9-Un taxi nommé désir
Don et Stella étaient restés encore une heure à l'Avalon, au cas où Karington aurait des soupçons et les ferait surveiller. Ils en avaient donc profité pour s'amuser et même pour danser, malgré un Flack très réticent. Mais Stella savait se montrer convaincante…
Quand ils quittèrent enfin la discothèque, les deux policiers tentèrent désespérément de trouver un taxi afin de pouvoir se reposer de toutes ces émotions…diverses.
Un taxi finit enfin par s'arrêter et tous deux s'y installèrent, Don laissant passer Stella en premier.
Puis, sans trop savoir pourquoi, un silence gêné et pesant s'installa entre eux. Flack se posait des questions sur la nature de ses sentiments, de ceux de Stella et réfléchissait sur la tournure inattendue qu'avait prise la mission tandis que Stella s'inquiétait pour Don. Si elle faisait la moindre erreur, il mourrait. Et ça, elle ne le voulait surtout pas !
Le chauffeur de taxi, Eros Dart, crispé par cette ambiance tendue, décida de mettre la radio et la chanson « Karma Police » de Radio Head envahit doucement le véhicule. Sans trop s'en rendre compte, Don chercha la main de Stella pour la serrer dans la sienne avec tendresse, amour et réconfort. Tout allait bien pour le moment…Inutile de s'inquiéter trop tôt…
Don finit par rapprocher Stella de lui pour la serrer dans ses bras et lui chuchota tendrement à l'oreille :
Don : Profitons de la soirée…Demain sera une longue journée…
Stella sourit au jeune homme et le vit se pencher doucement vers elle, presque timidement, pour l'embrasser avec gentillesse. Et encore une fois, ce contact électrifia le corps entier de la scientifique. Incroyable l'effet que Don produisait en elle…
La jeune femme finit par nouer ses bras autour du cou de Flack et rapprocha un peu plus son corps du sien, voulant le sentir tout contre elle. Il était devenu son oxygène…
Eros vit que les choses s'arrangeaient du côté de ses passagers et sourit. Il préférait ça…
Les baisers commencèrent à gagner en intensité, à la grande surprise de Flack. Lui qui pensait qu'il avait été totalement libéré de son trop plein de désir accumulé depuis des mois…Grave erreur ! Le jeune homme commença à embrasser et à caresser Stella avec fièvre et la sentit répondre à ses gestes sensuels avec la même ardeur. Manifestement, ils n'en avaient pas encore fini…
Entendant des gémissements sourds, Eros regarda dans son rétroviseur et ouvrit grand les yeux. C'était la stupéfaction incarnée. Ses clients étaient entrain de s'adonner aux joies de l'amour…sans aucune retenue ! Il pouvait voir le jeune homme glisser sa main sous le bustier de sa compagne, manifestement plus âgée, tandis qu'elle excitait son jeune partenaire avec des caresses audacieuses. Ok, il ne voulait pas d'ennuis avec la police…
Eros : Heu…Vous voulez pas que je vous amène dans un hôtel, plutôt ?
Don (se détachant des lèvres de Stella, essoufflé) Non. A la…3th Avenue. Ce n'est…plus très loin…
Eros (gêné et hésitant) Certes…Mais…
Stella (amusée et taquine) Si vous conduisiez au lieu de nous parler…
Don : …et de nous mater, on y serait déjà…
Le pauvre chauffeur toussota, embarrassé, et se concentra sur la route, essayant de faire abstraction des sons que produisaient les deux amoureux qu'il avait embarqué. Ça lui apprendra à vouloir jouer les médiateurs…
Don et Stella ne pouvaient plus s'arrêter. Ils se retenaient suffisamment pour rester dans la limite de la décence mais s'impatientaient de plus en plus. Quand allaient-ils enfin arriver à ce maudit appartement ?
La même question martelait l'esprit de Dart, ne sachant vraiment plus où se mettre. Ces deux-là étaient de vrais bêtes sauvages ou quoi ? Il jeta un rapide coup d'œil dans son rétroviseur et nota que les sons émis par les deux amants ne correspondaient pas à leur étreinte. Ils étaient certes toujours enlacés et embrasés mais aucun vêtement n'avait volé à travers son taxi. Le jeune homme avait peut-être sa chemise plus ouverte mais c'était tout… En tout cas, ces deux-là allaient passer une sacrée nuit !
Eros sourit et vit qu'ils étaient arrivés à destination. Enfin !
Eros (se tournant vers eux) Terminus ! Tout le monde descend…
