Bon réveillon du 31 décembre à tout le monde ! Prêts à danser ?

Voici le chapitre 10 avec un peu d'avance parce que je ne suis pas sûre de pouvoir le poster demain ! (Pourquoi faut-il travailler le 31 ?!)

Merci à tous les revieweurs ainsi qu'à adenoide (il n'a jamais été prouvé nulle part que les gobelins pouvaient ôter un horcruxe, même si on peut le voir dans de nombreuses fictions :)) qui n'a pas de compte ffnet.

Je vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année !

Bonne lecture :)


CHAPITRE X - ALLIÉS


Après dîner, ils se rassemblèrent tous autour de la table de la terrasse. Cassandra, Anton, Crystal, Rip, Déméter, Hermione, Ron et Harry étaient tous là et prêts à discuter. Les trois jeunes femmes étaient rentrées dans l'après-midi et le trio avait terminé à peu près au même moment leur rentrée d'informations. Quant à Anton et Cassandra, ils avaient trouvé pas mal de choses qui pourraient être intéressantes.

Ce fut Déméter qui commença la soirée en examinant attentivement Ron. Elle avait donné la liste des aliments qu'il devrait désormais manger à Harry et le brun suivait scrupuleusement les règles, tout comme il s'employait à le tirer du lit tous les matins pour s'entraîner correctement. Aussi furent-ils tous ravis quand la jeune médicomage annonça avec un sourire que la maladie reculait tout doucement et qu'ils devaient continuer sur cette voix là pour qu'elle régresse jusqu'au stade précédent. Ensuite, quand son insuffisance serait stable, Ron pourrait se permettre quelques excès de temps en temps. Mais pour le moment, le régime était strict.

Déméter avait longtemps parlé avec Harry de son régime alimentaire en le voyant trop maigre. Harry avait fini par lui parler des Dursley et des abus, et la jeune femme lui avait imposé le même régime qu'à Ron. Et elle fut ravie de constater qu'en trois jours de traitement, il avait déjà pris trois cent cinquante grammes. Elle lui expliqua que la prise de poids correcte s'estimait à environ cinq cents grammes par semaine, soit deux kilos par mois. Elle lui recommanda de manger des avocats et des noix, de ne pas hésiter à ajouter de la mayonnaise dans ses crudités et d'éviter les sucres rapides.

Puis, elle se tourna vers Hermione et lui dit joyeusement :

- Je t'annonce que j'ai trouvé une solution pour ton œil gauche.

- Qu'as-tu trouvé ? S'excita la petite sorcière.

Les autres se redressèrent et se firent très attentifs alors que Déméter continuait :

- Un de mes professeurs a abordé le sujet des yeux artificiels aujourd'hui. Un auror anglais en possède un. Il s'appell-

- Alastor Maugrey, dit Fol-Œil, compléta Ron avec un sourire victorieux, évidemment ! Pourquoi on n'y a pas pensé avant ?

- Parce que l'œil du professeur Maugrey est bleu électrique, qu'il tourne dans tous les sens et qu'il est juste terrifiant, expliqua Harry avec un rictus crispé.

Hermione déglutit nerveusement et Déméter rit légèrement avant de dire :

- Alastor Maugrey est quelqu'un de paranoïaque. Son œil artificiel est un œil magique qui voit derrière sa tête, au travers des murs et sous les capes d'invisibilité.

- D'ailleurs, il faudra qu'on pense à vérifier votre carte magique dans la soirée, intervint soudainement Crystal en se souvenant de leurs doutes sur l'identité de certaines personnes.

- Une carte magique ? Vous m'expliquerez ça plus tard, je continue. Donc, je disais que tu peux avoir un œil normal. Il serait de la même couleur que ton œil droit et n'aurait aucune fonction particulière. Par contre, tu n'y verras jamais avec la même précision que si tu avais tes deux yeux d'origine. Ta vision de l'œil gauche sera un peu floue.

- Ça me va. Tant que je peux avoir quelque chose à la place de mon orbite vide, ça me conviendra. Merci du fond du cœur Dém.

La jeune femme lui sourit gentiment et Agrippine sauta sur ses deux pieds pour expliquer, surexcitée :

- A mon tour ! Je n'ai pas découvert grand-chose par contre. La patronne m'a avoué que les aurors, quand ils lui parlaient de la guerre contre Vol-machin, ils disaient que le symbole de reconnaissance était un tatouage sur l'avant-bras gauche. Ils appelaient ça la « Marque des Ténèbres ».

- La Marque des Ténèbres, hein ? Murmura Ron.

- Pas besoin de dessin, compléta Harry.

- Bon sang, mais bien sûr !

Tous regardèrent Hermione avec surprise quand la jeune fille frappa son poing gauche dans sa paume droite. Elle regarda ses deux amis et leur dit :

- Vous vous souvenez quand j'ai testé le sort de diagnostic à Poudlard, je vous ai dit que le professeur Rogue avait un sortilège sur son avant-bras gauche ! Ça devait être la Marque des Ténèbres !

- Mais attends… Du coup ça veut dire qu'avec ton sort de diagnostic, on a un moyen infaillible de détecter les Mangemorts ! S'exclama Ron.

- Bien sûr ! S'écria Hermione à sa suite avant de se tourner vers Déméter, dis-moi Dém, si sur mon œil artificiel, on ajoutait ce fameux sort de diagnostic, quelles conséquences ça aurait ?

Harry et Ron regardèrent Hermione, surpris et se tournèrent vers la médicomage avec un regard plein d'espoir. La jeune femme réfléchit un instant et répondit :

- D'après ce que mon professeur a expliqué, la modification de l'œil artificiel dépend de la puissance et du nombre de sortilèges posé dessus. Avec un sort de moyenne puissance, je dirais qu'il est possible qu'il y ait une légère différence avec ton œil droit. Mais rien d'aussi exceptionnel que l'œil magique de Maugrey.

- Qu'en pensez-vous ? Demanda la jeune fille en se tournant vers ses deux meilleurs amis.

- C'est ton œil, Mione, à toi de décider, fit Harry en haussant les épaules avec un sourire tranquille.

- Si tu acceptes, on aura un détecteur à mangemorts en direct, sinon, on n'aura qu'à lancer le sort, c'est tout. Ne t'en fais pas, termina Ron, paisiblement.

Hermione réfléchit une minute et accepta finalement avant de demander :

- Dis-moi, comment est-ce que je peux avoir un œil artificiel ?

- J'avais pris un rendez-vous pour toi au cas-où. Nous irons toutes les deux, toi identifiée comme ma petite sœur, le vingt-trois dans l'après-midi. On devrait procéder à l'opération dans la journée du lendemain et je pense que nous serons rentrées le vingt quatre au soir. Ça ira ?

- Ça devrait être bon. Le temps que tu te remettes, Mione et que le cœur de Ron se stabilise, vous pourriez partir pour début mars. Et si jamais une solution pour ma jambe existe, je viendrai avec vous. Sinon, je coordonnerais les informations d'ici, dit Harry doucement.

Ron et Hermione se regardèrent, incertains. Comment continuer sans Harry ? Ils ne passeraient pas plus d'un mois sans qu'ils se disputent. Et si Harry n'était pas là pour les calmer, ils ne savaient pas comment ils allaient pouvoir être efficaces.

La jeune fille songea un instant qu'elle aimait beaucoup le surnom dont Harry l'avait affublé lorsqu'il était trop fatigué par ses cauchemars récurrents. Inconsciemment, il avait raccourci son prénom en ce diminutif qu'elle trouvait trop mignon et quand il s'était excusé, gêné, elle lui avait dit que ça ne la dérangeait pas. Évidemment, Ron l'avait remarqué et s'était empressé de l'utiliser.

Cassandra et Anton s'avancèrent alors et l'ancien directeur du département des mystères prit la parole :

- Nous avons deux grandes nouvelles pour vous. Nous avons trouvé le moyen d'espionner le directeur de Poudlard par un moyen direct et nous avons peut-être une arme de qualité pour l'un d'entre vous.

Ils se regardèrent tous, surpris. Une arme et un espion ? Ça semblait un peu trop beau. Déméter, assise sur l'accoudoir de Ron lui pressa l'épaule en le sentant se tendre légèrement. Le rouquin et ses deux amis parlaient d'expérience quand ils disaient qu'une bonne nouvelle était souvent suivie par une mauvaise.

Cassandra s'avança en tenant un grand paquet rectangulaire de la taille d'une grande fenêtre. Elle ôta le papier kraft qui le recouvrait et Harry poussa une exclamation en reconnaissant le personnage bien éveillé qui les regardait avec une franche curiosité :

- C'est un des anciens directeurs de Poudlard ! Il est en tableau dans le bureau du professeur Dumbledore !

C'était un homme bien en chair à l'air très aimable. Ses yeux bruns étaient chaleureux, ses cheveux restant faisaient une tonsure tout autour de sa tête, partant de derrière ses oreilles et son nez rouge témoignait de son attachement à l'œnologie.

Cassandra eut un sourire de requin et présenta :

- Voici Dexter Fortescue, un ancien amant et excellent ami.

Crystal blêmit. Un amant de sa grand-mère ? Elle fit la grimace et Hermione leur expliqua que dans l'histoire de Poudlard, Fortescue avait été directeur juste avant Armando Dippet et que, contrairement à la plupart des directeurs, il avait pris sa retraite et n'était pas mort en exerçant. Elle leur dit que c'était quelqu'un de très apprécié des élèves et profondément juste. Il n'était pas un grand politique mais avait été élu pour son envie de protéger et de prendre soin des enfants.

- Ma très chère Cassandra, c'est un véritable plaisir de te revoir. Tu es toujours aussi belle et radieuse ! S'exclama l'homme corpulent avec emphase.

Les six plus jeunes échangèrent des regards perplexes et s'horrifièrent en voyant la vieille femme au visage buriné rougir légèrement :

- Dexter, tu es un tel flatteur enfin ! Ça fait quoi, à peu près soixante ans qu'on ne s'est pas vu ?

- Tant que ça ? J'ai l'impression que c'était hier !

- Grand-mère… ?

- Ah, Dexter, voici Crystal, ma petite fille.

- Ah quel joli nom. Elle doit avoir le même âge que Florian, mon cher petit fils. Je suis parti quand il avait cinq ans. Je ne l'ai jamais vu grandir.

Dexter Fortescue laissa échapper une petite larme et Anton se racla la gorge pour arrêter les effusions de nostalgie qui rendaient les jeunes mal à l'aise. Cassandra se secoua et entama la conversation sérieuse :

- Dexter nous avons besoin de ton aide.

L'ancien directeur compris immédiatement qu'il y avait un problème et croisa les doigts sous son menton en se redressant de son fauteuil :

- Je t'écoute. Hé mais… Je connais ce petit là… Tu viens souvent dans le bureau d'Albus, non ?

- O-Oui, monsieur, dit Harry, hésitant entre incertitude et méfiance.

- Albus est extrêmement inquiet de te savoir disparu et toute l'école ne parle que de ça. Les tableaux ne cessent de bavasser sur les rumeurs qui se propagent entre les élèves. Tu m'as donné plus d'un mal de tête au cours du mois dernier, petit.

- Je… Je suis désolé, monsieur.

- Quel est ton nom mon enfant ? Demanda-t-il en s'adoucissant.

Il aimait sincèrement les enfants et celui-là semblait si gêné à l'idée de l'avoir dérangé qu'il l'apprécia tout de suite.

- Harry, monsieur.

- Et bien Harry, pour quelle raison t'es-tu enfui ?

- C'est pour ça que j'ai fait appel à toi Dexter, intervint Cassandra en reprenant le contrôle de la conversation, nous avons un problème avec Albus Dumbledore.

Le tableau hocha la tête et ils lui racontèrent tout. Ils se relayèrent au fur et à mesure pour donner tous les détails. Fortescue ne dit rien, il enregistra tout dans sa mémoire, s'assombrissant au fil des minutes qui passaient, surtout lorsqu'ils évoquèrent la jambe coupée d'Harry et l'œil d'Hermione. Mais sa réaction sur ce sujet ne fut rien en comparaison de son explosion de colère quand il apprit que le directeur de Poudlard avait jeté un sort extrêmement dangereux sur le cœur de Ron.

Il traita Albus de tous les noms et seules les supplications de Ron purent l'empêcher d'aller régler son compte au directeur actuel. A la fin du récit, il poussa un gros soupir :

- Vous dîtes que vous êtes des Changeurs, c'est bien ça ?

Harry lui montra le livre et les yeux de Fortescue s'illuminèrent, le convaincant définitivement. Même s'il était mort, il pouvait encore voir le monde changer, son tableau était toujours présent. Et s'il pouvait aider ces chers enfants et sa chère amante, il acceptait sans réserve.

Même s'il promit, Cassandra jeta un sortilège au tableau pour l'empêcher de parler. Fortescue accepta et ils discutèrent pendant un moment de ce que le directeur actuel pouvait bien manigancer. L'homme corpulent promis de les tenir informés et disparu de l'autre côté du tableau, laissant la toile grecque avec un fond orange et un fauteuil rouge vides.

- Je pense que le directeur Fortescue va être un allié précieux, dit Anton avec un sourire.

- Surtout que les tableaux des directeurs de Poudlard peuvent se balader dans tout le château. Il pourra sans doute communiquer des informations à nos futurs alliés, précisa Hermione.

- Il faudra discuter de ça aussi, intervint Ron.

- Peut-être, mais avant de faire nos plans, je propose de vous montrer l'arme dont je vous parlais tout à l'heure. Quelque chose de très pratique.

Le trio se regarda et attendit l'explication de Cassandra. La prophétesse leur sourit et sortit un écrin fait de marbre blanc et veiné d'or de sa poche.

- Voici l'arme de la déesse Athéna. Celle dont elle se servait quand elle entrait en guerre contre ses frères.

- Une arme de déesse ? N'est-ce pas un peu trop dangereux pour des humains normaux ? S'inquiéta Harry.

- C'est parce que tu penses ainsi Harry que l'arme d'Athéna a des chances de te choisir, dit Cassandra, très contente d'elle-même en voyant l'écrin émettre des pulsations de lumière dorée aux mots d'Harry.

Le garçon regarda l'écrin avec curiosité, une légère crainte au fond de son cœur. Son expérience avec les Horcruxes lui avait appris qu'il n'était pas forcément très sain de créer des choses qui étaient faîtes pour modifier ce qui ne devait pas être changé. Une arme avec une trop grande puissance psychologique pouvait faire des ravages parmi les humains. Il suffisait de penser à cette quête de l'immortalité que beaucoup d'hommes recherchaient.

Quelques sorciers avaient trouvé une solution. Les Horcruxes, horrible création qui déchirait l'âme. La pierre philosophale qui nécessitait un grand nombre de vies humaines pour la créer, d'après les informations données la veille par Cassandra. Des réussites, certes, mais à quel prix.

Cet écrin contenait certainement ce genre de choses. Un gain de force certain, mais à quel prix ? Si cette chose le choisissait, allait-il perdre son humanité, ses amis, son âme ? Il ne voulait pas devenir plus fort si c'était pour être contrôlé par une chose créée par et pour les dieux à l'origine.

Ron et Hermione n'avaient pas cette crainte là, mais aucune d'entre eux n'étaient liés avec un Horcruxe et aucun d'entre eux n'avaient cette impression de ne pas être entièrement lui-même. De ne pas être en paix avec soi-même. Il frissonna quand la lumière sortant de l'écrin pulsa de plus belle.

Plus il pensait, plus ça pulsait. Et il n'aimait pas ça du tout.

Soudain, la lumière illumina la terrasse, et probablement toute la ville tant elle fut forte et une forme mystique apparut. C'était une forme humaine mais fantomatique, vague.

Elle avait l'apparence d'une belle femme d'une trentaine d'années, au visage sévère et juste. Ses longs cheveux bruns et bouclés étaient tressés dans son dos et maintenus sur sa tête par un casque grec avec visière sur l'arête du nez. Ses yeux gris étaient perçants et semblaient pouvoir lire au fond de l'âme. Son nez droit et son menton volontaire en faisaient une femme de pouvoir et de grande puissance. Elle portait une toge blanche de la Grèce antique qui descendait jusqu'à ses pieds chaussés de sandales traditionnelles. Un épais bouclier où une tête de femme ayant des serpents pour cheveux seyait son bras gauche, et dans sa main droite, elle tenait une grande lance d'or où une grande chouette dorée était posée.

Hermione et Crystal ouvrirent la bouche sous la surprise mais ce fut Agrippine qui les renseigna en murmurant :

- Athéna…

En voyant les regards ébahis des autres, Hermione les renseigna rapidement, les joues rouges, espérant ne pas faire d'erreurs en sachant que la déesse semblait l'écouter attentivement :

- Athéna est la déesse de la sagesse et de la guerre dans la mythologie grecque. Je ne veux pas dire qu'elle aime se battre Harry. Au contraire, elle est heureuse lorsqu'il n'y a pas de batailles mais lorsqu'elle entre en guerre, elle ne perd jamais et va jusqu'au bout. Certains disent qu'elle est la fille favorite de Zeus et qu'il est extrêmement indulgent avec elle.

- Je t'accorde tout cela jeune fille mais ce n'est pas par toi que je me sens appelée même si ton cœur est bon et pur. J'aurais pu me sentir appelée par toi s'il n'y avait pas eu cet enfant. Enfant, quel est ton nom ? Demanda-t-elle d'une voix éthérée et puissante en se tournant vers Harry.

- Ha-Harry… Madame.

- Appelle-moi Athéna, enfant. Ma magie a senti un lien avec la tienne. Tu dois être sage pour t'être rendu compte, surtout à ton âge, qu'une arme pouvait desservir au camp qui l'utilisait si elle était trop puissante, n'est-ce pas ?

- J-Je ne pense pas être particulièrement sage, Mad- Athéna. J'ai juste eu de mauvaises expériences.

- C'est ce que je lis dans ton cœur. Chère Cassandra, amie de longue date et fidèle conseillère, je te remercie mille fois d'avoir gardé la source de mon pouvoir jusqu'à maintenant.

- Ce fut un honneur, répondit humblement la vieille dame.

- Enfant Harry, je vais lier ma magie à la tienne. Un entraînement puissant te permettra de débloquer mes pouvoirs qui vont devenir les tiens. Je te sais suffisamment raisonnable pour ne pas en abuser.

- J-Je ne peux pas accepter ! S'exclama Harry en se redressant.

- Tu m'offenses, enfant, dit-elle sévèrement.

- Ce n'est pas mon intention mais il me manque une jambe ! Je ne peux pas combattre !

La déesse se posa à quelques millimètres du sol, cessant de se balader dans les airs et regarda le moignon bandé qu'Harry désignait de la main. Ses yeux se firent vagues un instant et elle échangea un regard avec la prophétesse qui ouvrit la bouche sous la surprise. Puis, la déesse remonta et elle dit de sa voix venue d'ailleurs :

- Cela n'a pas la moindre importance, tu y trouveras une alternative. Je te fais un cadeau, enfant Harry, acceptes-le sans rechigner.

- M-Mais…

Un regard sévère le fit taire et il soupira légèrement :

- Bien Athéna. Je… J'accepte votre présent.

- Parfait. Ne t'en fais pas, lorsque tu auras besoin de mon aide, je serais là pour te guider. Désormais je veillerais sur toi, jusqu'à ce que tu maîtrises la totalité de ta nouvelle magie.

Elle les salua d'un signe de tête et la lumière décrut lentement, rentrant dans l'écrin. Ils restèrent tous béats pendant quelques minutes, tentant d'assimiler qu'une déesse mythique de la Grèce antique venait d'offrir ses pouvoirs à Harry pour qu'il mène sa bataille et ça, uniquement parce que l'adolescent craignait le pouvoir.

Ron donna une grande claque dans le dos d'Harry pour qu'il respire et lui fit un grand sourire :

- Et bah mon vieux, je sens qu'on va rigoler avec ça !

- Pour ma part, je sens surtout qu'il va falloir que tu travailles sérieusement pour l'utiliser sans danger, dit Hermione en jetant un regard réprobateur au rouquin.

- Compte sur moi pour y travailler, fit Harry d'une voix hallucinée.

Il venait d'hériter des pouvoirs d'une déesse.

Il venait d'hériter des pouvoirs d'une déesse.

Nom de dieu, Athéna venait de lui donner ses pouvoirs !

Cassandra eut un grand sourire. Parfait, juste comme elle le pensait. Quand elle s'était rendue à l'endroit où l'écrin avait été caché toutes ces années, il s'était illuminé légèrement en sa présence et celle d'Anton. L'héritier destiné à récupérer la magie d'Athéna pour la faire sienne était une personne qu'ils côtoyaient tous les deux. Ils avaient des résidus de la magie d'Harry, d'Hermione et de Ron sûr eux, c'est pourquoi la magie de l'écrin avait pulsé légèrement. Et quand l'objet magique qu'il renfermait avait été en contact avec Harry, la magie avait opéré et Athéna avait complété l'héritage.

- Félicitations, tu viens d'obtenir un des plus grands pouvoirs de ce monde, Harry, l'informa Anton avec un sourire en coin.

Tous rirent au gémissement désespéré de l'adolescent à la cicatrice. Il était bien le seul être humain à ne pas se réjouir d'une telle chose.

L'atmosphère se détendit lentement et quand Harry fut rassuré un bon million de fois par Crystal, Anton, Cassandra, Ron et Hermione qui lui dirent qu'ils allaient l'aider à travailler sa magie pour que les pouvoirs d'Athéna deviennent les siens et ne le contrôlent pas, Cassandra fit glisser l'écrin vers lui pour qu'il l'ouvre.

Harry s'exécuta timidement. Personne n'avait jamais vu l'intérieur de l'écrin. D'ailleurs, à part Cassandra, personne n'avait jamais vu l'écrin non plus. Quand Harry l'ouvrit dans un petit « clic » très léger, une lumière douce s'échappa et vint danser autour d'Harry, se fondant tranquillement en lui.

- Ne t'inquiète pas, c'est la magie gardienne de l'écrin qui te reconnaît comme héritier d'Athéna. Elle vient de s'ajouter à ton noyau magique et de s'endormir. Elle renforcera ta magie quand tu seras prêt, lui expliqua Cassandra.

Le Gryffondor hocha distraitement la tête et regarda à l'intérieur de l'écrin, saisit d'une curiosité tout à fait légitime. Après tout, ce qui était à l'intérieur lui appartenait plus ou moins maintenant. Il jeta un coup d'œil dedans et ouvrit de grands yeux surpris.

C'était un sublime bijou. Une unique boucle d'oreille faîte d'or blanc. Elle commençait par un minuscule anneau qui devait faire la taille de son lobe, juste suffisante pour l'entourer comme le ferait une boucle d'oreille ordinaire. Puis, douze longues minuscules chaînes aux maillons fins descendaient dans une surprenante longueur pour se terminer par de petits cristaux de toutes les couleurs en forme d'octaèdres parfaits un peu allongés, de la taille d'une phalange. Harry songea que ça ressemblait un peu à la couleur « carreau » des jeux de cartes mais en relief.

Les couleurs des douze différents cristaux étaient : rouge vif, orange doux, jaune d'or, vert prairie, vert sapin, bleu nuit, bleu ciel, gris anthracite, blanc neige, violet zinzolin, ocre presque brun et rose fuchsia. C'était beau, ensorcelant et ça émettait une douce lumière alors qu'Harry effleurait chaque petit cristal du bout des doigts.

- Il n'y a pas un truc à l'intérieur des cristaux ? Demanda Agrippine dont la vue perçante venait de voir quelque chose qui avait échappé à tous les autres.

Harry eut beau approcher ses yeux des cristaux, il ne distingua rien d'autre qu'un petit gribouillis noir à l'intérieur. Ce qui fit froncer les sourcils de la médicomage qui lui prit ses lunettes de vue d'un geste leste.

Harry poussa une exclamation surprise et tous se tournèrent vers elle, étonnés. Qu'est-ce qui lui prenait ? Déméter examina les lunettes avec un froncement de sourcils qui s'accentua quand elle lança un sort de diagnostic sur les yeux d'Harry :

- Harry… Ça ne t'a jamais dérangé de voir tout le temps flou ?

- Je vois flou ?

- Tu ne t'en rends pas compte ? S'étonna-t-elle, imitée par tous les autres qui regardaient maintenant Harry avec un air de poule devant une télécommande.

- Je ne sais pas, je sais juste que ma vue s'éclaire quand je mets mes lunettes.

- De quand date ton dernier rendez-vous chez l'ophtalmologiste ?

- L'ophta… quoi ? C'est une sorte de médicomage ?

- … Il y en a chez les médicomages, Harry, mais l'ophtalmologie c'est moldu. C'est celui qui soigne tes yeux et qui détermine de quel niveau de correction tes yeux ont besoin.

- Je n'en ai jamais vu. Je me souviens que je me cognais beaucoup et qu'oncle Vernon m'a un jour ramené une paire de lunettes en m'ordonnant de ne plus casser quoi que ce soit. Ça a marché. J'ai vu un peu plus clair le jour où Hermione a réparé mes lunettes quand je l'ai rencontré dans le train. Mais pas depuis.

- Je crois comprendre… Rappelle-moi de dire quelques mots à ta famille si tu les revois Harry…

- Prends un ticket Dém ! S'exclama Ron.

- C'est noté ! Bref, d'après ce que tu m'as dit, tu aurais eu besoin de lunettes quand tu étais enfant mais le niveau de correction que t'a donné ton oncle avec ces lunettes a détérioré ta vue encore plus que ce qu'elle était déjà. Quand Hermione a réparé tes lunettes, inconsciemment, ça a ramené la correction à celle que tu aurais dû avoir quand tu étais enfant. Mais comme ta vue s'était dégradée entre temps, tu y as simplement vu plus clair, mais toujours pas net.

- Oh… Je n'ose pas imaginer à quel point le monde doit être beau quand on y voit clair…

Harry murmura ça doucement, déçu de ne pas pouvoir voir la chose à l'intérieur des cristaux translucides et encore plus en sachant désormais qu'il ne voyait pas les choses telles qu'elles étaient.

Déméter posa une main sur son bras et lui dit :

- Je peux te lancer un sort temporaire pour que tu y voies correctement, mais il ne durera que pour la soirée. Ensuite, nous aviserons, d'accord ?

- D'accord, merci Dém.

- Mais je t'en prie.

La jeune fille murmura un sortilège dont il ne comprit rien et soudain, ses yeux le piquèrent. Ils se remplirent de larmes sous la douleur et la surprise et il les frotta en grognant. Il ouvrit les yeux, un peu hésitant et recula brutalement dans son fauteuil en poussant un cri aigu :

- Bordel !

Crystal recula sa tête avec un rire malicieux et les autres éclatèrent de rire. Harry les regarda tour à tour, complètement surpris par leurs visages qu'il semblait redécouvrir. Il voyait nettement les contours de leurs visages. Il distingua pour la première fois la beauté renversante de Crystal, la douceur du visage de Déméter, l'air malicieux d'Agrippine, les longs cils d'Hermione, les quelques tâches de rousseur de Ron, les quelques cicatrices d'Anton et les nombreuses rides de Cassandra. Il en resta bouche bée. Ron sourit et Harry vit quelques fossettes au coin de ses lèvres.

Heureux comme jamais, il attira les mains de Déméter dans les siennes et les pressa en lui murmurant mille remerciements. La jeune femme en rougit d'embarras et se racla la gorge en lui précisant que ce n'était que temporaire. Harry hocha la tête, ravi quand même et concentra son attention sur les cristaux, devant les demandes répétées de ses amis qui commençaient à être gênés qu'il les regarde avec temps d'attention.

Il se pencha en fermant un œil et finit par voir de minuscules symboles à l'intérieur des octaèdres translucides. Hermione et Ron les examinèrent à leur tour quand il leur avoua ne pas reconnaître ces symboles. Hermione haussa les épaules avec ignorance et Ron en fit de même. Ce fut Agrippine qui les reconnu en premier :

- Je ne les connais pas tous, mais ça, j'en suis certaine, c'est le signe du Taureau, c'est mon signe.

- Le signe du Taureau ? Répétèrent les autres, perplexes.

Cassandra comprit la première en examinant un instant les symboles :

- Agrippine à raison, c'est le signe zodiacal du Taureau dans le cristal bleu foncé.

- Le signe zodiacal... Ce ne sont pas ces petits signes qui symbolisent chaque zodiaque ? Comme, le sagittaire, c'est une sorte de flèche, c'est ça ? Demanda Hermione.

- Une flèche… Je la vois dans le cristal orange ! S'exclama Harry.

Harry sortit très délicatement la boucle d'oreille de son écrin, le métal chaud le surprenant et fut émerveillé en entendant le léger son carillonnant très délicat et musical qui se fit entendre quand les cristaux s'entrechoquèrent doucement.

Avec Ron, ils commencèrent à chercher quels cristaux correspondaient à quels signes du zodiaque, pendant que Crystal les notait et que Cassandra énumérait patiemment :

- Alors, le symbole du bélier forme comme une canne qui aurait deux embouts recourbés vers l'extérieur.

- C'est le vert foncé, non ? Demanda Harry.

- Oui, ça y ressemble bien. Ça fait vraiment comme des cornes de bélier, dit Ron.

- Vert foncé, bélier, transmis Hermione à Crystal.

- Le taureau c'est le rond avec des cornes de vache sur le dessus, dit Rip en sautillant autour de la table pour se dégourdir les jambes.

- En bleu foncé !

- C'est noté, Ron.

- Le gémeaux ressemble au chiffre romain deux, informa Hermione.

- C'est le cristal ocre, dit Harry.

- Gémeaux en marron, Crys.

- Le cancer ressemble à deux « P » couchés tête bêche, continua la brunette.

- Tête bêche ?

- La tête de l'un est aux pieds de l'autre, Ron, tu devrais savoir ça enfin !

- Personne n'est obligé de tout savoir, Mione. Et à mon avis, c'est le vert clair, qu'en penses-tu Ron ?

- Je suis d'accord.

- Le symbole du lion est une sorte de « m » majuscule.

- Le rouge.

- Compris !

- La vierge est symbolisée par un pont à plusieurs arches et un ruban plié en bas à droite.

- Un ruban plié… Voyons… Pas celui-là…

- Ce n'est pas le jaune ?

- Ah si, bien joué Ron !

- La balance est le symbole de l'oméga souligné.

- Le symbole de quoi ? Mais ça vous arrive de parler pour que tout le monde comprenne ?!

- C'est ça Ron, ne t'énerve pas. Regarde, c'est dans le cristal blanc, pointa la petite Gryffondor en lui tapotant l'épaule.

- Oh, je vois !

- Ensuite, le scorpion ressemble un peu à la balance mais après les deux arches du pont, la fin du bas à droite ressemble à une queue de diable stylisée.

- Facile, c'est le violet ! Je me disais bien qu'il ressemblait à un petit démon !

- Ron s'il te plaît ! Ces cristaux sont vivants, pleins de magie, ne t'avise pas de les vexer !

- Pardon Harry.

- Ce n'est ri-

- Ensuite, le sagittaire qui ressemble à une flèche.

- On a déjà convenu que c'était l'orange.

- C'est déjà noté, les garçons !

- Le capricorne est très étrange. Un sept et en dessous, un zéro, le tout, un peu décalé.

- Un soixante-dix ? … Rose, non ?

- Ouais, c'est bien rose, Harry.

- C'est le rose Crys.

- Je ne suis pas sourde Rip !

- Je peux terminer ?!

- Pardon, grand-mère.

- Mouais… Le verseau, c'est simplement deux vagues l'une par-dessus l'autre.

- Facile, c'est le bleu clair.

- Bleu clair, c'est enregistré.

- Et pour finir, les poissons. Leur symbole ressemble un peu à un « H ».

- Le gris, non ?

- En même temps Ron, il ne reste que celui-là.

Crystal termina de noter et Ron fut soudain traversé d'un doute :

- Euh… Harry ? Tu as les oreilles percées ?

- … Non, absolument pas.

- Ah. Ça va être embêtant, non ?

- Mais non, on ira dans une bijouterie demain et on te percera l'oreille, c'est tout, dit Hermione désinvolte, tu auras une prothèse à garder pendant environ une semaine comme ce sera fait par un sorcier et ensuite, tu pourras mettre la boucle d'oreille d'Athéna.

- D'accord. Si je le fais chez les moldus, combien de temps je garderais la prothèse ?

- Trois semaines environ. C'est pour ça que je trouve plus intéressant de le faire chez les sorciers.

Harry acquiesça pensivement et caressa une dernière fois chacun des cristaux, aimant la chaleur qu'ils diffusèrent, plus ou moins chaude selon les signes. Il bougea légèrement la main, faisant carillonner les cristaux entre eux de cette douce musique éthérée. Il reposa le bijou précieux dans son écrin et le referma. Cassandra lui conseilla de toujours le garder avec lui et il hocha la tête, le rangeant dans une poche fermée par fermeture éclair, accrochée autour de son cou, remerciant Rip pour le prêt.

Crystal intervint alors qu'ils étaient partis pour aller se coucher :

- Harry, lors de ma virée du côté moldu, j'ai croisé un certain Madok qui a malencontreusement vu ta photo en première page du journal local que j'avais acheté. Il m'a dit qu'il te connaissait, c'est vrai ?

- Harry est en première page du journal ? S'étonna Ron.

- Oui c'est juste un avis de recherche. Hermione et toi vous êtes cités mais il n'y a rien d'intéressant et il n'y a même pas vos photos, précisa Crystal.

- Ce favoritisme pour la célébrité est juste honteux, s'exclama Agrippine.

Harry hocha sombrement la tête. C'était juste complètement idiot de mettre la photo de l'adolescent que la famille ne recherchait pas en première page alors que ses amis, qui étaient juste cités avaient des familles qui s'inquiétaient et les recherchaient.

Crystal secoua la tête de dépit et revint à la conversation première :

- Alors, tu connais ce Madok ?

- Madok ? Oui, c'est le fils d'Olis, le pharmacien, non ?

- Si, si, c'est bien lui, dit Hermione en haussant les sourcils, surprise.

- Il a un problème ?

- Non, il voulait savoir si tu avais fait quelque chose de mal. Quand je lui ai dis que non, il a semblé soulagé et m'a demandé de te dire que son père avait quelque chose d'important à te dire. Penses-tu qu'on pourrait passer le voir dans la semaine ?

- Je n'y vois pas d'inconvénient. Il ne va pas falloir traîner par contre, les sorciers anglais doivent nous rechercher. Surtout si nous sommes dans le journal.

- Je vous accompagnerai, dit Anton, j'ai suffisamment de puissance pour faire des transplanages internationaux et j'ai mon permis international. Je vous emmènerai tous les trois, mais je ne ramènerai qu'Harry. Je ne pense pas avoir de magie pour plus, désolé Crystal.

- Ce n'est pas un problème, je devais retourner dans ma boutique de toute manière. Les gens vont vraiment finir par se poser des questions sur la durée de mes vacances.

Ils hochèrent tous la tête et se séparèrent enfin pour aller prendre une nuit de repos bien méritée.

Le lendemain matin, Agrippine accompagna Harry chez son petit ami qui était bijoutier. Elle le présenta à Valérien Pétrakos, avec un sourire.

C'était un garçon grand et très sec, au teint basané. Son crâne était presque rasé, seul un centimètre de cheveux restait sur sa tête. Son sourcil droit était traversé par une barre noire aux embouts bleus qui s'accordait avec ses yeux bleu foncé. Il avait un grand nez et une bouche charnue. Même s'il n'était pas particulièrement beau, il avait un charme certain.

- Ravi de te rencontrer Harry, dit-il avec un sourire paisible.

- Moi aussi Valérien.

- Que puis-je faire pour toi ? Demanda-t-il.

- J'aimerais me faire percer l'oreille.

- Bien sûr, quel côté ? L'oreille gauche ou l'oreille droite ?

- Euh… L'oreille droite, s'il vous plaît.

- Tutoie-moi. Tu es un ami de Rip, alors même si on doit avoir quelque chose comme dix ans de différence, tu es un ami pour moi aussi, Harry.

Le garçon sourit à ce jeune homme très sympathique et se laissa conduire sur un tabouret. Valérien examina son lobe d'oreille et après quelques secondes, fit un point au feutre et demanda en lui tendant un miroir :

- Est-ce qu'ici, ça te convient ?

- Je n'en sais fichtrement rien, répondit Harry, perplexe.

Il y avait d'autres endroits que le lobe pour se faire percer les oreilles ? Rip, de l'autre côté du comptoir, occupée à chercher des biscuits secs qu'elle savait que Valérien adorait grignoter, lui fit un grand sourire et leva le pouce, la bouche pleine :

- Ch'est bon ichi ! Nickel !

- Alors allons-y, murmura Harry, angoissé.

Est-ce que ça allait lui faire mal ? Il sursauta quand une boîte en bois lui fut présentée. Il y avait toutes sortes de prothèses de boucles d'oreilles. Il y avait des faux diamants de toutes les tailles et les couleurs, des animaux en or plaqué, des symboles comme le yin et le yang et bien d'autres.

- Quelle prothèse veux-tu ?

Harry hésita un instant et finit par choisir une prothèse avec un faux diamant vert. Valérien hocha la tête et se lava soigneusement les mains avant d'insérer la prothèse dans un étrange engin qui avait une vague ressemblance avec un pistolet. Pas l'idéal pour rassurer Harry.

L'adolescent ferma les yeux en s'obligeant à l'immobilité quand Valérien désinfecta son oreille avec un coton propre. Il entendit un petit « clic » et Valérien lui dit quelques secondes plus tard :

- C'est terminé, tu peux ouvrir les yeux.

- Mais… Je n'ai rien senti ! S'exclama Harry.

Le bijoutier et sa petite amie rirent en chœur et l'homme expliqua :

- C'est normal que tu ne sentes rien. Par contre, d'ici quelques minutes, ça risque de chauffer un peu pendant un petit quart d'heure. Ton oreille va être rouge pendant deux trois heures et ce sera bon. Tiens, je te donne cette bouteille de désinfectant. Ça va faciliter la cicatrisation de ton oreille. Asperges-en sur un coton propre et désinfectes ton oreille matin et soir. N'oublie pas de faire tourner ta boucle d'oreille souvent. Ne l'enlève surtout pas avant une semaine. Je crois que c'est tout.

Harry le remercia et paya les quinze mornilles pour le flacon de désinfectant, Valérien tenant absolument à lui offrir le coup du perçage, en guise de cadeau pour un ami de sa chère petite amie. Les deux amis quittèrent la boutique, la jeune femme les mains pleines de gâteaux, Harry avançant doucement à cause de ses béquilles.

Elle le ramena jusqu'à la villa grecque de Cassandra et fila travailler, le dimanche n'était pas un jour de repos pour les commerçants sorciers en Grèce. Ce qui la fit râler sur tout le chemin du retour, d'ailleurs. Déméter partit peu après en courant, son réveil n'ayant pas sonné, elle était à deux doigts de rater son premier cours de la journée. Et comme il portait sur les yeux artificiels, elle ne voulait absolument pas le manquer.

Elle cria à Harry qu'elle continuait ses recherches sur sa jambe en partant.

La journée passa lentement, Ron s'entraînant, il faisait des allers-retours dans la piscine sans faillir, faisant des pauses tous les quarts d'heure.

Harry l'encourageait en travaillant lui aussi. Sur les recommandations de Cassandra, il s'entraînait à projeter sa magie droit devant lui. D'après elle, c'était nécessaire pour renforcer son endurance et donc, pour pouvoir utiliser correctement ses nouveaux pouvoirs.

Harry passa donc la matinée et une bonne partie de l'après-midi à tenter de faire dégringoler une balle de la table où elle était posée en équilibre précaire. Il pensa y arriver à un moment mais se rendit compte que ce n'était que l'air qu'Hermione avait fait bouger en venant s'asseoir près de la piscine avec eux, sa sieste terminée.

La jeune fille avait le Livre des Changeurs dans les bras et continuait à enregistrer toutes les informations contenues dans le puits sans fond qui lui servait de cerveau. Elle avait terminé de répertorier les membres du ministère et était en train de terminer d'enregistrer ce qu'ils savaient sur les Horcruxes.

En fin d'après-midi, ils examinèrent la Carte du Maraudeur avec attention et ils découvrirent quelque chose qui glaça le sang d'Anton quand ils lui rapportèrent le soir venu :

- Quoi ? Vous dîtes que Maugrey n'est pas Maugrey ?

- Non, on l'a observé tout la journée, il a mangé dans la Grande Salle était dans le bureau de Défense Contre les Forces du Mal et il a farfouillé dans le bureau de Rogue tout à l'heure, pendant qu'il était en train de manger. Après, on est dimanche alors Hermione a proposé qu'on attende demain et les cours pour voir si c'était quelqu'un d'autre qui était là.

- Si c'est toujours le même nom qui est dans la salle de cours avec les élèves, compléta Ron, on saura que quelqu'un a vraiment pris l'apparence et l'identité du vrai Maugrey.

- D'accord. Qui est-ce que vous soupçonnez ?

- Le nom était « Bartemius Croupton Junior ».

- Bart- QUOI ?! Qu'est-ce que- ? C'est impossible ! Complètement impossible !

- Et pourtant la carte ne se trompe jamais, dit Harry, surpris par l'explosion d'Anton.

- Mais c'est réellement impossible ! Croupton Junior est mort à Azkaban il y a une quinzaine d'années !

- Quoi ? Mort ?!

- Azkaban ?!

- Croupton Junior ?!

Les trois exclamations le surprirent dans son agitation et il s'assit au bord de la piscine, Ron étant toujours dans l'eau, Harry ayant la jambe dans la piscine et Hermione assise à côté, bien au sec. Il souffla et leur expliqua :

- Vous vous souvenez que les Londubat ont été torturés à coups de Doloris jusqu'à la folie ?

- Oui, tu nous l'as dit quand on parlait de l'Ordre du Phénix. Quel est le rapport ?

- Croupton Jr a été soupçonné d'avoir participé à la torture avec les Lestrange. Il a été déclaré coupable par son propre père et enfermé à vie à Azkaban.

- Qui sont les Lestrange ? Demanda Hermione.

- Rodulphus Lestrange et son frère Rabastan. Ainsi que la femme de Rodulphus, Bellatrix Black.

- Black ? Comme Sirius ? Releva Harry.

- Ils sont cousins. Ce sont trois partisans de Voldemort parmi les plus assidus. Bellatrix est complètement folle et on la soupçonne d'être également l'amante de son Maître.

- Erk !

Les trois cris communs le firent sourire mais il reprit bien vite son sérieux :

- Pour en revenir à Croupton Jr, il a été condamné à Azkaban a perpétuité par son propre père, Croupton Senior. Il y est décédé quelques années après, de maladie.

- Il est forcément vivant si la carte indique son nom. Elle indiquait celle de Peter Pettigrow et tout le monde le pensait mort. Alors Croupton Jr doit être vivant.

- Alors qui est mort à Azkaban ? Demanda Ron, les sourcils froncés.

Anton réfléchit un instant et finir par dire :

- La femme de Croupton est morte quelques semaines après son fils, de chagrin d'après le rapport qu'on a eu.

- Ils auraient échangé leurs places ? Murmura Harry.

- Si oui, ce serait probablement avec du Polynectar. Si la mère se savait condamnée, elle a probablement fait pression sur le père pour qu'il échange la place de son fils avec la sienne. Le sacrifice d'une mère, encore une fois, dit Hermione en regardant Harry.

- Donc, ce serait madame Croupton qui serait morte en prison et monsieur Croupton retiendrait Barty junior depuis toutes ces années, supposa Anton.

- Plus maintenant s'il est à Poudlard, dit Ron.

- Deux questions subsistent, dit Hermione, pensive, est-ce que Croupton Sr a délibérément laissé échapper son fils et où est le véritable Maugrey ?

Harry réfléchit et dit :

- D'après ce qu'on a vu à la Coupe du Monde, Croupton ne semble pas être le genre d'homme à laisser un criminel en liberté. Surtout s'il a déjà condamné son fils auparavant. Par contre, je pense que le véritable Maugrey est vivant et très probablement quelque part à Poudlard.

- Pourquoi ? Demanda Ron.

- Parce que si, comme on le pense, il se déguise grâce au Polynectar, il a besoin du vrai Maugrey en vie et près de lui. Il ne reste qu'à trouver sa présence sur la carte. En espérant qu'il ne soit pas sous cape d'invisibilité, vu que la carte ne les détecte pas, termina la sorcière.

Harry ressortit la carte rapidement et l'étala sur la chaise longue la plus proche, les quatre se penchant dessus avec avidité. Ils devaient se dépêcher, ils pouvaient peut-être sauver un homme. Ils cherchèrent pendant plusieurs heures sans rien trouver. Anton s'arrêta et finit par dire :

- Je pense qu'il doit être sous sortilège. On va garder la carte ouverte sur le bureau du faux Maugrey, l'endroit le plus probable où il peut être et on va se relayer pour regarder. Logiquement, son nom devrait apparaître quand le faux Maugrey aura besoin d'ingrédients pour son Polynectar.

- Je vais le surveiller en premier pour la première partie de la nuit.

- Je prendrai la suite vers trois heures, ça ira Harry ?

- Oui, merci Hermione.

- Et je te relaierai vers huit heures, Hermione. Ron, concentre-toi sur tes exercices, on se charge de repérer le vrai Maugrey.

Ron hocha la tête et trois d'entre eux allèrent se coucher, Harry commençant à balayer la carte de ses yeux avec attention, refusant de se laisser distraire par quoi que ce soit d'autre.

Il remarqua à peine Crystal qui déposait une tasse de thé à côté de lui. La jeune fille resta une heure à veiller avec lui et l'envoya se coucher quand Hermione apparut.

Ils se relayèrent à tour de rôle toute la nuit et pendant la moitié de la journée jusqu'à ce que le trio se réunisse, Crystal étant de garde sur la carte jusqu'à dix-huit heures, dans deux heures.

- Je pense qu'il serait temps de discuter des personnes qui seront nos alliés dans cette guerre sur deux fronts, commença Ron, le stratège du groupe.

- Je suis d'accord et pour commencer, je dirais que « recruter » Percy est une excellente idée, Ron.

Hermione et Ron regardèrent Harry, surpris. Ils savaient que le brun n'avait que peu de liens avec l'ancien préfet-en-chef contrairement aux autres frères de Ron. Hermione fronça un sourcil et dit, un peu gênée :

- Le terme « recruter » me rend un peu mal à l'aise, les garçons.

- Moi aussi Mione mais on ne peut pas appeler ça autrement pour le moment. Alors on garde à l'esprit que nos alliés ne seront pas de la chair à canon et on avance, tu veux bien ?

Hermione hocha la tête doucement et Harry lui pressa un instant la main avec un sourire rassurant. Ça irait. Ils attachaient beaucoup d'importance à la vie humaine, ils ne changeraient pas ça facilement. Alliés ou non, tous restaient des êtres humains. Ils allaient privilégier la vie sur la réussite de leur mission.

- D'accord, d'accord. Je pense également que Percy sera un bon allié, à condition d'être totalement sûrs de son engagement.

- Il faudra qu'on trouve un moyen certain de le convaincre. Sinon, Harry, pourquoi Terry Boot ?

- Tu te souviens que j'ai été en retenue avec Lockhart en deuxième année. Il m'a forcé à répondre aux lettres de ses admiratrices ou à coller les timbres, je ne sais même plus tant c'était passionnant.

- Ouais, on sait, et donc ?

- En y allant, j'ai croisé Terry et on a un peu discuté, il avait une retenue avec Flitwick *Slap* Aïe ! … Avec le professeur Flitwick et en l'attendant, on a bavardé un peu. On s'est croisé de nombreuses fois à la volière ensuite et en discutant, j'ai appris qu'il aimait sa chouette autant que moi parce qu'elle était sa première amie. Et contrairement à moi, c'était sa seule amie.

- Sa seule amie ? Une chouette ?

- Tout le monde n'a pas la chance de rencontrer Ron Weasley dans le train, Ron… Terry n'a jamais noué de liens particuliers avec ses camarades de maison et donc Icare était sa seule amie. Et au fur et à mesure du temps, nous sommes devenus amis aussi. Je n'ai jamais eu l'occasion de vous le présenter, c'est tout.

- Tu veux dire que tu entretiens une amitié secrète avec Terry Boot depuis deux ans et que personne n'a rien découvert ?! S'exclama Hermione.

- C'est ça. Désolé de vous l'avoir caché mais Terry n'était pas très à l'aise avec ma foutue *Slap* Ouille ! célébrité. C'est quelqu'un de timide et renfermé. Et comme il le dit lui-même « être sous le feu des projecteurs alors que tu es mon unique ami humain et que personne ne m'a jamais vu avec toi va forcément éveiller les soupçons. Et j'aimerais éviter qu'on me dise que je me sers de toi pour assurer mon futur, ou encore qu'on croit que je t'ai ensorcelé par une quelconque malédiction stupide. »

- Il y a des gens qui sont aussi stupides pour penser ça ?

- Oui Anton, la moitié de l'école fait partie de cette confrérie d'adolescents attardés en pleine crise, alors forcément… Terry doit être quelqu'un de bien pour penser à tout ça.

- C'est également mon avis, Hermione.

Ron resta silencieux quelques minutes avant de lever les bras au ciel avec exaspération :

- Ho ! Ça va ça va ! D'accord pour Terry mais s'il te fait le moindre mal on ne retrouvera pas assez de morceaux de lui pour remplir une petite cuillère ! C'est bien compris ?!

Il pointa un doigt menaçant entre les deux yeux d'Harry qui loucha pour le suivre et fut pris d'une violente quinte de toux qui le plia en deux. Harry et Hermione lui tapotèrent patiemment le dos et quand il eut reprit ses esprits, Harry lui sourit :

- Tu sais Ron, même si j'adore Terry, mon meilleur ami, c'est toi.

Et Ron fut rassuré. Comme ça simplement. Harry avait encore su voir ce qui le tracassait secrètement et avec des mots simples, sans fioritures, il l'avait apaisé.

Hermione lui sourit, complice et sursauta quand Harry revint brusquement au sujet d'origine :

- Donc, nous sommes d'accord pour Terry et Percy. Qui avions-nous cité d'autre ? Voyons… Padma Patil, Justin Finch-Fletchley et Katie pour Hermione… Ron, tu as parlé de Fred et Georges, de Dubois et de Percy et moi j'avais proposé Terry et Draco Malefoy. C'est bien ça ?

- Et je garde toujours un veto pour Malefoy, dit sévèrement Anton.

- Et tu ne devrais pas, répliqua tout aussi sévèrement Harry, le défiant du regard.

- Et pour quelle raison ? Demanda l'homme glacial.

- Tu m'as dit l'autre jour que la raison pour laquelle tu n'avais pas confiance en Malefoy était parce que Lucius Malefoy était un mangemort. En refusant de faire confiance en Draco Malefoy, tu le mets dans le même panier que son père et tu fais exactement comme Dumbledore et tout le reste des adultes sorciers ! S'énerva Harry.

Hermione comprit soudain ce que son ami voulait dire et continua à sa place, faisant signe à Ron de le calmer avant qu'il ne se mette en colère :

- Je crois comprendre. Tu te souviens de la discussion qu'on a eu à propos des élèves de Serpentard qui n'étaient pas forcément mauvais mais qui le devenaient parce qu'il n'y avait personne pour croire en eux ? Et bien tu fais pareil. Parce que Lucius Malefoy a manipulé beaucoup de gens et est quelqu'un de très peu fréquentable, son fils est forcément du même moule !

- Je…

- Je ne veux pas dire que tu es aussi sectaire que Dumbledore et sa clique mais tu agis comme eux en l'instant. Je ne dis pas qu'on doit accorder une confiance aveugle en Malefoy, mais accorde-lui le bénéfice du doute. Je parle souvent aux garçons de présomption d'innocence et cette fois, j'en saisis tous les tenants et les aboutissants.

- Vraiment ?

- Vraiment, affirma Hermione.

- Je veux croire en Malefoy, même si tout le monde sait que cette peste de fouine m'est insupportable. Je pense sincèrement qu'il faut qu'on grandisse, moi le premier. Je n'aime pas Malefoy mais je ne vais pas m'amuser à le catégoriser comme « mauvais » juste parce que c'est sale gosse pourri gâté ! Lui aussi il peut grandir, il lui faut juste les bons arguments, affirma Ron.

Crystal les yeux balayant la carte prit deux secondes pour applaudir la verve de Ron et se concentra de nouveau. Anton soupira en réfléchissant. Faire confiance à un Malefoy était beaucoup lui demander. Mais Harry et Hermione avaient raison. Il ne devait pas mettre le père et le fils dans le même panier. Ce n'est pas parce que le père était mauvais que le fils devait forcément le devenir. Il devait lui accorder le bénéfice du doute.

- D'accord, va pour Malefoy. Mais comment vous comptez le convaincre ?

- Par un peu de manipulation, répondit Ron avec un sourire.

Harry hocha la tête, de nouveau calme et s'humecta les lèvres :

- Nous sommes donc tous d'accord pour Draco ?

- Tu l'appelles par son prénom, ça y est ? Dit Ron, moqueur.

- Mais c'est pour le différencier de son père, répondit Harry en levant les yeux au ciel.

- Oh je sens qu'il va détester que je l'appelle Draco, ricana le rouquin, très satisfait à l'idée de pouvoir faire tourner en bourrique l'arrogant blondinet.

- Ron, s'il te plaît…

- Ok, ok. Donc d'accord pour Draco. Hermione, tu pensais à Padma Patil ?

- Oui, c'est une amie à moi, nous faisons souvent nos devoirs ensemble. Elle est très méthodique et organisée et ses recherches pourraient nous être utiles.

- Je ne la connais pas particulièrement, mais si tu penses que c'est bon, alors ça me va, dit Harry en haussant les épaules.

- C'est un peu insouciant comme réaction, non ? S'étonna Anton.

- A défaut de connaître Padma, je connais Hermione et j'ai confiance en son jugement.

- C'est bon pour moi aussi, alors, dit Anton.

- Je n'ai aucune raison de refuser, fit Ron, mais arrêtons-nous là pour le moment, on devrait ajouter des membres petit à petit.

- On pourrait peut-être inclure Olivier Dubois avant de refermer la page des alliés, non ? Proposa Anton. C'est un gardien de Quidditch, c'est ça ? Par conséquent, il voyage beaucoup et pourrait « recruter » pour nous.

Le trio acquiesça pensivement. Dubois pourrait être utile mais restait à savoir à quel point ils pouvaient lui faire confiance et comment lui raconter dans les grandes lignes ce qu'il se passait. Les trois Gryffondors se mirent donc à la tâche et rédigèrent des lettres soigneusement, sponsorisé par Anton et distraits par les quelques commentaires de Crystal qui s'ennuyait à mourir en cherchant le petit point indiquant « Alastor Maugrey » sur la Carte du Maraudeur.

Ils terminèrent un peut avant dix-sept heures. Hermione siffla Hayden qui lui mordilla l'oreille en se posant sur son épaule et voleta jusqu'à Harry pour être caressé. En calculant rapidement, Hermione leur dit qu'il y avait trente-quatre heures de vol jusqu'à Poudlard. Comme les oiseaux magiques faisaient les voyages deux fois plus vite qu'à l'ordinaire, ça faisait dix-sept heures de vol. Il fallait ôter trois heures pour la vitesse du faucon, plus rapide que celle des hiboux. Et donc, en partant à dix-sept heures, Hayden arriverait à Poudlard à sept heures du matin, une demi-heure avant le courrier matinal.

Harry et Ron restèrent un instant bouche bée, les chiffres et calculs tournoyant dans leurs têtes et laissèrent simplement tomber, laissant à leur amie le soin de calculer le temps de vol d'Hayden, vu que ça lui réussissait si bien.

Harry caressa doucement le petit faucon qui réclama avec joie et lui expliqua patiemment :

- Hayden, mon tout beau, nous allons te confier ta première mission de grande importance.

Les yeux intelligents du faucon semblaient tout comprendre, aussi Harry continua sans crainte :

- Tu es suffisamment rapide pour ne pas te faire repérer. Quand tu seras à Poudlard et que tu verras toutes les autres chouettes et les autres hiboux s'envoler pour distribuer le courrier, fonds-toi parmi eux. Faufile-toi jusqu'aux destinataires de ces lettres et laisse-les tomber sur leurs genoux. Puis envoies les dernières lettres à Percy Weasley et à Olivier Dubois avant de rejoindre Hedwige au refuge. Si tout va bien, Hedwige y reviendra dans la journée du lendemain avec des réponses pour nous. Apporte-les nous, d'accord ?

Le faucon chantonna doucement et se percha sur l'épaule d'Harry, tendant sagement la patte. Ron et Hermione attachèrent les lettres soigneusement et Anton les enchanta pour qu'elles se détachent quand Hayden passerait au-dessus de leurs destinataires.

Puis l'oiseau de proie s'envola à tire d'ailes, disparaissant à la vitesse de la lumière. Le trio souffla de soulagement. Une bonne chose de faîte. Restait à savoir si les réponses seraient positives. Ils continuèrent à en discuter tranquillement et se relayèrent encore toute la nuit et la journée suivante pour surveiller la carte, sans résultat pour le moment.

.

Pendant ce temps, à Poudlard :

Les élèves n'étaient pas très bien réveillés. Le week-end avait été difficile. La disparition d'Harry Potter et de ses amis était encore sur toutes les lèvres. Où étaient-ils passés ? Avaient-ils été kidnappés ? Était-on en train de les torturer ? Étaient-ils encore vivants ? En bonne santé ? Et si oui, alors où étaient-ils ? Combien de temps mettrait le ministère pour retrouver trois jeunes sorciers mineurs incapables d'utiliser la magie ? Ça faisait presque deux mois qu'ils avaient disparu et aucun auror n'avait été fichu de remettre la main sur le Sauveur du monde sorcier ?

Mais à quel point étaient-ils incompétents ? Combien de temps allaient-ils se moquer d'eux et laisser leurs familles et leurs amis s'inquiéter ainsi pour eux ? La disparition de trois adolescents devrait être une priorité absolue. Il n'y avait pas beaucoup de naissances sorcières et dans les disparus, il y avait un sorcier de Sang-Pur. L'autre n'était rien de plus que le sorcier le plus célèbre depuis Merlin et la dernière était réputée pour sa grande intelligence malgré son sang de née moldue.

Les jumeaux Weasley avaient déjà commencé à lancer une pétition pour la destitution des trois quarts des membres du ministère pour « incompétence notoire » et ne faisaient plus de blagues. Ils complotaient dans leur coin, secrètement, sans rien dire, même à leur petite sœur.

Ginny Weasley avait terriblement maigrit et ses yeux marrons étaient soulignés de grands cernes noirâtres. De temps à autres, elle fondait en larmes sans raison et les professeurs songeaient sérieusement à la renvoyer chez elle le temps qu'elle aille mieux. Même si la benjamine de la famille savait que son frère, son héros et son amie n'avaient pas été enlevés, elle était terriblement inquiète. Combien de temps survivraient-ils seuls, livrés à eux-mêmes ?

Personne ne semblait avoir remarqué l'air étrangement déprimé de Terry Boot, le solitaire de la maison Serdaigle. Il était toujours seul mais semblait encore plus renfermé depuis que le trio de Gryffondor avait disparu.

Draco Malefoy était égal à lui-même. Il n'était pas particulièrement inquiet pour Granger, elle était suffisamment débrouillarde pour survivre mais avec un boulet comme Weasley, il doutait sincèrement qu'ils se débrouillent plus de quelques jours. Pareil pour Potter, il avait des ressources que personne ne soupçonnait. Alors autant il ne s'inquiétait pas plus que ça pour eux, autant il était un peu mal à l'aise de ne pas savoir s'ils étaient vivants ou non. Il ne souhaitait la mort de personne.

Par contre, tout le monde avait vu que Dumbledore avait l'air beaucoup plus fatigué que d'habitude et ne semblait plus aussi malicieux. Les professeurs étaient dans le même état, même Maugrey était plus renfrogné et grognon que d'habitude. Seul Rogue était tout à fait normal. Étonnamment, il ne semblait pas non plus satisfait par la disparition de son élève détesté.

Les élèves de Beauxbâtons et de Durmstrang étaient bien entendus désolés et inquiets pour les trois disparus mais ne semblaient pas comprendre pourquoi en on faisait tant d'inquiétude. Évidemment, s'ils connaissaient Harry Potter et connaissaient sa valeur aux yeux des sorciers, ils ignoraient complètement la valeur qu'il avait aux yeux de ses amis.

Quand sept heures et demie arrivèrent, divers hululements et cris d'oiseaux retentirent, créant une cacophonie absolument insupportable. Dans cet amas de plumes, un éclair jaillit et traversa la salle en tous sens avant de s'envoler par la fenêtre ouverte. Personne ne l'avait vu et seules les personnes qui étaient destinées à recevoir son courrier auraient pu l'apercevoir.

Fred et Georges haussèrent les sourcils quand la lettre atterrit sur les genoux de George et Fred la cacha dans la poche de sa robe d'uniforme, mine de rien avant de recommencer à comploter avec son jumeau. Ils se levèrent quelques minutes plus tard, sans se faire remarquer et s'éloignèrent tranquillement. Ils se réfugièrent dans une salle de cours déserte et lancèrent des sorts pour éloigner les indésirables, qu'ils soient vivants, tableaux ou fantômes.

Tremblants, ils regardèrent la lettre qui leur était adressée. Sur l'enveloppe, il y avait marqué « Fred & Georges Weasley - cachez la lettre » de l'écriture brouillonne et serrée de leur frère cadet. Cet espèce d'imbécile allait bien. C'était déjà ça.

Immensément soulagés, Fred s'essuya les yeux avec pudeur et Georges déchiqueta l'enveloppe de papier blanc. Il ouvrit la lettre pliée en trois et lut à voix basse et étrangement rauque pour son frère dont la vue était trouble :

« Salut les frangins !

Désolé de vous avoir inquiété pendant ces semaines. Je ne pouvais pas vous parler et je ne peux communiquer qu'ainsi pour le moment.

Avec Harry et Hermione, on s'est engagé dans un énorme combat et je voulais savoir si vous seriez des nôtres, parce que nous allons avoir besoin d'aide. D'énormément d'aide.

Seriez-vous prêts à nous suivre jusqu'au bout ? Il vous faut savoir que vous risquez gros là-dedans. Mais si nous réussissons ce que nous entreprenons, ça va changer beaucoup de choses, en bien. Ne nous rejoignez pas à la légère, nous vous demanderons une preuve de silence et de sécurité.

Comme un serment.

Méfiez-vous de beaucoup de monde, les apparences sont souvent trompeuses.

Quoi qu'il en soit, si vous êtes prêts à vous engager auprès de nous, rendez-vous à la volière demain matin à neuf heures avec une réponse écrite. Quelqu'un que vous connaissez vous y attendra.

Nous sommes en sécurité, ne montrez cette lettre à personne et ne cherchez pas à nous retrouver. Rassurez Ginny pour moi et prenez soin d'elle.

A bientôt, j'espère,

Ron. »

- Évidemment qu'on va prendre soin de Ginny stupide petit frère ! C'est nous les grands frères, c'est à nous de dire ce genre de choses, s'exclama Fred dans le vide ambiant, levant un point rageur dans le ciel.

- Et évidemment aussi qu'on va t'aider, idiot ! Renchérit George en se frottant les yeux.

Les jumeaux n'eurent pas besoin de se concerter. Ils aimaient profondément leur famille mais ils avaient un lien particulier avec Ron. C'était le seul de leur famille qui ne s'était jamais trompé en les nommant. Il ne les avait jamais confondus. Et ça, pour les jumeaux, ça n'avait pas de prix. Harry ne s'était jamais trompé mais lui, il ne faisait jamais rien comme tout le monde, alors ils n'étaient pas surpris une seconde.

Ils allaient aider Ron dans la mesure où ça ne nuirait pas à leur famille. Georges déchira un bout de sa conclusion de devoirs de potions, sachant parfaitement qu'il allait faire perdre des points à sa maison. Par solidarité, Fred fit de même et lui envoya un sourire complice. Ils écrivirent leur accord et leur condition sur le parchemin de Fred et le nouèrent avec le parchemin de Georges.

Fred le glissa dans sa poche et Georges garda la lettre et ils sortirent tranquillement. Rendez-vous mardi à neuf heures, à la volière.


Quand il reçu la lettre, Terry reconnu tout de suite l'écriture de son seul ami. Sans plus de cérémonie, il quitta la table, personne ne le remarquant et s'isola derrière une statue, tranquillement. Il décacheta l'enveloppe et ouvrit fébrilement la lettre.

« Cher Terry,

Excuse-moi de t'avoir inquiété et de ne pas t'avoir envoyé de nouvelles. Je suis parti avec Ron et Hermione et je leur ai parlé de notre amitié. Ils l'ont bien pris, comme je te l'avais dit. Hermione serait ravie de te connaître et je suis certain que Ron aussi, même s'il refuse de le dire.

Enfin bref, tout ça pour dire que je ne rentrerais pas tout de suite. Je vais être absent un moment de Poudlard. Et il est fort possible que j'ai besoin d'aide.

Serais-tu prêt à nous aider ? A m'aider ?

Nos longues discussions vont me manquer, j'en suis sûr, mais j'espère te revoir si tu acceptes de m'aider dans cette longue quête.

Quelque soit ta réponse, rendez-vous à la volière à sept heures, demain matin. Viens avec une réponse écrite. Tu sauras à qui la donner.

Amitiés x x

Harry. »

Terry eut un sourire affectueux. C'était bien le genre d'Harry ça. Disparaître et le laisser s'inquiéter pendant des jours pour finalement lui dire que tout allait bien et qu'il était encore parti il ne savait où pour une mission avec Ron et Hermione.

Accepter de l'aider ? Comment pourrait-il refuser d'aider son seul ami ? Évidemment qu'il acceptait. Il ferait tout pour Harry. Son ami si précieux, le seul qui lui faisait aimer cette école.

Il sortit un parchemin de sa poche et écrivit une réponse rapidement. Il la glissa dans sa poche et partit chercher son sac de cours dans son dortoir, le cœur beaucoup plus léger.

Il ne savait pas ce qu'Harry préparait mais il était immensément heureux d'être dans la confidence. Harry faisait des plans complètement insensés et il lui faisait suffisamment confiance pour lui en parler. Et ça le rendait joyeux. Leur amitié n'allait pas que dans un sens.


Au moment où Draco Malefoy posa les yeux sur la mystérieuse lettre, il reconnut immédiatement l'écriture ronde, très agréable à lire, d'Harry Potter. En même temps, il n'avait pas beaucoup de mérite, il avait passé tant de temps à essayer de la falsifier pour lui jouer un mauvais tour qu'il pouvait la reconnaître d'un seul coup d'œil.

Instinctivement, il obéit à l'ordre inscrit sur l'enveloppe : « Draco Malefoy – cache la lettre » et la glissa dans sa poche. Bien lui en pris car le professeur Rogue passa derrière lui en grommelant sombrement.

Sans éveiller les soupçons, il glissa à ses amis qu'il allait récupérer son sac dans le dortoir, les empêchant d'y aller avec lui et fila dans la salle commune de Serpentard. Il monta dans son dortoir et s'enferma dans son lit en tirant les rideaux et jetant tout un tas de sortilèges pour être tranquille.

Son ennemi Potter lui avait écrit. Et il voulait savoir pourquoi avant de le dénoncer. Il décacheta soigneusement la lettre et l'ouvrit avec un sourire vicieux. Peut-être que son fichu ennemi s'était trompé dans le nom du destinataire, auquel cas ce serait encore plus agréable de le dénoncer.

« Draco,

Tu dois te demander pourquoi je t'écris si soudainement. Ce n'est pas un piège et je te serais gré de ne pas me dénoncer. »

C'était bien pour lui finalement. Pas le dénoncer ? Il en avait de bonnes le Potter, il ne voulait pas être soupçonné lui. Et pourquoi est-ce qu'il ne le dénoncerait pas ? Il avait intérêt à avoir une bonne raison.

« Et ce n'est pas la peine de râler, je te connais. »

C'était définitif, il l'énervait.

« Bref, je ne t'écris pas pour rien. J'ai une raison. Comme tu le sais, je suis parti avec Ron et Hermione pour faire quelque chose. Et je ne pense pas que nous y arriverons seuls.

C'est pourquoi je te demande ton aide. »

Potter ? Potter demandait son aide ? Ben voyons... Il en avait de bonnes, lui. Et quels arguments avait-il ?

« Mes arguments ? Très simple. Si nous réussissons ce que nous entreprenons, tu seras largement récompensé. C'est énorme et ça prendra certainement beaucoup de temps mais si nous sommes couronnés de succès, crois-moi que ça aura une telle envergure que ça pourrait bien changer le monde. Et si nous échouons, nous ferons en sorte que ton nom ne soit pas cité, auquel cas, tu ne seras pas inquiété.

J'espère que mes arguments te convaincront.

Une seule question subsiste : Veux-tu faire un énorme pied de nez à tout le gratin sorcier, veux-tu tous les dépasser et veux-tu surpasser ton père ?

J'attends ta réponse écrite, demain matin, à huit heures, à la volière.

Avec espoir,

Harry. »

Draco en resta bouche bée. Quoi ? C'était une blague ou quoi ? Potter voulait faire quoi ? Il était complètement cinglé ! Changer le monde et puis quoi encore !

Ce qui était intéressant, c'était que dans son projet de dingue, Potter lui demandait de participer. Il avait besoin de lui. Et surtout… Surpasser son père ? Et dépasser tous les imbéciles du ministère à qui son père léchait les bottes ? Ça, ça lui plaisait.

Il sortit un bout de parchemin de son sac, le cala sur un livre pour être à plat et écrivit de son écriture droite et aristocratique :

« Potter,

J'ai bien reçu ta lettre. Ce que j'en pense ? Tu es définitivement atteint, sérieusement.

Mais ton projet me plaît. J'attends d'autres précisions et je réserve le droit de me rétracter à tout moment.

Voilà ma réponse, qu'elle te plaise ou non.

D.L. Malefoy. »

Les prochaines semaines allaient être rudement intéressantes. Il demandait à voir. Il rangea le parchemin et la lettre dans le tiroir de sa table de chevet qu'il scella avec un sortilège, attrapa son sac et fila en cours, un sourire satisfait jouant sur ses lèvres.


Padma lut attentivement la lettre d'Hermione et répondit elle aussi, quand elle fut seule.

« Très chère Padma,

Si tu savais comme nos longues discussions me manquent. Je suis partie avec Harry et Ron pour tenter de faire quelque chose de bien. J'aimerais tellement t'en parler et j'espère que tu accepterais de nous aider.

Nous menons une grande bataille contre le professeur Dumbledore et Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et j'aimerais que tu sois des nôtres ? Je compte énormément sur toi, tu es une très grande amie Padma.

Même si tu ne le souhaites pas, sache que tu resteras toujours mon amie. Je t'embrasse fort.

Hermione.

Post-Scriptum : J'attendrais ta réponse écrite, demain à six heures et demie. »

Hermione... Padma ferma un instant les yeux en pressant la lettre contre son cœur. Son amie allait bien. Elle remonta à toute vitesse dans son dortoir et sortit un morceau de parchemin finement gravé spécialement fait pour une correspondance. Elle prit sa plus belle plume venant d'un perroquet bleu et commença soigneusement à écrire sa réponse.


Il en fut de même pour Percy dans son petit appartement sur le Chemin de Traverse qui répondit juste avant de partir travailler au ministère et Olivier Dubois, quelque part en Angleterre.

Et c'est ainsi que le matin du quinze février, à intervalles réguliers, la belle Hedwige récupéra les réponses de tous leurs futurs, ou non, alliés, et les transmis à Hayden qui s'envola en direction de la cité d'Argos, dans le matin.


A suivre...