Roswell.
Note de l'auteur: Enfin le 10ème chapitre. Je suis en train de tout corriger mais la suite devrait être plus rapide. Merci de tout coeur au quelques rares qui laissent des reviews. Ca fait toujours plaisir!
Épisode 10 : Joyeux Noël Mr. Whitman.
(Merry Christmas Mister Whitman.)
Noël approchait. Mais le ciel restait clair au dessus de la petite ville de Roswell, nouveau Mexique. La veille de la grande fête était déjà arrivée. Partout, tout le monde s'activait pour que tout soit prêt. Les derniers préparatifs étaient certainement les plus durs. Au crashdown, toute la petite bande était réunie. Bien que fermé, le restaurant était bondé de monde. La mort de Tess semblait presque avoir disparu de leur mémoire. Peut-être cela valait-il mieux ainsi. Tout semblait rentrer dans l'ordre et les fêtes s'annonçaient aussi normales que possibles. En cuisine, les parents de Max ainsi que la mère de Maria, prévoyaient le repas. Le shérif était avec le reste du groupe. Ils décoraient la salle.
-Ca va être bizarre cette année, remarqua Maria. Alex ne sera pas des nôtres cette année.
Liz tourna la tête vers son amie tout en acquiesçant. Alex était en formation militaire afin d'enfin suivre les traces de sa famille. Maria soupira d'un air affligé.
-D'habitude, il est avec Liz et moi et nous fêtons ça tous ensemble.
-Tu nous avais même arrachée le nouveau membre de notre famille l'année dernière, se plaignit Max. Elle était nouvelle chez les Evans, c'était son premier Noël avec nous, et elle a déserté toute la soirée.
Il fit une grimace de désapprobation en direction de Maria. Celle-ci lui tira la langue comme une grande gamine qu'elle était. Elle rit légèrement. Max leva les yeux au ciel.
-Je me rattraperai cette année, promit Liz.
-Vous avez intérêt mademoiselle Parker.
Max fit quelques pas artistiques en direction de Liz qui était en train d'accrocher des guirlandes sur les murs de la salle. Il entoura ses jambes de ses bras et la fit tourner dans les airs. Elle éclata de rire.
-Mais arrêtez donc de discuter ! Il reste tant de chose à faire. Vous le réalisez ça ?
Après avoir braillé, Isabel tapa légèrement sur la tête de Max à l'aide des feuilles qu'elle tenait en main. Elle avait déjà tout coordonné. À présent, elle supervisait les préparatifs.
-Revoilà la terreur des guirlandes…
-Qu'est ce que tu as dit Michael ?
-Moi ?… Rien.
-Bien. Alors accroche cette boule là-bas, tu veux ?
Michael s'exécuta. À peine eut-elle le dos tourné qu'il mima un 'garde à vous'. Maria étouffa un rire. Tous affairés, ils s'amusaient. L'un lança de temps à autre quelques décorations sur l'un de ses amis, au plus grand dam d'Isabel. Elle s'égosillait toutes les deux minutes en essayant de tenir à la baguette ces adolescents enfantins. La désormais célèbre clochette de la porte d'entrée tinta. Entra alors un jeune homme latino. Il était vêtu d'un classique costume plissé gris. Il était plutôt grand, et de court cheveux noirs bouclaient sur le haut de sa tête. Il avait des yeux de couleur noisette.
-Désolé, nous sommes fermé, déclara machinalement Liz.
Mais l'homme ne prêta pas attention à sa remarque. Il s'engouffra dans la restaurant et regarda tout autour de lui d'un air affolé. Il tituba et s'accrocha à Max.
-Alex Withman. Je cherche Alex Withman, s'insurgea-t-il.
-Qui êtes vous ?
-Mon nom est Jesse Ramirez. Je vous en prie. C'est important. Je dois trouver Alex Withman.
Il lâcha sa prise sur Max et chancela ensuite quelque peu en direction des autres membres du groupe. Son état de panique était tel qu'il haletait fortement.
-Il est partis en stage dans un camp militaire, l'informa Liz.
-J'arrive trop tard…
Ils le regardèrent tous comme s'il s'agissait d'un fantôme. L'inconnu baissa la tête et se massa les temps. Il semblait se maudire intérieurement. Que voulait-il à Alex ?
-Alex, Alexander Withman est en danger, annonça-t-il.
Ils assirent Jesse Ramirez à une table du crashdown. Isabel éloigna ses parents ainsi que la mère de Maria. « Recherche des cadeaux » oblige. Il était quand même temps de faire les achats, leur avait prôner Isabel. Jesse paraissait vraiment inquiet pour Alex.
-D'où connaissez vous Alex, interrogea Liz.
-Il faut que je vous raconte toute l'histoire, sinon, vous ne me croirez pas. C'est tellement fou.
-Allez-y.
Il essuya nerveusement les gouttes de sueur qui perlaient sur son front d'un revers de la main. Il déglutit avec difficultés. Il prit ensuite une profonde inspiration.
-Il existe au FBI, une branche spéciale, une unité si je puis dire. Elle est composé d'agents qui ont pour mission de… de démasquer les extra-terrestres. C'est fou, je sais…
Jesse jeta un regard à ses interlocuteurs qui ne semblaient pas étonné le moins du monde. Non surprise par les déclarations du jeune homme, Maria enchaîna :
-Quel est le rapport avec Alex ?
Le jeune homme hésita. Il déglutit avec difficultés. Jesse Ramirez le regarda un instant puis enchaîna.
-En septembre dernier, l'unité spéciale s'est intéresser de très près à un accident qui aurait révéler la présence aliénoïde à Roswell.
« La fusillade du restaurant, le jour où Max m'a sauvé » pensa Liz. Elle croisa les bras se sentant responsable de e qui arrivait en ce moment.
-Un nouvel agent a donc été engagé pour enquêter. Il se nommait Sean De Luca. L'unité l'a sortit de prison. Étant natif de Roswell, il pouvait plus facilement s'infiltrer.
Il marqua une courte pause et bu un peu de l'eau que Liz lui avait apportée. Ils ne relevèrent même pas lorsque Jesse parla du cousin de Maria. Tous étaient pendus à ses lèvres. Il reprit son récit :
-Mais fin du mois dernier, l'agent De Luca a cessé de donner signe de vie. Il n'a laissé derrière lui qu'un dossier et quatre noms : Kyle Valenti, Tess Harding, Liz Parker et Alex Withman.
Maria ricana légèrement. Bien évidemment que Sean n'avait plus donné signe de vie. Lorsqu'il avait enlevé Nasedo, Tess l'avait retrouvé et l'avait tué.
-Une enquête a déterminé que Kyle Valenti ne pouvait être l'un d'entre eux. Trop d'histoire avec sa famille… bien que je les soupçonne d'avoir encore des vues sur lui.
« Charmant » pensa l'intéresser. Il croisa les bras sur sa poitrine trouvant la situation très inconfortable. Il se racla le fond de la gorge afin de se donner une contenance.
-Ils se sont alors concentrés sur les trois autres. Ils avaient pour objectif de les amener… au camp.
-Qu'est ce que le camp ? demanda Michael.
Jesse Ramirez leva les yeux vers le jeune homme. Un éclair de frayeur y passa. L'hybride pu sentir sa crainte.
-Le pire cauchemar de toute personne qui s'y retrouve prisonnier, comme c'est probablement le cas de votre ami Alex.
Il y eut un silence malsain. Le jeune homme latino reprenait peu à peu son souffle et s'étonna de ne pas entendre de rires ou de moqueries de la part de ses interlocuteurs.
-Alex a sans doute été le plus facile en emmené là-bas pour de fausses vraies raisons. Mais c'est le sort qui attend Liz Parker et Tess harding. Peut-être même encore Kyle Valenti.
-Tess Harding est morte, dit Max.
-Quoi ?
Le regard du jeune homme se leva promptement vers ses interlocuteurs. Le ton de sa voix avait changé et représentait parfaitement l'inquiétude qui lui serrait la gorge.
-Elle a été tuée, il y a bientôt deux semaines, continua Isabel.
-Comment est-ce possible ? s'exclama Jesse. Ils avaient prévu de tous les amener au camp. C'est là que tout devait commencer.
Jesse ne semblait plus comprendre. Sa tête dodelinait dans tous les sens. Son front se plissait à mesure qu'il réfléchissait. Les autres devinrent suspicieux. Mais qui était-il au juste pour savoir tout ? Leur voulait-il du bien ou du mal ?
-Comment vous savez tout ça, questionna Max.
-Je suis un ex agent de l'unité.
À ses paroles, ils eurent tous un frisson. Mais s'il n'en faisait plus partie, il avait tout de même été l'un des leurs.
-Je vous en prie croyez moi, implora-t-il. Il court un grand danger. Il est facile d'entrer dans le camp mais presque suicidaire d'essayer en sortir.
À son stage militaire, cela faisait bientôt deux semaines qu'Alex suivait les ordres. Ce qui le dérangeait un peu, c'est qu'il n'était pas dans la même caserne qu'à son habitude. Venant d'une famille de militaires, Alex était habitué aux stages. Mais cette fois-ci, on ne l'avait pas emmené au même endroit. Pourtant, il n'était pas seul. Il était entouré d'une vingtaine d'hommes tous plus âgés que lui. Un autre détail le troublait. Tous les trois jours, Alex devait se rendre à l'infirmerie pour y faire à chaque fois un examen différent. Tantôt une radio, tantôt des tests d'aptitude respiratoire. Demain, il devrait se soumettre à la –fatidique- prise de sang… Il se trouvait sur son lit dans le dortoir en train de se poser des questions quand un homme entra.
-Alexander Withman, cria la voix.
Alex ne reconnut pas le visage de son interlocuteur. Il ne l'avait jamais vu sur les lieux. Il se releva et immédiatement se mis au garde à vous. Il se risqua tout de même à poser une question.
-Qui êtes vous, demanda-t-il intrigué.
-Je m'appelle Daniel Pierce, sourit l'homme. Je serai votre supérieur officiel pour le reste de votre… entraînement ici.
Il s'imposa par sa posture droite. Alex se sentit soudain immensément petit. Il redressa les épaules pour paraître plus grand. Mais rien n'y fit. L'agent Pierce le dépassait de cinq bons centimètres.
-Vous devrez obéir à chacun de mes ordres. Est-ce bien compris ?
-Parfaitement clair chef.
-Non. Pas de chef. Ça me vieillit, plaisanta-t-il. Dites « monsieur ». Nous sommes entre gens civilisés n'est-ce pas ?
Pierce usait de ce ton sirupeux, doucereux, qui caractérisait son personnage. Alex hocha positivement de la tête puis la baissa toujours songeur quant aux méthodes pratiquées ici.
-Je suis sûr, enchaîna Pierce, que vous vous demandez pourquoi nous vous faisons subir tant d'examens médicaux.
-C'est-à-dire…
-Ne vous justifiez pas. C'est parfaitement normal.
Puisque c'était commun, Alex demanda par conséquent à en savoir plus. Daniel Pierce s'avança à pas feutrés vers le jeune garçon et lui murmura à l'oreille :
-Nous ne voulons pas qu'il vous arrive quelque chose. Nous vérifions peu à peu si vous allez bien…
-Pourquoi ne pas avoir commencer par la prise de sang ?
-Nous gardons le meilleur pour la fin.
Alex ne su comment prendre cette réponse mais il s'en contenta amplement. Il ne voulait pas se poser trop de questions de peur de ne pas aimer les réponses.
-Monsieur. Savez-vous quand je pourrai avoir une permission ? Cela fait des semaines que je n'ai pas vu mes amis.
-Vos amis vous manquent, n'est-ce pas ?
Alex approuva d'un hochement unique de la tête. Le sourire sur le visage de l'agent s'intensifia.
-Croyez moi, vous aurez l'occasion de les voir très bientôt, ricana-t-il.
Il tourna le dos au jeune adolescent déboussolé par la visite de cet inconnu. Encore une chose qui le troublait : aucune permission ne lui avait été accordée et il n'avait pu passer aucun coup de téléphone. Alex commença à se poser des questions alors que Daniel Pierce sortait de la pièce, un large sourire aux lèvres.
Dans la cuisine du crashdown, Max, Michael et Isabel se concertait au sujet de Jesse. Aux yeux de Max, il était sincère et totalement inoffensif tant qu'on ne lui révélait pas la vérité. Mais aux yeux de Michael, Jesse était le danger personnifié.
-Rien ne nous prouve qu'il dise la vérité.
-Rien ne nous prouve qu'il mente.
-Maxwell, cesse de vivre dans un monde rose où chaque ex agent du FBI qui se pointe est là pour nous aider et pas pour nous débusquer et nous tuer.
-Tu fais des phrases de plus en plus longues… bravo Michael.
Michael voulut répliquer. Le ton arrogant et impérial de Max l'insupportait. Il détestait voir son meilleur ami se prendre pour le roi d'une planète qu'il ne reverrait peut-être jamais.
-Arrêtez tout les deux ! cria Isabel. À chaque fois que vous vous parlez, j'ai l'impression d'être votre mère. Je vous rappelle que la vie d'Alex est peut-être en danger.
-Toujours dans l'hypothèse où môsieur l'ex agent a dit vrai.
Liz fit irruption dans la cuisine. Elle, Maria, Kyle et le shérif avaient interrogé Jesse pendant plus d'une heure. Jesse avait été heureux d'apprendre qu'elle était Liz Parker. Il constatait ainsi qu'elle n'avait pas encore été enlevée… « Pas encore » avait frissonné Liz.
-Du nouveau ? lui demanda Isabel.
-Et bien, il dit probablement la vérité, soupira Liz.
- Il a déserté le FBI quand il a constaté comment on traitait les agents qui échouaient. Une certaine « mademoiselle Topolsky », agent dans l'unité spéciale, ayant failli à son devoir aurait « mystérieusement » péri dans l'incendie d'un hôpital psychiatrique dans lequel ils auraient réussi à la faire interner, ajouta Maria.
Elle vit l'air insatisfait de son petit ami lors de ses révélations. Il sembla grommeler quelque chose entre les dents et reprendre son air grognon. Elle vint de placer à ses côtés pour le soutenir.
-Ce qui est sûr, c'est que son histoire se tient. Il a l'air décidé à nous aider et à nous protéger, renchérit Kyle.
-Ridicule, pouffa Michael.
Le jeune homme avait eu du mal à admettre des humains dans leur petit cercle fermé. Lorsque Liz avait appris la vérité, il aurait presque voulu s'en débarrasser mais il avait appris à la connaître et à connaître Maria et les autres aussi. Mais pour ce qui était d'un agent di FBI… il ne fallait pas trop en demander à michael. Il ne lui faisait définitivement pas confiance.
-Est-ce qu'il sait où se trouve…, demanda Max.
-Le camp ? Non il n'en sait rien.
Liz grimaça. Elle soupira ensuite tout en cogitant sur les informations que Jesse Ramirez lui avait fournies. Maria entendit l'ex agent s'agiter. Elle s'excusa et alla le rejoindre pour éviter qu'il reste plus longtemps rien qu'avec le shérif dans la salle du crashdown.
-Il sait juste qu'il est ici à Roswell. Il n'y a pas trente six mille endroits qui peuvent abriter le refuge d'une organisation gouvernementale. Quoi qu'il en soit, quand nous serons là-bas, nous devons avoir un plan et être précis. Si on se fait prendre, nous sommes morts.
Ils échangèrent un regard inquiet. C'était du suicide de le tenter mais il le fallait. Il fallait retrouver Alex et le sortir de là. Sa vie en dépendait. Même s'il était humain, ils ne laisseraient sûrement pas mourir quelqu'un comme lui. Alex, même si très discret était l'ami dont tout le monde rêvait. Mais le FBI ne le laissera pas partir aussi facilement. À présent Alex en avait vu beaucoup trop. Un bruit de verre brisé se fit entendre.
-Liz, appela Maria.
-Que se passe-t-il ?
-Quelqu'un a lancé une pierre à travers la vitre de la porte du restaurant, informa le shérif. Restez tous où vous êtes.
Le policier se saisit immédiatement de son arme. Il sortit dans la rue et alla voir dans les environs. Jesse ne tint pas en place. Il se leva et commença à s'agiter.
-Ce sont eux, affirma Jesse. Ils viennent pour vous.
Il désigna Kyle et Liz, qui venaient d'apparaître à ses côtés d'un doigt accusateur. Il tremblait comme une feuille. Ses mains valsaient dans les airs sans qu'il arrive à les fixer.
-Tant que nous sommes ensemble, ils ne peuvent rien, se rassura Max.
-Ils ont les moyens de vous séparer. Ils ont les moyens de venir vous chercher ici même si vous êtes entourés de…
Une lumière blanche aveuglante, pareille à celle que Max avait vue dans le monde parallèle, envahit le crashdown. Des hommes en uniforme jaillirent de partout. Liz chercha instinctivement Max pour qu'il la protège. Mais personne ne voyait plus rien. Deux gros bras la saisirent à la taille.
-MAX, hurla-t-elle.
-Liz ! Non… Liz !
Il tenta de la suivre via le son de sa voix… en vain. Dans la pagaille qui agitait le crashdown, il était impossible de reconnaître quelqu'un. Quand ils purent enfin apercevoir quelque chose dans cette mêlée, les agents gouvernementaux avaient déjà emmené Liz. Quand la lumière revint à la normale, ils constatèrent avec effrois que non seulement la jeune n'était plus là, mais que Kyle et Jesse aussi avaient été enlevés. Max tournait dans tous les sens pour s'assurer que c'était la réalité. Il bredouillait des phrases incompréhensibles, se sentant fautif de ce qui venait d'arriver. Tout trois avaient sans doute été amenés au camp. Mais ils ignoraient où celui-ci se trouvait.
Lors du trajet, Liz et Kyle s'étaient évanouis. Ils avaient été emmenés dans une grande pièce blanche… Tout autour d'eux, il n'y avait rien d'autre que du blanc. Ils étaient couchés au sol. Derrière les parois d'un des murs, Pierce parlait à ses associés.
-Messieurs, ils sont tous à nous.
-Il pourrait s'agir d'humain et si c'est la cas…
-Ils n'auront jamais le loisir d'expliquer cette mésaventure à qui que ce soit. Amenez moi le traître.
Deux hommes de Pierce sortirent un moment. Ils revinrent ensuite quelques minutes plus tard. Chacun par un bras, Ils tenaient Jesse Ramirez. L'agent Daniel Pierce sourit.
-Sortez, ordonna-t-il à tous ses agents. Laissez moi seul à seul avec monsieur Ramirez.
Les hommes s'exécutèrent sans ajouter un mot de plus. Pierce fixa un moment la vitre devant lui, de laquelle il voyait toujours ses prisonniers. Il se tourna face à Jesse. Celui-ci avait été attaché à un chaise qui trônait au milieu du petit local.
-Comme on se retrouve, Jesse…
-Daniel… Tu es donc le responsable de cette mission.
-C'est bien moi.
Il sourit. Il fixa ensuite à nouveau son attention sur la chambre blanche où gisaient toujours Liz et Kyle. Son rictus cruel reflétait sa personnalité d'homme plein de morgue.
-J'ai eu le poste qui aurait du te revenir, si tu n'avais pas fait l'idiot.
-J'ai choisi de protéger la vie. Toi, tu ne fais que la détruire.
Il se retourna doucement vers Jesse. Il affichait toujours ce sourire diabolique. Il tentait de l'impressionner en bougeant sans cesse d'une position à l'autre alors que lui, était contraint de se tenir fixe.
-Tu te trompes. J'essaie de protéger les mondes des ces monstres. Mais cela exige certain sacrifice.
-Sacrifier une vie ! Tu trouves ça juste ?
Pierce ne répondit pas. Il haussa dédaigneusement les épaules tout continuant de bouger encore et encore afin d'agacer le pauvre prisonnier.
-La vie est importante, Daniel. N'importe quelle vie.
-Les aliens méritent bien quelques morts…
-Tu cherches les monstres Daniel. Regarde toi dans un miroir et tu en auras déjà trouver un.
L'agent Pierce perdit son sourire. Il devint plus agressif envers Jesse. Ses yeux étaient devenus encore plus durs. Il posa ses mains sur les accoudoirs de la chaise de son interlocuteur et approcha son visage du sien.
-Ne te moque pas de moi Jesse. Tu sais ce que je suis capable de te faire endurer. Je peux te torturer peu à peu et m'arranger pour que tu sois conscient.
-Ils te détruiront. Où qu'ils soient, ils finiront par te détruire.
-Arrête ça tu veux, dit-il tout gentiment.
-Tu mourras et tu souffriras autant que tu as fait souffrir tes victimes.
Pierce se recula tout en narguant toujours le pauvre malheureux qui ne pouvait absolument rien dans sa position. Jesse devint rouge ce qui trahissait son énervement.
-Je te conseille de te taire.
-Un jour tu paieras, renchérit Jesse en insistant. Tu paieras pour toutes les vies que tu as prises. Et je serai heureux de te voir crever sous ta culpabilité.
-SUFFIT ! hurla-t-il.
D'un claquement de doigt, Pierce rappela ses hommes. Il leur donna des ordres. Ceux-ci emmenèrent l'ex agent Ramirez dans la cellule où il était retenu prisonnier.
-Tu paieras Daniel, cria-t-il alors qu'on le tirait hors de la pièce. Tu paieras pour tous tes crimes.
-Tout est sous contrôle monsieur, l'informa un des hommes.
-Bien.
Pierce fit craquer ses doigts puis sa nuque et respira profondément. Il regarda ensuite ses deux prisonniers toujours évanouis. « Très bientôt… »
Pensa-t-il.
Max, Michael, Maria, Isabel et Jim Valenti avaient passé une nuit blanche à chercher où pourrait se trouver le camp. Max avait réparé la porte à l'aide de ses pouvoirs pour éviter d'alerter sa mère. Vers sept heures du matin, le shérif était allé à son bureau en quête d'informations. Les autres avaient fini par trouver deux endroits susceptibles d'abriter le repaire de l'organisation gouvernementale. Il y avait tout d'abord la base militaire de Roswell. C'est là qu'Alex avait fait tous ses stages et le FBI aurait très bien pu y trouver une cachette parfaite. Pourtant, c'était un endroit très en vue et trop facile d'accès. Il y avait ensuite les entrepôts désaffectés et les alentours. Ils étaient vides depuis des dizaines d'années et entourés d'un petit bois plutôt dense, seul reflet de la misérable végétation de la ville. Une organisation gouvernementale telle que le FBI ou même la CIA aurait facilement pu y installé un refuge. Là étaient donc les deux seuls endroits à proximité assez vaste pour être le camp. Maria partit avec Max dans la jeep aux entrepôts. Michael emprunta la voiture rouge de son amie et partit avec Isabel vers la base militaire de Roswell.
-Max, je m'inquiète pour eux, avoua Maria.
-Je sais.
Bien sûr qu'il le savait. Il pouvait le sentir. La jeune fille était un véritable livre ouvert pour lui. Chacune de ses émotions se lisait sans embarras. Max tenta de rester aussi laconique que possible pour ne pas apeurer plus son amie.
-Je veux dire, normalement, ils ne risquent rien. Ils sont humains.
-L'unité spéciale ne les laissera pas pour autant. Et puis,… Liz n'est pas humaine.
-Quoi ?
Maria se tourna vers Max. Son interjection, laissa à penser à Max qu'elle le tiendrait sans doute pour responsable si quelque chose lui arrivait. Il se racla le fond de la gorge.
-Techniquement, elle l'est toujours. Mais quand je l'ai sauvé, elle a obtenu des pouvoirs. Ces cellules ont été modifiées. S'ils lui font une prise de sang ou quelque chose dans le genre, ils verront qu'elle est différente.
Maria soupira. Elle passa sa main dans ses cheveux, paniqué sur le sort de son amie. Elle ne pouvait pas croire que ça lui arrivait.
Il était environs dix heures du soir. Kyle ouvrit enfin un œil. Il s'effraya de voir tout ce blanc l'entourer. Il bougea quelque peu et s'avisa bien vite de la présence de son amie à ses côtés. Il se pencha vers elle et la secoua afin de la réveiller.
-Liz, dit-il. Liz réveille toi.
-Ma tête, marmonna-t-elle. J'ai mal à la tête.
Elle plaça ses mains sur ses tempes douloureuses et émit une plainte courte. Kyle la soutint afin qu'elle puisse se relever. Elle ouvrit les yeux et constata quel étrange décor les entourait.
-Où sommes nous, demanda-t-elle.
-Je dirais dans un des locaux de l'unité spéciale.
-Kyle, j'ai peur.
-Sentiment partagé.
Il firent furtivement le tour de la pièce qui n'était pas ce qu'il y avait de plus spacieux. Ils posèrent leurs mains sur tout bout de mur accessible, tentant vainement de trouver une issue. Pierce sourit. Il gardait toujours un oeil sur eux. Il appuya alors sur un des nombreux boutons qui ornait une sorte de table de contrôle juste en face de lui.
-Enfin réveillé, dit-il.
Les deux prisonniers sursautèrent à l'entente de la voix. Ils se mirent à scruter les moindres recoins de la pièce dans le but de trouver l'origine du son.
-Ne vous fatiguez pas. Ceci est un interphone.
-Pourquoi sommes nous ici ?
-Pour passer des test.
Le front de Liz se plissa. Elle pouvait aisément s'imaginer de quoi l'homme voulait parler et n'en était en aucun cas rassurée.
-Vous ne voyez vraiment pas de quoi je veux parler, nargua-t-il.
La jeune fille agrippa avec une force incroyable le bras de son ami qui émit un grognement. Visiblement, il se sentait un peu perdu à travers tout le discours qu'il entendait de par l'interphone.
-Jesse Ramirez ne vous a-t-il donc pas tout dit ?
Daniel Pierce se récréait à faire des silences lancinants pour égayer un peu plus la frayeur de ses ôtes.
-Nous, membres de l'unité spéciale, chasseurs d'extra-terrestres depuis 1947…
-Nous ne sommes au courant de rien, affirma Kyle.
-Laissez nous partir, supplia Liz. S'il vous plait
Ils ne purent qu'entendre le rire foncièrement mauvais qui résonnait à travers la pièce. Liz et Kyle étaient collés l'un à l'autre tant leur peur était intense.
À peu près au même moment, Michael et Isabel arrivèrent à la base militaire de Roswell. L'entrée était bien sûr surveillée de très près. Ils arrêtèrent la voiture devant un garde.
-Excusez moi, sourit Isabel.
-Qu'est ce que je peux faire pour vous ?
Le militaire sourit et tenta de se donner un air charmeur face à Isabel. Celle-ci ne se priva pas pour jouer de tous ses atouts.
-Notre ami Alex Withman est en stage militaire et nous aimerions le voir.
-Vous êtes des amis d'Alex Withman ?
Isabel découvrit toute ses dents et sourit de manière aguicheuse. Michael rit sous cape. Il adorait voir le pouvoir qu'elle avait sur les hommes. La jeune fille acquiesça donc.
-Brave gamin ce Alex, affirma le garde. Mais son dernier stage chez nous date des vacances d'été. On vous a mal renseigné.
Isabel grimaça légèrement, insatisfaite par la réponse. Avec des gardes comme lui, il aurait certainement été plus facile de retrouver Alex si il avait été là.
-Merci quand même.
Isabel fit un petit signe de la main. Ils firent marche arrière. Dès qu'ils furent à distance, Michael éclata de rire.
-Quoi ?
-Comme si tu avais fait ça toute ta vie…
-Je me débrouille ave ce que j'ai, fit Isabel.
Elle sourit largement. Elle balança ses cheveux en arrière alors que la voiture s'éloignait de la base.
-Et maintenant, Michael ?
-Aux entrepôts, répondit-il.
Il avait retrouvé son ton sérieux et fixait à présent la route qui s'étendait devant lui. Les mains agrippées au volant, il suppliait qu'il ne soit pas trop tard.
L'alarme avait été donnée donnée. Dans tous les bâtiments secrets du FBI la sonnerie d'alerte résonnait dans les oreilles de qui voulait l'entendre. Pierce était en rage. Cet incident l'avait empêché d'interroger plus longuement Liz et Kyle.
-Que se passe-t-il ? ragea-t-il.
-Monsieur… c'est… c'est…
-Parler plus clairement. Je ne comprends rien !
L'homme marmonna encore un moment. La présence de son supérieur semblait le rendre muet. Il finit par déclarer solennellement :
-C'est Ramirez. Il s'est échappé.
Le teint de Pierce changea. Il venait de troquer son teint rouge d'énervement contre le visage opalescent de l'inquiétude. Après être resté figé sur place un moment, il se déplaça. Il avançait droit devant lui et bousculait quiconque croisait son chemin. Il grommelait au passage quelques jurons. L'agent qui lui avait annoncé la nouvelle le suivait partout de crainte de se voir réprimander.
-Comment Dieu est-ce possible ?
-Un moment d'inattention de la part du gardien et…
-C'est incroyable.
Il stoppa brutalement. Il faillit gifler son agent. Dans un geste de spontanéité, celui-ci se protégea le visage. Pierce se ravisa et se retint de corriger celui qui n'était que le messager. Il avait plus sérieux à exécuter. Il fallait qu'il trouve Ramirez.
-Qu'on me le récupère. Mort ou vif, peu importe. Mais ramenez moi Ramirez !
-Bien monsieur.
L'agent salua vaguement l'homme de morgue, puis s'en alla en trombe. Pierce n'en pouvait plus. Il était énervé au plus haut point. Il n'en revenait pas que ses hommes aient pu commettre une pareille erreur. Ils avaient repris des couleurs.
-On n'est jamais mieux servi que par soi-même, tempêta-t-il. Jesse, je te débusquerai et je te tuerai de mes propres mains.
Il poussa violemment la porte de son bureau qui claqua contre le mur. Il trifouilla ensuite un instant dans un tiroir et en sortit une arme. Après l'avoir armée, il sortit, une expression résolue sur le visage, à la recherche de Jesse.
Max et Maria avaient très vite trouvé les entrepôts. Ils avaient donc, comme convenue, décidé d'attendre leurs amis. Alors qu'ils patientaient sagement dans la jeep, l'agitation s'était installée au camp. L'état d'alerte avait été déclanché. Pendant près de vingt minutes, ils purent apercevoir des soldats ou des agents sortir de partout. Il semblait retourner toute la base. Et Michael et Isabel qui n'arrivaient toujours pas. Il était minuit moins le quart quand ils pointèrent enfin le bout de leur nez.
-Vous en avez mis du temps, s'exclama Max.
-Valenti nous a appelé, expliqua Michael. Nous sommes passés prendre ça à son bureau.
Michael agrippa un tas de feuilles qu'il assembla. Il reconstitua ainsi dans les moindres détails le plan des entrepôts. Max leva un regard surpris vers son meilleur ami.
-Comment a-t-il eu ça ?
-Je te rappelle Maxwell qu'il a enquêté sur toi pendant deux mois. Tout ce que le FBI faisait, Valenti le savait puisque cela se rapportait à toi…
Ils observèrent ensemble, pendant quelques minutes, quels étaient stratégiquement les lieux les plus susceptibles d'être l'endroit où Kyle et Liz étaient retenus prisonniers.
-Là, pointa Isabel. tactiquement parlant, c'est la meilleure place pour enfermer des détenus.
-Comment arriver à les sortir de là ? demanda Maria.
-J'ai une idée, déclara Max.
Il se redressa devant les regards admiratifs de ses amis. C'était périlleux, il le savait. Mais pour sauver Liz, Max était près à tout, même à risquer sa propre vie.
Alex était assis sur un lit à l'infirmerie. Le jeune garçon s'apprêtait à subir sa prise de sang lorsque l'alarme avait été déclenchée. Il était toujours sagement posé. Il attendait depuis bientôt trente minutes. Soudain, Jesse apparut. Il ouvrit la porte et la referma promptement derrière lui. Il n'avait pas remarqué Alex. Il haletait.
-Qui êtes-vous, demanda l'adolescent.
Il sursauta. Il s'avisa de la présence du jeune garçon. En un instant, il en déduit qu'il lui serait peut-être utile.
-Ne pose pas de question, okay ? Enfile ça, lui dit-il.
Il lui tendit dédaigneusement sa veste. Alex se refusa à mettre le vêtement Jesse n'eut d'autre choix que de sortir une arme et de la pointer sur cet inconnu. Il ignorait qui il était…
-D'accord, répondit le jeune homme effrayé.
-On va sortir doucement et tu vas me servir de protection.
Jesse empoigna Alex et ils sortirent. Il faisait noir. Il devenait difficile de distinguer quelque chose. Les deux jeunes hommes avançaient toujours à petits pas. Ils se dirigeaient vers la sortie.
-Où va-t-on, demanda Alex.
Jesse se mura dans son silence. Il tirait Alex par le col de sa chemise et gardait fermement son emprise sur le jeune garçon.
-Et puis, que se passe-t-il ?
Jesse lui fit signe de la fermer s'il ne voulait pas se retrouver percer de part en part. Ils continuèrent.
Maria et Isabel marchaient nonchalamment dans le couloir qui menait à la chambre blanche. Elles n'avaient pour l'instant croisé personne, ce qui les arrangeait bien. À quelques pas d'elle, Max et Michael demeurait prêt à intervenir au cas où.
-Comment tu fais pour te déhancher comme ça ? demanda Maria intriguée.
-Je ne sais pas. C'est juste… naturel.
-Ils t'ont faite comme ça ou tu as appris toute seule.
Maria rit légèrement. Isabel lui frappa sur l'épaule. Elle était sur le point de partir sur un fou rire lorsque Isabel trébucha. Elle se rattrapa de justesse à Maria.
-On va dire… Presque naturel, sourit Maria.
-C'est ça. Ris ! Profite bien. Dans quelques minutes tu prendras des cours !
-Si on rencontre quelqu'un. Ces couloirs ont l'air vides.
Mais à peine maria eut-elle fini sa phrase que deux larges et hautes silhouettes se profilèrent à l'horizon. Isabel se tourna vers Maria affichant un sourire radieux.
-Tu disais ?
Maria grimaça. Elles stoppèrent un moment. Elle mirent tous leurs atouts en avant et se lancèrent enfin, sous les regards vigilants de Max et Michael qui les suivaient toujours de loin.
-Attention. Prends bien note.
Maria leva les yeux au ciel pendant qu'Isabel prenait les devants. Maria la suivit d'un pas mal assuré.
-Qui va là ? demanda l'un des deux hommes.
Les agents étaient placés juste devant l'entrée de la pièce où, étaient plus que probablement retenus Kyle et Liz. Maria et Isabel avancèrent d'un pas lent mais assuré. Ils aperçurent les deux jeunes filles.
-Désolé mesdemoiselles, vous n'avez pas le droit d'être là.
-Nous désirons simplement visité, murmura sensuellement Isabel.
-Nous pouvons être très douces, vous savez, les aguicha Maria.
Michael faillit éclater de rire. Le rôle d'aguicheuse allait à la perfection à Isabel. Mais Maria n'était pas du tout comme ça. L'un des gardes desserra son col. Elles crurent que c'était gagné lorsqu'il leur laissa le passage. Mais l'autre affirma :
-Je suis navré mais vous allez devoir sortir d'ici.
-Bien.
Isabel releva fièrement la tête, sortit le buste et prit ses airs de grande dame. Maria la regarda avec admiration. Isabel leva les yeux au ciel.
-Vous voulez pas la jouer soft… On ne va pas la jouer soft.
Elle tendit la main et envoya valser les deux gardes. Ceux-ci se heurtèrent lourdement contre le mur. Il regardait d'un air effrayé cette jeune inconnue qui les menaçait de sa main.
-Vous préférez la manière forte ou… en fait, je ne vois que le manière forte.
Alors qu'ils tentaient de se relever et de sortir leurs armes, elle les envoya à nouveau valdinguer. Cette fois, ils perdirent connaissance. Elle releva une mèche des ses longs cheveux blonds.
-Je suis vexée, se plaignit-elle. Sur ce… bonne nuit messieurs.
-Tu n'as pas peur qu'ils se souviennent de toi ? craignit Maria
-Aucun risque. Ils ne se souviendront de rien.
Michael et Max arrivèrent à leurs côtés. Ils félicitèrent Isabel qui ne se priva pas pour encore en rajouter. Ils entrèrent ensuite tous les quatre dans un petit local s'attendant à y trouver leurs amis ; mais ils se retrouvèrent derrière le miroir, là où Pierce se trouvait. Ils virent Liz et Kyle, pétrifiés. Max trouva l'interphone.
-Liz, appela-t-il.
-Max, sourit-elle en levant la tête. Max, où es-tu ?
-Liz, il faut que toi et Kyle vous reculiez le plus loin possible. On va vous sortir de là.
Ils s'exécutèrent et se blottirent tout au fond de la pièce. Max, Michael et Isabel tendirent la main. Le verre de la vitre sembla trembler un moment, mais il finit par rompre.
-Max, cria Liz.
-Dépêchez vous. Vite. Il faut sortir d'ici.
Max agrippa sa petite amie par la main et l'emmena vite. Kyle suivit le mouvement. Ils se mirent tous à courir. À grandes enjambées, il sortirent au plus vite.
-Alex est toujours là-bas, s'exclama Liz affolée.
-Va à la voiture avec Maria et Isabel. Michael et moi on va le chercher.
Les deux jeunes filles durent la contraindre pour qu'elle accepte de laisser son petit ami en arrière. Max et Michael coururent droit en direction du danger. « Fais attention à toi Max. » pensa Liz. Elle vit l'homme qu'elle aimait partir là d'où il ne reviendrait peut-être jamais. Les trois filles, ainsi que Kyle allèrent se réfugier dans les voitures.
Alex et Jesse étaient sortis de l'infirmerie, avaient déambulés dans pas mal de couloirs tous plus lugubres les uns que les autres. Après maintes tentatives, ils s'étaient finalement retrouvés à l'extérieur. Alex ne comprenait pas pourquoi cet inconnu le tenait toujours en joue. Il portait encore la veste de son agresseur. À quelques mètres d'eux, tapis dans des buissons, les ombres de Max et Michael apparurent. Mais d'où ils se trouvaient, il leur était impossible de secourir leur ami.
-Ramirez, cria la voix de Pierce. Ne bouge pas.
Jesse s'immobilisa et par la même obligea Alex à en faire autant. Michael voulut intervenir mais Max le retint par la manche.
-J'ai reconnu ta veste dans le noir. Un puissant revolver est braqué sur ta tête. Je te conseille de ne faire aucun mouvement brusque.
-Daniel, l'homme que tu envisages de descendre n'est pas moi mais l'un de tes protégés.
-Impossible, se défendit Pierce. Tous mes hommes répondent à l'appel.
Jesse se tourna vers Alex et le dévisagea. L'idée qu'il avait peut-être commis une erreur lui traversa l'esprit. Et si c'était lui Alex, celui qu'il devait protéger.
-On pourrait discuter, proposa Jesse dans un dernier recours.
Max et Michael observaient toujours la scène d'un air abasourdi. Jesse tentait au possible de gagner du temps afin de découvrir si oui ou non il s'était trompé.
-Vois-tu Ramirez, je n'ai plus envie de discuter.
Il ricana. Daniel Pierce appuya alors sur la gâchette et tira alors sur l'ombre qu'il pouvait distingué –qui n'était autre que celle d'Alex. Dans un mouvement de réflexe, Jesse plaqua Alex au sol, lui évitant d'être touché. C'est là que les deux aliens prirent part à la lutte. Ils émergèrent de leur cachette. Michael brandit sa main.
-Michael attention !
Pierce avait à nouveau tiré. Max tendit alors la main. Une énorme barrière verte apparut devant eux leur sauvant à tous deux la vie. Le regard du redoutable agent se voila lorsqu'il pu les distinguer. Il se recula et faillit trébucher.
-Vous êtes des…, bredouilla Pierce interloqué.
Michael usa de son pouvoir ne laissant pas à Pierce le loisir de continuer son raisonnement. Il l'éjecta avec tant d'énergie qu'il frappa les bâtiments derrière de plein fouet. Michael continuait de la viser avec haine. Il se concentra et tout autour commença à trembloter. Michael ne s'arrêtait pas de menacer l'agent du FBI qui se relevait bravement. La façade des immeubles s'effrita peu à peu. Toute la base finit par se désagréger. Le sol tremblait. Finalement, tous les bâtiments explosèrent. Max et Michael se couchèrent à terre. Les détonations retentirent durant quelques secondes. Liz, Maria, Isabel et Kyle virent jaillir les flammes. « Oh mon Dieu, ils sont… ». Ils se refusaient tous à penser que leurs amis étaient morts.
Après quelques minutes, Alex osa enfin bouger. Le corps de Jesse Ramirez était étendu sur le sien. Il l'avait protégé. Il n'était pas mort. Alex pouvait sentir son cœur battre à travers sa propre poitrine. Jesse se releva en toussant.
-Alexander Withman ? demanda-t-il.
-Oui… Qui êtes vous ?
-Jesse Ramirez.
Jesse se releva. Il tendit la main à Alex et l'aider à lui-même se redresser. Le jeune garçon, encore sous le choc faillit trébucher et se retrouva dans les bras de l'homme qui lui avait sauvé la vie. Celui-ci sourit.
-Joyeux Noël.
Il fut difficile de distinguer la neige qui se mettait à tomber. Michael se releva et sourit. Il se passa les mains sur le corps comme pour vérifier s'il était toujours en vie. Il aida ensuite Max qui boita quelques instants avant de retrouver son équilibre. Ils se regardèrent sérieusement, puis éclatèrent de rire.
-Ca va aller, demanda Michael.
-Je te retourne la question.
-J'ai fait quelque chose de bien, non ?
Max acquiesça. Il frappa ensuite légèrement sur l'épaule de son ami tout en souriant gaiement.
Ils se dirigèrent tous vers leur véhicule respectif. Par chance, Jesse Ramirez ne posa pas de question quand aux circonstances de l'explosion. Il avait dû supposé que Pierce en était la cause. Les moyens de l'unité spéciale étaient phénoménaux. Ils avaient probablement stocké des substances chimiques qui pour il ne savait quelle raison avait explosé…
Liz fut soulagée de voir apparaître Max. Maria courut de jeter dans les bras de Michael. Ils ne firent en somme que perpétrer ce que Kyle et Isabel faisait depuis plus de vingt minutes. Tous ensemble, ils rentrèrent au crashdown. Le réveillon s'était passé dans l'inquiétude pour les parents de Max et Isabel. Même les tentatives du shérif avaient été vaines pour calmer la mère de Maria.
-Vous voilà enfin, s'exclama Diane quand ils passèrent la porte aux environs de minuit.
-Cela fait des heures que nous nous inquiétons pour vous, renchérit Amy. Vous avez vu dans quel état vous êtes. Mais bon sang où êtes vous encore allé ?
Visiblement, Diane Evans et Amy De Luca attendait des explications. Ils grimacèrent légèrement. La mère de Max commençait à taper du pied. Contre toute attente c'est Jesse qui prit la parole.
-Madame je suis navré c'est de ma faute.
-Qui êtes vous ?
-Jesse Ramirez madame.
Diane Evans parut suspicieuse. Elle détaillé le jeune homme de la tête au pied tout en fronçant les sourcils.
-Je suis… l'organisateur du défilé de minuit. Et ces jeunes gens ont eu l'amabilité de me donner un coup de main pour que tout soit prêt à temps.
Le regard des parents de Max et Isabel se radoucit. Ce que rassura les enfant. La mère de Maria quant à elle restait soupçonneuse.
-Pourquoi ne nous avez-vous rien dit. Nous sommes partis chercher des cadeaux et quand nous sommes revenus vous aviez tous disparus.
-Ils ne voulaient pas vous alarmer pour si peu, les défendit Jesse.
Décidément, l'ex agent du FBI mentait à la perfection, métier oblige. Il avait l'air des plus sincère et avait tout fait pour les aider. Après tout, peut-être avait-il un bon fond ?
-Souhaitez-vous terminer votre réveillon avec nous monsieur Ramirez, proposa Diane. Nous n'avons pas touché à la dinde et nous devons encore ouvrir les cadeaux.
« Le cadeau… » Pensa Max. Il lança un regard à Michael. Celui leva son pouce pour lui dire que tout était en place. Max soupira, tranquillisé. Ils prirent tous place autour de la table et c'est ainsi qu'à minuit passé, ils mangèrent la dinde de Noël. Tout le monde passa un excellent moment et quand ils eurent assez dîné, ils échangèrent les cadeaux. Chaque couple semblait avoir préparé quelque chose de personnel. Kyle emmena Isabel à la cuisine.
-Isabel Evans, voici venu notre premier, et je l'espère pas le dernier, Noël ensemble.
-Kyle qu'est ce que tu fais ?
Isabel rit légèrement. Elle s'appuya contre une table et fixa nerveusement Kyle. Elle se demandait ce qu'il avait en tête.
-Comme cadeau, je t'offre mon cœur.
-Oh Kyle, sourit Isabel.
-Et aussi un joli collier, ajouta-t-il en secouant la tête. Mais c'est secondaire.
Isabel sourit. Elle dégagea sa nuque et il pu ainsi lui mettre le collier. Elle fouilla dans sa poche et lui donna un petit paquet. Il l'ouvrit et découvrit une eau de toilette.
-C'est commun, dit-elle. Je sais. Mais c'est un fait : la terreur des guirlandes ne sait pas quoi offrir à son copain…
-Je t'aime, lui dit-il pour seule réponse.
Isabel leva les yeux au ciel. Il l'attira ensuite contre lui et doucement posa ses lèvres sur les siennes. Ils s'embrassèrent tendrement.
Dans un autre coin de la salle du crashdown, Mari et Michael s'étaient isolés afin d'avoir un peu d'intimité à travers toute cette cohue et ces conversations sans fin.
-Michael, commença Maria. je ne savais pas quoi t'offrir et puis avec tout ce qu'il s'est passé je n'ai pas eu le temps et…
-Maria, c'est toi mon plus beau cadeau.
Elle le regarda un sourire se dessinant au coin de ses lèvres. Michael lui tenait la main. Elle savait qu'il n'était pas du genre à faire de grand discours.
-T'avoir avec moi, ici alors que tu pourrais être à Greenwich village, c'est le plus beau des cadeau.
Son cœur battait à tout rompre. Elle se pressa contre lui et tenta de lui communiquer toute son émotion.
-Michael.
-J'ai toujours ton cadeau.
-C'est vrai, s'extasia-t-elle
Il affirma. Il fouilla quelque peu dans sa poche. Il sortit un petit étui de velours noir que Maria fixa avec des yeux exorbité.
-Maria, quand tu as décidé de rester, tu as fait de moi l'hybride le plus heureux de la galaxie. Je ne sais pas comment dire ce genre de chose. Je suis maladroit et…
-Tu te débrouilles à merveille.
-Alors prends ça.
Elle se saisit de l'étui qu'elle ouvrit rapidement. Elle y découvrit une magnifique paire de boucle d'oreille. Son visage s'orna d'un large sourire. Elle les prit et les mit.
-Elles sont magnifiques.
-Elles te plaisent ?
-Je les adore.
Maria s'amusa à toucher les précieux bijoux pendant un moment, ne se défaisant de se sourire béat.
-Je t'aime Michael.
-Moi aussi…
Il l'embrassa tendrement et le prit dans ses bras. « À ton tour Maxwell… », pensa Michael un sourire malicieux aux lèvres. Que mijotaient-ils donc tous les deux ?
Liz et Max étaient restés dans la salle principale à proximité des parents du jeune homme. Ce qui n'avait bien évidemment pas facilité les échanges. Les tables ayant été reculées pour l'occasion, ils avaient tout de même fait l'effort de se retrancher dans un autre coin de la pièce.
-Tiens, lui dit-elle. C'est ton cadeau.
-Qu'est ce que c'est ?
-Ouvre, dit-elle…
Il s'exécuta donc sans prononcer un mot. Il trouva dans la petite boite, un canif avec gravé dessus : « Liz & Max forever »
Il sourit et l'embrassa.
-C'est magnifique.
Il avait l'air tout de même nerveux. Liz resta quelques secondes immobile se demandant si Max avait un cadeau pour elle. Il détourna le regard. La jeune fille s'apprêtait à lui poser la question lorsque toutes les lumières du crashdown s'éteignirent. Plus personne ne dit un mot. Tout était calme et silencieux. Liz paniqua.
-Max, qu'est ce qu'il se passe ?
Une légère musique se fit entendre. Les premières notes d'une chanson que Liz connaissait bien résonnèrent dans le restaurant. Elle se tourna dans tous les sens ne comprenant ce qu'il se passait. Pourquoi donc passait ton « Every breath you take ». La lumière éclaira Liz. Un autre faisceau éclaira soudain Max, un micro à la main.
"Every breath you take, and every move you make, every bond you break, every step you take, I'll be watching you."
Il lui fit un sourire ravageur qui la fit fondre en larmes. Liz plaça ses mains sur sa bouche. Elle s'approcha. Il la prit dans ses bras tout en continuant à chanter. Son cœur battait à tout rompre. Tout était si beau et Max était si merveilleux.
Every
single day, and every
word you say
Every game you play, every night you stay, I'll be
watching you
Oh,
can't you see, you belong to me?
How my poor heart aches, with
every step you take.
Every move you make, every vow you
break.
Every smile you fake, every claim you stake, I'll be
watching you.
Il lui prit la main et la pressa contre son cœur. Liz pu sentir qu'il battait sans doute aussi fort que le sien.
Since
you've gone I've been lost without a trace
I dream at night, I
can only see your face
I look around, but it's you I can't
replace
I feel so cold, and I long for your embrace
I keep
crying baby, baby please,
Oh,
can't you see, you belong to me?
How my poor heart aches, with
every step you take.
Every move you make, every vow you
break.
Every smile you fake, every claim you stake, I'll be
watching you.
Every move you make, every step you take, I'll be
watching you
Quand Max eut finit de chanter, il offrit à Liz un bouquet de roses blanches. Tout le monde était enchanté et tout semblait si parfait. Ils applaudirant avec ferveur devant les talent de chanteur de Max. Les deux amoureux s'embrassèrent tout comme au premier jour. Maria se blottit dans les bras de Michael. Elle était heureuse avec lui. Isabel se pressa contre Kyle en souriant. Alex était seul mais malgré tout ravi d'avoir des amis aussi merveilleux que les sien. Il n'avait presque rien dit depuis qu'il était sortit du camp. Mais son cœur respirait le bonheur. L'air était embaumé de cette joie. Le FBI et son unité étaient à présent hors d'état de nuire. À l'extérieur, la neige tombait par gros flocons. Amy De Luca et le shérif se tenaient eux aussi par la main.
Ils étaient tous HEUREUX…
Mais ce bonheur n'est-il qu'éphémère…
Fin du dixième épisode.
