Disclaimer: Les personnages appartiennent tout naturellement à S. Meyer.

Et voilà le retour de nos vampires après leur « escapade » à Thomasville... et aussi quelques infos sur la vie de Bella...

Alors, verdict ?


(EPOV)

-Emmett, c'est nous. On rentre. On devrait être là vers minuit.

-ok Edward. Vous avez découvert des choses ?

-oui, on vous expliquera çà en rentrant. Dis, comment va Bella ?

- elle est dans le salon avec Esmée et Alice, elles décorent le sapin.

-préviens Esmée et Alice mais ne dis rien à Bella, je ne veux pas qu'elle s'angoisse. Nous lui expliquerons tout quand elle sera réveillée demain.

-ok frangin. Tu peux me passer ma Rose ?

Je tendis le mobile argenté à Rosalie, assise à l'arrière avec Carlisle. Jasper était au volant.

Après plusieurs heures de route, nous passions enfin devant le panneau « Bienvenue à Forks ». Je me sentais un peu plus léger. J'allais retrouver Bella. Elle devait dormir à cette heure.

La villa apparut au bout du chemin, seul le salon était éclairé. Jasper gara la Mercédès dans le garage. Esmée, Alice et Emmett nous y rejoignirent. Alice devançant ma question me dit en m'embrassant la joue :

-ne t'en fais pas, elle dort dans ta chambre.

Je regardai Emmett, étonné.

-J'ai installé un lit dans ta chambre. Venez, on va vous expliquer.

Nous nous installâmes autour de la grande table de la salle à manger pour faire un point en famille. Carlisle prit la parole puis Esmée. Il me tardait de retrouver Isabella et mon regard se portait souvent vers l'escalier menant à l'étage.

-Monte la retrouver Edward. Malgré nos attentions pour elle, elle t'a attendu tout le weekend, me dit doucement Esmée.

Je montai la volée de marche en un bond et ouvris doucement la porte de ma chambre. Emmett avait installé un grand lit blanc, pareil à celui qui se trouvait dans la chambre de Bella à la place de mon bureau. Elle dormait, recroquevillée au milieu de ce grand lit, ses longs cheveux bruns ondulant sur les oreillers. Je m'installai à ses côtés, repoussant délicatement les mèches brunes me cachant son visage. Elle ouvrit de grands yeux encore endormis vers moi.

-Edward…tu es rentré…

-Oui ma Bella, je suis là. Rendors-toi mon amour.

Elle posa sa tête sur mon torse, attrapa ma main et se rendormit paisiblement. Je ne pus me résoudre à me détacher d'elle et passai la nuit, là, tout contre elle, écoutant sa respiration, m'emplissant les poumons de son parfum léger.

Au petit matin, ma douce se réveilla, ouvrant ses grands yeux bruns. Je pouvais y lire toute sa joie de me revoir. Nous nous embrassâmes longuement. Bella passa sa main dans mes cheveux et s'accrocha à ma nuque. Elle se pelotonna contre mon torse, assise sur mes cuisses. Telle une enfant. Je la laissais faire. C'était sa façon à elle de me retrouver. Nous restions ainsi un long moment, sans rien dire, juste nous caressant.

xxx

La plainte de l'estomac de Bella nous ramena à la réalité. C'était l'heure du petit-déjeuner ! Je laissais Bella dans la salle de bain et descendis lui préparer des œufs. Carlisle était là. Il m'attendait surement.

-Bella est réveillée ?

-Oui, elle prend une douche. Elle ne devrait pas tarder.

-Prêt à lui révéler ?

J'acquiesçai, confiant mais néanmoins stressé. Comment allait-elle réagir ?

-Où sont les autres ?

-A l'étage et au garage, je leur ai demandé de nous laisser tous les trois pour le début de ces explications.

Le parfum de Bella emplit la pièce.

-La voilà, siffla tout bas mon père.

Bella apparut dans l'embrasure de la porte quelques secondes plus tard.

-Bonjour Bella. Bien dormi ? demanda Carlisle.

-Oh ! Bonjour Carlisle. répondit Bella avec un grand sourire.

Elle courut vers mon père pour le prendre dans ses bras. D'abord étonné, il lui rendit son étreinte.

-Tu m'as manqué Carlisle. J'ai tellement eu peur pour vous tous, expliqua Bella.

-Tiens ma belle, assieds-toi et mange.

Bella engloutit ses œufs dans la foulée. L'appétit semblait revenir. Cependant, après quelques bouchées, elle reposa sa fourchette. Nous connaissions cette expression sur le visage de Bella. Elle était inquiète.

-Alors ? Qu'en est-il pour moi ? dit elle simplement, en levant les yeux vers Carlisle.

-Hé bien Bella, nous avons appris beaucoup de choses.

J'allais m'asseoir à côté de Bella et lui pris la main. Carlisle s'assit face à elle.

-Nous avons commencé par l'orphelinat. Le bâtiment tombe doucement en ruine et tout est resté tel quel. Jasper a trouvé les bureaux et les archives et nous avons pu récupérer ton dossier. Si tu veux le voir, il est dans mon bureau.

Le cœur de Bella s'emballa un peu à cette idée. J'allais prévenir Jasper quand elle m'adressa un sourire.

-Oui, j'aimerais le voir. Avec vous tous.

-Puis nous nous sommes rendus au bureau de l'aide sociale qui s'occupait de ton dossier ainsi qu'à la Police. Un avis de disparition à ton encontre avait bien été rédigé mais il ne semble pas être arrivé jusqu'au bureau de la Police car nous n'y avons rien trouvé te concernant.

Elle soupira mais je ne sus dire si c'était de soulagement ou de dépit.

-Nous sommes allés ensuite jusque chez Nick, repris-je. La maison était fermée avec des scellés de la police. Nous avons fait des petites recherches et il s'avère que Nick a été déclaré mort.

Les yeux de Bella s'emplirent de larmes. Elle retint sa respiration, me questionnant du regard.

-Nous sommes entrés dans la maison et avons récupéré quelques affaires pour toi. Tout est dans le garage.

Je ne pouvais pas lui dire que nous avions vu la cave qui était restée telle quelle depuis la fuite d'Isabella. Les chaînes étaient toujours accrochées dans les anneaux scellés dans le mur, le matelas commençait à pourrir au sol…

J'avais fermé les yeux en découvrant cette pièce, pris d'un malaise. Comment Bella avait-elle pu vivre, ou plutôt survivre, ici ?

Lorsque je les rouvris, mon regard tomba sur un objet fin et sombre, accroché en bas de l'escalier…un fouet…ma colère prit le dessus et je le réduisis en miettes. Ce fut Rosalie qui me sortit de cette colère en posant doucement sa main sur les miennes, compressant toujours l'objet de torture. Je levai les yeux sur elle.

-J'aurais fait la même chose Edward. Mais c'est son passé, elle ne pourra jamais l'oublier totalement. C'est à nous de la soulager de tout cela maintenant. pensa ma sœur à mon attention.

Carlisle se racla la gorge pour me ramener avec eux. Bella acquiesçait à mes dernières phrases, malgré les larmes silencieuses qui commençaient à inonder ses joues.

-Mais…, dit-elle tout bas en fixant Carlisle. Il y a un mais n'est-ce pas Carlisle ?

Les autres étaient entrés doucement derrière Bella, sans doute avaient-ils suivi la conversation. Mais Bella ne les avait pas entendus.

-Jasper et Rosalie ont voulu vérifier plus loin Bella. Nous sommes donc allés au cimetière. Nous avons trouvé la tombe de Nick et…

-il n'est pas dedans. souffla-t-elle.

Ses larmes redoublèrent, son cœur s'affola. Carlisle était déjà prêt d'elle, surveillant son pouls. Je tenais ses mains fermement. Elle restait étrangement calme. Mais elle n'était plus avec nous. Son regard était loin, dans le vague.

Une seule phrase sortit de sa bouche, faible son mais que nous entendîmes tous, sans en comprendre la signification première chez Isabella

- Je te retrouverai, quoiqu'il arrive…

Elle sanglotait et rien ne semblait l'atteindre. Je me retournai sur Jasper mais il ne comprenait pas.

-Bella, arrête de me bloquer. Je veux t'aider… cria Jasper en s'approchant d'elle.

La voix la fit sursauter et elle revint parmi nous.

-Excuse-moi Jasper.

Elle se blottit contre moi et je pus voir le don de Jasper agir.

Je n'ai jamais rien vu de tel pensa mon père.

Une petite voix nous sortit de nos pensées.

-Si Nick n'est pas dans sa tombe, c'est…qu'il est un vampire, n'est-ce pas ?

Personne ne répondit. Nous connaissions déjà la réponse. Et Bella également...

Emmett se jeta sur Isabella, la serrant contre lui à lui en couper la respiration.

-Ne t'en fais pas Bella. Si un jour il approche, il tâtera de mon poing. On ne touche pas à ma petite sœur.

Bella lui sourit tendrement et posa sa main dans les cheveux noirs d'Emmett. Le lien entre ces deux-là était vraiment fort. J'aurais même pu en être jaloux si je ne savais pas lire les pensées profondes de mon frère.

De nouveau sur ses pieds, essuyant ses larmes d'un revers de la main, nous adressant un sourire, Bella demanda d'un air qu'elle voulut enjoué :

-Alors, les vampires sont-ils allergiques au lait de poule ?

Un rire général retentit dans la cuisine.

Nous en reparlerons avec Bella plus tard. pensa Carlisle.

Laissons-la profiter de Noël. se dit ma mère avec un sourire attendri pour Bella.

xxx

(BPOV)

Rosalie m'avait expliqué qu'ils ne fêtaient que très rarement Noël. Ils avaient donc fait une exception pour moi cette année. Sûrement pour me faire plaisir.

Edward jouait au piano depuis plus d'une heure. Des berceuses. Et des chants de Noël. Je les reconnaissais dès les premières notes et parfois, Alice, pelotonnée dans les bras de Jasper, face à moi, les chantonnait avec moi. Emmett et Rose étaient partis faire quelques courses pour le repas de ce soir. Après le petit-déjeuner, j'avais rejoint Carlisle dans le bureau pour récupérer mon dossier. J'étais redescendue m'installer dans le canapé mais laissais le dossier sur la table de salon, tout près de moi. Jasper et Alice m'observaient du coin de l'œil. Assise en tailleur sur le canapé, je fixais le dossier sans oser l'ouvrir.

Voulais-je vraiment savoir ? Depuis mon adolescence, j'avais voulu voir mon dossier. Et aujourd'hui, alors qu'il était là, devant moi, je n'osais pas le toucher. Esmée m'avait rejointe au moment du déjeuner. J'étais toujours absorbée dans mes pensées, face à ce dossier qui résumait ma vie d'orpheline. Elle m'avait doucement proposé de déjeuner mais je ne pouvais pas. Mon estomac ne m'entendait pas. J'inclinais la tête et posais pendant de longues minutes la tête sur l'épaule d'Esmée. Rosalie et Emmett étaient rentrés à ce moment. Le géant était venu s'accroupir devant moi, plongeant ainsi ses yeux dans les miens puis posa son front sur le mien. Je fermai les yeux et nous restâmes ainsi quelques minutes.

Dans l'après-midi, Carlisle était venu s'installer sur l'un des canapés pour lire le journal. Je l'observais, amusée de cette activité tellement humaine pour un vampire. Mais Carlisle était beaucoup plus que çà. De temps à autre, je posais ma main sur mon dossier. Un contact glacé, un carton lisse. Peut-être pensais-je ressentir en le touchant toutes les frustrations de toutes ces années…

Edward continuait à jouer. L'entendre me permettait de rester calme, cela me reposait. Il avait sûrement dû discuter avec sa famille, de leur façon tellement « vampirique » que je n'avais rien entendu mais je m'en fichais. Aujourd'hui, ils s'étaient tous mis à mon rythme misérable d'humaine. Je m'allongeais, la tête sur l'un des gros coussins qu'Esmée avait installés au salon depuis mon arrivée et notre rituel de la sieste. Carlisle s'approcha doucement de moi.

-çà va Bella ?

Pour toute réponse, j'attrapai sa main qui était venue se poser sur mon front, et la posai longuement sur ma joue.

La porte s'ouvrit brusquement sur un Emmett rugissant dans le salon.

-il neige ! Il neige !

Je sursautai à cette apparition puis me relevai rapidement. Je n'aimais pas particulièrement la neige mais le fait que les flocons apparaissent pile pour Noël me procurait toujours un petit sursaut d'excitation dans l'estomac. Je courus jusque sur le perron pour voir ces premiers flocons, Edward sur mes talons. Il me prit dans ses bras, amoureux, et nous restâmes quelques minutes ainsi.

-A quoi penses-tu Bella ?

-Que j'aime les Noël blancs. Que j'aime les chants de Noël, surtout quand c'est toi qui les joues au piano. Je me dis aussi que j'ai de la chance de vous avoir trouvés et surtout d'avoir ton amour. répondis-je tout simplement, les yeux regardant toujours la neige voler.

-Bella, voudrais-tu devenir ma femme ?

Je pivotai vers Edward, accrochant son regard ravageur. Il avait dit çà doucement, comme s'il avait peur que je ne réagisse mal. Je crochetai mes mains autour de son cou.

-Bien sûr Edward ! dis-je, au bord des larmes.

Alice déboula en sautillant, son rire cristallin nous arrêta dans notre étreinte.

-Je le savais ! Dis, Bella, je pourrais organiser votre mariage ?

Je levai les yeux vers Edward qui me fit une moue d'impuissance. Il ne pouvait rien contre sa petite sœur.

-Bien entendu Alice.

xxx

Aux environs de 21 heures, Alice m'emmena en trombe dans la salle de bain de l'étage. Et en moins d'un quart d'heure, je me retrouvais vêtue d'une longue robe cintrée à la taille en velours gris, mes cheveux lâchés en une cascade de boucles brunes. A notre retour dans la salle à manger, tous les membres de la famille Cullen avaient revêtus leurs tenues de soirée et la table était dressée. La soirée passa dans la bonne humeur. Carlisle alluma un feu dans la cheminée du salon et nous nous y installâmes.

Mon dossier était toujours posé sur la table de salon. Edward suivit mon regard et me le tendit. Je regardai longuement Edward qui m'encourageait avec un sourire. Je m'assurai que Jasper n'était pas trop loin de moi et tournai la première page. Mon acte de naissance. Je le connaissais par cœur. J'en avais toujours une photocopie sur moi. Je connaissais les prénoms de mes parents mais les relire là, encore une fois, provoqua de petits sursauts pour mon cœur. Tous les perçurent car Edward resserra sa prise sur ma taille et Jasper se leva.

Non, je ne pleurerais pas ce soir.

Je levai la tête vers la famille, leur adressant un petit sourire rassurant et décidai de leur commenter mes découvertes dans ce dossier. Vinrent les actes de décès de mes parents, une copie du rapport de leur accident de voiture, la décision du juge de mon placement à l'orphelinat. Je n'avais jamais vu ces documents.

Le rapport d'enquête faisait cinq pages. Je retins mon souffle en lisant le document. Ils s'étaient mariés deux ans avant ma naissance. Mon père venait de terminer sa thèse d'océanographe et ma mère travaillait comme dresseuse au dolphinarium de Thomasville. Instinctivement, je portai la main sur le petit dauphin en or qui ne quittait pas mon cou depuis l'orphelinat. Un jour où j'avais voulu le donner à Megan, notre surveillante m'en avait empêchée en expliquant que je l'avais au cou depuis le jour de mon entrée à l'orphelinat et que c'était en quelque sorte mon héritage. De cet instant, le fragile dauphin ne m'avait plus quittée. Des centaines de fois, des milliers même, je m'étais interrogé sur le pourquoi de ce bijou. Aujourd'hui, je comprenais enfin. Ce dauphin, c'était ma mère…c'était mes parents…leur passion de l'eau…

J'oscillais entre la nostalgie, la tristesse et la frustration. Je ne connaissais rien de ce couple que formaient mes parents. Je n'avais jamais su ce qui s'était passé exactement. Je ne savais même pas leurs professions ! Et là, en première page, tout me sautait aux yeux : leurs âges, leurs professions, notre adresse, la marque de leur voiture…tout ce qu'un enfant sait de ses parents quand il vit auprès d'eux.

J'étais en colère contre moi car je m'aperçus alors que pendant toutes ces années, je n'avais jamais tenté de connaître ces informations.

-Bella, calme-toi. Qu'as-tu ? me demanda Jasper, ce qui me sortit de mes pensées. Pourquoi cette colère ? et cette douleur ?

-Je viens de réaliser que je ne savais rien de mes parents…pas même leurs métiers…et je m'en veux car je n'ai jamais cherché à savoir…chuchotai-je sans relever la tête.

Je sentis une main sur mon épaule…celle de Jasper, avant qu'il ne s'asseye tout près d'Alice.

J'égrenais mes découvertes à haute voix, regardant de temps à autre la famille qui écoutait attentivement mes interventions. J'eus quelques petits frissons en découvrant le document qui me déclarait « adoptable ». Ce simple papier n'aura finalement jamais servi… Je replongeais un peu dans mon passé lorsque je trouvais les fiches des parents qui avaient pu, à un moment, désirer m'adopter. Je me revis dans la grande salle, que nous appelions « l'aquarium » entre orphelins, guettant le défilé des familles adoptantes. 5 fiches. 5 couples m'avaient remarquée mais ces 5 couples avaient finalement choisi un autre orphelin. Quelques bulletins scolaires. J'étais plutôt bonne élève. Je ne m'en souvenais plus. Puis le dossier de ma famille d'accueil. Je ne l'ouvris même pas. Je le déposais par terre, au pied du canapé. Non, je ne voulais pas ce soir revivre encore une fois cette souffrance. Vinrent deux enveloppes moyennes en kraft brun. Dans la première, des photos. Une dizaine de photos.

-Oh Bella ! Tu as des photos ! releva Alice

-celle-ci, c'est le jour de mon entrée à l'orphelinat. Je la connais déjà. Sur celle-ci, on voit Megan et Paul… Des photos des Noëls à l'orphelinat, formant une petite chorale avec tous les pensionnaires devant le traditionnel sapin en plastique décoré….Sur celle-ci, Megan était encore vivan…là… Celle-là, c'est la veille de mon départ chez Laura et Nick.

Je passais les photos à Edward qui les distribuait aux autres. Tous regardaient les quelques clichés de ma pauvre vie. Une dernière photo. Je la retournai. Je ne sus pas quoi dire.

-Bella ?

Après quelques secondes, je leur répondis

-ce sont… mes parents.

Edward m'attira dans ses bras. Je caressais doucement le papier glacé. Je ressentais quelque chose mais je ne savais pas comment le définir. De la tristesse peut-être. Non. Ce n'était pas de la tristesse que je ressentais mais de la nostalgie, ou peut-être de la déception. Déception de ne pas avoir eu le temps de les connaître. Je les aimais bien entendu, ou du moins, j'aimais l'idée d'avoir eu des parents. Mais je n'avais aucun souvenir à partager sur eux, pas même une petite allusion. Nous ne nous étions jamais connus mais étions liés. Le destin en avait choisi autrement.

Une photo, un peu cornée et décolorée comme dernière pièce de mon dossier. Une photo d'un couple, qui, à l'évidence, semblait heureux, un bébé vêtu d'une petite robe parme dans les bras. Des années étaient passées.

Mon passé était mon passé. Aujourd'hui, une famille m'accueillait les bras ouverts et j'avais trouvé l'homme de ma vie.

Ma vie. J'avais fait un choix à propos de ma vie après avoir longuement parlé avec Carlisle. Il faudrait que j'en parle à Edward.

Dans la seconde enveloppe, quelques cartes d'anniversaire et des vieux articles de journaux. Je ne connaissais pas cette écriture. La signature ! Molly…

Molly ! Molly de la piscine ? Molly des caramels ? Pourquoi Molly ?

Mon cœur battait la chamade. Edward avait du le percevoir et caressait doucement mon bras.

-Qui est Molly ? chuchota-t-il.

Mais je ne répondis pas, obnubilée par cette écriture.

Je lui donnais les coupures de presse pendant que je lus la première carte tombée sous ma main.

« Bella, ma petite Bella,

Je pense que cette carte sera la dernière que tu recevras de ma part. Je suis malade et les médecins ne sont pas très optimistes. Je ne verrais sûrement pas ton prochain anniversaire.

Bella, ma Bella, j'aurais dû avoir la force de réclamer ta garde, ou de venir te voir à l'orphelinat de temps en temps. Je t'en prie, pardonne-moi. Ta mère et moi étions comme deux sœurs malgré notre différence d'âge. Les perdre m'a dévastée mais je me rends compte aujourd'hui que je ne me suis jamais demandée ce que tu avais pu ressentir dans ton petit coeur d'enfant. Sache que pendant toutes ces années, je n'ai cessé de penser à toi et j'espère t'avoir apporté quelques moments de tendresse dans ta vie si difficile lorsque je te voyais à l'entrée de la piscine. Ta mère n'a jamais cessé de nager, pas même pendant qu'elle t'attendait. Tu aimes l'eau, comme tes parents. Elle sera ta sœur à jamais. Joyeux anniversaire ma Bella. Molly. »