Chapitre 10
PDV Edward
Elle avait disparu dans un cri, je courus vers Jacob mort, espérant ressentir Bella, mais elle n'était plus sur terre. Je l'appelai une fois, puis deux, elle ne revint pas.
Alice et Emmett arrivèrent, ils se chargèrent de faire sortir l'âme de Jacob de son corps. Sans surprise, Alice le conduisit vers le ciel. Emmett me lança un drôle de regard et resta silencieux, presque triste, avant de disparaître dans un rire sinistre.
On m'empêcha de retourner en-haut, j'assistai donc à l'arrivée de la police et une heure plus tard, à celle du père de Jacob. J'étais évidemment bouleversé par ces douleurs humaines mais je ne pouvais pas cesser de penser à elle.
Elle n'y avait pas cru mais ce que nous avions partagé ne pouvait pas être par hasard. Elle était mon âme-sœur, j'en étais persuadé. Il fallait que je la rejoigne, même si pour cela je devais plonger dans les entrailles de l'enfer.
« Edward, stop ! » intervint Esmé.
« Où est-elle ? Le sais-tu ? »
« Rentrons, je te dirai ce que je sais. Ne fais rien d'inconsidéré. »
« Esmé, elle est mon- »
« Reste silencieux et rentrons, c'est important. »
Après avoir retrouvé ma petite chambre blanche, je commençai à tourner en rond. Contrairement à ce qu'elle m'avait promis, Esmé n'était pas restée avec moi pour m'expliquer, j'avais compris que j'allais faire face à d'autres juges dans peu de temps.
Je fus conduit par Alice vers une pièce que je ne connaissais pas. Ma correspondante me sourit pour me rassurer mais que pouvais-je donc espérer désormais ? Si l'on m'enlevait Bella, je ne pourrais plus rien faire.
« Entre Edward. » m'ordonna Carlisle.
Lui et Aro étaient installés côte à côte, derrière un pupitre. La pièce était de couleur grise, un mélange de noir et de blanc, de bien et de mal. Je ne m'y sentis pas à l'aise.
« Evidemment que tu es mal à l'aise. Ce que tu as fait est très grave. » lança le diable, un sourire sadique sur ses lèvres.
« Edward, Aro comme moi avons accès à tes pensées dans cette pièce. » me prévint Carlisle.
« Où est-elle ? »
« Pas loin. » répliqua Aro.
« Elle va bien ? »
« Ne t'inquiète pas de cela, Edward, répondit Carlisle. Tu es ici pour manquement aux règles. Isabella a été également jugée pour cela, ainsi que pour s'être adressée à Jacob à deux reprises. »
« Les dés étaient jetés, la défendis-je. Ca ne doit pas tant compter que ça. »
« Elle a changé sa destinée, s'emporta Aro. Jacob aurait dû fuir cette rue, ce James aurait du faire le massacre qu'il avait l'intention de commettre et se faire tuer par la police. Quant à Jacob, il se serait suicidé le jour même. »
« Alors je ne vois pas le mal dans ce qu'elle a fait. » m'obstinai-je.
« En ce qui concerne les accusations contre toi, poursuivit mon supérieur. Nous voudrions comprendre tes motivations ? Il apparaît que tu n'avais pas l'intention de t'unir à elle quand tu l'as emmenée dans votre clairière. »
« J'ai lu son histoire, révélai-je. Je voulais lui demander d'en faire de même et d'échanger ainsi nos informations. »
« Tu sais que si tu ne connais pas ton passé, c'est pour que tu puisses effectuer tes missions sans influence. »
« Elle ne méritait pas de devenir une diablesse. »
« Les règles sont les règles. » me rappela méchamment le diable.
« Qui l'a jugée ? m'énervai-je. Qui a pu penser et décider qu'elle n'était pas pure ? Elle n'a pas voulu se suicider ! »
Carlisle soupira, chagriné. Je ne faisais qu'aggraver mon cas et au lieu de plaider ma cause, je voulais réhabiliter Bella. Même si c'était la dernière chose que je ferais.
« Elle est allée au lac avec l'intention de se suicider, m'expliqua Carlisle. Elle n'a pas cru en t-, en l'amour de son âme-sœur. »
« C'était sa nature, elle manquait de confiance, c'est tout ! rétorquai-je. Elle a voulu survivre mais elle s'est noyée. »
« Je suis désolé, Edward, ses dernières pensées étaient résignées et apaisées à l'idée de mourir. »
Aro tapa sa main sur leur pupitre, excédé.
« Qu'on en vienne à sa sentence ! Nous sommes là pour lui, pas pour sa Bella ! »
« Tu sais ce qu'il faut faire. » déclara Carlisle.
« La dégradation, je ne vois pas en quoi cela sera une punition pour lui ! Il l'aurait été de toute façon ! » s'offusqua le diable.
Le jugement n'était pas rendu par eux, ils ne purent que lire le verdict. J'étais démis de toutes mes fonctions mais resterais au ciel.
« Au revoir, Edward. » me sourit Carlisle.
Esmé m'attendait à la sortie de ce tribunal. Elle semblait soulagée et heureuse, refusant pourtant de me dire enfin où était Bella. Elle m'annonça que je devais rester dans ma petite chambre et attendre.
« Je dois la voir. » plaidai-je.
« Avant, tu dois faire quelque chose d'important à faire. Tiens, lis. Je te promets que tu comprendras tout. » me dit-elle avant de me remettre mon dossier et de refermer ma porte.
En terminant ma lecture, je me mis à pleurer parce que tout me revenait par vagues, aussi bien les souvenirs que mes sentiments. Elle s'était damnée à cause de moi, parce que j'avais préféré jouer les héros plutôt que de rester à ses côtés et la protéger. Elle avait été à la merci de la cruauté et de la jalousie des autres et au lieu de me célébrer comme un soldat tombé au front en héros, on avait sali ma mémoire et affirmé que j'étais mort de la petite vérole dans les bras d'une prostituée française.
