Il est difficile, pour ne pas dire impossible, de s'empêcher de rire en voyant le plus beau garçon de Poudlard (pour le coup je suis bien de cet avis) se cacher pour masquer sa disgrâce. Mes sortilèges étaient si réussis que, bien que j'en connaisse à l'avance les effets, je ne peux me retenir d'éclater de rire devant le triste spectacle qu'est devenu Black.
Patatus Nosa. Sortilège d'enflure du nez jusqu'à ce que celui-ci atteigne la taille d'une pomme de terre cultivée par Hagrid.
Cappillarum Wetor Perpeti. Qu'en pensez vous ? Bon, certes, je me dois d'avouer que le brevet de cette formidable invention appartient pour moitié à Maïa. Œuvre élémentaire néanmoins. Nous avons, depuis, imaginé bien pire. Vous le verrez plus tard…
Revenons-en aux effets du sortilège. Imaginez Black avec les cheveux mouillés. Jusque là, rien de bien anormal (après tout, je suppose qu'il doit lui arriver de les laver, contrairement à un certain Serpentard dont je vous ai déjà parlé). Maintenant, imaginez-les VRAIMENT mouillés. Voyez les gouttes tomber unes à unes en un incessant bruit : ploc ! ploc ! ploc !
Black se trouve évidement trempé par le phénomène. Pour couronner le tout, représentez-vous ce cher petit garçon de dix-sept ans (voire plus) victime de pareil prodige depuis…environ douze heures. Ajoutez à cela le nez en patate et vous aurez la cause de mon hilarité. Léto avait raison, c'est très réussi. Dommage que je n'ai pas d'appareil photo…
« C'est quoi son nom, Cornedrue ? » demande ma victime en se tournant vers son ami.
Je ricane déjà intérieurement. Si Black ne parvient pas à savoir qui je suis, comment Potter le saurait-il ? De plus, mes cinq sœurs et les triplés doivent d'ores et déjà remarqué mon enlèvement. Je parie que, d'ici dix minutes (il leur faut bien prendre le temps de me chercher), les Maraudeurs vont avoir une jolie petite surprise…
« Eurynome, répond ledit Cornedrue. Dépêche-toi, les autres ne vont pas tarder à arriver. »
Hein ? Comment il sait connaît mon nom, lui ? C'est sûr, il y a anguille sous roche. Black m'a attrapée par hasard, il est impossible qu'il m'ait déjà reconnue auparavant.
Une nouvelle promesse d'enquête s'ajoute à mon ardoise. J'ai intérêt à retrouver le Retourneur de Temps de Madame Maxime, après seulement deux jours passés au château, je découvre plus de mystères qu'en six ans à Beauxbâtons. Voilà qui promet d'être intéressant…Mes notes en prendre un sacré coup. Il faudra que j'aille voir Déméter et Mnémosyne. Je vous vois déjà froncer les sourcils. Et bien vous avez tort ! Ce n'est pas pour moi de la triche, mais un simple service sororal.
« J'en étais sûr, grogne Black (misère, je l'avais oublié celui-là !). Il n'y a que toi pour lancer de pareils maléfices. »
« Qu'est ce que tu en sais ? Je te rappelle qu'on n'a pas goinfré les Veracrasses ensembles ! »
« Tu es susceptible, hein ? Pas si difficile à reconnaître tout compte fait. Tes sœurs et toi avez beau avoir la même apparence, vous vous ressemblez autant qu'un hippogriffe et une salamandre. Je suis prêt à parier que c'est toi qui m'as giflé en Métamorphose. »
« Tu appelle ça une gifle ? Pas moi. Disons…que c'était plutôt la première étape d'un remaniement complet de ton apparence. Tes groupies ne se lassent pas de te voir toujours avec la même tête ? Personnellement, au bout de deux jours, j'ai déjà eu ma dose… »
« Tais-toi ! Tu n'es qu'une enfant… »
« De dix-sept ans, bientôt dix-huit, mais à part cela je ne conteste rien. »
« Crois-moi, continue ainsi et tes jours ici seront comptés. Tu réintègreras Beauxbâtons avec tes sœurs. »
« Aurais je piétiné le territoire du mâle dominant ? On dirait que j'ai pris l'os d'un chien de garde. »
« Tu ne sais pas ce que tu dis ! Il y a des choses ici qui ne sont pas bonnes à savoir de même que… »
« Comme ce que vous faisiez dans le parc à une heure matinale ? »
« Je t'avais dit qu'on aurait dû lui jeter un sort, interrompit brusquement Potter. C'était elle sur le balai. »
« Raté mon vieux Cornedrue, désolé de te décevoir, mais à ce moment là je dormais. Disons que j'ai des yeux et des oreilles… »
« Ne m'appelle pas Cornedrue ! »
« Dis, vieux, ça t'ennuierait de me laisser parler ? J'ai un compte à régler avec Délos… »
« Délos qui ? Nous sommes beaucoup dans la famille, et encore je ne compte pas mes cousins. Au fait, savais-tu que Délos est l'île grecque où sont nés Artémis et Apollon ? »
« Silence ! Je ne t'ai pas entraînée ici pour que tu parles mais… »
« Pour que je fasse le ménage ? Vingt Gallions. »
Un rire étouffé amène Black à se retourner. Pettigrow, qui jusque là s'était bien fait oublier, ricane depuis tout à l'heure. Manque élémentaire de discrétion…
« Vite ! rappelle Potter. Ses sœurs ne sont plus très loin, et dès qu'elles seront là, même la carte ne pourra plus les distinguer. »
La carte, quelle carte ? Pas de doute, il faut vraiment que je mette la main sur ce fichu Retourneur.
« Bravo, ça c'est discret. Que croies-tu qu'elle pense en ce moment ? »
« Bah ! Un sortilège d'Amnésie. »
« Et puis quoi encore ? Imagine qu'elle me jette encore un maléfice et qu'elle ait oublié le contre sort. Je fais quoi, moi ? »
« Tu ne me fais pas confiance peut-être ? »
Alors là, ils sont forts. Dire que c'était à moi de passer un sale quart d'heure. Tout compte fait je m'amuse bien. Si seulement j'avais ma baguette, tout serait même parfait…
« Expelliarmus ! »
Et d'un désarmé ! Bravo Déméter ! Et de deux, puis trois ! Jason, satisfait d'avoir réussi à vaincre un élève de septième année, me tend ma baguette avec un sourire vainqueur.
Les Maraudeurs sont en mauvaise posture. Même à mains nues, ils ne peuvent se battre à deux et demi (Pettigrow ne leur arrive pas à la cheville) contre trois adolescents, leurs cinq équivalents féminins, et une gamine plus furieuse qu'un hippogriffe insulté.
« Calmez-vous, tente Black, nous ne faisions rien de mal…Votre sœur peut vous le confirmer, on discutait. Nous nous sommes découverts beaucoup de points communs. »
« Comme un certain goût pour la revanche, dis-je (il croyait vraiment que je me laisserais manipuler ? Il a vraiment l'intelligence du calamar géant. D'ailleurs, en parlant de cette charmante bête, il faudra que je lui rende une petite visite un de ces jours, de préférence accompagnée de Black. Hum, oui, reprenons.). Sais-tu, défiguré de mon cœur (j'adore sa tête ! Il ne s'y attendait pas à celle-là), que j'avais l'intention de lever le sort à midi ? (archifaux, mais de toute manière il ne pourra pas le vérifier). Tant pis pour toi, pour ta peine, je ne le ferais pas. On en reparlera demain, d'accord ? Allez, ciao, et sans rancune ! »
Je lui adresse une œillade qui a le don d'augmenter encore sa fureur et quitte la pièce en un rire. Un point pour moi ! Cependant, je ne peux ignorer le feu qui s'est à nouveau emparé de mes joues. Même défiguré, Black me fait toujours autant d'effet. Il a de ces yeux…
