Des Griffes dans la nuit

Partie 10

Aussi loin qu'il s'en souvienne, Allen n'avait jamais vu la police mettre autant de temps à arriver.

Une heure après que les pompiers soient enfin parvenus à éteindre le feu, leur voiture se gara devant les restes de la maison.

Allen s'était précipité sur place après l'appel de Lenalee. Elle-même, à peine vêtue de sa chemise de nuit et d'une robe de chambre, observait le spectacle qui se déroulait devant eux, aussi pâle qu'elle l'avait été en découvrant la porte de sa maison défoncée. Allen l'avait brèvement aperçue, avec son frère, de l'autre côté de la foule qui se pressait dans la rue, mais il n'avait pas essayé de la rejoindre. Il était bien trop occupé à prier intérieurement, les yeux fixés sur la maison des Reed, les poings serrés si forts qu'il sentait ses ongles s'enfoncer dans sa chair comme de fines lames.

Kanda était tout près de lui, à une distance raisonnable. Il savait que le loup-garou n'observait pas la scène tragique, mais lui. Il avait peine à respirer tant il était choqué, et la fumée de l'incendie lui donnait envie de pleurer et de tousser.

Dans la rue, personne ne parlait, tous regardaient les flammes en retenant leur souffle. Il y avait comme une barrière qui s'était dressée entre les pauvres spectateurs et l'enfer de feu. La maison n'était pas vraiment réelle. Ca n'était pas possible. C'était bien trop horrible.

Derrière lui, un sanglot rompit pourtant le fragile silence qui s'était établi de leur côté. Il reconnut sans peine Anita, en train de craquer. Il ne réagit pas quand Cross posa une main sur son épaule. Du moins, il n'en eut pas l'impression.

Tu as devant toi la personne qui a décroché une putain de bourse pour deux ans en Italie !

Kazama Reed.

Je ne me suis jamais senti aussi vivant de toute ma vie !

Kazama Reed.

Maman a passé la journée à nous cuisiner un festin.

Kazama.

Pourquoi lui ?

Pourquoi maintenant ?

Pourquoi …?

Un accident ? Est-ce qu'un Reed aurait laissé quelque chose sur le feu sans y faire attention ? Auraient-ils allumé des bougies ? Comment la fête avait-elle pu tourner au cauchemar ?

Kazama, et surtout sa mère, étaient d'excellents cuisiniers. Allen ne les imaginait pas faire une erreur mortelle en cuisine. Bougies ? Non. Monsieur Reed avait formellement interdit à son fils de ramener des bougies dans la maison après la dépression de sa femme, et même après tout ce temps, la règle était restée.

Un problème électrique ? Possible…Mais…

Allen fronça les sourcils. Quelque chose clochait. Mais quoi ?

Il observa attentivement la maison. Les fenêtres et les volets étaient fermés. Les pompiers venaient de défoncer la porte, qui devait être verrouillée. Pas de garage chez les Reed.

Mais qu'est-ce qui ne va pas ?

Allen était souvent allé chez les Reed, en primaire. Kazama lui avait appris à cuisiner à peu près à cette époque là. Cross n'avait pas encore rencontré Anita, et surtout, était incapable de faire fonctionner un four ou une plaque de cuisson. Allen avait dû se débrouiller et se tourner vers la seule personne disposée à l'aider à l'époque : son collègue au salon de thé, de deux ans son ainé, Kazama Reed. Mme Reed était toujours là, à superviser ce qui se passait dans sa cuisine. Mr Reed, qui ne pouvait plus travailler, s'installait généralement dans le salon, d'où il pouvait les observer tout en lisant son journal.

C'était un endroit chaleureux, plus que tout ce qu'il avait connu, baigné de lumière, mais toujours avec ce petit courant d'air…

-Oh mon dieu !

Le cri ramena brusquement Allen à la réalité. Ils sortaient les corps de la maison.

Non.

Pas des corps. Il n'y avait plus de corps. Il y avait des…

Allen se mettait sur la pointe des pieds pour essayer de mieux voir, quand une main se plaqua sur ses yeux et le ramena en arrière.

-Ne regarde pas, souffla Kanda à son oreille. Ne regarde pas.

Ne pas regarder ? Ne pas regarder Kazama ? Ne pas regarder son ami ? Si. Il devait regarder. Il devait…

-Il ne voudrait pas que tu te souviennes de lui de cette façon. Souviens toi du garçon qui souriait.

Allen sentit un sanglot lui échapper. Il posa ses mains sur celle de Kanda et pleura silencieusement, les yeux fermés.

Il ne regarda pas.


Kanda avait demandé à passer la nuit chez les Cross. Anita avait accepté, bien sûr, et était allé chercher le sac de couchage que Link avait utilisé plus tôt. Les deux loups avaient accompagné la famille sans dire un mot, s'occupant de tout à leur place. Ou plutôt, Link, s'occupant de tout à leur place. Kanda, lui, n'avait pas quitté Allen une seule seconde. Il n'eut pas le loisir d'utiliser le lit préparé par Anita : Allen passa une partie de la nuit accroupi, dans ses bras, à sangloter silencieusement, sans jamais arriver à s'arrêter. Ce n'est que très tôt le lendemain matin qu'il commença à se calmer.

-Essaie de dormir, murmura Kanda en caressant doucement sa joue.

-Non.

-Tu es fatigué. Tu ne tiendras pas debout indéfiniment.

-Non.

Allen se redressa, respira un grand coup et regarda Kanda droit dans les yeux.

-Je ne dois pas dormir. Pas maintenant. Je dois réfléchir.

Kanda haussa un sourcil désapprobateur.

-Réfléchir à quoi ?

A quoi, en effet. Jusque là, Kanda avait réussi à passer le cas des loup-garous sous silence. A chaque fois qu'Allen avait eu des questions, il avait habilement changé de sujet. C'était pour son bien, Allen le savait, mais Kanda le menait en bateau et il avait absolument horreur de ça. Faire confiance, c'était bien beau, mais il avait besoin de savoir contre qui exactement il devait se défendre et pourquoi.

Un loup-garou les poursuivait lui et Lenalee pour les tuer, Tyki Mikk débarquait de nulle part, et les Reed mourraient brutalement dans un incendie. Trop d'événements notables en trop peu de temps. Et c'était exactement le genre de chose qui sautait aux yeux d'Allen.

-A tout, répondit-il en se mouchant bruyamment. Non, tais-toi ! Tais-toi et écoute moi ! Je sais que tu essaies de détourner mon attention de ce qui se passe, et ça a assez duré ! Tu ne m'auras plus comme ça !

Kanda s'apprêtait à répondre, mais Allen fut plus rapide.

-Ce n'était pas un accident. Ca ne peut pas être un accident. Pas avec des gens pareils. Non, je pense que c'est Mikk qui est derrière tout ça.

Le loup ferma les yeux et posa sa main sur sa bouche, visiblement fatigué.

-Moyashi, tout n'est pas…

-Ecoutes ! Ecoutes jusqu'au bout !

Il n'était pas fou. Il n'était pas non plus obsédé par Mikk, contrairement à ce que pensaient les gens autour de lui. Tout simplement, il…savait. Il savait de quoi cet homme était capable. Il l'avait vu de ses propres yeux. Il l'avait senti. Et tous les jours de sa propre vie, jusqu'à la fin, il lui suffirait de se regarder dans un miroir pour se souvenir. Kazama l'avait éloigné de Mikk au marché. Ca n'avait pas dû lui plaire du tout. Tout comme ça ne lui avait pas plu qu'il tente de s'échapper dans la forêt…

-Quand j'étais au marché avec lui, c'est Kazama qui m'a éloigné de lui ! Ce n'est pas une coïncidence ! Mikk n'est pas net ! Et les Reed n'avaient aucune raison de se suicider !

-Pardon ?

Kanda l'observait d'un air grave. Il semblait penser la même chose que lui. Il posa les mains sur les épaules du garçon, le regarda droit dans les yeux et demanda :

-Kazama Reed s'est interposé entre toi et Mikk ?

-Oui ! s'exclama Allen.

Kanda croisa les bras et le regarda sévèrement pendant un instant, sans rien dire.

-Et qu'est-ce qui te fait croire que ce n'était pas un suicide ?

-Kazama venait d'obtenir une bourse pour étudier en Italie. C'était le rêve de toute sa famille, de le voir faire de longues études, et à l'étranger, par-dessus le marché ! Ils étaient tous fous de joie, c'est Kazama lui-même qui me l'a dit hier soir !

Kanda soupira et observa un instant la fenêtre, sans rien dire.

-Les issues étaient fermées…

Allen sentit la colère monter. Il attrapa le visage Kanda, le colla au sien et déclara :

-J'ai entièrement confiance en toi. Plus que tu ne l'imagines. Alors je veux que toi, tu aies confiance en moi. J'en ai besoin. Les autres peuvent penser ce qu'ils veulent, mais toi, juste toi, tu dois me soutenir, parce que moi je te soutiendrai toujours.

Pendant un instant, Allen eut l'impression que Kanda avait arrêté de respirer. Ses yeux bleus le regardaient sans cligner, absorbés par ce qu'ils voyaient. Le loup baissa finalement la tête et déposa légèrement ses lèvres sur celles du garçon, un court instant. Il repoussa délicatement une mèche de cheveux blanche derrière son oreille, et murmura avec conviction :

-J'ai confiance en toi.

Allen se sentit soulagé d'un grand poids. Un peu plus détendu, il enfouit son visage dans le creux de son épaule. Kanda le croyait et prenait ses opinions en compte. Il ne lui en fallait pas plus. Une seule personne de son côté était largement suffisant.

Alors que les doigts du loup couraient dans ses cheveux, Allen se prit à s'imaginer dans une telle situation quelques années auparavant. Il ne se serait jamais confié comme il venait de la faire. Parce qu'il avait vécu la majeure partie de sa vie sans l'aide de personne, et parce que le cercle de ses proches était considérablement réduit, il ne lui serait jamais venu à l'esprit de consulter qui que ce soit pour demander de l'aide. C'était en fait bien plus facile de compter sur quelqu'un qu'il ne l'aurait cru.

Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes de partager ses doutes et ses peurs avec un autre…

Devenait-il trop doux ? Trop ouvert ? Ce n'était pas bon de trop s'exposer aux autres. On ne savait jamais quand ce qu'on leur confiait se retournerait contre soit…

Mais il n'avait pas vraiment peur des réactions de Kanda. Au pire, il s'énerverait, ils se disputeraient, mais… C'était lui qui l'avait voulu en premier. C'était lui qui l'attirait au point de lui faire mal. Rencontrer Kanda était peut-être même la meilleure chose qui lui soit arrivé depuis…longtemps.

Et c'était tellement agréable de se reposer contre lui comme ça…

-Ce n'est pas comme ça que j'imaginais notre première nuit ensemble, murmura-t-il tristement.

Kanda se crispa à ses mots et passa un bras autour de lui.

-Moi non plus. J'aurais préféré que l'odeur du parasite d'à côté disparaisse, pour commencer.

-Kanda ! Tu ne penses qu'à ça ou…ou…

Allen repoussa soudainement Kanda.

-L'odeur…

La première fois qu'il avait mis les pieds chez les Reed…

On n'a pas les moyens d'acheter une hotte, alors bon, on cuisine en ouvrant la fenêtre.

-Les fenêtres étaient toutes fermées…

On laisse ouvert un moment, mais comme ça donne sur la rue, ce n'est pas très grave. On garde nos manteaux.

Allen sentit comme un rocher lui tomber dessus. Voilà ce qui lui semblait étrange ! Les fenêtres et les volets de la maison étaient tous fermés !

-Mais oui…

Sceptique, Kanda s'apprêtait à lui demander ce qui n'allait pas quand le garçon se leva brusquement et lança d'une voix forte :

-Les Reed n'avaient pas de hotte, donc ils cuisinaient les fenêtres ouvertes ! Ils ne les fermaient pas avant un moment, même le soir, même par le froid qui règne ici…Mais tout était fermé ! Quelqu'un a tout fermé et a mis le feu ! Mais ils ont dû s'en rendre compte…Comment c'est possible ? Comment l'intrus a-t-il fait pour sortir ? Qu'est-ce qui est arrivé aux Reed avant le début de l'incendie ?

Allen faisait les cent pas, parlant tout haut, sans plus accorder la moindre attention à Kanda. Celui-ci s'était allongé et l'observait avec attention, ne perdant pas une miette de son raisonnement.

-Il pouvait rentrer par la fenêtre, même si c'est encombrant, ça reste une ouverture. Mais personne ne serait resté sans rien faire en voyant la maison prendre feu, ils seraient sortis, ils auraient fait quelque chose ! Déduction…Ils n'ont pas pu agir ! Donc l'intrus rentre, les assomme, met le feu…Mais il faut bien sortir ! Le feu a pris de l'intérieur…

On ne pouvait pas juste mettre le feu, et hop, se volatiliser dans la nature !

Allen fut brusquement interrompu dans son raisonnement par des coups frappés à sa porte.

-Les garçons, dit la voix d'Anita, vous êtes debout ?

Allen ouvrit la porte et observa sa tante avec inquiétude. Elle était pâle, et d'énormes cernes s'étaient dessinées sous ses yeux. Elle avait surement aussi peu dormi qu'Allen lui-même. Le manque de sommeil ne l'avait pourtant pas empéché de se préparer pour partir travailler. Anita était de ceux qui se réfugiaient dans le travail pour ne pas penser au reste. Cela devait l'aider, de se concentrer sur autre autre.

-Bonjour, dit une voix juste derrière Allen. Kanda s'était levé pour saluer Anita.

-Bonjour, répondit-elle sans sourire, terriblement fatiguée. Vous devriez manger un morceau, les garçons. Je dois partir travailler. Marian aussi – elle posa son regard sur Allen et fronça les sourcils- et je veux que tu restes à la maison aujourd'hui, avec Link. Tu peux rester, bien sûr, Kanda. A ce soir. Je ferme à clef derrière moi.

Elle redescendit sans un mot. Anita était peut-être bien aussi choquée qu'Allen. Arabella Reed était une amie de longue date, et sa perte devait lui être horrible.

Allen referma la porte de sa chambre et pensa soudain à quelque chose. Il se tourna vers Kanda, bien décidé à obtenir des réponses.

-Pourquoi es-tu allé dans le sud ?

Kanda l'observa droit dans les yeux, imperturbable.

-Je te l'ai déjà dit. Je suis allé voir un clan qui pourrait avoir des informations sur le loup qui t'a attaqué.

-Et qu'est-ce que tu as trouvé d'intéressant ?

Sans un seul clignement de cil, Kanda répondit :

-Ils ont déjà eu affaire à lui. Il appartient à une meute nomade, qui s'en prend régulièrement aux humains. Ils ont eu du mal à s'en débarrasser, ils sont au moins une dizaine.

-Donc il n'est probablement pas seul. Sa meute doit être dans les parages aussi, non ?

Kanda soupira franchement et s'étira.

-C'est bien le problème. D'après Madarao, ce sont des loups pur sang, ils arrivent à camoufler leur odeur lorsqu'ils prennent forme humaine. S'ils se mêlent à la foule, on ne les retrouvera pas sans savoir à quoi ils ressemblent. J'avais déjà trouvé ça étrange, quand vous avez été attaqués Lenalee et toi. On a remonté la piste du loup sauvage aussi loin qu'on a pu, avec Lavi, et elle s'arrêtait brusquement en bord de route, à proximité de l'aéroport.

Allen sentit sa bouche s'ouvrir toute seule.

-L'aéroport ? Ah oui, quand même ! Ca fait une sacrée distance à pied ! Et ce n'est pas du tout dans cette direction qu'on allait quand on fuyait !

-Nous sommes des loups, moyashi, pas des hommes. Nos capacités physiques sont largement supérieures aux votres. Enfin, La meute de Madarao nous devrait plus tarder. Ils veulent en découdre.

-Qui est Madarao ? Pourquoi « découdre » ?

- C'est l'alpha de la meute. Les purs sang ont tué l'un des leurs il y a quelques années, et depuis ils veulent leur peau.

-Hum.

Tout cela n'était pas pour le rassurer. Ces loups pur sang étaient donc des…tueurs récidivistes. Génial. Les loups, plus Mikk, ça commençait à faire beaucoup. Mais c'était plutôt rassurant de savoir que des renforts arriveraient bientôt.

-Quand est-ce qu'ils arrivent, ces loups du sud ?

-Ils partiront après les dernières chaleurs.

Le silence qui prit place dans la chambre était légèrement gênant.

Allen n'était pas bien sûr d'avoir compris. Il avait cru comprendre « chaleurs ». Si c'était bien le mot auquel il pensait, il avait peut-être plus de soucis à se faire que prévu.

-Les châleurs ?

-Les châleurs.

Medre, c'était bien ce qu'il avait compris.

-C'est…c'est pas au printemps ?

Un sourire moqueur se dessina progressivement sur le visage de Kanda. Il posa sa tête sur sa main et se tapota lentement les lèvres de ses longs doigts.

-Je ne sais pas comment ça marche chez les chiens, moyashi, mais je connais le système chez les loups-garous. La période de reproduction a lieu à chaque pleine lune.

Chaque pleine lune ? Chaque pleine lune ? Mais ils n'avaient donc rien d'autre à faire ? Wow. Mais du coup, combien de temps mettait la femelle pour…Non, non, il n'avait pas envie de savoir. Ca ne le concernait pas, de toutes façons. N'est-ce pas ? Allen sentit soudain comme une boule se former dans son ventre. Il leva des yeux méfiants vers Kanda et demanda d'une petite voix :

-T'es…T'es en chaleurs, toi ?

Ca devait être la première fois que quelqu'un lui posait la question, parce Kanda souleva les sourcils sans même tenter de cacher sa surprise. Peut-être Allen n'aurait-il pas dû soulever la question. Non, en fait il regrettait d'avoir demandé. Le sourire sadique de Kanda ne lui plaisait pas du tout.

-Je suis un mâle, idiot. Et ce n'est pas dans mes plans de me reproduire de toutes façons. J'avoue que l'atmosphère au sein du clan à cette période était assez…alléchante…que ça m'a donné beaucoup d'idées très excitantes…Alors, bien sûr, si tu veux tester, tu peux compter sur moi.

-Non, pas la peine.

Allen baissa les yeux. Il commençait à avoir drôlement chaud. Il avait beau regarder ailleurs, il sentait les yeux de Kanda le fixer, l'encourager à plonger ses yeux dans les siens, à s'approcher…La porte derrière lui s'ouvrit dans un claquement et Link, bras croisés, l'air encore plus maussade que d'ordinaire, apparut dans l'encadrement de la porte. Avait-il entendu ? Avait-il…

-Je trouve considérablement dangereux d'accueillir ici une meut à peine sortie de sa période mensuelle de reproduction, étant donné l'humain bourré de phéromones que nous gardons.

Allen sentit ses yeux sortir de leurs orbites. Des phéromones ? L-lui ?

-J'ai rien fait, s'exclama-t-il avec indignation.

-Tu n'as pas à faire quoi que ce soit, soupira Link, c'est juste-il lui lança un bref coup d'œil, des pieds à la tête-…toi. Tu es…foutrement séduisant. Donc-il regarda à nouveau Kanda-ces loups auront encore en tête les derniers jours passés à copuler. C'est évident, que ce gosse va les attirer par sa seule odeur ! Regarde le ! Même sa démarche est provocante !

Provocante ? Sa démarche ? Allen n'était pas du tout d'accord ! Il marchait tout à fait normalement !

-Si tu veux voir une vraie démarche provocante, je peux t'emmener dans mon lycée, pas de problème, siffla-t-il.

-Je suis dans ton lycée, répliqua Link.

-Ils savent qu'Allen est à moi. Et ils agiront en conséquence, dit froidement Kanda, sur un air de défis.

Sentant l'air autour de lui devenir électrique, et ayant entendu assez de choses étranges pour le reste de sa journée, Allen enfila ses chaussons et descendit déjeuner. Arrivé en bas de l'escalier, il passa devant le miroir accroché à la porte du placard. Allen recula et repassa devant, observant avec attention sa façon de marcher. Il faudrait qu'il parle de ça à Lenalee…


17h47.

Lenalee s'arrêta un instant pour reprendre son souffle. La boulangerie n'était pas fermée, et il y avait encore du monde dedans. A l'intérieur, elle apercevait les dernières baguettes de pain. Elle était arrivée à temps ! Quand Komui serait rentré, elle lui passerait un savon. S'il savait depuis le début qu'il rentrerait tard, il aurait dû lui demander d'acheter du pain bien plus tôt, pas à l'heure de fermeture ! Elle rentra à l'intérieur et salua la vendeuse.

-Bonsoir Lenalee. Du pain tranché, comme d'habitude ?

-Bonjour, oui s'il vous plait. J'ai bien cru que j'allais arriver trop tard.

-Oh, ne t'en fais pas trop, les enfants qui vivent en face arrivent toujours à la dernière minute eux aussi. Ils sont pourtant en vacances !

En face de la boulangerie se trouvait une petite résidence étudiante. Il devait à peine y avoir une dizaine de chambres, mais c'était pratique lorsque les enfants refusaient de suivre les parents mutés.

-Il me semble qu'il n'y a plus grand monde dans la résidence, non ?

-Ils sont deux en ce moment, Chaka Rabon et Alice McArthy. La jeune fille est venue ce matin, mais le garçon prend décidément son temps ! Mais je pense qu'il ne va pas tarder, il vient tous les soirs. Tout de même, avec ce qui s'est passé la nuit dernière, j'aimerais ne pas trop m'éterniser et rentrer chez moi. Voilà ton pain, ce sera…

La vendeuse fut brutalement interrompue par un cri aigue et terrifié.

Devant la résidence étudiante, hurlant de peur, Alice McArthy s'était jetée au sol, les mains recouvertes de sang.


Vous trouvez que certains auteurs mettent trop de temps à publier ? Vous savez quoi ? Plus on attend, plus ça mijote !