Corrigée par Auro75, merci à elle
Chapitre 9 - Interrogatoire sous haute tension
Thomas se tourna vers la vitre sans teint et d'un geste du doigt invita Newt à changer de pièce. Il le voulait près de lui, pour pouvoir observer ses réactions face aux mots de ce sale type. Il avait un peu peur de ce que Newt pourrait ressentir seul et des actions qui pourraient en découler. Il avait fait part des conclusions du blond à Minho et il savait son ami très inquiet pour l'écrivain. Il entendit du bruit et ouvrit la porte de la salle d'interrogatoire, fixant des yeux le prisonnier pour voir sa réaction.
Newt entra dans la pièce en boitant et se laissa choir sur une chaise en soufflant. Mais le type s'était figé comme s'il venait de voir son pire cauchemar en face de lui.
Newt avait réussi à calmer sa rage mais elle revenait l'assaillir par vague, montant à l'intérieur de lui, embrumant son esprit et annihilant son sens de la logique. Il haïssait déjà les réponses que ce type allait donner.
Minho le remarqua de suite, le regard fixe du prisonnier sur son ami et attaqua avec les questions, ne voulant pas lui laisser le temps de trouver des parades.
- Oui, il est bien vivant et toi, dans la panade. Alors ton nom, ton prénom et ta fonction auprès de ce fou de Janson ?
- Je... Michael Norve... Je suis un des tireurs de ce type.
- Ben voilà, un début de renseignement ! Se moqua Thomas en passant derrière Newt pour poser une main affectueuse sur son épaule. Minho sourit sous le geste. Et tu es tireur pourquoi ? Sur quel type d'intervention ?
- Il demande toujours des gars pour tout un tas de business, un peu partout dans la ville et aux extérieurs. Il entre et sort des quartiers comme il veut. Il nous fournit en pas mal de matos alors en échange, on lui prête nos services.
- Tu étais sur le Bloody School Day ? Demanda Newt avec un regard ardent, déstabilisant le mec devant lui.
- Non, j'ai juste fait les repérages.
- Pourquoi ? Qui je suis pour vous ? Que sais-tu de moi ?
- Newt Mac Allistair, notre cible première sur l'attaque de ce soir. Janson n'arrête pas de dire que tu es son épine dans le pied, que si tu survis jusqu'à ton 25ème anniversaire, on sera tous en taule. Il se vante assez de la mort de tes parents...
- Ferme ta gueule ! Hurla Newt en se levant de sa chaise en commençant à parcourir la pièce, oubliant sa jambe malade, fou de rage.
Il le sentait en lui, la douleur reprenait ses droits, mangeant son calme et son self-control. La douleur atroce qui vous prend le cœur après le décès d'une personne chère. Cette espèce de rage immense qui peuple vos nuits, vos heures sombres et vos ardeurs assassines. La même douleur qui l'avait poussé à commettre des actes affreux à son réveil, 10 ans plus tôt. Il devait se calmer à tout prix et reprendre son calme.
- Mais... Commença Minho, complètement abasourdi de la réaction de son ami.
Newt se figea une seconde et darda son regard sombre sur son ami, levant son doigt devant lui, comme un avertissement. Minho se tut, même s'il lui en coutait. Il connaissait bien les colères du blond et elles étaient explosives si on argumentait. Il lui fallait un instant pour se calmer, et reprendre le contrôle.
Newt souffla et ferma les yeux. Sa colère bouillonnait en lui, se battant avec sa culpabilité. Il avait confirmation de ses soupçons et ça faisait mal, très mal. Il avait entrainé des centaines de drames par sa vie, fait pleurer des mères de familles, fait hurler des pères et privé d'avenir des adolescents qui n'avait rien demandé. Il était un monstre.
Il secoua la tête pour essayer de sortir cette idée de son esprit mais sans réel succès. Il sentit une paire de mains se poser sur ses épaules et deux pouces caressaient doucement ses muscles. Thomas. La sensation de douceur qui émanait du jeune homme le détendit et il se laissa aller contre lui un instant, acceptant sa force dans son tumulte intérieur. Puis il fit un pas en avant avec dans le regard un nouvel éclat. Il allait réparer son erreur, les faire payer, détruire ces fous, et aucun répit tant que ce ne serait pas fait.
Cette résolution balaya sa peur, sa rage et son chagrin et il se tourna vers le type menotté, prêt à tout entendre. Il avait le meilleur des psys comme ami, Jorge le réparerait après.
- Parle et balance tout ce que tu sais. Ordonna-t-il au prisonnier.
Le type poussa un fort soupir de contrariété que Thomas exploita à son avantage en une seconde.
- Il a l'air tellement en pétard que je me dépêcherais d'obéir si j'étais toi. Il lui lança un clin d'œil très ironique et passa derrière le mec pour poser ses deux mains sur ses épaules dans un geste hargneux, rien à voir avec le réconfort offert à Newt quelques minutes plus tôt.
Minho sourit sous les mots et reporta son attention sur son ami, craignant l'impact de ce qu'allait dire ce Michael Norve.
- Janson est mandaté par une femme, une dirigeante d'entreprise à ce que je sais. Personne ne connait son nom, on sait juste que c'est elle qui paie les armes qu'on utilise et donne les directives à Janson. Elle ne voulait pas pour le Bloody School Day mais Janson est passé outre. Pour les Cooper, tes parents. Précisa-t-il en regardant Newt. Elle a donné les ordres et Janson les a tournés à sa sauce. Mon père, qui était sur le commando m'a dit que les ordres étaient de les prendre vivants, mais Janson aime le sang et les massacres. J'ignore qui étaient les Cooper pour Janson et la femme. Nous, on est juste les hommes de main. Pas de question, pas de prise d'initiative, tels sont nos mots d'ordres. Et ceux qui ne respectent pas, c'est...
- On a compris. Le coupa Minho.
- La femme, tu sais rien sur elle ? Demanda Newt.
- Non rien. Elle donne ses directives à Janson, parfois Grant. Et jamais on l'a vu. Enfin, ceux qui l'auraient rencontrée aurait finis dans un sac dans le lac.
- Qui c'est ce Grant ? Demanda Thomas.
- Un autre de ses hommes de main. Les gars soupçonnent Grant d'être là pour surveiller Janson. Certains disent que la confiance de la patronne s'est émoussé pour ce fou. Grant est son garde-fou en quelque sorte.
- Un prénom pour les deux ? Demanda Minho tandis qu'il prenait en note tout ce que le type disait.
- Pour Janson, je ne sais pas. Tout le monde l'a toujours appelé comme ça. Pour Grant, certains l'appellent Justin. Mais je ne pense pas que ce soit son prénom, il est blond alors c'est juste une blague.
- Ouais, je vois le genre. Grogna Newt qui y avait souvent eu droit par les crétins du lycée. Donc, si je résume, vous êtes une bande de malfrats qui obéissez stupidement à un type, Janson, qui reçoit ses ordres d'une folle riche un autre type, Grant, doit le surveiller, le tout sur des affaires super illicites... Elle est belle la population de Seattle, c'est rien de le dire tiens ! Et rassure-moi, tu as au moins eu des remords de faire des repérages pour tuer des enfants ? Demanda-t-il avec hargne. La rage recommençait à bouillir en lui, le privant de souffle et il savait par expérience que si l'homme ne disait pas ce qu'il voulait entendre, il serait capable du pire.
- Euh !
- Réponds enfoiré ! Hurla Newt sur le prisonnier en se levant brusquement de sa chaise. Elle tomba avec un bruit mat sur le sol, mais Newt l'ignora, ses yeux lançant des éclairs.
- Newt, calme-toi. Essaya de le calmer Minho en voyant que son ami allait craquer.
- Jamais Min ! Jamais ! Il mérite de mourir comme Chuck ! La rage l'emportait de nouveau dans sa spirale de souffrance.
D'un geste vif, il contourna la table et ses mains enserrèrent le cou de l'homme qui pâlit d'un coup. Un rire un peu fou le secoua alors qu'il serrait lentement, semblant prendre beaucoup de plaisir à la respiration haletante.
- Tu vas crever, ordure, comme mon Chuck !
- Newt, non ! S'exclama Thomas
Il le ceintura et le tira en arrière, l'obligeant à lâcher prise, puis il l'enferma dans ses bras, le serrant fort. Newt essaya de se dégager une seconde puis capitula en s'écroulant en larmes contre le torse de l'inspecteur brun. Il était à bout, complètement anéanti à l'intérieur de lui. Des centaines de flash éclataient sur sa rétine, montrant les jours insouciants, ravivant la douleur de la perte, crevant son cœur de chagrin. Il poussa un léger cri de détresse et enserra Thomas à son tour, collant son nez dans le cou du brun, fermant fort les paupières pour oublier, s'oublier quelques instants.
Thomas, un peu hasardeux sur la conduite à tenir, répondit à l'étreinte en regardant Minho. Ce dernier était en train de détacher le prisonnier et il mima à Thomas une réponse que le brun accueillit avec un clin d'œil. Il laissa le temps à son ami de sortir l'homme puis doucement il poussa Newt à se détacher de lui. Le blond, les yeux brillants de larmes, s'écarta doucement marmonnant une piètre excuse pour son comportement, un semblant de calme l'habitait de nouveau. Thomas lui sourit tendrement, dégagea son beau visage d'une mèche rebelle et essuya une larme sur sa joue pâle.
- T'inquiète pas, ta réaction est normale. C'est pour ça qu'il était préférable que tu sois avec nous, plutôt que tout seul à côté. Ici, même si ces mots t'ont fait mal, on était avec toi pour te soutenir.
- Merci. Souffla Newt avec douceur.
- Je te ramène chez tes parents. Minho pense qu'il est préférable que tu ne retournes pas chez toi.
- Non, pas chez mes parents, non ! Paniqua légèrement Newt en tentant de se sortir des mains de Thomas sur ses épaules. Ils seront en danger à cause de moi, non, je ne veux pas.
- Ok, ok. Approuva le brun comprenant trop bien ce que le jeune écrivain pouvait ressentir. On va chez moi. Lui indiqua-t-il avec un sourire tendre.
Newt hocha la tête et se laissa guider comme un automate par l'inspecteur. Ils traversèrent le poste, Thomas donnant quelques directives à ses subordonnés, et ils gagnèrent le garage pour reprendre la voiture. Newt était dans un autre monde, un endroit peuplé de peur, de doute, d'effroi. Toute sa belle confiance d'un moment plus tôt, quand il pensait pouvoir tout entendre, avait disparu comme neige au soleil. Les mots de ce sale type lui avaient fait mal, avaient réveillé des peurs enfouies au plus profond de lui, ranimant les démons du Bloody School Day. Il se laissait guider par la main chaude autour de ses doigts glacés, trouvant un peu de réconfort dans cette petite étreinte, cette marque de douceur d'un jeune homme que son cœur appréciait déjà plus que la normale. Il avait confiance en Thomas.
Le trajet se fit en silence et ils furent vite à l'appartement de l'inspecteur. Une fois dans le logement, Thomas guida Newt jusqu'à sa chambre. Il lui retira sa veste, le fit s'asseoir sur le lit, ôta ses chaussures et l'étendit doucement avant de rabattre la couverture sur son corps fin.
- Dors Newt. Tu ne crains rien, je reste avec toi. Souffla-t-il tendrement, passant sa main sur la joue pâle et douce.
Il se pencha et embrassa délicatement le front du blond, puis il le regarda quelques secondes tandis que l'écrivain fermait les yeux et plongeait dans un sommeil réparateur. Thomas baissa la lumière de la pièce et referma la porte derrière lui. Il s'appuya contre son mur en soufflant fort.
- Putain de nuit. Grommela-t-il avant de se diriger vers sa cuisine pour y prendre une collation.
Il se sortit une bouteille de bière qu'il décapsula d'un coup sur son plan de travail et attrapa dans son placard un paquet de céréales. Pas très équilibré mais ça ferait l'affaire pour un casse-croûte à trois heures du matin.
Il se posa sur son canapé et enclencha la télé, réduisant le son au max pour ne pas réveiller son invité. Il comprenait que trop bien ce que traversait Newt depuis la veille. Tout recommençait et tout le désignait comme coupable des diverses tragédies du passé. Il restait de multiples questions mais la principale avait trouvé une réponse. Rien n'était le fruit du hasard, tout avait une raison, même si cela paraissait inconcevable.
Son téléphone vibra à coté de lui et il décrocha en soufflant :
- Oui Aris...
- Les gars viennent d'appeler, Janson leur a échappé en sautant dans le canal après avoir abandonné sa voiture.
- Merde ! Râla Thomas
- Mais il a largué son passager, sûrement Grant, avant de prendre la bretelle de la Highway 54, il est en route pour le central.
- Bonne nouvelle. Préviens-moi quand ils seront au poste, je veux être là pour l'interroger.
- Newt ?
- Je l'ai couché, il a besoin de repos.
- Ok, je préviens Minho. Fry va venir chez toi, comme ça tu pourras revenir au central. Minho l'a appelé lui plutôt que Gally sinon tu étais mort.
- Délicate attention de la part de Min. Grommela Thomas en prenant une autre gorgée de sa bière. Et les parents de Newt sont au courant ? Votre psy ?
- Les Mac Allistair ignorent tout de cette nuit de dingue, le chef n'a pas voulu les affoler. Jorge est arrivé dans le bureau il y a dix minutes et il discute avec Min. Je pense qu'il passera chez toi quand Newt sera réveillé.
- Hey, mon appart n'est pas un hall de gare ! Rouspéta le brun dans le combiné.
- Désolé Man. A plus, je te tiens au courant de la suite.
- Bye, Aris.
Il referma son téléphone et, en soufflant, s'allongea sur son canapé, s'accordant quelques minutes de repos. La nuit n'était pas finie pour lui, il allait encore devoir interroger ce Grant et il pressentait que ce ne serait pas aussi simple qu'avec le larbin de Janson. Ce type avait été super loquace tout compte fait. Minho et lui avaient de bons arguments pour essayer de faire parler ceux qu'ils arriveraient à capturer lors de la poursuite de l'enquête. Ils allaient aussi devoir trouver qui était cette femme.
Thomas était surpris que le big boss de toute cette pagaille soit une femme. Il était rare d'entendre que la tête pensante d'une organisation de grand banditisme soit une femme, aussi riche soit-elle. Certaines tiraient les ficelles dans l'ombre il est vrai mais c'étaient leurs maris qui dirigeaient les clans mafieux sur New-York. Bien souvent, elles étaient juste de belles poupées que ces mafieux sans scrupules exposaient comme des trophées.
Et puis surtout, qu'avaient fait les Cooper pour les rendre aussi furax, Janson, comme cette inconnue. Il lui tardait aussi que le profiler envoyé par son père arrive et les aide à y voir plus clair. Le chef avait trouvé l'idée parfaite. Pas que la brigade n'ait pas le sien, mais le leur avait été dans le drame 10 ans auparavant et son jugement ne serait pas objectif à tout instant, comme ne manquerait pas de l'exiger le juge au moment du procès.
