Il a raison, je suppose. J'ai soudain du mal à réfléchir clairement. C'est qu'il est contre moi et qu'il a posées ses paumes sur mes joues. C'est que ses doigts viennent caresser subrepticement mon cou. C'est que… ses lèvres effleurent le lobe de mon oreille et que son souffle contre ma peau qui s'enflamme ne fait qu'attiser la brûlure qui me saisit toute entière…
Désespérément, j'essaye de lutter avant de perdre la raison.
- Pourquoi… était- elle… sur toi, alors… ?
Sa voix est rauque et les mots ont du mal à sortir. Dana, quand elle est troublée, a un mal fou à aligner des mots les uns derrière les autres. Dans ces moments, je sais que je l'ai entièrement sous ma coupe. Je saisis une de ses mèches flamboyante et je la fais rouler entre mes doigts.
- Elle vérifiait que j'avais survécu aux photos qu'elle venait de m'apporter.
- Des photos ? ! Quand même pas LES photos ? ! s'étrangle-t-elle.
- Si, LES photos !
Elle se débat, folle furieuse que, selon elle, Kim ait osé balancer. A nouveau, je la maintiens fermement par les épaules et je baisse mon visage presque sous son nez.
- Laisse-moi terminer. Elle est venue parce qu'elle trouve ça révoltant et pour te dire qu'elle était prête à t'aider.
- ...
- Mais tu ne lui en as pas laissé l'occasion…, j'ajoute un brin accusateur.
- Elle était quasiment en train de t'embrasser, marmonne-t-elle mais je sens qu'elle faiblit.
- Elle s'assurait que j'étais conscient et que je respirais. Je venais de m'exploser violemment la tête contre le mur.
- On n'a pas besoin de se mettre à cheval sur une victime de choc ou de malaise que je sache !
- Ça c'est juste pour rendre l'opération plus agréable !
Je n'ai pas pu m'empêcher de la provoquer. Elle relève les yeux vers moi et me fusille.
- Et la claque ? Elle était agréable la claque ? ! Parce que là, je -…
Ça aussi c'est plus fort que moi ! J'écrase ma bouche sur la sienne ! Pour la faire taire et parce que… elle est tellement désirable quand elle s'enflamme !
Il m'embrasse si fougueusement que je peine à reprendre mon souffle entre deux attaques de ses lèvres charnues. Elles m'investissent ses lèvres, elles me brusquent, elles m'explorent, affamées. Je me mets à lui répondre avec la même ardeur bien malgré moi. Je suis définitivement perdue pour le bon sens.
Balayé le doute raisonnable ! Je m'en fous !
Je veux bien croire à tout ce qu'il me dit pourvu qu'il m'étreigne et qu'il m'étouffe de ses baisers !
Mes mains se faufilent près de sa taille et viennent retrouver leur territoire en caressant sa peau dont je suis folle. Je commence à tirer sa chemise et j'entreprends fébrilement son torse puis les muscles de son dos. Je ne cesse de le ramener à moi. Je le veux.
Je le veux !
Je laisse couler mes doigts de plus en plus bas, ils s'immiscent sous la ceinture et enveloppent, presque religieusement la chair ferme et parfaitement bombée de ses fesses. Je le presse à nouveau pour le coller à moi.
- Dana… souffle-t-il en me soulevant du plancher et je m'enroule contre son bassin définitivement déconnectée du réel.
Foin du réel ! Je m'abandonne à cette merveilleuse et licencieuse sensation entre ciel et terre. Je me vautre déjà copieusement dans le stupre et la luxure ! Je vais m'envoyer en l'air et, de notre sueur parfumée à l'essence même du désir, je m'en vais baptiser ce triste ascenseur du FBI ! ! !
Je dis !
Drrrrr ! Drrrrr ! Drrrrr !
- Mulder ? Tu ne te ballades quand même pas ici avec… ?
- C'est juste mon portable en mode vibreur, éclate-t-il de rire.
Je lui sors mon « accessoire » de la poche. Elle devient cramoisie tout d'un coup. J'adore quand elle a des pensées totalement déplacées !
- Oui bien sûr… C'est… ce que je voulais dire. Hum.
- Menteuse !
- Pas du tout !
- Tu y as pensé, pas vrai ?
Elle me prend par le col et vient m'administrer un nouveau baiser tellement renversant que j'ai l'impression d'avoir un gourdin à la place de…
- Je ne pense qu'à faire l'amour avec toi, me susurre-t-elle de sa voix de sirène.
- C'est bien ce que je dis ! Tu y as repensé !
Scully et moi, nous aimons bien les expériences… Et en matière de vibrations, hum… nous avons déjà un peu entrepris quelques… recherches ! La suggestion de Kim me revient soudain en mémoire.
Ouais. Le truc, c'est que nos expériences sont des expériences à deux quoi !
- Fox ? Elle me rappelle à son attention.
- Oui ?
- Soit tu réponds, soit tu… optimises ton matériel, suggère-t-elle.
Mon portable trémule, vrombit d'une manière qui m'apparaît de plus en plus expressive voire légèrement émoustillante à l'instar du regard rigolard de ma comparse. Je jurerai que la palpitation de mon appareil augmente proportionnellement avec l'impatience de celui ou celle qui cherche à me joindre mais surtout exponentiellement avec mon excitation. Scully me nargue avec une mine tellement effrontée que j'envisagerais bien d' « optimiser » comme elle dit !
Mais je la descends précautionneusement de mes hanches. C'est mon téléphone quand même !
Elle affiche une moue déçue et croise les bras. Je décroche.
- Mulder ? j'annonce.
- Ça, ça va se payer très cher, me murmure-t-elle en posant sans l'ombre d'une hésitation sa main sur cet endroit très ciblé de mon pantalon.
Je frémis.
- Salut mec ! Ça boume ?
D'un côté, j'entends la voix de Frohike ; De l'autre je me ratatine comme si tout mon mètre quatre-vingt-quatre était aspiré dans ce petit (quoi que) morceau de chair entre mes jambes. J'ai le bide qui gargouille, la langue sèche et je peine à répondre.
- Oui Frohike ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Je n'ai pas vanné. J'aurai dû vanner. Je vanne toujours. Il va se poser des questions.
Ça ne rate pas !
- Oh oh ! Je te dérange peut-être ?
Dana (je vais la tuer !) intensifie sa caresse et me plaque bruyamment contre la paroi d'en face.
- Du tout ! je souffle précipitamment.
- C'est quoi ce Boum ? s'enquit mon pote de plus en plus suspicieux.
- C'est rien !
Rien du tout. Des broutilles. Juste la femme la plus bandante au monde qui tient mon sexe à pleine main au travers du tissu de mon pantalon dans un ascenseur du FBI planté entre deux étages. Tout va bien ! Je maîtrise la situation ! Je gère !
- Si tu le dis… On a intercepté un truc sur le réseau du FBI, annonce-t-il négligemment.
- Vous avez infiltré notre réseau ? je m'exclame.
Et la fin de ma phrase m'échappe et s'envole vers les aiguës comme un ballon d'hélium qu'on lâche vers le ciel parce que les doigts de Scully, eux, viennent de s'infiltrer dans mon boxer !
- Ouaip ! Et je suis pas sûr que tu vas adorer…
C'est à ce moment précis que pour une raison mystérieuse, la cabine se secoue et se remet en marche. Je réalise que nous sommes presque arrivés. Nous n'avons plus le temps !
Aaaaaah !
Les portes s'entre-ouvrent. Dana récupère sa diabolique main. Le poids de l'existence me retombe brutalement sur les épaules.
- Frohike, je te rappelle.
Devant nous, droit comme un I, il y a l'incarnation de la connerie qui nous fait face, un parangon de crétinisme :
Archimbald Stiletti !
Un sourire mauvais s'étire sur ses lèvres. Ce type me débecte.
Je sors en lui signifiant ostensiblement mon dédain, mais ça me démange de lui rentrer à nouveau dans le lard. Il ne faudrait surtout pas qu'il me provoque.
Je le dépasse, il n'a pas ouvert la bouche. Mulder me suit avec des yeux affûtés comme un couteau tel un garde du corps. A mon avis, pour lui aussi, il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'il explose.
- Alors, agent Scully ? Toujours d'humeur dominatrice ? ricane Stiletti.
OK. C'est bon.
Il va se la manger sa blague.
Je me retourne.
- Vous avez quelque chose à me dire, Monsieur Stiletti ?
- Rien, rien, s'esclaffe-t-il d'un air supérieur.
Je le toise alors qu'il rentre dans l'ascenseur. Ses yeux brillent d'une autosuffisance ravie. Il soutient mon regard à peine deux secondes et je vois alors passer dans le sien un éclair de pure haine. Je le fixe toujours. Il détourne la tête et fait mine d'appuyer sur la commande d'étage.
Je m'avance et glisse mon pied pour annuler la fermeture automatique des portes.
- Non - j'insiste -, vous avez dit quelque chose.
- Je suis pressé, agent Scully.
A son rictus, je devine que les choses ne tournent pas comme il s'y attendait. Il ne doit pas avoir l'habitude d'assumer une attaque franche. Sa spécialité, c'est plutôt l'attaque en traître et à moitié planqué. Son comportement au cours de la réunion me l'a déjà prouvé.
Fort bien ! Mais je n'entends pas le laisser s'en tirer à si bon compte.
- Dans ce cas, expédions rapidement ceci. Vous parliez de… ?
- J'ai dit que je suis pressé, agent Scully ! Continuez vos insolences et je vous promets d'en référer à votre supérieur !
- Ce qui serait adulte, ce serait de m'en entretenir à moi d'abord, cher Monsieur. Assumez vos propos et discutons ensemble. Quel est votre problème exactement ?
- Je n'ai pas de problème !
- De toute évidence, si ! Vous en avez. Avec moi ou peut-être avec la gente féminine plus largement ?
- Foutez-moi la paix !
- C'est mon côté « dominatrice »… ?
Je vois les yeux de Stiletti s'écarquiller. Scully le tient en joue et il commence à verdir. Mais elle mène un jeu dangereux. Humilier un homme qui a le pouvoir de vous faire mettre à la porte grâce à ses relations, ce n'est jamais très bon… Et à sa façon de grincer des dents, il commence à m'inquiéter.
- C'est votre truc, n'est-ce pas ? Soumettre les autres ? crache-t-il soudain. Je le savais !
- Vous saviez quoi ?
- Vos déviances ! J'en étais sûr !
- Quelles déviances, monsieur Stiletti ? Parce que pour le moment, il me semble que c'est plutôt vous qui déviez de la droite ligne. Et à maints égards apparemment…
Je prends le bras de Dana et le presse doucement pour essayer de l'arrêter. C'est un connard mais un connard qui n'hésitera pas à la faire virer voire pire !
Elle écarte ma main fermement.
- C'est bon Mulder. Elle se retourne vers lui. De vous à moi, s'il y en a bien un qui a l'air de se gargariser de son petit pouvoir, il me semble que c'est plutôt vous Stiletti.
Elle a laissé tomber le « Monsieur »…
- Moi, je ne m'avilis pas à porter d'obscènes tenues de cuir et à fouetter d'éventuels partenaires sexuels à genoux en paradant du haut mon estrade, attaque-t-il avec une grimace hideuse et un ricanement malsain.
Intéressant… Donc il a parfaitement connaissance des photos qui circulent depuis ce matin alors qu'il n'appartient pas à l'agence. Soit les nouvelles vont très vite, soit…
- Libre à vous de préférer la position basse. Je ne me permettrais pas de juger, provoque Dana qui décidément n'en rate pas une.
- Vous n'êtes qu'une petite salo-… !
Il se retient à grand peine. Mais il en a déjà trop dit.
- Nous y voilà ! C'est parfait ! Un message on ne peut plus clair ! Je n'en dirais pas autant quant à vos surprenantes projections SM à mon sujet.
Il se renfrogne mais je vois qu'il bout en lui-même.
- Je ne projette rien du tout. On dirait que vous été flashée, agent Scully !
- Et la bonne question est « qui » a « flashé » ainsi sur ma petite personne » ? Pas vrai ?
- Probablement un de vos esclaves mécontents, ricane encore Stiletti.
- C'est ainsi que vous vous voyez ? Soit.
- Ça suffit maintenant ! Je ne sais pas pour qui vous vous prenez -…
- En tous cas, je sais qui je ne suis pas !
Le ton monte et je vois Scully qui serre les poings. Mais je la connais par cœur. Je jurerai qu'elle a fait le choix délibéré de le provoquer. Qu'est-ce qui lui prend ? Il va vouloir l'humilier si elle continue à le chercher ainsi !
- Agent Scully, je me fous de votre vie privée dépravée -…
- Je n'en dirai pas autant de vos procédés nauséabonds !
- … MAIS, hurle-t-il maintenant la bave aux lèvres, puisque cela semble altérer votre sang-froid -…
- Dit celui qui éructe de gracieux « salope » -…, pilonne Dana avec la folle témérité du kamikaze.
- … JE VAIS VOUS LE FAIRE PAYER ! parvient-il à conclure dans un sommet de fureur qui ferait passer le Vésuve en éruption pour une hospitalière petite colline aux coteaux rougeoyants.
- En renvoyant une nouvelle tournée de photos trafiquées peut-être ?
- En convoquant une commission disciplinaire !
- Vous n'en aurez pas les couilles !
- Scully !
C'est moi qui viens de m'écrier. Elle a perdu la raison ?
S'il y avait jusque-là un mince espoir pour que ces menaces ne soient que paroles en l'air, c'est définitivement perdu maintenant ! Elle va l'avoir sa convocation !
- Rendez-vous très bientôt, agent Scully…
Il détache les syllabes avec mépris et recule dans la cabine en grinçant des dents.
- Si vous croyez que ça m'effraye de me retrouver dans un petit bureau devant deux pelés et trois tondus ! pousse-t-elle encore, complètement inconsciente me dis-je.
Il la toise et je vois soudain s'afficher sur son visage le sourire du satyre qui vient de trouver une idée bien vicelarde.
- Je m'assurerai que cette convocation ait une large audience, susurre-t-il.
Je me retourne vers ma moitié. Elle a pâli.
- Vous ne feriez pas cela…, murmure-t-elle perdant soudain toute sa superbe.
- Je vais me gêner, tiens !
- C'est inique !
- Bien sûr que non, glousse-t-il de plus en plus satisfait, vous aurez la parole pour vous en expliquer ! Nous ne sommes pas des monstres !
- Si vous lui faites le moindre mal… !
C'est moi qui viens de le menacer en pointant mon doigt sur lui. Je sors enfin de ma torpeur. Mais trop tard…
La porte se referme sur lui et son rictus triomphant.
J'ai peur de me tourner vers elle. Peur de la trouver décomposée par le sort qui s'abat sur elle. Je voudrais qu'elle ne souffre jamais.
Mais pourquoi diable a-t-elle été débusquer le loup de sa tanière ? !
Je sens sa main qui s'arrime à ma hanche. Elle se glisse dans mon dos. Pour une fois, elle ne semble pas se préoccuper qu'on puisse nous voir.
Elle pose sa tête contre mon épaule et j'entends sa voix qui s'élève, étonnamment gaillarde.
- Maintenant, passons à la contre-attaque !
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Mulder a mis les Lones Gunmen sur le coup. J'ai rappelé Ricky qui m'a promis d'essayer de faire parler Clayton.
Pendrell et Kim sont en ordre rangé et contre-attaquent à coup de mails de dénégation. C'est David contre Goliath mais j'ai l'impression en ayant provoqué Stiletti d'avoir pris la main sur les événements et de garder un peu le contrôle en influençant le calendrier et les modalités de ma « sanction ».
Qu'il la réunisse la commission de discipline ! Ça me va très bien ! Et qu'elle se fasse devant le maximum de monde ! Je sais ce que j'ai fait et je veux répondre de ces attaques lamentables en public. Rien de pire que ce petit jeu larvé, ces attaques insidieuses : je veux qu'ils avancent leurs pions, franchement, face à tous. A charge pour moi de les renverser.
Mon plan est risqué mais j'ai la certitude qu'il n'y a pas d'autre solution pour laver ma réputation de tout soupçon et retrouver, autant que possible, l'intégrité de mon image.
Il est 18 heures.
J'ai repoussé le moment pour me donner le temps de me calmer mais maintenant, il y a quelque chose que je dois faire. Ca m'ennuie profondément mais Mulder ne m'a pas trop laissé le choix…
Je frappe.
- Oui ? Entrez je vous prie, invite une voix avenante.
Je pousse la porte.
Elle lève les yeux vers moi et le sourire sur ses lèvres se raidit un peu.
- Agent Scully, c'est pour le directeur adjoint ? s'enquit-elle prudemment.
Je m'avance.
- Non, c'est pour vous Kim. Est-ce que… vous permettez ?
Je lui désigne le siège face à elle.
- Bien sûr, acquiesce-t-elle en m'invitant à m'asseoir.
- Merci.
Je me sens stupide. J'ai une seconde d'hésitation. C'est elle qui vient à mon secours.
- L'agent Mulder vous a expliqué pour ce matin ?
- Oui, je… je suis désolée de m'être… injustement emportée.
Elle me fixe. Il y a dans ses yeux une lueur étrange que je ne parviens pas à identifier avec certitude. Quelque chose entre malice et bienveillance. Je ne sais pas…
- Vous êtes toute excusée. Je suppose que j'aurais aussi été… réactive si j'avais eu à faire face à ce que vous vivez.
Je n'ai pas vraiment envie de développer l'aspect « j'ai détesté vous voir chevauchant mon amant », donc je rebondis délibérément sur l'épisode des photos.
- Ces montages m'ont un peu… chamboulée.
- Vous n'y êtes pas si mal pourtant !
Je sursaute ! Elle enchaîne immédiatement en riant.
- Je plaisante, pardon.
Moui…
Est-ce à ce genre d'humour que Mulder pensait lorsqu'il m'a dit que Kim était en fait « très open » et qu'elle n'avait « vraiment pas » de préjugés à mon sujet ?
- Qu'est-ce que vous allez faire, agent Scully ?
- Prendre le taureau par les cornes, je crois. A vrai dire, tous ces murmures sur mon passage me mettent sur les nerfs. Je veux crever l'abcès.
Elle me regarde d'un air inquiet. Et là, elle ne rigole plus.
Heureusement.
- Ne les sous-estimez pas. Et ne sous-estimez pas la bêtise de tous ceux qui vont se jeter sur ces ragots comme la misère sur le monde.
- ...
La bêtise est un puits sans fond disait parfois ma grand-mère maternelle qui n'avait pas la langue dans sa poche. Il parait que je tiens d'elle.
Mais de Maman, j'ai hérité de l'espoir que l'homme peut aussi surprendre en bien. Je ne veux pas désespérer en l'homme. Je veux bien affronter la connerie, mais je ne veux pas renoncer à l'espoir.
- Il y en a bien qui me soutiennent alors que je les menace de leur casser la gueule entre deux portes, je commente avec un petit sourire repenti. Alors qui sait ? Peut-être que d'autres aussi…
Elle me sourit à son tour.
- On va tout faire pour les retourner et les mettre de notre côté en tous cas, affirme-t-elle manifestement déterminée.
Je me relève et je m'apprête à partir.
- Merci Kim. Merci vraiment… Ils ne sont pas nombreux les alliés dans ces cas là… C'est précieux.
- Ça me fait plaisir. Et si vous arrivez à moucher ces crétins, ça m'en fera encore plus.
- Croyez-moi : je vais m'appliquer à vous l'offrir ce plaisir !
A nouveau, elle a ce curieux regard.
- Agent Scully, demande-t-elle avec une légère hésitation, l'agent Mulder vous a-t-il exposé toute ma proposition ?
- Que voulez-vous dire ?
Rien à faire. Il y a quelque chose qui me perturbe (qui me trouble ?) un peu dans son comportement.
- Non… Rien… Oubliez. Comptez sur moi et n'hésitez pas si vous avez besoin… Vous pouvez me demander ce que vous voulez…
Je m'arrête sur ses yeux clairs et rieurs. Sur sa bouche qui vient de prendre une posture en cœur. Et sur la langue aguicheuse qu'elle passe sur ses lèvres.
J'en suis sûre maintenant. Il y a bien une offre… Et pas seulement de soutien informatique !
Si Mulder savait, ce serait l'ouverture de la grande foire aux fantasmes ! Il serait au septième ciel !
Mais Dieu nous en préserve, je crois que je ne lui en toucherai jamais un mot !
Quant à l'offre de Kim, ma foi… je crois que je vais garder ça pour ma petite bibliothèque personnelle de rêvasseries libertines !
- J'y penserai…(en songes !)… A très bientôt Kim.
Et je referme la porte sur moi en la laissant s'imaginer tout ce qu'il lui plaira.
Après tout, si ça lui fait plaisir d'envisager ces choses à mon sujet, je n'en suis plus à ça près !
