Note : Bonjour à tous, ou à personne, si tout le monde a oublié cette fiction. J'avais décidé d'arrêter lâchement Kiss Game car je n'avais plus le temps, pas autant d'inspiration, et toujours ce manque de confiance total en moi (ce détail n'a toujours pas changé d'ailleurs). Et puis, on ne sait comment, nostalgique de la période Harry Potter je suis allée regarder d'anciennes fan fictions, et le regret de ne pas avoir fini la mienne m'a envahi. J'ai décidé d'essayer, à un mois du BAC, de reprendre peu à peu mon histoire, et d'enfin après quatre années la finir. Je suppose que personne ne prêtera attention aux éventuels chapitres que je publierai à l'avenir, mais je devais bien ça à mes héros Harry et Ginny. Dernière chose, si par miracle quelqu'un lit cette suite, je dois dire qu'en quatre ans j'ai évolué et que mon écriture est un peu moins « légère » et enfantine qu'à mes débuts, mais cela collera à l'histoire. Bonne lecture.

PS : je réponds toujours aux commentaires, si vous voulez bien en laisser.

Période couverte par le chapitre : Du 4 au 24 décembre.

-Résultat actuel des compteurs de baisers-

Ginny: Carré bleu : 85 Carré rouge : 0

Harry: Carré bleu: 96 Carré rouge: 0

[Mercredi 4 décembre]

"La maladie de l'adolescence est de ne pas savoir ce que l'on veut et de le vouloir cependant à tout prix."

Philippe Sollers.

Ginny soupira et passa une main dans ses cheveux lissés tout en regardant son double dans le miroir. Le reflet qu'elle y voyait ne la satisfaisait pas, elle se trouvait ridicule, habillée dans cette ample robe vert-clair, ornée de dentelles, ces talons avec lesquels elle ne s'entendrait certainement pas, puisqu'elle serait en mesure de gagner le concours de trébuchages de l'année s'il existait. Et ce visage désespérément pale, loin des idéaux de la beauté magique, ces filles à la peau dorée et aux cheveux blonds pales! (Comment étais-ce possible d'avoir ce résultat naturellement, d'ailleurs?). Ginny aurait voulu ressembler à une vélane, avec ses cheveux lisses et le bandeau nœud dans ses cheveux, avec ce fond de teint, ce mascara et ce rouge à lèvres fuchsia qu'elle portait, mais elle se trouvait laide. Elle préférait son ancienne apparence de l'année dernière, robes noires et cheveux attachés. Mais ce soir, pendant lequel se déroulera le bal de Noël, il faudra passer la soirée à sourire si largement à tous qu'on pourrait se croire en plein tournage de pub moldu pour leur dentifrice, danser jusqu'à en avoir le tournis et à en vomir sur son voisin. Et le pire pour Ginny, supporter la présence de Michaël Corner, qu'elle n'aimait franchement pas et qui était son cavalier.

"Ginny, lui fit remarquer Hermione en mettant ses mains sur les épaules de la rousse, si tu affiches cette tête là le soir le plus beau de l'année, tout le monde va te croire folle!

- Allons, Granger, on est devenue superficielle à ce que je vois? Ainsi aller au bal au bras de mon cher frère Ronald t'as fait oublier que ton plus beau soir sera celui où tu recevras les résultats des aspics? Ricana Ginny.

- Bien sûr que non! Répondit la brune en prenant un air suffisant. Seulement moi, pleine de joie de vivre, je serais en pleine forme lors de la découverte de ces résultats, tandis que toi, mélancolique petite étudiante tu ne pourras même pas te lever de ton lit pour voir tes notes!

- Dit-elle sur un ton théâtral, répliqua la rousse. En tout cas, laisse-moi te dire que tu es magnifique, Hermione. Mon frère va certainement fondre pour toi. Quoique, aussi bête et têtu qu'il est, il pourrait dans un accès de timidité te laisser en plan pour aller retrouver Rire de Cochon.

- Rire de cochon?

- Oui, Véra, cette blondasse de Serdaigle qui m'a volé mon meilleur ami.

- Nuance, Ginny, tu t'es mise toute seule dans cette situation! Allez viens, allons retrouver nos cavaliers de rêve, je suis sûre que Michael s'est fait tout beau pour toi!"

Ginny tira la langue à son amie tout en la détaillant une dernière fois: elle était radieuse ce soir! Une longue robe blanche épousait ses formes et lui descendait aux pieds, un collier argent en forme d'éclair mettait son cou en valeur et ses cheveux étaient impeccablement relevés en chignon. Alors que Ginny ressemblait à une danseuse tutu minable, Hermione était une déesse grecque.

En bas, dans la salle commune des Gryffondors, les filles retrouvèrent leurs cavaliers respectifs. Ron était aussi droit qu'un poteau, l'air concentré, et Ginny eut envie de rire. Envie qui passa lorsqu'elle rejoint Michael. Il s'était en effet pour la circonstance habillé sobrement, avait tenté de plaquer ses cheveux en arrière, et essayait d'avoir l'air digne. Il sembla néanmoins troublé quand la rousse lui prit le bras afin de sortir de la sale. Il ne cessait de la fixer, le regard subjugué. Ginny sourit: il était si mignon avec son regard innocent. Mais elle n'était pas très enchantée de passer toute une soirée en sa compagnie.

Alors qu'ils atteignaient le hall de l'école, devant les portes de la Grande Salle, Ginny sentit son cœur se serrer: Harry était là, avec Romilda Vane. La rousse accusa le coup: Vane était habillée d'une robe courte, largement décolletée et très moulante. Elle attirait donc évidemment le regard d'Harry, ainsi que celui des autres garçons sur elle! Ginny fulminait. Harry croisa son regard et la rousse changea complètement d'attitude en une fraction de seconde: à la place du regard noir et plissé et des lèvres pincées elle devint extrêmement souriante, comme si elle était heureuse de les voir ensemble. Seulement, ce changement était trop brutal et Ginny eut l'air totalement stupide, ce à quoi Harry leva les yeux et se détourna.

Alors que l'adolescente tentait de reprendre un air impassible, elle eut le souffle coupé lorsqu'elle aperçut Anthony Goldstein, SON Anthony, du moins celui qu'ELLE voulait, au bras de qui à votre avis? Mesdames et Messieurs, à vous de le deviner, elle est brune, elle est abrutie, elle est jalouse possessive? TADAAM! Padma Patil, la dinde que Ginny ne pouvait pas supporter et qui avait dégradé la relation qui la liait à Harry. La rousse poussa un cri de rage sans le faire exprès, qui se voulait discret, mais qui dans le calme de la pièce résonna à des centaines de mètres. Tout le monde regardait Michael et elle maintenant.

"Ce n'est rien, assura Ginny, mal à l'aise. J'avais mal au pied, c'est tout."

Heureusement à ce moment-là les portes s'ouvrirent et les élèves purent entrer dans la Grande Salle, entièrement décorée en argent et blanc. Ginny ne s'émerveilla pas plus que ça des décorations, les joues toujours rouges de honte. Les tables avaient été reculées contre le mur pour laisser de la place sur la piste de danse. Dumbledore était assis sur sa chaise dorée, le regard bienveillant. Les autres professeurs regardaient les élèves avec méfiance. Ils avaient peur que l'ivresse des festivités et de la danse ne rendent le comportement des élèves indécent. Sans compter qu'il faudrait traquer les couples se cachant dans les buissons pour s'embrasser !

Ginny s'installa à côté de Michael sans cesser de regarder Anthony et Padma. Maudite, elle était maudite ! Sa seule consolation était qu'il ne semblait pas tellement intéressé par la jeune brune qui essayait d'entamer la conversation en vain. Le repas fût servi, mais Ginny n'avait pas faim. Elle opta néanmoins pour des pommes de terre ainsi que des carottes, et pour finir une part de bûche au chocolat. A peine avait-elle fini de manger que Michael l'invita à danser : malheureusement, le morceau rock qu'elle avait apprécié était remplacé par un slow romantique. Ginny le laissa prendre sa main à contrecœur.

* Pourquoi ai-je accepté d'être sa cavalière déjà ?pensa-t-elle. Ah oui, je déteste faire souffrir les gens. Et s'il me demande de l'épouser ? Je vais répondre oui pour lui faire plaisir aussi ? *

Lorsqu'il lui enserra la taille, elle grinça des dents. Il ne fût pourtant pas mauvais danseur. Ginny se plaisait à croire qu'il s'était entraîné pour elle, ce qui la fit sourire. Il n'essaya pas durant cette danse ou le temps qu'ils passèrent à essayer de parler ensemble : du quidditch, des ASPICS, de la neige qui tombait sans cesse. Pas une allusion à une possible relation, ce que la rousse apprécia. Alors qu'une nouvelle musique - classique cette fois - se faisait entendre, elle chercha des yeux son ex-meilleur ami. Il était assis avec Romilda et semblait en grande conversation avec elle. Sans réfléchir, délaissant le pauvre Michael elle se dirigea vers lui d'un air déterminé et lui demanda de danser avec elle, croisant les doigts pour qu'il accepte et qu'elle ne soit pas humiliée. L'air impassible, il refusa. Ginny sentit son cœur se serrer, et tandis que Romilda éclatait de rire, elle cria à l'intention du jeune homme :

« Alors ça y est, ton arrogance est si grande que tu refuses une seule danse avec quelqu'un que tu considérais comme ta sœur ? Eh bien tu vois, tu m'écœures ! »

Sur ce, Ginny quitta la pièce en courant d'une façon qu'elle voulait théâtrale mais à cause de ses talons elle trébucha sur un pan de robe d'une élève et elle s'étala sur le sol sous les rires des danseurs.

* Pourquoi le monde me hait ? Ah oui, je suis la gaffeuse de service. Fichus de talons ! Voilà, relevons nous chère Ginny et restons digne et… Aïe ! Oh c'est pas vrai, mon talon s'est cassé ! J'en ai marre ! *

Elle parvint à destination, sous son arbre préféré : un pommier un peu de l'écart, près du lac et de la forêt interdite. L'arbre était nu de toutes feuilles depuis peu, avec le froid de novembre qui s'était répandu. Et là, sans pouvoir s'en empêcher, elle fondit en larmes. Elle détestait pleurer, ou plutôt elle se détestait quand elle pleurait : c'était un acte de faiblesse pour elle. Quelle soirée ! Elle aurait mieux fait d'aller se coucher directement. Un vent glacial la fit frissonner : elle sursauta aux sons inquiétants qui émanaient de la forêt interdite, l'obscurité n'arrangeait pas les choses. C'est alors qu'elle sentit une masse s'écrouler près d'elle, et sans réfléchir elle pointa sa baguette en direction de l'inconnu.

« Doucement, dit celui-ci. J'aimerais si tu le veux attendre la fin de mes études pour mourir.

- Anthony ? interrogea la rousse, surprise. »

Elle se trouvait en effet côté à côté avec Anthony Goldstein, les cheveux plus sombres dû à la noirceur du ciel. Elle rougit immédiatement et pria pour qu'il ne le remarque pas. Ce qui la gênait le plus c'était qu'il pourrait voir ses yeux bouffis par les larmes. Il semblait en effet voir qu'elle n'allait pas bien, peut-être avait-il assisté à l'échange entre elle et Harry. Il posa sa main sur la sienne et murmura :

« Une aussi belle fille que toi ne devrait pas pleurer. Est-ce Michael Corner qui t'as brisé le cœur ?

- Non, certainement pas, sourit Ginny. Je n'ai accepté d'être sa cavalière que par pitié ! Excuse-moi, continua-t-elle. Tu dois penser que je suis hypocrite et malhonnête.

- En réalité, c'est aussi ce qui s'est passé pour moi, avec Padma. Je voulais y aller avec toi, au départ, je te signale. Alors par dépit, lorsqu'elle m'a supplié de l'accompagner –j'ignore d'ailleurs pourquoi moi- je lui ai dit oui.

- Pourquoi voulais-tu m'accompagner ? Je veux dire, il y a des filles plus jolies, moins maladroites aussi !

- Je pense que ta maladresse vient du fait que tu n'aies pas confiance en toi.

- Tu rigoles ? J'ai toujours été comme ça ! Quand j'avais 9 ans, je me suis cassé la jambe en essayant des talons à ma mère et en trébuchant. Le jour où on allait m'enlever le plâtre, j'étais si heureuse que j'ai crié « Wouhou » dans toute ma maison avant de dévaler les escaliers ! »

Ils rirent tous deux aux paroles de la jeune femme. Soudain Anthony prit le visage de Ginny dans ses mains alors que celle-ci restait paralysée.

« Tu m'attires beaucoup, Ginny Weasley, dit-il dans un souffle. Je ne sais pas si c'est réciproque, mais je veux être fixé. »

Il l'embrassa alors passionnément et la rousse lui rendit son baiser, se laissant envahir par une sensation enivrante. Une vibration au niveau du cou la fit revenir sur terre : il y avait encore ce pari. Elle avait tant désiré trouver le courage d'embrasser Anthony que leur baiser lui paraissait maintenant banal. Bien meilleur que ceux de Cormac, Dean, Seamus etc., mais pas non plus extraordinaire. En fait, Ginny n'avais jamais compris pourquoi dans les films moldus que son père ramenait les deux personnages qui s'embrassaient avaient l'impression de vivre un conte de fée, d'être transportés vers une autre planète. Mais lorsqu'elle rouvrit les yeux et plongea son regard dans celui du jeune homme blond en face d'elle, elle ne pût s'empêcher de sourire bêtement.

* C'est ça, être amoureuse ? Songea-t-elle. Toi, mon Anthony, je ne vais pas te lâcher, crois-moi, désormais tu m'appartiens ! Oh mon dieu ! Je ressemble à Padma Patil. Est-ce que je viens moi aussi de me transformer en dinde ? *


« Tu es folle ou quoi ? s'écria Harry en repoussant Romilda qui s'était littéralement jetée dessus. Qu'est ce qui te prend de m'embrasser ?

- Je pensais…qu'on s'entendait bien tous les deux. Je veux dire…je suis séduisante, pas autant que Padma Patil mais quand même, non ?

- Romilda, écoute…

- Et je sais que tout le monde me croit stupide et pimbêche mais je peux faire des efforts tu sais !

- Mais on ne sort même pas ensemble, je me fiche de ta vie.

- Quel tact ! Ose dire au moins que je ne te plais pas physiquement et que tu n'as pas apprécié notre baiser…

- Ce n'est pas…Oui bon c'était agréable, mais je ne veux pas de relation stable tu comprends ?

- Oui, et je ne suis pas la seule à le voir ! Tu as plaqué combien de filles dis-moi ? »

Harry ne répondit pas. Lorsque Romilda l'attira de nouveau à lui, il se laissa faire. Après tout, si chacun savait ce qu'il voulait, il valait mieux profiter pendant qu'ils étaient jeune non ?

* Et je vais encore gagner des points pour le pari, songea Harry. Je vais battre Ginny. Ah oui c'est vrai, on n'est plus amis maintenant. *

Les deux jeunes gens furent interrompus par Mc Gonagall qui leur fit un sermon sur la façon de se tenir correctement dans les couloirs.


[Du 5 décembre au 24 décembre]

« Harry, il faut que je te parles ! déclara d'une voix tranchante Hermione en fermant le magasine de Quidditch que le jeune homme cachait sous un livre d'astronomie.

- Oui, bon Hermy je te promets qu'après les vacances de Noël je me met sérieusement aux révisions, juré ! dit Harry en joignant ses mains pour se donner un air angélique. D'ailleurs, je ne retourne pas chez les Weasleys pour Noël, je reste ici afin de profiter à fond de Poudlard…pour réviser bien évidemment.

+- Bien entendu, répondit Hermione en roulant des yeux et s'asseyant près de lui. Mais je ne viens pas te parler de tes lacunes désespérantes et ta paresse du travail. Oh, de toute façon moi aussi je reste ces vacances ci, on pourra faire un programme de révisions intensives !

- J'adorerais, mentit Harry en priant mentalement pour qu'elle soit renvoyée de Poudlard avant les vacances. Oh juste pour une quinzaine de jours, seulement. De toute façon Hermione était une élève si exemplaire que la faire renvoyer serait aussi difficile que par exemple apprécier réellement des gâteaux préparés par Hagrid.

- Est-ce que Ginny reste, elle aussi ?

- J'en sais rien, répondit-il en se renfrognant et en faisant semblant de reprendre la lecture de son magasine.

- Tu es cruel, Harry. Je t'ai vu au Bal, comment tu l'as traité. Tu n'as pas de pitié pour elle ? Elle tient à toi !

- C'est une hystérique, une névrosée qui se mêle toujours de ma vie ! Je ne suis pas un gamin, tout de même.

- Bien sûr elle a ses petits défauts, mais si tu lui parlais sérieusement, elle pourrait faire des efforts pour se contrôler, j'en suis sûre…

- Mais ce n'est pas une question de contrôle ! Elle est si jalouse, est-ce qu'elle se prend pour ma petite amie ?

- Peut-être qu'elle est jalouse à cause de votre espèce de pari ! Vous vous montez l'un contre l'autre car vous êtes en compétition. Comme « Oh, combien il/elle a embrassé son/sa petite amie aujourd'hui ? Il faut qu'ils rompent ! »

- Qu'est-ce que…

- Je suis au courant pour votre pari, mon cher. C'est moi qui ai donné des conseils à Ginny pour s'affirmer auprès des garçons.

- Toi, donner des conseils, Hermione ?

- Tu serais surpris d'apprendre que je… Bref, ce n'est pas le moment de parler de ça. Tu sais, elle sort avec Anthony maintenant, et toi avec Romilda, oubliez vos querelles, votre compétition, et redevenez amis comme avant. S'il-te-plaît Harry, ne laisse pas ton honneur prendre le dessus. Va lui parler.

- Je vais y réfléchir, consentit Harry en lui souriant faiblement. »

Mais alors que la jeune brune quittait la pièce à demi-satisfaite, Harry se prit la tête entre les mains. De toute façon, même si une grande partie de son être désirait se rapprocher de son ex-amie, comment s'y prendre ?


En ce vendredi 6 décembre, les joueurs de Quidditch de l'équipe Gryffondor attendaient dans le froid glacial, la tête baissée alors que le capitaine, Ron Weasley leur criait dessus.

« On est lamentable, vous le savez ? A cause de vos différents, de votre paresse, de votre manque de réflexion, on va être facilement battus par les autres équipes ! Rentrez au château et pensez à votre attitude paresseuse ! Harry, Ginny, je veux vous voir à part dans 10 minutes dans le Grand Hall. »

Ginny fronça les sourcils et Harry secoua la tête, las.

* Quelle tact, Ron pour essayer de nous réconcilier, Ginny et moi, pensa-t-il, amusé. *

Lorsqu'Harry pénétra dans le Grand Hall, sombre à cette heure de la soirée, Ginny attendait, bras croisés avec Ron, gêné. Il se reprit néanmoins rapidement et interpella le jeune homme brun :

« Je crois que vous êtes les principaux ravageurs de l'ambiance dans l'équipe. Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous, et je ne veux pas le savoir, mais vous allez arranger ça, sinon je me passerai bien de vous aux prochains matchs !

- Tu ne peux pas nous virer, mon cher jumeau, rétorqua Ginny, grinçante. Où trouverais-tu donc deux joueurs aussi compétents que nous ?

- Il sera facile de vous remplacer, ne t'inquiète pas, jumelle. Au moins Hermione pourra vous faire réviser et ne s'acharnera plus sur moi ! Bon, je vous laisse, et ne me décevez pas ! »

Le départ de Ron jeta un grand froid dans la salle. Ginny et Harry se fixaient, une lueur de défi dans les yeux.

« Tu as toujours été têtue, comme moi, sourit finalement Harry.

- C'est bien pour cela que tu sais aussi bien que moi qu'il va être difficile de prétendre s'entendre, Potter.

-Pourquoi m'appelles-tu comme ça ?

- Parce que je considère qu'il y a définitivement une rupture entre nous, répondit la jeune femme en détournant la tête d'un air théâtral.

- Ginny, je suis désolé de t'avoir parlé méchamment le soir du Bal, je n'aurais pas dû.

- Quoi ? Pardon ? Je n'entends rien, qui me parle ? Allô ?

- Arrête ! Ce n'est pas facile pour moi de te dire ça, alors cesse de te moquer de moi.

- Pourtant c'est ce qu'on faisait toujours avant n'est-ce pas ?

- On a changé, Ginny. On ne pourra peut-être pas être aussi complices qu'avant, mais je ne veux pas te perdre. Pas à cause de petites-amies, d'un pari ou d'autres différents. Je tiens énormément à toi.

- Très bien, dit Ginny en décroisant les bras mais en gardant un air soupçonneux. Qu'attends-tu de moi exactement ? Parce qu'un jour, tu m'ignores royalement, puis tu veux effacer tes erreurs.

- Je voudrais que tu arrêtes de critiquer mes choix amoureux, et vice versa. Qu'on sépare notre vie amoureuse de notre amitié. Et ce, même après la fin de l'année.

- D'accord, admit la rousse en se rapprochant de lui. On est de nouveau amis, alors. Maintenant tu m'excuseras, j'ai rencard avec l'homme de ma vie. »

Alors qu'elle passait près de lui, Harry la serra dans ses bras, et après quelques secondes d'hésitation elle fit de même. C'était si bon ce contact innocent mais plein de sens, entre deux personnes qui s'aimaient, qui avaient toujours été proches mais distants sur le plan physique. C'était différent, et Harry aimait ça. Afin de voir si elle ne lui en voulait plus, il murmura à son oreille :

« Je croyais que c'était moi l'homme de ta vie ?

- Tu peux toujours rêver, mon cher. Je préfèrerais rester célibataire toute ma vie que de t'épouser !

- C'est vexant, répondit Harry en souriant. Mais d'un sens, rassurant. Me marier avec une fille si maladroite qui se casse la figure même en baskets, ce serait vraiment gênant. »

Ginny le frappa au torse en éclatant de rire. Puis, d'un air hautain, assez comique, elle se dirigea soigneusement vers la Grande Salle, en balançant ses longs cheveux lisses qui retombèrent nonchalamment dans son dos. Harry se sentait si heureux qu'il partit faire partager sa joie à sa petite-amie en date, la chère Romilda.


Une semaine plus tard, Harry et Romilda s'embrassaient follement dans une classe vide, laissant leurs mains découvrir le corps de l'autre lorsque la brune aux cheveux bouclés se dégagea de lui et se retourna. Harry, surpris, l'interrogea :

« Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal, de déplacé ?

- Non, non tu embrasses parfaitement, comme d'habitude, et puis tu sais, comment dire, faire plaisir aux femmes.

- Mais… ?

- Je dois t'avouer une chose, Harry. Je n'ai pas été honnête avec toi. Nous savons tous les deux qu'il n'y aucun sentiment amoureux entre nous et qu'il n'y en aura jamais.

Harry fut vexé. Bien qu'il pensa qu'elle avait raison, il avait toujours pensé qu'elle avait un faible pour lui. Sinon, pourquoi le choisir lui plutôt qu'un autre pour passer du bon temps ensemble ?

* Mon honneur en prend un coup, songea-t-il. Pourtant, elle m'a choisi, il doit y avoir une raison. Non ? Et pourquoi est-ce qu'elle me fixe avec pitié ? Oh Seigneur. *

« Il fût un temps où je pensais que l'on était fait l'un pour l'autre, tu vois. Mais c'est impossible aujourd'hui.

- Pourquoi ? demanda Harry, méfiant.

- Jure-moi de ne pas me juger ! Je t'en prie, ne répète à personne ce que je vais te dire.

- C'est promis, répondit-il en se sentant de plus en plus mal-à-l'aise.

- J'aime les filles, avoua-t-elle piteusement.

- Moi aussi, répondit Harry précipitamment en souriant avant de se reprendre. Je veux dire, Ah…

* Ah mais quel idiot je fais ! Euh, attendez ça veut dire qu'elle est… ? Outch ! Je crois que mon honneur s'est définitivement envolé aux Bahamas, à cette heure-ci. Je suis un garçon utilisé par une fille afin qu'elle découvre son changement de sexualité. Vous comprenez, on m'a u-t-i-l-i-s-é ! Jamais je ne ferai ça à une fille, moi ! Enfin si, vu que j'ai fait un pari avec Ginouille. Pourquoi est-ce qu'elle me fixe comme ça, Romilda ? Ah oui, elle s'attend à une réaction. Euh…*

- C'est bien, répondit-il lentement en mordant sa lèvre inférieure. Mais alors, tu n'es pas du tout attirée par moi ?

- Mais si, lui dit gentiment la brune en souriant tendrement comme à un enfant malade. Tu es attirant, avec tes cheveux noirs en bataille, tes yeux verts et ton air perpétuellement dépassé par ce qui t'entoure. Seulement, je préfère ces qualités chez une fille.

- Bon, eh bien je te laisse alors. Je suis heureux que tu as découvert ta véritable sexualité…avec moi, ajouta-t-il honteux.

- Ne t'inquiètes pas, afin de te rendre service moi aussi, je dirai à tout Poudlard combien tu étais attentionné avec moi et que moi j'ai brisé bêtement ton cœur. Je peux aussi simuler des pleurs, si tu veux.

- Non, merci. Mais d'accord pour l'histoire du gars qui s'est fait largué et qui est en manque d'amour. Ca me plaît bien. »

Sans ajouter un seul mot, Harry s'en alla vers la salle commune des Gryffondors, encore désorienté. Quand il songea à sa meilleure amie, il déglutina. Plutôt mourir que de révéler le motif de sa rupture avec Romilda ! Il avait encore un peu de dignité, voyons !

* M'enfin, si Romilda est heureuse, tant mieux pour elle. *


Assise dans un de ces fauteuils de la salle commune que Ginny aimait tant, celle-ci se réchauffait les mains près du feu tout en rêvassant bêtement. Anthony avait été obligé de repartir chez lui pour les vacances, mais la jeune femme avait encore le goût délicieux de leurs baisers enflammés sur les lèvres. Il avait promit de lui écrire, et même de lui envoyer un petit cadeau personnel.

« Moi je pencherais pour une corde ou une laisse, lui dit Harry en souriant narquoisement. Enroulée dedans, il pourrait se promener avec toi sans que tu lui fasses honte en trébuchant toutes les deux minutes !

- La ferme, Potter ! répondit la rousse en faisant mine de se fâcher. Mon Anthony est quelqu'un de romantique, pas un novice de ton genre !

- Pff, n'importe quoi, je suis capable d'offrir de magnifiques présents qui respirent l'amouuuuur à ma petite-amie, dit le jeune homme en haussant négligemment les épaules.

- Encore faudrait-il que tu en aie une !

- Mais j'en ai une, ma chère Ginouille.

- Mais oui, encore ton amie imaginaire, j'imagine, celle que tu fantasmes tellement que tu la crois réelle, d'ailleurs bravo pour ces démonstrations de baisers solitaire, mon ami.

- Je sors avec quelqu'un de réel. Et je vais te dire qui, justement miss je sais tout. Suspens, Tadaaaaaaaam ! Et l'heureuse gagnante du cœur –et du corps HA HA HA- de sa majesté Harry Potter est… Cho Chang ! »

Ginny éclata de rire, comme à chaque bêtise que lui racontait son meilleur ami. Mais devant son air sérieux, elle écarquilla les yeux ?

- Depuis quand tu sors avec elle ? Je croyais qu'elle ne te pardonnerait jamais le coup du « Hmm chérie, je t'aime mais un petit régime ne te ferait pas de mal » !

- Hier, Gin'. En fait je l'ai croisé au septième étage, et elle m'a emmené sans rien dire dans la salle qui change toujours, euh…la salle sur demande ! Partout il y avait du gui, au plafond, sur le sol, ainsi qu'un sapin de Noël ! Elle m'a dit que je ne pouvais pas lui échapper à cause de ça, et en tant que gentleman je me suis laissé embrasser, vois-tu. Finalement, elle m'a dit qu'elle était prête à changer, et qu'elle ne se mettrait plus en colère contre moi, qu'elle se dévouait corps et âme à moi, bla bla bla.

- Félicitations, je dois avouer que tu as frappé fort. Mais je crois que cette relation sera finie dès qu'elle reviendra de vacances et que tu l'accuseras d'avoir mangé tout le gâteau de Noël à elle seule !

- Non, je crois que c'est sérieux cette fois-ci. Si elle arrête d'être une hystérique, bien évidemment.

- On pari Harry ? demanda malicieusement Ginny.

- Non merci, j'en ai assez de parier à tout bout de champ.

- Petit joueur, va ! le provoqua la rousse. »

Il lui ébouriffa les cheveux en réponse, ce qui lui valut un « Mais ! » de protestation de la part de son amie.

« Joyeux réveillon de Noël, Ginny, dit-il en la serrant contre lui, toujours émerveillé par la sensation de leurs deux corps l'un contre l'autre.

- A toi, aussi, Harry. »

FIN… du chapitre bien évidemment. J'espère que vous ne le trouvez pas trop long, sinon dites-vous que c'est un cadeau d'excuse de ma part pour ma longue absence. Avez-vous aimé ce chapitre ? *J'ai un peu l'impression de parler moi aussi à des gens imaginaires là, donc chers lecteurs réels, pouvez-vous me soigner de ma folie en me mettant un vrai commentaire ? Avec mon affection, Alexia.