Salut à tous ! Avant tout, je sais que c'est devenu une habitude, mais je suis désolée de ce laps de temps pour publier mais j'ai beaucoup moins de temps pour écrire maintenant. J'essaie de m'y mettre régulièrement pourtant... BREF ! J'espère que ce chapitre vous plaira même s'il est un peu plus court que d'habitude ! Un immense merci à Mockngjay pour toujours me motiver et me corriger et merci à vous d'être toujours fidèle au poste et à très vite !
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Je rentre dans la cuisine alors que le coup de feu du midi se termine. Elle est un peu en pagaille mais je suis certaine que dès que le service du midi sera terminé, elle retrouvera son éclat habituel. Je me rends compte que je retiens mon souffle quand je croise le regard de Peeta et qu'il me sourit. Je n'ai pas le choix, il faut que je prenne mes responsabilités. Je l'observe quelques secondes de plus tandis qu'il fait sauter quelques légumes dans une poêle, une odeur appétissante règne dans la cuisine, j'en aurais presque faim si je n'étais pas aussi stressée. Peeta fait glisser les légumes qu'il était en train de préparer dans deux assiettes contenant déjà quelques morceaux de viandes et appuie sur une sonnette juste à côté de son plan de travail pour appeler Madge à venir le chercher.
_ Que puis-je pour toi patronne ?, me glisse-t-il, taquin.
J'avale la boule que j'ai dans la gorge et m'apprête à répondre quand Madge entre dans la cuisine. Je me fige quand elle passe à côté de moi sans un regard. Peeta lui tend les deux assiettes.
_ La commande de la huit…
_ C'est la dernière de la journée, lui apprend-t-elle.
_ Je peaufine les desserts et on aura fini…
Le regard de Peeta navigue entre Madge et moi avant de froncer les sourcils.
_ … pour ce midi, termine-t-il. Il y a un problème entre vous ?
C'est un peu normal au vue de la froideur qui règne entre elle et moi : pas un regard, pas une parole, nous nous ignorons superbement. Peeta se gratte la nuque.
_ Qu'est-ce qui se passe ?
Madge hausse les épaules en s'emparant des assiettes.
_ Rien de bien important…, explique-t-elle sans une once d'émotions.
Je ferme les yeux et me mords la lèvre. Madge repart aussi sec vers la salle. Peeta reste sans bouger à me regarder.
_ C'est quoi le problème ?
_ Elles savent, je lâche piteusement.
_ Elles savent ?, répète-t-il sans vraiment comprendre.
Je prends une grande inspiration.
_ Elles ont découvert pour nous deux et disons que… ça ne leur a pas beaucoup plu…
Peeta se fige quelques secondes à son tour.
_ Il faut que nous parlions, je conclue platement.
Nous nous fixons quelques secondes. Il finit par regarder sa montre en soupirant.
_ Je termine rapidement les desserts et je te rejoins dans ton bureau…, me propose-t-il la voix troublée.
Je hoche la tête et sors de la cuisine. J'hésite à aller dans la salle du restaurant afin de voir ce que donne le chiffre de cet après-midi mais je décide plutôt d'aller m'en griller une pour essayer de me calmer. Quand je passe la porte je tombe nez à nez avec Delly, assise sur les marches devant l'entrée. Elle sursaute quand j'ouvre la porte. Je ne sais pas trop comment me comporter, notre dispute me revient encore à l'esprit avec la dureté de leurs mots. Je ne dis rien et hésite à faire demi-tour, elle se lève vivement, le visage tourmenté.
_ Oh Katniss…
Ses yeux sont rouges et son visage brillant.
_ Je suis désolée pour tout à l'heure !
Elle me serre dans ses bras, je reste coite devant ce revirement de situation. Elle se met à sangloter sur mon épaule.
_ Je n'aurais pas dû te blâmer comme ça et surtout, te parler comme ça sans te laisser t'expliquer…
Je réponds à son étreinte maladroitement, surprise par ce revirement de situation. Elle finit par se détacher de moi en reniflant, ses mains essuyant ses joues puis son nez. Je ne sais pas trop comment me comporter alors je reste plantée là, piétinant en fuyant son regard.
_ Je savais qu'avec Gale c'était tendu, mais pas à ce point, dit tout à coup Delly.
Oh misère, je déteste parler de moi ou de mes sentiments…
Elle me fixe, avide de réponses. Je m'éclaircis la gorge, me demandant comment discuter de ça sans paraître cruche.
_ Disons que…, je balbutie, cherchant les mots adéquats, ces derniers temps je me suis rendue compte que Gale et moi ne discutions plus et que…
Ohlala… j'ai qu'une envie, m'enfermer dans mon bureau.
Delly reste silencieuse et boit mes paroles. Son regard m'invite à continuer. Nous finissons par nous asseoir l'une à côté de l'autre sur les marches.
_ A chaque fois que nous nous adressons la parole c'est pour se reprocher l'un et l'autre quelque chose…
Plus je dis ce que je ressens tout haut, plus les mots viennent facilement. Et tout à coup, avoir une oreille attentive comme Delly me transforme en moulin à paroles, je peux enfin sortir tout ce que j'ai sur le cœur. Notre absence de communication, ses continuels reproches et ses piques incessantes sur le restaurant ou ma façon de le gérer, notre quasi absence de contacts charnels et les sentiments que ces derniers provoquent chez moi. Elle m'écoute sans rien dire jusqu'à ce que je me sens enfin libérer.
_ Je ne te savais pas si malheureuse… Pourquoi tu ne nous en as jamais parlé ?
Je hausse les épaules et me mets à jouer avec un fil qui dépasse de mon chemisier.
_ Je… je n'ai jamais été… je ne suis pas très à l'aise avec ça…
_ Ça, on avait remarqué !, sourit-elle.
Elle me frotte l'avant-bras dans un geste réconfortant. J'esquisse l'ombre d'un sourire mais reste silencieuse.
_ Je suis vraiment désolée de t'avoir parlé comme ça tout à l'heure, de te juger de cette façon sans même savoir le fin mot de l'histoire… C'est juste que… Peeta est mon meilleur ami et je n'ai pas envie de le voir malheureux…
Oh mais je la comprends Delly, et même plus que je ne le voudrais parce que je me rends compte à cet instant précis que moi non plus je n'ai pas envie de voir Peeta malheureux.
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Finalement, je retourne à la cuisine où je trouve Peeta en train d'astiquer l'inox de son plan de travail – qui étincelle déjà. Je regarde autour de moi et ne remarque pas de Saé autour de nous. Ses gestes sont amples et nerveux.
_ Saé n'est pas là ?, je m'enquiers prudemment.
Peeta plonge son regard dans le mien, je frissonne en remarquant l'intensité de celui-ci. Ses yeux ont cette lueur particulière quand ils se posent sur moi qui me fais me sentir spéciale… Sa bouche s'étire en un sourire coquin, et ses yeux s'étrécissent légèrement – je connais très bien ce regard c'est celui qui me fait perdre la raison. Comment fait-il pour continuer d'avoir ce genre de regard alors que nous sommes face à une situation délicate.
_ Elle est rentrée chez elle juste après le service, m'apprend-t-il en posant son chiffon sur le plan de travail.
Je reste plantée sur mes pieds tandis qu'il fait le tour du plan de travail et se rapproche de moi. Il essaie de paraître serein mais sa mâchoire est légèrement plus contractée que d'habitude. Je me force à respirer par la bouche pour ne pas humer son odeur si caractéristique. Pourtant, une réaction viscérale monte depuis le creux de mon estomac, mon cœur s'emballe, des papillons se mettent à virevolter frénétiquement, je dois prendre sur moi pour ne pas plaquer ma bouche sur la sienne. Je me sens tellement mal de ressentir ce genre de sentiments à cet instant précis alors que nous sommes face au mur.
_ Parfait, il faut que je te parle…, je commence gravement.
Il se rapproche toujours plus de moi. Je retiens mon souffle quand je le vois de plus en plus près, ses yeux gourmands m'englobant totalement.
Soit forte Katniss… sois forte, ne cède pas – encore une fois – à tes pulsions. Il s'apprête à m'enlacer dans ses bras mais je recule de quelques pas pour ne pas me perdre totalement.
_ Nous ne pouvons pas faire ça…
Il fronce soudain les sourcils alors que son expression se modifie totalement, ses pupilles se rétrécissent et son visage se crispe totalement cette fois. Il stoppe à quelques pas de moi.
_ Qu'est-ce qu'on va faire !, je commence à m'animer.
Il se raidit en se passant une main dans ses boucles blondes mais ne répond rien, plus aucune trace de nonchalance sur son visage. Il semble aussi préoccupé que moi, semblant réfléchir à son tour.
_ Delly et Madge savent pour…, je réitère nerveusement.
Je bute sur les mots, cherchant le terme exact pour définir ce que nous vivons. J'enfonce mes mains dans les poches arrières de mon pantalon pour essayer de masquer ce sentiment d'urgences.
Aventure ? Adultère ? Passion ? Romance ?
_ … nous, je lâche finalement, assez abruptement d'ailleurs.
Il ne dit rien, se contente de me regarder. C'est la première fois que je le vois si mutique. Il paraît être perdu dans ses pensées quand il plonge de nouveau son regard dans le mien. Je frissonne.
_ Et donc ?, finit-il par demander, la voix soudain incertaine.
_ Je crois qu'il faut que…
Je m'apprête à lui dire que nous devons cesser cette folie sur le champ, choisissant le choix de raison plutôt que le choix de la passion mais… ce sont des mots complètement différents qui sortent de ma bouche sans même que je ne le remarque.
_ … je parle à Gale et que je mette fin à tout ça.
Et quand ces derniers mots sortent de ma bouche, je m'aperçois que c'est ce que je pense au plus profond de mes tripes : c'est Peeta qui me fait me fait me sentir bien, c'est Peeta qui fait battre mon cœur. Avec Gale, je… je ne suis pas bien tandis qu'avec Peeta je ressens enfin un sentiment de paix que je n'avais jamais ressenti auparavant. Et dire ça à voix haute me fait me sentir tout à coup plus libre… c'est comme quand les premiers rayons du soleil printanier viennent caresser mon visage ou ma peau… et cette sensation n'a pas de prix.
Le visage de Peeta s'illumine et son regard retrouve ce rayonnement si particulier. Il me prend dans ses bras et me serre fort contre lui, je ferme les yeux en savourant ce contact. Cette chaleur si caractéristique revient m'englober et je ferme les yeux en me détendant pour la première fois depuis très longtemps.
_ Je dérange ?, vint nous interrompre tout à coup la voix de Madge.
Je m'échappe instinctivement des bras de Peeta et me retourne prestement. Peeta recule d'un pas, cherchant sans doute à nous laisser le champ libre. Je ne dis rien, le regard enflammé de Madge parlant pour nous deux.
_ T'es quand même gonflée de t'afficher avec lui ici, alors que Gale peut rentrer à tout moment !, éructe-t-elle.
Je sens mes poils se hérisser. Je commence à en avoir assez de ses attaques.
_ Je vous laisse, glisse Peeta timidement avant de sortir de la cuisine.
Madge lui lance le même genre de regard noir qu'elle m'adresse depuis quelques temps déjà. Je ferme les yeux et prends une grande inspiration.
_ Tu me juges sans savoir…, je lui lance du ton le plus calme dont je suis capable à cet instant, c'est-à-dire un peu sec et froid.
_ Tu crois que je ne sais pas ce qu'ils se passent entre Gale et toi ? Vos disputes incessantes, cette manière que tu as de t'éloigner toujours plus quand…
Je me fige soudain : comment peut-elle savoir tous ces détails de notre vie de couple ? Certes ils discutent souvent mais je ne savais pas que c'était au point de lui confier ce genre de détails de notre vie de couple.
_ Madge…, je l'interromps soudain, depuis quand Gale et toi êtes si proche ?
Le silence s'installe, pour la première fois elle ne me regarde pas franchement, elle se fait fuyante.
_ Qu'est-ce qui se passe entre vous au juste ?, je continue le souffle court.
Je la vois blêmir légèrement.
_ Je… ab… absolument rien, se défend-t-elle en bégayant légèrement. Gale avait besoin de se confier à quelqu'un et j'étais là à ce moment-là.
Je fronce les sourcils, soupçonneuse. Sous mon regard et mon silence insistants, sa carapace se fissure.
_ Il était tellement triste et seule, débite-t-elle aux bords des larmes. C'est arrivé qu'une fois et…
C'est comme si une crevasse s'ouvrait sous mes pieds.
_ Quand ?, je me contente de demander froidement.
_ Il y a deux mois environ et…
Mes oreilles sifflent, je n'ai plus envie d'en entendre plus. Cet acouphène s'accentue quand je réalise que c'était juste avant l'arrivée de Peeta, quand le restaurant était au plus mal – que moi, j'étais au plus mal. Je trésaille quand la dernière phrase de Madge atteint mon esprit.
_ Quoi ?!, je répète, incrédule.
Madge baisse les yeux, plus aucune colère ou aigreur ne l'habite… elle semble au bout du rouleau, vaincue et triste à fendre l'âme.
_ Je suis enceinte…
