Titre de la Fanfiction :
Too Bad For Me
Chapitre IX :
Life for rent
Note de l'auteur :
Retour à l'aventure proprement dite !
Comme l'a fait remarquer un lecteur : mes titres sont en anglais ! Alors petite explication. En fait les titres sont les noms de la chanson que je choisis d'écouter en boucle pendant que j'écris un chapitre. J'essaie de la choisir en rapport plus ou moins lié avec ce que j'écris, mais en fait c'est une playlist ! Vous pouvez vous amuser à mettre les musiques en ambiance derrière lol.
*Certains mots elfiques qui me manquaient pour faire parler Finduilas sont tirés du Sindarin.
Reviews:
La chaleur a envahi la terre dès l'apparition des premiers rayons du soleil. La journée sera étouffante, je suis heureux que nous arrivions sous le couvert des arbres. Je lève les yeux vers les feuillages des hêtres qui nous bénissent de leur ombre et je retrouve cette ambiance familière de lumière tamisée, de faisceaux de soleil qui zèbrent la forêt à travers les branches. Les puanteurs d'Ostagar et de Lothering désertent mes poumons pour faire place au printemps forestier. A cette époque de l'année les cerfs ont une ramure magnifique et les faons imprudents commencent à s'éloigner de leur mère. Je me demande si les Hahls ont eu des naissances cette année.
Mes pas dans l'herbe tendre sont à nouveau légers. J'ai l'impression qu'un poids énorme s'est envolé de mon dos, un poids que seule l'odeur suave des coulées de sève fraiche peut faire s'envoler. Mes yeux se lèvent vers le nord, où nous devons nous diriger pour trouver le campement des Dalatiens que nous avons repéré hier soir. Nous avons de la chance qu'ils ne soient pas repartis ce matin, nous aurions eu du mal à les rejoindre avec la charrette de Bodahn dans les bois.
Les arbres défilent et mes compagnons tendus me suivent à la trace. A part Sten, qui me fait apparemment confiance sur la marche à suivre, chacun lance des regards furtifs pour apercevoir des elfes ou prévenir des attaques. Nul besoin, ils savent que nous sommes là, je les ai prévenus en rentrant dans la forêt, faisant mine de répondre à un oiseau chanteur qui était tout sauf un oiseau. Les chasseurs nous attendent, il nous suffit de les trouver… Et cela ne nous sera peut-être pas si difficile.
Je me penche sur le sol, l'herbe a été écrasée, comme couchée par quelque chose de lourd qu'on aurait trainé sur le sol. Je quitte le semblant de sentier que nous suivons pour rallier les traces de la dernière chasse du clan. Je marche à côté d'elles, les observant en me demandant ce que pouvait être la prise. Certainement un sanglier, vu la largeur de la trainée. Je me retourne sur le groupe, Bodahn est descendu de son chariot pour guider son cheval à la main. J'esquisse un sourire rayonnant et je reprends la marche à vive allure. Nous sommes presque arrivés.
Alistair et Sten s'entendent à plusieurs mètres à la ronde avec leurs armures d'acier qui entrechoquent leurs différentes parties entre elles. Leliana, plus discrète et plus rapide en raison de la légèreté de son équipement, presse le pas pour se tenir juste derrière moi. Bodahn reste plus en arrière, menant son cheval gris avec douceur. Je passe un fourré serré et disparais derrière, pour me retrouver face à une elfe aux cheveux serrés dans une queue de cheval haute, tatouée du même motif qui orne mon front… Bien qu'elle ait fait tatoué l'entièreté de son visage, contrairement à moi.
« Andaran atish'an, Iëthallin ! »*
« Andaran atish'an, theli. »*
« Vous avez fait un long chemin. Je vous salue au nom de mon clan. »
Soudain, mes craintes de la veille n'ont plus de raison d'être. Je souris et esquisse un salut respectueux alors que nous nous prenons les bras en signe d'acceptation. Leliana sort des broussailles en tentant de débarrasser ses cheveux des résidus de feuilles qui les encombrent. Puis Alistair et Sten apparaissent un peu plus loin ils ont contourné les buissons pour ouvrir le chemin à Bodahn. Ils nous rejoignent sous le regard intrigué de la chasseresse et de ses deux compagnons. Ma semblable esquisse un petit rire.
« Vous avez de bien curieux compagnons. Puis-je vous demander le motif de votre visite ? »
« Il faut que j… »
Je réfléchis un instant, si je demande à parler en personne à l'archiviste je risque encore de passer pour le chef de groupe… Mais si je dis que des humains veulent voir l'archiviste et que je leur sers de guide ça va franchement faire tâche… Sauf si je viens en tant qu'émissaire d'un autre clan.
« Il faut que je m'entretienne avec votre archiviste au plus vite. »
« Entendu. Demandez à vos compagnons de rester à vos côtés, nous ne sommes pas habitués aux étrangers. »
« L'archiviste est-il déjà au courant de notre arrivée ? » je demande, en prenant la marche à ses côtés.
« Non, nous sommes les seuls à avoir entendu votre appel, nous vous avons attendu. Nous voulions vous faciliter la tâche, puisque vous aviez entendu la réponse de nos chasseurs vous nous aviez localisé, je pense. Au fait, je m'appelle Mithra. »
« Enchanté, appelez-moi Finduilas. »
J'entends Alistair murmuré que les arbres me rendent plus aimable qu'à l'ordinaire et que l'on devrait en ramener un ou deux avec nous en repartant et Leliana pouffe bêtement dans ses mains. Je continue de m'entretenir avec les chasseurs, mais en elfique. Je ne tiens pas à ce que les autres comprennent le sujet de nos plaisanteries, surtout qu'elle les concerne pour la majorité. Entre autre, Mithra suggère que nous passions dans des fourrés serrés pour perdre la charrette puis dans les marécages de l'ouest pour perdre les hommes de fer pour éviter que la chasse du jour ne soit un fiasco complet. Ils font vraiment beaucoup de bruit. Pour partager mon désarroi je lui fais part aussi de la difficulté de vivre avec des humains. Alistair et Sten ne se sont pas même lavé les mains ou le visage depuis huit jours que nous voyageons. L'idée même la fait grimacer. Je ris. Je n'ai pas ri comme cela depuis la mort de Daveth.
Je relâche les défenses que je me suis efforcé de monter depuis que j'ai quitté mon clan, bientôt les défenses seront montées pour moi par les autres elfes. Nous entrons enfin dans le clan à proprement parlé. Mithra me montre un elfe au crane luisant et aux tatouages dorés. C'est lui l'archiviste. Je me retourne vers le groupe.
« Bodahn, installez-vous ici avec la charrette, il n'est pas nécessaire que vous avanciez d'avantage, autrement vous aller gêner. »
« Bien monsieur. »
« Alistair, adressez-vous à l'archiviste avec respect et… »
« Qu'est-ce qu'un archiviste ? » demande-t-il avec une mine déconfite.
« …Bon et bien faites comme les autres et restez près de moi pour ne causer d'inquiétude à personne. » Je lâche un soupir contrarié
Je suis donc Mithra avec lassitude et cette dernière m'adresse un sourire entendu. Et oui, les humains sont des idiots, il faut les tenir par la main comme des enfants. Je la suis jusqu'au chef de clan, qui s'adresse directement à moi, sans se poser de question.
« Tiens donc, un visiteur… et de notre sang, ma foi. »
« Il vient d'un clan du nord, Archiviste. » Lui précise Mithra avec le sourire, pendant que je salue respectueusement l'ancien.
« Vous avez pour compagnons une étrange brochette d'individus. » dit-il avec un petit rire. « Dîtes-moi, qu'est-ce qui vous amène ici ? Comme vous pouvez le constater, nous avons déjà nos propres problèmes. »
Mithra m'a effectivement parlé du fait que leurs chasseurs s'étaient fait attaqués dans la forêt, et que beaucoup étaient morts ou affreusement souffrants.
« Je viens au nom de mon clan. » J'avance, sachant que ce n'est pas tout à fait faux, sans être totalement vrai.
« J'ai peine à le croire. Les clans ne communiquent qu'une fois tous les dix ans, lors de l'Arlathvenn. N'y a-t-il pas un motif à votre venue ? je ne vous en tiendrai pas rigueur, mais je veux la vérité.»
« Je viens vous parler de l'enclin. »
Je vois son visage se décomposer doucement, puis sa main monte recouvrir son visage. Il prend l'arrête de son nez entre son pouce et son indexe avant de relever les yeux vers moi.
« Vous êtes Garde des Ombres. C'est bien ce que je pensais. Il fallait commencer par là.» Il se tourne vers Mithra. « Ma serannas retourne donc à ton poste. »*
« Ma nuvenin, Archiviste. »*dit-elle en s'en retournant dans la forêt.
« Bien, nous pouvons passer aux présentations. » Dit l'archiviste en me regardant à nouveau. « Je suis Zathrian, Archiviste et Hahren de ce clan. Et vous êtes ? »
« Mon nom est Finduilas Mornedhel, pour vous servir, Archiviste. »
« En tout cas je suis surpris de voir l'un des nôtres dans leurs rangs. Comment les avez-vous rejoints ? »
« Je n'avais guère le choix. » je réponds, en essayant vainement de cacher l'amertume qui étreint ma voix.
« Vraiment ? j'ai peine à le croire. J'espère qu'un jour, nous aurons le temps d'y revenir. Mais si vous venez nous avertir de l'Enclin au sud, je vous arrête tout de suite : j'ai déjà senti sa corruption. Si nous étions en mesure de nous déplacer, j'aurais déjà levé le camp vers le nord. Malheureusement, ce n'est pas le cas. »
J'acquiesce doucement, lui indiquant qu'il a mon entière attention, mais Sten élève la voix pour s'étonner que la première chose que pense à faire Zathrian soit de fuir. Je lui lance un regard noir mais je ne crois pas que ça l'impressionne ou que cela le dissuade de continuer ses réflexions.
« Je ne veux pas que nos problèmes vous retiennent cela dit, j'ai bien peur qu'ils aient une incidence sur votre mission. J'imagine que vous venez en vertu d'un traité conclu il y a plusieurs siècles. Hélas, nous risquons de ne pas être capables de l'honorer. Je vous dois des explications. Suivez-moi je vous prie. »
Il se tourne légèrement en m'invitant d'un geste à rejoindre son côté. Je marche donc près de lui en contournant son Aravel. Leliana est toute excitée. Elle regarde partout mais n'ose toucher à rien, mais son enthousiasme se suspend brusquement quand un cri horrible s'élève de l'endroit où nous arrivons. Là sur des lits, entourés de quelques guérisseurs, une poignée de chasseurs sont allongés sur des lits de peaux tendues sur des cadres de bois qui composent les brancards. Il n'y en a qu'une demi-douzaine, je comprends alors la gravité de la situation : le reste de ceux qui se sont aventurés dans la forêt sont morts… ou pire…
« Voilà un mois que le clan a fait halte dans la forêt de Bréciliane, comme de coutume lorsque nous voyageons en ces lieux. Nous restons toujours vigilants, bien au fait des dangers que recèle la forêt, mais nous n'aurions jamais pu nous douter que les loups garous guettaient notre arrivée. »
« Des… des loups garous ? » je fais, interloqué.
Je n'avais jamais entendu parler de loups garous dans la forêt, certes je n'ai jamais été autant au sud de la forêt, avec ou sans mon clan, mais nous en aurions tout de même entendu parler, non ?
« Ils nous ont tendu une embuscade nous sommes parvenus à repousser ces monstres, mais à quel prix… Bon nombre de nos guerriers sont actuellement sur leur lit de mort. Malgré toute notre magie et nos pouvoirs curatifs, nous allons être contraints d'achever nos frères pour les empêcher de se transformer en bêtes féroces. Il faut arrêter L'Enclin, mais nous ne sommes pas en position d'honorer nos obligations. J'en suis sincèrement navré. »
Zathrian a l'air désespéré, mais le salut qu'il me fait me met mal à l'aise. Je ne connais aucune personne accablée qui se démet d'un serment avec une expression aussi déterminée et en regardant son obligé droit dans les yeux… Je fronce légèrement les sourcils et je me risque à poser des questions.
« Pourquoi ces monstres vous ont-ils attaqués ? »
« Ce sont des bêtes sauvages, des prédateurs ils ne s'encombrent pas de raisons. Toutefois, leur embuscade me prend à contre-pied. Les loups garous , estime-t-on, ne sont pas plus rusés qu'un loup enragé. Or cette embuscade témoigne d'une intelligence comme nous n'en avons jamais rencontré chez eux.»
Et moi elle me laisse entendre qu'ils sont tous sauf déraisonnables. Ils doivent être doués d'intelligence pour avoir monté un coup pareil. Ou alors quelqu'un les y a aidés, mais on n'apprend pas à des loups à se tenir embusqué.
« il n'y a pas un moyen d'aider vos hommes ? »
« Ils souffrent d'une malédiction qui court dans leurs veines, leur fait souffrir le martyre et aboutit à leur mort ou leur transformation en une créature monstrueuse. Le seul remède à ce mal s'obtient à la source de cette malédiction, autant dire … une mission suicide. »
Je m'y attendais. Et je parie qu'il va m'envoyer tuer le chef des loups garous à sa place pour détruire ce mal à jamais et ramener la paix et tout le tralala… Mais je ne peux pas laisser mon peuple souffrir d'un tel fléau. Par contre je me demande pourquoi il ne nous parle pas de l'origine de la source de ce mal. Il va certainement me dire qui je dois combattre… Mais va-t-il me dire pourquoi cette source en veut aux Dalatiens ? J'en doute fort.
« Un autre loup garou ? » Je demande.
« Non. Plutôt le responsable de leur existence. »
C'est marrant mais je l'avais deviné tout seul… cette histoire me met mal à l'aise, je ne sais pas pourquoi… Je n'arrive pas à déterminer ce qui cloche chez Zathrian qui me fait penser … ah je ne sais même pas ce que cela doit me faire penser…
« La forêt de Bréciliane habite un grand loup que nous appelons Versipelle. C'est lui qui est à l'origine de la malédiction c'est son sang qui l'a propagée. S'il venait à mourir et que l'on m'apportait son cœur, je pourrais peut-être dissiper la malédiction. Hélas, cet exploit dépasse nos compétences. »
Leliana me fait un signe discret et émet une toux discrète. Je la regarde en fronçant les sourcils avec perplexité. Qu'est-ce qu'elle essaie de me dire ? Zathrian se détourne de ses chasseurs et reprend le chemin de son Aravel, nous le suivons sans rien ajouter.
« Voilà une semaine, j'ai envoyé des chasseurs dans la forêt ils ne sont pas revenus. Je ne peux pas risquer d'autres pertes. »
« La sauvegarde du clan prime. » je conclue en hochant la tête. « Je trouverai Versipelle à votre place. »
« Je dois vous avertir que les loups garous ne sont pas les seuls hôtes de Bréciliane. Cette forêt, voyez-vous, a un passé de carnages et de meurtres. Lorsque les morts s'amoncellent ainsi, le Voile qui sépare le royaume spirituel du notre se fragilise, ce qui permet aux esprits de posséder des cadavres. Vous serez en danger où que vous soyez sous le couvert des arbres. Mais si vous pouvez effectivement nous aider… je vous souhaite bonne chance. »
« Nous allons avoir besoin d'équipement, si je peux me permettre cette requête. »
« Dans ce cas, je vous propose d'aller voir maitre Varathorn. Je le demanderai de vous mettre de côté quelques objets, de ceux qu'utilisent les chasseurs. »
« Merci, Archiviste. Nous allons nous préparer pour partir en forêt. »
« Que les faiseurs guident vos pas, Da'len. »
« Et les vôtres, Archiviste. »
J'esquisse un nouveau salut et je fais signe aux autres de me suivre alors que je me dirige vers la charrette de Bodahn. Leliana ouvre la bouche mais je pose un doigt sur ma bouche pour lui intimer de se taire. Quoi qu'elle ait à me dire, je préfèrerai qu'elle attende que nous soyons hors de portée des oreilles pointues de mes semblables. Nous rejoignons le chariot des deux nains et nous en sortons nos sacs de voyage. Leliana s'accroupis près de moi et me parle à voix suffisamment haute pour être entendue du groupe mais pas des elfes alentour.
« Vous l'avez entendu ? Comme il a travaillé son effet sur Finduilas ? d'abord à lui montrer à quel point la situation est désespérée, puis à se dévaloriser pour mieux flatter son égo ? Pourquoi a-t-il besoin de s'assurer qu'il croit que nous sommes son seul espoir ? »
« Il n'a jamais dit ça. » intervient Alistair.
« Mais il a fait en sorte qu'on se sente responsable d'eux. » gronde Morrigan. « Il a fait en sorte qu'on culpabilise de les laisser souffrir de leur mal si nous décidons de partir. »
« Vous croyez vraiment ? » s'étonne notre chevalier.
« Ça ne fait aucun doute. » Je murmure, juste assez haut pour mes compagnons. « Mais pourquoi ? Il doit savoir qu'étant Dalatien, je suis prêt à courir tous les risques pour ceux de ma race « Tels sont les Dalatiens, archivistes du savoir perdu » C'est ainsi, nous devons préserver les traditions que chaque clan transporte, et donc s'assurer de leur survie. »
Le silence se fait à nouveau alors que nous sortons nos vivres de nos sacs. Décidément, cette histoire est bien étrange. Mais de toute façon nous n'en saurons pas plus tant que nous ne serons pas fourrés dans la gueule du loup… pour ainsi dire. Nous nous asseyons au pied de la charrette pour manger et décider de la marche à suivre.
« Je le trouve louche Zathrian. » Me dit Leliana.
« Je pense que on peut faire quelque chose… » Je réponds après avoir avalé un morceau de pain de voyage. « Leliana, vous restez ici et vous voyez comment se déroulent les évènements. Vois si vous décelez des incohérences dans ce qu'a dit Zathrian aux gens de son clan. Essayez d'être discrète… Alistair, Sten Morrigan et moi on ira trouver Versipelle. »
« Je note que vous n'avez pas promis à Zathrian de le tuer pour lui. » Minaude Morrigan.
« Non, et je ne compte pas le faire sans connaitre le fin mot de cette histoire. Il y a quelque chose que Zathrian ne nous dit pas, quelque chose d'important… Cependant il est évident que ces monstres sont malfaisants et je ne peux pas les laisser continuer à faire du mal à mon peuple… combien de clans seront décimés si personne ne parvient à arrêter ce fléau ?»
« Cela me rappelle quelque chose… » glisse Alistair, en faisant référence à l'Enclin.
« Je connais bien la forêt, je vous guiderai en son sein. »
« Je te fais confiance pour cela, tu as déjà prouvé quel chasseur tu pouvais être dans les terres sauvages ! » Déclare Alistair avec un sourire rayonnant.
Je soupire en avalant le reste de ma collation et je me relève pour fouiller dans mon paquetage. Je glisse de quoi manger ce soir et demain matin dans mon escarcelle. J'ajoute à mon équipement une dague que je glisse dans ma botte et je récupère mon poignard à aiguille que je calle à ma ceinture. Nous verrons ce que nous trouverons dans le coffre que Zathrian nous a fait remplir chez le forgeron du clan. Mais je pense que ça sera plus utile d'équiper les trois autres que de revoir mon fourniment d'accessoires. Maître Ilen est reconnu comme le meilleur armurier des clans de notre génération, avec tout le respect que je dois à Varathorn, je pense que ses arcs ne vaudront jamais celui que je transporte actuellement et qui est une de ses dernières créations.
« Finissez de déjeuner, je reviens. »
Je quitte le groupe pour explorer un peu le camp. Je marche un peu au hasard et je remarque plus bas se trouve un petit chemin entre deux monts de terres et l'odeur qui parvient à mes narines me semble soudain familière. Je choisis de descendre le long du sentier naturel qu'ont formé les nombreux passages pour arriver devant l'enclos des Hahls.
Ces grands cerfs blancs aux ramures entrelacés broutent paisiblement à l'intérieur des maigres piquets qui leur servent de clôture. Certains lèvent la tête de leur besogne pour étudier mon odeur, j'imagine qu'ils savent quand un étranger s'ajoute au clan. Je baisse les yeux sur une de ces merveilleuses créatures qui n'est pas à l'intérieur des barrières. La Hahlière du clan est en train de l'examiner. Je reste un peu en retrait, pour ne pas effrayer la bête. Doucement, la guérisseuse passe ses mains hâlées sur le pelage immaculé de l'animal qui, tremblant, se laisse faire.
« Aneth ara ! J'étais tellement accaparée par les Hahls que je ne vous ai pas entendu arriver. »
Je m'approche doucement d'elle, pour ne pas effrayer le Hahl plus qu'il ne l'est déjà.
« Vous l'avez isolé du troupeau ? »
« J'ai peur qu'elle n'ait été mordue durant l'attaque des loups garous. J'ai tenté de lui parler, mais elle est trop agitée pour que je la comprenne. La malédiction n'a pas les mêmes effets sur elle qu'elle aurait sur nous, mais elle n'en est pas moins mortelle. Et pour couronner le tout, elle est peut-être contagieuse pour les autres Hahls. Je ne lui trouve aucune blessure, mais s'il s'avère qu'elle est contaminée… je devrai abréger ses souffrances. Pour son bien et celui du troupeau. »
« Je peux peut-être faire quelque chose ? »
« Je ne sais pas. Si vous arriviez à la calmer, vous auriez toute ma gratitude. »
Je pose ma main sur l'épaule du Hahl, doucement je marche le long de son corps en laissant trainer ma main sur son dos. Je contourne sa croupe puis je reprends le chemin inverse sur son autre flanc. Ma main redresse brièvement le pelage encore fourni pour la saison de la grande créature. Je flatte l'encolure blanche jusqu'à arriver entre ses cornes, où je m'immobile un instant pour masser sa tête. Tout d'abord elle redresse légèrement le front pour me regarder, tremblant toujours comme une feuille un jour de vent d'automne. Puis quelque chose se passe dans ses yeux et elle baisse sa puissante ramure jusqu'à ce que moi aussi, je sois obligé de m'accroupir pour continuer de la caresser. Je pose ma seconde main sur sa joue ronde, et passe la première sur son chanfrein avec tendresse. La bête se calme progressivement, au rythme de mes doigts qui massent le cuir de sa peau sur toute la longueur de sa face.
« Je la comprends à nouveau ! oh... ce n'est pas elle qui est blessé, c'est son mâle, elle est folle d'inquiétude pour lui ! Ma serranas, Iëthallin ! »
« Serannas à toi, Hahlière. Cela faisait trop longtemps que je n'avais plus vu nos hahls. »
« Ils ont l'air de t'apprécier. »
« C'est réciproque. » J'avoue avec un sourire. « Je vais devoir retourner dans le camp, mes compagnons doivent m'attendre. »
« Je te souhaite bonne chance pour ton voyage contre les loups, Da'len. »
Je lui adresse un remerciement d'un signe de main et je reprends le petit chemin qui remonte vers le camp. Notre petit groupe n'a pas quitté le côté de la roulotte. Apparemment ils ont encore peur qu'on les flèche à vue. A cette idée un petit sourire en coin se dessine sur mon visage. J'ai peut-être un peu poussé le trait des chasseurs surprotecteurs, mais tant pis. Au moins comme cela, ils ne font pas le idiots dans le camp et ne dérangent ou n'effraient personne.
« Où étiez-vous passé ? » me hèle Alistair, faisant se retourner tous les elfes du clan.
« J'étais parti filer un coup de main. » Je fais, évasif. « Vous êtes prêts. Prenez de quoi camper très rapidement dans la forêt, il se peut que nous ne soyons pas de retour avant demain. »
« Et pour l'équipement que vous avez demandé à Zathrian ? »
« Nous le prendrons en passant devant la forge de maître Varathorn en nous dirigeant vers la forêt. »
« En route alors ! »
Je les devance un peu pour rejoindre l'Aravel de l'armurier. Il nous suffit de repasser les statues de divinités pour redécouvrir l'atelier devant lequel nous sommes passés tout à l'heure pour aller voir Zathrian. Mais le maître semble occupé à sermonner un élève maladroit. J'attends donc patiemment devant l'établi.
« Que fais-tu ? Tu as gauchi le bois ? l'as-tu laissé sous la pluie ? »
« Non maître Varathorn, je … crois que je l'ai trop chauffé… »
« Tu n'es pas chez les dürgen'len, nous ne sommes pas une fonderie ! Ce bois est vivant ! Il lui faut de la patience et des mains délicates, pas les soufflets de l'enfer ! »
« J'ai honte de mes actes, maître Varathorn… »
« Et à raison. Nous perdrons à jamais notre art si nous continuons ainsi ! Jette donc ton bois mort et recommence pendant que je parle à notre hôte. »
De la longueur de ses cheveux déjà gris, Varathorn se retourne vers moi et me sourit. Je crois qu'il me connait, l'étincelle qui brille dans son regard rend la chose évidente. Lors de la dernière assemblée, j'avais douze ans, cela fait huit ans que je n'ai vu aucun autre Dalatien que ceux de mon clan. Son visage m'est vaguement familier, mais je ne saurais dire si je me rappelle réellement de lui. Je crois l'avoir vu parler avec mon archiviste… Mais tellement d'elfes sont venus parler à notre archiviste…
« Andaran atish'an, Iëthallin. Je n'ai pas vu maitre Ilen depuis la dernière Assemblée, il y a quelques années. Toujours l'œil vif et la main adroite, j'espère ? »
« Il était en parfaite santé lors de mon départ. »
« J'en suis heureux. Votre clan est d'autant plus cher que nous ne restons jamais bien loin l'un de l'autre. J'ai rencontré votre père, l'ancien Archiviste de votre clan. Vous lui ressemblez a bien des égards. Il a pris la parole lors d'une Assemblée pour nous enjoindre de voyager en terre Shemlen, afin d'apprendre les coutumes humaines. Il aurait sans doute été fier de vois son fils Garde des Ombres. »
« Lui peut-être, pour ma part je n'en tire aucune. » J'affirme, le regard droit mais sans provocation.
« Je ne devrais pas évoquer un souvenir aussi douloureux. Ir abelas. »
« On m'a dit que vous pourriez nous fournir de l'équipement. »
Changement de sujet immédiat. Je ne suis pas revenu parmi les miens pour que les membres de mon groupe apprennent ma vie privé par l'intermédiaire de conversations mondaines… Si au moins il s'adressait à moi en elfique…
« Oui, l'Archiviste m'a fait savoir que vous m'en demanderiez. J'ai pris la liberté de rassembler quelques articles dont se servent nos chasseurs. Vous trouverez près de l'Aravel un grand coffre, dans lequel j'ai placé tout ce que nous pouvions vous donner. Vous êtes libre d'u prendre ce que vous souhaitez. »
Je jette un regard autour de Varathorn, les arcs et les arbalètes suspendus un peu partout sont de bonne qualité.
« Vous semblez bien maitriser les anciens arts, maitre. »
« Le peu que je sais, je le dois à toutes les générations qui m'ont précédé c'est là le temps nécessaire pour une parcelle du savoir perdu. Mes arcs ne rivalisent dans doute pas avec ceux de maitre Ilen, mais ils n'en ont pas moins fait baver d'envie plus d'un Shemlen. Il existe un bois qui, avec le traitement idoine, acquiert la dureté de l'acier sans en avoir le poids. Ce bois, l'écorce de fer, ne pousse que dans cette forêt. L'Archiviste nous a interdit d'aller en ramasser dans la forêt, je ne pourrai donc plus produire nos plus grandes merveilles avant plusieurs années.»
« Je pourrai vous en ramener, si je savais à quoi elle ressemble. »
« Je ne peux pas décemment vous le demander… Mais si d'aventure vous trouviez de l'écorce de fer, je ne verrai pas d'objection à ce que vous m'en apportiez. C'est un bois très bleu, très facilement reconnaissable. Seul le bois que le temps a détaché de l'arbre peut être récolté. Si vous en trouvez, rapportez-le-moi et je vous le façonnerai. »
« Quel genre d'objet pouvez-vous en faire ? »
« Je suis rompu au façonnât de lames en écorce de fer à moins que vous ne préfériez une cuirasse ? Mais il vous faudra beaucoup de bois. »
« C'est entendu, j'ouvrirai l'œil. »
«Vous m'en voyez ravi. Mais pensez d'abord à nos chasseurs. Que les faiseurs veillent vos pas. »
« Et les vôtres, maitre Varathorn. »
Je contourne l'Aravel avec une démarche légère et j'aperçois le coffre, il contient un arc court de bonne facture, mais je suis plus à l'aise avec les arcs longs. Je le tends à Sten, qui est le seul à ne pas avoir d'arme de jet puis je replonge la tête dans le coffre. Il y a une armure de cuir complète. Je la donne à Leliana, elle pourra s'en vêtir une fois que nous serons partis. Le reste comporte surtout des soins et des herbes, que je donne à Morrigan pour qu'elle les range dans sa sacoche.
Nous voici donc parés pour la grande aventure dans les bois, à la recherche du grand méchant loup. Pour une fois ce seront eux les proies. Je m'approche de Leliana, elle me regarde avec ces yeux à la fois parlants et immobiles, cette expression si particulière qu'elle a quand elle s'adresse à moi. J'ai l'impression qu'elle m'écoute attentivement, mais qu'elle essaie de faire passer un message que je n'arrive pas à saisir. Ses grands yeux bleus se voilent de quelque chose que je n'arrive pas à identifier, quelque chose que je crois avoir déjà vu dans les yeux de Merrill. Quelque chose qui est trop loin pour moi et que je ne veux pas aller chercher.
J'avale ma salive en redressant légèrement le menton. Je ne supporte pas qu'elle me regarde comme cela. Je lui indique la manière de se comporter avec le clan pendant mon absence. Mais je pense qu'elle devrait entendre parler le conteur du clan. Je ne sais pas qui il est, et je ne veux pas me risquer à demander. Si j'avais un peu plus de temps devant moi j'irai m'assoir quelque part et je regarderai vivre le clan, en quelques heures j'aurai retrouvé le rythme et la place de chacun. Mais pour le moment, il va falloir marcher à l'aveuglette
Nous avançons vers les limites du clan tandis que je lui énumère les postes important qu'elle doit absolument connaitre. L'Archiviste, son apprenti que nous avons aperçu près de l'Aravel de son maître, le conteur, le Hahren, la Hahlière, l'armurier et forgeron. Je lui explique les rituels qui suivront dans la soirée, le feu de camps, les histoires du conteur, s'il a le cœur et le courage de conter quoi que ce soit en ces temps tragiques. Je lui conseille d'aller dans le sens du conteur, s'il parle des humains, d'être modeste même si ces propos sont virulents. Car s'il décide de lui enseigner notre histoire, elle pourra le questionner autant qu'elle le voudra sur la forêt, les loups, Versipelle. Et peut-être découvrir ou deviner des choses que Zathrian nous a dissimulées.
Leliana hoche régulièrement la tête pour affirmer son attention et nous arrivons près de deux cercles formés par des troncs d'arbre couchés… Je me dis que si le conteur est quelque par ce doit être…
« Andaran atish'an, Iëthallin ! »
« Andaran atish'an. »
Je dévie une dernière fois de ma route vers la quête des loups pour enjamber le cercle qui s'est formé autour d'un homme d'âge moyen aux cheveux châtains.
« Je suis Sarel, Hahren et conteur du clan. Le vôtre en a un également, j'imagine ? »
« Oui Païvel, notre ancien »
« Ah ! ce cher Hahren Païvel est donc encore en vie ? Tant mieux. J'étais à peine Da'len qu'il se faisait déjà vieux. Vous avez de la chance d'avoir grandi bercé par ses histoires. »
« Je ne peux que confirmer vos dire, Hahren. »
« Je vois que vous… n'êtes pas seul. Vos compagnons sont également Gardes des Ombres ? »
« hem, je suis Garde des Ombres, oui. » intervient Alistair. « Ravi de vous rencontrer. Joli… Feu de camp que vous avez là… »
Crétin…. Le conteur nous invite à prendre place aux côtés des elfes du clan d'un geste du bras.
« Je suis Sten de Beresaad. Non un Garde des Ombres. »
« Garde des Ombres ? moi ? Ravale tes propos, amuseur ! »
Quel plaisir d'entendre le son mélodieux de ta voix Morrigan… Cela fait chaud au cœur.
« Pour ma part je suis ménestrels, et mes compagnons me laissent ici pendant leur mission, si vous le permettez, j'aimerai que vous me parliez de votre peuple. »
« Ce sera avec atish'an : soyez en paix parmi nous. Je vous avoue mon étonnement de voir ceux de votre espèce suivre un Dalatien. Pensez-vous que c'est uniquement pour obtenur notre aide que vous avez été nommé Garde des Ombres ? Peut-être croient-ils que nous n'allons pas honorer le traité. »
« Je vous assure que ce n'est pas le cas. J'ai... »
« Vous me l'assurez ? » son ton devient brusquement agressif, violent. « Mon jeune ami, sans vouloir vous offenser, vous ignorez la moitié des… »
« Hahren Sarel, de grâce. » intervient une Dalatienne. « Vous manquez de respect à un frère de sans, notre hôte, qui se propose de nous aider. »
« C'est vrai… » Se calme Sarel. « Veuillez pardonner mon irrespect. Avec toutes les pertes que nous déplorons, je ne suis plus moi-même »
« Notre Hahren a vu la malédiction des loups garous lui ravir sa femme. Nous pleurons ici sa mort, et celles qui ne tarderont pas. »
« Je comprends. Mais sachez que j'ai été fait Garde des Ombres à cause d'un mal qui m'a atteint il y a quelques mois, j'étais l'un des meilleurs chasseurs de mon clan… L'un des deux meilleurs. Tamlen a trouvé la mort, j'ai été recruté par la Garde. »
« Je suis désolé. »
« Mes condoléances, Sarel. »
« Ma serannas. Je préfère que sa souffrance ait pris fin plutôt que de la voir devenir… un monstre. Ces derniers jours ne nous ont pas été fastes. Quand je pense que nous allons peut-être abandonner nos malades à leur sort… »
Je réprime un frisson violent à cette pensée. Quel trouble m'habite encore au souvenir de Tamlen, abandonné plus au nord, dans cette caverne… J'ai envie de lever un regard plein d'assurance vers Sarel en lui affirmant que ce chagrin ne lui sera pas infligé. Que je ramènerai le cœur de Versipelle à Zathrian… Que personne ne sera laissé en arrière et pourtant… Je n'y arrive pas. Cette histoire pourrait avoir de trop grandes conséquences si nous nous jetons dedans tête baissée.
« Mais ne nous apitoyons pas sur nos peines. Pouvons-nous faire quelque chose pour vous aider ? »
« Parlez-moi de la forêt. »
« Je connais quelques histoires. Notre clan est déjà passé par ici à de nombreuses reprises, même lorsque les Shemlens y habitaient. »
Je descends du tronc sur lequel je suis assis sans y prendre garde, je m'installe par terre et je fixe mon regard là où sera allumé le feu de camps ce soir. J'écoute.
« A en croire les légendes, nos ancêtres habitaient la forêt de Bréciliane en un temps reculé, avant l'arrivée des Shemlens, avant même notre première terre d'attache. Puis l'Empire tévintide est arrivé c'est à lui que l'on doit le nom de Bréciliane. Quant à savoir s'il y a trouvé nos ancêtres, difficile à dire. Si c'est le cas, ils ont été tués ou asservis. Nous savons seulement qu'un nombre incalculable de bataille y a fait rage ces arbres ont prospéré sur les tombes des guerriers tombés au combat, Shemlens et elfes confondus. »
« Et quel est le rapport avec les loups ? »
« Il y a eu tant de morts que le voile vers l'Après s'est déchiré. Chez les Shemlens, l'Après a pour nom « immatériel », le monde des rêves et des esprits. Lorsque le Voile est déchiré, ces derniers sont libres de passer dans le nôtre. Selon les légendes, un esprit particulièrement puissant c'est emparé du loup qui est devenu Versipelle. C'est sa rage qui a transmis la malédiction aux hommes et engendré les loups garous. »
« Et Versipelle existe toujours, bien sûr ? »
« Zathiran en est convaincu. Il affirme que contrairement aux loups Garous, Versipelle ne vieillit pas. N
Versipelle est mi- esprit, mi- animal. Il est donc immortel. Peut-être est-il même impossible de le blesser. Toujours est-il qu'il est vieux et puissant, tout comme Zathrian. »
« Merci Harhen, vous nous avez été d'une grande aide dans la préparation de notre mission. »
« J'espère que vous reviendrez vivants et porteurs de bonnes nouvelles. »
« Et d'une histoire à raconter. Je vous le promets. »
« Un dernier conseil : la forêt elle-même est vivante. Elle se transforme à loisir pour vous couper toute retraite ou vous ouvrir de nouvelles sentes. Bon nombre d'entre nous s'y sont égarés pour ne plus jamais revenir. A votre place, je veillerai à ne pas me faire de la forêt une ennemie. »
« Nous y veillerons. Nous vous laissons Leliana. »
« Que je vais m'empresser d'instruire. » Dit-il avec un sourire aimable.
Le prêche va pouvoir commencer. Mais il commencera sans moi, sans nous en fait. Car nous avons quelque chose à faire, et autant faire cela bien, mais vite. L'Enclin ne va pas nous attendre.
Andaran atish'an, Iëthallin ! = Soyez en paix parmi nous, mon ami.
Andaran atish'an,theli. = Soyez en paix, ma sœur.
Ma serannas = Merci beaucoup
Ma nuvenin = Très bien
Ir abelas = Veuillez me pardonner
Aneth ara =
