C'est une chanson douce…

« Ceux qui souffrent le plus sont ceux qui ne savent pas ce qu'ils veulent »

Disclaimer :Pour l'instant, Déalhya et tout le reste du monde magique m'appartient. Attention spoil ! Lorsqu'on changera d'univers, ce sera à J. …

Petit rappel :

Déalhya Kaye:Fille ressemblant au cliché de la grande blonde à forte poitrine, mis à part ses cheveux noirs de jais dont elle est très fière. Côté caractère, c'est une fille intelligente et avec un fort caractère, et une folie plus ou moins évidente. Elle est un peu (beaucoup) tarée, mais très attachante et gentille (ça dépend envers qui…). Elle est très sportive et fait partie du comité « A bas les maths » inventé par elle-même, dont elle est la seule membre puisque les seuls au courant sont ses amies qui aiment bien les mathématiques. Elle est Elements dans son équipe. Maison air.

Evelyn Broke:Future psychopate en puissance, elle se révèle être une très bonne amie et TOUJOURS là s'il faut faire un mauvais coup à quelqu'un. Néanmoins, on ne se doute pas de son caractère, car elle est toujours sage et studieuse devant ceux qu'elle ne connaît pas trop, et ses cheveux et ses yeux bruns ainsi que sa taille moyenne font qu'elle ne se démarque pas du lot et que beaucoup de profs assurent qu'elle est innocente de toutes ces vengeances. Seuls ses amis savent qu'elle est un démon, démon connu pour son rire sadique. Elle a donné un nom à son esprit vengeur : Evangelyne. Maison air.

Zoé Manian :Blonde de physique seulement, ses jolis yeux chocolat et sa peau pâle font d'elle la Watts de son équipe. Feu dans l'âme, ce qui lui attire reproches ou compliments, elle est à l'origine de pas mal de blagues foireuses et établit des stratégies de Cazdoran souvent réussies. Souvent. Toujours là pour aider ses amies, elle cache au fond d'elle un grand vide, sa mère étant morte, son père absent et son frère disparu. Heureusement, elle peut compter sur ses amies bien que Déalhya n'aime pas les calculs. Agile, elle arrive aussi à se tirer avant que le concierge arrive. Maison air.

Juliane Soria :Petite rousse frêle aux yeux dignes des forêts Scandinaves, son teint diaphane se confondant avec le mur blanc juste derrière elle, c'est une élève sage et studieuse, d'une grande douceur. Timide mais mettant les gens tout de suite en confiance, elle est désormais orpheline, ses parents étant morts dans un attentat. On la décrit souvent comme la « petite fille modèle, tout simplement adorable ». Maison eau.

Lyra Célène :Jolie blonde aux yeux bleus aqua experts pour faire craquer les gens, elle est digne de sa maison, patiente, travailleuse, rassurante et loyale. C'est une fille qui n'est pas remarquée par les autres étudiants même si elle le mériterait plus que d'autres. Elle a parfois des petits copains mais elle ne les aime pas vraiment. C'est une fille simple qui veut juste être heureuse, sans se soucier des autres, juste de ceux qu'elle aime. Chapeau ! Maison terre.

Janus Herson :Membre du groupe des Génies, un groupe de beaux gosses prétentieux, il est Watts (assez doué si vous voulez mon avis) et leader des Génies, justement. Adore se marrer et être avec ses amis, il n'aime pas sortir avec les filles de Lyliano malgré sa réputation (composée presque entièrement de rumeurs inventées) cherchant quelqu'un d'honnête. Maison feu.

Luka Kornloot :Dragueur émérite et sex-symbol de Lyliano, il est tout le contraire de son meilleur ami et enchaîne les conquêtes. Il est horriblement têtu et arrogant, mais reste un bon ami si on le connaît bien. Il est tout de même très possessif et veut que les Génies restent 4 et uniquement 4. Il est très peu habitué à se faire refuser quelque chose, et réagit très mal dès qu'on le contredit. Malgré ça, il a un bon fond. Tout au fond, son bon fond, mais il est quand même là. Maison feu.

Adrian Gorniaud :Sérieux et studieux, on peut parfois se demander ce qu'il fait avec les autres. Malgré tout, il est plutôt blagueur et sait s'amuser. Un peu soulant sur les bords à toujours rabâcher les mêmes choses, il est complètement mordu de Jessica Anderson, et vient tout juste d'avoir le cœur piétiné sans aucun remords. Maison feu.

Théo Zang :Blagueur à temps plein, c'est LE petit rigolo de l'école toujours là toutes les fêtes car il est teeeeellement sociable … Fou amoureux d'une fille qu'il ne connaît même pas, il reste au fond de lui un grand romantique capable d'acheter un milliard de fleurs pour séduire sa belle s'il la trouve. Quatrième membre de la plus célèbre bande de l'école et fier de l'être, il est expert en blague pourries. Maison feu.

Jessica Anderson :La pire ennemie de Déalhya et donc de toute la bande et de la bande des Génies. Jouant la parfaite fille sociable, courageuse, belle et intelligente, c'est une grande hypocrite sans scrupules qui manipule les gens pour arriver à ses fins. Elle s'est faite haïr de Déalhya car notre tarée favorite a découvert sa 2èmepersonnalité. Les Génies aussi l'exècrent pour son hypocrisie et car elle a littéralement écrasé le cœur d'Adrian en lui avouant sans le savoir qu'elle le considérait comme un (joli) pantin. Maison feu (on se demande pourquoi…).

Vous avez dû le remarquer, mais cet été je suis très occupée donc je en posterai pas souvent, vérifiez de temps en temps !

POV Evelyn

Je suis seule dans le dortoir que j'inspecte consciencieusement. Par la grande baie vitrée, on voit l'herbe verdoyante onduler sous la légère brise qui souffle en cette fin de septembre. La plupart des élèves s'y sont donné rendez-vous pour mieux profiter des derniers jours de l'été. En fermant les yeux, j'arrive mieux à entendre le clapotis de l'eau et le bourdonnement des conversations des étudiants qui se trempent les pieds dans la rivière. Il suffit de se concentrer pour faire abstraction des gloussements que fait la basse-cour devant le terrain de Cazdoran, se rinçant avidement l'œil sur les torses musclés des joueurs en plein entraînement.

Je détourne les yeux pour continuer mon tour. I grands lits lilas, avec des têtes de lit en bouleau formant une espèce de spectacle vivant, comme des effleurements de tissus beiges berçant doucement leur propriétaire. Un immense tapis blanc pur, exactement comme celui de la salle commune, recouvre entièrement le sol et assure un réveil en douceur pour les plus agitées. A côté de moi se trouve l'escalier permettant d'accéder à cette salle, puis encore plus à droite, un lit en pagaille et remplis de produits ressemblant de loin à des vernis et des rouges à lèvres passant par toutes les teintes, du pastel au nacré en passant par le fluo. Juste au-dessus, des posters s'étalent sur le mur, et à la droite de ce même lit où dort Fox, on voit celui de Déalhya qui apparaît plus rangé. Une porte entrouverte indique l'entrée de la salle de bains, lieu de culte pour toutes les fanatiques de la beauté.

En face du lit de Déalhya, à la gauche du mien, on voit ce qui reste du lit de Zoé, sa couette sur le sol, un de ses oreillers derrière mon lit et l'autre sous le sien. Et encore plus à gauche, cachant partiellement la baie vitrée, une armoire mi-étagère mi-penderie encadrée de 2 commodes d'un blanc immaculé, l'un contenant nos livres et affaires de cours, l'autre nos effets personnels et l'armoire nos habits. Parce que tout le monde sait que la majorité des filles tiennent absolument à organiser leurs affaires pour ne rien perdre, mis-à-part celles qui habitent chez elles et qui peuvent donc foutre le bazar sans vergogne. En levant le regard encore plus haut, on peut apercevoir une fêlure dans le mur, occasionnée lors d'une violente dispute entre Zoé et une de ses chaussures. Et pour les personnes ne craignant pas le torticolis, on peut admirer des entremêlements de parquet et de néons diffusant une douce lumière violette donnant une ambiance tamisée au tout, rendant la pièce propice au sommeil.

Pour les fins limiers, on pouvait même déceler une flagrance de lilas dans l'air, apportant une touche fleurie et légère à l'ensemble.

Depuis combien de temps n'avais-je pas pris le temps de savourer ce spectacle ?

Entre les Génies, la vengeance, l'Attaque, l'arrivée des téléphones portables, les disputes constantes et la vie au collège Lyliano, je n'avais plus une minute à moi.

Et ce n'est que le début… Me souffla ma conscience.

J'avais besoin d'une pause. D'un arrêt. Le temps de profiter de l'instant présent.

C'est pour cela que j'étais allongée sur mon lit, les bras en croix, détaillant attentivement le plafond.

Plus rien ne fonctionnait comme avant. Et c'était le moment parfait pour faire le point des dernières semaines. Déalhya avait été obnubilée par son désir de vengeance, désir que je n'avais pas réprimé, loin de là. Juliane avait été une des nombreuses victimes d'un attentat dans l'un des quartiers les plus passants, qui avait coûté la vie à ses parents, ceux qu'elle chérissait le plus au monde. Les Génies s'étaient incrustés dans nos vies, bon grès mal grès, n'en déplaisent à certains. La tendance avait été inversée suite à mon énorme bourde, et nous avions-et étions toujours, mais c'était désormais peu probable- été à deux doigts de nous faire renvoyer. Puis, par ma faute, Déalhya et Zoé s'étaient déchirées sur des torts qui étaient les miens, s'accusant l'une l'autre de leurs problèmes alors que j'étais celle qui les avait causés.

Et maintenant, à cause de moi, elles refusaient catégoriquement de se parler, et la situation ne s'arrangeait pas, au contraire.

Après tout, si je n'avais pas oublié d'enlever ma source, rien de tout cela ne serait arrivé. J'étais la seule responsable de tout ceci, et elles rejetaient cela sur l'autre. J'étais une bien piètre amie, n'étant même pas capable de les réconcilier. Et Juliane et Lyra, qui avaient bien mieux à faire, surtout Juliane pour ses parents, n'avaient pas à se soucier d'une dispute qui ne les regardait pas mais leur pourrissait la vie !

Et c'était pourtant elles, en particulier Juliane qui était en plein deuil, parce qu'on a beau dire, on n'efface pas ses parents de son esprit en un coup d'air, on ne pouvait même pas les effacer qui avaient été au-devant des deux ennemies pour jouer les conciliatrices !

Je ne valais pas mieux que de la bave de Raterrifiant*, à me plaindre sur mon lit comme une larve de problèmes que j'avais provoqués !

Je me levais silencieusement par habitude, étant celle se réveillant le plus tôt dans le dortoir, et descendit lentement les escaliers en vieux chêne, rongé par les années mais tenant debout par une magie que je soupçonnais provenir de l'air. La salle Aérienne était déserte comme prévu, et je m'enfonçais dans un fauteuil violet du cosmos, en face de la cheminée et je laissais vagabonder mes yeux sur les braises frétillantes, essayant vainement de sortir. Et ce n'est que quelques heures plus tard qu'un deuxième année vînt me sortir de ma torpeur, croyant que j'étais morte ou dans un coma très profond.

Je me trainais jusque dans le Salon où je m'assis seule sur une table ronde, totalement déprimée et incapable de faire autre chose que ce que je devais faire.

J'avais l'impression d'être détachée de mon corps, et d'assister en tant que simple spectatrice à ce qui aurait dû être ma vie.

Désolant.

oOoOoOo

*A lire sur Circus Monster Nightcore French*

POV Zoé

-« C'est une chanson douce, triste et éphémère, sans avenir aucun mais pourtant si marquante… C'est une chanson douce, emplie de regrets, teintée de chagrin, rongée par les remords… C'est une chanson douce, légère et fendant l'air, comme une épée… L'épée de la vérité, voilà donc ce qu'est, cette chanson douce, et innocente…

Frappant l'âme et le cœur, me laissant démuni, seul et sans espoir… Cette chanson douce, me causant des cauchemars, tout seul dans le noir, me laissant réveillé, sans qu'un mot ne vienne me déranger…

Laissant tremblant et pantelant, son triste auditeur, l'abandonnant sans un regard à son sort, celui du Désespoir… »

Je n'ai jamais compris le sens de cette chanson avant. Je pensais que la personne aurait dû se payer un aller simple dans un centre pour suicidaire. C'est une belle chanson. Une chanson douce…

Une chanson triste et éphémère…

Tenez, on va jouer à un jeu :

Je m'appelle Zoé et je cause des problèmes à tout le monde, je suis, je suis ?

-Complètement idiote !

Bonne réponse.

-Ah j'te jure Sarah va le payer ! Si elle croit qu'elle va me piquer mon copain sans que je ne proteste, elle se trompe ! Une cruche cette fille !

Si elle mettait autant de ferveur dans ses essais, la Moreau, elle serait sûrement la meilleure de l'école…

Non ! Non… Non ! Je n'ai pas pensé ça, hein ?

Dites-moi que non, s'il-vous-plaît.

Dites-moi…

S'il-vous-plaît ?

*Bruit d'âme qui s'effondre.*

OK, cool.

Mais je suis une idiote ! Je suis la pire fille AU MONDE ! Je fais des conneries, et comment je me fais pardonner ? Hein comment je fais ?

Je hurle les PIRES horreurs DU MONDE à la personne qui essaye de me résonner !

Rappel : Demander à l'infirmière des cachets anti-migraines pour cause d'envies répétées de me cogner la tête contre le mur, les tables ou tout ce qui est dur et qui me passe sous la main.

Je suis une fille dégueulasse. Je me vautre dans ma suffisance. Je dis que je ne suis en compétition avec personne, et résultat j'essaye de surpasser les autres, et quand je les jalouse et je leur crache toute ma rancœur au visage, sans me soucier de ce qu'ils ressentent, de ce qu'ils vivent. La cool et connue de tous, l'égoïste et égocentrique. Un concours entre moi et Jessica Anderson façon hypocrisie, ce serait vraiment LE truc qu'il me faut pour me faire faire une dépression nerveuse. Concours que je gagnerais, évidemment. J'en serai très contente, ça me fera un prix de plus ! Youhou ! Comme je suis contente ! J'ai perdu mon amie, ma coéquipière, ma confidente et ma sœur de mauvais coups, mais ça c'est pas grave, on s'en fout après tout elle était meilleure que moi, c'est ça ?

Je suis totalement dégoûtée de moi-même, pensais-je amèrement en marchant sans but.

Et le pire c'est qu'à chaque minute mon estime de moi s'enfonce dans les abysses.

oOoOoOo

POV Déalhya

Uh. Je hais Zoé. Je la déteste de tous les pores de ma peau. Je l'exècre du plus profond de mon âme.

J'ai toujours détesté les personnes jalouses, et c'était encore pire pour celles qui étaient jalouses et insultaient les personnes qu'ils admiraient, sans toutefois –ne serait-ce qu'essayer !- faire des efforts pour être à la hauteur. Ce genre de personnes qui vous insulte parce que vous êtes mieux qu'elle, qui vous reproche vos moindres faits et gestes et pense qu'après cela, ce sera lui qui attisera les jalousies, qui sera l'approche de la perfection, le modèle des autres. C'est bien la chose qui me dégoûte le plus chez l'être humain, cette faculté de dire du mal et de vouloir être comme la personne visée, sans pour autant bouger le petit doigt, comme si c'était tout-à-fait normal qu'on ait besoin de faire des efforts pour se hisser au sommet.

Zoé vient officiellement de rejoindre la liste de ces déchets méprisables de suffisance et de fainéantise. Pire, elle vient d'atteindre le sommet de ma liste, ceux qui en plus d'être insupportables sont hypocrites ! Insulter des gens dans leur dos ET les jalouser, Et vouloir être comme eux mais à la différence qu'eux ne feront rien, ce n'est pas un comportement normal.

Mais, en même temps, j'avoue que j'ai été touchée. Elle a visé juste. Déalhya l'hypocrite, celle qui réussit dans la vie parce qu'elle est gentille avec les autres, parce qu'elle joue un rôle…

Ce n'est pas les insultes qu'elle m'a faite qui m'ont blessée, c'est le fait que peut-être, les autres pensent comme elle. Comme si je n'étais qu'une ordure, une manipulatrice. Peut-être qu'ils pensent que je joue un rôle, alors ils se contentent de profiter de ce que je leur offre et de me planter un couteau dans le dos ?

Et ça, ça fait mal.

Je me lève précipitamment de la table de la bibliothèque sur laquelle j'avais compté étudier, et accostait une 4ème année.

-Hey ! Toi !

-Oui ?

Sally, de la maison eau. Bon il faut l'avouer, elle n'est pas un modèle de normalité. Elle est extrêmement candide et franche, et légèrement atteinte de schizophrénie, pour de vrai cette fois-ci. Un coup elle t'aime l'autre elle te déteste puis elle t'adore et elle t'assassine. Heureusement qu'elle ne fait ça qu'avec ses proches qui sont blindés point de vue excentricité. Il y a Noah, ou Noam, un des anciens copains de Lyra, un peu rêveur et Klara, son amie imaginaire à qui elle parle quand il n'y a plus Noahm. Oui je sais, ce n'est pas la meilleure personne à consulter, mais au moins elle, elle est sincère.

-Sally, hum… Comment dire, est-ce que tu me trouves, disons, fausse ?

-Fausse ?

-Oui, comme… Si je racontais des mensonges, que je, j'ai des manières qui sembleraient jouées, qui ne sembleraient pas réelles.

-Eh bien… C'est une drôle de question. Pourquoi tu serais « jouée » ?

-Je sais pas…

-Je pense que non. Là, par exemple, tu m'as l'air sincère. Après, je ne suis peut-être pas la mieux placée pour te dire ça…

-Non, ça fait rien, mais… Merci ! M'exclamais-je avec un sourire fendant mon visage.

Après tout, Zoé n'est pas Laousse, elle n'a pas toujours raison. Elle avait besoin d'un défouloir, de quelqu'un sur qui déverser sa haine et c'est tombé sur moi. C'est exactement ça…

N'est-ce pas ?

oOoOoOo

POV Evelyn

-Pardon, on peut s'asseoir ici ?

-Je levais la tête de mes haricots verts dans lesquels je picorais de temps en temps pour apercevoir deux minuscules têtes blondes attachées à des 1ère années.

J'acquiesçais dans un grognement inintelligible.

J'ai hâte que ce soit les vacances d'Halloween. Plus de problèmes, plus de devoirs, plus de disputes ni de culpabilité, juste mes parents et ma maison. Je suis une larve. Je dois me bouger, me coiffer et me laver plutôt que de traîner dans une tenue informe qui ressemble vaguement à un survêtement d'enfant agrandi par les années, et me laver uniquement le visage pour ne pas ressembler à un cadavre. Mais c'est dur… Je me lève d'un bond, manquant de renverser mon assiette et causant la peur de leurs vies à ces 1ère années extrêmement chochottes et me dirige au pas de course vers la salle commune, renversant cette fois-ci définitivement des gens sur mon passage.

Est-ce que cela vous ait déjà arrivé, d'avoir un soudain regain d'énergie, de confiance en soi, d'espoir ?

Parce que c'est exactement le sentiment qui m'a saisie à ce moment-là.

Tout n'était peut-être pas perdu, après tout, des disputes il y en a des dizaines, alors pourquoi celle-là serait différente des autres ?

Déalhya et Zoé. Zoé et Déalhya. Au début j'étais jalouse de ces deux-là. Elles étaient belles, intelligentes et populaires, parfois sans le savoir ou sans faire exprès. Elles étaient gentilles, fonceuses et courageuses. Un peu comme dans ces histoires où toutes ces filles sont extraordinaires et on des amis incroyables pour les soutenir dans leur vie mouvementée.

Et moi, je les enviais de se détacher de la masse, moi qui étais tellement banale que s'en devenait impossible. Oh bien sûr, je savais que cela pouvait être un réel avantage d'être aussi manquable, pas d'ennuis, pas de rumeurs, pas de problèmes. Mais dans toutes ces histoires, elles finissaient heureuses avec l'homme de leur vie et infiniment parfaites et fortes. Et je les enviais, je les enviais d'avoir ces vies géniales où problèmes rimera immanquablement avec happy end. Moi, mes problèmes étaient bel et bien réels et finiront sans doute par se réaliser à mon grand désespoir. Alors je m'étais rapprochée d'elles, pour recevoir un peu de ce don céleste qu'elles devaient avoir reçu à leur naissance, ce don de sympathie, d'aura puissante et chaleureuse.

Je m'étais aperçue, à ma grande horreur, que j'avais commencé à les apprécier. A apprécier tous ces petits gestes que les amis se font. J'avais appris à les connaître, et à les aimer. Je les détestais d'avoir réussie à me toucher, parce que je savais que maintenant je ne pourrais plus reculer. Je les détestais d'avoir atteint mon coeur, d'avoir déverrouillé sans m'en rendre compte et en douceur la porte qui me protégeais de ce que les autres me donnaient. Elles avaient détruit ma carapace face au monde.

J'avais alors fait la connaissance de Lyra, une de leurs grandes amies, et cette fille pourtant sympa, belle et intelligente comme elles, n'avait pas cette aura qui attirait les gens et qui la détournait de l'attention. J'en avais été marquée. Pourquoi les autres et pas elle ? Pourquoi tout le monde ne la regardait pas comme on regardait les autres ? Je n'avais sincèrement pas compris. Et puis, j'avais vu Juliane, d'une douceur incroyable et aussi magnifique que les trois dernières, et pourtant à peine remarquée. Certes, elle l'était plus que Lyra, mais bon Dieu pourquoi, me demandais-je, pourquoi elles non ?

Je n'y comprenais plus rien. 4 filles fantastiques, dignes d'un conte pour enfant, et seulement deux dans la lumière et deux dans l'ombre ?

J'avais cruellement pensé que Zoé et Déalhya avaient volé la place de Lyra et Juliane, les reléguant au second plan pour se permettre d'être en première position. J'avais enquêté. J'avais joué au chien pendant des semaines, notant les moindres détails et leurs moindres changements d'humeur.

Et j'avais découvert qu'elles étaient totalement cinglées. C'aurait dû me faire quelque chose, n'est-ce pas ? C'est ce que je pensais aussi. Mais non, rien n'a changé. Je les adorais toujours autant. Je les considérais comme mes amies. C'était impensable. Je méprisais l'être humain pour sa stupidité, et lorsque j'en avais une brochette devant moi, je n'éprouvais qu'un sentiment d'être comprise, rassurée, joyeuse. Comme des amis.

J'avais refusé de voir l'inévitable. J'étais intouchable, je l'avais pensé. Elles se moquaient de moi et de ma banalité, avais-je tenté de me convaincre. Ca avait presque marché. Jusqu'à, ce que j'aille interroger Lyra et Juliane sur leur manque de popularité, afin de me donner bonne conscience et de me dire que Zoé et Déalhya n'étaient que des profiteuses. Je comptais créer la discorde entre les 4 filles.

Je m'étais dit que j'agissais pour le bien. Que Lyra et Juliane serait enfin traitées comme les princesses qu'elles étaient. Et je crois bien que je n'ai jamais été aussi choquée de quelque chose lorsque que je suis sortie de la bibliothèque où je les avais retrouvées.

Elles n'en voulaient pas. Pas de popularité. Elles s'en fichaient.

« Comme toi, non ? » M'avais interrogée Lyra. Moi, ce n'était pas pareil. Moi, j'étais banale. Je n'avais pas la possibilité d'être sur le devant de la scène. Je profitais de mon statut de quasi-fantôme, car c'était ma seule possibilité. Mais elles, elles auraient pu entrer dans la lumière, elles auraient pu ! Mais elles ne l'ont pas fait. Elles ont choisi l'ombre, alors que moi je m'y étais réfugiée car c'était le seul endroit où on m'accueillait. Si j'avais eu le choix, je serais allée marcher aux côtés des grands de Lyliano. Pas elles.

Et surtout, surtout, elles avaient voulu être amies avec deux grandes de l'Institut. Rien que pour cela, moi, j'aurai profité mille fois de cet état de fait pour être reconnue de tous ! Je serai passée d'amie de populaire à populaire !

Mais pas elles. Elles avaient voulu garder leur tranquillité.

J'avais eu du mal à le digérer. Comment pouvait-on être content d'être ignoré ? Moi, je savais bien qu'au fond de moi je désirais être remarquée, je voulais être un symbole, un emblème, encore plus qu'une simple popularité de collégienne.

Je jalousais secrètement ce que j'insultais allègrement de pantins.

Si on me donne quelque chose, je le prendrais, moi. Quelque chose qui me permettrait de changer de vie. Mais non, Juliane et Lyra étaient restées là où je serais partie.

Parce que j'avais réalisé, bien après, qu'elles étaient contentes de leur vie. Contente comme ces héroïnes de romans qui finissent bien. Elles n'en voulaient pas plus. Elles n'avaient pas grand-chose, et elles s'en contentaient. Etait-cela, l'humilité ? Accepter de ne pas avoir le meilleur et s'en satisfaire ?

Alors que moi, même avec le meilleur de ce qu'on pourrait m'offrir, je ne serais pas entièrement comblée ?

Cela m'avait paru surréaliste.

Et puis, j'avais fini par m'y faire. A leurs côtés, j'avais pensé pour la première fois de ma vie qu'elle n'était pas si mal. J'avais arrêté mon règne de pourrie-gâtée cachée insultant les autres pourri-gâtés.

Et maintenant j'en suis là, à vouloir comme Juliane et Lyra avant moi, ne pas vouloir d'un trône éphémère et instable qui m'avait paru autrefois si puissant.

Tout ce que je veux, c'est d'une vie simple et sans soucis. C'est d'une vie où Zoé et Déalhya seront encore amies. Et je ne pourrais pas y accéder si je n'y mets pas du mien. Il faut que je répare mes erreurs, au lieu de laisser les autres s'en occuper. Il faut que j'agisse au lieu de déléguer.

C'est à mon tour de porter le fardeau que j'ai causé, à la place d'en charger des personnes totalement innocentes.

Et uniquement à moi.

oOoOoOo

POV Zoé

-Zoé, s'il-te-plaît. Je sais très bien que tu regrettes ce que tu as dit. Votre dispute est futile. Elle part de rien du tout. Dites-vous les vrais raisons, au lieu de vous faire la tête mutuellement pour des choses que vous ne pensez pas.

-Je pense parfaitement ce que j'ai dit.

-Oh Zoé ne me la fais pas à moi. Tu sais très bien que j'ai raison et tu ne veux pas t'excuser simplement à cause de ton égo trop gros.

J'hésitai soudainement. Comment pouvait-elle tout lire en moi ? Je sais très bien que je devrais m'expliquer, mais je ne veux pas faire le premier pas.

-Est-ce moi qui ait commencé la dispute, hein ? Balançais-je, sûre de la réponse.

-Tu reconnaitras que voler le portable d'Anderson n'était pas la meilleure chose à faire pour calmer les esprits. D'ailleurs, tu le lui a rendu ?

-Mais ce n'est pas moi ! Elle m'a traitée d'idiote sans cervelle !

-N'exagère pas. Elle s'est emportée mais tu n'as rien fait pour l'en empêcher.

Je grognais, à court de mots.

-Pourquoi tu prends sa défense, Evelyn ? Tu n'as rien à dire là-dessus. Murmurais-je contre ma volonté.

-Comment ?!

-C'est quand même toi qui a gaffé, alors pourquoi je t'écouterais ? Tu n'as pas ton mot à dire dans l'histoire.

Elle sembla encaisser difficilement ce que je venais de dire, ou plutôt ce que ma bouche venait de dire sans mon accord. Il va falloir que je consulte un médecin pour savoir si c'est normal de parler sans son propre consentement.

-C'est vrai.

-Quoi ?!

Comment ça, c'est vrai ? Mais c'est faux ! C'est ma bouche qui parle, elle

-C'est moi qui ai engendré tout ça. Alors il me semble que c'est à moi de réparer ce que j'ai causé. Alors criez-moi dessus, frappez-moi mais faites-le uniquement sur moi.

-Ah mais non ! Il en ait hors de question ! Personne ne te frappera, tu m'entends ! Qui te frappe ici ?! Dis-moi qui, il va comprendre sa douleur ! M'exclamais-je en la secouant comme un prunier.

-Personne ! Personne ne me tape ! Tout va bien je vais bien !

-Tu me jure si quelqu'un te frappe je le mords, d'accord ?

-Err… Oui, oui. Mais dis, tu es d'accord avec ce que j'ai dit plus haut ? Chuchota-t-elle en baissant les yeux.

-Quelle partie ?

-Dis juste oui.

-Euh bah oui ?

-Et tu m'as bien dit que si quelqu'un me frappe tu le tabasse ?

-Oui, mais pourquoi à la fin tu joues au journaliste d'investigation là ?!

Ai-je déjà dit que j'étais de nature très patiente ? Non ? Bon bah là je l'ai dit.

-Génial ! Hurla-t-elle en me serrant dans ses bras. Vous vous êtes réconciliées!

-Non. Si ? Non.

-Tu as dit oui pour parler à Déalhya !

-Quand ça ?

Jamais dit ça moi !

-Quand tu as dit OUI ! Hi hi hi !

Oh. La. Traîtresse.

-Viens par-là toi…Murmurais-je d'un ton menaçant.

-On n'a pas le droit de me frapper ! Hurla-t-elle en détalant dans les couloirs comme un lapin lorsqu'il voit sa carotte bien-aimée.

Je soufflais un bon coup et la coursait en lui jurant qu'elle allait le payer pour cause de contrat résilié.

oOoOoOo

La rubrique de Zoé

Bonjour à tous, et donc aujourd'hui vous ne savez pas ce qu'est un Raterrifiant, c'est bien ça ? C'est simple, tout est dans le nom. On les a appelés comme ça vu qu'ils sont tellement moches que ça fait peur. En gros, ils sont d'un marron assez quelconque, des grands yeux jaunes et le plus souvent leur peau est en très mauvais état, rasée ou crade à cause de leur milieu de vie. En fait, la seule et bonne raison pour laquelle on ne les a pas encore exterminés c'est parce que les apothicaires leur ont découvert une vertu dans leur potion : leur bave. Elle est très souvent utilisée dans des philtres d'agressivité ou des préparations visant à rendre son gouteur dans l'impossibilité de réfléchir correctement, ou encore, à forte quantité, dans des potions hallucinatoires…

Vous ne savez pas à quel point j'ai dû réviser mes cours pour vous dire tout ça ! Ahlala…

Merci à tous de m'avoir lu jusqu'ici et je vous avertis, je pars en Ardèche et autres donc désolée mais il y aura encore des retards! Et vous, vous allez où ?

Lily