Disclaimer : je ne possède pas Bleach, encore heureux !
Pairing : Genryûsai Yamamoto x Choujirou Sasakibe
Total : 762 mots
Setting : AU moderne
Prompt : Thé
Lectrice-test : Leikkona
Le salon de thé baptisé L'Epée de Flammes, qui donnait sur la grande place, était là depuis si longtemps que personne ne se rappelait plus d'une époque où il n'y avait à la place qu'une épicerie quelconque. Il faisait partie du décor, avec sa façade blanche toute simple, son enseigne aux caractères élégants où le nom étrange était soigneusement calligraphié en kanji et en cursive, sa petite vitrine où brillaient plusieurs théières en argile ou en porcelaine amoureusement astiquées. Malgré son appellation qui pouvait paraître agressive, c'était un endroit raffiné, un petit morceau d'espace hors du temps. On aurait bien été en peine de décrire l'intérieur, tant d'influences s'y rencontraient. Mais le résultat parassait bien plus confortable qu'hétéroclite. Il y régnait une atmosphère confortable, accueillante, douillette, même.
Quand on entrait, une discrète clochette faisait retentir son tintement, troublant pendant un instant le silence feutré. L'espace à l'intérieur était divisé en deux. D'un côté, une petite boutique où on pouvait trouver des thés de toutes les origines, entassés en pyramides multicolores, ainsi que des théières, des boules à infusions, des tasses, et une multitude d'autres fournitures pour préparer soi-même le plus délicieux des thés chez soi. Dans cette partie, il régnait toujours une odeur particulière, épicée et douce, et peut-être un peu poussiéreuse, le genre d'odeur qui pouvait donner mal au crâne si on y passait trop de temps. D'ailleurs, les gens n'y restaient jamais très longtemps, et ils s'empressaient de passer dans l'autre partie du salon, la plus grande. Là, on trouvait aussi de petites tables rondes recouvertes de nappes immaculées que de grands espaces dégagés, qui ne comportaient que des tables basses destinées à la préparation. Ainsi, il était possible de choisir non seulement le thé que l'on souhaitait boire, mais également la manière de s'installer pour le savourer.
Ce confortable salon de thé était tenu par deux messieurs, d'un âge déjà convenable, aux manières irréprochables. Dans le quartier, on parlait toujours d'eux comme "ces deux charmants messieurs", et tout le monde s'accordait pour dire qu'il n'y avait personne de comparable pour servir le thé. De manière assez amusante, chacun des deux avait son domaine d'expertise bien défini. Ceux qui souhaitaient prendre un thé noir, à la mode occidentale, se voyaient servis dans d'adorables petites tasses en porcelaine par M. Sasakibe, qui se montrait un hôte affable, poli et distrayant. Ceux qui préféraient un thé vert parfumé, à la mode orientale, avaient affaire à M. Yamamoto, qui le préparait lui-même dans un silence concentré, chauffant le thé à ce qu'on prétendait être les feux de l'enfer. Tous les deux se pliaient en quatre pour satisfaire ceux qui venaient passer un moment dans leur havre de paix.
Parfois, surtout si un client hésitait, il arrivait aux deux hommes de se disputer, chacun défendant âprement les avantages du thé qu'il préférait. Les gens assistaient à ces accrochages avec intérêt ou avec bonhommie, et parfois, quelqu'un faisait à voix basse la remarque qu'ils se disputaient vraiment comme un couple marié. Les auditeurs échangeaient des sourires, des légers rires, et passaient commande à l'un ou à l'autre, en se disant qu'allons, on ne pouvait pas vraiment dire... MM. Sasakibe et Yamamoto étaient passionnés, et c'était tout, il ne fallait pas chercher plus loin. Bien sûr, ils rataient du coup ce qui était pourtant sous leur nez et que ni l'un, ni l'autre, ne faisait le moindre effort pour cacher. Il n'y avait pas que la passion du thé qui réunissait les deux hommes. Mais comme le salon de thé, ils étaient ensemble depuis si longtemps, qu'aucun des deux ne se rappelait ce qu'était vraiment la vie avant qu'ils ne se rencontrent. Depuis, ils avaient traversé tellement de choses que c'était difficile de mettre un nom dessus. Ils étaient amis, amants, compagnons, ils s'étaient mutuellement aidés à surmonter des épreuves des plus difficiles, ils avaient (plus ou moins) élevé trois enfants ensemble, ils s'étaient disputés et réconciliés. En plus d'un demi-siècle, ils avaient traversé tant de choses qu'il n'y avait pas vraiment de mot pour qualifier leur lien. Tout ce que chacun des deux savait, c'était que si l'autre disparaissait un jour, celui qui resterait serait perdu. Ca, et que décidément, s'ils ne voyaient pas leur relation, les gens étaient définitivement aveugles.
Aaah désolée de ne pas avoir posté pendant aussi longtemps J'ai tant de choses qui réclament mon attention, je ne sais plus quoi écrire et où donner de la tête !
Ces deux-là sont vraiment adorables, à se disputer sur la meilleure manière de préparer le thé comme un couple marié même dans le canon...
Dans cette version, ils ont non seulement adopté Kyouraku et Ukitake, mais Shinji aussi, juste parce que.
Le nom du salon de thé vient du nom du sabre de Yamamoto, qui veut dire "Flowing Blade-like Flame". C'était toujours mieux que "la Théière" ou "les deux vieux schnocks" !
Review ? :3
