Notes de l'auteur : On approche doucement mais sûrement de la fin. Voici le dixième chapitre !
Remerciements : Merci infini à Dupond et Dupont pour ses corrections et ses conseils et sa bonne humeur. Je t'offre des glaces pour la peine.
Et un grand merci à Deidato pour la traduction !
Réponse à Oswin Goldstein : Merci pour cette review ! Désolée d'apprendre ça pour ton exam. J'espère que les autres se sont mieux déroulés ! Merci pour tes gentils mots !
Réponse à JH : Hey, merci pour tes reviews ça me fait plaisir que tu continues à suivre cette histoire :) Merci, merci !
Bonne lecture !
Falling
C'était étrange comment tout avait commencé avec un cri et comment, d'une certaine façon, tout s'était terminé de la même manière. Un cri. C'était comme s'il y avait une sorte de destin pervers qui tirait les ficelles de la vie et qui s'amusait à fermer des boucles, à donner une certaine poésie, un certain rythme, aux aléas de la vie.
Un simple château de cartes, voilà ce qu'avaient été ces derniers mois. Rien que des cartes empilées les unes sur les autres n'attendant que le plus léger des souffles pour s'effondrer. Et Castiel en était le roi.
Le roi des imbéciles.
Comment n'avait-il pas pu voir tout cela venir ? Comment avait-il pu oser croire que son comportement n'aurait aucun impact ?
« Je ne comprends pas Castiel, grésilla la voix d'Hester à travers le téléphone. Nous sommes samedi pourtant. N'étais-tu pas avec elle comme tu le fais d'habitude ? Pourquoi était-elle seule ? C'est pourtant le jour des visites, tu sais bien qu'elle ne doit pas être livrée à elle-même ces jours là. Elle n'est pas entourée des médecins et des infirmiers. Où étais-tu ?
Castiel passa une main sur son visage. Ses phalanges pressèrent sa peau, massant douloureusement sa tempe.
– Je n'étais pas loin, je… J'étais juste à côté.
– Tu étais en retard ?
Castiel laissa tomber sa tête en arrière et s'enfonça un peu plus sur le banc. Ses pieds se tordaient dans tous les sens, s'agitaient, s'empressaient.
– Non, je parlais juste à un ami, Dean.
– Castiel, je ne comprends pas pourquoi tu cherches à te lier d'amitié avec ces gens-là. Qui est ce Dean ? Il est nouveau, non ? Tu ne m'avais jamais parlé de lui.
Ces gens-là.
Castiel laissa tomber ses mains sur ses cuisses dans un soupir. Cela ne servait à rien de débattre une énième fois avec sa tante.
– Il est… Je… Ce n'est pas ce qui est important, Hester. Je t'appelais juste pour te tenir au courant de l'état de santé d'Anna.
– Je le sais bien Castiel mais je crois qu'elle n'aurait pas tenté de mettre fin à ses jours si tu avais été avec elle comme tu aurais dû l'être. Tu comprends ? Tu n'aurais pas dû être ailleurs à ce moment-là.
– Je sais Hester, murmura Castiel. Je sais.
– Tu ne m'as pas l'air de bien comprendre pourtant, lâcha-t-elle sèchement.
Castiel ne répondit pas.
– Bon, s'impatienta Hester. Où est-elle maintenant ?
– Les infirmiers s'occupent d'elle pour la calmer. Ils m'appelleront quand je pourrai aller la voir. J'attends dans le jardin.
– Est-ce qu'il faut que je vienne ? demanda-t-elle en soupirant.
– C'est comme tu le souhaites, Hester. Il s'agit de ta nièce. Tu vois si tu veux te déplacer pour elle ou non.
– Ce n'est pas que je ne veux pas Castiel et tu le sais très bien. Nous n'avons pas tous un travail à faible responsabilité comme toi. Nous ne pouvons pas tous nous libérer le week-end.
– Je comprends. Pourras-tu prévenir les autres, s'il te plaît ? Je m'occupe du reste.
Après cette pénible conversation téléphonique, Castiel n'avait pas envie de faire face aux reproches des autres. Il savait qu'il était en tort. Il savait qu'il aurait dû avec Anna et non pas avec Dean.
Dean.
– Hm, s'il le faut. D'accord. Tiens moi au courant, Castiel. Et prends soin de ta cousine, tu veux ? Merci.
Une seconde plus tard, la tonalité sourde indiqua à Castiel que sa tante avait raccroché. Cela ne l'étonnait même pas. Sa famille n'avait jamais été vraiment présente pour Anna, pas même lorsque ses deux parents avaient été tués devant les yeux de sa cousine par un psychopathe pervers qui se disait amoureux d'elle. Ils étaient peut-être venu à l'enterrement mais ils n'avaient pas pris la peine de se déplacer jusqu'au procès. Seul Gabriel l'avait accompagné. Leur unique aide fut l'argent qu'ils donnèrent pour qu'Anna puisse être internée après sa cinquième crise. Celle qui lui avait presque coûté la vie.
Castiel regarda ses mains. Elles tremblaient. Il ne devait pas pleurer. Il devait être fort. Fort pour Anna. Et si la seule chose qu'il pouvait faire à présent était attendre alors Castiel allait attendre. Et tant pis si les minutes avaient un goût d'éternité, tant pis si elles se tissaient entre elles dans une lenteur assassine.
Alors, sur un banc du jardin de l'hôpital Broughton, Castiel attendait.
Les infirmiers vinrent le chercher une heure plus tard. Castiel les suivit sans un mot. Il les écouta parler. Anna avait fait une crise sans raison. Elle avait crié, encore et encore, et s'était lancée contre les murs de sa chambre. Elle n'avait pas réussi à se faire beaucoup de mal. Les médicaments l'avaient trop affaiblie pour cela. Elle allait mieux, à présent.
Lorsqu'il passa devant la chambre de Dean, Castiel le vit dans l'embrasure de la porte. Dean fit un pas vers lui, toute son inquiétude et son angoisse tatouées sur son visage, ancrées dans ses yeux. Bien sûr qu'il se faisait du souci. Bien sûr. Comme si sa propre condition n'était pas déjà suffisamment compliquée comme cela.
Il ne fallait pas que Dean se tourmente ainsi pour lui. Cela n'allait pas l'aider, bien au contraire. Dean devait se soucier de son propre état de santé, de sa propre rémission. Castiel était un poids.
Alors, Castiel lui fit « non » de la tête. Dean s'arrêta net. Il regarda Castiel passer devant lui.
Castiel baissa les yeux.
Et il ne comprit pas pourquoi les gens disaient que l'on « tombait » amoureux. Ils se trompaient tous. Pour Castiel, c'était tout l'inverse. Sa rencontre avec Dean avait été une bouffée d'air pur, un sursaut, un envol. Son rire et ses yeux et ses tâches de rousseurs. Sa bonté et son courage et son humilité. Avoir la chance de le connaître. De l'aimer, de loin. Tout cela, tout cela lui avait donné des ailes et l'avait emporté loin, loin, loin.
Aimer Dean Winchester l'avait envolé au septième ciel, comme ils disaient.
Et maintenant... Et maintenant, tout autour de lui s'effritait, s'effondrait, s'écroulait dans une chute sans fin.
Les infirmiers lui ouvrirent la chambre d'Anna et c'était avec une boule de remords et de honte coincée dans la gorge que Castiel fit le premier pas. Les infirmiers refermèrent la porte derrière-lui, le laissant seul avec sa cousine.
Castiel ne savait pas s'il pouvait y arriver. S'il n'allait pas devenir fou, lui aussi.
Il était fatigué. Tellement fatigué.
Anna était calmement allongée sur son lit, un sourire aux lèvres, comme si rien ne s'était passé. Seulement, autour de ses poignets, deux solides sangles beiges étaient fermement attachées. Le regard de Castiel se posa longuement sur ces menottes qui l'emprisonnaient dans son lit. Cela faisait des mois qu'il ne les avait pas vues et Castiel avait fini par se persuader qu'Anna en avait fini avec elles, avec cette violence qui l'animait sans raison.
Castiel se rapprocha de sa cousine et posa sa main sur sa joue laiteuse avant de la laisser vagabonder dans sa chevelure flamboyante. Il se pencha légèrement et lui embrassa le front, ses lèvres s'attardant longuement sur les écorchures et les éraflures qu'elle s'était infligée.
– Je suis là maintenant, Anna. Je suis là.
Tout s'écroulait autour de Castiel. Même lui se sentait vaciller, basculer, tomber.
Et tout était de sa faute.
C'était donc ça ce que l'on ressentait quand on touchait de trop près le soleil et que l'on s'en brûlait les ailes.
La semaine suivante, Castiel arriva dès l'ouverture des heures des visites et ne partit que lorsqu'elles se terminèrent. Lorsqu'il passa devant la chambre de Dean, Castiel hésita pendant quelques secondes.
Seulement, il savait que s'il rentrait, il ne pourrait refreiner les larmes qui ne demandaient qu'à se déverser sur ses joues. Dean le verrait triste, le verrait s'effondrer. Déchu. Et Dean avait besoin de bonheur dans sa vie. De rire. De Sam, de Jessica, de Mary. De Jo, d'Ellen, de Bobby. Pas d'un Castiel désillusionné. Alors, il continua son chemin, le cœur lourd.
La semaine d'après, il n'hésita pas et se rendit directement dans la chambre d'Anna. Castiel se demanda quand est-ce qu'il arriverait à le faire sans avoir envie de vomir.
Et un mois s'écoula.
A présent, Castiel haïssait les murs de l'hôpital. Ils étaient fins. Beaucoup trop fins. Ils laissaient passer les rires. Ils lui faisaient entendre ce qu'il ne méritait pas. Il entendait son nom. Il entendait leur voix.
Castiel croisa de temps à autre Sam et Jessica. Ils s'échangèrent quelques mots rapidement. Castiel leur demanda s'il allait bien, s'il allait mieux. Il ne chercha pas à savoir s'il parlait de lui, s'il disait que Castiel lui manquait.
– Il continue, lui répondait souvent Sam. Il est sur la bonne voie.
Sam ne lui demanda jamais s'il voulait venir avec eux, s'il voulait le voir. Jessica lui lançait des regards tristes. Et Castiel, lui, il avait envie de lui dire qu'il lui manquait, qu'il voulait le voir, lui parler, le toucher. Etre là avec lui.
Mais il ne disait rien. Il se taisait. Il gardait tout cela pour lui, bien caché à côté de son cœur.
Quand Castiel croisa Jo, celle-ci ne se gêna pas pour lui demander quand est-ce qu'il allait enfin retourner le voir.
– Je ne sais pas, Jo. Je… Je ne sais pas. Bientôt.
Castiel savait qu'il allait bien devoir finir par le faire, un jour ou l'autre. Il allait devoir lui expliquer, lui dire pourquoi il se tenait éloigné de lui. Pourquoi sa présence n'était pas bonne pour lui.
– Mouais. Je ne sais pas pourquoi tout le monde persiste à dire que c'est mieux ainsi. Moi, je trouve ça naze. Enfin bref. Un jour il sera trop tard mais tu fais comme tu veux. On ne peut pas vraiment te forcer de toute façon.
Et Jo s'en alla sans un dernier regard, prête à rejoindre sa chambre. Castiel la regarda marcher devant lui, ses cheveux blonds se soulevant à chacun de ses pas. Oui, bientôt Castiel irait le voir.
Seulement, il n'était pas encore tout à fait prêt.
Il y eut quelque chose d'étrange la semaine suivante lorsque Castiel passa devant sa chambre. Avec le temps, il s'était habitué à ne plus la regarder mais il ne put s'empêcher de ressentir une drôle de sensation au moment où ses pieds longèrent la porte.
Elle était fermée. Pas entrouverte comme à son habitude mais fermée. Sa chambre n'était jamais close normalement. Sauf quand il avait été isolé pour son nouveau traitement.
Que s'était-il passé ? Allait-il bien ?
Cette question ne quitta pas Castiel de la journée. Il resta tout de même avec Anna, la regardant scruter l'écran de télévision sans un mot. Sa cousine allait mieux. C'était comme s'il n'y avait jamais eu de crise. Comme si tout cela ne s'était jamais passé. Comme si ces derniers mois n'avaient tout simplement pas existé.
Castiel ne put s'empêcher de regarder régulièrement sa montre et, quelques minutes avant la fin des heures de visite, il embrassa sa cousine sur la joue, enfila son manteau et sortit.
Puis, sans frapper à la porte, Castiel entra dans la chambre d'à côté.
Elle était vide. Complètement vide. Il n'y avait même plus de draps sur le lit, même pas de couette ou d'oreillers. Juste un matelas beige. Sur la commode, les cadres avaient disparu et la pile de livres avait été enlevée.
Il n'y avait plus rien. Plus rien du tout.
Castiel ne réfléchit pas une seconde de plus et se précipita à l'accueil avant que les secrétaires ne terminent leur journée. Il se rua dans le couloir, dévala les escaliers et traversa le hall en un instant.
– Dean, lâcha brusquement Castiel lorsqu'il arriva devant le comptoir. Dean Winchester.
Surprise, la secrétaire sursauta. Elle posa une main sur son cœur et ses yeux gris papillonnèrent légèrement. Elle dévisageait Castiel comme s'il venait d'une autre planète ou d'un autre plan astral. La jeune femme semblait chercher à reprendre son souffle.
– Dites-moi où est Dean Winchester.
Le visage de la secrétaire changea aussitôt. Elle se pinça les lèvres puis répondit sèchement :
– Bonjour à vous aussi. En quoi puis-je vous aider ?
– Je vous l'ai dit, je cherche Dean Winchester, il n'est plus dans sa chambre, je ne comprends pas, je…
– Etes-vous un membre de sa famille ? Je regrette de ne pouvoir communiquer ses informations personnelles si ce n'est pas le cas.
– Je suis juste… Un ami.
– Je ne peux donc pas vous aider.
Non, ce n'était pas possible. Castiel devait savoir si Dean allait bien. La panique parcourut tout le corps de Castiel, ne pouvant s'empêcher de trembler.
– Désolée, ajouta-t-elle, sans vraiment se donner la peine de faire semblant de l'être.
– Mais…
Castiel se passa une main sur le visage et déglutit douloureusement.
– Est-ce que je peux au moins savoir s'il va bien ? Ne me dites pas forcément où il a été emmené, je veux juste m'assurer que, qu'il…
La secrétaire – Julie d'après le badge qu'elle portait – soupira et annonça :
– Je suppose que je peux au moins faire ça. Attendez.
– Merci, répondit aussitôt Castiel. Merci.
La jeune femme haussa les épaules avant de se lever et se diriger vers les classeurs gris qui se tenaient derrière son bureau.
– Dean Winchester, c'est bien ça ?
– Oui.
Les doigts de Castiel jouèrent machinalement entre eux, moites et anxieux. Un raclement métallique résonna dans le hall quand la secrétaire ouvrir le tiroir portant la lettre « W ». Castiel avala sa salive et attendit. Les mains de Julie fouillèrent dans les dossiers, les écumant un à un jusqu'à ce qu'elle ne sorte une chemise épaisse. Verte. Evidemment. Les yeux de la secrétaire parcoururent le dossier.
– Oh, murmura-t-elle.
Puis, elle releva la tête, un air différent sur le visage. Castiel eut l'impression que son cœur allait s'arrêter de battre.
– Vous êtes Castiel ? demanda-t-elle.
– Euh, répondit Castiel avant de se racler la gorge. Oui, c'est moi.
– C'est vous, répéta-t-elle. Je me demandais si vous alliez venir. Attendez-moi quelques secondes ici.
Puis, sans une explication de plus, la jeune femme se rendit dans la réserve. Castiel fronça les sourcils. Que se passait-il ?
Quelques secondes plus tard, Julie se tenait de nouveau devant lui. Une orchidée et une lettre dans les mains.
– Monsieur Winchester nous a laissé ça la semaine dernière, avant de partir. Il a quitté l'établissement. Il nous a demandé si c'était possible de vous donner cette fleur et ce mot. J'ai essayé d'en prendre soin mais je n'ai pas vraiment la main verte. J'ai fait ce que j'ai pu. Vous vous en occuperez sans doute mieux que moi.
Castiel l'observa sans un mot et saisit la fleur que lui tendit la jeune femme.
L'orchidée était bleue.
Portées par trois tiges longues et droites, ses sépales arboraient différentes nuances, allant du cyan au cobalt. Des touches de gris mouchetaient les pétales, parsemant leurs lames. Soudées à la colonne de la fleur, les pistils fléchissaient majestueusement.
C'était la plus belle fleur que Castiel ait jamais vue de sa vie.
Lorsque l'infirmière lui donna la lettre que lui avait écrite Dean, Castiel renifla grossièrement.
– Merci, réussit-il à articuler. Merci beaucoup. »
Julie lui adressa un sourire avant de se concentrer sur l'écran de son ordinateur.
Des mouvements mécaniques, instinctifs, guidèrent Castiel en dehors de l'hôpital. Dean était parti. Dean allait bien. Tout allait bien.
Sans vraiment trop savoir comment il avait pu marcher la tête droite, orchidée dans une main, lettre dans l'autre, Castiel se décida finalement à ouvrir l'enveloppe.
Hey, Cas.
Je t'avoue que je ne sais pas vraiment par où commencer. En plus, j'ai eu la bonne idée de ne pas préciser que je voulais plusieurs feuilles pour pouvoir t'écrire cette lettre. Je n'ai que ce malheureux bout de papier. Cet unique essai.
Et même si je ne sais pas trop comment commencer cette lettre, si je ne suis même pas sûr que tu sauras qu'elle existe ou que tu auras envie de la lire… J'crois que j'ai pas intérêt à me foirer, hein ?
Alors autant entrer directement dans le vif du sujet. Cas. Merci. Merci pour tout.
Je ne sais pas si tu réalises l'importance que tu as eue au cours de ces derniers mois. Sans toi, je ne serais sans doute même pas capable de réfléchir convenablement, d'écrire cette lettre et de tout simplement sortir d'ici.
Toi, tu es venu me voir dans cette chambre alors que tu ne me connaissais pas. Tu m'as offert des fleurs. Des putains de fleurs. On ne m'a jamais offert de fleurs dans ma vie et je ne pensais pas être le type de mec à même vouloir en recevoir. Et pourtant. Je les ai remarquées et je les ai aimées.
Puis, tu es entré et tu m'as parlé. De tes abeilles. De ton boulot. De tes histoires d'enfances avec Gabriel et Anna. De ton envie de retrouver ton père. De ton quotidien, de tes habitudes. De ces voisins que tu ne connaissais pas assez. De cette maison trop froide à ton goût. Tu m'as parlé de religion, d'histoires d'anges et de création.
Et ça fait quoi ? Un an maintenant que je suis là ? Tout ce que je sais, c'est que depuis que tu es arrivé dans ma vie, tout s'est accéléré. Tu m'as réappris à aimer la vie, à reprendre le goût des couleurs, des burgers, du bonheur. Tu m'as donné envie de rire et de rire et de rire.
Sans toi, je pense que je serais encore dans cette foutue chambre d'hôpital à continuer de faire souffrir ceux que j'aime. Sans toi, je
Je ne sais plus vraiment où je voulais en venir. Bon sang, cette lettre est minable. C'est juste que, tu comprends, j'ai tellement de choses à te dire et à t'expliquer et à te faire comprendre et mes pensées n'arrivent pas à être cohérentes, à structurer tout ça, à trouver les bons mots. C'est juste trop difficile.
Désolé Cas, tu mérites mieux que ça. Tu mérites une belle écriture, de belles figures de style ou je ne sais quoi encore. Désolé.
Sache juste que tu as posé ta main sur moi et tu m'as sorti de cet enfer que j'avais construit. Tu m'as sauvé.
Alors merci, Cas. Merci pour tout.
Dean.
Après avoir lu et relu les mots que Dean lui avait écrits, Castiel releva la tête. Devant-lui, le soleil s'endormait et sombrait peu à peu dans l'horizon. Quelques nuages constellaient çà et là le ciel, s'effritant et s'effondrant dans de longues traînées blanches et grises.
Et ce n'est que lorsque le sol heurta douloureusement ses genoux que Castiel réalisa que ce n'était pas le monde tout autour de lui qui s'écroulait. Il allait continuer de tourner, tout irait bien, Dean irait bien puisque Dean était parti. C'était juste lui, tout simplement lui.
C'était Castiel qui venait de tomber.
À suivre
Notes de l'auteur : J'espère que vous ne me détestez pas trop et que vous avez apprécié ce chapitre. Il n'a pas été le plus facile à écrire, je l'accorde. Mais je l'aime bien quand même, à sa manière. Merci pour votre lecture et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
A très vite,
Ellen.
