la nuit avec Thomas? C'était l'occasion de lui faire un beau cadeau de Noël!

- Oh, mais je l'ai fait! Je suis allée dans sa chambre, je l'ai bien chauffé et au moment de passer à l'action, je me suis barrée!

- Ça c'est pas cool! Dis-je en éclatant de rire.

- Je me suis vengée du film X.

Nous riâmes en imaginant le pauvre Thomas seul et désoeuvré au fond de son lit.

Je regagnai ma chambre et finissai de m'habiller lorsque j'entendis toquer. Je découvris, en ouvrant la porte, un Ryuzaki souriant, tenant dans sa main une sucette qu'il m'offrit. Je le remerciai par un tendre baiser déposé sur sa joue après l'avoir fait entrer.

- Salut, le crack! Fis-je en l'enlaçant tendrement mes yeux rivés aux siens.

- Salut. Me répondit-il simplement en me gratifiant de son plus beau regard de braise.

J'attendais un baiser qui ne vint pas.

- Bienvenue dans ma chambre! Fis-je en rompant le charme.

Ryuzaki parcourut la pièce du regard. Il s'avança lentement et prit sur la commode une peluche qui avait un petit air de lapin crétin gothique.

- C'est Chups, mon doudou.

- Chups? Interrogea t-il.

- Oui, comme les sucettes "Chupa Chups". Ma mère les adorait, comme moi d'ailleurs, et a baptisé mon doudou Chups. Malheureusement, il a un peu souffert quand mon père l'a mis en machine avec des jeans. J'ai essayé de le recoudre mais je suis pas douée! Expliquai-je en frottant mon nez contre celui de mon doudou comme le faisait souvent la petite fille que j'avais été.

Ryuzaki me regardait intensément. J'eus le sentiment qu'il mourrait d'envie de m'embrasser mais attendait que je l'y invite. Je remis mes bras autour de son cou que je caressai avec le petit museau de Chups.

- Avez-vous envie de m'embrasser, Monsieur le détective? Demandai-je sensuellement.

- Oui. Me répondit-il le plus sérieusement et le plus calmement du monde.

- Permission accordée pour une durée illimitée, détective L! M'écriai-je avec enthousiasme.

Il sourit, m'enlaça tendrement et me fit un french kiss passionné.

- Tu embrasses comme un dieu, Ryuzaki! Ne pus-je m'empêcher de le complimenter en soupirant de plaisir.

Il me sourit et recouvrit mon cou de baisers, tandis que ses mains caressaient délicatement mon dos. Je me sentis complètement fondre de plaisir: il avait retenu, la nuit dernière, les zones sensibles qui me faisaient vibrer de plaisir.

- As-tu envie d'autre chose? Finis-je par lui demander avec malice.

- Oui... de toi... Murmura t-il à mon oreille.

- Excellente réponse!

Tout en le gratifiant d'un sourire coquin et suggestif qu'il me rendit, mes mains glissèrent sous son tee-shirt pour caresser sensuellement son torse puis allèrent déboutonner son pantalon tandis qu'il defaisait le noeud de mon gilet cache-coeur, sans me quitter de son regard ardent.

On toqua à nouveau contre ma porte.

- Camille, c'est Eileen! Puis-je entrer?

Je m'arrêtai net puis, reprenant mes esprits, je mis Chups dans les bras de mon pauvre chéri qui planait et le poussai dans la salle de bain. Je refermai la porte sur un Ryuzaki contemplant la peluche qu'il tenait en l'air par une oreille entre son pouce et son index.

- J'arrive! Criai-je en me rhabillant aussi rapidement que possible.

- Joyeux Noël, Camille! S'exclama Eileen, enthousiaste, avec un grand sourire quand la porte fut ouverte.

- Joyeux Noël, Eileen! Répondis-je sur le même ton. Excusez-moi de vous avoir fait attendre, j'étais dans la salle de bain.

- Aucun souci! Suis-moi: il y a un cadeau qui t'attend dans le hall.

Je n'eus pas d'autre choix que de la suivre. Elle m'entraîna dans le couloir en me tirant joyeusement par la main.

- Tu as les joues bien roses... tu as chaud? Me demanda t-elle.

- Euh... oui, il fait un peu chaud dans ma chambre!

" C'était même presque torride il y a quelques instants!" Pensai-je en riant intérieurement.

Je reconnus une silhouette familière: un grand et bel homme, sapé à la Colombo mais bien bâti comme Ryo Saeba de City Hunter, se tenait dans le hall et sourit en m'apercevant.

- Papa? Interrogeai-je, n'en croyant pas mes yeux.

Il écarta les bras m'invitant à m'y réfugier.

Je me précipitai vers lui, sautant à son cou, mes jambes entourant sa taille. Il me fit tourner avec lui un instant. Eileen sourit et s'éclipsa discrètement.

- Ha ha ha! Tu as l'air en pleine forme mon petit marshmallow!

- Mais qu'est-ce que tu fais là?

- Mon enquête vient de se terminer et je me suis dit que ma petite fille chérie serait ravie que je vienne lui souhaiter un Joyeux Noël en direct et en live.

- Je suis si heureuse de te revoir! Fis-je en me serrant contre lui. Tu m'as tellement manqué, papa!

Il me rendit mon câlin.

- Si on allait dans ta chambre pour discuter? Me proposa t-il.

- Oh... Oui, bien sûr... Acceptai-je, pas très rassurée.

Je priai intérieurement pour que Ryuzaki, après avoir fini de planer, ait eu la présence d'esprit de sortir de ma chambre.

Je soupirai de soulagement en voyant Chups, assis sur mon lit, tenant compagnie à la sucette.

- Oh, c'est vraiment ravissant! S'extasia mon père en parcourant la pièce. Aucun rockeur distroy au mur? C'est étonnant!

- Oui, le style conte de fée c'est pas si mal finalement. Répondis-je, amusée.

- Ça te dirait de repartir à Paris avec moi ce soir? Me demanda t-il en s'asseyant sur mon lit.

- Oh ...Euh... En fait, j'aimerais rester encore un peu ici, papa. Bredouillai-je.

- Ah bon? Il a presque fallu que je t'attache dans le train il y a quelques semaines!... Pourquoi ce revirement?

Il m'avait toujours été difficile de mentir à mon père. Il était doué pour renifler les embrouilles. Il n'était pas commissaire divisionnaire pour rien!

- En fait, cet endroit me plaît. J'apprends beaucoup de choses très utiles et... je me suis fait de nombreux amis. Lui répondis-je hésitante. J'étais prise au dépourvu et ne savait pas comment lui présenter la situation.

- Vraiment?... Y aurait-il un petit ami? Me demanda t-il soudain avec la plus grande gentillesse, son flaire de commissaire en éveil.

- Eh bien ... Oui. Admis-je à contrecœur.

- Ah... Bon... Je savais que ça finirait par arriver un jour ou l'autre! Soupira t-il en baissant la tête et en se passant les mains dans ses cheveux. Ma puce, il est temps que nous ayons une conversation de père à fille à propos des garçons.

"Là, ça craint un max!" Pensai-je avec appréhension. Mon père n'avait jamais rien su de mes flirts et aventures. Il était tellement pris par son travail, que je n'avais pas eu le cœur de lui causer davantage de soucis. Il n'avait même jamais abordé le sujet. Cela ne m'avait d'ailleurs pas posé de problème: l'école, les copines, les films et internet sont d'excellentes sources d'information. Donc, mon père croyait encore que sa petite fille chérie ne savait pas à quoi ressemblait le loup. Lui aussi planait à cent mille! Je soupirai. Dur de détruire ses rêves et illusions maintenant.

- En fait, il se pourrait que ce soit trop tard pour ce genre de conversation, papa... Avouai-je doucement.

- Comment?!... Tu veux dire que tu as déjà... Avec ce garçon? Me demanda t-il, stupéfait.

J'acquiesçai en baissant la tête. Mon père m'observait avec stupeur.

- Ça y est, c'est arrivé! Fit-il en se levant d'un bond et en parcourant la pièce de long en large, l'air très grave et soucieux.

Je n'osais plus bouger, ni parler. Je n'étais absolument pas préparée à cette situation et ne savais comment réagir.

- Mais enfin, c'est quoi son problème à ce mec!? S'emporta t-il tout à coup. Il était en manque parce qu'il sortait de tôle?... Dis-moi son nom! Il a un casier judiciaire? Il prend de la came? Il ne t'a pas fait mal au moins? Sinon je lui casse la figure!

- Papa...

- Ne t'inquiète pas, papa va tout arranger! Je vais aller avoir une discussion avec le petit salopard qui a osé poser ses mains sur toi! S'écria t-il en se levant.

- Papa, mais arrêtes, tu es entrain de péter les plombs! Calmes-toi, s'il te plaît! Criai-je en tentant de l'empêcher de sortir.

Il me prit par la main et m'entraîna dans le couloir.

- Comment il est: beau, grand, brun, ténébreux, le regard de braise?

- Tu le connais? Demandai-je, surprise par sa description très ressemblante.

- Non, mais c'était pas difficile à deviner, tu es bien comme ta mère!

- Mais où tu m'emmènes?

- On va aller voir Watari! Je vais lui dire ce que je pense de la façon dont il veille sur ma fille!

- Papa, attends!...

Mais mon père n'entendait plus rien quand il avait décidé de passer à l'action.

Il entra dans le bureau de Watari sans toquer.

- Watari, je veux avoir une discussion avec toi et le jeune salopard qui a couché avec ma fille!

- Papa, maintenant ça suffit! Hurlai-je. C'est moi qui suis allée dans sa chambre hier soir en passant par la fenêtre! Il s'est conduit comme un gentleman! Je suis amoureuse de lui, il m'aime, je veux l'épouser et je veux qu'il me fasse un enfant!

J'avais tout déballé en bloc.

Papa et Watari me regardèrent avec stupeur. J'avais au moins réussi à le calmer provisoirement.

Mon père parut se ressaisir, mis ses mains derrière son dos, se redressa de toute sa hauteur et me toisa sévèrement.

- Quoi qu'il en soit, il en a profité et c'est intolérable! Un gentleman n'aurait pas agi de cette façon!

- Mais on n'est plus au dix-neuvième siècle! Cet excès d'autorité paternelle est parfaitement inutile! Repris-je avec assurance. J'ai dix-huit ans et...

- Ah, nous y voilà! J'ai dix-huit ans donc je peux faire des conneries! Fit-il sarcastique.

- Maman avait à peine dix-neuf ans quand elle m'a mise au monde! Je trouve cette réflexion très déplacée venant de toi!

- Oui, et pépé ne m'a pas porté dans son cœur à ce moment-là! Il a voulu s'assurer que j'aimais sincèrement sa fille et allais assumer mes responsabilités et c'est exactement ce que je fais aujourd'hui!

- Donc tu ne vas pas lui faire de mal? Demandai-je, angoissée, en l'implorant du regard.

- Contrairement à pépé, je n'ai pas de fusil sur moi et mon arme de service est restée à Paris... à mon grand regret!

- Camille, tu devrais chercher Ryuzaki. Au vu de la situation, il me semble naturel que ton père veuille avoir une conversation avec lui pour mieux le connaître. Me pria Watari le plus calmement du monde.

- C'est mon devoir de père!

- Bien... Acceptai-je à contrecœur.

Je retrouvai mon chéri dans la bibliothèque, assis recroquevillé à même le sol comme à son habitude, une dizaine de bouquins et autant de sucreries autour de lui. Sans un mot, je le pris par la main et l'entraînai dans le hall. Je m'arrêtai devant la porte du bureau de Watari.

- Un problème? Me demanda t-il en m'observant attentivement.

- Mon père est arrivé ce matin et il est au courant pour nous... Il souhaite te parler... Quoi qu'il puisse dire ou faire, sache que c'est parce qu'il m'aime et qu'il est inquiet pour moi.

- Je comprends.

- Je suis tellement désolée, Ryuzaki.

Je le serrai contre moi, lui fis un câlin et l'embrassai comme si c'était la dernière fois. Nous entrâmes.

- Papa, je te présente Ryuzaki. Voici mon père, Alexandre Deneuve.

Mon père lui lança son regard le plus menaçant et intimidant.

- Enchanté de vous revoir Commissaire Deneuve. Fit Ryuzaki, sans s'émouvoir, les mains dans les poches, soutenant son regard avec son imperturbable flegme.

Mon père le regarda surpris.

- On se connaît?

- Je suis le détective L. Annonça t-il, dévoilant sans aucune hésitation sa véritable identité.

Mon père, incrédule, se tourna vers Watari qui acquiesça en souriant. Ils avaient travaillé ensemble mais n'avaient communiqué que par ordinateurs interposés.

- Laisse-nous un moment Camille. Ordonna mon père froidement sans quitter Ryuzaki des yeux.

- Papa, je t'en prie, ne...

- Sans attendre!

- Mais...

- Camille chérie, amour de ma vie, aurais-tu l'extrême obligeance d'obéir à ton père? Son ton faussement gentil me fit comprendre qu'il ne céderait pas et que sa patience venait d'atteindre le niveau critique.

- Oui, papa... Soupirai-je avec une petite voix.

J'obéis donc, très inquiète. J'avais l'impression d'avoir envoyé Ryuzaki à une mort certaine et de vivre un drame shakespearien.

Je restais un long moment assise parterre, les jambes repliées, priant le Ciel et les anges de revoir mon amoureux vivant.

La porte s'ouvrit finalement sur un Watari souriant.

- Entre, Camille! Me pria t-il avec un sourire doux et rassurant en m'aidant courtoisement à me relever.

Je le suivis et mon visage s'éclaira de bonheur en voyant Ryuzaki sain et sauf. Mon père se tenait toujours très droit et très digne et continuait à le toiser sévèrement.

- Je dois bien admettre que ce garçon est digne de toi! Il est prêt à assumer ses responsabilités si nécessaire et vous avez ma bénédiction.

- Oh papa, merci! M'exclamai-je, émue, en lui sautant au cou.

Il me serra contre lui en souriant puis, se souvenant qu'il était fâché, me repoussa et reprit son air sévère, les mains dans le dos en se dressant de toute sa hauteur.

- Un peu de tenue! Je dois encore te faire la morale! Fit-il sévèrement.

- Oui, bien sûr, quand tu veux; ce sera avec plaisir!

- Et... Euh... Est ce que tu veux bien que je t'explique comment sont fabriqués les enfants? Non, parce que tu vois, j'avais préparé ma petite histoire il y a plusieurs années déjà et j'en suis très fier! Me demanda t-il timidement.

- Bien sûr, papa! Acceptai-je en riant.

Parfois, il pouvait être très mignon.

- Parfait! J'ai hâte de devenir papy et Watari aussi d'ailleurs! Si on allait boire ce fameux scotch dont tu me parlais l'autre jour? Demanda t-il à l'adresse de Watari. Je crois que j'ai besoin d'un verre pour me remettre de toute cette affaire!

- Bien sûr, c'est par ici...

Ils s'éloignèrent en riant avec une grande complicité, tout en parlant de la meilleure date pour un mariage.

Je me tournai vers Ryuzaki et lui refis un câlin de soulagement.

- Je suis vraiment fière de toi! Il est rare que mon père apprécie un homme.

- Mais c'est un homme très juste.

- Oui, c'est vrai... Sauf peut-être lorsqu'il s'agit de sa fille... Je pense qu'ils en ont pour un moment... Dis-je en jetant un oeil derrière moi. Si on retournait dans ma chambre pour terminer ce qu'on avait commencé? Lui proposai-je d'une voix sensuelle.

- J'adore quand tu me fais des propositions indécentes!

Il m'embrassa avec passion et m'entraîna dans le hall.

Nous étions très excités et impatients mais c'était sans compter sur Marie qui m'intercepta dans le couloir et "m'emprunta" à Ryuzaki.

- Eh bien, tu as l'air de péter le feu! Constatai-je en souriant en la voyant si énergique.

- Oui, je viens de faire l'amour avec Thomas comme si c'était la première fois!

- J'aurais du m'en douter!

"Quelle chance elle a!" Pensai-je en soupirant.

- J'ai eu une idée géniale! Comme il nous reste tout un tas de trucs à grignoter et à boire, nous allons organiser une soirée country ce soir! Watari et Eileen m'en ont donné l'autorisation.

- Quand tu dis "nous", tu penses à qui?

- Toi et moi, bien sûr! Fit-elle avec son plus beau sourire commercial.

- Désolée, mais j'ai d'autres projets pour ce soir.

- Je pense que la partie de jambes en l'air que tu prévois avec Ryuzaki passe après ta meilleure amie que tu ne vas pas abandonner et qui ne t'a pas abandonnée pour l'organisation de la fête de Noël, je te le rappelle.

- Ce n'est pas ce que tu crois: j'avais envie de dîner dehors avec mon père.

- Eh ben,... Pauvre Ryuzaki! Soupira Marie. Enfin bref, je t'emmène au grenier: tu ne vas pas en croire tes yeux!

Effectivement, il regorgeait de décors et de costumes de toutes sortes. On avait l'impression d'être dans la caverne d'Ali Baba des déguisements.

Alors que nous revînmes du grenier les bras chargés de cartons, nous aperçûmes Mello offrant un énorme bouquet d'orchidées à Linda qui l'accepta avec joie et se pencha pour déposer un baiser sur sa joue. Au dernier moment, il tourna la tête et l'embrassa sur la bouche. Linda ne s'échappa pas et prolongea le baiser.

Nous les regardâmes attendries.

- C'est trop mignon! S'émerveilla Marie.

- Et si romantique! Rajoutai-je sous le charme.

Arrivées dans le hall, nous vîmes Eileen passer à toute vitesse, une bouteille de scotch à la main. Elle semblait préoccupée.

- Qu'est-ce qu'il se passe Eileen? Demandai-je, inquiète.

- C'est affreux! Peter vient d'avoir un malaise! Quelqu'un a coupé toutes les tiges fleuries de sa collection d'orchidées qu'il gardait dans la serre. Ton père et Watari sont déjà sur place pour le soutenir. Fit-elle en s'éloignant rapidement.

- Comme c'est romantique! Soupirai-je encore une fois.

- Mello a vraiment la classe! Prendre de tels risques pour la femme qu'il aime... C'est si beau! Fit Marie, émue.

- Il va falloir qu'on console ce pauvre Peter... Repris-je sérieusement.

- Oh la galère... Fit Marie désespérée.

Nous soupirâmes une nouvelle fois: la perspective de la difficulté du remontage de moral semblait insurmontable, au vu de la vitesse à laquelle fleurissait une orchidée.

Nous décorâmes le hall en deux temps trois mouvements. L'association Noël-western était tout à fait kitsch.

- Je vais chercher Ryuzaki! Annonçai-je en m'éloignant alors que la fête commençait.

- Tu as cinq minutes, séance de bécotage comprise! Cria Marie.

Je retrouvais mon amoureux dans sa chambre, pianotant sur son ordi de ses deux index, les bras en l'air.

- Comment trouvez-vous mon costume, Monsieur le détective? Demandai-je en m'avançant d'une démarche chaloupée et en prenant une pose de mannequin. Je portais une tenue de Pocahontas hyper mini.

Il se retourna, mit son index en bouche et me reluqua un moment.

- Très intéressant... Me répondit-il en se levant et en s'avançant vers moi avec un regard de prédateur. Ça me donne envie de l'étudier dans les moindres détails! Rajouta t-il en m'enlaçant la taille et en rapprochant ses lèvres des miennes.

- Accepterais-tu d'aller à une soirée country avec moi? Lui proposai-je, luttant désespérément contre la force d'attraction qu'avaient ses si jolis yeux sur moi.

- Avec toi, j'irai jusqu'au bout du monde! Me répondit-il en me serrant un peu plus contre lui.

- C'est mignon! Souris-je, amusée.

A nouveau, son regard me fit fondre et je me sentis envahie par un intense désir de son corps. Je l'embrassai avec passion et me sentis, tout à coup, renversée sur le lit. La situation était entrain de dégénérer et, vu sous cet angle, on n'allait pas voir grand chose de la fête! "Et Marie qui compte sur moi!" Pensai-je en culpabilisant! Je dus fournir un gros effort sur moi-même pour le repousser alors qu'il m'embrassait dans le cou avec fougue. Nous étions assis l'un en face de l'autre. Il me regardait surpris.

- Ryuzaki, quand je t'ai accordé une permission illimitée ce n'était que pour les baisers! Dis-je, faussement sévère.

- Que faut-il que je fasse pour obtenir une permission illimitée pour le reste? Demanda t-il sérieusement en remettant son index en bouche.

- Sois juste persuasif!

- Il me semblait l'avoir été la nuit dernière.

"Excellente répartie!" Pensai-je.

- Le problème, c'est que j'ai eu beaucoup de difficultés à rentrer dans cette tenue et que tu auras du mal à me la retirer! Expliquai-je, changeant de tactique.

- Hum... La seule chose que j'ai le plus envie de retirer me paraît suffisamment accessible... Observa t-il, le plus sérieusement du monde, en reluquant le bas de mon corps particulièrement dénudé.

- Ryuzaki! Je trouve ces paroles très choquantes et très basses dans la bouche d'un gentleman! Lui reprochai-je, comprenant à quoi il faisait allusion.

- C'était une simple constatation! Me répondit-il en souriant, semblant s'amuser de ma gêne.

- Alors en voilà une autre: mon père se trouve à 20 mètres de nous à vol d'oiseau. Si on s'envoie en l'air maintenant, ce sera inscrit sur mon visage, il le verra à la seconde où j'apparaîtrai devant lui et voudra te tuer!

Je l'avais feinté en beauté! Il se tut un long moment, semblant considérer sérieusement cette éventuelle menace.

- On dirait que je viens de gagner cette partie! Dis-je, souriante de fierté.

- En effet... C'était très bien joué! Admit-il à contrecœur.

Il semblait très triste tout à coup. J'éclatai de rire: il était vraiment trop chou avec son air penaud.

Je mis mes bras autour de son cou et l'embrassai tendrement.

- Mon pauvre chéri, tu me fends le cœur! Je te promets de me faire pardonner cette nuit. Tu ne le regretteras pas! Dis-je en lui lançant un clin d'œil avec mon air le plus coquin et suggestif.

- J'ai hâte de voir ça! Répondit-il en souriant.

"Si on nous en laisse l'occasion!" Pensai-je, mais je gardai cette réflexion pour moi.

Je le pris par la main et l'entraînai dans le couloir.

La fête country eut beaucoup de succès. Mon père, qui avait décidé de repartir le lendemain matin, trinquait avec Watari et Peter. Ce dernier avait retrouvé le moral: Marie et moi l'avions invité plusieurs fois à danser en lui promettant chacune de l'aider à s'occuper de ses orchidées.

- Si on se faisait une petite ligne? Proposai-je, à Marie avec enthousiasme.

- Génial j'arrive! Fit-elle, motivée. Danser était devenu son passe-temps favori.

Nous commençâmes à deux puis d'autres personnes se rajoutèrent, essayant de nous suivre. C'était très beau à voir. Nous avions mis des costumes et accessoires à disposition et tout le monde avait fait l'effort de se déguiser. Marie jouait la fille de saloon, j'avais habillé Ryuzaki en Geronimo, Watari avait un chapeau et une étoile de Marshall et mon père jouait le rôle du chef de la tribu indienne avec une immense coiffe en plumes.

La danse partit en freestyle: Thomas, qui s'était déguisé en indien, avait kidnappé Marie qu'il avait jeté sur son épaule; celle-ci se débattait la tête en bas. Tandis que mon père poursuivait quelques enfants en leur faisant peur, Watari tentait d'arrêter Thomas au nom de la loi. Je m'étais fait capturer et ligoter par une bande de petits soldats de la guerre d'indépendance mais heureusement pour moi, Geronimo vint me délivrer tandis que mon père courait après les soldats pour faire diversion. Ryuzaki me porta dans ses bras et je l'embrassai pour le récompenser de sa bravoure.

Il était presque minuit quand les festivités prirent fin. Certains enfants s'étaient endormis à même le sol ou sous des tipis. Marie et moi recouvrimes quelques corps endormis de couvertures. Ce fut dans l'un des tipis que nous découvrîmes avec stupeur Linda et Mello, endormis l'un contre l'autre. Je soupirai de soulagement en constatant qu'ils étaient habillés.

Les adultes regagnèrent leurs chambres. Je rejoignis Ryuzaki sur la terrasse. il s'était à nouveau redressé et contemplait les étoiles. Je ne pus m'empêcher de l'observer un moment, admirant sa beauté et son charisme. Je m'approchai de lui et l'enlacai tendrement.

- Je vais aller nager un moment... Ça te dirait de m'accompagner? Lui proposai-je en lui souriant malicieusement.

- Avec plaisir.

Je pris mon homme par la main et l'entraînai vers la piscine.

Je l'abandonnai devant les vestiaires des hommes et partis me changer. J'étais dans l'eau depuis quelques minutes lorsque je le vis réapparaître. Il était encore tout habillé.

- Tu n'as pas envie de te baigner? Demandai-je, un peu déçue de ne pas pouvoir le reluquer en tenue d'Adam.

- Je n'aime pas nager! M'avoua t-il.

Il me vint une idée: je dégrafai le haut de mon bikini et le fit virevolter au-dessus de ma tête comme un lasso, en souriant d'un air coquin.

- Même pas pour chercher ça? Demandai-je en lançant le morceau de maillot au milieu de la piscine.

Il sembla réfléchir intensément pendant quelques secondes, son index en bouche, le retira et, tout à coup, se laissa tomber dans l'eau tout habillé.

- Kyaaah!

J'éclatai de rire. Je le vis nager un moment sous l'eau puis il réapparut tout près de moi, mon maillot en bouche. Je l'attirai vers moi et l'enlaçai tendrement.

- Vous êtes complètement fou, détective L!

- C'est possible... Fit-il en rivant son regard au mien.

Je voulus reprendre mon maillot à plusieurs reprises mais il esquiva à chaque fois.

- Rends-le moi! Le suppliai-je en faisant une moue chagrine.

- Et maintenant, que vas-tu faire? Me demanda t-il en me serrant un peu plus fort contre lui.

- Qu'est-ce que tu proposes? Demandai-je sensuellement avec complicité en me rappelant nos aventures à Tokyo.

De nouveau, il me gratifia de son si désarmant regard de prédateur, m'attira vers le bord de la piscine et me plaqua avec douceur contre sa paroi. Il m'embrassa longuement et recouvrit mon cou de baisers, tandis que ses mains glissaient le long de mon dos et mes fesses, les caressant avec douceur.

- Tu vois que ça peut être très agréable de se baigner... Dis-je en soupirant de plaisir.

- Oui, c'est vrai: je n'avais jamais envisagé les choses comme ça.

Il plongea à nouveau son regard de braise dans le mien et commenca à faire glisser le bas de mon maillot pour me le retirer.

- Non, pas ici... Dis-je en me dégageant doucement de son étreinte, en me rappelant le fameux "flop" de Marie et Thomas.

- Rejoins-moi dans ma chambre... Je l'embrassai tendrement, lui fis mon plus beau sourire, repris mon maillot et me retournai.

- Ragrafe-le moi, s'il te plaît. Le priai-je.

Il s'exécuta puis déposa des baisers sur ma nuque. Je m'écartai de lui en souriant de plaisir et sortis de l'eau.

De retour dans ma chambre, je pris une douche et enfilai un yukata. J'étais entrain de me coiffer quand j'entendis toquer à la fenêtre. J'éclatai de rire en voyant Ryuzaki recroquevillé sur le rebord de la fenêtre, portant ses vêtements habituels mais secs. Je fis entrer mon Roméo et lui demandai de se déshabiller et de s'allonger sur mon lit, sur le ventre. Il m'observa un moment son index en bouche, semblant surpris.

- Je ne crois pas que ce soit la meilleure position pour...

- Je t'interdis de terminer ta phrase! Le coupai-je en riant. Exécution! Fis-je encore en pointant un index autoritaire vers le lit.

Il sourit d'un air coquin et commença à se déshabiller. Je reculai vers la salle de bain, ne perdant pas une miette de ce strip-tease. "Il est vraiment trop craquant et sexy!" Pensai-je. Il s'allongea sur le ventre. J'attachai mes cheveux en un souple chignon et m'assis à ses côtés en réchauffant un peu d'huile dans mes mains.

Je lui massai le dos et les épaules avec lenteur essayant, au travers de mes gestes, de lui communiquer tout mon amour et ma tendresse pour lui. Au contact de sa peau, je me sentis vibrer de plaisir. Il avait fermé les yeux semblant apprécier le soin.

- Ça va Ryuzaki? Demandai-je doucement, après avoir fini.

- C'est le moment le plus sensuel de toute ma vie! Murmura t-il.

Il se retourna sur le dos.

- Merci, Camille. Dit-il simplement en me souriant tendrement.

- Je t'en prie.

Il se redressa et me fit asseoir sur ses cuisses les jambes repliées de chaque côté de lui. Il libéra mes cheveux de l'élastique qui les retenait. Ils tombèrent en cascade sur mes épaules et mon dos. Il défit ensuite le nœud de mon Yukata et le fit glisser le long de mes bras, me dénudant complètement. Plongée dans son regard de braise, je me laissais faire, appréciant cet instant particulièrement sensuel et érotique.

Mon souffle devint plus court lorsqu'il recouvrit mon cou et ma poitrine de baisers tout en caressant mon dos. Je l'interrompis pour l'embrasser avec passion. J'avais vraiment envie de lui et ressentais son désir. Il s'allongea à nouveau sur le dos et je lui fis l'amour. C'était la première fois que je me retrouvais dans cette position mais j'adorais. L'intense plaisir qu'une femme pouvait ressentir ainsi était indescriptible. Il me caressait les cuisses et les fesses en suivant mes mouvements, sans me quitter des yeux, semblant apprécier de me voir ainsi prendre du plaisir. Je finis par fermer les yeux, la tête légèrement rejetée en arrière, soupirant de jouissance. Il me laissa aller au bout de mon plaisir puis se redressa et me bascula sur le dos. Son corps glissa délicieusement sur le mien pendant un long moment. Je perdis toute notion du temps.

Je m'endormis contre lui et sa douce chaleur, ma tête reposant contre sa poitrine, souriante de bonheur et de bien-être.