The Originals

Chapitre 9 : Save My Soul (« Sauvez mon âme »)

Auteur : Lovy-San

Genre : Yaoi, OOC, UA, Lemon&Lime, Drame, Romance et Humour

Disclaimer : Je bataille actuellement avec mon avocat. Inventer des personnages inexistants en leur donnant le nom de personnages d'une histoire, c'est du plagiat ? Au cas où, on va dire qu'ils appartiennent à J.K.R :)

Mot de l'auteur : Bonyour à tous ! La suite de la fiction en enfin disponible, en continuation avec le chapitre précédent. Beaucoup d'avancée dans ce chapitre, sur tous les points de vue ; il fait un peu plus de 9400 mots. Les explications sont à la fin, comme d'habitude. J'espère que vous passez de bonnes vacances ! Enjoy !


Marcus faisait les cent pas dans la cave. Ses mains ensanglantées avaient ruiné sa chemise et sa chaussure gauche laissait une empreinte écarlate à chaque pas qu'il faisait. A deux mètres de lui, la vampire qu'il avait transformé était attachée au mur, les bras écartés. Sa tête était abaissé sur sa poitrine alors qu'elle dormait. A ses pieds s'étendait une marre de sang gouttant de son ventre. La fourche qu'avait utilisé Marcus était posée contre le mur. L'extrémité en métal était écarlate.

L'hybride avait passé sa soirée à purger la jeune femme dans la pièce sombre, uniquement éclairée par des bougies qui faisaient danser son ombre sur les murs de pierres brutes. La résistance de la jeune femme à son hypnose devait provenir de la verveine que Theodore lui avait fait ingurgiter et pour obtenir des réponses, Marcus avait dû purifier son sang. Au bout d'une heure, après l'avoir nourrie avec une pochette de sang pur qu'il avait volé à hôpital, elle avait commencé à parler. Theodore lui avait retiré ses souvenirs, alors elle n'avait pas pu l'aider par rapport au lien. En revanche, elle lui avait fait part d'un détail qui l'avait troublé. Elle avait dit avoir entendu Blaise parler et rire seul dans la cave, après que Marcus l'y ai envoyé. Ce dernier savait que Blaise lui avait dit qu'il allait enfermer Theodore dans la salle qu'ils utilisaient pour lui en général et, quand il l'avait croisé en allant lui-même rejoindre la jeune vampire, il avait remarqué qu'il avait saigné du nez. Même si ce n'était qu'une petite tâche de sang, Blaise prenait toujours le temps de se nettoyer en général. C'était une attitude qu'il avait adopté depuis qu'il côtoyait "Draco le Maniaque", comme l'appelait Marcus depuis qu'ils étaient enfants.

Alors soit quelque chose n'allait pas avec Blaise, soit la vampire mentait. Elle disait avoir été hors de son champ de vision mais Marcus ne pouvait pas exclure le fait que la magie de Theodore pouvait continuer de la manipuler. Il décida donc de la laisser à la cave et de remonter à l'étage. En admettant que la vampire dise la vérité, Blaise pouvait être manipulé lui aussi. La fratrie avait plusieurs fois pu constater que Theodore, ou tout du moins la voyageuse qui le possédait, n'était pas un danger à prendre à la légère.

Il hocha la tête en croisant Blaise et traversa le couloir ouvert. Il entra sans frapper dans la chambre d'Oliver qui lisait un livre, assit dans le fauteuil. La lumière était allumée et la nuit tombait derrière la fenêtre ouverte pour faire rentrer la fraicheur. Le châtain ouvrit la bouche quand Marcus ferma la porte derrière lui mais le regard noir de l'hybride le réduisit immédiatement au silence. Oliver avait beau être encore énervé contre lui, il craignait trop l'autre pour le mettre colère, surtout quand il avait son regard "si-tu-ouvres-la-bouche-je-t'arrache-la-langue".

L'hybride lui fit signe de se taire et s'approcha de lui. Oliver le repoussa quand le brun se pencha sur lui, mais Marcus lui bloqua les poignets comme s'il n'était qu'un enfant fragile et approcha son visage de l'humain. Oliver sentit un frisson le parcourir quand les lèvres de Marcus remuèrent contre son oreille.

- Premièrement, tu écoutes attentivement ce que je vais te dire et deuxièmement, tu ne parles que quand je te le dis. Pour les questions fermées, tu réponds oui en hochant la tête, non en la secouant. Compris ?

Oliver hocha la tête et la pression sur ses poignets se détendit. Son coeur commençait à battre fortement dans sa poitrine. L'attitude de l'autre ne laissait présager rien de bon. Au début il crut que l'autre allait profiter de son silence pour le menacer, mais il ne voyait aucune raison à cela. S'il chuchotait alors qu'ils étaient dans la chambre, c'était sûrement pour ne pas que les autres les entendent avec leur ouïe fine. Le châtain ne pensait pas que Marcus viendrait le voir pour lui raconter un petit secret comme s'ils étaient amis depuis toujours, alors ça devait être vraiment important. Marcus resta immobile et Oliver se sentit rougir de gène alors que leurs joues se touchaient presque, mais il écouta attentivement.

- Je vais te poser des questions, réponds le plus brièvement possible murmura Marcus. Tu sais que ton ami est possédé. Est-ce que tu as remarqué des changements importants dans son comportement ?

Oliver réfléchit un moment. Theodore n'avait pas changé physiquement mais il était vrai qu'il n'avait plus son attitude discrète et effacée naturelle. Il hocha la tête contre la joue de Marcus, son regard s'obstinant à regarder droit devant lui. Il constata que le brun portait un collier autour du coup qui disparaissait dans son tee-shirt noir à manches courtes, laissant de petites bosses dont la forme lui rappelait vaguement quelque chose. Il portait un collier de perles ? Non, ce n'était pas son genre...

- Comme quoi ? demanda Marcus.

- Il sourit en montrant ses dents et tient toujours son menton droit, murmura Oliver, ses yeux cherchant quelle sorte de collier il pouvait bien porter.

- Autre chose ?

- Je crois qu'il a un œil plus plissé que l'autre aussi. Le gauche, je crois.

La forme rappelait un chapelet. Une minute, Marcus portait un chapelet ?

- Très bien. Maintenant regarde-moi dans les yeux.

- Tu vas m'hypnotiser ?

- Fermes-là et obéis, sinon je te casse un bras.

- Tu n'oserais pas.

- Ne me tentes pas, siffla Marcus contre son oreille.

Il se recula à peine, le visage face à celui d'Oliver. Ses mains se posèrent sur les accoudoirs, gardant le jeune humain piégé dans le fauteuil. Les iris couleur caramel se levèrent à la rencontre des siens et les pupilles de Marcus se dilatèrent alors qu'il parlait toujours à voix basse.

- Dans le cimetière, après que Theodore ait été assommé, tu t'es disputé avec Blaise. Tu tiens à Theodore et tu le défends encore. Tu es toujours en colère contre Blaise qui est en ce moment dans le salon. Tu vas prendre tous mes journaux qui y sont et tu vas voir Pansy avec, pour continuer tes recherches loin de lui. Quand tu sera dans la chambre d'Adrian, tu fermera la porte derrière toi et tu lui dira "Lyden av stillhet ". Après, tends ta main à Pansy et fais ce qu'elle te dira. Si l'hypnose ne tiens pas jusqu'au bout, souviens-toi de ce que tu dois faire et agis le plus naturellement possible. Tu n'as pas le droit à l'erreur. Là, tu vas quitter la pièce car on vient de se disputer. Tu seras furieux et tu vas claquer la porte et faire tout ce que je t'ai dit précédemment.

Marcus s'écarta, le temps qu'Oliver retrouve ses esprits. Après avoir battu des cils plusieurs fois, le jeune homme se redressa et Marcus quitta la chambre en lui lançant que de toute façon, il n'était qu'un crétin trop stupide pour prendre soin de lui-même. Il mit ses mains dans ses poches et se dirigea naturellement vers le petit salon. La réaction d'Oliver ne se fit pas attendre, puisque la porte de sa chambre claqua derrière lui et Oliver le dépassa en le bousculant. Marcus le regarda pousser le double-battant avec rage et passer devant Blaise sans le regarder. Quand il arriva dans le salon, l'hybride se dirigea comme toujours vers le mini-bar où il alla se servir un bourbon pendant qu'Oliver empilait les gros ouvrages bruyamment. Le Noir le regarda faire et fronça les sourcils en regardant Marcus avec un regard interrogateur. Marcus se contenta de hausser les épaules en buvant son verre, appréciant le goût fort qui coulait dans sa gorge.

- Il doit avoir ses règles, répondit-il à Blaise en arborant le sourire narquois habituel quand il se moquait d'Oliver.

- Allez vous faire foutre, siffla Oliver en quittant la pièce, les bras chargés.

Marcus ricana mais en réalité, il ne ratait aucun des mouvements de Blaise.


Oliver marcha mécaniquement vers la salle où Pansy veillait toujours Adrian. Il frappa à la porte et entra suite à l'invitation de la brune. La pièce était similaire à sa chambre, dans des tons argentés et vert émeraude. Les rideaux étaient tirés et une ancienne lampe de chevet éclairait la pièce. Il reconnu Adrian allongé sur le lit, les yeux fiévreux, un bandage autour du cou. Pansy lisait un livre, assise dans un fauteuil à côté du lit. Il se dirigea immédiatement vers elle et prononça la phrase que lui avait dicté Marcus, même s'il ne la comprenait pas.

- Lyden av stillhet , prononça-t-il sans hésiter.

Pansy releva immédiatement la tête vers lui et se redressa en fermant son livre, les sourcils froncés.

- Qu'as-tu dis ? demanda-t-elle.

Oliver répéta mécaniquement la phrase et Pansy compris qu'il avait été hypnotisé par Marcus. C'était leur langue maternelle, l'ancien norvégiens, celle qu'ils n'utilisaient que quand ils parlaient entre eux et ne voulaient pas être compris des autres. La traduction signifiait "le son du silence" et c'était un code qu'ils avaient entre eux pour indiquer qu'un membre de la famille était possédé ou manipulé. Ils l'avaient mis au point quand Terence avait essayé de tous les lier.

Pansy prit son téléphone et envoya un message à Draco qui n'était pas rentré avant de faire asseoir Oliver dans le fauteuil qu'elle occupait avant. Le jeune homme porta la main à sa tête alors que ses yeux se brouillaient. L'hypnose de Marcus semblait déjà se volatiliser mais il se souvenait encore de presque tout ce qu'il lui avait dit. Il devait aussi faire quelque chose... mais quoi ?

Oliver battit des cils plusieurs fois et saisit le bras de Pansy.

- Marcus m'a dit... de te tendre la main. Ça sert à quoi ?

- A ce que je rentre dans ta tête. Nous avons la possibilité de partager des souvenirs entre nous, expliqua-t-elle brièvement. Marcus t'a demandé ça pour que je sache ce qu'il t'a dit en le voyant directement. Tu me donnes la permission de le faire ?

Oliver haussa les épaules. De toutes façons, il ne pensait pas avoir le choix. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait, il savait juste que l'hypnose de Marcus sur lui s'estompait petit à petit mais qu'il avait intérêt à remplir sa mission jusqu'au bout, sinon ça allait barder pour ses fesses. Il avait parfaitement compris l'urgence de la situation depuis que Marcus était venu le voir., même s'il ne comprenait pas vraiment de quoi il s'agissait. Il savait juste qu'il devait se méfier de Blaise, sans en connaitre la raison.

Pansy lui saisit le poignet et ferma les yeux. Il sentit une étrange sensation le parcourir. Il s'attendait à revivre la conversation qu'il avait eut plus tôt mais il ne se passa rien d'extraordinaire. Pas de flash-backs, rien que Pansy les yeux fermés face à lui et un picotement partant du poignet droit où elle le tenait jusqu'à sa tête. L'étrange sensation disparut quand Pansy rouvrit les yeux et prit une grande inspiration. Elle le remercia et se dirigea vers la porte.

- Je vais voir Marcus, veilles sur Adrian, lui demanda-t-elle. S'il hallucine trop et qu'il essaye de te faire du mal, il y a un pieu en bois dans le tiroir de la table de chevet, n'hésite pas à le frapper avec, ça ne lui fera rien de grave, ça le calmera juste. Fais-le aussi s'il essaye de t'attraper la main, parce que tu peux te retrouver plongé dans sa tête.

Puis elle quitta la pièce.

Oliver regarda Adrian qui était toujours convalescent. Son expérience lui avait appris à se méfier de tous les trucs surnaturels et potentiellement dangereux pour lui, alors il prit le pieu et recula vers le fauteuil où il se rassit après, l'arme sur les genoux. Pour passer le temps, il ouvrit un des journaux de Marcus qu'il avait posé par terre, à côté du lit.


Marcus avait parlé brièvement avec Blaise. Rien de ce que lui avait dit Oliver ne se voyait sur le Noir. Pas de sourire révélant sa dentition, pas d'œil gauche plissé. En revanche, Marcus avait noté qu'il ne lui avait pas encore fait de remarques sur sa consommation de bourbon, alors qu'en général, Blaise ne manquait jamais une occasion pour le traiter poliment d'alcoolique. Finalement ils s'étaient assis sur le divan. Marcus gardait une attitude décontractée, notant que le Noir ne parlait pas de sujets qu'eux seuls connaissaient. Les pas de Pansy se firent alors entendre et quand elle pénétra dans la pièce, elle leur jeta un regard noir à tous les deux, les poings sur les hanches. Marcus avait toujours trouvé qu'elle était une merveilleuse actrice.

- Je peux savoir ce que vous avez encore fait ?

Marcus rejeta la tête en arrière vers elle et lui sourit. Elle saisit un livre qu'il reconnu comme étant le gros dictionnaire qu'il lui avait jeté dessus. En passant à côté de lui, elle lui flanqua un bon coup sur le crâne et le brun grimaça avant de lui offrir un sourire insolent. Pansy avait toujours su se venger dans n'importes quelles circonstances.

- Ils se sont disputés dans le cimetière avant d'amener l'autre con de sorcier dans la cave, lança Marcus, cherchant un changement sur le visage du Noir.

Malgré l'insulte délibérée, le Noir n'eut pas de réaction et haussa simplement les épaules. Pour Marcus comme pour Pansy, ce n'était pas une preuve suffisante. Certes, la dispute n'avait jamais existé mais Pansy savait que Marcus avait une idée de comment savoir si Blaise était bien lui-même. Restait à savoir comment il allait s'y prendre.

- Vous êtes vraiment cons, lança-t-elle avec une mine dépitée.

- Si seulement c'était la première fois que tu le disais, ricana Marcus en se levant. Bon, je vous laisse, j'ai encore une jeune vampire à torturer.

Il leur adressa un sourire moqueur et quitta la salle, l'esprit en ébullition. Il descendit les escaliers de manière décontractée et se dirigea vers la cave, changeant tout de même sa trajectoire pour la salle maudite. Il trouva la clé suspendue à un crochet à côté de la porte qu'il ouvrit discrètement, surveillant ses arrières. Il referma après son passage et regarda le corps de Theodore assit face à lui, adossé au mur. Il était enfermé depuis assez de temps pour être inoffensif alors il s'approcha directement. Son ouïe capta des bruits de pas dans le couloir derrière alors il décida d'utiliser sa carte maitresse.

Il s'agenouilla face au sorcier affaiblit qui le regardait. Marcus le vit ouvrir la bouche mais il lui saisit la main et lui fit une pichenette dans la paume. Il vit les yeux s'écarquiller et la bouche se refermer. C'était leur code secret quand ils étaient petits. Quand Marcus et Blaise se cachaient pour manger les pâtisseries que le brun avait volé à sa mère, il lui faisait toujours une pichenette dans la paume de la main pour lui intimer le silence.

- Te voilà bien affaiblit, sorcier, lança-t-il normalement, sachant que la personne derrière lui entendait tout. Écoutes-moi bien, ici c'est moi qui mène le jeu. Je veux une réponse. Le sort que tu as utilisé pour me lier, figure-t-il dans le livre intitulé Navnet på min biologiske far ?

Il vit le visage pâle face à lui se redresser. Il avait délibérément inventé le titre pour glisser une question à laquelle seule Blaise pouvait répondre : le nom du père biologique de Marcus, en norvégien ancien.

- J'attends ta réponse, sorcier, siffla-t-il tout en regardant les yeux sombres de son vis-à-vis.

Il vit la main droite du corps face à lui remuer faiblement. Lentement, son majeur écrivit dans la poussière. Marcus ne baissa pas la tête mais, juste le regard pour lire la réponse.

Aaron Davin Flint

Il hocha la tête et se redressa. Theodore avait inversé leur corps. Le salopard.

Un éclat de colère faillit déformer ses traits mais il prit sur lui pour rester impassible.

- Soit, tu choisis de ne pas répondre. Mais qu'importe le temps que tu passeras ici, je te ferais parler par mes propres moyens.

Après un clin d'œil il effaça la réponse du bout du pied et quitta la pièce pour tomber nez-à-nez sur le corps de Blaise. Il ferma la porte mais ne reposa pas la clé, préférant la garder dans sa poche.

- A-t-il parlé ? demanda le Noir.

- La pièce l'a presque totalement vidé de sa force vitale, je crois qu'il était à peine conscient, répondit Marcus. Je lui amènerai à manger demain et je le ferais parler.

- Je peux m'en charger si tu veux.

- Parfait. Je vais voir l'autre, on verra ce qu'elle me dira.

Marcus se dirigea vers la pièce où était détenue la vampire. Quand il arriva, elle était réveillée et regardait autour d'elle. Marcus sortit son téléphone pour envoyer un message à Pansy et à Draco. Il était temps de passer aux choses sérieuses.


Oliver s'était tout simplement endormi quand Adrian parla dans son sommeil, le réveillant en sursaut. Il avait prévu d'aller se coucher avant que Marcus ne rentre dans sa chambre et le coince dans le fauteuil. Il rougit de honte autant à cause du souvenir que parce qu'il s'était laissé aller. Il détestait se sentir faible et l'autre connard prenait un malin plaisir à lui rappeler sa condition d'humain et combien il n'était rien par rapport à lui. Il le détestait. Il le haïssait, lui et tout ce qu'il représentait, mais il lui faisait au moins confiance pour le maintenir en vie. Souvent, Oliver se demandait comment il reprendrait sa vie d'avant, quand le lien serait rompu. Enfin, s'il parvenait à l'être un jour. Au rythme auxquelles allaient les choses, il finirait vieux et célibataire jusqu'à sa mort, s'il pouvait mourir. Il ne connaissait rien à la relation du lien qui s'approfondissait entre lui et l'hybride. S'il l'un était blessé, l'autre l'était aussi, ça ils l'avaient vite compris. Mais le reste ? Des fois, Oliver n'avait pas besoin de voir Marcus pour savoir qu'il était d'humeur noire. Il ressentait une rage irraisonnée dans sa poitrine et n'arrivait pas à la calmer. Il avait vite compris que ses émotions lui étaient transmises aussi. Oliver ferma le livre et s'étira.

Adrian remua encore et ouvrit les yeux vivement en haletant. Oliver se leva et recula après avoir saisit le pieu en bois. Il n'était pas sûr d'être capable de se défendre face au vampire, mais il préférait autant ne pas mourir stupidement. Adrian gémit en portant une main à son cou, ses doigts parcourant le bandage. Sa coiffure rappelait celle de Theodore mais il était châtain et ses traits étaient semblables à Marcus, mais en moins prononcé et sa mâchoire était plus délicate. Ses yeux fiévreux se posèrent sur Oliver qu'il dévisagea un moment avant de se laisser retomber contre le matelas.

- T'es l'humain de Marcus, c'est ça ? murmura-t-il d'une voix cassée.

Oliver ne répondit pas. Ce type avait essayé de le tuer, alors il restait méfiant. Sa prise se resserra sur le pieu.

- T'es pas très bavard...

La porte s'ouvrit et Pansy entra en tenant une poche d'hôpital écarlate. Elle sourit à Oliver et lança la poche à Adrian qui l'attrapa maladroitement et la regarda comme s'il tenait un objet dernier cri dans les mains.

- C'est une pochette de sang, expliqua Pansy en prenant place dans le fauteuil. Bienvenue au 21ème siècle, petit frère.

- Vous avez asservi les humains ? demanda Adrian en regardant la poche avec fascination.

- Non, rit Pansy. Ils proviennent de dons de sang que les humains font à l'hôpital. Marcus en a volé un stock provisoire.

Oliver se sentit mal à l'aise quand Adrian ouvrit la poche pour en boire le contenu. S'il avait su, il n'aurait pas donné son sang le mois d'avant... Peut-être même que c'était sa poche que l'autre était en train d'engloutir. Il sentit la nausée l'envahir.

Pansy se tourna finalement vers lui et lui dit qu'il pouvait s'approcher. Oliver secoua la tête, disant qu'il allait faire un tour. Il déposa le pieu sur la table de chevet avant de se diriger vers la porte. Avant qu'il ne sorte, la brune lui lança que Draco et Marcus l'attendaient dans la cour. Il la remercia et ferma la porte derrière lui, se demandant à quoi allait servir sa présence à une heure aussi avancée.

Quand il sortit dans le couloir ouvert, les deux frères étaient pongés dans leur conversation. Oliver remarqua que les chaussures du blond normalement implacables étaient tachées de boue. Draco leva la tête vers lui et lui sourit. Oliver rejoignit les deux vampires en bas. Marcus disait que Blaise était sorti pour soi-disant chercher des informations. Il en profita pour leur faire part de sa découverte, puis Draco parla de sa rencontre avec Harry et le voyageur Ronald.

- Mystic Falls, ça te dit quelque chose ? lança Draco à Marcus qui soupira.

- Oui, notre ville précédente...

- Et Cormac MacLaggen ?

Marcus réfléchit un moment puis il haussa les épaules en répondant que c'était le voyageur qu'il avait massacré. Oliver se retint de soupirer. C'était tellement évident après tout... Le jeune humain était sûr qu'à ce rythme il faudrait compter dans la ville ceux que Marcus n'avaient pas tués.

- Il s'agit du premier voyageur qui a disparu de leur caravane, expliqua Draco. Les autres ont suivit après.

- Tu crois qu'il y a un lien ? Parce que c'est le seul que j'ai massacré.

- J'ai fait des recherches sur sa fiancée, tu sais, la voyageuse qui a juré de te tuer ?

- Elle a aussi promis de m'émasculer avant, mais continues.

Draco leva brièvement les yeux au ciel avant de poursuivre.

- Elle s'appelle Lavande Brown et elle était très appréciée des voyageurs. Ceux que j'ai interrogé à l'aide de Ronald ne savent pas où elle est. Elle a disparu directement après la mort de Cormac. Son clan m'a aussi dit qu'elle était très douée pour le spiritisme et la possession.

- Et tu crois que c'est cette salope qui a volé le corps du sorcier, puis de Blaise ?

- Ce n'est qu'une supposition, mais oui, acquiesça Draco.

Oliver demanda d'où venait la querelle initiale et Draco haussa les épaules, répondant qu'un jour, Cormac et sa fiancée avaient essayé de tuer Marcus. L'hybride s'était défendu et avait massacré le jeune homme, mais ils ne connaissaient pas le but précis de leur attaque. Finalement, Draco se tourna vers Oliver.

- Prends des affaires pour une semaine, Harry et Cedric t'attendent, déclara le blond.

Dès qu'il avait été au courant du plan de Marcus, il avait fait demi-tour dans le bayou où il s'était entretenu avec Harry. Le jeune Alpha ne s'était pas opposé à l'idée de garder le jeune homme parmi sa meute. Ils vivaient dans un coin perdu du bayou, et l'odeur de la meute suffirait à cacher celle d'Oliver. De plus, le jeune homme avait été bien accueilli la première fois.

- Quoi ?

- Blaise est possédé, rappela Marcus en croisant les bras sur son torse. Même si la voyageuse ne peut pas utiliser la magie, sous forme de vampire tu n'as aucune chance de survivre. Il nous suffit d'un moment d'inattention et on crève tous les deux.

Draco continua :

- Harry est d'accord pour te garder en protection dans le bayou. Nous ferons croire que tu t'es encore enfuis.

- Comment vous allez faire ça ?

Marcus lui expliqua qu'ils avaient un chemin bien précis pour lui. Il allait être suivi à distance pendant un certain temps par Draco, afin que leurs odeurs ne se chevauchent pas, et laissent ainsi croire à une fugue, tout en permettant au blond d'agir rapidement en cas de besoin. Après, il suffirait à Oliver de monter dans une voiture en direction du bayou où il resterait jusqu'à ce qu'ils aient une solution pour que Blaise retourne dans son corps d'origine. Oliver répondit que c'était un peu tordu mais Draco le pressa, alors il ne se fit pas prier et s'exécuta en silence, montant les marches quatre-à-quatre.

Draco resta avec Marcus.

- Comment on fait pour Adrian ? demanda l'ainé.

- Adrian a été libéré par Barty Croupton, mais on ne sait pas s'il y a un lien entre Barty et la voyageuse. Elle ne sait pas qu'Adrian est ici, alors il faudra le cacher lui aussi.

- Tu penses à lui remettre la dague dans le coeur ?

- Non, répondit Marcus en commençant à faire les cent pas. Tu as vu la crise qu'il a fait, il n'a pas aimé la dernière fois. Je pense que lui montrer que nous lui faisons confiance nous permettra d'avoir un allié de plus sur le terrain. S'il peut faire double-jeu avec Barty Croupton, on pourra avoir un temps d'avance sur ce salopard.

Draco hocha la tête. Utiliser Adrian pouvait leur permettre de cerner leur nouvel ennemi. Tant qu'ils avaient l'esprit de la voyageuse avec eux et Oliver en sécurité, ils pouvaient ainsi jouer sur les deux tableaux et avoir plus de marge de manœuvre.

- Et pour Pansy ? demanda Draco.

- Pansy et Adrian ne doivent rien savoir par rapport à Oliver, comme ça leur surprise ne sera pas feinte. Moins nous serons à le savoir, et plus il sera en sécurité.

- Il se peut que la voyageuse essaye de localiser Oliver, souligna le blond en mettant les mains dans les poches de son costume noir.

- Elle s'est bloquée elle-même en allant dans un corps de vampire. Il lui faudra de l'aide extérieure, et tu sais que j'ai toujours été le meilleur quand il s'agit de mettre des bâtons dans les roues des gens.

- Bien, c'est parfait alors. Je vais repérer le trajet une dernière fois, lança Draco avant de disparaitre en un coup de vent.

Marcus remonta aussi vite et fila directement vers le grenier. Le pieu en chêne blanc était en sécurité car il l'avait caché lui-même mais les cercueils devaient être déplacés, ainsi que les malles contenant leurs journaux. Marcus préférait ne même pas envisager le désastre s'ils venaient à tomber entre de mauvaises mains. La folie d'Adrian leur avait suffit à tous.


Blaise avait l'impression de flotter. Il se sentait à peine conscient quand Marcus était venu le voir mais il semblait que rien que le fait de bouger la main l'avait vidé du peu de forces qu'il lui restait. Il se sentait si lourd qu'il se demandait comment Marcus avait pu tenir une semaine à se débattre sous sa forme de loup.

Le peu de force qu'il lui restait lui servait à résister à l'attirance de Theodore. Il pouvait le sentir, essayant de le faire basculer dans l'inconscience pour reprendre le contrôle de son propre corps. Il ne pouvait pas lui en vouloir, après tout, lui aussi n'aurait pas aimé avoir deux esprits étrangers s'emparer de son être à la suite. Mais il devait résister. Pourtant, l'attirance se fit de plus en plus en plus forte et ses paupières commençaient à se fermer d'elle-mêmes. Une douleur sourde commença à naitre dans sa tête et il sentit une goutte de sang quitter son nez, suivie d'une autre et encore une autre. Après avoir lutté une fois de plus, sa tête parti en arrière et il sentit ses yeux se révulser alors que ses paupières se fermaient pour de bon, le plongeant dans le noir.

Quand il rouvrit les yeux en sursaut, le décor autour de lui avait changé. Il était dans une forêt sombre dont la luminosité provenait de la lune se reflétant sur des nappes de brouillards au ras du sol. Il était adossé contre un grand arbre, dans la même position que dans la cave. Sa force semblait être revenue alors il se redressa et le brouillard autour de lui se fit plus épais et menaçant.

Il savait où il était. C'était la représentation mentale que l'esprit de Theodore s'était forgé. Dans cet espace, il était le maitre et vu le décor qu'il avait choisit, Blaise savait qu'il n'était pas le bienvenu. S'il l'avait amené ici, c'était certainement pour le tuer et reprendre le contrôle de son corps. Même si une confrontation n'avait pas de répercutions physiques sur les organismes d'origines, les esprits pouvaient être détruits. Et un esprit mort alors qu'il n'était pas dans son corps d'origine était condamné à errer dans le monde matériel sans pouvoir accéder à l'au-delà.

Face à lui, les nappes de brouillard s'écartèrent lentement devant un loup noir qui s'avançait vers lui. Ses yeux rouges étaient rivés sur lui et un grondement sourd s'échappait de sa gorge. Blaise pouvait voir ses crocs aiguisés quand l'animal s'arrêta à deux mètres de lui. Un frisson le traversa mais il resta droit, sachant que Theodore cherchait à l'intimider. A la place, il s'accroupit lentement, gardant les yeux rivés sur ceux du loup.

- C'est la forme que tu as choisi pour te défendre ? demanda Blaise d'une voix calme et maitrisée.

Le loup face à lui poussa un grognement mauvais en se mettant en position d'attaque.

- Je n'ai aucune intention de te combattre, Theodore Nott.

Il changea de position pour se mettre à genoux, à la hauteur de l'animal tout en gardant le contact visuel.

- Et je n'ai pas pour but de voler ton corps. Je compte retourner dans le mien. Si tu me tues, je ne pourrais plus protéger Oliver, ajouta-t-il.

La mention du nom de son meilleur ami fit hésiter l'animal qui recula d'un pas en gardant quand même ses crocs à découvert. Blaise resta immobile alors que Theodore le toisait de ses yeux perçants.

- Tu es l'ami d'Oliver, alors je n'ai aucune raison de te faire du mal. Ma parole ne représente peut-être rien pour toi, mais je jure de ne pas tenter de te blesser ou de te tuer. Mon but premier est de rompre le lien entre Oliver et Marcus pour qu'il puisse reprendre une vie normale. Je sais que tu peux comprendre ça.

Le loup grogna de nouveau et s'approcha lentement jusqu'à ce que son museau touche presque le menton de Blaise. Les yeux rouges virèrent au jaune et scrutèrent les siens à la recherche d'un mensonge ou d'une supercherie. Au bout d'un long moment à se fixer l'un l'autre, le loup releva son museau et souffla au visage de Blaise. Le décor autour de Blaise se mit à tournoyer vivement et il fut désorienté. Il se releva et se tourna pour s'adosser à l'arbre mais celui-ci avait disparu, comme le loup derrière lui.

L'espace autour de lui continua de tourbillonner avant de prendre forme. Petit à petit, un nouveau décor remplaça la forêt menaçante et il se retrouva dans un entrepôt. De hautes étagères formaient une longue allée au bout de laquelle se dressait un bénitier de pierre. Il se tourna et resta immobile. A la place du loup, une jeune homme se tenait droit devant lui, les bras le long du corps mince et élancé. Son visage droit arborait des yeux noirs, une bouche fine qui ne souriait pas et des cheveux noirs dans un style coiffé-décoiffé.

Theodore continua de le regarder pendant un moment avant de prendre la parole.

- Tu connais la représentation de l'esprit, dit-il simplement, mais Blaise savait qu'il y avait autre chose derrière cette affirmation.

- J'ai été sorcier avant d'être transformé par erreur. La femme qui m'a enseigné la magie était une puissante sorcière.

- Narcissa Malfoy.

- Tu sembles savoir beaucoup de choses, releva Blaise.

- J'étais et je suis encore présent tout autour de vous. Quand la voyageuse reprenait le contrôle, elle arrivait à me chasser de mon corps, et j'errais dans l'Entre-Monde. Je vous ai observé depuis le début. Je sais tout sur vous et sur Oliver.

- Mais tu as voulu me tester.

- Et tu as réussi, répondit Theodore en marchant vers le bénitier. Tu cherches des réponses, Blaise Zabini. Je ne peux te donner que ce que je sais.

Il laissa sa main aux long doigts fins en parcourir la pierre. Blaise se rapprocha.

- Cet endroit est une copie de l'entrepôt où a été lié Oliver. La voyageuse a utilisé de la magie ancienne ce soir-là.

Theodore recula de quelques pas aux côtés de Blaise qui fut traversé par un Oliver fait de fumée. Il comprit que Theodore avait remodelé le souvenir où son ami avait été lié. Le décor changea subtilement et Blaise vit un autre Theodore prendre face au bénitier, face à eux et à Oliver. Il vit ses lèvres remuer mais il n'y avait aucun son, comme s'il passait un film en silencieux. Le Theodore de fumée déposa un mouchoir dans le bénitier que Blaise reconnu quand il s'approcha. Les initiales étaient celles de Marcus et le mouchoir blanc arborait des tâches de son sang. Oliver se tourna vers une des grandes étagères sur laquelle il prit un petit couteau stylisé à la lame légèrement incurvée. Il s'entailla la main et laissa les gouttes tomber dessus. Quand Theodore se remit à incanter, le mouchoir prit feu. Oliver voulut retirer sa main mais l'autre la lui saisit de force avant que le châtain ne s'évanouisse en glissant vers le sol.

Les personnages se dissipèrent et Blaise se tourna vers le vrai Theodore.

- Les cendres du mouchoir, où sont-elles ?

- Elle les a dispersé. Dans le vent, la mer, la terre. Peut-être qu'elle en a gardé, mais il vous faudra chaque grain de poussière pour reconstituer le mouchoir d'origine et délier le sang d'Oliver et Marcus. Pour ça, je ne peux pas vous aider tant que je suis prisonnier.

Theodore recula alors que la pièce changeait à nouveau. Cette fois, ils étaient dans le salon des Originels. Tout était à sa place et Blaise fut stupéfait du sens du détail de Theodore. Pour reconstituer toute la pièce telle quelle, il devait en avoir analysé les moindres recoins et encore, même lui était incapable d'en faire une représentation spirituelle aussi pointue.

Le brun se dirigea vers le fauteuil préféré de Marcus et s'assit dedans. Blaise l'imita, à sa place habituelle. Le tissus du divan n'était pas aussi doux, mais la texture se rapprochait de l'originale.

- Je sais que tu n'es pas fan des vampires, mais je tiens à te remercier.

- Ce n'est pas que je n'aime pas les vampires. J'ai demandé plusieurs fois du sang à Oliver mais c'était pour trouver un moyen d'anéantir Barty Croupton Junior. Sauf que mon but rejoignait celui de Lavande et c'est pour ça qu'Oliver ne s'est pas méfié au début. Tant qu'elles ne sont pas nuisibles, je me fiche des autres espèces.

- Pourquoi voulais-tu tuer Barty Croupton ?

- Mon but n'était pas de le tuer, mais de le détruire corps et âme ainsi que tous ses partisans. Avant d'être vampire, Barty était un sorcier assez doué et il est l'un de ceux qui a initié le conflit entre les vampires et les loups-garous. Mais son but a changé entre temps, puisqu'il est devenu lui-même un vampire. Il veut utiliser le sang d'Oliver pour ressusciter un sorcier dont l'âme noire erre dans la ville.

Theodore croisa les jambes et continua son explication.

- L'année dernière, j'ai voulut tester un sort de divination avec le sang d'Oliver. Je souhaitais m'entrainer à créer les prophéties et la vision que j'ai eu concernait directement Oliver.

- Me laisserais-tu la voir ? demanda Blaise.

- Non car je m'affaiblis. Mais dans ma vision, Oliver donnait son sang à Barty Croupton qui l'a utilisé pour rendre à la vie à un autre mage. J'ai vu le jour être caché par une immense et intense fumée noire. J'ai vu le sang couler et la ville déchirée.

- Je ne vois pas de lien avec Marcus, contra Blaise. La mère des Originels ne peut pas être ramenée à la vie car ses ossements n'ont pas été rendu à la Terre, donc ça ne peut être elle que Barty chercher à ressusciter et le père de famille n'était pas un sorcier.

Theodore dit qu'il n'avait pas parlé de ressusciter un des membres de la famille. Lui, il n'avait vu qu'une partie de la prophétie et la voyageuse devait certainement en avoir vue une autre impliquant la famille.

Blaise prit un moment pour réfléchir. A part la Nouvelle Orléans, rien ne permettait de rapprocher Oliver et Marcus à la base. Lavande avait prévu au tout début de tuer Marcus en se servant d'Oliver mais maintenant qu'il y réfléchissait, peut-être que son but était de les anéantir tous les deux. Les lier était le meilleur moyen de les tuer ensemble alors elle n'avait pas choisit Oliver uniquement pour son sang. Elle les avait berné depuis le début...

Theodore se releva.

- Je crains de ne pas pouvoir vous aider plus. Je t'ai dit tout ce que je sais, Zabini.

- C'est déjà plus que ce que nous espérions, répondit Blaise. Ton esprit est assez fort pour revenir à ton corps quand la voyageuse est faible, mais l'es-tu assez pour veiller sur Oliver ?

- Tu veux dire par là intervenir pour lui ? Quelqu'un s'en charge déjà.

- Comment ça ? s'inquiéta Blaise.

Il n'était pas rare que des esprits anciens et puissants réussissent à communiquer avec le monde matériel. Ils étaient communément appelés "esprits frappeurs". Certains pouvaient déplacer des objets, d'autre directement parler aux humains.

- Il s'agit d'un esprit très ancien et très sage. Il n'a pas de forme physique mais Oliver communique avec lui. Il pense qu'il est son ange gardien, mais l'esprit ne lui a pas dit son nom. Pour l'instant il n'intervient qu'en cas de danger.

- Il ne nous en a jamais parlé.

- Peut-être a-t-il peur que vous le preniez pour un fou. En attendant, il lui fait entièrement confiance, et je ne vois pas de raison de se méfier de lui.

Theodore se mit à faire les cents pas et Blaise remarqua qu'il était fatigué, ce qui compréhensible. Il luttait intensément pour reprendre le contrôle de son propre corps, ce qui consumait une grande partie de son énergie. Beaucoup de personnes possédées finissaient par devenir folles ou aliénés, Theodore faisait tout son possible pour se raccrocher à sa temps qu'il passait aussi à surveiller le monde matériel devait y être pour beaucoup. En le regardant, Blaise le trouvait totalement différent de ce qu'il avait d'abord prit pour le vrai Theodore. La voyageuse lui donnait un air insolent et déformait son visage avec des sourires mauvais et un regard noir. Le vrai Theodore était plus détendu, même si son regard était méfiant et l'absence de fossettes indiquait qu'il n'était pas habitué à sourire. Malgré cela, rien en lui n'était vraiment dérangeant, Blaise comprenait que c'était surtout un solitaire, peu à l'aise avec les autres. C'était peut-être pour ça qu'il n'avait qu'Oliver comme seul ami.

En regardant de plus près, Blaise vit que l'espace autour de lui commençait à vibrer.

- Mon corps s'affaiblit sans esprit à l'intérieur, déclara Theodore. Je te fais confiance pour y retourner mais fait attention : la voyageuse ne doit pas savoir que nous avons communiqué.

- Que vas-tu faire ? demanda Blaise alors que le décor autour de lui s'obscurcissait.

- Ce que je fais depuis le début, répondit la voix de Theodore alors que sa silhouette disparaissait dans les ténèbres. Je vais surveiller Oliver.

Blaise se sentit partir de nouveau. Une nouvelle douleur prit naissance dans sa tête et il ressentit le sentiment familier de vertige alors qu'il reprenait conscience. Il était toujours assit les jambes tendues, le dos contre le mur du fond. La sensation écrasante de la fatigue de ses membres se raviva. Encore déboussolé, il chercha un instant du regard la lumière blanche dans les semi-ténèbres de la chambre.

Si son corps était aussi lourd que s'il avait ingurgité une montagne de plomb, son esprit, lui, fonctionnait vivement. La voyageuse ne prendrait pas le risque de le tuer directement mais elle pouvait s'arranger pour le priver de nourriture. Le corps humain de Theodore ne le supporterait pas.

Il mobilisa toute sa force pour lever son bras et il lui sembla qu'il pesait une tonne de plomb.

Désolé, Theodore, pensa-t-il quand il arracha une mèche de cheveux. Mais je vais en avoir besoin pour plus tard, ajouta-t-il en fermant le poing, gardant les cheveux noirs dans sa main.

Finalement, il laissa retomber sa tête en arrière et laissa un soupir filer entre ses lèvres.


Oliver était épuisé. Il avait presque parcouru la moitié de la ville et avait dû faire un effort surhumain pour ne pas se perdre entre les rues, à cause de la complexité de l'itinéraire que Marcus et Draco lui avaient donné. Déjà qu'il ne connaissait pas grand chose de la ville à part le Vieux Carré d'où il était originaire, ce fut un miracle quand il aperçu enfin les docks du Mississippi. Draco avait l'habitude de parcourir la ville régulièrement pour être au courant de ce qui s'y disait, alors le châtain lui faisait confiance pour le chemin à suivre mais il ne put retenir quand même un soupir de soulagement quand il vit la voiture de Cedric sur le parking. Il savait que Draco le surveillait de loin alors il ne s'inquiéta pas de faire une mauvaise rencontre.

La portière s'ouvrit quand il s'approcha et il vérifia que c'était bien le jeune homme à la place du conducteur. Oliver savait pertinemment qu'il ne partait pas en vacances, mais malgré l'urgence de la situation, il était content de voir Cedric, alors il s'empressa de mettre son sac de voyage dans le coffre avant de prendre place côté passager.

- Bienvenu parmi nous, lui sourit le jeune homme en lui tapant amicalement la cuisse.

- Salut ! Je suis désolé que t'ai eu à te déplacer...

- Ne t'inquiètes pas, lui dit l'autre en mettant le contact. C'est pas un soucis, tu seras toujours bien accueillis chez nous.

La voiture démarra et Oliver se dit que Cedric avait dû prendre quelques cours de conduite supplémentaires depuis la dernière fois, parce l'auto avançait plus fluidement. Cedric mit les phares et quitta le parking. Au loin, Draco attendit d'être sûr qu'ils soient bien partis avant de rentrer au fort.

La trajet se fit en silence, Cedric étant aux affuts. Oliver pouvait voir ses mains se crisper sur le volant à chaque fois qu'ils croisaient une voiture.

- Tu peux de détendre, tu sais, lança-t-il pour détendre l'autre.

Il ne l'avouerait pas, mais il avait tellement peu confiance en la conduite de l'autre qu'il craignait que le stress lui fasse faire un écart pouvant leur être fatal à tous les deux. Oliver ferma vivement les yeux quand Cedric bifurqua un peu trop vite sur un chemin de terre, faisant déraper un peu le véhicule.

- Tu es inconscient, répondit seulement Cedric. Comment tu veux que je sois détendu alors que je dois te cacher d'un vampire possédé par une voyageuse psychopathe ?

- Comment tu sais tout ça ?

- L'ainé Malfoy est souvent en contact avec Harry, répondit Cedric en haussant les épaules. Harry a accepté de t'aider en échange de savoir la vérité. Il voulait savoir dans quoi il s'engageait et quel ennemi on aurait à affronter.

- Je suis désolé que vous serviez de bouche-trou, lança Oliver.

Cedric lui sourit et répondit que ce n'était pas un problème. Il serait plus en sécurité dans le bayou de toute évidence, et il y avait été apprécié lors de son précédent séjour. Cedric rajouta que Ron aussi était là-bas, alors il n'avait rien à craindre du point de vue magique. Oliver ne partageait pas vraiment le même enthousiasme. Il avait l'impression être un boulet, ou même un objet permettant de concrétiser une alliance entre deux espèces... Il ne manquait plus qu'on lui demande d'épouser une princesse de la meute. Il sourit à cette pensée absurde. Pourquoi toujours des princesses ? Pourquoi pas un prince, cette fois ?

La lune brillait haut dans le ciel quand ils arrivèrent dans le bayou. Cedric se gara assez habilement cette fois et ils quittèrent le véhicule, emportant le sac d'Oliver car la voiture ne pouvait pas progresser davantage dans le marécage. Oliver se gifla mentalement en se disant qu'il aurait du prendre une paire de bottes en caoutchouc au lieu de ses espadrilles. Les habitants allaient sûrement penser qu'il se croyait en vacance dans cette tenue. Cedric alluma sa lampe de poche et Oliver le suivit, prenant attention à marcher au mêmes endroits que lui. A un moment ils furent obligé de prendre un chemin sinueux.

- Fais gaffe où tu marches, il y a des creux un peu partout. Ne restes pas longtemps au même endroit, comme il a plu c'est très humide et tu risques de t'enfoncer.

- Okay.

Oliver concentra toute son attention sur les pas de Cedric, les imitant tant bien que mal. Il se demanda comment Cedric pouvait retrouver son chemin. Quoique s'il devait faire le même chemin tous les jours pour aller en ville, c'était logique qu'il sache exactement où poser quel pied et où bifurquer. Mais pour Oliver, un arbre était un arbre, et il ne comprenait pas la logique de l'itinéraire. Peut-être que ça faisait parti du plan pour camoufler son odeur. Puis il se dit que justement, Cedric étant un loup-garou d'après Marcus, il devait se déplacer en suivant les odeurs de son clan. Ou de sa meute, Oliver ne savait pas ce qui devait s'appliquer dans le cas des loups-garous. Oh, et puis il s'en foutait en fait. Il commençait à être vraiment fatigué et il rêvait de dormir enfin sans se demander comment il allait survivre le lendemain ou comment tout faire pour ne pas croiser Marcus. Stupide hybride, il le détestait mais ce connard commençait à occuper toutes ses pensées.

Il sentit un picotement sur son coude et il tourna le bras pour vivement écraser le moustique qui commençait à le sucer. Cette distraction lui fit mettre le pied sur une plaque de mousse qui s'enfonça comme du beurre sous son pied, le déséquilibrant. Il jura en commençant à partir en avant mais Cedric se retourna et le rattrapa vivement, provoquant des remous autour de ses pieds.

- Merde, tu vas bien ?

- Je crois que mon pied est coincé, répondit Oliver alors que ses joues se coloraient de honte.

Il savait qu'il devait faire attention, mais il avait encore fallut qu'il se perde dans ses pensées. Après tout, les promenades nocturnes dans les marécages étaient faites pour la réflexion ! Oliver s'auto-flagella en voyant que son pied gauche était enfoncé jusqu'au dessous du genoux. Il se retint de dire à quel point il haïssait cet endroit en ce moment-même, car il savait que ça ferait un peu l'hôpital se foutant de la charité. Cedric lui saisit fermement les avants-bras et commença à le tirer vers lui. Oliver sentit la pression de la résistance sur son mollet mais il arrêta de se hisser en remarquant que Cedric aussi s'enfonçait.

- Merde ! jura-t-il. Arrêtes, lâcha-t-il en se débattant pour que Cedric le lâche. Mais arrêtes, tu es en train de t'enfoncer toi aussi !

Cedric s'exécuta et se débattit pour se dégager lui-même. Après il tourna prudemment autour du châtain en tâtant la terre du bout du pied afin de trouver un endroit plus stable. Il prit de nouveau appui et glissa son bras autour de la taille d'Oliver qui s'accrocha à lui. Il réussit cette fois à dégager l'autre sans problèmes. Oliver le remercia et rajusta son sac sur son épaule. Le reste du trajet se déroula sans nouvel incident, la vigilance d'Oliver étant passée à quatre-cent pour cent.

Le jeune homme sentit un soulagement incommensurable l'envahir quand il aperçu la bicoque de Cedric. Un homme était assit sur une des marches sur pilotis et taillait un bout de bois à l'aide d'un couteau de poche. Un vieille lanterne – sûrement à l'huile, vu l'odeur qui flottait dans l'air –, éclairait son visage et se reflétait sur ses lunettes rondes. Oliver reconnu ainsi Harry qui leva la tête en les voyant arriver. Il portait une vieille chemise bleu et un bermuda noir. Les vieilles baskets qu'il portait étaient pleines de boue. Harry leur adressa un sourire et rangea son couteau dans sa poche après l'avoir plié. Il se leva à leur rencontre et fit une accolade à Oliver pour lui souhaiter la bienvenue.

- Ici tu ne risqueras rien, expliqua-t-il. Au moindre soucis, j'appellerai Draco, alors tu n'as pas à t'en faire. Tu es chez toi ici, Cedric t'héberge mais si tu veux donner un coup de main pour le bois, la pèche ou la chasse, fais comme tu veux.

Oliver hocha la tête. De toute façon il n'avait pas prévu de s'allonger sur un sofa les doigts de pieds en éventail. S'il pouvait au moins aider les autres, il le ferait dans sa mesure. La pêche serait peut-être une activité qui lui plairait...

- Merci Harry. Je sais pas vraiment comment vous remercier.

- T'en as pas besoin, sourit Cedric. Les amis font ça entre eux.

Les amis oui, pas les connaissances, mais ça, Oliver le garda pour lui. Il pouvait considérer Cedric comme un ami, mais il ne connaissait pas vraiment Harry, même s'il l'appréciait beaucoup.

- J'insiste. C'est pas grand chose mais, si un jour vous voulez passer au bar, je vous offre les consommations.

Harry lui tapa l'épaule affectueusement, le remerciant quand même. Il attendit que Cedric entre dans la maison et allume la lumière avant de prendre la lanterne et de s'éloigner après leur avoir souhaité une bonne nuit. Oliver le salua puis essuya ses pieds sur le paillasson. Au vu de l'état de ses espadrilles, il jugea mieux de carrément les retirer et les laisser dehors. De toutes façon, elles étaient fichues. Cedric lui prêta une paire de chaussons car l'intérieur de la demeure était frais. La dernière chose que souhaitait Oliver, c'était bien attraper un rhume en été, quoique ce serait peut-être intéressant de voir Marcus malade aussi... Voilà qu'il pensait encore à cet enfoiré.

- Je t'ai préparé la chambre d'ami, celle que t'as occupé la dernière fois.

- Merci, Cedric, répondit Oliver en posant son sac sur le lit. Je pourrais prendre une douche avant de me coucher ?

- Ouais, je vais te sortir des serviettes, fais comme chez toi pour le reste.

- D'accord.

Comme il ne savait pas trop combien de temps il allait rester, Oliver préféra ne pas trop s'installer. La pièce était carrée, sobre, avec un lit double en bois, une commode et une table de chevet. Le décor épuré tranchait totalement avec celui de la chambre baroque qu'il occupait dans la maison des Originels. Il sortit juste un boxer propre et un tee-shirt assez large pour dormir, les nuits étant fraiches dans le bayou. Pourtant, même après minuit, il préférait se doucher avant d'aller se coucher. C'était son rituel.

Cedric revint avec deux serviettes qu'il posa sur la commode. Il prit appui contre l'encadrement de la porte en regardant Oliver.

- Tu fais toujours des cauchemars ?

- Des fois ouais. Mais je pense pas crier comme la dernière fois. J'essaierai de pas te déranger.

Oliver se sentit rougir de honte en se rappelant qu'une nuit lors de son précédent séjour il avait crié en se réveillant en pleine nuit. C'était un de ses nombreux cauchemars où il rêvait d'un homme blond qui le frappait. Il tremblait comme une feuille morte quand Cedric s'était réveillé pour le voir et il n'avait pu se rendormir que quand l'autre s'était glissé contre lui dans les draps. Sa présence était rassurante mais Oliver préférait garder un peu ses distances avec Cedric. Il ne savait pas trop ce qu'il ressentait pour lui. Le jeune homme était beau mais aussi drôle et attentionné et Oliver aimait bien être en sa compagnie. Mais il avait toujours l'impression qu'il s'attachait à lui à défaut d'autre chose et ça le gênait. Il n'aimait pas utiliser les autres pour satisfaire ses propres désirs.

- Tu ne déranges pas, ça m'arrive aussi. On a tous des passades comme ça, répondit Cedric en haussant les épaules. J'ai dit à personne que j'avais dormi avec toi alors t'as rien à craindre.

- C'est sympa, merci.

Oliver resta planté un moment, ne sachant pas trop quoi faire. Il avait l'impression que la conversation prenait un ton plutôt personnel et il n'arrivait pas à savoir ce que Cedric voulait vraiment. Enfin, peut-être le savait-il en fait, mais il espérait surtout se tromper. Il se rappela alors la fois où il avait été à deux doigts de coucher avec le jeune homme, contre un arbre en plus, avant que Marcus ne débarque. Est-ce qu'ils auraient été plus loin sans l'intervention de la smala ? Oliver en était sûr, parce qu'à ce moment, il en avait vraiment eu envie. Et il fallait qu'il arrête tout de suite de penser à ce genre de choses sinon ça risquait de mal finir. Il se racla la gorge pour cacher son malaise, ce qui ne marcha pas car Cedric se rapprocha de lui. Il lui tourna le dos et prit une grande inspiration en faisant semblant de s'affairer.

Méthodiquement, il sortit ses affaires une à une pour les empiler de manière bien droite. Surtout, ne pas laisser de plis sur les chemises, bien replier les caleçons et bien tasser les jeans. Tiens, pourquoi il avait prit des jeans alors qu'il était sûr qu'il faisait plus de quarante degrés dehors en pleine journée ? Oliver était certain qu'il devait passer pour une sorte de maniaque bizarre mais il essaya de se donner une contenance. Il sentait son coeur battre trop fort dans sa cage thoracique, il pouvait presque l'entendre frapper en cadence alors qu'il essayait de calmer le début de tremblement de ses mains. Il fallait que Cedric quitte la pièce...

Mais l'autre s'approcha jusqu'à être contre lui et pencha son visage pour le regarder. Oliver se battit contre lui-même pour ne pas croiser son regard, mais il finit par le faire et son cerveau se mit instantanément en veille. Il ne sut pas vraiment qui avait embrassé l'autre en premier, mais c'était doux et chaud, tout ce qu'il n'avait pas eut depuis longtemps. Cedric posa une main sur son épaule et l'attira plus près. Oliver savait qu'il était déjà perdu. Leur enlacement n'avait rien à voir avec la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Cette fois, il n'y avait pas d'alcool, pas d'arbre, pas de moustiques et pas d'Originels pour les interrompre. Juste un désir commun, une chaleur mutuelle et un lit accueillant... Cedric se détacha de lui un instant pour fermer les volets vérifier que la maison était bien fermée avant d'aller se coucher directement avec lui. Pour la première fois depuis un moment, le jeune humain fit le vide dans sa tête. Le monde autour de lui était fait de draps frais, de coussins et d'un matelas moelleux, ainsi que d'un corps chaleureux et accueillant contre lequel il se laissa aller. En moment, plus rien d'autre n'exista à part lui et Cedric, leurs caresses et leurs baisers. Tant pis pour les remords et les yeux noirs qui hantaient son esprit.


Avant de me faire lyncher, je rappelle que si vous me tuez, y aura jamais la suite ! Donc on pose geeeeetimment la jolie carabine, on regoupille la grenade et on s'assoit caaaaalmement :

- C'est pas un lemon mais un lime, parce que j'avais envie de mettre du cul (pauvre Oliver, il allait craquer sinon...) mais c'était pas un passage que j'avais envie de développer non plus. Cedric (pour le moment) n'est pas un personnage très important pour moi (genre un peu moins qu'un meuble Ikea...).

- MAIS : un lemon est prévu pour plus tard ! Je ne dis pas entre qui c'est pour le suspens (ou pas...) mais il est déjà écrit. Me manque plus qu'à trouver où je vais le caser, même si j'ai déjà une petite idée :3

- Les paroles en italiques sont du vrai norvégien (moderne, par contre) et vous ne saurez jamais à quel point j'ai galéré pour obtenir ces traductions...

Sinon, comme d'habitude, j'espère que vous avez apprécié ce nouveau chapitre !

Le chapitre 10 sera publié le 1er septembre, et à la rentré le rythme de parution original reprend : soit un chapitre tous les 1er du mois.

Enjoy !