Titre Anglais: Midnight Guardian

Titre Français : Le gardien de Minuit

Auteur : ksomm814

Genre : Neutre

Chapitre traduit par : Thamril

Rating : k+

Disclamer : Cette histoire est basée sur l'Ordre du Phoenix qui ne nous appartient pas. Le monde de Harry Potter appartient à J.K.R.

Suite à la disparition des histoires « Midnight Guardian » et « Trials of a Champion » sur le compte de Thamril, nous nous permettons (sans son autorisation, donc si elle (il) nous le demande, nous effacerons ces traductions) de les mettre en ligne sous notre compte pour une meilleur compréhension de la suite de la saga.

Eni et Onarluca

Chapitre X : Patronus

Défense contre les Forces du Mal devint bientôt le cours favori de la plupart des étudiants. Le professeur Lupin continuait à faire des leçons divertissantes et insistait sur la participation. Il y avait des temps de classes où les élèves posaient leurs questions ou exprimaient leur opinion, donc la majeure partie d'un cours se déroulait comme un débat. Le professeur Lupin jouait souvent le médiateur, occasionnellement réorientant le débat quand la discussion lui échappait.

Le professeur Rogue, d'une autre part, s'emportait plus facilement que jamais. La rumeur de l'épouvantard de Neville s'était dispersée et tandis que trois maisons trouvaient cela hilarant, Rogue et les Serpentard n'avaient pas la même opinion. Conformément aux dires de Lupin, Rogue n'avait pas du tout le sens de l'humour et s'époumonait sur les Gryffondors toutes les fois qu'il pouvait.

Eh bien, à vrai dire, sur tout le monde à l'exception Harry.

Tout le monde était surpris qu'à part quelques commentaires acerbes ici et là, le professeur Rogue semblait ignorer complètement Harry. Ce dernier ne s'en plaignait pas mais avait du mal à expliquer le comportement de Rogue à ses camarades. Il pouvait simplement supposer que le maître des potions le prenait en pitié à cause de sa vie chez les Dursley mais cela voulait dire que le professeur Rogue avait un cœur.

Draco Malfoy s'était ouvertement plaint à qui voulait l'entendre d'être allé dans le bureau de Rogue pour quelque chose d'aussi futile qu'un avertissement. Il s'avéra que le professeur Rogue n'avait pas du tout réprimandé Malfoy. Le maître des potions l'avait juste avisé de se retenir de faire de tels commentaires dans sa classe.

Les cours de Divination sont probablement les plus détestés de Harry ce qui en disait beaucoup. Le professeur Trelawney était sorti de son programme pour prouver que la mort planait sur Harry Potter. Au début, Harry arrivait à l'ignorer mais maintenant cela devenait irritant. Il haïssait être différent des autres surtout sur des choses traitant de vie et de mort. Ron et Hermione en devenaient ulcérés et avaient du mal à ne pas jeter un sort sur la femme. Comment pouviez-vous être stupide au point de dire à un étudiant qu'il allait mourir quand il y avait un meurtrier dans la nature ne voulant rien de plus que de le tuer ?

Les Soins aux créatures magiques étaient intéressants mais sécuritaires. Hagrid avait révélé qu'il voulait que les étudiants montent des hippogriffes durant leur première leçon mais que le professeur Dumbledore l'en avait empêché. Harry avait été surpris d'entendre que chaque cours de Hagrid devait être approuvé par Dumbledore. Personne n 'était autorisé à quitter la cour durant la classe à moins qu'un professeur l'accompagne et la classe ne pouvait pas être laissée sans surveillance. Harry se sentait coupable que la plupart des restrictions avaient été placées pour le protéger mais savait que c'était inutile d'y redire quelque chose.

Harry avait fini sa lecture sur le charme du Patronus et avait abordé le professeur Lupin qui avait décidé qu'ils commenceraient à la fin octobre pendant que la plupart des étudiants seraient à Pré au Lard. La pensée d'attendre si longtemps ennuyait Harry mais il ne dit rien. Le professeur Lupin avait raison. Ils devaient être discrets.

En plus des cours, le Quidditch commençait en octobre et bien sûr Olivier Dubois, capitaine et étudiant de septième année, était plus que jamais obsédé par la victoire de la coupe de Quidditch. Ils s'entraînaient longtemps et rudement sous la supervision de Madame Bibine. Toute l'équipe voulait la coupe de Quidditch qui aurait dû être leur ces deux dernières années mais ce qui par des malheureux concours de circonstances n'était pas arrivé.

Retournant à la tour de Gryffondor tard dans la nuit, Harry ne voulait rien de moins que d'aller directement au lit. Son corps entier était douloureux et son esprit surchargé mais en entrant, Harry vit la scène qui se déroulait devant ses yeux et sut qu'il n'irait pas au lit avant quelques temps. Ron et Hermione se fixaient tous les deux alors que tout le monde les regardait les yeux élargis.

Harry laissa échapper un grognement en retirant sa robe de Quidditch.

"À présent, à propos de quoi vous disputez-vous encore ?" demanda-t-il.

Ron et Hermione ne bougèrent pas. Cela ressemblait à un combat visuel ce qui connaissant Ron et Hermione pouvait très bien l'être.

"Cet horrible monstre a ENCORE essayé de tuer Croûtard !" s'écria Ron de frustration. "Je t'avais dit de garder cette… cette chose éloigné !"

Hermione roula des yeux.

"Pattenrond ne comprend pas que Croûtard est un animal familier !" dit-elle. "C'est dans la nature d'un chat de chasser les rats !"

D'après cet échange, cela devait déjà durer depuis un petit moment et continuerait probablement toute la nuit si quelqu'un n'intervenait pas.

"Où est Croûtard en ce moment ?" demanda Harry. Ron pointa sa poche où il y avait une bosse tremblotant. Harry s'approcha de ses amis et tendit la main pour que Ron lui donne le petit animal terrifié. Une fois que Ron l'eut fait, Harry se tourna vers Hermione. "Tu as raison, Hermione" dit calmement Harry. "C'est dans la nature d'un chat de chasser les rats, mais c'est aussi dans la nature des chiens de chasser les chats. Les chiens peuvent être élevés en sorte qu'ils ne chassent plus les chats alors pourquoi est-ce que les chats ne feraient pas de même envers les rats ?" Il se mit face à Ron. "Tu sais que Pattenrond en veut à Croûtard. Donc, à présent jusqu'à ce que Pattenrond sache contrôler ses instincts, Croûtard restera dans ta chambre. La porte devra tout le temps rester fermée."

Avant que l'un d'entre eux puisse objecter, Harry monta l'escalier.

"Je déposerais Croûtard sur ton lit, Ron dit-il fatigué. "S'il vous plaît faites en sorte que cela marche." Avec Croûtard dans une main et sa robe de Quidditch dans l'autre, Harry entra dans son dortoir. La salle était vide, il jeta son habit sur son lit et s'approcha de celui de Ron et orienta Croûtard de sorte qu'il soit face à face.

Regardant le rat, Harry eut un brusque sentiment de familiarité mais s'en débarrassa vite. Il connaissait Croûtard depuis des années.

"Ron se soucie vraiment de toi, tu sais " dit Harry. "J'espère juste que tu apprécie ça". Il posa le rat dur le lit et allait s'éloigner lorsqu'il remarqua la patte avant gauche de Croûtard. Il manquait une griffe. Etrange, pensa Harry. Je ne l'avais jamais vu auparavant.

Ron et Hermione insistèrent sur le fait qu'ils avaient résolu leurs différents mais on pouvait voir qu'il y avait encore de la tension entre eux. Ne voulant pas vraiment jouer le médiateur encore, Harry les laissa juste se débrouiller. Il ne savait pas pourquoi ils se jetaient autant à la gorge de l'autre. C'était presque comme s'ils se battaient juste pour le plaisir de contrarier.

A fin du mois approcha, tout le monde était excité de la prochaine sortie à Pré au Lard qui était à Halloween. Même Ron et Hermione firent une trêve dans leurs disputes pour parler de tout ce qu'ils allaient visiter. Ne voulant la pitié de personne, Harry restait juste silencieux. La seule chose de bonne qui ressortait de ça était qu'il allait commencer ses leçons particulières avec le professeur Lupin. Ce n'était pas grand chose mais c'était tout ce qu'il pouvait faire.

Quand le matin de Halloween arriva, Harry prit son petit déjeuner avec Ron et Hermione et leur souhaita une bonne journée avec pour ordre de rapporter des catalogues des magasins s'ils étaient disponibles. Fermant les yeux, Harry essaya de ne pas s'appesantir dessus. Le professeur Dumbledore avait pris sa décision et il n'y avait pas de contournement possible. De plus, après tout ce que les professeurs avaient fait pour lui, Harry n'allait pas leur désobéir en filant en douce du château et des Détraqueurs.

Durant les heures à occuper avant sa leçon avec Lupin, Harry s'imagina que le mieux était de s'attaquer à ses devoirs. Il se retira dans la salle commune de Gryffondor, prit son travail et s'installa dans un coin de la pièce et commença son devoir de potions tant appréhendé. Il ignora le bruit fait par les premières et secondes années. Aucun d'eux ne le remarqua ce qui était dans ses intentions. De potions, il passa à de la métamorphose et puis finit par de la botanique.

Ayant désespérément besoin d'une pause, Harry quitta la salle Commune et marcha, inattentif, dans les couloirs. Avant qu'il ne s'en aperçoive, Harry se retrouva face à classe de défense contre les forces du Mal. Espérant qu'il ne dérangerait pas le professeur Lupin, Harry entra et s'approcha silencieusement des appartements du professeur. Il mordit ses lèvres nerveusement en frappant à la porte. Est-ce que le professeur Lupin le considérait comme une nuisance ? Etait-il une nuisance ?

Trop effrayé de le découvrir, Harry se tourna pour s'en aller lorsque la porte s'ouvrit. Il fit demi-tour, sursauta, et se tendit quand le professeur Lupin apparut. Le professeur Lupin était tout aussi surpris mais le cacha.

"Harry ?", dit-il avec un sourire. "C'est une surprise. Pourquoi n'entres-tu pas ? Je crois que le château est un peu ennuyant aujourd'hui."

"Juste un petit peu", admit Harry. "Euh – si vous êtes trop occupé, je peux revenir plus tard."

"Baliverne", dit Lupin et invita Harry à le suivre. "Alors dis-moi ce qui te préoccupe ?"

Entrant dans la pièce, Harry haussa les épaules en regardant autour de lui. Il ne put s'empêcher de remarquer un chaudron fumant qui était incongru dans le bureau du professeur de défense. Regardant le professeur Lupin, Harry se rendit finalement compte à quel point il semblait malade. L'inquiétude et la peur surpassa tous les autres sentiments que Harry avait auparavant.

"Professeur, quelque chose ne va pas ?" demanda nerveusement Harry.

Le professeur Lupin nota le chaudron et laissa échapper un soupir.

"Je ne me suis pas senti très bien ces derniers temps, Harry" dit-il et s'approchant, "Mais il n'y a rien dont tu n'es besoin de t'inquiéter. Je te le promets."

Harry n'était pas convaincu.

"Peut-être que vous devriez voir Madame Pomfresh pour être sur", dit-il rapidement. "Mieux vaut être certain que désolé."

Lupin leva un sourcil à l'insistance de Harry. Il était rare qu'Harry insiste deux fois sur la même chose lorsqu'il lui parlait.

"Qu'est ce qui se passe Harry ?" demanda-t-il patiemment. "Qu'est qui te préoccupe réellement ?"

Regardant ailleurs, Harry haussa les épaules en signe de désespoir.

"C'est juste que … je ne veux pas qu'il vous arrive quoi que ce soit" dit-il faiblement. "Nous devrions plutôt annuler la leçon d'aujourd'hui pour que vous vous reposiez. Ca ne m'ennuie pas, vraiment."

Le professeur Lupin s'assit derrière son bureau, ne quittant pas des yeux l'adolescent nerveux.

"Harry, je t'assure que je ne vais nul part", dit-il d'une voix assurée. "Je t'ai donné ma parole cet été que je serais là quand tu aurais besoin de moi, et j'ai l'intention de respecter cette promesse. J'ai aussi l'intention de t'ennuyer et de t'embarrasser toutes les fois que je pourrais dans les années qui vont venir. C'est certainement ce que ton père aurait voulu."

Harry cacha son sourire. Il avait haït les moments où les Dursley l'avaient ennuyé mais cette fois c'était différent. Le professeur Lupin ne pensait pas qu'Harry était anormal et ne le clamait pas à tout bout de champs. Pour le professeur Lupin, Harry était juste Harry ce que Harry avait toujours voulu.

"J'apprécie ton inquiétude, Harry" dit le professeur lupin avec un sourire. "Vraiment j'apprécie mais il n'y a vraiment aucun souci à se faire. Je vais me rétablir." Remarquant qu'Harry était encore hésitant, il changea de sujet. "Alors, pourquoi ne commencerions nous pas notre leçon ? A présent, comme je suis sur que tu l'as lu, un Patronus agit comme un gardien, si tu veux, cela agit comme un bouclier. C'est une force positive qui contre celle négative des Détraqueurs. C'est une projection de tous les sentiments heureux dont se nourrissent les Détraqueurs mais comme ce n'est pas humain, les Détraqueurs ne l'affectent pas."

Harry acquiesça.

"C'est unique à chaque personne" récita-t-il, "Et ne marche que si l'on se concentre sur un souvenir heureux."

Le professeur Lupin sourit.

"Très bien, Harry", dit-il en sortant sa baguette et en invitant Harry à faire le même. "Souviens-toi, tu dois te concentrer sur un souvenir heureux pendant que tu prononces l'incantation Spero Patronum. Ferme les yeux, Harry et cherche un souvenir heureux."

Harry fit comme on lui disait et ferma ses paupières. Réfléchissant très fort, il essaya de penser à un souvenir, n'importe lequel pourvu qu'il soit heureux. Il ignora tout ce qui était relié aux Dursley directement et fouilla parmi ses années à Poudlard. Il n'eut pas à réfléchir longtemps, Il savait ce qu'il devait utiliser. Il se souvint de la joie qu'il avait ressentie, la liberté, la bouffée d'air frais qui avait saisi son corps au moment où il avait décollé.

Lupin remarqua l'air paisible sur le visage de Harry et sourit.

"Ça y est, Harry" dit-il doucement. "Maintenant que tu as ton souvenir, lève ta baguette et récite l'incantation."

Se mettant en position, Harry s'imagina sa première leçon de vol dans sa tête.

"Spero patronum", dit-il fermement. Il était si immergé dans son souvenir pour se rendre compte de ce qui se passait autour de lui. "Spero patronum"répéta-t-il. Il se souvint des sarcasmes de Malfoy et de son visage lorsqu'il avait attrapé le Rapelletout. "Spero patronum !"

Venu de nul part, Harry sentit quelque chose claquer en lui et le projetant contre lui. Il entendit Lupin hurler son nom en tombant sur le sol, ahuri. Forçant ses yeux à s'ouvrir, Harry remarqua immédiatement une mystérieuse brume argentée envahissant la pièce comme un brouillard dense. Il cligna des yeux puis regarda à sa droite pour voir le professeur Lupin à genoux, le visage à l'air très inquiet.

Lupin se pencha et toucha le front de Harry avant de retourner le garçon pour vérifier son dos. Soulevant la chemise de Harry, le jeune professeur tressaillit lorsqu'il vit les bleus qui se formaient déjà.

"Est-ce que c'est douloureux, Harry ?" demanda-t-il vivement.

Cela prit un moment pour réaliser que les mots venaient du professeur Lupin. Son esprit était embrouillé. Une fois qu'il eut compris ce qu'on lui disait, Harry agita lentement la tête. Il ne sentait rien. Son corps entier était engourdi pour quelques raisons que ce soit.

"Qu'est-ce qui s'est passé ?" demanda-t-il troublé.

Le professeur Lupin conjura plusieurs coussins et les positionna convenablement.

"Allonge-toi sur le ventre, Harry" ordonna-t-il et aida Harry à se placer sur les oreillers pour que le garçon soit plus à l'aise. "D'une façon ou d'une autre, tu as surchargé le sort. Tu as envoyé trop de pouvoir dans ta baguette. Reste coucher. J'ai besoin de quelque chose pour ton dos."

Aussi rapidement que possible, Lupin s'approcha de la cheminée et jeta un peu de poudre miroitante dans le feu.

"Dumbledore ! " dit impérieusement Lupin. "Vous êtes demandé !". Une large forme se formant dans les flammes, le professeur Lupin alla à son bureau, ouvrit le tiroir en haut à gauche et en sortit un pot de crème. Il se tourna vers la cheminée pour voir Dumbledore debout, essuyant la suie de ses robes.

Le professeur Dumbledore se redressa, regarda tout autour et fixa Lupin, une étincelle dans les yeux.

"Les résultats d'une blague qui a échoué ? " demanda-t-il plaisamment.

"Rien de la sorte", dit le professeur Lupin et il se rua de nouveau aux cotés d'Harry. "Nous avons eu un petit accident. J'ai besoin que vous effectuiez un rapide bilan de santé pendant que je guérirais ses blessures."

Harry apparut être à moitié endormi, sa baguette toujours fermement tenu dans sa main. Tandis que Lupin retirait la chemise de Harry, le professeur Dumbledore s'agenouilla, cherchant la baguette mais dés qu'il toucha le bois Dumbledore retira vivement sa main et regarda le professeur Lupin.

"Qu'est ce qui c'est passé ici, Remus ? " demanda-t-il curieusement.

Le professeur Lupin jeta un coup d'œil au professeur Dumbledore puis continua à appliquer le baume sur le dos de Harry.

"Nous avons commencé le charme du Patronus" dit-il. "Quelque chose est arrivé, apparemment. Je lui ai demandé de penser à un souvenir heureux mais quand il a prononcé l'incantation, quelque chose s'est mal passé. C'était comme s'il était absorbé par son esprit. Je lui ai demandé d'arrêter mais il n'a pas semblé m'entendre".

"Son pouvoir grandit" dit pensivement Dumbledore. "Nous aurions dû nous y attendre avec l'entraînement que nous lui avons fait subir". Le directeur fit onduler sa baguette au-dessus de Harry puis laissa échapper un soupir. "En plus des bleus sur son dos, il est juste épuisé. C'est seulement le commencement, Remus. Je suis d'accord pour que Harry apprenne à se défendre contre les Détraqueurs mais j'aimerais être présent à la prochaine leçon. Je dois aussi en informer le personnel étudiant."

Lupin était stupéfait.

"Vous ne pensez pas que c'était un peu prématuré ?" demanda-t-il prudemment en remettant la chemise de Harry. Les bleus commençaient déjà à s'effacer. "Avec tout ce que nous savons, cela pourrait être juste une coïncidence."

"Possible", dit le professeur Dumbledore en se levant. "Il est à votre charge, Remus, je devrai vous laisser la décision. Personne n'a dit que vous deviez faire face à ça tout seul. Si la magie de Harry commence à évoluer, les enseignants devront l'aider à se contrôler, particulièrement en Sortilèges et en Métamorphose. Je dois prendre en considération la sécurité de mes élèves, pas seulement Harry. Il peut être un danger s'il ne sait pas se contrôler".

Remus inclina sa tête et acquiesça.

"Je sais ", dit-il faiblement. "Je m'inquiète juste de la réaction de Harry. Il veut désespérément être normal et c'est justement une chose de plus qui le diffère des autres."

Les yeux de Dumbledore étincelèrent.

"Qui a dit que tout le monde devrait être au courant ?" Demanda-t-il plaisamment avant de repartir de la même manière qu'il était venu.

Cela prit quelques heures pour que Harry revienne à lui. Le professeur Lupin lui avait expliqué ce qui était arrivé … dans une certaine mesure. Ils avaient parlé des sorts surchargés et de leurs conséquences ce qui avait légèrement dissuadé d'essayer le sort à nouveau. Oui, il voulait se défendre contre les Détraqueurs mais est-ce que c'était une bonne chose s'il s'évanouissait à chaque fois ?

Harry avait avoué qu'il était si plongé dans son souvenir qu'il n'avait pas été conscient de ce qui se passait. Cela avait semblé calmer le professeur Lupin insista qu'avec du temps et de la pratique Harry pourrait trouver un moyen plus joyeux. Harry ne pouvait pas renier son soulagement à la révélation. Il y avait encore de l'espoir.

Une fois que Lupin fut satisfait de l'état de santé de Harry, il le congédia en fixant la prochaine leçon dans deux semaines puisque le week-end suivant était le match de Quidditch contre Serpentard et que le professeur Dumbledore serait là. Cela surprit Harry mais il décida de ne rien dire. Il n'était même pas au courant que Dumbledore connaissait l'existence de ces leçons.

En s'en allant, Harry ne put s'empêcher de remarquer combien le professeur Lupin semblait malade. C'était pire qu'il y a quelques heures. Il ne voulait pas offenser l'homme alors Harry garda juste sa bouche fermée et se dirigea vers la tour de Gryffondor. Il y était presque lorsqu'il rentra dedans deux adolescents inquiets, littéralement parlant. Ron et Hermione tombèrent presque à la renverse tandis que Harry se retrouva les quatre fers en l'air.

"Harry ! s'écria Hermione en l'aidant à se relever. "Tu vas bien ? Nous t'avons cherché partout. Où étais-tu ? Ginny nous a dit qu'elle ne t'avait pas vu de la journée."

Harry regarda Hermione avec un sourcil levé.

"Euh – salut", dit-il surpris par la gaieté d'Hermione. "Je vais bien et j'étais avec le professeur Lupin. Quand êtes-vous revenus ?"

Ron haussa les épaules.

"Il n'y a pas longtemps, dit-il en faisant un pas vers Harry. Ecoute, nous nous demandons ce qui se passe entre le professeur Lupin et toi."

"Pardon ?" demanda Harry comme si c'était parfaitement normal.

Hermione sembla comprendre le ton de Harry.

"C'est juste que vous semblez très proches, Harry" dit-elle. "La façon dont il agit avec toi... C'est presque paternel... Pas que c'est une mauvaise chose mais c'est juste étrange qu'un nouveau professeur agisse de cette manière avec un étudiant qu'il vient juste de rencontrer."

"Oh !", dit Harry puis il regarda autour de lui. Ne voyant personne alentour, il invita Ron et Hermione à s'approcher. "Vous voyez, le professeur Lupin me connaissait quand j'étais bébé."

Les yeux de Hermione s'élargirent.

"Donc il connaissait tes parents ? " demanda-t-elle d'une voix calme.

Harry acquiesça.

"Ils étaient très proches depuis leurs années d'école ici" dit-il avec un sourire. "Il m'a vraiment aidé avec cette histoire de Sirius Black et il m'a même parlé de mes parents. Je sais à présent à quoi ils ressemblaient. Ils sont maintenant des personnes avec leurs forces et leurs faiblesses. Je ne peux pas expliquer ce que – "

" – Nous comprenons", dit Hermione en retournant le sourire. "Je suis heureuse pour toi, Harry, mais pourquoi tu nous ne l'as pas dit ?"

"Ouais, nous pensions que tu nous ignorais alors que tu découvrais qui étaient ta mère et ton père", ajouta Ron, semblant trahi. "Alors à quoi est-ce qu'ils ressemblent ?"

Le sourire de Harry s'élargit.

"Je pense que ma mère était comme toi Hermione, et mon père était comme les jumeaux", dit-il. "Je pense qu'il était un célèbre farceur ou quelque chose comme ça. Le professeur Lupin n'est pas trop allé dans les détails des farces."

Ron et Hermione regardèrent tous les deux Harry, choqués.

"Pas moyen !" dit Hermione. "Ils étaient complètement opposés ! Comment ont-ils pu finir ensemble ?"

"Ton père était comme eux ?" demanda Ron puis il grimaça. "Génial !"

Soulagé que Ron et Hermione soient satisfaits, Harry décida de changer de sujet de conversation.

"Alors comment était Pré au Lard ?" demanda-t-il curieusement. Il passa le peu de temps qui restait avant le dîner à écouter Ron et Hermione lui expliquer leur sortie dans le village sorcier. Ils assurèrent à Harry qu'ils avaient emmené des catalogues pour lui mais Harry ne manqua pas d'apercevoir la pitié qu'il y avait dans leurs yeux.

Le dîner de cette nuit fut comme ceux d'avant à Poudlard, des décorations incroyables et une nourriture délicieuse. Il semblait que tout le monde y prenait part. Ron et Hermione étaient plongés dans un débat sur quel était le meilleur magasin : Zonko ou Honeydukes et tout le monde semblait absorbé dans ses propres conversations.

Jetant un coup d'œil à la table des professeurs, Harry fut surpris de voir que le professeur Lupin et le professeur Dumbledore le regardaient. Il perdit immédiatement son assurance et retourna son attention à son assiette. Pourquoi est-ce qu'ils le regardaient ? Est-ce que ça avait quelque chose à voir avec la leçon ? Avait-il fait quelque chose de mal sans le savoir ?

La pensée qu'il y avait des gens qui le fixaient lui coupa l'appétit. Le festin était soudain devenu le dernier endroit où Harry voulait être. Prétextant un mal de tête, Harry dit à Ron et Hermione qu'il les reverrait dans la Salle Commune. Ils furent septiques à propos de l'excuse mais le laissèrent partir.

Parcourant les couloirs vides jusqu'à la Tour de Gryffondor, Harry ne put s'empêcher de se demander pourquoi est-ce que les deux professeurs le regardaient. Il y avait-il eut un progrès dans la recherche de Sirius Black ? Avait-il fait quelque chose sans le savoir ? Est-ce que quelqu'un avait découvert ce qui s'était passé avant son enlèvement ?

Cette pensée fit frissonner Harry. Il avait eu du mal à laisser ça derrière. Il n'avait pas besoin d'y revenir maintenant. L'oncle Vernon est en prison, se souvint Harry pour lui-même. Il ne peut plus me faire de mal. Le professeur Lupin et le professeur Dumbledore ne laisseront pas cela arriver.

Atteignant le portrait de la Grosse Dame, Harry leva les yeux pour dire le mot de passe quand il remarqua que quelque chose clochait avec elle. Elle avait l'air effrayée, même terrifiée. Harry allait demander ce qui n'allait pas quand il se rendit compte que ses yeux fixaient quelque chose derrière lui. Son corps entier se tendit alors qu'il cherchait sa baguette dans sa robe. Il l'avait presque quand quelqu'un saisit son cou et le poussa contre le mur. Cela n'était pas douloureux mais l'action n'était pas la bienvenue.

"Je ne suis pas là pour te faire du mal, Harry, dit doucement une voix masculine, éraillée. "J'ai besoin d'entrer dans la tour. Il est là, à Poudlard. Je ne peux pas le laisser te faire du mal. Tu dois me laisser entrer."

Harry n'écoutait pas. Il essayait de se libérer mais n'y arrivait pas. Même s'il ne pouvait pas voir le visage de l'homme Harry savait qui c'était : Sirius Black. La panique s'empara de lui. Il était supposé être en sécurité ici ! Les Détraqueurs étaient ici pour ça ! Comment Black les avait-il évités ?

"Laissez-moi !" s'écria-t-il. "Madame (1) ! Allez chercher de l'aide ! Vite! "

Il entendit la Grosse Dame quitter son portrait alors qu'il continuait à se débattre contre la poigne de Black. Pourquoi avait-il quitté le festin plus tôt ? Pourquoi n'était-il pas resté avec tout le monde ?

Une voix douce le tira de ses pensées.

"Harry, calme-toi, dit-il. "Je promets que je ne vais pas te faire de mal. Tu dois me croire. Il est là, à Poudlard." Sa voix se fit soudain plus pressée. "Ne baisse jamais ta garde et ne te balade pas sans ta baguette. Sois prudent, Harry."

Avant que Harry put faire ou dire quoique ce soit, quelque chose frappa l'arrière de sa tête. Tout devint noir.

Le professeur Dumbledore allait envoyer tout le monde au lit quand les fantômes des quatre maisons entrèrent dans la grande Salle et se ruèrent à la table des professeurs. Toutes les conversations cessèrent à cette étrange vue. Les quatre fantômes étaient rarement vus tous ensembles. Peu importe ce qu'ils allaient dire, tout le monde savait que c'était important.

"Professeur Dumbledore !" dit vivement Nick Quasi-Sans-Tête. "Sirius Black est dans le château ! La Grosse dame nous a informé qu'il avait Harry Potter !"

Les enseignants furent vite sur leurs pieds.

"Les étudiants, veuillez rester ici" dit calmement mais fermement Dumbledore. "Vous devrez obéir au Préfet et à la Préfète en Chef jusqu'à notre retour." Sans un mot de plus, le personnel enseignant suivit les fantômes hors de la salle, fermant les portes derrière eux pour être sûrs que les élèves ne sortiraient pas.

Tous les adultes se hâtèrent après les fantômes, les professeurs Dumbledore, McGonagall et Lupin en tête. Ils suivirent les entités flottantes à travers les escaliers et les couloirs pour arriver à la Tour de Gryffondor. Au moment où le portrait de la Grosse Dame fut en vue, tout le monde s'arrêta, horrifiés par la vision qu'ils avaient.

La Grosse dame était de retour dans son portrait et, à genoux, le visage en larmes, enfoui dans ses mains. Allongé face contre terre, devant elle, était Harry Potter. Des marques pâles couvraient le dos de son cou, en forme de mains. Il ne remuait pas.

Le professeur Lupin fut le premier à bouger et à se précipiter aux cotés de l'adolescent, son pupille, le fils de son ami. Il fit rapidement mais précautionneusement rouler le garçon pour prendre son pouls avec des mains tremblantes. Il laissa immédiatement échapper un soupir et appuya Harry contre sa poitrine, déterminé à ne pas laisser partir le garçon encore.

"Il est vivant", dit-il à ses collègues.

Le professeur Dumbledore se tourna vers le reste du personnel et les fantômes.

"Fouillez le château", dit-il fermement puis il se tourna vers le professeur McGonagall. "Minerva, retournez à la Grande Salle et assurez-vous que personne ne panique. Vous devriez dire aux amis de Harry qu'il a été retrouvé". Puis il s'adressa à Madame Pomfresh. "Harry sera logé dans mes quartiers jusqu'à ce que nous soyons sûrs que le château soit sécuritaire pour lui. Rassemblez vos remèdes et rejoignez-nous là-bas."

N'ayant pas besoin d'en entendre plus, le personnel et les fantômes s'en allèrent. Laissant échapper un soupir, Dumbledore se tourna vers le jeune professeur qui tenait fermement le garçon blessé. La figure plongée dans les cheveux noirs et désordonnés du jeune homme. Le directeur s'agenouilla et mit une main rassurante sur l'épaule de Lupin.

"Remus, Madame Pomfresh doit soigner les blessures de Harry" dit-il doucement. "Je sais que vous vous inquiétez pour Harry, mais vous devez être fort pour le moment."

Le professeur Lupin acquiesça et repositionna Harry dans ses bras avant de se lever, tenant toujours fermement le garçon. Ses yeux rencontrèrent ceux de Dumbledore avec un regard à l'intérieur signifiant «essayer de l'éloigner de moi et je vous tue ». Le professeur Dumbledore laissa échapper un autre soupir puis marcha avec Lupin vers ses appartements pour trouver Madame Pomfresh les attendant déjà.

Ils grimpèrent les escaliers en silence. Quand ils entrèrent Dumbledore regarda Remus et Pompom emmener Harry dans une chambre. Il était clair que le professeur Remus J. Lupin était désespérément attaché à son pupille. Le professeur Dumbledore ne pouvait pas ignorer l'inquiétude qui se développait en lui. Si quelque chose arrivait à Harry Potter, Remus serait dévasté.

Il devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour que cela n'arrive jamais.