Rating: NC-17 / M / 18+

Disclaimer: les personnages de Numb3rs ne m'appartiennent pas et, miracles de la mémoire, je crois me rappeler qu'ils sont aux frères Scott ou un truc comme ça...

Notes de moi: Alors, pour répondre à une question récurrente... Oui, l'histoire au sujet des suicides par pendaison est véridique ! (toutes mes excuses aux âmes sensibles). Comment est-ce que j'ai su un truc pareil ? Disons que je connais un peu la médecine légale.

Nous approchons tout doucement du dénouement. Alors, concernant notre Charlie préféré... Se réveillera ? Se réveillera pas ? La réponse n'est pas pour tout de suite. Gnark gnark !

Rappel: cette fanfiction est classée M / NC-17 pour présence de violence, mentions d'inceste et lemons softs.

Bonne lecture !


Le lendemain matin, le salon des Eppes offrait une drôle d'apparence.Megan dormait sur le canapé, enfouie sous une épaisse couverture. Colby, lui, s'était assoupi dans l'un des fauteuils, les mains croisées. Le troisième siège était vide, mais depuis une dizaine de minutes seulement.
Colby fut le premier à se réveiller, les narines chatouillées par une douce odeur de café. Il ouvrit les yeux, étonné de ne pas être dans son lit, puis se souvint des événements de la nuit: leur arrivée, la gestion des ambulanciers venus emmener Éric Strolkov et des policiers examinant la maison, leur refus de laisser Don seul pour le moment.
L'agent tourna la tête vers son ami.
« Café ?
Il se leva et rejoignit l'aîné des Eppes dans la salle à manger pour s'asseoir en face de lui. Don lui tendit une tasse brûlante et trempa les lèvres dans la sienne.
- Ca va ? Ce n'était pas le must du confort cette nuit.
- Aucune importance.
Les deux hommes dégustèrent leur café en silence, relevant la tête seulement lorsque Megan se réveilla et les rejoignit.
- Bonjour les garçons.
- Salut la belle au bois dormant, plaisanta Colby.
- Oh ça va, répliqua-t-elle en souriant.
S'asseyant à leurs côtés, elle prit elle aussi une tasse de liquide chaud. Tous trois burent silencieusement, reposèrent leurs tasses et se regardèrent.
- Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ?
- Qu'est-ce que c'est que cette question ?
- Je veux dire: est-ce que tu vas continuer ? Demanda la jeune femme.
Don soupira. Évidemment, maintenant qu'ils étaient là, qu'ils étaient intervenu, qu'ils connaissaient sa galère, c'était beaucoup moins facile. La pression sociale, tu parles d'une saleté ! La vengeance était un plat qui devait se manger froid... et seul.
- Tu veux peut-être que je me laisse tirer comme un lapin pendant les dix prochaines années.
- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire... Corrigea-t-elle précipitamment.
- Ce n'était pas prévu que Iouchtchenko s'attaque à moi, fit-il en ignorant sa réponse. J'ignore comment il a su... J'ai sans doute sous-estimé Lazarenko.
Les deux agents se turent, ennuyés.
- On pourrait peut-être réussir à le mettre derrière les barreaux.
Devant le regard que lui jeta Don, Colby eut envie de se donner des baffes pour avoir dit ça.
- Désolé.
- Tu ne veux quand même pas qu'on te laisse faire la peau à quelqu'un juste sous notre nez, même si c'est une ordure comme Iouchtchenko ? S'insurgea Megan.
- Moi je n'y vois pas trop d'inconvénients.
- Colby !
- Quoi ? Je pense que Don a le droit de vouloir se venger. Merde ! Tu crois que ces types méritent plus de vivre que lui et Charlie ? Je te rappelle que Iouchtchenko, lui, n'a pas hésité hier soir.
- Ce n'est pas forcément une raison.
- Les femmes et leur sensibilité.
- Eh oh ! Les femmes elles te disent.
- Ca suffit ! S'exclama Don. Non mais écoutez-vous ! De toute façon vous n'avez rien à faire dans cette histoire.
- Tu vas nous mettre dehors ?
- Parfaitement ! Moins vous passerez de temps ici, moins la fin de cette histoire vous concernera. »
Les deux agents se levèrent. Colby lança à son ami un regard qui lui signifiait sa parfaite acceptation de ce qu'il ferait. Mais Megan, arrivée à la porte, tenta un dernier apaisement.
« Tu vas vraiment t'en prendre à lui ?
- Hier encore, j'aurais hésité. Je n'aime pas le goût du sang, Megan. Mais après ce qu'il a essayé de me faire, c'est fini.
Son esprit ressassa soudain les images de l'agression passée. A nouveau les haut-le-coeur resurgirent au souvenir des jeux pervers du tueur.
La jeune femme eut un faible sourire.
-Le pire, c'est que je serais toujours là, quoi qu'il arrive. Appelle-moi si tu as besoin de quoi que ce soit. »
Don lui rendit son sourire du mieux qu'il put, referma la porte derrière eux, l'estomac au bord des lèvres. Les visions de l'agression dansaient encore devant lui. Il payerait. Il payerait pour lui avoir envoyé son tueur ! Frissonnant, comme malade, il se précipita dans la salle de bains pour vomir, les yeux pleins de larmes, brûlant d'une rage fiévreuse.

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Strolkov était mort.
La nouvelle était tombée ce matin sur le bureau d'Anatoly Iouchtchenko. Il était mort, poignardé chez l'agent Don Eppes du F.B.I. pendant la nuit. Sous le choc, Iouchtchenko se laissa tomber dans son fauteuil. Profondément troublé, il regarda la photo de Eppes que Vassili lui avait légué.
Ce type était une véritable machine, une bête infernale qui avalait ses hommes un par un.
Les paroles de Sinclair lui revinrent à l'esprit.
« Les innocents aussi veulent parfois se venger. »
Anatoly savait que le système ne pourrait pas arrêter cet homme, parce qu'il n'avait jamais réussi à l'arrêter lui. Et ne connaissant pas tous les faits, il croyait confusément que lui envoyer d'autres hommes ne servirait qu'à épurer un peu plus son organisation.
Ouvrant un de ses tiroirs, il posa son regard sur l'arme noire qui dormait au fond. Cette vision lui rappela sa jeunesse, lorsqu'il devait encore se battre lui-même pour s'extirper des situations dangereuses. Sa présence le rassura encore, comme par le passé.
« Un appel pour vous. Un certain monsieur Eppes, fit sa secrétaire par le haut-parleur.
- Passez-le. »
Il attendait quelque chose de ce genre. Il l'espérait presque.
« Iouchtchenko.
- Je suppose que la note de réduction de vos effectifs vous est parvenue ce matin.
- Vous ne vous en faites pas pour appeler ici.
- Non Iouchtchenko, c'est vous qui avez du culot. M'envoyer l'un des vôtres, un jeune en plus... Vous commencez à faire les fonds de tiroirs.
- Je suis loin d'être un homme sans ressources.
- Pour l'instant elles ressemblent à des moustiques qui viendraient s'écraser contre une fenêtre fermée.
- Ne me cherchez pas trop.
Il y eut un court silence, puis la voix de Don reprit:
- Vous avez peur, je le sens dans votre voix.
- Ta gueule !
- Vous avez peur, comme Vassili lorsqu'il s'est retrouvé de l'autre côté du canon, comme mon frère lorsque la voiture lui a foncé dessus... Et vous voulez que je vous dise ? Vous avez raison.
Iouchtchenko reprit contenance.
- C'est un combat de lâche que vous menez.
- C'est vous qui avez commencé... »

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Don raccrocha, satisfait. Toute l'attention du patron de la pègre serait désormais fixée sur lui. Tant mieux ! De toute façon ce ne serait plus très long.
Iouchtchenko ne s'enfuirait pas, il le savait. Et même s'il décidait de filer, les micros qu'il avait placé dans son bureau quelques temps auparavant le lui apprendraient avec moult détails.
Pensif, il faisait passer et repasser son doigt sur ses lèvres. L'action était fixée au lendemain soir. En agissant ainsi, Don avait l'impression de tenter le destin au-delà des limites du raisonnable. Dieu seul savait ce qui l'attendrait là-bas. Peut-être n'aurait-il même pas le temps de tirer ! Mais de toute façon, quelle importance ?
Ses bagages étaient faits. S'il revenait vivant ce ne serait que pour partir loin de cette ville maudite durant quelques temps. Combien de temps ? Aucune idée. Il reviendrait sans doute le jour où son reflet dans une glace ne lui ferait plus horreur. Son père le détesterait probablement pour ça, mais ça ne comptait plus. Sa haine l'avait complètement isolé du reste du monde, comme une maîtresse possessive et cruelle aux griffes acérées.
Il n'irait pas voir son frère avant d'y aller. Ce serait trop difficile de le quitter en sachant que ce serait peut-être pour l'éternité. Ca le déconcentrerait, lui déchirerait le coeur, et il serait incapable d'agir.
Qu'allait-il faire de sa dernière journée ?
Vagabonder sur les traces de son passé, ce n'était pas du genre de Don. Il ne pouvait aller voir personne car l'on risquait de l'empêcher de repartir. Faire ses adieux ? Cela donnerait l'alerte. Mais une idée lui vint tout à coup. Et si... ?
Si son frère se réveillait un jour... ?
Il se saisit d'un stylo et d'un paquet de feuilles, s'assit et entama la longue lettre qu'il destinait à Charlie.

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« Hello Miss Reed. Houlà, tu as une petite mine. Mal dormi ?
- Assez, oui.
Megan prit une chaise et vint s'asseoir près du bureau de son compagnon.
- On a attaqué Don chez lui la nuit dernière. Colby et moi nous avons dormi là-bas après ça.
- Comment ça, attaqué ? Il va bien ?
- Pas trop mal disons. Une vilaine blessure au bras ainsi qu'à l'amour-propre. Par contre l'agresseur est mort ce matin à l'hôpital.
Larry secoua la tête d'un air philosophe.
- Que dire, sinon qu'il n'aurait pas dû commencer.
- Étrange oraison funèbre.
- Elle en vaut une autre. Je suis un grand misanthrope refoulé, en réalité. Je regarde les humains comme je regarde mes étoiles: de loin et avec une lunette.
La jeune femme sourit à ce commentaire.
- Pauvre Don, continua le scientifique. Cela fait un moment que je n'ai pas eu de ses nouvelles.
- Ca faisait un moment que personne n'en avait eu en fait.
- Est-ce que tu veux rentrer ? »
Épuisée, elle fit oui de la tête.

La sonnerie stridente du téléphone réveilla la jeune femme le lendemain matin. Les yeux à peine entrouverts, elle se retourna dans le lit et chercha son portable sur la table de nuit en tâtonnant.
« Allô ?
- Je te réveille ?
- Non, non. Ca va, répondit-elle d'une voix embrumée en se redressant un peu.
- Il est quand même dix heures du matin.
- Quoi ? Oh et puis m... zut ! Je suis en congé de toute façon.
A côté d'elle, Larry se réveilla lentement lui aussi. Elle essaya de se concentrer.
- Qu'est-ce qui t'arrive ?
- En fait, je voulais te demander un service. Est-ce que tu pourrais passer la journée chez moi ? Je dois m'absenter jusqu'à demain matin et je voudrais éviter qu'un de ces fous furieux mette le feu à la maison. J'ai déjà demandé à Colby et il est d'accord pour venir avec toi.
- Pas besoin de...
- Je ne veux pas laisser l'un d'entre vous seul là-bas, c'est hors de question.
- D'accord, d'accord, fit-elle pour l'apaiser. J'arrive dans deux heures, ça te va ?
- Quand tu veux. Colby est déjà là et moi je pars dans une heure.
- Très bien.
- Megan ? Merci pour tout.
- De rien. Rappelle-nous quand tu rentreras, histoire que l'un de nous ne te tire pas dessus. »

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Il était onze heures.Le bâtiment était presque désert. Tous les bureaux avaient été désertés par leurs employés pour la nuit. Grâce à sa carte professionnelle, Don pénétra sans mal dans l'immeuble. Il prit l'ascenseur trois, qui montait jusqu'au sommet, et s'arrêta au trente-neuvième étage. Arrivé là, il ôta le cran de sûreté de son arme et pénétra dans les bureaux de la Odessa Import-Export.
« Il est encore là ? »
La secrétaire hocha la tête et il eut un sourire.
Il s'était assuré la collaboration de la jeune femme depuis plusieurs semaines. Lui dévoiler les activités coupables de la compagnie pour laquelle elle travaillait n'avait pas été chose facile, mais Don l'avait assurée de son soutien futur. Peu à peu, elle s'était laissé convaincre et avait même installé personnellement les micros qu'il lui avait procuré. Et ce soir-là, elle s'était chargée de retenir Iouchtchenko jusqu'au bout.
Après l'avoir regardée partir avec un calme olympien, il ouvrit la porte du dernier bureau encore éclairé...

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« Papa ? Papa, qu'est-ce que tu fais là ? »


Le fera ? Le fera pas ? sourit hypocritement, à l'abri derrière son écran

A bientôt