On repasse du coté de Kensi …. Encore et toujours merci pour vos reviews et bonne lecture
Kensi avait passé presque une semaine sans revoir Jack. Elle voyait l'un de ces hommes lui apporter à manger trois fois par jour mais aucune autre visite. Quand il pénétra dans la pièce elle fut surprise de le voir. Jack s'assit sur une chaise près de Kensi.
-Tu vas bien ma chérie ?
-Non. Je veux rentrer chez moi.
-Pour l'instant c'est ici chez toi. Et une fois que nous aurons discutés nous partirons loin d'ici recommencer une nouvelle vie.
-J'aime ma vie ici, tu ne me feras pas changer d'avis.
-Je serais te convaincre.
-Alors je t'écoute.
-Kensi … Je … J'ai mis du temps à te retrouver et à mettre au point ce plan.
Il respira un grand coup et reprit :
-J'ai tellement pensé à ce moment que je ne sais même pas par où commencer !
-Peut-être par le jour où tu es parti.
-Exact. Je suis tellement désolé de t'avoir laissé comme ça. Mais quand je t'ai étranglé dans mon sommeil, j'ai su que je devais faire quelque chose. Je ne voulais plus te faire souffrir. J'étais devenu trop dangereux pour toi.
-Donc tu es parti sans me donner aucunes nouvelles pendant sept ans.
-Oui. Il fallait que je m'éloigne de tout ça. Je me suis même fait renvoyer de l'armée ! Alors j'ai pris ça comme une chance et j'ai quitté l'état. Je suis resté des jours sur la route sans but précis. Et peut-être que le destin a voulu m'aider mais ma voiture et tombé en panne dans une petite ville du Colorado. Un garagiste a réparé ma voiture et comme je n'avais pas d'argent pour le payé, il m'a fait travailler pour lui. Il m'avait même installé un lit de camp dans son bureau pour la nuit. Mais il a vite vu que je n'étais pas bien. Alors je lui ai expliqué que j'étais un ancien militaire et que j'étais revenu complètement changé de la guerre. Il m'a dit que son ami avait vécu la même chose. Que c'était un syndrome de stress post-traumatique. Je le savais déjà mais je ne voulais pas l'accepter à ce moment-là. Il m'a présenté son ami le sergent Georges Ken. Il avait fait la guerre du Golfe et à l'époque il n'y avait pas tout ça, alors il a décidé d'aider les militaires qui en avait besoin. Et ce type…. Tu aurais dû le rencontrer, il est formidable. Au départ je l'écoutais beaucoup et j'ai vite compris qu'il avait vécu la même chose que moi. Alors je me suis mis à tout lui raconter. Tout ce que j'avais peur de dévoiler, tout ce que j'avais pu faire là-bas. Il ne m'a pas jugé. Il m'a conseillé de prendre certains médicaments qui permettent de se détendre dans la journée et d'autre pour réussir à dormir. Après un an de thérapie avec lui et d'autres vétérans je suis partit car je n'allais toujours pas mieux.
-Pourquoi tu ne m'as pas donné de nouvelle ?
-J'avais peur de ta réaction. Après tout j'étais le salaud qui t'as laissé tomber. Je voyais tous ces visages me suivre partout où j'allais. Même quand je fermais les yeux ils étaient là. Tous ces gens, hommes, femmes enfants…. Le village était un village insurgé, on devait le faire.
-Quoi ?
-Il y avait des monstres là-bas qui avaient déjà tués beaucoup trop des nôtres. Il fallait y mettre un terme. Notre mission était simple. Nous devions attendre la nuit et brûler tout le village. Ils sont tous mort … Tous, je les revois encore hurler et appeler à l'aider. Nous suppliant de venir les sauver. Mais je ne pouvais pas. Ces femmes et ces enfants auraient été les prochains à nous tuer. Il fallait que je les éliminer avant.
-Jack ! Comment l'armée a pu autoriser ça ?
-Elle ne l'a pas fait. C'était une mission non officielle. Personne ne sait qui l'a ordonnée. Mais elle a été exécutée.
-Tu les vois encore ?
-Oui. Je vois des visages brûlés partout ! J'en pouvais plus, j'ai essayé de me suicidé mais le propriétaire de l'appart' que je louais était venu pour le loyer et il a ouvert la porte avec sa clé. Il m'a découvert et détaché. On m'a soigné à l'hôpital et envoyé en unité psychiatrique. C'est là où j'ai vraiment pété les plombs. Les médicaments qu'ils me donnaient me faisaient avoir des visions. Je les voyais encore plus. Ils voulaient tous se venger ! Alors j'ai atterris dans un hôpital psychiatrique. J'y suis resté cinq ans. Tout ça pour m'entendre dire que j'étais paranoïaque.
Il sourit légèrement.
-Je suis sorti avec un traitement et un conseil : « retrouvez la femme que vous aimé, c'est la seule qui peut vous aider ». Et c'est ce que j'ai fait. Kensi j'ai besoin de ton aide. Je veux que tu m'aide à aller mieux.
-Comment veux-tu que je t'aide ?
-Je ne sais pas vraiment. Reprenons comme avant ?
-Non ! C'est fini Jack, il n'y a plus de nous. Mais je peux essayer de t'aider si tu me fais une promesse ?
-Laquelle ?
-De me libérer même si je n'y arrive pas.
-Mais Kensi, je veux être avec toi. Maintenant que je t'ai retrouvé je ne vais pas te laisser me quitter.
-Tu prends toujours tes médicaments ?
-Non, je ne les aime pas.
-Prends-les c'est par là que va commencer ta guérison.
-Mais ça ne fonctionne pas !
-Alors dis-moi ce que je dois faire !
-On peut continuer à avoir des discussions comme ça. Et voir où ça nous mène.
-Jack, je veux rentrer chez moi. On me cherche.
-Ils ne te retrouveront pas.
-Quoi ? Mais ma famille s'inquiète. Je dois rentrer.
-Désolé Kensi.
Jack se leva et sortit.
-JACK ! hurla Kensi.
Les jours suivant Jack vint lui parler pendant une heure. Jamais plus, jamais moins. Il prétendait que ça lui faisait du bien.
