Collée-serrée même dans un vaisseau ruche, avec Ronon, c'est quand il veut ? Oô… t'es intenable, toi ! :-D
Bon, dernier épisode de « Coralie en visite dans un univers parallèle », où tu trouveras ta réponse ! Merci de ta review, et petite question indiscrète : tes messages me parviennent tard dans la nuit, alors tu es un animal nocturne ou tu ne vis pas sur le même méridien que moi ?^^
…
Chapitre 10« Vous en êtes capable ? Ça serait une première ! »
Coralie fusilla le Canadien du regard.
« Le software Ancien, je travaille avec depuis six mois, alors oui, je devrais pouvoir y arriver ! »
McKay resta sceptique, et lui fit signe de s'approcher de la console d'un signe de tête :
« Montrez-moi ça… »
La jeune femme se pencha sur les données qui défilaient, et pianota une ligne de codes, puis une autre, réajusta la première, fouilla ailleurs, revint sur le premier programme. Sa nervosité augmentait à mesure que ses recherches ne donnaient aucun résultat et que McKay montrait des signes d'impatience.
Quand tout à coup :
« Je l'ai ! Il est là ! »
L'astrophysicien se pencha par dessus l'épaule de Coralie et marmonna :
« Oui, on dirait bien… »
La jeune femme lui accorda un sourire triomphant.
« Bon… vous allez vous en sortir, vous êtes sûre ?
- Mais oui, je vais mettre cinq minutes à lui faire sa fête ! Allez-y, je m'occupe de ça ! » affirma-t-elle avec aplomb.
McKay se tourna vers ses deux coéquipiers silencieux, assis dans un coin de la pièce.
« Je repars dans la salle de commande des transferts. J'ai besoin de calme, pas besoin qu'on m'accompagne.
- Oh, mais je n'en avais pas l'intention ! claironna Sheppard avec un air faussement sérieux.
- Pareil. » grogna le Satédien.
McKay afficha un air outré avant de sortir, la tête haute et la démarche raide.
Coralie échangea un sourire avec le militaire, et se replongea dans sa tâche.
Quand ils avaient regagné le vaisseau Ancien, et qu'ils avaient constaté avec soulagement depuis la passerelle de commandement que leur mission de sabotage était un succès – le vaisseau-ruche, qui n'avait qu'un seul et unique réacteur en état de marche, sur son flanc bâbord, tournait en rond sans espoir de se stabiliser – McKay s'était remis au travail pour trouver comment les ramener chacun chez eux. Il était tombé un peu par hasard sur un « cheval de Troie » qu'il avait dû activer par mégarde lors de ses précédentes manipulations. C'était ce mouchard qui avait sans nul doute alerté les Wraiths. Le Canadien pensait que leurs ennemis ne voulaient pas détruire le vaisseau, mais l'utiliser, raison pour laquelle ils n'avaient pas ouvert le feu. La majorité des consoles de la passerelle de commandement avaient été sabotées pour empêcher toute retraite, mais les extraterrestres avait installé le programme espion pour les prévenir si quelqu'un activait le système, quelqu'un capable de faire fonctionner les passages entre les univers.
Ronon Dex avait déjà l'arme en main pour faire exploser la console en état de marche d'où l'astrophysicien avait été repéré le virus, pensant ainsi l'éradiquer, mais McKay et Coralie s'était jetés en même temps sur son bras pour l'en empêcher. Le Canadien, blanc de rage, avait expliqué à « Conan » que tout détruire à « coups de hache » n'était pas la solution ultime, ce à quoi le Satédien avait répliqué que ça lui semblait pourtant un excellent moyen pour abréger les reproches dont son coéquipier l'abreuvaient.
Sheppard avait dû s'interposer entre ses deux amis - au grand soulagement de McKay- et Coralie s'était proposée pour s'occuper du mouchard. Voilà pourquoi elle se retrouvait à nettoyer les programmes Anciens, tâche qui se révéla plus ardue qu'elle ne le pensait. Mais elle se faisait un point d'honneur de mener cette mission à bien, pour prouver qu'elle n'était pas totalement inutile.
Appliquée, les sourcils froncés, la jeune femme tentait de circonscrire le virus sans endommager les programmes infectés, et ne faisait plus cas des deux hommes restés avec elle. C'est quand Sheppard l'interpella qu'elle leva le nez de la console, les yeux un peu dans le vague :
« Hmmm …?
- Rien, désolé, dit le militaire, je ne voudrais pas vous distraire…
- Non, ça va, allez-y, répondit Coralie en souriant tout en se replongeant dans la base de données. Elle est coriace, cette saleté de virus, mais j'ai connu pire : un de mes contacts créaient une demi-douzaine de chevaux de Troie par semaine qu'il balançait à tour de bras, c'était son grand jeu… c'était plus un ordi, que j'avais, c'était une écurie… alors c'est pas un petit canasson extraterrestre de rien du tout qui va me coincer… Donc, vous disiez quoi ?
- Je me demandais quelles pouvaient être les différences entre vôtre réalité et la nôtre…
- Et bien déjà, chez moi, Teyla n'a pas de fils… »
En prononçant cette phrase, Coralie lança un coup d'œil entendu vers Sheppard, qui ouvrit de grands yeux et protesta :
« Eh, ne me regardez pas comme ça ! J'y suis pour rien ! »
A la grande surprise de la jeune femme, le Pégasien pouffa. Elle le regarda avec des yeux ronds : c'était un peu comme si un Geni se mettait à danser le French Cancan.
« Je peux savoir ce qu'il y a de drôle ? demanda-t-elle.
- Sheppard m'a lancé le même regard quand il a appris que Teyla était enceinte, et je lui ai fait la même réponse ! » répondit-il, toujours souriant, tandis que le militaire secouait la tête, amusé lui aussi par la similitude de leur réaction.
Coralie se fendit d'un sourire à son tour, avant de s'arracher au spectacle toujours surprenant d'un Ronon Dex de bonne humeur. Se replongeant dans la tâche qu'elle devait mener à bien, elle laissa son esprit vagabonder sur ce qui venait d'être dit.
« Et qui est le père, alors ? » questionna-t-elle à nouveau, tout en cherchant à éradiquer le virus sans endommager une ligne de commande un peu particulière.
Comme la réponse tardait à venir, elle leva encore une fois le nez pour dévisager les deux hommes qui manifestement répugnaient à lui répondre.
« Quoi ? s'étonna Coralie. Pourquoi vous ne voulez pas me le dire ? C'est le Dark Vador de votre univers ?
- Non, pas du tout ! dit Sheppard. C'est un type très bien, mais il est préférable de ne rien vous révéler… pour éviter toute intervention malheureuse dans votre réalité…
- Intervention malheureuse ? Vous croyez que je lâcherai l'information à Teyla et que ça la braquerait, ou un truc comme ça ? Vous trouvez que j'ai une tête d'entremetteuse ? »
Non , ça, c'est plutôt le style de Sioban.
Se remémorant la conversation qu'elles avaient eue quelques jours auparavant au sujet des célibataires d'Atlantis, Coralie se demanda si les deux hommes étaient sur le marché dans leur propre univers, comme c'était le cas chez elle.
Non pas que ça m'intéresse le moins du monde, non, pas du tout. Vraiment pas. C'est juste par curiosité.
Mal à l'aise de la tournure que prenait ses pensées, Coralie choisit de dévier le sujet de leur conversation :
« Bon, c'est quoi son nom, à ce gamin, rappelez-moi…
- Torren, répondit le militaire.
- Torren-John, précisa Dex avec un sourire en coin.
- Torren… John ? répéta la jeune femme ironiquement. Voyez-vous ça ! »
Sheppard grommela des paroles indistinctes tout en fusillant son ami du regard, ce qui sembla juste amuser un peu plus ce dernier.
« Voilà qui a dû plaire au papa, dites-moi ! » poursuivit Coralie, impitoyable.
Le militaire grimaça en évitant son regard.
« Vous êtes une sorte de parrain, peut-être ? Le tonton de cœur ? Ou alors c'est vous qui l'avez aidée à accoucher ! »
La jeune femme avait lancé la dernière supposition sous forme de boutade, mais elle fut stupéfaite par la réponse :
« C'est pas moi qui l'ai aidée, c'est Rodney… »
La mâchoire de Coralie se fracassa sur le sol. Du moins c'est ce qui lui sembla.
« … McKay ? … il... Teyla ?... »
Un tableau carrément surréaliste prit forme dans l'esprit de la jeune femme. Plus incroyable encore que tout ce qu'elle avait vécu.
Rodney McKay en sage-femme intergalactique.
Je crois que je vais buguer...
« La vache, Sheppard, prévenez quand vous balancez une info pareille ! » souffla-t-elle en jetant un œil sur la console devant elle pour vérifier que le virus n'avait pas profité de la mise en veille de son cerveau pour provoquer des dégâts irréparables.
Puis, la surprise passée, elle se mit à ricaner nerveusement.
« J'en conclue que l'accouchement n'est pas survenu au meilleur moment...
- Non, pas vraiment...
- Je peux en savoir plus, ou c'est encore un truc qui pourrait changer la destinée de tout mon univers ? »
Les deux hommes s'échangèrent un regard, et Sheppard soupira :
« Mickael, ça vous dit quelque chose ? »
Coralie fronça les sourcils :
« Oui. L'expérience ratée du Wraith qu'on a tenté de changer en humain...
- Il a enlevé Teyla, et on est parvenu à la récupérer au moment où elle accouchait...
- Charmant. »
Une défaillance dans sa tentative de circonscrire le virus la fit souffler entre ses dents serrées comme un chat en colère, et elle pianota furieusement un nouvelle ligne de code pour sauver les meubles comme elle pouvait.
« Aaaah, saleté, saleté, saleté ! pesta-t-elle furieusement. Mais quelle plaie ! »
Ses compagnons restèrent silencieux quelques secondes, puis Sheppard se risqua à demander :
« Y a un problème ? »
Coralie vérifia son codage, expira un grand coup et lui répondit :
« Rien d'irréparable, mais cette saloperie de vermine wraith est plus coriace que je ne m'y attendais !...
- Vous voulez que je demande à McKay de revenir vous donner un coup de main ? »
Coralie prit le temps de le fusiller du regard pendant cinq secondes avant de reporter son attention sur la console.
« OK, je prends ça pour un non... »
Au bout de quelques minutes de silence pesant uniquement troublé par divers jurons chuchotés par une voix féminine - où il était plus ou moins question de pratiques honteuses auxquelles s'adonneraient les Wraiths et leurs mamans -, le Pégasien perdit patience et quitta le mur sur lequel il était appuyé pour commencer à tourner en rond dans la pièce. Sans quitter des yeux son écran, Coralie l'informa :
« Sans vouloir me montrer désagréable, vous sentir rôder comme ça autour de moi va vite me taper sur les nerfs... allez donc plutôt voir si le docteur McKay n'a pas besoin de compagnie ! »
Au lieu de suivre son conseil, Dex se plaça au contraire dans le dos de la jeune femme, tout près d'elle, et se pencha par dessus son épaule pour regarder ce qu'elle faisait. Elle se tourna lentement vers lui, levant les yeux sur le visage terriblement proche de l'extraterrestre qui lui rendait un regard impassible, et articula d'une voix plate :
« Vous aggravez votre cas, là...
- Je ne rôde plus autour de vous ! »
Tentant de garder son calme, elle se pencha un peu pour interpeller Sheppard à demi caché par la carrure du Satédien :
« S'il vous plaît, vous pouvez pas l'amener se dégourdir les jambes ailleurs ?
- Chewie, arrêtez d'embêter la jeune fille. » dit-il d'un ton désabusé.
Il dut comprendre un message dans le regard plein d'espoir de son ami car il poursuivit :
« Et non, on n'est pas tout à fait en attente d'une mort certaine, là, mon grand, alors pas question que je vous occupe en prenant une dérouillée, désolé. Le combat que je vous ai promis devra attendre encore un peu.»
Faisant honneur à son surnom, Dex exprima son mécontentement dans un grognement digne d'un Wookie. Sheppard activa son émetteur :
« Rodney, vous en êtes où ?... ben, ici, ça avance - regard appuyé à Coralie- mais Ronon commence à s'ennuyer... naaan, vous en faîtes pas, personne ne lui a conseillé de vous rejoindre pour l'occuper ! - regard TRES appuyé à Coralie- … oui... c'est bon, c'est bon, je vous laisse travailler ! »
Il offrit à Coralie un sourire rayonnant auquel elle répondit par un haussement d'épaules. Puis elle fit mine de donner un coup de coude derrière elle, incitant le Pégasien à se reculer, et se remit au travail.
Dex regagna sa place à côté de Sheppard et poussa un soupir à fendre l'âme.
« Qui commende Atlantis, chez vous ? demanda le militaire sans faire cas de son ami.
- Le Lieutenant Colonel Samantha Carter... pas vous ?
- Non, elle a été relevée de ses fonctions il y a quelques temps... c'est un civil, Richard Wolsey, qui dirige la cité...
- C'est pas un membre de la CSI, celui-là ?
- Oui, c'était...
- … ben ça doit pas être la joie tous les jours, alors !
- Et bien étonnement, ça se passe plutôt bien. Si les bureaucrates de la commission pensaient se mettre Atlantis à leur botte en le nommant, ça a dû être une sacrée déception... il n'a pas mis longtemps à rejoindre notre camp ! »
Coralie ne connaissait pas personnellement le Richard Wolsey de sa réalité, mais ce qu'elle en avait entendu n'était guère flatteur. Elle s'imagina un instant les réactions dans la cité à l'annonce du remplacement de Carter par le civil. Sheppard en ferait une syncope. Quant à Dex, elle n'osait même pas l'imaginer.
D'ailleurs...
« Vous aussi, vous estimez que Wosley s'en sort bien ? demanda-t-elle au Satédien.
- Il fait de son mieux pour être à la hauteur de sa tâche. Et il est loyal à Atlantis.»
Coralie sourcilla : si même Ronon Dex donnait son absolution, l'homme ne devait pas être aussi déplaisant qu'elle le pensait. Mais elle préférait tout de même vivre sous les ordres de Carter : pas sûr qu'un bureaucrate pointilleux apprécie à sa juste valeur une hacker parachutée dans la cité pour lui éviter la prison à vie.
« Qui commande SGA2 ? demanda-t-elle à son tour.
- Le major Ethan Lorne...
- Ah, pareil. Votre médecin en chef ?
- Le docteur Jennifer Keller, mais on est parvenu à sortir Carson Bekket, ou plutôt son clone, de son caisson de stase. Vous avez bien récupéré le clone de Bekket ? s'inquiéta Sheppard, comme s'il en avait trop dit.
- Oui, avant mon arrivée sur Atlantis, mais le sérum qui stabiliserait son métabolisme n'a pas été découvert...
- Patience, votre Keller y parviendra bien un jour ! »
Coralie acquiesça pensivement. Elle appréciait beaucoup le docteur Keller, mais les Atlantes qui avaient connu Carson Bekket en parlaient comme d'une légende. De l'avis de la jeune femme, que le médecin ait pu être le meilleur ami de Rodnay McKay sans craquer et lui injecter une dose létale relevait effectivement de la grandeur d'âme et entraînait son plus profond respect.
Ils comparèrent ainsi pendant dix minutes leurs univers respectifs, avant que Dex se mêle à la conversation :
« Et vous, comment vous avez été recrutée ? »
Coralie allait se mette à pester intérieurement de la curiosité malvenue du Satédien quand l'aboutissement inespéré de sa lutte contre le virus wraith lui sauva la mise :
« Aaah, j'y crois pas ! hurla-t-elle en sautillant sur place, excitée comme une puce. J'l'ai eu, j' l'ai eu, ce petit salopard ! Alors c'est qui, le patron, hein, c'est qui ? Aha, j'savais bien que je te coincerai ! »
Elle fit face aux deux hommes et se figea en voyant leur visage consterné. Rougissante d'embarras, elle leur tourna le dos et activa son émetteur et annonça tout de même fièrement :
« Docteur McKay ? J'ai nettoyé les fichiers, c'est bon pour moi !
- Tréééés bien, vous êtes venue à bout d'un tout petit virus en moins de... deux heures, bravo, vous méritez une médaille. Moi, il faut que calcule des théories topologiques quantiques des champs dans deux réalités, que je jongle avec six fonctions d'onde et que j'arrive à intégrer un oscillateur harmonique qui tienne la route, alors je vais peut-être en avoir pour un peu plus de temps, vous m'excuserez !
- … heu, oui, pas de problème, prenez le temps qu'il vous faut... » bafouilla-t-elle, refroidie par le ton mordant de l'astrophysicien.
Coralie soupira avant de refaire face à ses compagnons :
« Bon, il n'a pas encore terminé... »
Au sourire goguenard de Sheppard et à l'air moqueur de Dex, ils avaient deviné que le Canadien était de mauvais poil.
La jeune femme, ne sachant pas trop quoi faire d'autre, se replongea dans le réseau informatique du vaisseau à la recherche d'une ligne de commande qui l'avait intriguée pendant sa chasse au virus.
« Alors, comment vous avez été recrutée ? » demanda à nouveau le Satédien, qui décidément avait le chic pour jouer les pénibles.
Coralie, l'esprit plus clair maintenant qu'elle n'était plus obnubilée par le cheval de Troie wraith, mit seulement deux secondes à répondre :
« Ma mère est infirmière sous les ordres du docteur Lam, à Cheyenne Mountain. Elle a proposé ma candidature quand j'ai eu mon diplôme d'ingénieur informatique. »
Elle ne leva pas les yeux de la console, appréhendant de vérifier la réussite de son boniment : si elle se montrait aussi transparente pour ce Ronon Dex qu'avec celui de sa réalité, qui semblait repérer ses mensonges à des kilomètres, ça risquait d'être problématique.
« Et pourquoi vous avez fait la connaissance de mon double sur Terre et pas sur Atlantis ?
- Vous et... enfin je veux dire Dex et Sheppard étaient au SGC quand j'y ai été convoquée. »
A son grand soulagement, Sheppard changea de sujet, s'intéressant à la chaîne de commandement à SGC, et ils comparèrent à nouveau leurs mondes.
A bout de dix minutes, le Satédien craqua et se leva en annonçant qu'il partait se dégourdir les jambes.
« Hep, attendez, lui dit Sheppard. Pas question d'aller distraire McKay, compris ? »
Avant que Dex ne réponde, Coralie, les sourcils froncés et les yeux rivés sur la console, leva un index péremptoire :
« Minute !...
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? questionna le militaire.
- Il y a... un truc que j'aimerai vérifier ! »
Sheppard se leva et s'approcha de la jeune femme :
« Quel truc ?
- Regardez, vous voyez, ça ? dit-elle en montrant des données sur l'écran devant elle. C'est une commande pour gérer la source d'énergie de ce vaisseau. Elle permet notamment de changer automatiquement l'alimentation en cas de défaillance, ou bien si l'une des sources venaient à s'épuiser, comme cela sera apparemment le cas bientôt. »
Coralie désigna deux diagrammes, l'un minuscule, l'autre beaucoup plus imposant.
« Là, c'est ce qu'il reste d'énergie à la source, quelle qu'elle soit, qui fait fonctionner ce vaisseau. C'est pas grand chose, et pourtant cela reste énoooorme en terme de puissance générée. Alors je vous laisse imaginer ce que ça - elle désigna le deuxième diagramme – a dans le ventre...
- Vous pensez que ...
- Oui... comme toute technologie Ancienne, ce vaisseau fonctionne sûrement grâce à des E2PZ. Il y en aurait au moins deux : un en fin de vie, et un tout beau tout neuf qui attend de prendre le relais... »
Ils se regardèrent pendant une poignée de secondes, puis Coralie interpella Dex qui était resté immobile, à quelques pas de la sortie :
« Vous pouvez patienter cinq minutes, le temps que je parvienne à situer où se trouve l'alimentation ? Quitte à jouer les touristes, autant faire dans le constructif ! »
…
Escortée des deux Atlantes, Coralie se rendait d'un pas vif vers la source d'énergie du vaisseau. Avec Sheppard à sa droite et Dex à sa gauche, la jeune femme se sentait beaucoup plus rassurée que lors de son errance solitaire quand elle avait débarqué sur ce vaisseau. Ils parvinrent à destination au bout de vingt minutes de recherches, dans une pièce de dimension modeste, où se tenait en son centre une espèce de coffre haut et blanc, creusé de trois alvéoles. Dans chacune se tenait un E2PZ. La jeune femme s'approcha avec un air gourmand, et examina de près les cylindres : elle ne s'était pas trompée. Celui du milieu était quasiment vide, celui à droite plein. Elle n'avait pas détecté le troisième, et pour cause : cela devait faire un bout de temps qu'il avait cessé de fonctionner.
« Bon, vous pourrez dire que vous n'aurez pas perdu votre temps, dans cet univers… » dit Sheppard.
Coralie releva la tête, surprise.
« Vous… vous pensez que je devrais le prendre ?
- Et bien, c'est vous qui l'avez trouvé, non ?
- Oui… mais je parie que le docteur McKay ne va pas être de cet avis…
- Rodney n'aura qu'à se consoler avec l'autre, là ! Un E2PZ avec un peu d'énergie, c'est mieux que pas d'E2PZ du tout ! »
La jeune femme le détrompa :
« Pas possible, Colonel. Si on veut rentrer chez nous, il faut alimenter ce vaisseau ! On doit laisser l'autre à sa place !
- … OK. Il faudra qu'il se fasse une raison, alors… » soupira le militaire.
Il échangea un regard avec Dex, qui haussa les épaules comme si cela ne le concernait pas. Avant que Sheppard ne change d'avis, Coralie pianota sur les commandes pour désincarcérer le précieux artefact Ancien, et le prit avec déférence.
« Vous êtes sûre qu'il restera assez d'énergie dans celui-ci pour faire ce qu'on a à faire ? lui demanda Dex.
- Oui, sans problème. Il devrait durer pas loin d'un siècle, à mon avis…
- J'espère qu'on sera partis avant d'en voir la fin… », maugréa Sheppard.
Il actionna son émetteur :
« McKay, vous avancez ? »
Coralie n'écoutait plus. Tenant l'E2PZ à bout de bras, elle l'admirait comme s'il s'agissait du Saint Graal.
