L'heure de vérité a sonné pour quelqu'un d'autre. Comment le frère de Sirius prendra-t-il la nouvelle, et quelles en seront les conséquences ?

Bonne lecture !


Regulus arriva près de la Forêt Interdite. Il était l'heure du rendez-vous. Mine de rien, le jeune sorcier avait été intrigué par le message de son frère. Sirius avait soi-disant besoin de lui parler de toute urgence, et lui avait fixé rendez-vous à l'orée de la forêt. Pour l'heure, tous deux ne s'étaient plus revu depuis des lustres. L'aîné n'était plus revenu à la maison depuis sa seconde année. Et lorsque Regulus avait interrogée sa mère, il avait eu droit à une réponse obscure. Sirius avait rejoint sa vraie famille. Il avait bien insisté pour connaître le fin mot de cette histoire, mais Walburga ne voulait plus en parler. Et puis, ils ne s'étaient pas davantage rapprochés à l'école. Pourtant Regulus savait que Sirius n'était plus le même.

Aussi, sa curiosité avait-elle été piquée lorsque son aîné avait reprit contact avec lui. Chemin faisant, il avait repensé à ce fameux épisode avec Rosier. Ce déchaînement de puissance magique … Sirius avait effacé le souvenir d'Arès, mais pas ce qui s'était passé avant. Que lui était-il donc arrivé ? Était-ce de cela qu'il voulait l'entretenir ? Regulus l'espérait bien. Il arriva devant l'arbre indiqué. Personne.

« Tu es venu. » entendit-il.

Enfin, l'avait-il cru. Sirius sortit de derrière l'arbre.

« Que faisais-tu dans la forêt ? Tu ne sais donc pas que c'est interdit, ou bien crois-tu que les règles ne s'appliquent pas à toi et à ta bande ? » lança Regulus.

Sirius plissa les yeux. Ça commençait mal. Pourtant s'il savait, en un sens les règles des mortels ne s'appliquaient pas lui. Il n'était pas obligé de les suivre. Sentant que la discussion n'allait pas être simple, Sirius décida de tout faire pour conserver son calme. L'avenir de celui qui fut malgré tout son petit frère en dépendait.

« Ne t'inquiètes pas. Nul dans ces bois ne saurait me faire le moindre mal. » reprit l'aîné en s'avançant, sortant ainsi de la forêt.

Regulus haussa un sourcil devant cette tirade. D'une, depuis quand parlait-il comme un livre, et de deux qu'est-ce qui pouvait lui faire penser une chose pareille ? Avant que son frère ne reprenne en lançant une nouvelle pique, Sirius le devança :

« Attends. Lorsque je t'aurais tout expliqué tu comprendras pourquoi je dis ça. Mais avant, je voudrais savoir ce que ta mère t'as dis à mon sujet. »

Regulus prit une inspiration. Les voici dans le vif du sujet. Sans doute devait-il jouer franc-jeu, car visiblement Sirius souhaitait lui révéler une chose. Et puisqu'il désirait savoir …

« Justement pas grand chose. Juste que tu étais retourné dans ta véritable famille, et que je devais t'oublier. » répondit Regulus.

« Je vois. C'est un peu curieux, j'aurais pourtant cru qu'elle se serait vantée de m'avoir eu ... » fit Sirius pensif.

« Comment ça elle se serait vantée ? Qu'as-tu donc de si exceptionnel ? » s'étonna Regulus, non sans s'agacer de nouveau.

« Ma nature. Je ne suis pas humain. » lâcha Sirius tout à trac.

Pour le coup, il coupa la chique à son frère. Et c'était bien l'effet voulu. Regulus dévisageait son aîné. Pas humain ? Comment cela ? Quelle partie de lui ne l'était pas ?

« Maintenant que j'ai toute ton attention, écoute-moi bien. Pour commencer, sache que je ne suis pas le fils naturel de Walburga. Elle m'a trouvé un matin sur le pas de sa porte. A l'époque, nos parents ne parvenaient pas à avoir d'enfant. Si elle m'a gardé malgré qu'elle ignore ma provenance, c'est parce qu'il s'est produit un événement magique de ma provenance. » commença Sirius.

Il lui parla de cette fameuse lumière qu'il aurait émis à cet instant. Et prouver ses dires, Sirius rayonna doucement, sous le regard ahuri de Regulus.

« Ce n'est que lors de ma deuxième année que les symptômes de ce que je suis réellement se sont réveillés. Peu après, un membre de ma famille biologique est venu me trouver et m'a tout expliqué. Je suis ensuite allée voir notre mère afin de lui demander des explications. Qui sont celles que je viens de te fournir. » conclut Sirius.

Regulus était bouche bée. Quel était ce phénomène ? Quel sorcier ou créature émettait une lumière de ce type ? Il se rappela ce que son frère avait dit un instant plus tôt. Il n'était pas humain.

« Et … tu es quoi alors ? » demanda Regulus.

Sirius le fixa un instant, si bien que Regulus se demanda s'il allait lui répondre.

« Un dieu. »


HEING ? Ce fut le mot clairement inscrit sur le faciès du sorcier. Sirius sourit doucement devant son incrédulité. Il utilisa donc ses pouvoirs. De petites poignées de terre lévitèrent autour de Black. Il ouvrit la bouche en un cercle, et souffla doucement. La brise s'agita autour d'eux au même instant. Il y eut même une bande dorée, serpentant entre eux, entourant Regulus avant de revenir vers Sirius. De la magie pure. Regulus darda à nouveau le regard sur son interlocuteur. Il avait les mains dans les poches. Aucune baguette n'était visible. Sirius cessa ses effets spéciaux.

« Je te sens encore sceptique. Tu es libre de vérifier par toi-même si j'ai des complices et pourquoi pas, questionner notre … enfin ta mère. » dit-il.

Regulus resta inerte un moment.

« Je … je te crois. Quand tu t'es énervé contre Rosier ... ce n'était pas quelque chose qu'un simple sorcier, surtout apprenti, peut réaliser. » dit-il.

Sirius referma les yeux. Zut, il avait complètement oublié ce passage. Enfin, cela servait à accréditer son histoire.

« Et donc, qui sont tes parents ? Tu es le dieu de quoi ? » demanda Regulus.

Sirius lui parla donc de sa famille grecque, de la fonction qu'il incarnait, de son combat contre Arès et Hécate, de ses relations avec les autres dieux. Ils avaient fini par s'asseoir, l'histoire étant plutôt longue. Sirius ne cachait rien à son frère, et ce dernier s'en sentit touché.

« Eh ben ! Qui aurait imaginé un truc pareil ? » sourit Regulus à la fin.

« À qui le dis-tu. J'ai par moment encore du mal à y croire, quand je repense à tout ça. »

Un silence méditatif s'ensuivit. Regulus était content que son … euh ancien frère aie décidé de tout lui révéler. Cela signifiait qu'il n'avait pas jeté aux orties ce qu'ils avaient vécu.

« Tu sais ... »

Sirius tourna la tête vers lui.

« Je suis désolé pour la façon dont je t'ai parlé en arrivant. En fait … je me rends compte que … je crois que je t'en voulais d'être parti comme ça, sans rien dire. » avoua Regulus.

« Ah. Je suis désolé. Mais quand j'ai appris ce que j'étais vraiment, ce qui m'attendait, que tous mes repères étaient faux … j'étais si bouleversé que je n'ai pas pris la peine de m'expliquer. » répondit Sirius.

« Oui, ça je peux comprendre. Ça n'a vraiment pas dû être facile. » compatit Regulus.

« Non. Heureusement j'avais Rhéania. Elle ne m'a jamais laissé tomber. » soupira Sirius, en s'adossant à l'arbre au pied duquel ils étaient assis.

« Et … il est comment Zeus ? En tant que père je veux dire. » questionna Regulus.

« Collant. Honnêtement ça fait un sacré contraste après ce que j'ai connu. » avoua Sirius.

Regulus acquiesça. Son père était froid et peu démonstratif, voire pas du tout.

« J'imagine oui. »

Sirius se redressa.

« J'y pense. Il y a autre chose que je voulais te demander. En fait, c'est la vraie raison pour laquelle j'ai décidé de te contacter ce soir. » annonça Sirius.

Regulus haussa un sourcil. Ah bon, sa nature divine n'était donc pas le motif de cette rencontre ?

« Pourrais-tu ... me dire si tes parents ont prévu de te faire entrer au service de Voldemort ? »

Une ombre passa sur le visage du jeune homme. Et comment qu'ils avaient prévu quelque chose pour lui. C'était le grand sujet de conversation en ce moment. Ses parents étaient d'ailleurs fiers de mettre leur fils au service d'une si grande cause.

« Oui. Je vais devenir un des serviteurs du lord noir. » avoua Regulus.

« Reg … refuse. » conseilla Sirius.

Le cadet leva les yeux vers son frère, enfin celui qui fut son frère.

« Pourquoi ? Ce que désire le Seigneur des Ténèbres c'est que les sangs-purs retrouvent leur dignité, leur rang dans ce monde. Que notre société soit saine. » répondit le concerné.

« Reg, c'est en méprisant et persécutant les autres que les sangs-purs perdent leur dignité. Pour ce qui est du rang, ils tiennent le haut du pavé, qu'avez-vous donc tant à retrouver ? Et tu crois réellement que cela se fera dans la joie et la bonne humeur ? Autre chose : qui diable êtes-vous donc pour décider qui doit posséder des pouvoirs ou non ? » répliqua Sirius.

« Mais ... »

« Il n'y a pas de mais Regulus. Réfléchis un peu : la consanguinité affaiblit, elle ne rends pas plus fort. Et une personne qui se réclame des ténèbres comme lui ne va apporter rien d'autre que le malheur. En tout cas je te préviens : en tant que dieu de la magie, je ne laisserais pas passer cette histoire. Je vais remettre moi cette société d'équerre, en instaurant l'égalité pour le maximum de gens et créatures. S'il y a bien dans ce monde quelqu'un qui décide qui est magique ou non, peu importe sa provenance c'est désormais moi. » exposa Sirius.

Tout en parlant, il avait inconsciemment étendu son aura divine, si bien que son frère la perçut et réalisa pleinement qui se tenait devant lui. Ce n'était plus le Sirius qu'il avait connu, rebelle et arrogant, mais la personnification de la magie même. La seule créature capable de retirer la magie des sorciers, ou de l'accorder. Bref la plus puissante de toutes, devant qui il fallait réellement s'incliner.

« Je … mes parents … n'accepteront jamais mon refus. » dit Regulus incertain.

« Peut-être pas si tu leur dis de qui ça vient. Nous verrons s'ils seront assez fous pour me provoquer. » rétorqua Sirius.

En tout cas, Regulus était à présent intimidé par la divinité en face de lui. Il sut qu'il valait mieux ne pas l'avoir comme ennemi. Surtout connaissant son tempérament de feu. Alors, il décida de l'écouter. Sirius espéra avoir atteint son objectif en ouvrant les yeux de son ancien frère. Il espéra l'avoir sauvé des griffes de Voldemort.

« Il est temps pour nous de rentrer. » conclut Sirius.

Il se leva, aida son frère à se mettre debout puis prit le chemin du château.


Durant une partie de la nuit, Regulus remua tout ce qu'il venait d'apprendre. Le plus bouleversant concernait sa véritable nature. Sirius avait réellement le pouvoir de tout chambouler, et il le ferait. Il était décidé. Regulus pensa que rien ne pouvait tenir tête à un dieu. Qu'il fallait effectivement être fou pour oser. Dans les jours qui suivirent, le jeune sorcier mit de la distance entre lui et ses camarades.

Il redoutait malgré tout d'être dans la ligne de mire de son divin frère. Et puis … en y repensant, qui étaient-ils vraiment pour décider de l'accord ou non de la magie ? Sirius avait sans doute raison. Regulus profita en tout cas des vacances pour discuter de tout ceci avec ses parents. Voir eux aussi s'il y avait moyen de leur ouvrir les yeux. Le lendemain de son retour au manoir familial, il décida d'aller trouver sa mère.

« Te voilà mon chéri. Je voulais justement t'annoncer que dans trois jours nous allons te présenter au Lord. Il faut ... » commença Walburga.

« Je n'irais pas mère. »

La sorcière cligna des yeux.

« Comment cela tu n'iras pas ? » répondit-elle d'un ton où pointait l'autorité.

« Non. J'ai parlé à Sirius figures-toi. Il m'a tout raconté. Sur ce qu'il est. » révéla Regulus.

Les yeux de Walburga s'arrrondirent. Son fils adoptif, qui était de nature immortelle.

« Et donc ? » demanda-t-elle.

« Et donc, il est devenu le dieu de la magie. Il n'a pas changé d'opinion concernant les idéaux de Tu-sais-qui. Sirius prévoit des changements pour notre monde. » exposa Regulus.

« Mais le Seigneur des Ténèbres aussi, il nous apportera la lumière. » contredit Walburga.

« Non mère ! Quand on porte un nom comme celui-là aucune lumière ne jaillira ! Sirius est un dieu, et à mon avis lui seul doit décider de notre sort, à nous êtres magiques. Voldemort ne pourra rien contre lui. Personne ne peut. Nous les sorciers ne sommes pas autorisés à décider qui doit devenir un des nôtres ou pas. Reniez votre allégeance à cet homme ! » s'exclama Regulus.

« Nous sommes les sangs-purs mon fils. La quintessence de la magie, nous devons diriger le monde magique. » s'entêta Walburga.

« Mère ! Êtes-vous sourde ou quoi ? Sirius … est LE dieu de la magie ! Il a plus de pouvoir de n'importe qui sur cette terre ! La vraie quintessence de la magie c'est lui et lui seul ! Que croyez-vous qu'il se passera s'il décrète que vous êtes son ennemie ? Il a les moyens de retirer toute magie en vous, de vous rendre moldue ! » continua Regulus en haussant le ton.

Walburga frissonna à cette pensée. Perdre toute sa magie, quelle horreur.

« Il n'osera pas. Je suis sa mère. »

« Non vous ne l'êtes pas, et je doute qu'il vous aie jamais considérée comme telle. Je vous en supplie ouvrez les yeux ! Même si vous n'approuvez pas ce que Sirius fera, restez en retrait c'est le mieux que vous puissiez faire ! »

Walburga se tut. Elle savait, elle reconnaissait que son ex-aîné avait plus de puissance magique que sa famille réunie, que le Lord même. Un degré qu'aucun humain ne pourrait jamais atteindre.

« Si je renie mon allégeance comme tu le conseilles, ou que je reste en retrait le Seigneur des Ténèbres nous punira. » soupira-t-elle.

« Et vous trouvez que c'est équitable ça ? Vous ne voyez donc pas que vous perdez votre libre-arbitre avec cet homme ? » insista Regulus.

« Je … nous n'avons pas le choix. »

« Si. Je vais demander à Sirius qu'il nous protège. »

« Il n'acceptera pas. Nous … je ne crois pas qu'il aie grande affection pour nous. » fit doucement Walburga.

« S'il pense que nous changeons notre baguette de main, il le fera. Je crois qu'il acceptera de nous donner une seconde chance. Mais mère, il va vraiment falloir la mériter. Souvenez-vous que nous ne devons pas juger qui doit être magique ou pas. Ce n'est pas notre problème. » rappela Regulus.

« Mon fils, tu me demande de renier tout ce que l'on m'a appris ? Les valeurs et traditions de notre famille ? » s'enquit la sorcière.

« Et si tout ce que l'on vous avait inculqué n'était que mensonge ? » osa Regulus en haussant les sourcils.

Eh bien son fils ne manquait pas de courage pour s'opposer ainsi à elle. Si la situation était différente elle l'aurait vertement remis à sa place. Mais là … il était question d'une force sans commune mesure.

« Fort bien. Je parlerais à ton père. Va annoncer cela à ton … à Sirius. » céda-t-elle.

Regulus hocha la tête et quitta le salon. Il s'adossa contre la porte et soupira bruyamment. Il avait dû s'armer de courage pour venir dire ses quatre vérités à sa mère. Oser lui dire de renoncer à tout ce qu'elle avait apprit, qu'elle avait tort, cela l'avait effrayé. Mais finalement il semblait qu'il aie eu gain de cause. Sirius avait eu raison : ses parents n'étaient pas fous au point de se mesurer à un dieu.

« Le jeune maître a fait preuve de courage et de bon sens. Le dieu de la magie sera content. » entendit-il.

Regulus tourna la tête pour découvrir Kreattur, l'elfe familial.

« Tu … tu sais … pour Sirius ? » s'étonna-t-il.

« Kreattur a toujours su que maître Sirius était différent, maître Regulus. Il savait que sa magie était très forte, mais il ne comprenait pas pourquoi. » expliqua l'elfe.

« Je vois. Je vais lui écrire, pourras-tu lui apporter le message ? »

« Oui maître. »

Regulus monta rapidement dans sa chambre. Pendant qu'il griffonnait, il entendit des éclats de voix. Il plissa les yeux. Son père, qui visiblement n'était pas d'accord avec sa femme. Walburga insista, chose très inhabituelle. Il perçut le nom de son frère, ce qui fit taire son père. Lui aussi allait considérer l'idée d'être dans la ligne de mire d'un dieu en colère. Regulus retourna à son parchemin. Une fois sa missive terminée il la confia à Kreattur, qui disparut aussitôt.


Pour sa part, Sirius se trouvait dans la forêt sacrée des dieux grecs. Il aperçut Héra, allongée sur un lit entourée de nymphes, qu'il décida d'aller saluer.

« Mes respects reine Héra. Vous êtes resplendissante comme toujours. » dit-il en inclinant la tête.

Héra sourit devant les bonnes manières du dernier fils de son mari. Son séjour chez les mortels paraissait lui avoir au moins apprit cela. Voilà qui changeait des autres rustres.

« Sirius. Toujours décidé à fréquenter les hommes ? Tu pourrais avoir meilleure éducation chez nous. » répondit la déesse.

« Je vous remercie de votre sollicitude, toutefois en tant que dieu de la magie je me dois d'être sur le terrain. » répondit Sirius.

« C'est une façon de voir les choses. » concéda Héra.

« Puis-je prendre congé ? »

Elle l'accorda d'un geste de la main, Sirius s'éloigna. Mine de rien, c'était une bonne chose qu'elle s'entende avec lui. Sirius arriva près d'un bassin où demeurait Rhéania. Il sourit en approchant puis prit place à côté d'elle. Alors qu'ils bavardaient, et que le jeune dieu était parvenu à lui prendre la main, il entendit une petite voix. Il tourna la tête pour découvrir l'elfe de maison de son ancienne famille, accompagné d'un faune.

« L'humble elfe s'excuse de se présenter au dieu sans s'être annoncé. Il se punira comme il se doit pour cela. Mais l'elfe a un message pour sa divinité de la part de maître Regulus. » dit-il tête baissée.

« Oh. Je te remercie Kreattur, mais je t'interdis formellement de te punir. Je te connais, tu es le bienvenu en ma présence. » répondit Sirius.

« Le dieu m'accorde trop d'honneur. » fit Kreattur en s'inclinant très bas.

Il lui tendit le parchemin qu'il tenait. Sirius le déroula.

« Un problème ? » s'enquit Rhéania.

« Non au contraire. Il semblerait que mon frère adoptif aie réussi à convaincre mes parents de ne pas fréquenter plus avant un sorcier noir. Par conséquent, il requiert ma protection. » expliqua Sirius.

« C'est une bonne chose. »

« Oui, je vais aller les voir. Douce Rhéania, si tu veux bien m'excuser. »

Sirius lui embrassa la main, assurant qu'ils continueraient plus tard. Sirius saisit Kreattur, et ils disparurent ensemble. Il atterrit dans la chambre de son frère.

« J'ai eu ton mot. » fit Sirius en montrant le parchemin.

« Merci d'être venu si vite. Mère a parlé à père, mais elle a du mal à le convaincre. » annonça Regulus.

« Je vois. » fit simplement le brun.

Il allait donc devoir sortir le grand jeu. Sirius quitta la chambre de son cadet.

Au salon, un bruit de tonnerre interrompit la conversation des sorciers. Ils découvrirent un homme à la belle carrure, habillé d'une toge blanche qui lui découvrait une épaule et une partie du torse, et un pagne descendant jusqu'aux pieds chaussés de sandales.

« Qui êtes-vous ? » demanda le chef de famille.

« Je suis Sirius, dieu de la magie. »

Ils affichèrent leur étonnement. Regulus assistait à la scène depuis l'escalier, en compagnie de Kreattur.

« Voilà donc à quoi il ressemble en tant que divinité. » songea Regulus.

« Je suis venu sur demande de Regulus. Il vous a apparemment demandé de rester à l'écart des manigances de Voldemort. » reprit Sirius.

Le patriarche Black décida de prendre la parole.

« Je ne peux tout simplement pas croire qu'il ne va pas sauver notre monde. »

« Le sauver de quoi exactement ? Vous pensez avoir le droit de décider qui peut entrer dans votre communauté ? Par quel miracle seriez-vous seuls juges ? Par votre sang ? Qu'a-t-il donc de plus que les autres ? » répondit Sirius, d'une voix qui emplissait chaque personne présente.

L'aura qu'il dégageait imprégnait les lieux.

« Eh bien parce que nous sommes les garants des traditions de notre monde. » répondit le père.

« Je vais vous dire une chose : qui n'évolue ou ne s'adapte pas disparaît. Les traditions c'est bien, mais de temps à autre il faut faire le tri, car les mœurs changent. Vous autres sangs-purs avez la détestable manie de refuser d'évoluer. Sans parler de votre orgueil. Vous ne valez pas plus que les sang-mêlés ou les nés-moldus. Si vous décidez de suivre le conseil de votre fils, je m'engage à vous protéger des représailles. Mais si vous refusez …. » avertit Sirius.

Une vague de puissance s'étendit dans toute la pièce.

« C'est à moi que vous aurez affaire. »

Le patriarche déglutit. Jamais il n'avait ressenti une force si écrasante. Elle faisait passer Voldemort pour un vulgaire insecte.

« Très bien. » accepta enfin le chef de la famille Black.

Sirius acquiesça. Un vent se mit à souffler, touchant chaque personne. Le dieu disparut ensuite, laissant les mortels quelque peu ébranlés.


Plus tard, Voldemort apprit l'annulation de la soirée de présentation de la famille Black. Il convoqua immédiatement Bellatrix et sa sœur pour connaître les raisons de cet affront.

« Nous l'ignorons Monseigneur. Ils ne nous ont rien dit. » répondit Bellatrix.

Voldemort décida d'aller leur rendre visite le soir même en personne. Il se présenta au manoir. Alors qu'il approcha, une barrière l'empêcha d'aller plus loin. Décidément, ils aggravaient leur cas. Le mage noir sortit sa baguette. Des éclairs fusèrent. La protection encaissa sans dommages. Voldemort fronça brièvement les sourcils. Il recommença, avec plus de force. Rien.

« Cesse. Cette maison et ses occupants sont placés sous la protection d'une personne plus puissante que toi. Si tu persistes à vouloir entrer, tu recevras un châtiment. » énonça une voix masculine.

Voldemort fut choqué.

« Personne n'est plus puissant que moi ! » tonna-t-il.

Il déchaîna toute sa force sur le dôme magique, se promettant cette fois d'éliminer toute la famille. Comment avaient-ils osé le laisser tomber pour quelqu'un de plus fort ? La barrière tint bon. Un cercle de lumière apparut devant. La magie de Voldemort en sortit, le percutant brutalement. Le mage noir vola. Il retomba plusieurs mètres en arrière. Il se redressa furieux. Qui osait lui tenir tête de la sorte ? Les Black allaient lui payer cette indiscipline. Pour l'heure, il ne pouvait les atteindre. Autant rentrer. Depuis la fenêtre, les époux Black avaient assisté à toute la scène. Sirius tenait parole, aucun mal ne leur fut fait ce soir-là.

« Il ne va pas s'en tenir là. » rappela cependant le patriarche.

« Eh bien qu'il essaie encore jusqu'à ce qu'il comprenne. J'ai foi en Sirius, il nous protégera mieux que personne. » répondit Regulus.

Il tourna résolument le dos à la fenêtre. Ses parents s'entre-regardèrent. Par précaution, ils décidèrent tout deux de ne plus pointer leur nez dehors en attendant que les choses se calment. Pour leur fils en revanche, peu lui importait. Que le mage noir tente tout ce qu'il veut, jamais il n'aura satisfaction.

Ainsi, Regulus ne craignit pas d'aller prendre l'air. Il marcha durant un bon moment dans un parc, avant de sentir comme un coup dans son dos. Le jeune sorcier se retourna. Il aperçut caché dans les fourrés une capuche noire.

« Tsssk. »

Le sorcier poursuivit son chemin.

« Je l'ai pourtant touché … tu as vu comme moi pourquoi n'est-il pas tombé par terre ? »

« J'en sais rien. Je vais essayer à mon tour. »

Les deux envoyés de Voldemort contournèrent le garçon. L'un d'eux lança un sort de saucisson. Pas le moindre effet.

« C'est pas normal ça. On dirait que nos sortilèges sont absorbés par quelque chose. »

Regulus lui, avait comprit ce qui se passait. On l'attaquait mais la magie ne l'atteignait pas. Il avait eu raison, son frère le protégeait. Les Mangemorts tentèrent divers sorts, sans le moindre effet. En désespoir de cause, ils cernèrent l'adolescent.

« Allez petit, rends-toi bien gentiment et il ne te sera fait aucun mal. Le Seigneur des Ténèbres souhaite s'entretenir avec toi. »

« Répondez-lui que non merci, j'ai autre chose à faire. » lança Regulus avec dédain.

« Tu feras moins le fier après un bon doloris mon garçon ! » s'exclama le deuxième homme.

« C'est pas croyable d'être bêtes à ce point ! Vous croyez que je n'ai pas senti vos sorts s'abattre sur moi ? Vous n'avez donc pas compris que rien ne fonctionne ? Vous êtes totalement impuissants alors fichez-moi la paix ou c'est moi qui me fâche ! Je doute que vous ayez la même protection que la mienne ! » riposta Regulus en sortant sa baguette.

Ils reculèrent d'un pas. Le gosse avait raison, leur magie était inopérante allez savoir pourquoi. Toutefois, ils ne pouvaient se permettre de rentrer bredouilles. L'un des sorciers l'attrapa alors par le poignet, dans l'optique de transplaner avec lui. Une vive douleur s'empara alors du partisan du lord sombre. Son camarade le vit se tordre de douleur. La seconde après, il fut métamorphosé en crapaud. Regulus ricana.

« Tu vas voir sale môme ! » s'emporta le dernier Mangemort.

Mais avant qu'il ne puisse toucher Regulus, il fut lui aussi transformé en batracien.

« Merci frangin ! » s'exclama l'ado.

Il sentit un souffle chaud sur son visage. La réponse, sans doute.