Bonjour bonjour !
Je tiens à vous présenter mes excuses pour ce LONG mois d'absence (voire un mois et demi, non ?). Comme je l'ai expliqué à chacune d'entre vous (enfin celles qui m'ont laissées des reviews), j'ai eu de gros soucis informatiques mais je me suis faite livrer une clé USB/lecteur de micro SD, une petite merveille venue de Macao, pour continuer cette histoire qui me tiens à coeur.
Et comme c'est mercredi, on retrouve Annie (et ça rime, que demande le peuple ? Des updates plus réguliers, je sais. Sorry)
Un grand merci à Amélie, alias Twilight-lili 8, qui assure les mises à jour :P Merci également à toutes celles qui me laissent des reviews, ça m'inspire un max et ça me motive, je ne le redirais jamais assez :)
Voilà le premier rancart de Seth et Annie que je vous avais promis la dernière fois !
Enjoy !
Samedi soir suivant, je prend une douche brûlante, me met du déo, (je ne mets jamais de parfum), enfile mon string noir porte bonheur et un soutient-gorge bustier chaire.
Je me décide pour des boucles d'oreilles rouges, qui font un petit point sur mes lobes, et une robe noire. La robe n'a qu'une seule large bretelle, et fait un peu toge, sauf qu'elle est large et bouffante en haut (ça doit être de la mousseline de soie) et moulante à partir de la taille.
Je sais que je vais passer pour une pute, mais je suis carrément jolie ce soir. Je crois. Et pour cause : j'ai sorti le grand jeu. Seth et moi on a flirté toute la semaine comme c'est pas permis sans jamais conclure.
Un clin d'oeil coquin par-ci, une main sur la hanche par-là. Et hop, on effleure ma main, et hop, on effleure ma cuisse, et hop on espionne les vestiaires des filles pendant que je suis à moitié à poil, en train de discuter avec Nessie.
Seth, ce soir, tu vas m'embrasser, tu m'entends ? Ça fait deux putain de semaines que tu me fais baver, jours et nuits, alors, t'as intérêt à m'embrasser.
Sinon, je te préviens. Je te viole.
Je suis en chaleur.
Je suis fatiguée d'attendre. Et vous ne me connaissez pas pour ma patience. Même si ce serait mentir si je disais que n'ai pas profité du jeu du chat et de la souris.
Ou du loup et du rat. Bref.
Est-ce que je viens de m'assimiler à un rat ?
Ce soir, j'ai sorti le grand jeu. J'ai mis du rouge à lèvres rouge très sombre (le seul qui m'aille bien et qui me vieillisse un peu), et du fard à paupières charbonneux. Mes cheveux blonds sombres bouclent sauvagement autour de mon visage, ce qui tempère mon allure très sophistiquée, en plus des bracelets un peu cheap qui cliquettent sur mes poignets. La touche finale, c'est les talons de 14cm.
Je sais, je suis folle.
Mais, quand on fait 1m53, les talons, plus ils sont hauts, plus on les aime, je vous promets !
Ne vous inquiétez pas, je ne m'habille chic que parce que c'est Seth qui me l'a demandé. Enfin, il ne m'a pas dit grand chose. Un truc comme : « Hein ? Comment tu dois t'habiller ? Ah, oui, c'est vrai (en effet, Seth, je ne viendrai pas à poil, même si j'en ai très envie). Met une robe ! Une robe un peu chic. On va dans un nouveau truc un peu vintage à Port Angeles, mais je ne t'en dirai pas plus.»
Je vais être honnête, ça me fait un peu peur. À San Francisco, lorsque les garçons m'invitaient à sortir (ce qui arrivait peu), ils le faisaient dans les formes, en costard/cravate (voire noeud pap'), dans un restau hors de prix et après on sortait en boîte pour se bourrer la gueule à coups de boissons improbables.
Ça a peut-être l'air stylé comme ça (quoique) mais c'était répétitif et chiant. On savait à l'avance le menu qu'on allait prendre, les morceaux d'éléctro sur lesquels on danserait et les cocktails qu'on allait descendre cul sec.
Sauf que, là, maintenant, j'ai peur. J'ai peur que Seth m'emmène dans un truc un peu miteux, voire chelou. J'ai peur qu'il dépense des centaines (et je sais qu'il ne roule pas sur l'or) de dollars pour un restau chic et cher, chiant et répétitif.
Alors que je rajuste mon rouge à lèvres, j'entend la sonnette.
Ok, Annie. On respire, et on souffle.
Pschiuuuut.
J'attrape ma pochette rouge (ahah, assortie à mes boucles d'oreille, je sais, je suis géniale) et manque de me croûter quatre fois avec mes talons en descendant les escaliers.
Je commence à me dire que je suis stupide.
Avant que j'aie pu arriver à la porte, ce que je craignais le plus se réalise juste sous mes yeux :
«Bonsoir, Seth», le salut mon père en ouvrant la porte.
Catastrophe.
Je suis tentée de remonter quatre à quatre.
Si vous ne comprenez pas, laissez moi vous rafraîchir la mémoire : la dernière fois que papa l'a vu, il était à poil.
«Hm, bonsoir Monsieur. Je viens chercher Annie. Je vous promets que je ramène votre fille avant 1h du matin.»
Mon papa sourit.
«Dernier délai. Mais merci. Pas de bêtises, hein ? Je serais debout quand vous rentrerez. Ce n'est pas que je dors, cela dit, je ne suis pas humain. Mais vous voyez ce que je veux dire.»
À ce moment précis, j'apparais dans le cadre de la porte, et je sens Seth se liquéfier sur place.
Hihi.
Mon père a la décence de nous laisser seuls.
À travers mes yeux qui pétillent, je le vois se racler bruyamment la gorge, regarder ses pieds, moi, puis ses pieds, et moi.
«Annie ! Tu es ...hm, sublime. Sublime.»
«Merci», je dis.
C'était le but.
Je glisse mes yeux sur lui, et retiens un soupir de contentement. Il porte un smoking plutôt classe, sauf qu'il a viré le plastron. Sa chemise est fermée jusqu'en haut, et il a mis un noeud pap' blanc à poids bleus. C'est à la fois élégant, et casual sur les bords. Si j'étais méchante, je le traiterai de hipster. Il a l'air impeccable et décontracté, et son sourire est plus doux encore que dans mes souvenirs.
Une petite mèche lui tombe sur le front, et il est, genre, super sexy. Dire que je sors avec ça ce soir.
Grrrrr.
Un peu hésitant, il me prend la main pour descendre du perron (je me rappelle d'ailleurs que la dernière fois qu'on était là cet endroit précis ensemble, et je ricane). Puis il regarde mes jambes nues.
«Tu ferais mieux d'aller mettre des collants, maintenant que tu le peux encore. On y va en moto», me dit-il avec un petit sourire.
Yes, yes, YES ! Il sait à quel point j'aime sa moto.
Je me précipite à l'étage (lisez : je me ramasse une fois et j'essaye de ne pas recommencer) pour enfiler des collants opaques noirs.
Quand je redescend, mon père est aux abonnés absents, et Seth a sorti de sous le siège deux trucs noirs informes et deux paires de gants.
Il me tend ma paire de gant et une veste en cuir avant d'enfourcher sa bécane.
«Tu montes ?»
Je m'exécute, en galérant avec ma robe qui est quand même assez courte, entre le genou et la moitié des cuisses (moi j'appelle ça court. A SF c'était long, limite).
S'en suit un bon quart d'heure de route, où j'entoure mes bras autour du buste du Seth et où je cale ma joue contre son dos. Nos jambes sont serrées l'une contre l'autre, et je crois que je ne me suis jamais sentie aussi bien de ma vie, ainsi blottie contre lui.
Lorsque nous arrivons à Port Angeles, Seth se gare devant un espèce de truc pas très net en briques rouges.
Et sur le moment, j'ai peur.
Ça ressemble à un hangar. Je déglutis avec peine, et sens soudain la main chaude et rêche de Seth qui attrape la mienne et caresse mon pouce pour que je me détende.
Seth ne m'emmènerai pas dans un endroit qui me ferait peur.
Il me conduit jusqu'à une porte enclavée métallique, et quand il l'ouvre, c'est un autre monde qui s'ouvre à moi.
À l'intérieur, contre toute attente, c'est très cosy, dans un décors noir et rouge, avec des lustres modernes qui descendent très bas et diffusent une lumière jaune. Dans un coin plus sombre, il y a un couple qui danse lentement sur un tango, et c'est plutôt stylé.
Toutes mes peurs s'envolent. Pour un premier rancard, Seth a très, très bien joué.
La serveuse nous accueille en reluquant Seth de façon ni très discrète ni très appropriée, si vous voulez mon avis.
Je dois avoir l'air un peu alarmé car Seth resserre sa prise autour de ma hanche. Je pense à cet instant que sa main n'est techniquement séparée de ma peau que par trois couche de tissus (le collant, la doublure de la robe et la robe).
Je vous ai dit que sa main était sur ma hanche ?
Sa main est sur ma hanche.
Ça fait un peu couple non ? Genre ma hanche droite est à lui. Je rigole intérieurement, en m'imaginant la déboiter pour lui offrir à Noël prochain, et décide ensuite qu'il est temps de me calmer.
Elle glisse quelques mots à l'oreille de Seth et nous conduit dans un coin lumineux, sous une sorte de lustre en boule qui déverse une lumière chaude sur la table pour deux.
«Alors, est-ce que tu aimes l'endroit ?», me demande Seth en poussant ma chaise vers la table au moment où je m'assois.
«Très», je dis, émerveillée.
«Une copine de mon père travaillait ici.»
«Elle ne travaille plus ?», je demande, plus par formalité que par réelle curiosité.
«Non, elle est partie vivre à l'autre bout du continent, après la mort de mon père.»
«Oh», je dis.
Oh ? Sérieusement, oh ? Le mec qui me plaît me dit que son père est mort et moi, je répond "oh" ? Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?
«Désolée», j'avoue. «Je ne sais en général pas quoi répondre à ce genre de truc, donc je préfère dire « oh » qu'une connerie.»
Seth me regarde un moment puis sourit, une lueur encore inconnue dans les yeux. J'ai l'impression de passer un test d'aptitude.
«Peu de gens ont le courage de l'admettre», me dit-il.
«Si ça peut te rassurer», j'ajoute, «j'en ai fait flipper plus d'un en disant de but en blanc que ma mère était morte, au beau milieu d'une conversation anodine.»
Cette fois-ci, il rit, et la vision de lui, la tête rejetée en arrière, secouée d'un éclat d'hilarité, ses yeux plissés et son sourire éblouissant, me donne envie de fondre et de ronronner, au choix.
« Au moins nous nous comprenons sur ce plan-là », me dit-il.
Ensuite, nous parlons de plein de choses un peu frivoles, que j'oublie au fur et à mesure, autour de raviolis à la russe (pomme de terre et aneth, c'est étonnement bon), et d'un petit Chardonnay.
Parce que oui, Seth a l'air d'avoir 21 ans. Et il a une fausse carte d'identité.
Rebelle, va.
Quand la lumière commence à se tamiser un peu (il doit être 22h30, et nous en sommes au dessert), Seth se lève.
Je le regarde faire le tour de la table sans comprendre, et il me présente sa main :
«Tu danses avec moi ?»
Il n'a pas forcé le ton, ni fait de blague vaseuse ou de demande trop courtoise.
C'est juste une question.
Il est simplement, magnifiquement lui.
Je lâche ma main dans la sienne.
«Très honnêtement Seth, il va falloir que tu me tienne», dis-je en me levant avec difficulté.
De un, l'assurance de Seth me déstabilise un peu. De deux, je suis pompette, et de trois ...j'ai 14 cm de talons.
Il m'entraîne d'une main sûre jusqu'au centre de la (petite) piste de danse, et place une main bouillante sur mes reins, gardant l'autre serrée dans la sienne. Il y a deux autres couples sur la piste.
Je me laisse faire, le corps un peu mou et docile. Sa main placée sur mes reins presse mon bassin contre le sien, et même avec quatorze centimètres de talons, il me domine de toute sa taille.
C'est agréable. J'ai l'impression d'être en sécurité, et d'être l'unique objet de sa préoccupation.
La musique est plutôt lente, rythmée par la guitare et le thème qui reprend souvent, pendant lequel Seth recule un pied, et j'avance le mien. Et après c'est l'inverse.
Rien de bien compliqué, surtout qu'il accompagne le mouvement de ses pieds d'une inclinaison de sa main sur le creux de mon dos, ce qui fait que je sais exactement à quel moment reculer ou avancer.
Nous restons globalement au même endroit, mais la chaleur, l'alcool et l'atmosphère tamisée me rendent complètement sous le charme des yeux bruns de Seth qui me fixent depuis le début de la danse.
Nos yeux se cherchent, s'harponnent, se perdent pour se retrouver, et je me rend ensuite compte que le mien traîne sur sa bouche. Sa jolie bouche, pleine, entrouverte, et le souffle chaud qui s'en échappe, qui sent un peu le vin blanc.
Je remonte doucement mon regard jusqu'à ses pupilles, qui me dévorent depuis cinq minutes et puis la musique se fait plus rapide, plus rythmée, plus saccadée.
Seth commence à nous faire tourner ensemble, et je souris.
Il lève nos mains entrelacées, me fait tourner sur moi-même, et au moment où je m'y attend le moins, alors que j'ai à peine fini ma rotation, il tire d'un coup maîtrisé mon bras jusqu'à lui. Dans le même temps, il resserre sa prise autour de ma taille, de l'autre main, pour venir coller ma hanche contre son bassin.
Je percute, d'un seul coup, son torse, et lève les yeux.
Et il m'embrasse.
Petit cliff-hanger du prochain chapitre :
"Quand je me réveille le dimanche matin, j'ai envie de sauter partout, de danser, de chanter, au lieu de quoi je finis par atterrir sur mon bureau, pour finir ma dissertation de Géo sur la Chine
Im-pos-sible de me concentrer.
À chaque fois que j'essaye de me visualiser Mao ou Deng, c'est Seth qui vient."
Qui vivra verra ! ou plutôt, qui poste des reviews verra plus vite
Gros bisoux
- Alex
