Yellow lecteurs/lectrices !
J'espère que l'attente n'a pas été trop longue parce que maintenant ... (roulement de tambours dramatique) je reprends la publication hebdomadaire ! Oui, messieurs-dames. L'incarnation même de l'irrégularité que je suis a retrouvé son rythme de croisière et peut donc vous faire partager ses merveilles complètement délirantes. Sur une petite note d'auto-satisfaction, j'ai atteint les 225.000 mots et ait complètement pulvérisé mon record. Cette fic est un monstre...
Sur ce, je vous laisse attaquer ce chapitre, sous-intitulé La Rentrée : partie deux.
Chapitre 10 : Le Débarquement
Dans quelques heures, Harry Potter allait souffrir. Parce que dans quelques heures, les élèves allaient débarquer en fanfare et rendre son quotidien déjà ardu complètement invivable. Si tant est que Frankenstein, chargée d'accompagner les marmots pré-pubères, ne les noie pas dans le Lac Noir invisible parce qu'elle jugerait que leur stupidité risquait de contaminer le reste de l'école. Peut-être serait-il prudent de pointer cette supposition à Dippet avant qu'un tragique accident ne salisse la réputation de Poudlard ? Ou pas. Connaissant sa chance insolente, il y avait fort à parier qu'il serait chargé de surveiller à la fois l'Américaine et les moutards surexcités. Ou alors il demandait à la guerrière Celte d'accompagner la harpie aux cheveux verts en guise d'exercice en accomplissements prophétiques. Oui, nan. Il l'avait libérée de la table de vivisection à peine trois heures plus tôt et n'était pas plus que cela pressé que réitérer l'expérience. Après avoir vu ce que l'ancienne étudiante d'Ilvermony gardait dans ses quartiers, le Survivant comprenait pourquoi le MACUSA la recherchait activement. Ce qu'elle conservait dans son laboratoire de fortune ressemblait beaucoup trop à un prototype de bombe nucléaire et à des expériences inédites de magies interdites outre-atlantique pour être décemment autre chose.
Bref, Harry Potter se préparait pour la rentrée. Il était dix-huit heures, et bientôt, l'école accueillerait ses étudiants et ses ennuis sur pattes. Et le jeune professeur se bouffait les ongles d'anxiété sous les soupirs exaspérés de sa collègue de Défense contre les Forces du Mal.
-Si vous n'arrêtez pas immédiatement ce bruit de claquement agaçant, je vous arrache les ongles, le prévint l'ancien mage noir avec ses sourcils froncés de contrariété.
Retirant ses doigts de sa bouche en un bruit de sucions répugnant, le Survivant prit un air contrit.
-Je vous prie de m'excuser, dit l'inexpérimenté professeur ne désirant pas se retrouver avec un maléfice entre les dents.
-Pourquoi ne faîtes-vous pas plutôt quelque chose de constructif ? lâcha la blonde occupée à piller la bibliothèque de ses ouvrages les plus remarquables. Tenez, lui lança-t-elle de son échelle un pavé volumineux qui lui atterri bien évidemment sur la tête.
Jurant comme la situation le permettait, le Sauveur se massa le cuir chevelu avant de se pencher pour ramasser l'épais grimoire ayant essayé de lui fendre le crâne.
-"Théorisation des flux migratoires des monstres marins" ? lut-il le titre. Vous me pouvez me dire en quoi ce truc est constructif ? Et surtout en quoi ça mérite cinq cent pages ? Tout sorcier ayant déjà navigué sait qu'ils descendent tous sous les Tropiques pour se reproduire et remontent dans un cercle polaire pour élever leurs petits.
Les périples maritimes du Survivant auraient eux réellement mérité cinq cent pages. C'était d'ailleurs grâce aux pirates fantômes qu'il avait pu se promener impunément sur tous les Océans. En tant que sorcier vivant, il leur fournissait sa magie pour retrouver leur trésor perdu et échapper aux exorcistes de Greenpeace, et eux lui permettait traverser les frontières maritimes sans avoir le moindre droit de douane à débourser ou papier d'identité à fournir. Une alliance parfaite, qui s'était terminée quand les esprits avaient enfin trouvés leur trésor et la paix en prime. Le bateau et son équipage s'étaient volatilisés dès que le Survivant leur avait hurlé qu'il avait trouvé leur butin. Il s'était donc retrouvé seul sur une île déserte avec un coffre rempli d'or et de bijoux en guise de lot de consolation et sans le moindre moyen de locomotion pour quitter cette bande de sable paumée au centre du Triangle des Bermudes. Le sorcier n'avait pas pu profiter bien longtemps de son pactole, puisque sitôt qu'il avait accosté en Floride, ces sangsues de collecteurs d'impôts l'avaient harponné et honteusement dévalisé.
Mais ses ennuis avec le fisc de la communauté magique locale étaient une toute autre histoire...
-Dans ce cas, sortez-vous les doigts de la bouche et allez vous trouver de quoi vous instruire ou au moins vous distraire, articula d'une voix trop calme Galatea en lui balançant un autre pavé de la taille d'une encyclopédie.
Évitant d'un mouvement souple le projectile s'avérant être un dictionnaire de runes, le Survivant jugea plus prudent de laisser tranquille sa collègue un peu trop irritée et d'aller se calmer les nerfs en cherchant la compagnie de Fawley, le bibliothécaire. La dernière fois qu'il avait vu le timide jeune homme, il était occupé à classifier des grimoires dans l'aile allant abriter cinquante ans plus tard les bouquins sur la métamorphose physique. Les étagères n'étant pas à l'endroit où il les connaissait, Harry avait jugé plus prudent d'entrer dans ce labyrinthe en suivant le judicieux exemple d'Arianne. Un invisible fil de magie le reliant à l'entrée, sa baguette au creux de sa paume lui servant de boussole, il ne lui fallut que quelques minutes pour trouver Howard au milieu de ce dédale de livres et de poussière.
-Mon cher ami! le salua le bibliothécaire avec un grand sourire sincère. Vous tombez bien, j'avais justement besoin d'un avis extérieur.
-Pour quel sujet, exactement ? sentit l'embrouille le trentenaire.
-Pour l'agencement interne de ce rayonnage, le rassura-t-il sous un soupir soulagé du Survivant. Pensez-vous qu'il serait plus facile pour les élèves d'ordonner ces grimoires par ordre alphabétique, par pertinence académique ou par niveau scolaire ?
-Euuhh... lâcha le Sauveur n'y connaissant strictement rien en classement.
Harry Potter n'avait jamais pris la peine de ranger ses possessions. Ces dernières étant fourrées dans le sac en perles, il lui suffisait juste d'un Accio pour avoir en main l'objet désiré. Ce sujet le dépassait donc légèrement.
Déterrant ses souvenirs d'adolescent, le Survivant se souvint tout de même d'un monologue de cette chère Hermione sur le rangement des manuels scolaires de la bibliothèque étrangement ordonnée selon la classification décimale de Dewey. Ce détail avait attiré l'attention de la jeune née-moldue puisqu'il s'agissait d'un système trop logique et organisé pour les sorciers.
-Vous avez raison, tira ses propres conclusions Howard. Les élèves ne remettent jamais à sa place exacte les livres qu'ils retirent des rayonnages, il est donc inutile de trier par ordre alphabétique. Je pense d'ailleurs qu'il serait plus intelligent de séparer les manuels purement scolaires des autres traités de métamorphose, se gratta-t-il pensivement le menton.
-Une excellente idée, fit l'inculte sorcier, heureux de ne pas avoir eut à donner un avis sur la question.
-Au fait, reprit le bibliothécaire aux bras chargés de vieux grimoires, je tiens à vous remercier de votre cadeau. Ce bracelet est la meilleure chose qui me soit arrivé depuis longtemps, expliqua-t-il sous le cri d'horreur muet du Survivant.
-D'ailleurs, à ce sujet, s'empressa-t-il de répondre, il serait préférable que vous restreignez son utilisation.
-Pourquoi donc ? lui demanda le petit sorcier en clignant les yeux de déception.
-Parce qu'il s'agit d'un artefact d'une dangerosité redoutable pour son porteur et que je m'en voudrais énormément d'être à l'origine de votre transformation en créature sanguinaire, lui révéla le pilleur de tombes expérimenté.
-Je risque de me transformer en vampire si je mets trop souvent votre amulette ? demanda confirmation Fawley.
-Plutôt en une espèce de Minotaure assoiffé de sang et de destruction avec une puissance magique digne d'un dieu, nuança le visiteur de tombeaux mayas et pourfendeur de créatures maudites.
-Je vois, articula lentement le petit sorcier en ajustant ses lunettes. Rien de très reluisant, donc, résuma-t-il.
-C'est pourquoi il est préférable de réduire son influence le plus tôt possible de ne le sortir qu'en cas d'extrême urgence, l'informa le chasseur de mages noir à la retraite.
-Mes cas d'extrême urgence sont beaucoup plus fréquents que pour le commun des mortels, pointa Howard en arquant un sourcil entendu.
-Je m'en doute, marmonna l'autre persécuté dans sa barbe de trois jours. Mais il est primordial que votre temps d'exposition à ce bracelet soit le plus minimum possible, persévéra-t-il.
-Si vous insistez, soupira le bibliothécaire en retirant l'amulette surpuissante, puis en lui jetant un charme de protection annihilant temporairement ses effets négatifs et positifs et en la fourrant finalement dans la poche de sa veste.
-Comprenez bien que si ça ne tenait qu'à moi, je dupliquerais cette merveille et la commercialiserais pour tous les malchanceux chroniques de cette planète, dit le Survivant de toutes les catastrophes. Mais malheureusement, cette saloperie possède des effets secondaires irréparables. Si vous êtes contaminés, personne ne pourra rien faire pour vous, enfonça-t-il le clou.
-Je vous rassure, mon cher ami, je n'ai nullement l'intention d'abuser de votre cadeau, le rassura Howard dans un sourire angélique.
Si le petit bibliothécaire avait été une toute autre personne, Harry aurait pu soupçonner une certaine dose de malignité dans ce sourire innocent. Il n'en fut cependant rien, la vertu innocente émanant d'Howard Fawley lui assurant qu'il était aussi doué de malice qu'un agneau sacrificiel fraîchement purifié.
-Dites-moi, Howard, fut-il pris d'un doute affreux. Vous n'auriez pas croisé le professeur Têtenjoy récemment ?
Il n'était pas impossible que l'ancien mage noir se soit exercé au rituel de purification avec un autre cobaye pas vraiment volontaire.
-Pas depuis la réunion de pré-rentrée, l'informa-t-il en rangeant ses grimoires sur l'étagère selon un ordre connu de lui-seul. Pourquoi ? demanda-t-il sans paraître inquiet plus que cela.
Il lui disait, ou il disait pas, qu'il y avait de fortes chances qu'il soit devenu un ingrédient rare et convoité par tout un tas de gens louches parce qu'il avait commis l'erreur de montrer un rituel de sa conception à leur collègue se trouvant être un mage noir sous couverture ?
-Euuh..., fit le Survivant en dandinant d'un pied sur l'autre, clairement mal à l'aise. Parce qu'il est probable que Miss Wilson ne soit plus l'unique individu vous courant quotidiennement après, lâcha-t-il en s'attendant à faire face à tout un panel de réactions dramatiques.
Le bibliothécaire le fixa un instant du regard, ses livres toujours empilés contre sa poitrine, ne semblant pas comprendre la dernière phrase de son collègue.
-Oh ! lâcha-t-il finalement après quinze longues secondes de silence avant d'éclater doucement de rire sous l'inquiétude croissante du Survivant.
-Howard ? fit ce dernier avec une légère angoisse. Vous n'auriez pas une faible résistance à la magie noire, par le plus grand des hasards ?
Parce que si le charmant bibliothécaire avait déjà été infecté par le bracelet en à peine quelques heures d'exposition, Harry Potter était dans la mouise la plus totale.
-Vous avez cru être à l'origine de l'aura de pureté qui suinte de ma personne, n'est-ce pas ? fit le petit sorcier avec un léger sourire amusé. Je vous rassure, ajouta-t-il au grand soulagement du professeur, vous n'êtes en rien responsable.
Il s'était avéré, après explication, que le jeune Howard Fawley avait insulté par mégarde un pratiquant de la branche celte de la magie. Ce dernier, d'une susceptibilité peu digne d'un vénérable vieillard, avait décidé d'utiliser l'adolescent en élément sacrificiel pour l'un de ses rituels. Pas de bol ou coups de pot, ledit rituel avait méchamment raté et le petit sorcier s'était retrouvé avec un panel d'effets secondaires franchement indésirables. Non seulement il suintait une aura de pureté par tous les pores de sa peau et était condamné à avoir une libido inexistante, mais en plus son corps était devenu sensible à la moindre maladie et blessure. Pour tout un tas de raisons, le sorcier avait décidé de s'installer pour une durée indéterminée à Poudlard et de reprendre en main la fameuse bibliothèque du château pluricentenaire. Cette tache devant lui prendre, selon ses estimations, entre trois et quatre décennies, suivant les sabotages des élèves, Howard avait le temps de se rendre indispensable au sein de l'établissement scolaire.
Quand Harry demanda à son compagnon de galère la nature exacte de l'offense qui lui avait valu son état de marchandise rare et prisée, le bibliothécaire soupira lourdement et se plaignit du manque de sens de l'humour des vieux croûtons fripés incapables de comprendre une plaisanterie. Le Survivant réembraya sur une anecdote particulièrement hilarante sur un Chinois lui ayant couru après dans les rues de Pékin alors que le pauvre professeur avait juste voulu lui signifier d'une remarque légère qu'il était temps qu'il prenne un bon bain. Les deux collègues passèrent donc la dernière heure avant la fatale arrivée des élèves à discuter de leurs malheurs respectifs en rangeant des grimoires à moitié décomposés. Le sujet de Charlus et de son nouveau statut d'élément rituel avait naturellement été évoqué par son grand frère adoptif. Howard lui avait d'ailleurs offert de conseiller le jeune professeur de duel pour gérer les possibles effets secondaires de sa purification.
Les deux compères étaient en pleine discussion sur les bienfaits de la méthode d'Eskivdur, que Harry trouvait tout simplement aberrante de nullité, quand un clairon retentit au beau milieu du labyrinthe d'étagères.
-C'est normal ? s'informa le malchanceux chronique en se frottant vigoureusement les cheveux pour se débarrasser de la poussière et des morceaux de bois pourris tombés des étagères.
Parce que si ses catastrophes divines s'annonçaient maintenant avec un coup de trompette, Harry Potter allait atteindre un cran au-dessus dans l'échelle du surréalisme et décréter qu'il était indubitablement maudit.
-Ce bruit disgracieux, le renseigna Howard en ensorcelant ses volumineux bouquins pour qu'ils se retrouvent doués de petites pattes, sert à avertir les résidents du château que le repas est servi, ou qu'une période de cours commence ou se termine, ou qu'il est l'heure pour les retardataires de se lever, ou annonçant tout autre élément journalier valant la peine d'être marqué, expliqua-t-il en marchant vers la sortie, toute une ribambelle de livres trottinant à sa suite comme des petits canetons derrière leur mère.
Il s'agissait d'un détail de la vie courante dont personne n'avait jugé qu'il était important qu'il soit mis au courant. Si chaque heure de la journée était signalée par un atroce et bruyant coup de clairon, il y avait de fortes chance que le Survivant pète un fusible dès la première semaine de cours. Ce qui, d'ailleurs, expliquait pourquoi tout le monde dans cette école était barjo.
-Et je peux savoir quel abruti souffle dans cet insupportable cor de chasse ? grinça le professeur en marchant aux côtés du bibliothécaire et en se préparant à une visite de courtoisie raisonnablement nécessaire.
-Personne, bien malheureusement, soupira Howard en déplaçant une montagne de parchemins en attente d'être triés pour dévoiler un passage jusque-là inexistant. Le Directeur a ensorcelé les murs du château pour que cet horrible bruit soit entendu par tout ses résidents.
-Ne me dites pas que personne dans cette école, et encore moins les gryffondors, n'a essayé de se débarrasser de cet ignoble bruit insupportable ? n'y crut pas le Survivant.
-Certains étudiants et professeurs les plus dégourdis ont bien fait quelques tentatives, avoua Fawley en esquissant un sourire amusé. Mais comme vous pouvez le constater, sans le moindre résultat probant.
Mouais. Le professeur était persuadé qu'un sort de d'impassibilité auditive était à la disposition des élèves capables de se l'acheter. Le fructueux commerce du marché noir était une tradition de longue date au sein de l'école de magie, et avait, en son temps, été le précieux monopole des jumeaux Weasley. Il n'y avait strictement aucune chance que personne ne tire un profit mirobolant de cette situation purement invivable. Il ne restait plus qu'à mettre la main sur ce petit commerçant cupide et lui promettre une scolarité d'une atrocité aux proportions bibliques s'il ne lui lâchait pas son sortilège contre les nuisances sonores. Lui faire rencontrer ce canasson carnivore de Hannibal était d'ailleurs une idée intéressante qu'il pourrait faire passer en tragique accident si le marmot refusait de cracher son secret.
-Et donc, fit le Survivant en essayant de ne pas trébucher contre des morceaux d'étagères fracassées par une apparente explosion. De quel évènement "marquant" cette trompette signale-t-elle le début? s'enquit le responsable professeur n'ayant absolument pas prévu de mettre en danger l'intégrité physique de l'un de ses élèves.
-Mais l'arrivée des élèves dans l'enceinte de l'école, bien entendu, lui répondit Howard comme si son collègue venait de lui demander de quelle couleur était ses propres cheveux.
Harry arrêta nette sa progression sous l'horreur de la réalisation. Bien évidemment que cet horrible vacarme annonçait une calamité dantesque, pourquoi en avait-il douté ne serait-ce qu'un court instant ? S'il y avait un désastre devant s'abattre dans un éclair de feu sur quelqu'un, il était bien évidemment la personne toute désignée.
Il fallut un commentaire du bibliothécaire sur l'apparente lenteur de ses facultés mentales pour que le voyageur du futur reprenne ses esprits et sa marche. Suivant la traînée de bouquins trottinant gaiement derrière son collègue, Harry eut la mauvaise idée de comparer ces inoffensifs manuels à la créature des livres de Terry Pratchett. Ne pouvant réprimer un frisson à la pensée de croiser au détour d'un couloir un volumineux coffre en bois de poirier-savant s'amusant à dévorer les passants malchanceux, le Survivant se décala de quelques pas de la funeste procession d'objets multipèdes. L'analogie aux célèbres romans de fantasy burlesques laissa un goût aigre dans la bouche du trentenaire. En y pensant bien, le pauvre héros avait tout du malchanceux Rincevent, le mage recalé de la Faculté de Magie et à qui il arrivait tout un tas de péripéties bizarres parce qu'il avait eut le malheur de rencontrer un touriste avec une paire d'yeux supplémentaire et son tristement célèbre Bagage. Ce fut donc en ronchonnant contre sa Destinée, les mains profondément enfoncées dans les poches et shootant férocement dans un innocent tas de parchemins que sortit le Survivant du labyrinthe qu'était la Bibliothèque.
Suivant dans les couloirs du château son collègue, qui faisait preuve d'une grande intelligence en respectant son mutisme, Harry Potter avançait à pas lents et irrités vers la Grande Salle, où devaient les attendre élèves et professeurs, impatients de fêter la Rentrée. Toujours d'une humeur massacrante, l'enseignant et le bibliothécaire pénétrèrent par la porte de derrière, prirent place sur l'estrade et s'installèrent là où ils le pouvaient aux côtés de leurs collègues déjà attablés. Au contraire de ses estimations, aucun marmot n'était encore arrivé dans la Grande Salle. Poussant un soupir contenant difficilement son énervement, le Survivant s'assit lourdement à la gauche de Dumbledore et grinça à son attention entre ses dents serrées :
-Vous avez intérêt à avoir une solution pour cette saloperie de clairon, parce que je vous préviens, fit-il en le menaçant d'un index furieux, il est hors de question que mes journées soient gouvernées par une trompette autoritaire.
-Mon cher ami, commença calmement le vénérable Directeur de Gryffondor en dépliant sa serviette. Il n'est pas nécessaire de vous mettre dans de tels états, tempéra-t-il ses ardeurs d'un sourire compatissant.
-Si vous me sortez qu'il suffit de me bourrer les oreilles de cotons, je vous en colle une, grogna-t-il son intimidation en pliant inconsciemment sa fourchette entre ses poings excédés.
-La cire d'abeille est beaucoup plus efficace, lui indiqua Brulopot quelques places plus loin, une moustache de bière ornant sa lèvre supérieure.
Harry laissa passer précisément quatre secondes au cas où il s'agirait d'une très mauvaise blague. Personne ne ricanant devant sa crédulité, le Survivant en conclut l'évidence qui s'imposait et commença à prendre une teinte coquelicot étrangement semblable à celle de Charlus. Sur le point d'entrer en combustion spontanée, et de passer ses nerfs sur le premier crétin qui aurait eut la riche idée de lui adresser la parole, Primprenelle Evergreen se sentit investie du devoir de le calmer. La jeune professeur de Divination et d'Astrologie usa de ses dons hérités de la branche elfique de sa famille pour envoyer des ondes relaxantes à son collègue n'appréciant pas le moins du monde qu'un individu, pourtant bien intentionné, vienne foutre le boxon dans son crâne déjà bien amoché. Cette fois-ci pleinement sur ses gardes, et malgré son état d'énervement, le baroudeur international remarqua presque instantanément qu'un légiliment essayait de lui imposer sa volonté. Repoussant l'invasion mentale sans le moindre égard, son cou craqua sinistrement quand sa tête brune se tourna vers sa collègue métisse, qui blanchissait à vue d'œil sous le regard meurtrier du Héros des Temps Troublés.
-Je pensais vous avoir dit que personne ne me prenait pour une marionnette vaudou sans en payer douloureusement le prix, gronda sourdement le Survivant en se préparant à se lever de sa chaise pour agresser sauvagement sa collègue aux traits infantiles.
La bestiole ailée ne dut son sauvetage qu'à la main de Dumbledore fermement posée sur celle de professeur de Xénomagie. Cloué métaphoriquement à la table, le trentenaire coula un regard outré en direction de son voisin et se vit forcé de remettre à plus tard ses lubies vengeresses quand il croisa les deux orbes glacés du puissant sorcier. Sa fureur douchée avec efficacité, Harry se réinstalla plus confortablement sur son siège, ignorant superbement la glapissante fée qui se dépêcha de s'asseoir le plus loin possible du chasseur de mages noir à la retraite.
-Par soucis de diplomatie, mon cher Harry, commença Albus de sa voix de Directeur, il serait plus prudent d'oublier ce léger dérapage qui, je n'en doute pas, ne se reproduira qu'avec le consentement oral de la personne concernée, prononça-t-il sa menace implicite en fixant de ses yeux glacés la pratiquante des Arts de l'esprit un peu trop enthousiaste. De plus, reprit-il cette fois-ci à l'attention du Survivant, il est préférable que les élèves ne trouvent pas leurs professeurs en train de se crêper le chignon dès la Rentrée, conclut-il son exposé d'un sourire d'une fausseté digne de sa cousine Aliénor.
Déglutissant devant l'aura perceptible et menaçante du Directeur de Gryffondor, Harry hocha muettement la tête pour lui faire comprendre que le message était passé : pas de bagarres puériles entre collègues ruinant la respectabilité de l'ensemble de l'équipe enseignante de cette école.
-Vous avez toujours le chic pour vous retrouver dans des situations compliquées, remarqua avec une pointe d'humour Galatea Têtenjoy, se trouvant être son autre voisine de table.
Les places ayant été pour la plupart déjà occupées quand Fawley et lui étaient entrés, les deux hommes avaient dû se rabattre sur les options les moins catastrophiques. Là où le Sauveur s'était incrusté entre le champion de Bien et une mage noir sous couverture, Howard avait préféré se placer aux côtés de Slughorn et Smith, occupants le poste de Directeurs de leur Maison respective. Frankenstein accaparait toujours toute l'attention de ce pauvre Charlus, l'infirmière essayait de fourrer une potion calmante dans la gorge de l'elfe, Binns ronflait amoureusement dans son assiette vide, Campbel raturait frénétiquement des parchemins recouverts de diagrammes, la blondasse enseignant l'Étude des Runes discutait avec la joueuse de Quidditch professionnelle, et Beery et Brulopot riaient à gorge déployée d'une anecdote du professeur d'Etude des Moldus. Seul Dippet était silencieux au milieu de ce capharnaüm, ses yeux perçants fixés sur les portes face à eux et ses mains ridées tranquillement posées sous son menton.
Il était étrange que tous les professeurs soient présents, remarqua le voyageur du futur. À son époque, la sous-directrice accueillait les premières années aux portes du château pendant que les plus âgés s'installaient à leur table sous les grincements de Rusard. Maintenant qu'il y pensait, Harry n'avait pas vu l'ombre d'un concierge pendant son séjour à Poudlard. Ce qui ne signifiait pas grand chose, étant donné qu'il avait passé les trois-quarts de son temps terré dans ses appartements ou dans la Bibliothèque protégée des indésirables par les bons soins de Fawley. Mais le fait était, s'il n'y avait effectivement pas de concierge pour avoir les grilles aux élèves, comment ces derniers allaient-ils pénétrer dans l'enceinte ? Meilleure question : comment les étudiants allaient-ils entrer alors que toute la propriété était cernée de mercenaires patibulaires ? Se souvenant de l'explication rocambolesque d'Abigail Mitchell, comme quoi les briseurs de sort campant devant les grilles étaient des "gens charmants" et qu'ils l'avaient poliment laissée passer, il n'était pas invraisemblable que les mercenaires guident civilement les adolescents de Pré-Au-Lard jusqu'à l'école.
Une idée pas vraiment plaisante traversa l'esprit du Survivant.
-Dites-moi, Monsieur le Directeur, fit Harry à l'intention de Dippet. Vous n'auriez pas fait quelques propositions lucratives à ces charmantes personnes campant devant votre école, au cas où des partisans de Grindelwald s'essaieraient au terrorisme à coup d'explosifs ?
Il était devenu évident aux yeux du Survivant que le vieux schnock n'avait pas apprécié que le conseil d'administration lui refuse un contingent armé devant assurer la sécurité des élèves. Connaissant le personnage, il n'aurait pas dû être surpris d'apprendre qu'il avait engagé certains humanoïdes en tant que milice privée. Ledit vieux renard manipulateur, s'amusant à collectionner au sein de son équipe éducative toute une ribambelle de catastrophes ambulantes, ne répondit à son employé qu'avec un sourire innocent digne d'un vieillard sénile. Ce qui était un aveu en soi, parce que personne dans ce château ne pouvait être dupe de la malignité suintant de la personne d'Armando Dippet sous ses airs de vieux papi gâteau.
Avant que l'Elu n'ait pu rassembler ses pensées et prononcer quelque chose de constructif sur l'initiative du Directeur, assurément mauvaise pour sa tension, les lourdes et magistrales doubles-portes de la Grande-Salle grincèrent sinistrement sur leurs gonds, annonçant lugubrement l'arrivée imminente des élèves. Alors que le jeune professeur s'attendait à voir débouler en fanfare et en un innommable chaos des gamins surexcités, il n'y eut à la place qu'une procession calme et ordonnée d'étudiants se dirigeant silencieusement vers leur table respective. Harry Potter cligna plusieurs fois de ses yeux verts, complètement soufflé par ce qui ressemblait à un exercice de manœuvre militaire parfaitement exécuté au lieu du chaos capillo-tracté auquel il était habitué et s'était logiquement attendu.
Il y avait forcément une couille dans le potage quelque part, se dit le Survivant en passant au scanner les paisibles élèves assis beaucoup plus droits que des adolescents n'étaient sensés l'être. Alors que son regard émeraude était posé sur la table des Gryffondor, le trentenaire remarqua une jeune fille ressemblant étrangement à Minerva McGonagall occupée à réajuster son chapeau noir. Allait-il réellement enseigner à son ancienne Directrice de Maison ou s'agissait-il d'une coïncidence fortuite ? Connaissant sa chance légendaire, Harry Potter était bien parti pour avoir dans sa salle de classe son ancien professeur de Métamorphose. Se penchant légèrement sur son assiette, ses lunettes rondes tenues à une main et ses yeux plissés dans l'espoir d'avoir une meilleure vue de la jeune étudiante, donnant au passage une image peu respectable et reluisante de lui-même, le Survivant essayait de déterminer s'il s'agissait effectivement de la stricte sorcière qu'il connaissait ou d'une plus ou moins lointaine parente. Selon ses humbles estimations, la gamine de seize ans était beaucoup plus... flamboyante que n'avait un jour put l'être l'honorable femme devenue Directrice de Poudlard. En attestait le coup de genou parfaitement exécuté venant de s'abattre sur un jeune poufsouffle ayant eut la riche idée de lâcher un odieux commentaire sur sa coiffure. Il y avait fort à parier que ces deux adolescents venaient de sortir d'une relation houleuse et compliquée et que leur histoire était loin d'atteindre son chapitre final. Une exclamation sèche de la part d'Ursula Smith, Directrice de Serdaigle mit fin au début de querelle entre les deux belligérants se donnant en spectacle et la possible Minerva McGonagall revint s'asseoir à sa table en ronchonnant bruyamment.
Un adolescent surplombait tous les autres de trois bonnes têtes et attira directement le regard du Survivant. Une taille aussi imposante, une crinière brune aussi hirsute ne pouvaient appartenir qu'à son vieil ami Hagrid. Qui n'était plus si vieux que cela, sans sa barbe et avec ses traits infantiles. Ses yeux myopes ne quittèrent pas un seul instant la massive silhouette du jeune garçon, et un large sourire prit place sur ses lèvres abîmées. Harry avait toujours eut une affection sincère pour le demi-géant, le retrouver à cette époque ne pouvait qu'alléger son moral. Et si au passage, il pouvait l'aider à passer une scolarité dépourvue de moqueries et d'insécurités comme le Gardien des Clefs l'avait fait pour lui, le héros des Temps Troublés ne se gênerait pas. D'ailleurs, si le professeur de Xénomagie mettait un jour la main sur un petit crétin s'amusant à rabaisser de quelques façons que ce soit le petit Rubeus Hagrid, il allait passer un sale quart-heure et ferait assurément des cauchemars jusqu'à la fin de sa misérable vie.
-Quel sombre plan préparez-vous donc, cher collègue, pour sourire ainsi ? lui demanda le mage noir sous couverture en jouant avec son porte-cigarette dans une parodie de majorette.
Apparemment, le héros de biens des individus avait laissé apparaître sur ses lèvres un rictus significatif de ses pensées machiavéliques envers le fictif élève s'en étant pris à ce pauvre Hagrid.
-Je réfléchissais juste à quel genre de punitions et de retenues je pourrais distribuer à nos charmants étudiants, lui avoua-t-il en essayant de redresser sa fourchette tordue pas ses soins quelques minutes plus tôt.
Une entrevue avec ce cher sombral à l'appétit insatiable de Hannibal donnerait des sueurs froides à n'importe qui, sauf à Hagrid, qui aurait quant à lui des étoiles plein les yeux. Voilà qui était un châtiment particulièrement polyvalent et qui lui plaisait de plus en plus. Il restait juste à mettre la main sur ce fichu canasson planqué quelque part dans la Forêt Interdite. Avec la poisse qu'il se coltinait, il y avait fort à parier que la bestiole avait fait ami-ami avec les araignées géantes et réduisait la paisible forêt en un champ de massacre et de désolation, plein de créatures innocentes courant partout pour leur échapper. Ou alors, la bestiole sadique avait déclaré la guerre aux licornes et les équidés belliqueux avaient transformé la zone en champ de bataille digne de la Première Guerre Mondiale, avec des tranchées et des sous-terrains défigurant cette pauvre forêt. Dans tous les cas, laisser Hannibal en liberté n'était pas la plus grandiose des idées. Aller rechercher ce sombral adepte de la chair humaine était d'ailleurs pressament ajouté à sa liste de choses à faire dans les plus brefs délais.
La longue procession d'élèves impeccablement coiffés et habillés paradant dans un silence notable prit fin, et deux files parfaitement équilibrées d'enfants angoissés se plantèrent dans une rigueur toute militaire devant l'estrade professorale, les deux Préfets-en-chef à leur tête. Parmi les nouveaux venus, se trouvaient quelques adolescents plus âgés dont cette chère Myriam, qui eut le culot de le saluer de la main dans un grand sourire jubilatoire, et la guerrière importée du passé, qui avait largement dépassé les dix-sept ans. Se levant régalement de son siège, Dippet accueillit ses élèves, anciens et nouveaux, dans un discours concis, puis laissa le Choixpeau entonner sa comptine. Sous les visages hébétés des enfants, le vieux morceau rapiécé d'étoffe contait la bravoure de Gryffondor, la sagesse de Serdaigle, l'ingéniosité de Serpentard et la loyauté de Pousouffle. Des applaudissements polis retentirent des cinq tables quand l'objet ensorcelé eut fini sa chanson. Levant à nouveau son auguste postérieur de son siège parfaitement rembourré, Dippet sortit de sa manche la liste des nouveaux élèves comme un prestidigitateur de pacotille et appela le premier étudiant. Le jeune garçon monta sur l'estrade le plus vaillamment qu'il put malgré ses jambes tremblantes et mit le chapeau sur sa petite tête.
-SERDAIGLE ! s'écria trois secondes plus tard le Choixpeau sous les applaudissements polis de toute la Grande Salle.
À l'époque du transfuge temporel, seuls les professeurs et les élèves de la Maison concernée applaudissaient l'étudiant fraîchement réparti. Il semblait au Survivant, que dans les années quarante, l'esprit de ségrégation inter-maison n'était pas aussi présent que dans ses plus jeunes années. Mis à part le coup de genou stratégiquement placé de la potentielle Minerva McGonagall, aucune hostilité n'était apparente parmi les élèves. Peut-être cette quiétude était-elle due au cérémonial de la Rentrée et l'austérité du moment, et que les petites querelles entre Gryffondor et Sepentard allaient reprendre dans un psychodrame auréolé de feux d'artifice. Mieux valait profiter de la tranquillité du moment, se dit le Survivant en applaudissant en rythme avec ses collègues tout aussi enthousiastes que lui.
Quand arriva fatalement le tour de "Delambre, Myriam", le trentenaire encaissa avec stoïcisme l'œillade d'une discrétion frappante qu'elle envoya dans sa direction. Sans surprise, du moins pas pour lui, la sangsue fut répartie à Serpentard. Se relevant du tabouret dans une grâce exemplaire, le vampire pluricentenaire se dirigea à pas lents et mesurés vers sa nouvelle Maison. Plusieurs étudiants des classes plus âgés bousculaient leurs camarades dans l'espoir que la séduisante et apparente jeune femme s'assoit à leurs côtés. Ce cirque pitoyable tira un léger ricanement à Galatea, qui elle aussi devait souvent s'amuser à attiser la libido d'hommes affreusement plus jeunes qu'elle.
Le fameux Régent en exil embarqué par cette pouffiasse de professeur de Runes fut quant à lui envoyé à Gryffondor. Ce qui n'était pas franchement surprenant quand on savait que l'aspiration profonde d'Eirik Gustafson était de lever une armée pour reconquérir héroïquement ses terres volées. Mitchell eut même le culot de siffler quand le Choixpeau avait éructé le nom de sa Maison.
Se demandant comment il allait survivre des mois en cohabitation forcée avec ce phénomène purement insupportable, le Survivant ne put s'empêcher de faire joujou avec sa magie élémentaire et d'envoyer d'un courant d'air maitrisé ses longs cheveux blonds trainer dans son verre de jus de citrouille. Bien évidemment, ni Galatea ni Albus ne furent dupes et lui lancèrent un regard appuyé sensé le convaincre d'arrêter de faire des blagues d'une maturité décevante. Affichant en retour une mine contrite, le Sauveur fit mine de s'intéresser à la Répartition prenant place à quelques mètres de lui.
"Gwilfur, Alwenn" fut bien évidemment envoyée à la Maison des hardis. La montagne de muscles rousse adepte du combat à l'arme blanche ne pouvait décemment pas être répartie ailleurs que chez les bourrins héroïques.
La suite de la cérémonie se déroula d'une lenteur à faire pleurer les pierres, avec Dippet prenant tout son temps pour annoncer le nom du nouvel élève et le Choixpeau n'ayant apparemment pas encore l'ADSL. Pour passer le temps, le Survivant s'amusait à tracer des glyphes dans le bois de la table à l'aide de son couteau, sa main libre servant d'appui à sa tête. Aussi, quand "Potter, Harriet" retentit à ses oreilles, le trentenaire sursauta tellement que son couteau tomba à terre dans un tintement bruyant. Ses deux mains prenant appui sur la table, ses grands yeux verts écarquillés au possible, le teint d'une pâleur suspecte, Harry Potter avait tout le loisir d'observer son autre-lui d'une dimension parallèle monter sur l'estrade en lui offrant un masque de détermination à la place de son visage, un petit sourire victorieux sur les lèvres. Sa mâchoire décrochée sous le choc, le professeur comprit que sa stratégie pour se débarrasser de sa harceleuse n'avait finalement pas été une si bonne idée que cela.
-Une autre Potter ? fit Galatea en arquant un sourcil surpris.
-Ma nouvelle sœur, les informa Charlus dans un grognement. Elle a débarqué au manoir deux semaines plus tôt et mon père a décidé d'agrandir une nouvelle fois notre famille, lâcha-t-il en lançant un regard appuyé en direction de Harry.
Bon, okay. Cette fois-ci, c'était sa faute. C'était lui qui l'avait envoyée par Portoloin chez les Potter dans l'espoir qu'elle lui lâche définitivement la grappe. Ce qu'il n'avait pas prévu, en revanche, était qu'elle utiliserait les connections de sa nouvelle famille pour s'inscrire à Poudlard et lui pourrir l'existence sous prétexte de vouloir passer du temps "en famille".
Toujours sans surprise, la version rajeunie et féminine de lui-même atterrie à Gryffondor, la Maison des héros à la détermination d'un pitbull sous stéroïdes. La gamine de seize ans s'offrit même le luxe de saluer de la main les deux professeurs Potter et de faire un clin d'œil complice à Charlus avant de se diriger vers sa table. Outré par tant de favoritisme au sein d'une même famille, et par le sourire conquit et charmé du fiancé de Dorea Black envers leur jeune sœur alors que lui n'avait droit qu'à de l'hostilité gratuite, le Survivant était sur le point de faire une véritable scène digne du dramatisme de Myriam quand la main implacable de Dumbledore broyant son biceps le convaincu de se calmer. Toujours grognant avec humeur, le trentenaire croisa fermement les bras sur sa poitrine, imitant sans le savoir la posture de gamin boudeur qu'arborait régulièrement Charlus.
La mercenaire en couche-culotte à la solde de Gringotts s'avança sur l'estrade quand le vieux manipulateur de Directeur annonça "Ragnok, Birba". Le regard noir que la gamine élevée par les gobelins lui lança aurait suffit à arrêter la charge d'un hippogriffe furieux. Heureusement pour elle, l'adolescente fut suffisamment intelligente pour ne pas essayer de profiter de leur proximité pour tenter de le kidnapper. Enfonçant rageusement le chapeau mité sur sa chevelure chocolat mal coiffée, la briseuse de sort fut répartie quelques instants plus tard à Serpentard. Nul doute que son caractère emporté allait faire des étincelles auprès des nobliaus arrogants pensant qu'elle était une proie de persécution de choix.
Vint ensuite une enfant de première année que le Survivant avait déjà rencontré une fois. Il fallut cependant de longues secondes au professeur pour qu'il se souvienne dans quelles circonstances il avait bien pu croiser la route de "Reaper, Héla". À vrai dire, ses longs cheveux argentés et ses yeux aveugles n'étaient pas facilement oubliables. Ce ne fut que quand la jeune fille planta ses yeux morts dans les siens que le Sauveur se souvint du fameux rêve bizarre qu'il avait eut juste avant de mettre les voiles du manoir des Potter. Un songe étrange où une gamine avait été la victime malheureuse d'un sacrifice ayant mal tourné et s'était retrouvée avec les attributs d'une licorne. À voir les ongles argentés de la fillette, il n'y avait malheureusement pas erreur sur la personne. Quelles étaient donc les probabilités pour qu'un individu qu'il ait vu en rêve se plante devant lui et le fixe de ses yeux aveugles ? Le frisson secouant la carcasse de Galatea confirma les craintes du chasseur de mages noir. Il y avait définitivement quelque chose qui clochait chez cette enfant.
L'aberration ambulante termina à Serdaigle sous les applaudissements polis de l'assemblée et une autre catastrophe prit place sur l'estrade sous la forme de la princesse extra-terrestre qu'il avait aussi pensé avoir rêvé. Sa mâchoire se décrocha pour de bon et le Survivant envisagea sérieusement de fuir cette école de cinglés tant qu'il en avait encore la force.
-C'est un cauchemar, expira d'horreur le pauvre professeur.
De l'autre côté de la pièce, Myriam faisait de son mieux pour ne exploser trop bruyamment de rire et oscillait dangereusement sur son banc.
-Sparkles, Andromeda, annonça avec un temps de retard Dippet, ses yeux fixés sur le parchemin et ses sourcils froncés d'incrédulité sous ses lunettes rondes.
-"Sparkles" ? souffla d'épouvante Harry Potter alors que plusieurs élèves et professeurs essayaient avec plus ou moins de succès de réprimer un fou-rire.
-Mon vrai nom ressemble plus à "Galaxie aux milles éclats née d'une fusion", expliqua l'extra-terrestre. Mais par soucis de traduction et d'intégration sociale, j'ai jugé qu'"Andromeda Sparkles" était un meilleur patronyme.
-Si vous le dites, répondit un Dippet perdu dans ses calculs mentaux visant à prédire le tout nouveau chaos allant s'abattre sur Poudlard.
Pas plus gênée que cela par les messes-basses des élèves et les regards mi-intrigués, mi-mort de rire des professeurs, la princesse d'un empire galactique posa délicatement le Choixpeau sur son crâne.
-POUFSOUFFLE ! s'écria le chapeau mité sous les soupirs de soulagement de trois-quarts des étudiants.
Alors que Smith essuyait discrètement ses tempes pleines de sueurs froides à l'aide de sa serviette, Beery quant à lui fixait cette nouvelle arrivante en se grattant pensivement le menton. Le Survivant pressentit, avec ce regard pensif, que l'apprenti metteur en scène venait de trouver l'une de ses actrices principales pour sa pièce de théâtre qui allait fatalement se terminer dans le sang et les larmes.
Préférant changer de sujet d'inquiétude, le jeune professeur inexpérimenté se concentra sur la Répartition et les quelques enfants et adolescents restants. Sans grande surprise, il restait dans la file d'adolescents à répartir la jeune fille du futur soit disant apparentée à lui par son mariage avec Ginny. Vu le regard de pure détermination qu'elle lui lança, elle n'avait toujours pas décidé de repartir à son époque sans lui pour l'aider à botter l'arrière-train du tyrannique mage noir local. Poussant un lourd soupir de découragement, le Survivant se laissa tomber contre le dossier de son fauteuil.
-Un problème, mon jeune ami ? lui demanda Albus avec une légère inquiétude.
-Je crois que devenir professeur dans cette école était une mauvaise idée, lui répondit-il dans un marmonnement démoralisé.
Le ricanement transpirant la compassion qui sortit de la gorge de Galatea suffit à lui redonner suffisamment d'énergie pour lui planter sa fourchette dans la cuisse. L'étranglement du professeur de Défense Contre les Forces du Mal tira un sourire satisfait au voyageur temporel, qui fut bien vite retiré de ses lèvres par le regard de désapprobation de Dumbledore.
-Veuillez cesser vos pitreries infantiles, fit la voix glaciale du Directeur de Gryffondor.
-C'est elle qui a commencé, se dédouana le Survivant en la pointant fort peu galamment du doigt.
-C'est lui qui passe son temps à se plaindre pour un rien, fit de même le mage noir.
Le sourcil haussé d'Albus fut suffisant pour les réduire tout deux au silence.
-Sue, Mary, retentit la voix puissante de Dippet dans la Grande Salle.
Un atroce pressentiment lui tenaillant les tripes le força à tourner la tête en direction de la nouvelle élève marchant vers l'estrade comme si son plus grand rêve venait de se réaliser. Un sourire lui mangeait la moitié du visage alors qu'elle trottinait gaiement sur le chapeau mité. Le personnage n'avait physiquement rien de très remarquable. Ses longs cheveux châtains lui tombaient dans le creux des épaules et ses yeux chocolat ne respiraient pas d'intelligence flagrante. Ses robes noires étaient parfaitement conformes au reste de la population estudiantine. Même son visage lunaire et constellé de taches de rousseur était quelconque. Seuls ses ongles parés aux couleurs de l'arc-en-ciel indiquaient au reste du monde qu'elle n'était pas qu'une adolescente comme les autres. Comparée aux autres calamités ambulantes parsemant ce château de fou, la jeune fille était même sacrément normale. Harry ne comprit pourquoi il ressentait un malaise étrange que quand les yeux de l'adolescente croisèrent les siens par le plus grand des hasards. La gamine stoppa sa course juste devant le tabouret sur lequel était posé le chapeau, sa mâchoire pendante lui donnant une vue impressionnante sur ses amygdales, ses deux mains tellement agrippées à sa robe que ses jointures en devenaient blanches, ses yeux de chouette éberluée posés sur lui comme s'il était la réincarnation du Messie. Cette réaction était trop symptomatique de ces concitoyens l'ayant estampillé "Sauveur du monde sorcier" pour que l'adolescente soit autre chose qu'une groupie hystérique. Quand elle reprendrait fatalement ses esprits, il y avait fort à parier que la gamine lui demande un autographe en bafouillant avec des larmes dans les yeux. C'était cette hystérie collective sur sa personne qui avait convaincu le trentenaire qu'il était bien mieux dans le passé que dans son présent. Mais si des individus commençaient à le déifier et à créer un culte à son sujet, Harry Potter allait demander à la guerrière Celte de l'emmener avec elle en Antiquité.
-Harry Potter ! piailla la groupie dans un petit cri beaucoup trop aigue pour ses fragiles oreilles.
-Oui, soupira la cible des admiratrices un peu trop collantes. C'est bien mon nom. Maintenant, reprit-il d'une voix professionnelle, si vous voulez bien vous calmer et continuer la cérémonie, nous vous en serons tous gré.
Clignant des yeux comme une ahurie pas encore remise de sa rencontre avec un être céleste, le Survivant se décida de prendre les choses en main et de placer d'un informulé le Choixpeau sur sa tête.
-Mais qu'est-ce que tu fous là ? lui souffla pas vraiment subtilement l'adolescente comme s'ils étaient de vieux amis perdus de vue depuis longtemps.
-J'enseigne, lui répondit le professeur en arquant un sourcil.
-Nan, fit la groupie en hochant négativement du chef en manquant de faire tomber le précieux artefact perché sur son crâne. Ca, j'avais compris, t'es à la table des professeurs, signala-t-elle. Ce que j'aimerais bien savoir, c'est ce que tu fous à cette époque alors que le canon n'a jamais mentionné qu'un voyage dans le temps de plus vingt-quatre heures était possible.
Et ce fut ainsi qu'il rencontra la dixième Plaie, celle avec une connaissance de son passé bien trop détaillée pour ne pas être glauque.
Jamais perdue dans d'autres conversations dès qu'il était question de son statut d'erreur de la nature victime d'un problème temporel, Frankenstein se fit une joie d'interroger la dénommée "Sue, Mary" sur ce qu'elle entendait par ces paroles. Par un à-propos d'une chance insolente, ce fut à ce moment que le Choixpeau se décida à crier de toutes ses forces "POUFSOUFFLE". Ne désirant pas expliquer son propre statut d'aberration parlante, la gamine se précipita vers la table des blaireaux sans demander son reste.
Une autre transfuge temporel se rajoutait à liste des erreurs de la nature de Poudlard, déplora intérieurement le Survivant. Brillant. Tout simplement génial.
La tête brune du héros vint toute seule se poser sur son assiette pendant qu'il maudissait sa Poisse Cosmique et les divinités sadiques s'amusant à faire joujou avec sa pauvre vie. Albus, en parfait collègue compatissant avec le chaos qu'était son existence, lui tapota le dos et essaya de lui remonter le moral par des platitudes bien intentionnées. Galatea, son autre voisine, ricana bien évidemment de sa réaction puérile et hautement constructive. Inquiet pour l'intégrité physique de son jeune collègue si leur employeur venait à le surprendre dans une position aussi ridicule, Dumbledore sortit le visage de la victime de la Fatalité de son assiette et le replaça correctement sur sa chaise le plus discrètement possible. Comme toujours quand Harry Potter était démoralisé par un coup du sort plus vicieux que les autres, le Sauveur imita le mollusque et oblitéra le reste du monde efficacement pour mieux se plaindre intérieurement. Il ne fut sorti de son état de légume que lorsque une dague en argent fila adroitement dans sa direction. Réagissant par réflexe, le Survivant décala sa tête juste suffisamment pour éviter de se retrouver borgne et écopa à la place d'une légère entaille le long de sa joue gauche.
-Une lame gobeline en argent massif, remarqua le mage noir avec convoitise.
Ladite lame vibrait encore, fermement plantée dans le dossier de son fauteuil. Le lanceur, venant de se désigner volontaire pour se prendre une rouste de tous les diables allant certainement atténuer son mal-être momentané, était bien évidemment la dernière personne en attente d'être répartie dans une Maison, la dénommée Véronica "Ronnie" Weasley. Si la jeune femme ressemblant beaucoup trop à une héroïne de série B n'avait pas tenté d'atteindre à son intégrité physique, le Survivant aurait sans doute recommencé à soupirer lourdement et à gémir sur sa Poisse Cosmique. Le fait, cependant, que la voyageuse du futur ait lancé une arme blanche avec l'intention apparente de le tuer réveillait en lui une intransigeance qui n'apparaissait que lorsqu'un crétin essayait de l'assassiner. Qu'on lui coure après à des heures indues pour des motifs plus ou moins valables, le baroudeur inter-continental avait appris à l'accepter ; mais qu'on cherche à le tuer, ça, c'était difficilement tolérable. Personne ne s'en prenait à l'unique vie de Harry Potter sans en perdre quelques plumes au passage.
-Soumettez-vous, osa lui sortir l'hystérique au sang de vélane en faisant briller ses yeux violets. Vous êtes l'Elu Sauveur des Opprimés, il est de votre devoir de porter secours à ceux qui comptent sur vous, lâcha-t-elle dramatiquement sa plaidoirie en dégainant sa rapière. Je n'admettrais aucune contestation, termina-t-elle en se mettant en garde.
La question qu'un observateur impartial aurait pu se poser était la suivante : Mais pourquoi diable avait-elle attendu des plombes avant d'attaquer le Survivant, alors qu'elle aurait pu lui lancer sa dague dès le début de la Répartition ? Les élèves témoins de l'altercation, du moins les plus débrouillards, ne manquèrent d'ailleurs pas de s'interroger sur ce défaut de planification. Si on lui avait posé la question, le Sauveur aurait répondu que les catastrophes divines lui tombaient toujours sur le crâne avec un à-propos décapant d'ironie au moment causant le plus de chaos possible. Mais, du point de vue de la jeune fille fan des lancés de couteaux, tout ce cirque était d'une logique imparable. Le nez publiquement mit face à ses responsabilités, le Héros des Temps Troublés ne pouvait qu'accepter le lourd fardeau de sa Destinée et l'accompagner sans rechigner à son époque. Malheureusement pour elle, la dixième Plaie aurait dû faire des recherches approfondies sur la personnalité du Survivant à tout les cataclysmes. Elle aurait su, dans ce cas, qu'Harry Potter était pratiquement insensible aux attaques portées sur son soi-disant honneur et sens des responsabilités. C'était bien simple, depuis que la presse l'avait catapulté chef de gouvernement, le Sauveur se carapatait en sens inverse dès qu'il était question "d'assumer ses responsabilités". Que quelqu'un veuille le faire chanter ou essayer de l'influencer par l'intermédiaire d'une foule convaincue de sa vertu morale, était condamné au fiasco assuré.
Se sentant nullement concerné par la piètre tentative de l'adolescente déterminée à le trainer dans un futur apocalyptique digne de Terminator, l'Elu eut pour toute réponse à sa provocation un majeur levé d'une signification largement explicite. L'air scandalisé et perdu que revêtit le visage de la Sarah Connor locale fut hors de prix.
-Je suis allergique au Destin et à la Fatalité, lâcha-t-il en esquissant un rictus satisfait. Si tu veux sauver tes compatriotes, fais-le toi-même, au lieu de compter sur un Héros providentiel qui n'a strictement rien à carrer de tes petits problèmes avec ton mage noir local, clinga la voix ferme et insensible de l'Agent du Chaos. Maintenant, reprit l'inébranlable professeur, tu ranges ton coupe-chou et tes airs de diva, tu ramènes ton derrière sur ce tabouret et tu laisses ce chapeau mité te répartir dans la pauvre Maison qui devra subir tes caprices d'enfant gâté, décréta Harry Potter avec l'assurance inflexible qu'il réservait d'ordinaire aux apprentis mages noir et amazones en couche-culotte qu'il se retrouvait à baby-sitter.
Douchée et déstabilisée par le retournement de situation, Ronnie Weasley ne put qu'ouvrir muettement la bouche avant qu'un claquement de doigts impérial ne pointe fermement le Choixpeau. Défaite mais nullement vaincue, la rousse foudroya le sol du regard avant de finalement s'asseoir sur le tabouret et de mettre l'artefact chantant sur sa tête. Étonnante surprise, il ne fallut pas dix secondes au chapeau mité pour décider qu'elle appartenait à la Maison des hardis et des héros à la bravoure légendaire. Cette fois-ci, les applaudissements furent nettement moins enthousiastes que lors des précédentes répartitions. Sans doute ces braves élèves avaient-ils été conquis par sa prestance régalienne et son aura de pouvoir qui effrayaient les plus cruels mages noirs, se dit le Survivant en ne pouvant cacher son contentement. Remis d'aplomb grâce aux derniers évènements, le professeur se sentit prêt à affronter avec courage et dévouement la suite de la cérémonie de Rentrée. Trouvant qu'il était temps cesser ce cirque infernal, Dippet embraya avec un discours interminable diminuant légèrement l'enthousiasme du Sauveur. Alors que le Survivant se préparait à subir avec abnégation le lent sermon du Directeur, quelque chose vint faire froncer les sourcils du Survivant.
La plupart des fugitifs développaient au fil des ans un instinct les prévenant quand une paire d'yeux se fixait trop intensément sur eux. Harry, ayant passé dix longues années à fuir toute une ribambelle d'individus tous plus louches les uns que les autres, ne faisait pour une fois pas exception. Ainsi, quand le professeur eut l'impression diffuse de se faire espionner, il renonça sans grand remords à écouter le discours soporifique de son supérieur et chercha du regard le plus discrètement qu'il put l'individu ayant un trop gros intérêt pour sa personne. Il investigua d'abord auprès des furies lui courant hystériquement après, mais, si certaines avaient effectivement les yeux posés sur lui, aucune ne faisait s'affoler son instinct de survie. La menace qu'il sentait guetter autour de lui ne venait pas non plus de ses collègues, même si les yeux de chouettes de Frankenstein n'avaient rien de plaisant. Ce ne fut que quand le regard émeraude du Survivant scanna la table des Serpentards, et remarqua au passage le nombre impressionant d'adolescents invités à l'unique gala auquel il avait assisté et qui avait conduit à l'humiliation publique d'Ambrosius Bulstrode, que le professeur dénicha enfin son voyeur.
Comme la grande majorité des étudiants, cet adolescent lui renvoyait un sentiment de déjà-vu persistant. Étant donné la grande probabilité qu'il ait rencontrée à son époque l'un de ses descendants, l'impression de familiarité n'était pas si surprenante que cela. Ce qui était étrange, cependant, était la sensation de malaise qui lui avait saisi les tripes quand leurs yeux s'étaient fatalement rencontrés. Même malgré la distance les séparant, Harry pouvait parfaitement distinguer les deux orbes noirs logés dans ses orbites. Ce gosse avait tout de l'apprenti mage noir sur le point de se lancer à corps perdu dans des expériences interdites allant inéluctablement lui exploser au visage. L'ancien side-kick de Carter savait reconnaître presque à chaque fois l'un de ces gamins traumatisés par la Vie et persuadés qu'une quête de pouvoir allait combler leur vide intérieur. Et, tout chez cet élève hurlait "Psycho-sociopathe de haut niveau et futur tyran mégalomaniaque aux pulsions meurtrières". C'était bien simple, l'adolescent exsudait la perfection à plein nez. Même coincé entre des centaines d'élèves habillés et coiffés pareillement, le jeune homme arrivait sans problème à sortir du lot. Au-delà de ses impeccables cheveux noirs et de sa tenue soignée, le gamin respirait l'autorité et le charisme d'un meneur. C'était cette capacité, et cette certitude, à se faire obéir auprès de ses pairs qui trahissait inévitablement les plans machiavéliques des apprentis mages noirs. Ca, et la recherche quasi-obsessionelle de savoirs dangereux et oubliés. Il y avait donc fort à parier que l'étudiant aux yeux trop noirs allait chercher à le manipuler de toutes les façons possibles et imaginables dans l'espoir de lui soutirer certains secrets intéressants. Honnêtement, après le tour de piste des calamités parlantes se prenant pour des héroïnes, le Survivant n'était pas plus que cela choqué de savoir que Poudlard abritait entre ses murs un apprenti tueur de masse. C'était d'ailleurs presque normal dans le quotidien surréaliste qu'était devenue sa pauvre vie.
Piqué par la curiosité, le professeur chercha dans sa mémoire défaillante à quel individu lui faisait penser le gamin le dévorant des yeux. Habitué à gérer pire catastrophe qu'un apprenti mage noir, le Sauveur ne se faisait pas trop de mouron concernant sa capacité à contrôler les pulsions mégalomaniaques de son futur élève. Aussi ne comprit-il pas pourquoi le sentiment de malaise s'intensifia quand un fin sourire prit place sur les lèvres du parfait jeune homme. Il avait survécu à toutes les crasses que lui envoyait le Destin à un rythme de métronome endiablé. Il avait encaissé plus d'Avada Kedavra que n'importe qui dans l'histoire de l'Humanité. Il avait survécu à l'ire des elfes et des gobelins et avait fait du tourisme dans les coins les plus dangereux du globe. Il avait banni les dieux de l'Olympe parce qu'ils lui avaient couru une fois de trop sur le haricot. Il avait mis dans son lit des cannibales et des vampires et était toujours en un seul morceau. Il était la terreur nocturne des mages noirs. Il était Harry Fucking Potter, bordel ! Aucun gamin de quinze ans ne pouvait décemment lui donner la chair de poule. C'était juste, impossible. D'ailleurs, plus aucun mage noir ne lui avait foutu les jeton depuis Vo-
-Oh. Seigneur, expira d'horreur le Survivant en prenant une teinte livide et en s'accrochant au bord de la table comme s'il était sur le point de se faire aspirer par un trou noir.
Le gosse était Voldemort.
Le gosse était Voldemort.
Le gosse était Voldemort.
Mais bien sûr que le gosse était Voldemort. Il était le portrait craché du souvenir du journal qu'il avait poignardé avec un crochet de Basilique en deuxième année. Fallait-il qu'il possède vraiment le potentiel intellectuel d'une pastèque en plus de la mémoire d'un poisson d'un rouge pour ne pas s'être rendu compte de la ressemblance frappante plus tôt ?
À l'autre bout de la table, Myriam était en train de s'étouffer dans sa propre salive et se tenait à nouveau les côtés en essayant de ne pas tomber à la renverse. Marmonnant une insanité entre ses dents, le Sauveur reprit plus ou moins ses esprits. Un fait au moins était clair : Harry Potter était un crétin. Tout comme il aurait dû s'intéresser aux journaux locaux et internationaux, le Sauveur aurait du faire le rapprochement entre l'année à laquelle on l'avait parachuté et celle où sa Némésis prophétisée avait fait sa scolarité. S'il n'avait pas eut un immense poil dans la main, il aurait compris plus tôt que devenir le professeur du meurtrier de ses parents n'était quelque chose de souhaitable et se serait abstenu d'accepter la généreuse proposition de Dippet. Comme toujours à chaque fois que l'Elu se prenait en pleine tronche une révélation d'importance vitale et qu'il aurait aisément pu prédire s'il avait écouté Hermione, il se claqua la paume de sa main contre son front et manqua une énième fois de s'éborgner avec ses lunettes. Jurant contre sa propre idiotie, le jeune professeur réajusta sa monture et coula un regard inquiet vers l'Héritier de Serpentard. Bien évidemment, le futur tueur de masse avait toujours les yeux posés sur sa personne, même si cette fois-ci le Survivant crut déceler dans ce regard si noir un éclat d'avidité qui lui provoqua un frisson de mauvais augure. Un lent courant glacé descendait le long de sa colonne vertébrale, les cheveux de sa nuque se dressaient et ses avant-bras se couvraient de chair de poule. Le fin sourire présent sur les lèvres fines du jeune homme se courbait lentement en un rictus suintant de lubricité, et finit de donner la nausée au trentenaire. Sans qu'il ne puisse dire exactement pourquoi, le Sauveur sut à ce moment précis que l'obsession qu'avait toujours eut Voldemort pour sa personne venait d'être à nouveau déclenchée, mais cette fois-ci, un aspect charnel venait de se rajouter à l'équation déjà bien tordue qu'était leur relation.
-Je suis maudit, souffla à lui-même Harry Potter en sentant sur ses épaules le poids familier du désespoir. Définitivement et indubitablement maudit, enfonça-t-il le clou tout en se laissant aller contre le dossier de son fauteuil accueillant toujours une dague en argent massif.
-Je constate que vous avez remarqué le jeune Riddle, lui murmura Galatea.
-À mon plus grand désespoir, expira à mi-voix l'aimant à ennuis.
-Un jeune homme brillant, commenta le professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Il me fait penser à moi au même âge, se perdit-elle dans ses souvenirs de sa jeunesse.
-Un sorcier redoutable, sur bien des plans, ajouta sombrement Albus. Ne vous laissez pas attendrir par son visage de chérubin et ses bonnes manières, Harry, le prévint-il. Derrière se cache un être abominable ne reculant devant rien pour acquérir du Pouvoir.
-Et surtout du Savoir, enchérit Galatea en jouant à faire voltiger entre ses doigts son porte-cigarette.
-Je pensais vous avoir prévenue de ce qu'il vous arriverait si vous commettiez l'erreur d'encourager les sombres dessins de Monsieur Riddle, fit la voix de Directeur de Gryffondor directement importée de l'ère glacière.
-Mais je ne lui ait strictement rien dit, se courrouça le mage noir en foudroyant du regard le vénérable sorcier. Vous ne me pensez tout de même pas stupide au point de donner les moyens de me faire du tort au gosse désirant ardemment mon poste ?
-La stabilité mentale des créatures de votre genre a toujours été des plus... précaire, lâcha Dumbledore sous le plissement particulièrement furieux des yeux de la blonde.
-Faites attention, Albus, ou je pourrais être suffisamment instable pour dévoiler accidentellement l'identité de votre correspondant assidu.
Ouhhhh... Bien sous la ceinture, et tout... Galatea ne faisait clairement pas dans la finesse dans les joutes verbales. En même temps, Dumbledore l'avait bien cherché. Personne de sain d'esprit n'insultait les compétences intellectuelles des mages noir dont ils étaient si fiers sans se prendre un méchant coup entre les dents. Pour la défense du professeur de Métamorphose, cependant, il fallait prendre en compte le fait qu'il avait été manipulé dans ses plus jeunes années par la personne dont il était amoureux, et qui continuait de lui ruiner l'existence en essayant de le convertir à l'aide de lettres mielleuses. Il n'était guère surprenant que le vieil homme lâche quelques commentaires acides dès qu'il était question de la caste des mages noirs mégalomaniaques et leurs envies de domination mondiale.
À voir la pâleur du teint du grand sorcier, la pique lancée par Galatea avait atteint sa cible avec efficacité. Se sentant redevable envers son collègue n'ayant cessé de l'aider dès qu'il en avait eut l'occasion, Harry se sortit de son apathie pourtant parfaitement justifiée et répliqua :
-Professeur Têtenjoy, nous avons parmi nos élèves une Briseuse de Sort assermentée qui, je n'en doute pas, possède suffisamment de bons sens avoir établi une ligne de communication vers l'extérieur. Voulez-vous que je vous la présente ? termina-t-il sa menace implicite avec un petit sourire supérieur.
S'il y avait bien une chose que redoutait Galatea Têtenjoy, c'était bien de rester coincée dans ce château glacial pour les cinquante autres prochaines années. Ce qui ne manquerait pas d'arriver si la communauté des chasseurs de primes campant devant les grilles venaient à entendre parler de son existence et de la rondelette somme mise sur sa tête.
-Professeur Potter, susurra dangereusement le mage noir, je pensais que vous aviez besoin d'alliés pour gérer à votre place la multitude de "catastrophes divines" vous atterrissant sur le crâne à longueur de temps ?
-Certes, convint le brun, et vos efforts dans ce domaine ont été brillamment appréciés. Mais vous comprendrez que l'aide d'Albus est d'une toute autre qualité.
-Parce qu'il ne veut pas que vous frayiez trop souvent avec Riddle, lui avoua la blonde avec une légère irritation.
-Ca tombe bien, moi non plus, lui confia le Survivant. Plus loin je serais de Vol... Tom Riddle, se reprit-il rapidement, mieux je serais dans mes pompes.
-Vous connaissez son prénom, remarqua Albus avec une lueur calculatrice dans le regard.
Bien entendu qu'il connaissait le prénom de l'homme qui avait cherché à le tuer durant toute son enfance à cause d'une vulgaire prophétie auto-réalisatrice. Même lui ne pouvait être débile à ce point.
-Bien sûr, répondit-il en ne réalisant pas la bourde qu'il venait de commettre.
Ce ne fut que quand le porte-cigarette de Galatea cessa de tourbillonner entre ses doigts que le Sauveur se rendit compte de la portée de l'aveu qui venait de sortir de sa bouche. Ni Têtenjoy, ni Albus n'avaient mentionné le prénom de sa Némésis prophétique au cours de la discussion.
Oups, murmura à lui-même Harry Potter en se traitant de crétin au passage.
Utilisant à nouveau la carte maîtresse de tout joueur de poker, le Survivant se résolut à bluffer et à espérer ne pas se retrouver enterré dans un trou à la fin de la soirée.
-Horace n'a pas arrêté de louer le génie de ce garçon, mentit le jeune professeur devant s'assurer de porter ce sujet de conversation avec le potionniste le plus tôt possible. Il le promet à une brillante carrière politique, malgré ses origines modestes.
À cette dernière phrase, Galatea se permit un reniflement ironique.
-"Modestes", releva-t-elle en levant dramatiquement les yeux au ciel. Slughorn a toujours été doué avec les euphémismes. Ce gosse est un orphelin qui vient des quartiers pauvres du Londres moldu, expliqua-t-elle à son jeune collègue qui faisait de son mieux pour avoir l'air surpris par la révélation.
-Ne vous laissez pas avoir comme le reste de nos collègues par ses airs de petit Oliver Twist, le prévint Albus. Ce jeune homme sait parfaitement comment manipuler son entourage.
Sans blague ? Quelle surprise de la part du futur chef de toute une cohorte d'extrémistes issus de Serpentard.
-Je vous promets de faire mon possible pour ne pas tomber dans ses filets, lui répondit le Survivant.
Harry Potter préférait mourir plutôt que de se laisser manipuler par un Voldemort en couche-culotte. Et si le mini tueur de masse essayait de ne serait-ce que l'approcher dans l'espoir de lui soutirer des secrets, l'adolescent allait recevoir une très bonne surprise sous la forme d'une malédiction maya envoyée en pleine tronche.
-C'est tout ce que je demande, fit le puissant sorcier en prêtant à nouveau attention à Dippet et à son discours interminable.
Alors que le Sauveur allait essayer de faire de même malgré la pression du regard de Riddle sur sa pauvre personne, Galatea lui souffla à l'oreille qu'elle était allée faire du repérage parmi les mercenaires en ayant après sa tête et qu'elle avait le candidat parfait. Elle conclut en l'invitant à participer à la cérémonie de fertilité qu'elle comptait accomplir la semaine prochaine, le temps de faire mijoter un philtre d'amour acceptable. Oublier que Galatea Têtenjoy était un mage noir en pleine possession de ses moyens était une très mauvaise idée, remarqua le trentenaire en dissimulant un déglutissement. La blonde continua son compte-rendu de son excursion dans le campement des mercenaires et lui fit passer sous la table une véritable baguette de cerisier. Après son séjour au Japon où pratiquement tous les habitants vouaient un culte à ce bois précieux et rarement utilisable, Harry était devenu capable de repérer une baguette faite dans ce matériau par simple touché. Vu le nombre de Japonais lui ayant enfoncé leur baguette dans la nuque ou dans les côtes parce qu'il n'était pas arrivé à contrôler sa cleptomanie latente, sa sexualité débridée ou sa langue déliée, il aurait été décevant que le Survivant n'arrive pas à reconnaître une baguette de cerisier quand il en touchait une.
Il y avait moyen que le professeur arrive à négocier un compromis satisfaisant avec Myriam en échange de cette rare et précieuse baguette. Peut-être même qu'il pourrait utiliser le vampire comme intermédiaire pour convaincre les neuf autres Plaies de lui foutre la paix. Elle avait bien réussi à s'entendre momentanément avec la guerrière de l'Antiquité et la chasseuse de primes, peut-être que la nouvelle serpentard arriverait à plus ou moins museler les furies le prenant pour la réincarnation du Messie. C'était une idée à creuser. Aux probabilités de réussite extrêmement faibles, certes, mais qui valait le coup d'être tentée.
Galatea continua à lui souffler au creux de l'oreille toutes ses petites combines pour prendre dans ses filets le malheureux sorcier qui avait eut la malchance d'attirer le regard de la presque centenaire. Apparemment, sa proie était l'un des vétérans recrutés par Gringotts pour assurer l'ordre au sein de leur petite armée. Expérimenté et puissant, respirant le charisme de l'autorité, le pauvre homme avait tapé dans l'œil de la sorcière. Pour ne rien gâcher, le géniteur de son futur enfant était apparemment plutôt bel homme et possédait à première vue les caractéristiques des Chasseurs de Transylvanie. Ne se souvenant que trop bien de ces personnes à la force herculéenne capable de passer à travers un mur de béton sans trop de problèmes, Harry Potter ne put s'empêcher de pâlir à la pensée que l'un de ces individus soit activement à sa recherche.
La Transylvanie se trouvant être depuis des siècles l'un des repères des créatures magiques bannies de leur pays, il était logique qu'à un moment donné les humains prennent les armes et se mettent à activement exterminer les bestioles se nourrissant de leurs voisins. La plupart des individus résidant plus ou moins temporairement dans cette région appelait ce territoire de non-droit "Les Carpates". Harry Potter s'était souvent retrouvé dans cette zone incartable et oubliée des moldus n'habitant pas ce territoire, et avait donc eut le malheur de rencontrer les Chasseurs. Ces charmants moldus s'étaient mis en tête de dératiser leurs régions des créatures sanguinaires peuplant la chaîne montagneuse. La première fois que le Survivant avait entendu parler de cette histoire, il avait cru à une mauvaise blague. Parce qu'il avait honnêtement cru qu'il était impossible pour des humains dénués de magie de massacrer à tour de bras des meutes de loups-garous et des nids de vampires. Il avait rapidement déchanté quand un homme de deux mètres de haut armé d'une hache de bûcheron avait essayé de lui fendre le crâne.
Les Chasseurs de Transylvanie étaient les descendants des survivants des premières créatures ayant colonisé la région, et illustraient à eux seuls la théorie de l'évolution. Devant s'adapter pour survivre à leurs trop nombreux prédateurs, les locaux avaient développé au fil des générations des caractéristiques issues des bestioles ayant griffé ou mordu leurs ancêtres. De ce qu'en savait le Sauveur, il existait divers clans de Chasseurs possédant des traits propres à certaines catégories d'êtres magiques. Celui ayant confondu sa tête avec une bûche avait hérité d'une force et d'une vitesse comparable à celles d'un vampire. Au cours de ses visites chez ses amis des Carpates, le sorcier avait aussi eut le déplaisir de croiser une gamine de cinq ans qui s'amusait à démolir un bunker de la guerre froide à mains nues avec le même enthousiasme que Graup ; un vieillard qui se transformait en loup à volonté ; des putains de triplés cracheurs de feu ; une mégère de trente-cinq ans aux griffes acérées de harpie qui n'appréciait pas qu'il entraîne son mari vampire dans des virées alcoolisées ; toute une colonie de fillettes aux oreilles pointues ; une famille de télépathes au charme indéniable ; et un tueur en série de mages noir lui ayant collé au train un peu trop longtemps.
Qu'un Chasseur des Carpates, à savoir l'un des individus faisant office de Croque-Mitaine pour les pires créatures sanguinaires de la planète, soit fermement campé devant les grilles de l'école dans le but d'avoir sa tête n'était pas pour rassurer le Survivant. Aussi, si Galatea voulait garder ce charmant personnage sous son influence plus longtemps que nécessaire, à savoir jusqu'à la mort de l'individu en question, Harry n'aurait rien à y redire. La contrepartie, cependant, allait être qu'un bambin partageant le redoutable patrimoine génétique des Chasseurs et celui tout aussi dangereux d'un puissant mage noir en exil allait se promener en liberté dans les couloirs du château, et qu'à tous les coups on allait lui demander de faire du baby-sitting. Dans tous les cas de figure, Harry Potter était foutu. Mais bon, se rassura le trentenaire comme il put, après avoir servi d'ours en peluche à toute une tribu d'amazones en couche-culotte, l'Elu savait qu'il pouvait survivre aux cris stridents, au tirage de cheveux et aux sous-vêtements souillés sans perdre sa santé mentale au passage.
-Dites-moi, professeur Têtenjoy, commença le Survivant, avez-vous pu savoir de quel clan votre victime était issue ?
Autant se préparer mentalement au cataclysme allant fatalement s'abattre sur lui.
Le sourire de pure satisfaction morbide qui prit place sur les lèvres écarlate de sa collègue suffit à lui faire envisager le pire.
"Pas les Vassilescu. Pas les Vassilescu. Pas les Vassilescu." se mit à entonner en son for intérieur le malchanceux chronique. Cette famille de timbrés était réputée pour posséder la charmante particularité d'être complètement insensible à la moindre magie. Si l'un de ses membres décidait d'entrer à Poudlard, il n'aurait qu'à simplement escalader les grilles. D'ailleurs le tueur en série ne s'en prenant qu'aux mages noirs, et qui lui avait un peu trop collé au train, était issu de ce clan d'erreurs de la nature. Pour en avoir directement subi les inconvénients, le Survivant pouvait certifier que s'en prendre frontalement à un Vassilescu ne pouvait que résulter par une défaite cuisante et humiliante.
-Il se fait appeler par le nom de "Bogdan Kovacs", lâcha-t-elle sa bombe en retenant à peine son contentement.
-Par les jouets érotiques de Benjamin Franklin ! réussit-il à exploser dans un murmure presque inaudible.
Voilà qui explosait tout ses prognostiques. Un Kovacs. Le clan des Chasseurs qui se prenaient pour des envoyés des dieux destinés à purger la Terre de tous les êtres magiques, sans distinction.
-Vous vous rendez compte que les Kovacs vont rappliquer ici dès qu'ils auront eut vent de vos petites magouilles avec un de leurs membres, n'est-ce pas ? demanda confirmation le professeur de Xénomagie.
-Mais j'y compte bien, eut-elle le culot de lui souffler dans un léger rire.
"Oh. Maman." gémit intérieurement le Survivant. Il était tellement foutu. Les Kovacs étaient non seulement une famille de cinglés, mais en plus ils avaient un sens de la famille un tantinet dramatique. Si un crétin s'en prenait à un des leurs, ledit crétin pouvait d'ors et déjà organiser ses obsèques. Par conséquent, tous les résidents du château venaient d'avoir leur espérance de vie drastiquement réduite.
Et, miracle, le trentenaire n'eut pas à se forcer à trouver une réponse adéquate, puisqu'Armando Dippet termina enfin sa logorrhée verbale et clama le début du festin. Rangeant la baguette de cerisier dans son sac de Mary-Poppins et essayant de trouver un argument imparable pour convaincre le mage noir de changer de proie, Harry se dit qu'effectivement, le banquet de début d'année ne pouvait pas se passer paisiblement quand il était dans les environs. Remplissant son verre d'un alcool fort et indéterminé, le Survivant tenta de se calmer les nerfs en se saoulant. Certes, l'ivresse n'avait jamais réglé ses problèmes et les empirait même parfois, mais la sobriété n'allait pas non plus arranger quoique ce soit au cirque capillo-tracté qu'était devenu la cérémonie de Rentrée. Quitte à devoir supporter deux heures de repas, autant être rond comme une barrique d'eau-de-vie.
Une fois son gobelet reposé sur la table, le professeur remarqua l'étalage de mets présents devant lui. Son estomac gargouillant et la salive inondant sa bouche lui firent savoir qu'il était grand temps de faire honneur au travail de ces déités des fourneaux qu'étaient les elfes de maison. Faisant de son mieux pour ne pas ressembler à un affamé sans manières, Harry se servit du gigot d'agneau, qui le suppliait muettement depuis son plat en argent de mettre fin à ses supplices. Se disant que Mirabelle saurait lui faire passer l'envie de se goinfrer en public si jamais il commettait l'erreur de s'empiffrer comme un porc, l'Héritier Potter prit sur lui pour découper lentement sa viande et la faire enfin passer les barrières de ses lèvres. Réussissant par un effort de volonté homérique à ne pas gémir indécemment de plaisir quand le tendre morceau d'agneau frôla ses papilles, le digne professeur ne parvint cependant pas à empêcher son visage de se contorsionner en un masque de jouissance obscène. Savourant les multiples saveurs de ce plat délectable, ses yeux verts fermés pour plus d'intensité et sa fourchette toujours coincée entre ses dents, Harry oublia un instant où il se trouvait. Il ne revint à la réalité que quand un coup de coude de sa voisine de gauche manqua de lui faire transpercer son propre palais. La bouche pleine, un air purement outré sur le visage, Harry Potter failli répliquer une insanité avant de se souvenir que sa langue était présentement occupée à autre chose. Sous le petit ricanement discret de Galatea, le jeune professeur offrit à sa collègue un doigt d'honneur parfaitement bien dressé et reprit sa mastication consciencieuse. Paillonnant des yeux quand les croustillantes pommes de terre vinrent taquiner ses papilles, l'aimant à ennuis se surpris à penser que, juste pour le plaisir inaliénable de se farcir la panse de la délicieuse nourriture des cuistots de Poudlard, enseigner dans cette école de frappés n'était pas une si mauvaise idée que cela.
C'est tout pour aujourd'hui, mes chers agneaux !
Okay. Vous l'aurez deviné, j'étais en train de réduire drastiquement ma consommation de malbouffe quand j'ai écrit ce passage...
Et les Dix Plaies sont enfin toutes introduites. Ainsi qu'une véritable Mary-Sue. J'ai pas put résister. Avec la princesse extra-terrestre et une Harry Genderbend, honnêtement, il manquait juste une fangirl pour compléter cette armée.
Voldemort Junior. Je SAIS que vous attendiez de le voir.
Commençant à moi-même m'emmêler les pinceaux, j'ai rédigé une fiche de personnages pour savoir qui était quoi. Parce que je suis incapable de m'arrêter d'introduire de nouveaux OC à chaque chapitre. Je vous jure, j'essaie vraiment de me restreindre, mais une tête volante c'est quand même rajoutée toute seule. Cette fic est vivante...
Donc voilà, j'envisage de poster la fameuse fiche dans le courant de la semaine en guise de nouvelle fic. J'éditerais sur celle-ci pour que les followers n'ait pas à scruter impatiemment mon profil.
A la semaine prochaine ^^
SEY
