Tandis que Galahad et Dagonet aidaient Ailinn a monter derrière Bors, je rejoignit Gauvain sans broncher.
Nous galopions en silence, j'avais à peine posé mes mains sur les hanches de mon chevalier. Je tirai la gueule, oui. Comme si il l'avait présenti, lâchant une main des rennes de son cheval, il vint saisir la mienne. Se retournant d'un quart pour me regarder dans les yeux, il me sourit. Je fis la moue et mon regard se perdit au loin... Il me lacha la main et se concentra à nouveau sur sa tâche.
Je repensai à mes premiers amours perdus. Toujours la même histoire. Je tombai amoureuse, je m'enflammais et puis le brasier qui me consumait était éteind de force car mon amant s'avérait être un connard. Certes, j'avais envie de serrer Gauvain contre moi, de l'embrasser fougueusement, de me laisser aller totalement au point de lui appartenir le temps d'une nuit. Mais il m'avait nié toute la matinée, cela me refroidissait quelques peu.
J'étais tellement perdue dans mes pensées que je ne m'aperçus pas que nous étions arrivés à destination. Je fus sortie de mes pensées par le cheval de Bors lançé au galop. Gauvain le suivit, et les chevaliers s'alignèrent aux côtés d'Arthur.
Le mur d'Hadrien... Entier, et immense. J'étais impressionnée...
"Nous voilà des hommes libres. Je vais boire jusqu'à plus pouvoir pisser droit !" projeta Bors.
Quelle classe! Non mais, vraiment!
"Tu fais ça tous les soirs!" lui répondit Gauvain.
Je me tournai vers Ailinn, me retenant d'éclater de rire, et apparament, elle aussi.
"J'ai jamais pu pisser droit ... Faut dire que c'est pas facile à manier ce que j'ai là !"
Gauvain leva les yeux au ciel, totalement blasé.
Bors continua:
"Non mais, c'est un vrai problème! C'est comme ..."
"Une grosse pomme dans une main de bébé" continuèrent les chevaliers d'une seule voix avant de laisser aller dans un fou-rire, m'entraînant avec eux par leurs rires communicatifs.
J'étais contente qu'ils soient libres, oubliant la prophétie contée par Myrddin avant notre départ.
Nous longions le mur à présent, j'écoutais les conversations des chevaliers, leurs projets futurs... Arthur chevauchait en tête de ligne, Bors et Ailinn, Gauvain et Moi, et Galahad étions juste derrière , Tristan nous suivait de près, tandis que Lancelot et Dagonet étaient juste devant le convois de l'évêque... Je l'avais presque oublié celui-là...
"Je ne l'aime pas ce romain..." lança Galahad
Tu n'es pas le seul, crois-moi...
"Si il est ici pour nous congédier, qu'attend t il pour nous donner les documents?"
"Galahad, tu ne connais pas les romains ? Ils ne se gratteraient pas le cul sans en faire une cérémonie ! " raillai Gauvain
"Pourquoi tu ne le tuerais pas? Je te congédierais aussitôt après !" répliqua Bors
" Je ne tue pas par plaisir... Contrairement à certain ... "
Subitement, des images de notre bataille contre les pictes me revint en mémoire... J'avais prit plaisir à tuer...
"Tu devrais essayer, tu y prendras goût, tu verras !" dit Tristan qui nous avait rejoint
Ca me glaçait le sang rien que d'y penser... Je refusais de devenir une meurtrière, de manière définitive.
"C'est en toi, c'est dans ton sang. Admets-le !" essaya de le convaincre Bors
"Non, non... Non ! Dès demain, tout cela ne sera plus qu'un mauvais souvenir..." Galahad avrait vraiment l'air heureux que tout ça se termine enfin...
Galahad et Tristan passèrent devant nous, alors que Gauvain continuait de parler:
"Je me suis souvent demander que signifierait mon retour après tout cela, qu'est ce que je ferais? C'est différent pour Galahad: Moi, je mène cette vie depuis plus longtemps que les autres... Le souvenir de ma Terre n'est plus clair dans ma mémoire."
Il ne m'avait pas encore parlé de lui, de son passé... Cette dernière phrase piqua ma curiosité, il allait avoir droit à une interview... Rapprochée ou non.
Bors lui répondit:
"Ce dont je me souviens, c'est qu'il y faisait très froid. Tous ceux que je connaissais sont morts et enterrés... Et puis je dois avoir ... Au moins une douzaine d'enfants;"
"Tu en as onze" le corrigea Gauvain
Bors le regarda, ne relevant pas la remarque, et continua:
"Ecoutes, quand les romains partiront d'ici, tout ce que tu vois m'appartiendra!"
Et il se mit à rêver tout haut:
"Je serais... gouverneur de mon propre village! Dagonet sera mon garde personnel! Mon lèche-cul personnel! C'pas vrai, Dag?"
L'intéressé ne prêta pas attention au délire de son ami...
"La première chose que je ferais en rentrant, c'est trouver une belle Sarmate et l'épouser !" expliqua Gauvain.
Je souris malgré moi... Je me serais bien vue en tant que l'épouse de mon belâtre...
Bors répondit du tac au tac:
"Une femme Sarmate est belle ? Si ça existait, on ne serait jamais partis !"
Et Bors imita le meuglement de la vache avec une énorme classe - ironie -
Non mais oh! Ca va oui?
Bors et Gauvain rièrent de bon coeur après cette piètre imitation;
"Et toi, Lancelot, quels sont tes projets ?" questionna Bors
"Si l'épouse de Gauvain est aussi charmante qu'il le prétend, je peux passer le plus clair de mon temps chez Gauvain ! Son épouse appréciera la compagnie."
Bors ricanait et j'entendis Ailinn pouffer, et en guise de réponse, je lui tirai la langue.
"Ah oui ? Et moi, quel sera mon rôle ?" Demanda Gauvain.
"Tu remercieras le ciel de te donner des enfants qui me ressemblent !" décida Lancelot, en souriant vicieusement.
Bors continuait à se bidonner
"Après ou avant t'avoir tué avec ma hache ?" lança Gauvain, en le fusillant du regard
Tristan rapella son Faucon qui vint de poser sur son avant bras gauche. J'étais désormais seraine, et heureuse, simplement. Je sentais une vague de contentement m'entourrer, tant que n'importe quel empathe aurait pu se sentir aussi en paix que moi... Je sentai néanmoins de la rage émaner de ma cousine, je me tournai donc vers elle, lui envoyant un flux apaisant... Je lui lançait un sourire compatissant même si je ne comprenais l'origine de son sentiment austère, et elle haussa les épaules en guise d'excuses.
oOoOo
C'est au galop que nous passâmes la porte de la cité, qui contrairement à ce que je m'étais imaginée, avait l'air d'une cité romaine. C'est d'ailleurs des romains qui nous ouvrirent la grille qui donnait sur une cours du village. Nous nous allignèrent, laissant passer la cariole de l'évêque.
Un homme vint saluer les chevaliers, il avait une épaisse touffe de cheveux bruns et un air simple mais très gentil.
"Et Jols, vient donc aider les demoiselles à descendre !" lança Bors
Mais je n'eus pas besoin de l'aide de l'homme pour descendre de mon destrier, et me laissa glisser, après que Gauvain en soit descendu.
"Je suis Jols, bienvenue mesdames"
"Merci, je suis Morrigann et voici ma cousine, Ailinn, enchantées de te connaître ... Jols ! "
Mais quel nom à coucher dehors...
Arthur invita l'évêque à s'installer dans ses quartiers:
"Eminence, mes quartiers sont à votre disposition."
et celui-ci prit ça comme un dut...
"Ah... Oui. J'ai besoin de repos."
Il ne remercia même pas le commandant de ce geste...
"Vive les Romains et leurs façon sympathique de tout s'approprier !" râla ma cousine.
Je ne pouvais qu'acquiesser.
Galahad se mit à rire et se mit en route avec les autres. Ailinn et moi, le suivirent.
Une femme se planta devant Bors, certainement Vanora. Elle lui colla une de ces giffles!
"Où étais-tu parti ? Combien de temps je t'ai attendu ?"
"Oooh ma p'tite fleur ! Tant de passion ! "
Et ils s'embrassèrent fougueusement... Gauvain m'avait donc dit vrai sur les sentiments de ces deux là. Je souris, presque émue de ressentir leurs émotions. Ils s'aimaient vraiment...Papa Ours avait trouvé son homologue féminin avec Vanora, bien que physiquement elle était plutôt petite, en tout cas, je la dépassais une demi tête. Elle était plus forte que moi sans être "grosse", et j'admirais son visage de fée... De grands yeux verts, une bouille ronde, et ses longs cheveux bouclés et acajou qui lui tombaient sur les épaules... Elle était jolie, mais avait l'air dotée d'un fameux caractère! C'était une femme forte. Au final, ils allaient très bien ensemble.
Ailinn avait l'air stupéfaite, et ne les quittait pas du regard. Je la bousculai pour la tirer de sa rêverie:
"Ca se fait pas d'observer les gens comme ça ! Aller viens !" lui dis-je, en riant
"Nan mais t'as vu ça ? Elle lui a collé une baffe !" dit ma cousine, estomachée
Je la tirai par le bras en continuant de rire, avançant vers les chevaliers.
"Et Gamine !" apella Bors
"Bors ? C'est tous tes enfants, ça ?" questionna Ailinn qui connaissait déjà la réponse, en se retournant
"Ce sont les miens aussi" préçisa Vanora
"Vanora, je suppose !" s'assura ma cousine en souriant
"Tu as parlé de moi Bors !" lui-dit elle en lui assénant un coup de coude accompagné d'un regard complice
"Que en bien ma p'tite fleur ! J'te jure !" lui dit-il, dans ses petits souliers tandis que celle-ci adopta un air dubitatif
On ne put s'empêcher de rire devant ce preux chevalier soumis à sa femme.
"Ailinn, et elle, c'est ma cousine, Morrigann, enchantée, Vanora"
Elle nous regarda de haut en bas, avant de nous demander:
"Que diriez-vous d'un bon bain, les filles?" avec un sourire chaleureux
Oh oui! J'en avais bien besoin, et Ailinn également... Se nettoyer de la crasse qui nous recouvrait mais aussi histoire de se détendre un peu, et de se laver mentalement...
Celle-ci alla échanger quelques mots avec Arthur alors que je m'émerveillais devant les enfants de Papa Ours... Mon regard se posa sur la plus grande des filles qui tenait le dernier né dans les bras, elle était la copie conforme de sa mère, elle se tenait à côté de son frère, qui portait les cheveux longs... On aurait pu les prendre pour des jumeaux mais le garçonnet était plus petit qu'elle, j'en conclus qu'il était plus jeune. Deux autres garçons se chamaillaient: un petit pâlot avec les cheveux noirs et les grands yeux de son père, et son frère un peu plus grand. Le bébé était très mignon, il avait déjà quelques cheveux clairs, aux reflets roux. Il était tout jouflu, ce qui me fit penser à son père, bien portant...
L'idée d'avoir un enfant m'avait déjà traversé l'esprit, mais dans notre monde cela impliquait beaucoup de problèmes liés à l'argent, que je n'avais pas, étant toujours étudiante. Et je ne voulais pas enfanter avec le premier venu, je voulais que ce soit l'Homme avec un grand H. Celui qui me ferais me sentir unique, qui pourrait me rassurer lorsque j'étais inquiète, qui pourrait me calmer lorsque j'étais énervée. Je voulais aimer cet homme sincèrement, que même le temps qui passe ne pourrait m'enlever mes sentiments...
Ma cousine me rejoint, je souris à la pensée de fonder un jour une famille et nous nous rendîmes chez Vanora. J'avais envie de sautiller comme une petite fille. J'étais heureuse, tout allait pour le mieux. Et pour nous, et pour les chevaliers. Je me dis que nous allions certainement bientôt pouvoir rentrer chez nous, j'allais retrouver mes parents, les copines, et même si je n'aurais pas pu leur raconter ce que j'avais vécu, je l'écrirai pour ne jamais oublier notre aventure...
oOoOo
Nous pénétrâmes dans la piètre demeure qu'elle partageait avec Bors lorsqu'il était là, et leur nombreuse progéniture... Ce n'était pas une grande maison bien qu'elle devait abriter treize personnes. La salle principale n'était pas bien grande mais suffisante pour accueillir une grande table cernée de deux longs bancs, et en bout de cette table se trouvait la chaise de Bors, en chêne foncé, avec un grand dossier et des accoudoirs également en bois massif. Je les imaginais furtivement, attablés, les enfants disposés sur les bancs, Bors venant son maître des lieux sur son "trône" et Vanora servant tout ce petit monde, faisant des allers/retours avec les gamelles jusqu'au point de feu qui se trouvait un peu plus loin...
"Faites comme chez vous" déclara-t-elle poliement avant d'aller préparer ce dont nous aurions besoin pour notre bain.
Plus facile à dire qu'à faire, nous étions attaquées de part et d'autres par sa marmaille...
L'un me tirait d'un côté pendant que sa petite soeur me tournait autour en riant. Un garçonet s'avança vers moi, un léger sourire sur les lèvres, mais le regard amusé et espiègle:
"Comment tu t'apelles?"
"Morrigann, et toi?" lui répondis-je doucement mais assez fort pour qu'il puisse m'entendre malgré les rires hystériques des autres enfants.
"Eilin" me dit-il simplement, avant de courir après l'un de ses frères
Oui, hystérique était le mot. Ils couraient partout, se cognant par ci, par là, faisant s'écrouler les godets que Vanora n'avait pas encore eu le temps de ranger, l'un d'eux n'étaient pas encore vide et fit une belle flaque en tombant. Les petits marchaient dedans et salissaient tout, car le sol était en terre battue, je vous laisse vous imaginer le spectacle. Une pointe de migraine commençait à faire son apparition.
Je pénétrai dans la salle de bain, la première pièce sur la droite, après avoir passé l'entrée. Il y avait deux autres pièces, je suppose que l'une des deux était leur chambre... un peu plus loin, au fond de la pièce principale était dissimulé un petit escalier de fortune menant à un genre de mezanine où dormaient certainement les enfants, la nuit tombée..
Je me déshabillai rapidement et alla me caller dans la bassine qui faisait office de baignoire. Cela faisait un bien fou d'être entourée par l'eau tiède. Ailinn était encore en train de se déshabiller quand Vanora entra à son tour, dans la pièce.
"Je ne sais pas ce qui leur prend mais ils sont plus excités que d'habitude" souffla-t-elle, adossée à la porte, une main sur le front, elle avait l'air épuisé.
"C'est la nouveauté !" luis répondis-je en me frottant
"Par tous les dieux ! Mais enfin que t'est il arrivé ?" questionna Vanora en s'approchant de ma cousine, les yeux écarquillés.
"Nous nous sommes fait attaqués par des Pictes, je me suis battue et voilà le résultat !" lui répondit celle-ci.
"Défais le bandage, et baigne toi, je vais chercher ce qu'il faut pour te soigner !" et elle repartit au "front"
"Décidément ! Je trouve qu'on nous traite mieux ici que chez nous !" commentais-je, finissant de me laver.
"Personne ne s'est autant occupé de moi depuis que nous sommes ici... Enfin, pas depuis Grand-mère, en tout cas." remarqua Ailinn
Vanora revint avec un baume et un nouveau bandage propre. Je sortis de la baignoire, mieux dans ma peau, m'entourrant ce que qui servait de serviette.
Vanora nous prêta des vêtements, trop larges, mais confortables. Une robe de lin bleu pour Ailinn et une robe de coton verte pour moi. Je m'y sentais bien, un peu comme dans une robe de nuit. Je me séchai les cheveux avec cette même serviette.
Je m'adossai contre le mur, chippotant avec mes ongles en essayant d'enlever la poussière et le sang sec qui s'y trouvait encore en dessous. Puis, la tête se mit à me tourner, des papillons noirs virvoletant devant mes yeux. Je me sentai faible, comme soulevée tout en gardant les pieds par-terre. Une grosse lumière m'aveugla.
Je baladais dans un bois, et vu ma tenue, c'était dans notre époque. Une petite rouquine marchant à peine me tenait par la main, s'émerveillant des insectes qui lui tournaient autours en riant. Elle me lacha et se rapprochait dangereusement d'un point d'eau, je la rattrapais, inquiète et furieuse contre moi-même d'avoir relaché mon attention: "Nolwenn! Non!" Et je serrai ce petit bout d'à peine 3ans dans les bras, alors qu'elle riait, croyant à un jeu...
Je revins peu à peu à la réalité... perturbée par ma vision mais ne laissant rien parraître.
Pendant ce temps, Ailinn avait fini de se laver et Vanora s'occupait d'elle.
Elle rangea nos armes dans un coin, mit nos linges à tremper et nous invita à l'accompagner à son travail, à la taverne. Sur le trajet, Vanora nous fit visiter le village, je m'émerveillais. Chez nous, il ne restait rien de tout cela, tout avait soit été démoli soit rénové, mais plus rien n'était d'époque...
Elle nous indiqua les écuries, Jols se tenait dans le fond, il rangeait les armes dans l'étable.
"Jols ?" l'interpella ma cousine
"Oui Demoiselle Ailinn ? "
"Arthur nous a autorisé à prendre deux chevaux, pourriez vous me montrer ceux qui ont perdu leurs propriétaires, s'il vous plaît ?"
Jols nous amena aux chevaux que nous pourrions choisir, je lançai un regard à Vanora lui signifiant de patienter quelques minutes, et nous échangèrent un sourire amical.
"Quel est le nom de celle-ci ?" demanda ma cousine, caressant la tête d'une superbe jument noire.
"Epona, son nom est Epona !"
Je m'approchai d'un magnifique étalon ébène également, afin de le caresser... J'étais sous le charme. Il était magnifique, possédant une longue crinière aussi noire qu'une nuit d'été. Il avait l'air puissant, j'imaginais aisément ce que cela devait donner lorsqu'il était lancé au galop... Je m'y voyais déjà.
"Et celui-ci ?" l'interrogeais-je, à mon tour, ne quittant pas la bête du regard, laissant ma main parcourrir son flanc
"Il se nomme Ombre, dame Morrigann"
Ombre... Commun comme nom. Mais ça lui allait terriblement bien.
Vanora nous laissa le temps de faire connaissances avec les bêtes. J'avais enfin ma propre monture! Et bien que cela voulait également dire, ne plus voyager collée à Gauvain, j'étais contente. J'allais enfin pouvoir prendre les rennes en main, ne faire qu'un avec mon cheval en galopant à toute allure sur les immenses plaines que nous allions traverser... C'est pensive que je suivis ma cousine, pour aller retrouver Vanora et se rendre à la taverne.
oOoOo
Quelques Romains s'y trouvaient déjà, Vanora nous servit des godets de vin aromatisé aux herbes et s'éclipsa discrètement. Il était excellent! J'aurais pu en boire des litres par pure gourmandise... et je ne me fit pas prier pour enchaîner les verres. Mais ce breuvage était traître! Ma cousine et moi étions déjà pompette après quelques verres, l'ambiance était au rendez-vous. Nous rigolions pour rien, nous échangeant des regards complices. J'avais terriblement chaud mais je m'amusais. C'était bon de rire, après toutes ces épreuves que nous avions traversés.
Des Romains s'incrustèrent, nous draguant allègrement. Ma cousine et moi ne passâmes pas deux minutes sans éclater de rire, tant que mes abdos me faisaient mal.
"C'est comme ça qu'on drague à Rome ?" ricanais-je alors qu'un de nos compagnons de beuverie venait de me comparer à un cheval!
"Comment fait-on chez vous pour courtiser les dames ?" interrogea le voisin de table de ma cousine.
"Et bien, disons qu'on ne nous compare pas au flanc d'un cheval, pour commencer !" Continuais-je, redoublant d'hilarité
"On ne peut donc pas vous laissez seules sans que vous ne buviez avec les Romains ?" dit Tristan, accompagné de Gauvain et Galahad. Gauvain arriva, l'air d'une brute épaisse. Il regarda les romains avec une pointe d'amusement, mais reprit son sérieux en leur faisant signer de dégager, d'un geste de la main.
Ceux-ci s'installèrent à la table, et les romains capitulèrent, leur cédant la place. Bors se trouvait plus en arrière et quand les romains passèrent à sa hauteur, il tapa du pied au sol, ce qui leur fit doubler leur vitesse. Je n'en pouvais plus de rire, je riais désormais aux larmes, ne me privant pas de me moquer de ces gars en jupette!
Nous contiuâmes à boire durant un moment, avant que Gauvain se leve, tout sourire. Il "ramassa" un couteau qui jonchait le sol, en le soulevant avec le pied, saisi l'arme au vol et le lança directement sur la cible prévue à cet effet. Evidement, il rata son coup et le couteau vint se planter à ras de la cible, il émit un rire franchement ridicule, surement parce qu'il se sentait un peu bête, Galahad se mit à rire également, Gauvain lui jeta un regard de défi avant de lui tendre les couteaux et de se rassoir. Enivrée, je me plaçais derrière Gauvain, et commença à lui masser doucement les épaules. Le fait de sentir de la chaleur s'évader de lui, me fit frissoner, alors que mon énergie passait à travers mes mains. Cela ne pouvait que lui être bénéfique. Tristan débarqua de nulle part, et lança également un couteau, qui vint se planter dans celui que Galahad venait de tirer, et ce, malgré qu'il ne soit pas vraiment concentré.
"Tristan... Comment fais-tu celà?" interrogea Gauvain, l'air loin...
"Je vise le milieu" indiqua celui-ci, comme si c'était une évidence, en croquant dans une pomme.
