Réponse aux reviews :
Malicia M. Dalriada : Comme d'habitude, merci pour ta review ! Et merci de prendre le temps de me lire et de me laisser un petit mot ! Bonne lecture.
Sarah : Merci beaucoup pour ta review. J'espère que ce chapitre (un peu tardif) te plaira !
Fiind-l0ve : Cher poulpe, merci de ta review. Ne t'inquiète pas, je ne m'arrête pas en chemin. J'ai juste du mal à trouver l'inspiration et une légitimité à cette fiction parfois… Tu ne m'as toujours pas expliqué pour les mails… Merci pour tes idées lumineuses ) Je te souhaite une bonne lecture et poutoux bien baveux d'un omar pas frais !
Teddy : Chère Fordy, cimer roup cte viewre ienb gueule-casse ! T'étais fière de ouate, sister, n'est-il pas ? Jeu hope que ut vas galérer grave à decipher ce sage mais ! Ce sur, lis ienb et dis oim se queue ut en panse ! D'ail heure, thé à la roub, mère s'en dore devant le petit écran. Ah oui, si t'as des remarques perti nantes, des y dés percu tentes, je suie toute oui !
Tisami : Merci pour ta review, j'espère que cette suite te plaira tout autant !
Loufoca-Granger :Souvent, tes reviews me donnent à réfléchir et me donnent envie d'approfondir certains pans de mon histoire que je ne comptais pas explorer… Tu formules des hypothèses qui m'inspirent ! Tu as noté les compliments de Draco et tu m'en vois ravie : Draco les place subtilement et je suis contente que tu l'aies remarqué (il y a une lente évolution dans leur manière de communiquer). Enfin bref, encore merci pour tes reviews construites, pour tes compliments et pour le temps que tu passes à me commenter chaque chapitre !
Isabellerickman : Oui, je n'ai pas raté le pauvre Ron dans le chapitre 9 mais j'avoue avoir adoré écrire cette partie (honte à moi ! ^^). Merci pour ta review et tes compliments, en espérant que cette suite sera à ton goût !
Cœur de plume : Merci à toi pour ta fidélité et le temps que tu passes à me laisser une review ! J'espère que ce chapitre te plaira tout autant. Bonne lecture !
Coucou tout le monde !
Excusez mon long retard mais entre partiels et job d'été, j'ai de quoi faire ! J'ai aussi eu une petite panne d'inspiration que Fiind-l0ve m'a aidée à résoudre ! Un grand merci pour tes centaines d'idées et ta patience !
Voici donc la suite. Ce chapitre 10 a un titre un peu original, ce n'est qu'un clin d'oeil et je ne savais pas quoi mettre d'autre... J'espère réellement qu'il va vous plaire car j'y ai passé du temps. Il est plus long que d'habitude. J'essaie de relancer l'intrigue principale. J'essaie en effet tant bien que mal de faire avancer l'histoire principale et la relation de nos deux personnages principaux. Je trouvais que l'histoire commençait à s'enliser... A vous de me dire ce que vous en penserez !
Merci pour vos gentilles reviews et pour vos compliments que je ne pense pas mériter à chaque fois. Merci de prendre ce temps-là. Sachez que cela ne vous prend que quelques secondes mais c'est là où je puise une grande partie de ma motivation ! C'est en relisant vos reviews que j'ai décidé de me relancer dans cette aventure... Les blocages sont nombreux au cours de l'écriture d'une fiction: on n'est jamais satisfaits... Alors n'hésitez pas à me laisser vos impressions, surtout pour ce chapitre charnière, pour savoir si la tournure des évènements vous plaît ! J'ai beaucoup hésité mais il faut bien se jeter à l'eau, comme on dit !
Je ne m'attarderai pas plus sur cette brève introduction. Merci encore à ceux qui reviewent fidèlement mes chapitres, à Teddy et Poulpe qui me soutiennent contre vents et marées (quelle belle envolée lyrique ! ^^).
Bonne lecture !
Chapitre X : UNE CHANSON A BOIRE
Hermione Granger pénétra dans la réserve un large sourire aux lèvres. Mme Pince lui avait autorisé l'accès – après maintes tentatives de persuasion de la Gryffondor – au dernier rayon de la réserve, celui consacré à la magie noire, aux livres les plus sombres et les plus sordides.
- Je vous préviens, Miss Granger, que cette autorisation est exceptionnelle et que je dois en référer au professeur Dumbledore ! s'était résignée la vieille sorcière, lasse de contrer les assauts répétés de la jeune fille. Si vous n'aviez pas été jugée assez mature et intelligente pour avoir accès à ces ouvrages, je n'aurais pas pu vous donner une telle autorisation. Des sorts dangereux, des secrets terrifiants y sont révélés. Il vous est interdit de sortir ces livres de la réserve. Vous ne pouvez que les consulter sur place. Faites-en bon usage, Miss Granger !
La Gryffondor avait acquiescé d'un air grave, consciente que Mme Pince ne se contentait pas de la prévenir mais ses derniers mots constituaient un avertissement clair. Le rouge lui monta un instant aux joues en songeant à la réaction du professeur Dumbledore. Hermione ne savait que penser depuis son entrevue avec le directeur.
La Préfète-en-chef avait deux objectifs qui l'avaient amenée à vouloir pénétrer dans cette ultime partie de la réserve qui lui était jusque là inaccessible. D'une part, elle n'avait toujours pas abandonné l'espoir de trouver un jour un biais au virus que Rogue lui avait administré. Si elle avait accès à sa composition, la fabrication du contrepoison serait alors possible. D'autre part, Hermione souhaitait en savoir davantage sur les sorts de magie noire que Draco Malfoy était censé lui inculqué. D'après le Serpentard et Severus Rogue, elle avait très rapidement appris le sortilège impardonnable du Doloris. Hermione se souvenait clairement qu'Harry avait éprouvé des difficultés à le lancer sur Bellatrix Lestrange quand il avait voulu se venger de la mort de son parrain. En outre, elle souhaitait se renseigner plus précisément sur ces sorts et ce, avant que le Serpentard ne les lui « enseigne ». Elle trouverait peut-être un sort intéressant à utiliser un jour.
Les mots de Malfoy avaient fait leur chemin depuis sa « leçon » dans la Forêt Interdite sur le Doloris. Utiliser un sort n'étant pas enseigné à Poudlard ne la répugnait plus. Maintenant que sa propre vie était menacée, ainsi que celle de ses parents, Hermione comprenait ce qui avait poussé Harry à avoir recours à des sortilèges de magie noire, que ce soit le Doloris ou le Sectusempra. C'était la rage, le désir de vengeance, la peur au ventre, la colère. A l'époque, Hermione avait été horrifiée par l'utilisation que son meilleur ami avait faite de ces sorts. Pour elle, la magie noire était réservée à Voldemort et à ses adeptes. Désormais, elle avait conscience que la frontière entre magie blanche et magie noire était bien plus ténue que ce que ses yeux de jeune sorcière naïve n'avait voulu voir. Severus Rogue le lui avait amplement démontré, bien qu'elle détestât profondément son chantage et le camp des Mangemorts. La vision des choses de la Gryffondor était trop manichéenne. Le Bien. Le Mal. Opposés. D'ailleurs Malfoy était le contre-exemple frappant des idées préconçues et ingénues de la jeune fille. Le Serpentard était un être fondamentalement pétri de préjugés illogiques, orgueilleux et méprisant. Mais Draco Malfoy ne représentait pas le mal en personne. Il était un élève comme les autres, avec ses préoccupations de Serpentard intéressé et rusé. Certes, il était plus calculateur et arrogant que la moyenne, mais il avait parfois des bons côtés. La limite entre bien et mal, bons et méchants n'obéissait plus à cette vision dualiste qu'Hermione s'était forgée. La vie est colorée de davantage de nuances.
Toutefois, ses conclusions ne revenaient pas remettre en cause ce qu'Hermione pouvait penser de Voldemort et de ses partisans. Elle condamnait et n'adhérerait jamais à leurs pratiques et à leurs idées. Elle s'était simplement contentée de faire évoluer sa vision des choses.
La jeune fille consulta bon nombre de pages poussiéreuses et jaunies. Mme Pince l'avait prévenue que le contenu de certains ouvrages était terrifiant et elle s'en rendit compte par elle-même. Certains livres semblaient avoir été écrits avec du sang humain en guise d'encre. Hermione préféra chasser cette idée macabre de sa tête. Elle passa une bonne partie de l'après-midi à tenter de déchiffrer des runes anciennes, tout en prenant quelques notes. Ses recherches se révélèrent infructueuses quant au remède du poison de Rogue. Par contre, elle dénicha des éléments intéressants par rapport aux sorts de magie noire. Alors que l'heure du dîner approchait, elle se promit de faire part de ses découvertes à Harry. Elles pourraient s'avérer utiles.
Hermione rangea rapidement ses affaires afin de rejoindre ses amis dans la Grande Salle pour le repas. Lorsqu'elle sortit de la réserve, elle découvrit Harry et Mme Pince au beau milieu d'une discussion qui semblait houleuse. Quand le Gryffondor aperçut son ami, il la rejoignit, suivi par la bibliothécaire qui affichait un air courroucé, les traits tirés, telle un vautour. Avant qu'il n'ouvrît la bouche, une Mme Pince soupçonneuse s'adressa à Hermione d'une voix haut perchée :
- Miss Granger, ayez l'obligeance d'expliquer à ce malotru ce que vous faîtes dans la réserve. Il lui est interdit de pénétrer dans le dernier rayon où vous effectuiez vos recherches !
- Je suis en septième année et le professeur Dumbledore m'a autorisé à avoir accès à la réserve ! contra Harry, exaspéré.
Hermione sourit intérieurement, persuadé que son ami n'avait jamais profité de ce droit. Elle jeta un regard circulaire pour voir si quelqu'un suivait l'altercation autour d'eux. La bibliothèque était pratiquement vide, comme souvent à l'heure du dîner où les élèves devenaient nettement moins studieux. Deux Serdaigles achevaient de ranger leurs affaires sans se préoccuper d'eux. La Gryffondor remarqua qu'un autre élève demeurait immobile, assis à une table, un livre ouvert devant lui. Draco Malfoy. Ce dernier ne semblait nullement intéressé par l'ouvrage emprunté. Il fixait de loin les deux jeunes gens et la bibliothécaire, plissant les yeux, comme pour lire sur leurs lèvres. Hermione soupira : cette fouine avait dû passer l'après-midi les fesses collées sur son siège, à attendre qu'elle veuille bien sortir de la réserve. Il s'acquittait de son devoir de surveillant insupportable avec brio. La Gryffondor reporta son attention sur la conversation en cours.
- Je vous l'ai répété, monsieur Potter, cette partie de la réserve ne vous est pas accessible ! A croire que vous avez tous la même idée, cet après-midi ! Avant vous, Draco Malfoy m'a fait la même demande ! déclara la bibliothécaire en levant les yeux au ciel d'un air excédé. monsieur Potter est venu trois fois cet après-midi afin de s'enquérir de votre présence dans la réserve ! s'insurgea-t-elle en s'adressant à Hermione. Je n'ai pas que ça à faire, voyez-vous, monsieur Potter ! Je ne veux plus vous voir essayer de forcer le passage ! Sortez de ma bibliothèque, tous les deux !
L'air strict de la bibliothécaire les dissuada de discuter davantage. Ils se sauvèrent de la bibliothèque sans demander leur reste, abandonnant Mme Pince à ses chers livres.
Longeant le couloir, les deux Gryffondors se tenaient les cotes, en proie à un fou rire incontrôlable.
- « Je vous l'ai répété, Monsieur Potter »… répéta Hermione d'une voix suraiguë en imitant la bibliothécaire.
Elle creusa volontairement ses joues et retroussa son nez afin de ressembler au plus près à Mme Pince.
- Cette femme est vraiment aigrie ! gloussa Hermione en reprenant petit à petit son sérieux.
- Elle n'a que ses livres adorés dans sa vie ! se moqua Harry.
- C'est triste, approuva Hermione sérieusement.
- Je me suis toujours demandé si elle n'était pas amoureuse de Rusard ! souffla Harry dans un ricanement.
Hermione éclata à nouveau de rire, imaginant l'étrange couple cohabitant avec Miss Teigne.
Harry et Hermione s'assirent à la table des Gryffondors, plaisantant toujours.
- Pourquoi es-tu venu me chercher cet après-midi ? lui demanda Hermione en se servant du porridge.
- Heu… rougit Harry bêtement. J'avais besoin de toi pour mon devoir de potions !
- Ah… fit-elle, déçue.
Au grand soulagement d'Harry, Hermione ne rebondit pas sur le sujet. Il s'en voulut un instant de mentir à sa meilleure amie mais la consigne de Dumbledore était claire : surveiller Hermione sans qu'elle ne le remarque.
Quant à elle, Hermione était davantage préoccupée par la présence de Malfoy. Lui aussi avait voulu pénétrer dans la réserve. Et elle n'était pas dupe : ce n'était pas pour accéder à la culture que contenaient les ouvrages entassés sur les rayons poussiéreux mais bien pour la retrouveret l'espionner.
- Ca te dit de venir assister à notre entraînement ce soir ? lui proposa Harry quand le dîner fut achevé. Nous nous préparons pour le match contre Serpentard !
Son enthousiasme arracha un sourire à Hermione qui secoua la tête. Elle voulait remettre de l'ordre dans les notes prises dans la réserve et avancer son devoir de potions.
La Préfète regagna ses appartements et s'installa à sa place attitrée, lovée dans de confortables coussins, près du feu qui crépitait dans la cheminée. Ces quelques instants de quiétude furent perturbés par l'arrivée fracassante de Malfoy qui vida son sac sur la table sans aucune délicatesse. Puis il s'assit dans un fauteuil et sortit un vif d'or de sa poche. Hermione l'observa un instant et comme il ne lui adressait ni un mot ni un regard, elle se replongea dans ses notes. Malfoy jouait nonchalamment avec son vif d'or, s'amusant à le libérer et à le rattraper le plus vite possible. Le bourdonnement des ailes du vif d'or donnèrent la migraine à Hermione. Du ton le plus aimable qu'elle put, elle lui demanda :
- Malfoy, c'est un peu bruyant, ça te dérangerait d'arrêter ?
- Oui, ça me dérangerait ! rétorqua le blond d'une voix traînante. Mais j'accepte d'arrêter si tu m'expliques ce que tu fichais dans la réserve cet après-midi !
- Des recherches, Malfoy ! Tu vois, ce genre de choses que l'on fait généralement dans une bibliothèque ! répondit-elle d'un ton mordant.
- J'y ai pensé, vois-tu, Sang-de-bourbe ! Mais sur quoi portaient tes précieuses recherches ?
- Rien qui ne te concerne, la fouine ! répliqua Hermione d'un ton féroce, vexée par l'insulte.
- Granger, j'ai comme devoir de te surveiller et ne te méprends pas : cela ne me fait pas plus plaisir qu'à toi ! Mais quand tu disparais, tu ne me facilites pas la tâche ! Rogue t'a demandé de me rendre des comptes, de me signaler tout endroit où tu te rends. Ne fais plus d'entorse à cette règle ou je trouverai un moyen de t'y obliger !
Le rire cristallin d'Hermione signala à Draco qu'elle se moquait éperdument de ses menaces.
La Gryffondor se leva pour prendre un livre sur les potions qui se trouvait dans la petite bibliothèque, derrière le fauteuil où était assis Malfoy. Elle se mit sur la pointe des pieds pour l'attraper, préférant faire plusieurs tentatives plutôt que de s'abaisser à demander de l'aide à Malfoy. Celui-ci l'observait d'un air amusé. Quand elle attrapa enfin le dit livre, elle le tira vers elle mais plusieurs autres ouvrages le suivirent dans sa chute et dégringolèrent de l'étagère. Déséquilibrée, Hermione se rattrapa un instant au bras du fauteuil où était accoudé Malfoy. Ses doigts s'agrippèrent à son avant-bras afin d'éviter de tomber à son tour. Hermione rétablit son équilibre et rougit comme une pivoine quand elle se rendit compte que le bras de Malfoy lui servait d'appui pour se relever. Elle nota qu'il ne l'avait pas retiré, ne semblant pas gêné par son contact. Elle se perdit un instant son regard gris où aucune trace de haine ne perçait, comme si le temps se suspendait quelques secondes. Puis elle ôta vivement sa main, comme si elle s'était brûlée. Une vague de chaleur l'envahit, gênée par l'incident. La peau de Malfoy lui avait semblé presque douce. La Gryffondor se hâta de retourner s'asseoir sur ses coussins et fit semblant de se concentrer avec assiduité sur son livre. Mais ses pensées s'attardèrent sur cette parcelle de peau qu'elle avait touchée et sur des caresses brûlantes qu'elle imaginait… Et leurs deux corps étroitement enlacés…
Hermione se gifla mentalement. A quoi pensait-elle ? Elle divaguait ! Elle était en proie à une violente colère contre elle-même. Comment avait-elle pu éprouver une attirance animale pour Malfoy ? Simplement parce qu'elle avait touché son bras ? Elle avait espéré éliminer cette faiblesse, ou du moins l'étouffer en contrôlant soigneusement ses pensées et ses rapports avec le Serpentard. Or, un seul contact, fugace, avait suffi pour que ses émotions reparaissent brutalement, plus brûlantes encore que les précédentes.
Miss Granger,
Rendez-vous ce soir à 20h30 dans mon bureau.
S. Rogue.
Hermione relut trois fois la missive déjà décachetée par Draco. Ce dernier avait été chargé par le professeur de potions de transmettre un message à la Gryffondor. Auparavant, il avait pris la peine de l'ouvrir et de le lire.
La jeune fille soupira d'exaspération et lui lança un regard assassin. Mais elle était soulagée car le message ne contenait rien qui puisse intéresser le Serpentard.
Draco fut presque déçu par son manque de réaction. Mais Hermione avait estimé que la piètre tentative pour l'ennuyer n'était qu'un coup bas de plus de la part de ce serpent fourbe. Il ne valait même pas la peine de relever ce détail sans importance destiné à la faire sortir de ses gonds. Elle ne lui ferait pas ce plaisir là une fois de plus. Elle lui lança simplement :
- Tu manques d'originalité, la fouine !
Le soir même, à 20h30 précises, Hermione se présenta le cœur battant dans les cachots et frappa à la porte du bureau du maître des potions. La voix mielleuse du professeur l'autorisa à entrer. Mal à l'aise et inquiète, elle s'installa maladroitement sur la chaise qu'il ne lui offrit pas. Severus Rogue contemplait le parc du château par le soupirail, tournant le dos à sa jeune visiteuse. Mille questions se bousculaient dans l'esprit de cette dernière, essayant vainement de deviner pourquoi il l'avait convoquée aussi rapidement. Par un sort informulé, le professeur insonorisa la pièce. Il tourna les talons dans un froissement de robe et posa son regard noir sur la jeune fille qui se recroquevilla sur sa chaise. Sans un mot, il se dirigea vers une des armoires de sa réserve personnelle et en ressortit trois fioles contenant un liquide pourpre. Il les posa sur son bureau, juste en face d'Hermione en s'assit dans son fauteuil. La jeune sorcière sentit son cœur palpiter. Etait-il possible que ce soit…
- Oui, miss Granger. Il s'agit du poison de ma composition que vous avez ingéré… confirma le professeur en se délectant de la réaction de son élève. A votre humble avis, pourquoi y a-t-il trois fioles ?
L'esprit d'Hermione fonctionnait à toute vitesse, tentant de trouver une autre réponse, une raison moins dramatique que celle, évidente, qui s'imposait à son esprit. Mais elle dut se rendre à l'évidence et répondit à contrecœur :
- Elles sont destinées à trois personnes.
- Excellent esprit de déduction ! se moqua Rogue d'un ton doucereux. Et c'est vous qui allez les administrer !
- Co… Comment ? balbutia la jeune fille, hébétée.
- Le Seigneur des Ténèbres vous confie une nouvelle mission, qui, par ailleurs, lui a été suggérée par moi-même… se félicita le professeur avec un petit sourire satisfait qu'il réprima immédiatement. Voici trois fioles qui contiennent le même poison que vous avez avalé. Vous vous débrouillerez pour le faire boire à ces trois élèves dont les noms sont inscrits sur ce parchemin.
Il le déposa sur la table mais elle se garda bien de l'ouvrir, attendant la suite des consignes, sur le qui-vive.
- La ruse est d'une simplicité effrayante, miss Granger ! Je vous en explique le principe avant que vous ne m'assailliez de questions ennuyeuses… Ces élèves ne mourront pas. Il s'agit des enfants de familles de sangs purs réticents au Seigneur des Ténèbres. Il s'agit d'un avertissement. En échange de leur fidélité ou de quelque chose dont le Maître pourrait avoir besoin, l'antidote sera donné à leur enfant. Rassurez-vous, ce n'est pas le même antidote provisoire que Draco vous donne chaque matin. Il s'agit du véritable contrepoison qui les guérira complètement.
Fourbe, le maître des potions laissa ses paroles se distiller insidieusement dans l'esprit de la Gryffondor qui semblait tétanisée.
- Je vous rassure, vous n'aurez pas accès à l'antidote qui rétablira ces élèves. Moi seul le leur administrera sur ordre du Seigneur des Ténèbres.
Hermione vit un de ses espoirs s'envoler. Elle qui cherchait depuis des mois pour trouver une solution à ce maudit antidote, voilà qu'on le lui présentait sur un plateau d'argent ! Mais une lueur s'alluma dans ses yeux chocolat : un dernier espoir demeurait…
… dernier espoir que Severus Rogue s'empressa de balayer comme un vent d'automne fait envoler les feuilles mortes :
- Je sais à quoi vous pensez, miss Granger. Mais me croyez-vous assez stupide pour vous laisser faire des expériences sur le poison et en trouver la composition ? Je vous rappelle qu'il s'agit d'une de mes propres créations. Vos recherches se sont jusque là révélées infructueuses, je crois, n'est-ce pas ? susurra-t-il d'un ton mielleux. Mais ne reconnaissez-vous pas cette couleur pourpre caractéristique ? Allons, miss Granger, une élève de votre niveau n'a pas reconnu mon nouvel ingrédient ? ironisa le professeur, cassant.
La Gryffondor se pencha pour observer de plus près le liquide contenu dans les fioles. Ses soupçons se confirmèrent et elle se redressa, les lèvres tremblantes. Severus Rogue venait d'abattre ses derniers espoirs de découvrir un jour la composition du poison pour espérer fabriquer un contrepoison.
- Alors, qu'est-ce ?
- De la ricine de Paracelse, murmura Hermione dans un souffle.
Elle avait la désagréable impression de se retrouver au premier rang d'un cours de potions, en pleine interrogation orale.
- Excellent, miss-je-sais-tout ! railla le professeur. La ricine de Paracelse a un rôle neutralisant sur les composantes d'un poison, et uniquement pour les poisons. Seule, la ricine est hautement toxique en toute petite quantité. Mais dans un poison, elle a un pouvoir neutralisant et colorant. Ce petit artifice permet depuis la nuit des temps d'éviter l'identification d'un poison et par conséquent d'empêcher qu'on administre le bon contrepoison. Vous ne pourrez pas faire de petites expériences hasardeuses sur ce poison, miss Granger !
Elle soupira d'exaspération : ce n'était pas la peine qu'il le répète encore une fois. Sa petite démonstration érudite sur la ricine était amplement suffisante !
- Vous avez jusqu'à la fin de la semaine pour administrer ceci ! ordonna le professeur en désignant les fioles. Mme Pomfresh m'avertira directement quand un de ces élèves se présentera à l'infirmerie et qu'elle ne saura pas quelle potion leur donner…
Un petit ricanement lui échappa. D'un geste de la main, il congédia son élève. Celle-ci enfouit les trois fioles d'une main tremblante dans son sac ainsi que le précieux parchemin.
Cette nuit-là, Hermione ne trouva pas le sommeil. Le plan de Rogue et de Voldemort ne comportait, comme d'habitude, aucune faille. Il y avait même peu de chance que cela tourne mal. Son propre rôle était peu risqué. Encore une fois, le machiavélique professeur de potions avait pensé à tout et contrait toutes ses idées pour se sortir de ce pétrin.
Ce ne fut que le matin suivant qu'une idée germa dans la tête d'Hermione Granger.
Après s'être lavée et habillée, Hermione descendit comme à son habitude dans la salle commune où son ennuyeux homologue piaffait d'impatience. Comme tous les matins, Draco sortit l'antidote de sa poche et dit :
- Bonjour, Granger !
Comme elle rechignait à répondre, Draco garda la fiole dans ses mains.
- J'ai dit : bonjour Granger !
- Bonjour Malfoy ! répondit-elle en grognant.
- Que les Sangs-de-bourbe sont malpolis ! répliqua le Serpentard en lui tendant de mauvaise grâce la fiole contenant l'antidote.
A cet instant précis, Hermione eut une idée. Un large sourire s'installa sur son visage et ne le quitta pas de la journée. Elle réfléchit à la mise en œuvre de son plan. Tout résidait dans le tact et la discrétion.
Surtout avec Malfoy !
Le soir même, la jeune fille s'empressa de rentrer avant son incommodant colocataire dans la salle commune. Elle étala livres et parchemins sur la table et fit apparaître une chope de Bieraubeurre . Elle en but quelques gorgées puis y versa le liquide pourpre d'une des trois fioles que Severus Rogue lui avait données. Un sort astucieux appris dans le cours du professeur Flitwick redonna au liquide sa couleur d'origine. S'abstenant de toucher par mégarde le verre et d'en boire une seule gorgée, Hermione se plongea avec assiduité dans ses révisions.
Malfoy ne se fit guère désirer et arriva une demi-heure plus tard dans la salle commune. Comme à son habitude, il s'affala dans son fauteuil attitré et croisa nonchalamment les jambes. Après quelques minutes, il s'intéressa à son homologue, cherchant un nouveau moyen de l'ennuyer.
- Dis donc, Granger, tu ne t'embêtes pas ! Une Bieraubeurre à Poudlard ! s'exclama-t-il, à la fois amusé et surpris. Je ne suis pas certain que la vieille chouette McGonagall soit ravie de l'apprendre !
- Euh… J'avais soif et… balbutia Hermione, gênée comme si elle avait été prise la main dans le sac.
- Moi aussi, j'ai soif. Je finis ton verre et on n'en parle plus !
Le Serpentard se leva et attrapa la chope sans vergogne, malgré les protestations de sa propriétaire. Ravi d'étancher sa soif, le jeune homme ne remarqua pas le sourire calculateur d'Hermione. Cette dernière songea qu'il était idiot et tellement prévisible. Elle avait parfaitement prémédité et planifié ce qui allait se passer et Draco avait agi comme elle s'y était attendue : en odieux Serpentard qui se croit tout permis et qui ne peut s'empêcher de lui faire du chantage pour parvenir à ses fins. Comme un gamin stupide ! Un vrai jeu d'enfant…
Bien qu'elle savourât sa victoire totale et complète, Hermione savait qu'il valait mieux qu'elle ne s'attarde pas trop dans les parages. Elle rassembla ses affaires et monta s'enfermer dans sa chambre alors que le Serpentard braillait une chanson à boire.
Enfin, elle tenait sa vengeance.
D'abord, sur Rogue, qui serait pris à son propre jeu. Draco était son filleul et c'était Rogue qui l'avait volontairement enrôlé dans cette histoire !
Ensuite – et surtout – elle savourait sa revanche sur Draco Malfoy. Elle espérait que cette sale fouine ne se précipiterait pas tout de suite chez son parrain mais subirait nausées, vertiges et vomissements une bonne partie de la nuit. Le souvenir de la sensation de dizaines de couteaux lui transperçant le ventre était encore frais et cuisant. Ce soir-là, Hermione n'insonorisa pas sa chambre. Elle voulait entendre Malfoy gémir en appelant sa mère. Elle aurait voulu le voir se tordre de douleur comme un vers, le teint encore plus pâle que d'habitude. Ce serpent lui en avait fait tellement baver ces derniers temps qu'elle n'avait eu aucun remords à mettre en place ce petit stratagème. Malfoy était un fils à son papa, pourri gâté à qui on ne refuse rien. Elle voulait qu'il subisse, ne seraient-ce que quelques heures, ce qu'elle subissait. Peu importaient les conséquences. Il y avait là quelque chose de jouissif.
Maintenant qu'elle y songeait, la réaction de Malfoy ne se ferait pas attendre. A cette pensée, Hermione se mordit la lèvre inférieure. Elle avait agi impulsivement, mue par une soif de vengeance qui l'avait soudainement embrasée. Elle pouvait compter sur Malfoy pour lui faire payer cet affront de taille ! Mais la machine était lancée et le Serpentard devait déjà souffrir des premiers effets du poison de son cher et tendre parrain. Quelle ironie du sort ! songea Hermione avec une pointe de satisfaction. C'était un retournement de situation dont, elle l'espérait, ils tireraient quelques leçons !
La Gryffondor finit par s'assoupir alors que la nuit était bien avancée. Quelques cris déchirèrent l'obscurité.
Quand elle se réveilla, Hermione tendit l'oreille : aucun bruit. Elle ne sut dire si c'était un bon présage ou non. Elle se prépara en toute hâte, tendue. Puis, à pas de loup, Hermione sortit de sa chambre et descendit les quelques marches qui menaient à la salle commune. Sur le point de pousser un soupir de soulagement, une ombre la fit sursauter. Malfoy était confortablement assis dans un fauteuil de cuir noir, sa baguette à la main et l'air menaçant. A la grande déception de la Préfète, il semblait en pleine forme, quoiqu'un peu pâle. Il était apparemment guéri. Elle espérait simplement qu'il était allé voir Rogue le plus tard possible.
- Bien dormi, Malfoy ? commença Hermione d'un ton aussi neutre qu'elle le put, bien qu'elle cherchât volontairement à le provoquer.
- Tu joues avec le feu, Granger… murmura le Serpentard en se levant. Tu as peut-être soif ?
Le sourire forcé de la sorcière disparut aussitôt. Elle était démasquée et n'avait plus envie de jouer au chat et à la souris. Comme un retour de boomerang, elle attendait que la colère de Malfoy éclatât. Elle avait simplement prié pour que ce soit le plus tard possible… Pour l'instant, il fallait qu'elle trouvât un moyen pour s'échapper de cette situation périlleuse. Avant qu'elle ne fasse le moindre mouvement, un expelliarmus lui ôta sa baguette. Hermione se gifla mentalement : elle avait été trop naïve en s'aventurant ainsi de bon matin.
- Tu t'es cru maline, Granger ? Tu dois être fière de toi, Sang-de-bourbe… l'invectiva-t-il durement.
Ses pas s'approchaient dangereusement de la jeune fille dont les yeux affolés cherchaient une issue. Un instant, Draco songea qu'elle ressemblait à une biche effarouchée. Comme elle ne trouvait aucune échappatoire, Hermione choisit l'attaque tout en reculant vers le couloir qui menait à la sortie de la salle commune.
- Oui, j'en suis plutôt fière !
Draco vit dans ses yeux qu'elle ne mentait pas. Comme il voulait lui faire ravaler cette fierté, cet air farouche qui la rendaient si désirable et qui l'affaiblissaient, lui, un Malfoy !
- Tu vas payer, Granger, pour ce petit tour ridicule de Sang-de-bourbe désespérée ! Je vais te faire souffrir comme tu n'as jamais souffert ! Je vais te poursuivre, te hanter jusque dans tes pires cauchemars…
Hermione ne chercha pas une seconde à le contredire et elle le croyait sur parole.
- Ce que tu n'as pas compris, Malfoy, répliqua-t-elle alors qu'il l'acculait contre un mur sans qu'elle ne s'en rende véritablement compte, c'est que tu me pourris déjà tellement la vie que je n'ai plus peur de toi !
Ses yeux noisette affrontèrent avec une lueur de défi intolérable pour le Serpentard son regard froid et gris comme de l'acier.
- Je vais reformuler, Granger… Je vais devenir ton pire cauchemar et ce que tu as vécu jusqu'ici n'était que des vacances. Ce n'était rien, tu m'entends ? Rien comparé à ce qui t'attend ! assena-t-il en criant presque, les yeux étincelants de fureur. Tu n'es qu'une Sang-de-bourbe méprisable et je vais te broyer, te détruire et…
Et elle le gifla de toutes ses forces, révoltée par toutes les horreurs qu'il venait de proférer. Elle refusait que son nom soit encore sali sans qu'elle ne se batte un temps soit peu. Malfoy vacilla à peine, se frotta la joue, fulminant de rage. Il attrapa la Gryffondor par le col de sa cape et la projeta violemment contre le mur.
Le dos meurtri, la jeune fille haleta afin de stabiliser sa respiration. Sa vision était floue et sa tête la lançait. Elle avait la désagréable sensation de ne pas savoir où elle se trouvait. Maladroitement, elle tenta de repousser le poids qui entravait ses mouvements. Paniquée, elle ferma les yeux un instant afin de dissiper la sensation incommodante d'avoir la tête qui tournait. Quand elle les rouvrit, ce fut pour reconnaître les traits de Malfoy, dangereusement proche de son propre visage. Hermione se fit violence pour faire fonctionner les neurones épargnés et en déduisit que c'était le Serpentard qui avait dû la malmener et qui l'emprisonnait en faisant barrage de son propre corps appuyé contre le sien.
Quant à lui, Draco oublia presque pourquoi les deux jeunes gens se trouvaient dans cette situation. Il l'observa attentivement. La Gryffondor avait l'air déboussolée, vulnérable et affolée à la fois. Elle était sa captive, sa proie. A sa merci. Cette sensation de domination l'étourdit un instant, comme grisé par un alcool fort. Le Serpentard se pencha légèrement et examina attentivement le visage de sa prisonnière. Les yeux chocolat de la jeune fille flamboyaient étrangement de rage et de peur à la fois. Malgré la situation délicate dans laquelle elle se trouvait, Granger ne se défit pas de cet air farouche de lionne indomptable, qui taquinait l'instinct de chasseur de Malfoy dont le désir se décupla. Au fur et à mesure qu'il la détaillait, Draco en oublia son nom et son visage s'approcha lentement du sien.
Hermione dévisageait Malfoy comme s'il était tombé sur la tête. Elle était comme hypnotisée par ses orbes métalliques étincelants. Quand elle s'aperçut qu'il penchait inexorablement la tête vers elle, la jeune fille ouvrit de grands yeux, devinant ce qu'il s'apprêtait à faire. Mais, contrairement à ce que tout deux s'attendirent, Hermione ne se débattit pas. Seul un furtif tressaillement trahit sa surprise. Agréable surprise, se plut à croire le Serpentard. Les yeux d'Hermione fixaient intensément les lèvres rosées de Draco qui poursuivaient leur ascension vers les siennes. Instantanément, elle oublia ce qui l'entourait, qui était l'homme qui s'apprêtait à commettre à nouveau l'impensable. Seuls comptaient son souffle tiède, son regard fiévreux et ce désir dévorant qui embrasait tout son être. Draco la buvait littéralement du regard. Un ange déchu.
Le Serpentard posa ses lèvres avec avidité sur les siennes, comme si sa vie en dépendait. Ses mains explorèrent son dos, pétrissant sa chair sans aucune brusquerie toutefois. Hermione subit ce doux traitement sans aucune résistance, brûlante de désir elle aussi. La bouche entrouverte, la langue du blondinet alla à la rencontre de la sienne. Le contact d'abord timide se transforma rapidement en un ballet fougueux que chacun tentait de menait. L'étreinte se fit plus passionnée. Draco voulut reprendre le contrôle de la situation et se retira de cette danse effrénée puis effleura ses lèvres du bout de la langue, lui arrachant un soupir d'insatisfaction.
A bout de souffle, il s'écarta quelques millièmes de seconde, sans pour autant desserrer son étreinte. Leurs souffles se mêlèrent. A nouveau, Draco franchit la distance qui le séparait de sa bouche et happa ses lèvres gorgées de sang. Ses mains se faufilèrent insidieusement sous son chemisier, caressant ses courbes. La respiration d'Hermione s'accéléra. Sa bouche s'attarda dans le cou du Serpentard. A son tour, elle déboutonna à la hâte les boutons de sa chemise et caressa fiévreusement son torse brûlant.
Un bruit de pas interrompit leur étreinte passionnée. Instantanément, comme s'ils se brûlaient, les deux Préfets-en-chef se séparèrent et mirent de l'ordre dans leur tenue. Draco reprit plus rapidement ses esprits et tourna les talons, longeant le couloir à grandes enjambées.
Vous allez me maudire de finir là-dessus... ^^
Merci de me donner votre avis, il est important pour moi, surtout pour ce chapitre, pour avoir si cette suite vous plaît ou si je fais fausse-route !
Je vous embrasse tous et à bientôt !
