TABLEAU RECAPITULATIF DISPONIBLE SUR MON PROFIL
Chapitre 3
PART 3
Mercredi 8 MAI 2002
Blaise n'entendait plus rien. Il ne voyait plus rien. Il était figé… Il y avait du rouge. Il le voyait, mais son esprit n'arrivait pas à le comprendre. L'information n'atteignait pas son cerveau. Il se demandait pourquoi le temps s'était arrêté. Pourquoi était-il statufié ? Du noir envahissait son champ de vision. Des sueurs froides roulaient tout doucement le long de son échine sans qu'il n'en comprenne la raison. Qui était cette femme qui dormait ? Elle ressemblait à une princesse de conte de fée, attendant le baiser de son prince charmant.
Elle était étendue sur sa méridienne richement décorée d'or et de pourpre, sa longue robe blanche tombant savamment le long du meuble pour couler gracieusement sur le sol. Les jambes étendues bien droites l'une contre l'autre, les mains jointes sous la poitrine et la tête relevée par un petit coussin grenat en soie… Elle était semblable à ces gisants dans les églises moldues, reposant endormie dans une pose calculée et artistique. Blaise avait l'impression de regarder Blanche-Neige. Il ne comprenait juste pas le rouge qui imprégnait le haut de son vêtement. N'était-ce pas une petite tâche au début ?
Une lumière apparue soudainement dans son champ de vision. Quelqu'un agitait un Lumos juste devant son œil droit… Il l'agita, puis passa au gauche. Blaise essaya de se soustraire mais son corps ne lui obéissait pas. Il ne pouvait que cligner des yeux. Ses oreilles furent prises d'un horrible sifflement, un acouphène strident et insupportable. Des frissons remontèrent le long de son dos jusqu'au bas de la nuque. Ses yeux se brouillèrent… Il ne se sentait pas bien. Il avait le vertige. Une bouche d'homme fût soudain visible. Il lui parlait. Il n'entendait rien. Il avait la nausée. Les battements de son cœur faisaient osciller son corps. Sa respiration prit le relais et fit bouger son buste de plus en plus amplement. Sa tête ne suivait pas et se laissait porter par son poids, avec du retard… Blaise ne savait pas pourquoi il avait besoin d'inspirer si fortement, comme si l'air avait du mal à atteindre ses poumons. Cela lui faisait tourner la tête. Il respirait de plus en plus vite, l'oxygène n'arrivait pas. Son cerveau commençait à vriller. Des points blancs apparurent devant ses yeux.
Un morceau de papier vint devant ses yeux. Il sentait qu'on le bougeait, mais il ne savait pas comment ni où. Le papier l'empêchait de respirer. Il ne comprenait pas. Il avait l'impression d'étouffer. Est-ce qu'on était en train de l'assassiner ? Il n'arrivait toujours pas à se mouvoir. Il suffoquait. Mais bizarrement, son esprit s'éclaircissait… Ses poumons étaient plus calmes… Des larmes coulèrent sur ses joues… Sa vue devenait un peu plus nette… Et son ouïe s'affinait… Il entendait enfin des voix… C'était faible, mais pourtant il savait qu'il y avait des cris. L'intonation était paniquée. Il distingua une phrase.
- « Il fait de l'hyperventilation, je n'essaie pas de le tuer ! C'est une méthode qui a fait ses preuves, laissez-moi le soigner et occupez-vous de la victime ! »
Blaise saisissait mieux le papier. C'était un sac qu'on lui avait mis sur la tête. Il arrivait enfin à réfléchir. Il entendait. Il comprenait les mots. Mais pas ce qu'il se passait. Il y avait eu un incident. Ca avait l'air grave. Les gens se disputaient. Ils semblaient angoissés. Il était question d'une bévue. Un intrus. Une victime. Une alerte. Un Auror… Il ne comprenait pas. Des gens allaient venir. Ils en parlaient. Des « supérieurs »… Il avait l'impression d'une urgence. Il le ressentait dans ses tripes mais ne savait pas de quoi il pouvait s'agir.
Il entendit les personnes arriver. Ils étaient essoufflés et paniqués. Ca bougeait dans tous les sens, il n'arrivait plus à suivre quoi que ce soit. Une voix s'approcha plus près. Il demanda ce qu'il avait à quelqu'un d'autre. Un… choc émotionnel ? Ah bon ? Blaise n'en avait pas l'impression. La personne s'accroupit près de lui…
- « Monsieur Zabini ? Vous m'entendez ?
- Oui… réussit à répondre le garçon d'une voix rauque.
- C'est Harry Potter, dit-il en se penchant plus près. Vous vous sentez mieux ? Vous pensez être capable de vous lever ?
- Oui…
- Je vais vous aider. Passez votre bras autour de mon cou. N'enlevez pas le sac sur votre tête, je vais vous guider jusqu'à la terrasse. Le médicomage va nous accompagner. »
Blaise n'eut pas à beaucoup forcer, il se sentait presque soulevé pour atterrir sur ses deux jambes. Il n'eut qu'à mettre un pied devant l'autre, Harry Potter sur sa gauche et le médicomage à droite, chacun lui agrippant le bras. Blaise se demandait pourquoi ils le portaient à moitié. Il était capable de se mouvoir. Qu'est-ce qu'il y avait de si pressé ? Il entendait des gens discuter avec animation sans parvenir à saisir de quoi il était question. Il sentit l'air frais en sortant. Cela lui fit beaucoup de bien. Son esprit s'éclaircit plus encore. Les deux hommes le déposèrent tout doucement sur une chaise, comme s'il était un objet fragile. Blaise se demandait vraiment ce qui était en train de se passer. Pourquoi pensaient-ils qu'il allait mal ? Il avait juste eu un petit malaise, c'était tout.
- « Avez-vous des difficultés à respirer ? demanda le médicomage.
- Non… Pas trop… fit Blaise la voix toujours aussi rauque et faible sans qu'il ne comprenne pourquoi. Mais je peux enlever le sac ? J'ai juste eu un petit malaise, mais ça va mieux maintenant.
- Tant qu'il ne vous gêne pas pour respirer, je préfèrerais que vous le gardiez encore un peu. Votre pouls s'est stabilisé, mais votre tension est toujours basse.
- Vous souvenez vous de ce qu'il s'est passé ? demanda Harry ne trouvant pas normal que Blaise ne pose aucune question.
- Euh… hésita le garçon noir, fouillant sa mémoire. Il y avait beaucoup d'agitation, mais je ne sais pas pourquoi.
- Quel est votre dernier souvenir ?
- Une femme qui dormait… Ma mère, je crois. Les cris n'avaient pas l'air de la réveiller. En même temps, vu la dose de potion de sommeil sans rêve qu'elle a ingérée, ça ne m'étonne pas.
- Et avant ça ? » insista Potter.
Un long silence suivit… Harry n'aimait pas ça du tout. Blaise avait une courte perte de mémoire, son esprit refusait d'admettre la vérité. Il avait du voir le tueur. Est-ce que celui-ci lui avait lancé un Oubliviate ? Ou était-ce encore un autre de ses mystérieux sortilèges très puissants ? Devait-il demander une enquête des Oubliators du Ministère ? S'il devait en juger par rapport à ce que lui avait dit le médicomage, Blaise avait réellement reçu un choc émotionnel. Cela pouvait être une conséquence de ce qu'il s'était passé. Lui aussi allait devoir donner ses souvenirs pour qu'ils soient sûrs de ce qu'il s'était passé. Et l'extraction de mémoire faite avec une puissante magie pouvait passer outre un Sortilège d'Altération de la Mémoire. Dumbledore l'avait bien prouvé quand il avait pris le souvenir de Morfin Gaunt sous Legilimancie, au sujet des meurtres des Jedusor. Avec les souvenirs des Aurors présents et celui du témoin de l'agression de Draco, la pensine allait exploser pour surcharge…
- « Je sais que je suis allé aux toilettes…expliqua Blaise. Je ne me souviens même pas être revenu.
- Réfléchissez bien, il faut que nous en soyons sûrs, persista Harry. Combien de temps êtes-vous resté là-bas ?
- Je ne sais pas, je ne me souviens pas être sorti… Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi vous me demandez ça ?
- Monsieur Zabini… hésita Harry. Je vais aller chercher quelqu'un qui pourra peut-être vous aider. Ne bougez pas et n'enlevez surtout pas votre sac de sur la tête. Vous m'avez bien compris ? C'est très important. »
Après une affirmation troublée du jeune noir, Harry se précipita dans la maison. Orla Quirke était la mieux placée pour gérer la crise avec Blaise. Il se sentait incapable de lui annoncer de but en blanc que sa mère avait été assassinée devant plusieurs Aurors sans que personne ne puisse intervenir. Et surtout un autre détail plus qu'inquiétant. Horrifiant, même.
Kenneth Towler était un peu plus loin, en train d'incendier les représentants de l'ordre qui n'avaient pas réussi à attraper le meurtrier. Ginny Weasley tournait en rond, incapable de savoir par où commencer. Kingsley Shacklebolt et Hyde Funestar parlaient avec le chargé de communication qui leur annonçait que le Ministre de la Magie voulait immédiatement les voir. Ils tentaient d'avoir un petit délai pour comprendre ce qu'il s'était passé ici. Helen Harris était penchée sur le corps de Dahlia Zabini avec le médicomage légiste, elle avait le teint pâle. Damian Jennings était dehors, fouillant le jardin là où le criminel s'était enfui, à la lisière du bois qui entourait la propriété, à 500 mètres de la terrasse où étaient Blaise et le médicomage. Herulf Poliakoff était avec lui pour préciser ce qu'il avait vu. Ulrich Vaisey relevait les empreintes sur le poignard qui avait été laissé sur la scène de crime. Exactement le même modèle que pour le meurtre de Lucius. Gabriel Stebbins était resté au Manoir Malfoy avec d'autres analystes et agents. Ron Weasley et Roger Davies étaient toujours dans l'ambulance, ils n'avaient aucune nouvelle. Jena Faucett était encore au Ministère : elle avait amené la latte du parquet et le premier poignard au Département des Mystères. Astoria Greengrass était allée voir son contact de la police scientifique pour obtenir un ou plusieurs détecteurs de micros moldus.
Harry trouva Orla dans un coin, griffonnant frénétiquement sur son calepin noirci d'encre. Elle faisait tout son possible pour ne pas regarder vers le corps. Elle était horriblement pâle sous sa peau noire. Visiblement, elle était à deux doigts de rendre tout ce que son estomac pouvait contenir. Potter lui demanda de venir parler à Blaise, dehors. Cela lui ferait du bien de respirer l'air frais, loin de l'odeur du sang coagulé qui saturait l'espace. Sur le trajet, il lui fit un rapide topo de la situation. Elle s'arrêta brusquement en entendant une phrase qui la percuta comme un boulet de canon. Elle n'arrivait pas à le croire.
- « Vous êtes sûr ? demanda-t-elle, éberluée. Vous avez vérifié ?
- Un analyste a lancé le sort une douzaine de fois pendant que Blaise était encore trop perturbé pour comprendre ce qu'il se passait. Il n'y a aucun doute. Mais je ne pense pas qu'il supportera le choc dans son état… Qui le pourrait ? Je ne sais pas comment m'y prendre…
- Je vais voir ce que je peux faire… »
Une fois sur la terrasse, Quirke approcha une chaise pour s'asseoir face à Blaise. Harry s'installa juste à côté pendant que le médicomage s'appuya à la table. Elle posa d'abord des questions sur la santé de Blaise. Puis des détails plus anodins, sur ses loisirs, ce qu'il aimait faire, ses projets d'avenir… Elle voulait le mettre à l'aise, le détourner de son inquiétude.
- « Et ça se passe bien ces cours par correspondance ?
- Plutôt, oui. Les professeurs sont bons et attentifs, ils prennent le temps de répondre à toutes les questions. J'ai encore du mal à comprendre certaines choses, comme toutes les subtilités sur les droits de garde d'enfant… Je ne pensais pas devoir m'occuper de ce genre de cas en tant que procureur spécialisé en crimes sexuels…
- C'est très dur comme type de crime… fit Orla, les sourcils froncés. Qu'est-ce qui vous a donné l'envie de vous occuper de cela ?
- C'est personnel, je n'ai pas envie d'en parler.
- D'accord, d'accord. Vous n'êtes pas obligé de nous dire ce que vous ne voulez pas. Comment vous sentez-vous maintenant ? Qu'est-ce que vous ressentez ?
- Bien… hésita Blaise. Je crois que j'ai un peu peur. Draco est toujours dans l'ambulance ? Il va bien ? Vous avez des nouvelles ?
- Toujours pas, non, répondit Harry. Mais nous avons des raisons de penser qu'il ne mourra pas. Ne vous inquiétez pas pour lui, les urgentimages sont très compétents.
- Quelles raisons ? s'enquit Blaise. Je ne comprends pas.
- Parlons plutôt de vous, Monsieur Zabini, reprit Orla. Accepteriez-vous qu'un Oubliator vous examine et prélève vos souvenirs ?
- Un Oubliator ? On en est à ce point ? Qu'est-ce qu'il se passe exactement ? Allez-vous enfin me le dire ?
- Je vais être franche avec vous : je ne pense pas que vous soyez en mesure de supporter la vérité. Vous êtes trop fragile émotionnellement.
- Comment ? s'emporta Blaise, la panique le prenant soudainement. De quoi il s'agit ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?!
- Calmez-vous, je vous promets que nous vous le dirons, tenta Quirke en lui prenant les bras pour limiter ses mouvements. Faites-moi confiance, je veux vous dire toute la vérité et je le ferais. Sinon, jamais je ne vous aurais affirmé que vous n'êtes pas capable de le supporter. Je ne vous mentirez pas. Jamais. Mon travail est de vous préparer à savoir. Je suis là pour vous, et pas contre vous. »
Zabini cessa de se débattre, et inspira plusieurs fois longuement. Il commençait à s'affoler. Les événements semblaient plus graves que ce qu'il pensait. Et il ne se souvenait de rien. C'était sans doute son malaise. Celui-ci devait être plus important que ce qu'il croyait. Il décida de faire confiance à cette jeune fille. Il n'avait pas vraiment le choix : il devait lui prouver qu'il était prêt à connaitre la vérité. Alors il se calma sous son sac en papier. Celui-ci lui permettait de respirer plus lentement, il sentait qu'il aurait eu une nouvelle crise d'hyperventilation sans cela.
- « Très bien, souffla-t-il à nouveau. Quelle est la prochaine étape ? Que puis-je vous dire ?
- D'abord, accepteriez-vous qu'on prélève vos souvenirs ? En sachant que les Oubliators vont sans doute vous soumettre au Veritaserum et à la Legilimancie. Ce sera juste pour être absolument certains de votre don de mémoire.
- D'accord, oui. J'accepte. Je dois signer où ?
- Nous nous en occuperons plus tard. D'abord, nous allons vérifier ce dont vous êtes capable de vous remémorer, afin d'évaluer à quel point votre mémoire a été altérée. Fouillez votre esprit. De quoi vous souvenez-vous ? C'est très important, je vous demande des efforts drastiques pour stimuler votre cerveau. Si besoin, je pourrais utiliser l'hypnose pour vous y aider. Mais seulement avec votre autorisation.
- Je suis allé aux toilettes… chercha Blaise, les sourcils froncés par la concentration. Je crois que j'ai couru à un moment, je ne sais pas vraiment… Mais j'ai mal aux jambes. Avant ça, j'ai parlé avec un Auror. Je ne suis pas très sûr…
- Avez-vous votre baguette sur vous ?
- Non, elle est dans ma chambre.
- Alors que fait-elle dans votre poche ? Je la vois dépasser. »
Blaise ne sut quoi répondre. Il avait vraiment sa baguette sur lui ? En y réfléchissant, il pouvait la sentir. S'il avait pu oublier cette sensation, cela signifiait qu'elle était là depuis un bon moment. Comment était-ce possible ? Il avait beau réfléchir, il ne se souvenait pas l'avoir prise. Il la mettait toujours dans le tiroir de sa table de nuit et n'allait la prendre que s'il en avait besoin. De plus en plus inquiet, il demanda immédiatement l'hypnose.
Orla le prévint qu'ils allaient lui retirer le sac… Elle lui demanda de la regarder elle et rien d'autre. C'était très important. Harry lui mit les mains derrière le dos sans qu'il ne comprenne pourquoi. Doucement, on lui retira le sac en papier. Il sentit un surplus d'air arriver dans ses narines, il eut du mal à gérer ce trop plein d'oxygène mais y parvint. Il ouvrit les yeux, et fixa ceux noirs de l'étudiante. Elle lui demanda de fixer son regard sur un point bien précis et de ne pas le détourner. Il choisit une tâche sur le sol, plus loin. Elle lui parla du vent dans les arbres. Du soleil qui se levait. De l'odeur fraiche de la nature. De la douceur de ses vêtements. Du poids de son corps sur la chaise. Il se détendait petit à petit, se concentrant sur son propre corps. Cela prit un certain temps mais il ne s'en rendait pas compte. Ses yeux se fermèrent sans qu'il ne s'en rende compte. Au bout de 10 min, Orla décida qu'il était prêt.
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Ron sortit de l'ambulance où il régnait un calme et un repos salvateur. Et il se retrouva en enfer. Tout le monde était paniqué, le Ministère était en ébullition. Roger qui le suivait de près, était aussi choqué que lui. Ils se regardèrent sans comprendre. Hermione arriva à son tour, et leur demanda ce qu'il se passait. Incapables de répondre, tous trois partirent à la recherche d'un responsable, pendant que l'ambulance démarrait pour se rendre à Saint-Mangouste. Ils eurent le temps de voir Shacklebolt et Funestar transplaner avec une autre personne, juste une fraction de seconde. Ron cherchait Harry. En entrant dans le salon, il le vit sur la terrasse avec Orla, Blaise et un autre homme. Il s'apprêtait à le rejoindre quand il fût arrêté par Kenneth.
- « Quirke a plongé Blaise sous hypnose, il ne faut pas les déranger. Monsieur Potter est venu quelques secondes pour me signaler que personne ne devait aller sur la terrasse ou même passer juste à côté. Comment va Draco ?
- Hypnose ? Mais pourquoi ? questionna Roger.
- C'est… hoqueta Ron en regardant sur le côté. C'est Dahlia Zabini ?! »
Il n'avait pas vu qu'il se trouvait juste à côté de la méridienne où gisait Dahlia Zabini. Elle était allongée de tout son long, les jambes bien droites et parallèles. Sa robe parfaitement arrangée pour cacher ses chevilles, le surplus de longueur tombant élégamment jusqu'au sol. Ses deux mains étaient croisées sur son torse, juste en dessous de la poitrine, comme on positionnerait un mort dans son cercueil. La tête était légèrement surélevée par un coussin rouge. Le même, ou presque, que pour Narcissa. Une rose rouge était placée entre ses longs doigts fins. Et sa gorge était marquée d'une longue ligne rubiconde, une plaie qui dévoilait sa chair interne et sa trachée. Le haut du vêtement blanc était tâché jusqu'à la poitrine, le reste du sang ayant coulé le long du meuble jusque sur le parquet. Elle avait l'air endormie, ou attendant quelque chose ou quelqu'un. Hermione s'était arrêtée plus loin en la voyant, les yeux écarquillés devant ce spectacle. Quand elle réussit à détourner le regard pour voir que Kenneth parlait à Roger et son mari, elle trottina vers eux pour écouter.
- « Elle est morte il y a un peu plus de dix minutes, juste devant nous. Il y avait quatre Aurors ici. D'abord, dites-moi si Draco va bien.
- Il est toujours sous perfusion et respirateur, répondit Hermione. Mais il est hors de danger. Il est dans le coma mais nous avons bon espoir qu'il se réveille. Peut-être demain, ou plus… Cependant, il a perdu beaucoup de sang, les dégâts seront importants. Il ne risque pas de quitter l'hôpital avant un moment et il va avoir besoin d'un peu de rééducation. Les urgentimages l'ont amené après que nous soyons sortis de l'ambulance. Maintenant, comment se fait-il qu'aucun de vos hommes n'ait réagi alors qu'une femme était en train de se faire tuer sous leur yeux ?
- Le tueur s'est déguisé en Auror, expliqua Kenneth, très mal à l'aise. Mais pas seulement, car sinon mes collègues auraient pu voir qu'un inconnu se faisait passer pour eux : tout le monde se connaissait parmi les Aurors présents. Ils ont affirmé qu'il y avait bien quelqu'un d'autre, un autre Auror arrivé quelques secondes avant. Il s'était juste occupé de Dahlia, mais ils n'y ont pas fait attention. C'était comme s'il n'existait pas alors qu'ils savaient qu'il était là. Un peu comme une ombre qu'on remarque du coin de l'œil, mais à laquelle on ne prend pas garde car on la sait éthérée. C'était à peu près leurs mots.
- Alors ils le voyaient mais n'arrivaient pas à faire attention à lui ? s'étonna Ron, intrigué. Ce serait une sorte de sortilège de dissimulation ? Ou un sort… « caméléon » ?
- Il s'est placé devant la femme, un Auror a trouvé étrange le changement de couleur de la robe mais cela ne l'a pas alerté plus que ça. Et au bout d'un moment, l'homme devant Dahlia s'est mis à courir et est passé à travers la porte-fenêtre sur le côté de la maison. Ils ont enfin regardé ce qu'il se passait : la victime était morte depuis quelques temps, le sang avait déjà coulé jusqu'au sol. C'est là qu'ils se sont enfin réveillés pour courir après le criminel. Ils l'ont vu s'éloigner vers le bois, mais n'arrivaient toujours pas à se concentrer sur lui. Ils ont fini par se séparer pour couvrir plus de terrain, l'un d'entre eux à vu quelque chose mais ne s'en ait rendu compte qu'une fois disparu… Il expliquait que quand le criminel était visible, c'était comme s'il n'y avait rien. Et quand il disparaissait, il réalisait enfin ce qu'il avait remarqué.
- C'est dingue ! s'emporta Roger. Ils voient quelqu'un qui se penche sur une femme et ils ne font rien ?! Même s'il était déguisé en Auror, quand même ! Ils auraient pu lui parler, échanger quelques mots !
- S'il avait un sortilège de Dissimulation, c'était impossible, répondit Hermione. C'était comme s'il n'y avait personne bien qu'ils savaient qu'il était là. Ils ne pouvaient pas lui parler : cela serait revenu à s'adresser à un mur pour eux. Et en se mettant devant Dahlia, ils ne pouvaient plus voir la femme ni le sang qui coulait. Ils ont juste pu apercevoir la robe qui devenait blanche. Mais pourquoi changer sa couleur ?
- Je n'en ai aucune idée… soupira Kenneth, désespéré : il n'arrivait plus à gérer tout ce qui tombait sur ses épaules. Le plus grave, c'est que Blaise Zabini n'était pas là. Il était parti aux toilettes et y est resté pendant plus d'un quart d'heure… Il est revenu essoufflé, et le bras plein de sang. »
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- « Vous êtes sur le canapé, dans le salon. L'agent Jennings discute avec vous. Il vous pose des questions. Mais il est appelé ailleurs. Que s'est-il passé ensuite ?
- Je suis allé voir ma mère… murmura Blaise, les yeux clos. Elle paniquait, elle faisait une crise. Elle n'a pas supporté que le fils de sa meilleure amie décédée n'ait pas été en sécurité dans sa propre maison. Elle m'avait même dit qu'elle comptait lui proposer de rester vivre avec nous. Elle voulait vraiment le protéger. Elle avait fait la promesse à Narcissa de s'occuper de Draco s'il lui arrivait malheur. De ne pas le laisser seul avec Lucius. Alors elle n'arrivait pas à croire qu'elle ne pouvait pas respecter cette promesse. Alors même qu'il y avait tout un tas d'Aurors. Hier soir, elle m'avait dit vouloir engager des gardes du corps pour vous aider. Elle ne voulait pas lésiner sur les moyens.
- Votre mère est une personne vraiment bien, sourit Orla. Avez-vous réussi à la calmer ?
- Au bout d'un moment, j'ai réussi à lui faire boire la potion calmante du médicomage. Elle est restée assise sur la méridienne, plus tranquille… Mais elle s'est mise à pleurer. Ses mains tremblaient, ses gestes sont devenus nerveux. On n'arrivait pas à l'apaiser. Ca a bien duré vingt minutes avant que le médicomage se décide à lui donner une potion de sommeil sans rêve pour qu'elle dorme.
- Alors elle s'est endormie. Et ensuite ? Qu'avez-vous fait ?
- Je suis resté près d'elle. Pendant plusieurs minutes… Une demi-heure, environ… Puis j'ai eu envie d'aller aux toilettes. Alors je me suis levé, j'ai prévenu les Aurors présents… J'ai marché dans le couloir et j'ai ouvert la porte des toilettes… Après, je suis ressorti… J'ai couru dans le jardin…
- Avant ça, l'arrêta Quirke. Une fois ressorti des toilettes, qu'avez-vous fait ?
- Je suis allé… J'ai couru…
- Avant d'aller courir. Avez-vous vu quelqu'un ?
- Il y avait un Auror. Il m'a donné sa tenue.
- A quoi ressemblait-il ? Etait-ce une fille ? Un garçon ? Il était blond ? Brun ? Grand ? Petit ? Les yeux marrons ? Bleus ? Verts ?
- Je n'ai pas vu son visage. Il avait un masque… Et j'ai couru…
- Quel genre de masque ? Un loup ?
- Non, ça lui prenait tout le visage… Il était entièrement blanc.
- Il vous a parlé ? Il a fait quelque chose ?
- J'ai marché… Ma baguette… Puis j'ai couru…
- Vous a-t-il parlé ? Que vous a-t-il dit ?
- Il faisait froid… J'ai mal. Je ne me sens pas bien. On me poursuit. J'ai peur. Il s'est passé quelque chose !
- Non, avant ça. Avant. Que s'est-il passé ?
- Je cours. Il fait froid. Pourquoi ils me poursuivent ? Qu'est-ce que j'ai fait ?! Il fait sombre ! J'ai peur ! Qu'est-ce qu'il se passe ?!
- Ok, calmez-vous ! Vous allez vous réveiller à trois, d'accord ? Ecoutez ma voix ! »
Blaise paniquait, il s'était mis à se débattre. Harry ne parvint plus à tenir ses bras derrière son dos. Il tentait de le retenir avec le médicomage, ils avaient peur qu'il se blesse. Orla commença précipitamment à compter. Elle avait su avant même de commencer que cela pouvait tourner ainsi, mais voir cette violente réaction la troublait. Lorsqu'elle arriva à trois, Blaise ouvrit les yeux et cessa de bouger. Il se leva brusquement en repoussant Harry et le médicomage qui n'avaient pas prévu ce mouvement soudain. Il posa tout un tas de questions sans laisser à ses interlocuteurs le temps de répondre. Mais au beau milieu d'une nouvelle phrase, il s'arrêta. Il venait de voir ses bras, plus cachés dans le dos. Orla mit ses mains devant la bouche en inspirant et Harry se mordait les lèvres.
Le bras droit de Blaise était tâché de sang. De la main jusqu'au coude. Le jeune garçon n'avait même pas senti l'humidité. Il ne s'en était pas rendu compte. Il le regardait, ne sachant plus quoi penser. Il ne s'était pourtant pas blessé, il n'avait mal nulle part.
- « Est-ce que c'est mon sang ? demanda-t-il, perdu, paniqué, ne voulant pas vraiment connaitre la réponse mais ne pouvant pas s'empêcher de demander. Je… Je me suis blessé ?
- Non, répondit Harry dans un murmure, extrêmement mal.
- C'est bien du sang, n'est-ce pas ? Ce ne peut pas être celui de Draco, je ne l'ai pas touché… Je serais allé dans sa chambre ? Et j'ai touché quelque chose, tout à l'heure ? Je serais allé…
- Le sang est coagulé dans la chambre, le coupa Harry, de plus en plus mal. C'est… c'est le sang de ta mère, Blaise… Elle est morte… »
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Ginny entendit un hurlement venant de la terrasse. Damian, Ron et Kenneth s'y précipitèrent pour aider Harry qui retenait Blaise. Il voulait se précipiter dans le salon et se débattait en criant. Orla s'était rapidement éloignée, ne sachant pas du tout comment gérer cette crise. Elle savait qu'elle devait dire quelque chose, elle était étudiante en psychomagie ! Elle aurait du trouver les mots.
Hermione était à la porte et mit quelques secondes avant de réagir. Elle se précipita sur Zabini et jeta un Stupéfix puissant. Le médicomage présent ne manqua pas de sermonner la jeune fille : un tel sort était trop violent pour une personne en crise, il ne devait être employé que pour les cas d'extrême urgence ! C'était la règle pour tous les médicomages. Si les patients savaient que leur médicomage pouvait utiliser la force pour un oui ou pour un non, plus jamais ils ne voudraient se faire soigner. Hermione ne chercha pas à se défendre avant d'avoir fait boire une potion calmante à Blaise, immobile. Elle l'aida à boire en massant sa gorge, facilitant la réaction instinctive de son corps pour ne pas qu'il s'étouffe. Une fois fait, elle se justifia en expliquant que trois Aurors le retenaient et qu'il continuait à se débattre. Il pouvait être un danger pour lui-même et les autres : si cela n'était pas un cas d'urgence, elle ne voyait pas ce qui en était un, à part ajouter une arme au patient hystérique. Elle termina par une petite pique : c'était mieux que de rester à ne rien faire. Le médicomage inspira longuement, très en colère, et s'en alla à grands pas frustrés. Hermione se préparait à recevoir un sermon de ses supérieurs dans la journée. Mais pour l'instant, il y avait plus pressé.
Harry profita de cette accalmie pour demander si Draco allait s'en sortir. Il était stressé, impatient et terriblement inquiet. Quand il avait vu Ron, il avait du se fouetter intérieurement pour ne pas immédiatement poser la question en laissant tomber le jeune homme en détresse. Le roux le rassura sans trop en dire, préférant le soulager d'un poids sans en ajouter avec les conséquences drastiques sur le blond… Potter soupira, rasséréné. L'étau de son cœur se desserra légèrement.
Hermione vérifia que le pouls de Blaise revienne à la normale avant de lui lancer un Enervatum pour annuler sa Stupéfixion. Il se mit à trembler et pleurer en même temps, incapable de réagir plus violemment à cause de la potion. Harry et Damian étaient accroupis près de lui avec Hermione. Kenneth et Ron s'étaient reculés pour laisser plus d'espace au jeune homme, et Orla réfléchissait déjà à ce qu'elle avait découvert avec l'hypnose.
- « Vous ne pouvez pas rester ici, déclara tout à coup Towler. Nous allons vous amener dans votre chambre, Monsieur Zabini. Là, nous vous demanderons d'enlever votre pyjama et de nous le donner : c'est une pièce à conviction. Ensuite, des Oubliators viendront pour prélever vos souvenirs. »
Blaise n'arrivait pas à réagir, il hocha simplement la tête d'un air absent. Damian, Ron et Hermione l'aidèrent à se lever et le guidèrent en faisant le tour de la maison. Il ne fallait pas qu'il passe par le salon pour voir le cadavre de sa mère. Kenneth et Harry restèrent sur la terrasse, attendant qu'ils soient hors de vue. Helen et Ginny les rejoignirent en regardant vers le jeune homme effondré.
- « Comment a-t-il pu avoir le bras ensanglanté s'il portait un uniforme ? demanda Ginny après que le groupe eu disparu de leur champ de vision. C'est bien ce qu'ont dit les collègues, non ? Il portait une robe d'Auror. En plus, la carotide n'a pas été sectionnée, il n'y a pas eu de projections.
- Il a du poser son bras dans le sang, répondit Harry. Notre criminel le lui a sans doute ordonné sous Imperium pour que la culpabilité de Blaise ne puisse pas être mise en doute. De cette façon, même son pyjama sous l'uniforme d'Auror en a été imprégné.
- Et où est cette robe maintenant ? demanda Helen. Le suspect l'aurait récupérée avant de partir ? Il devrait y avoir des tâches de sang si la robe en a tant été imbibée.
- Les Aurors ont trouvé des traces dans le bois, expliqua Kenneth. Sans doute déposées par la course de Blaise. Avec le vent du à la vitesse et la coagulation, le sang a sans aucun doute séché avant que notre criminel ne reprenne la robe. Et à l'heure qu'il est, il doit être loin. Il est intelligent, il sait que nous fouillons partout pour retrouver cet uniforme. Nous n'avons donc pas d'autres pistes que les souvenirs de Zabini. Mais ce changement de couleur de la robe de Dahlia Zabini m'intrigue. Pourquoi ? Sa chemise de nuit était violette si je me souviens bien… C'est pour sa mise en scène ?
- Des analystes viennent de reprendre la baguette de Blaise, ajouta Harry qui avait vu Damian la récupérer pour la confier à Ulrich en partant. Ils vont en extraire les derniers sorts, même si nous savons très bien ce que cela va donner. Mais pourquoi faire cela ? Il y aurait une troisième cible : Blaise ? C'est tout de même violent de lui faire assassiner sa propre mère !
- Blaise n'est pas une cible, intervint Orla à contre cœur, se sentant obligée de parler pour ne pas qu'ils aillent dans une mauvaise direction, même si elle voulait d'abord prendre conseil auprès de ses professeurs. C'est encore et toujours pour faire du mal à Draco. Blaise est son meilleur ami : il lui confie tout, même ce qu'il n'a jamais dit à ses parents. Il a donc droit à un « traitement de faveur ».
- C'est plutôt tordu… douta Kenneth. Et la robe ?
- Mise en scène. Le blanc est symbole de pureté.
- Que voulez-vous dire ?
- J'essaie d'analyser la mise en scène théâtrale du tueur… Il a demandé à Blaise, sans doute sous Imperium, de l'arranger à sa place. Il y a encore une surcharge de détails métaphoriques, comme pour Narcissa. Ce n'est certainement pas du au hasard : il faut donc en trouver le sens. La robe blanche fait penser au linceul des morts. Le repos éternel : « c'est fini, tu peux te reposer maintenant ». C'est un peu le message. Mais il n'y a pas que ça. C'est aussi la pureté virginale, la paix de l'esprit, le pardon… C'est ce que représente cette femme pour lui : elle était pure et aimante, et ne désirait que le pardon pour ses erreurs… Il le lui a accordé. Il y a de l'amour là-dedans. Il l'aimait beaucoup, comme Narcissa, mais s'est senti obligé de la tuer. Le sang qui l'a tachée est également voulu : quelqu'un ou plusieurs personnes ont souillé l'innocence de cette femme. C'est sans doute pour cela qu'elle devait mourir… Pour réparer sa faute. Le coussin rouge, la robe blanche, la rose rouge… L'amour. L'amour l'a pervertie. Elle dormait comme une princesse de conte de fée. On dirait Aurore attendant le baiser de son prince charmant. Là aussi, il y a de l'amour : elle a été maudite par le mal en personne. Maléfique. Un nom assez évocateur : à savoir, Voldemort.
- Hein ?... grimaça Ginny, sceptique et se demandant si la jeune femme n'avait pas trop forcée sur les stimulants. Ok, admettons… dit-elle en n'en croyait pas un mot. Mais ce n'est pas « l'amour » de son « prince charmant » qui est justement censé « rompre le charme » et sauver Aurore ?
- Et le prince n'est jamais venu, précisa Quirke. La preuve : elle est toujours là, à l'attendre dans son repos éternel. Et maintenant c'est trop tard. Le tueur ne voulait pas l'assassiner. Il en a été obligé : elle était gentille, pure et naïve, mais a été pervertie. Et il a utilisé la main de son propre fils pour l'assassiner. Il y a là un autre symbole très important ! Blaise est la pièce à conviction de son péché : ce fils est la preuve qu'il était trop tard pour la salvation de cette femme. C'était donc à lui d'exécuter la sentence. Elle s'était trompée de prince charmant et cela lui a été fatal. Quelqu'un sait qui est le père de Blaise Zabini ? Je mettrais ma main à couper qu'il était Mangemort, ou une personne tout aussi démoniaque. Non ? »
Personne ne répondit. Aucun ne savait qui était réellement le géniteur du garçon. Ils étaient tous dubitatifs devant de tels propos fantasques… Cependant, cette analyse apportait une nouvelle perspective aux meurtres précédents, et ils en avaient besoin. Y avait-il une vengeance dans cette affaire ? Ils n'avaient en fait pas eu tort de penser à un crime de haine envers les Mangemorts lors du meurtre de Lucius. Harry repensa aux sans-abri moldus : les policiers avaient pensé à un « nettoyeur ». Le tueur comptait donc aussi laver la communauté sorcière de ses « parasites » ? Ce type se prenait pour un justicier. Cela pouvait donc coller avec l'analyse fantaisiste de l'étudiante… Mais alors pourquoi prendre pour cible Draco afin de lui faire du mal ? Pourquoi ne pas se contenter de le tuer comme les autres, puisque celui-ci était grandement soupçonné de crimes contre l'humanité, et n'avait jamais vraiment été condamné pour cela ? Ils échangèrent des regards soupçonneux et décidèrent tacitement d'attendre qu'elle valide ses conclusions avec ses professeurs. C'était un peu trop farfelu pour qu'ils la croient sans poser de questions.
- « Nous allons nous renseigner sur le sujet… conclut Kenneth avec méfiance mais pensant sincèrement enquêter sur la paternité de Blaise. Qu'avez-vous à nous apprendre par rapport à l'agression envers Draco et les photos de la chambre ?
- Je euh… hésita Orla, mal à l'aise. Je ne suis vraiment pas sûre de moi… Je préfère d'abord demander conseils auprès de mes professeurs, si ça ne vous dérange pas.
- Donnez-nous juste une idée globale, insista Harry qui cherchait n'importe quoi auquel s'accrocher en espérant que ce ne serait pas tout aussi abracadabrant. Nous n'avons plus le luxe d'attendre.
- Bien… murmura la jeune noire. Alors gardez à l'esprit que je ne peux rien affirmer, et que ces hypothèses pourront très bien changer un peu plus tard… Je pense que c'est un homme. Il aime particulièrement les armes blanches car c'est une extension de… son pénis.
- Pardon ? firent les quatre Aurors, éberlués.
- Je vous répète que je ne suis pas sûre de moi ! se défendit Orla, vindicative, les pointant du doigt pour leur faire comprendre que c'était eux qui l'avaient cherché. En tout cas, ce n'est pas clair dans sa tête à lui non plus : ce qui le rend imprévisible. Il a son but, son objectif, mais il est surtout guidé par une soif incontrôlable. Et il ne se rend pas compte qu'il est en train de se laisser submerger par elle. Il ne peut plus s'en empêcher. Maintenant qu'il a commencé, il n'arrêtera pas. Il aime beaucoup trop cela.
- Parle-nous de ta théorie du… « pénis », grommela Ginny, totalement sceptique. C'est quoi cette histoire ? Qu'est-ce qui te fait penser à ça ?
- Les coups sur Draco, dit Orla comme si c'était évident. C'était frénétique, il devait clairement se retenir. Les marques sur le matelas sont sans aucun doute les parties du corps qu'il aime le plus d'un point de vue charnel : les flancs et le cou. La position même du tueur, détaillée par Mademoiselle Weasley un peu plus tôt sur les lieux, est assez évocatrice : au-dessus, les jambes de chaque côté de son corps… C'est un viol ! Une autre forme, d'une autre sorte… plutôt symbolique. Mais c'en est tout de même un.
- Il serait… « amoureux » de Draco ? n'arrivait pas à comprendre Helen alors que Harry s'était figé.
- Attention ! s'exclama Quirke, de grands yeux écarquillés, presque choquée. Un violeur est très rarement amoureux de sa victime. Voir jamais. Et si c'est le cas, il s'en sert alors de justification pour son crime, ce qui est malsain : il ne se rend même pas compte de la gravité de son acte. C'est un inconscient. Dans les autres cas, très souvent, les criminels assurent que « c'est elle/lui qui l'a cherché » : ils rejettent la faute sur la victime. Je me dois tout de même de préciser que le viol n'est même pas forcément une histoire de sexe. C'est de la domination pure. Une appropriation pour soulager ses pulsions de dominateur. Il y a des hétérosexuels endurcis qui violent d'autres hommes, et ils ne sont pas non plus des homosexuels refoulés. C'est une forme de crime de haine qui n'a pas de lien avec le sexe autre que la manière dont ils sont commis. Ce fait est très important, car il s'applique parfaitement dans ce cas précis : cela n'a rien à voir avec le désir sexuel. Votre tueur veut Draco, de toutes les façons possibles. Mais cela ne veut pas dire qu'il le désire et surtout pas qu'il l'aime. Il n'y a aucun amour là-dedans, c'est le total opposé. Et le mot est faible.
- Donc il s'agit de domination dans un acte simulant le viol… résuma Towler. C'est donc cela le lien entre le sexe et le poignard ? Mais qu'est-ce qui vous a fait penser à ça ?
- Je viens de vous le dire : la position, les coups trop nombreux pour quelqu'un qui ne voulait pas qu'il meurt, les marques sur le matelas comme s'il les avait soigneusement placés… Il ne pouvait juste pas s'en empêcher.
- Tu as pourtant dit qu'il s'agissait d'endroits « stratégiques » qu'il aimait « sensuellement » parlant, rappela Helen.
- « Charnellement » plutôt, corrigea l'étudiante. Cela n'a rien de sensuel, ce sont juste des endroits qui l'attirent. Mais pas forcément sexuellement. Ce sont des points stratégiques de sa pulsion. La preuve : il égorge ses victimes. Le cou. Il adore ça. C'est une sorte de fétichisme extrême et morbide.
- J'y comprends rien, geignit Ginny qui avait mal à la tête. Tu as pourtant dit que son poignard était une sorte de prolongation de son sexe…
- Comme pour un viol, oui. Sans amour, ni attirance, juste de la haine et un besoin de domination. C'est comme pour les photos : une intrusion dans sa vie privée, son intimité. A la fois par le nombre incroyable de photographies relatant la vie entière de Draco Malfoy, surtout les moments les plus privés. Mais également le lieu : la chambre de Draco. Et le point central, le « trophée » : le lit. La maison est l'endroit où on est censé être le plus en sécurité, c'est un refuge dont notre chambre est le sanctuaire. Et le lit est l'endroit où nous dormons, le lieu où on est en totale confiance au point où nous baissons toutes nos barrières, nos défenses, notre attention… Le criminel a souillé cet endroit, il l'envahit de sa présence à lui. C'est une invasion, une pénétration, l'appropriation même. Il ne se contente pas de son corps, il veut sa vie.
- C'est horrifiant ce que tu dis, murmura Helen, le teint de plus en plus pâle. Sur quoi on est tombé ?
- C'est au-delà de la violation de la vie privée, insista Orla. C'est encore une autre forme de viol. Il veut tout anéantir autour de Draco. Aujourd'hui est un bon exemple, commença-t-elle à énumérer en comptant sur ses doigts. Après avoir tué ses parents, il brise son corps avec l'agression, sa sécurité avec l'endroit où il place les photos, sa vie avec le sujet même des clichés, et ses relations en détruisant Blaise qui a été manipulé pour assassiner sa propre mère… Vous imaginez l'état d'esprit de Blaise Zabini ? Cela va le ronger jusqu'à la fin de sa vie. Il ne se le pardonnera jamais. Et par conséquence, cela va également grandement affecter Draco qui se sentira responsable.
« Je ne serais pas du tout étonnée que ce psychopathe finisse par réellement violer Draco. Et j'insiste : aucun « amour », aucune attirance sexuelle là-dedans. Juste l'avoir, le dominer, le posséder… Le réduire à l'état de loques. Il en prend le chemin, sans parler de ses autres crimes… Il avance petit à petit, ce n'est qu'un début. Je n'ose même pas imaginer quel sera son point final. »
Comment en était-elle arrivée là ? En tout cas, son exposé avait porté ses fruits : ils étaient tous extrêmement mal… Ils sentaient la peur s'insinuer lentement le long de leur dos. Pourtant ils devaient attendre confirmation avant de partir sur ces idées. Mais ils avaient du mal à encaisser. Visiblement, ce type prévoyait ses crimes depuis longtemps. Il avait tout planifié. Aucun des Aurors ne parvint à prononcer un mot. Car le profilage était certes alarmant, mais l'assassin avait également des capacités incroyables. Un mélange explosif qui ne présageait rien de bon… Ce psychopathe était effrayant.
- « Il y a encore quelque chose… hésita Orla qui ne savait pas trop si elle devait continuer avant de parler à un psychomage, mais en avait trop dit pour s'arrêter en chemin.
- Au point où on en est, sourit nerveusement Ginny. Je ne vois pas ce qui pourrait nous épouvanter encore plus…
- Et bien justement, fit Quirke en se raclant la gorge. Vous vous souvenez quand je vous ai dit qu'il commençait à perdre pied ?
- Qu'il se laissait guider par une soif incontrôlable ? se souvint Harry, troublé. Par rapport au fait qu'il n'a pas pu se contrôler quand il a poignardé Draco… ?
- Oui… Mais pas que… Cette volonté de posséder Draco, et l'avoir à sa merci juste au dessous de lui quand il l'a agressé… Cela lui a fait perdre la tête. Il a réussi à se remettre en commandant l'assassinat de Dahlia par son propre fils presque trois heures après. Cependant, il y a prit beaucoup de plaisir… Ajouté à cela les meurtres des sans-abri, et ce côté « justicier »… Je crains qu'il ne s'arrête pas qu'à Draco…
- Que voulez-vous dire ? s'inquiéta Kenneth, se redressant brusquement, très attentif.
- Il est grisé. Il va avoir envie d'aller plus loin. Accomplir sa mission dans son intégralité. Jusqu'ici, c'était presque un test pour savoir jusqu'où il pourrait aller. D'abord le meurtre de Lucius, plutôt timide, presque hésitant. Puis le timing impossible avec Narcissa, où il n'était pas loin de se faire prendre. Aujourd'hui Draco, en passant à travers la sécurité des Aurors. Ensuite les photographies, en traversant les protections magiques très puissantes du Ministère. Et enfin la manipulation de Blaise sous le nez des représentants de l'ordre… Il va de plus en plus loin et il vous échappe à chaque fois. Maintenant il se sent tout puissant. Il se rend de plus en plus compte qu'il possède un atout majeur le rendant invincible. A partir de maintenant, il va se faire plaisir. Draco est toujours le centre. Harry est un bonus voulu et tout à fait délectable pour lui. Mais… comme il a réussi toutes les épreuves… Il va peut-être vouloir que le « bonus » soit un peu plus que ça… Et enfin se lancer dans sa quête de justice que le Sauveur n'a pas été capable d'accomplir ? »
Réponses aux reviews anonymes
« Guest » : Pourquoi pas des tests sur les moldus, effectivement. Cependant, des connaissances en médicomagie et des tests sur le soin automatique au bout d'un moment, qu'importe la quantité de sang perdu, serait nécessaire. Et il y a d'autres façons de connaître la vie de Draco sans le témoignage de celui-ci. Par exemple, Blaise va devoir tout révéler sur la vie et l'intimité que Draco lui a confié. Même le plus privé… Ca va être difficile de trahir la confiance de son meilleur ami. Va-t-il y arriver ? Je pense que le tueur voulait juste montrer ce qu'il sait et « envahir » Draco. Se moquer des Aurors serait un petit bonus. Même s'ils avaient été au courant, cela était pareil pour lui. Et oui, HAHAHAHAHA, Harry n'est pas super content ^^ ! Je ne suis pas sûre que Kenneth le choisisse pour mener l'interrogatoire avec les moldus du village.
J'ai effectivement énormément pensé au moment dans les toilettes dans le tome 6. Cela marque d'autant plus Harry qui a été grandement choqué d'avoir été responsable de ça. Ce rapprochement est très intéressant… Est-ce que c'est voulu ? Mystère et bulle de gomme, huhuhu. Parce que même si les blessures sont faites par arme blanche et non par magie, l'effet est similaire : le Sectumsempra mime l'agression par arme blanche. Très très beau rapprochement ! Mais j'en parlerais peut-être plus tard… (si c'est le cas, huhuhu)
Oui oui, il est possible d'inventer les sorts : c'est le plus gros boulot du Département des Mystères même si cela ne concerne pas que cela. Donc il est possible que le tueur ait inventé des sorts… Cependant, il y a des résidus que laisse n'importe quel sort. Les sorts inventés en laisse des similaires. Je pars en plus du principe que chaque sorcier possède une magie unique, un peu comme les empreintes digitales, les iris, ou la forme de l'oreille. Par conséquent, il est impossible qu'un nouveau sort créé et inconnu des autres ne laisse aucune trace : il faut une autre magie pour cela.
On peut inventer des sorts, mais pour qu'un autre sortilège fasse exactement le même effet dans les moindres détails tout en étant différent, ce n'est pas trop possible… La magie a ses limites ^^. Chaque mot prononcé avec la pensée de l'effet voulu et la volonté donne un sort. C'est la combinaison qui marche. Si un contredit le reste, il n'y a aucun effet. Donc, si on change une variante, ça ne fonctionne pas. Et si par miracle ça marche, ce sera pour un effet totalement différent. Je crois que je vais devoir aborder le sujet pour clarifier cela. Je me demandais justement quelle leçon pourra donner Funestar à Harry comme bases de Langue-de-Plomb : ce serait l'idéal ! Merci pour cette idée !
Je crois ne pas avoir besoin de répondre pour le meurtre de Dahlia : tu viens d'avoir toute l'horreur de la situation dans ce chapitre ^^.
J'ai pensé au polynectar, une amie m'en avait parlé. Cependant, j'étais pas satisfaite : car chaque Auror se connait, ou bien il y a le risque de se faire prendre en discutant, sans compter qu'il fallait le temps pour Dahlia de mourir : elle pouvait très bien être secourue à temps grâce à la magie, même avec la carotide tranchée (il y une minute pour mourir, même si le cerveau se déconnecte instantanément et qu'il peut y avoir des séquelles). Bref, c'était trop contraignant… Sans compter qu'il faut en boire régulièrement pour ne pas se retransformer, bien connaître le personnage qu'on incarne, éviter les amis de celui-ci ou les gens qui le connait un peu… bref… Un sort type « caméléon » ou « fantôme » était bien plus pratique. Surtout que cela correspond très bien au tueur : une magie puissante, rare et secrète. Ca ne veut pas dire que le tueur ne l'utilisera jamais ! huhuhu
Voilà voilà ! J'espère lire très bientôt tes autres analyses Inspecteur Guest ! A LA PROCHAINE !
« Oups »: Je n'ai pas aborder le sujet « théorie du complot contre le Ministère » dans ce chapitre. Mais je crois que tu as un petit indice sur le sujet dans les dernières paroles de Orla ? Cela rapproche effectivement les services, mais est-ce que c'était prévu ? voulu ? Peut-être que le tueur s'en fou complètement ? Peut-être est-ce une conséquence qu'il n'a pas prévue ? Une de ses erreurs… Possible. Parce qu'ils vont tous lui coller au cul ! Fini de jouer.
Beau rapprochement avec le sang ! Oui, c'est une hécatombe sanglante qui doit avoir du sens. Je ne peux évidemment pas te l'expliquer et je n'ai pas encore abordé ce thème (ça fait partie des nombreuses choses que je dois dire), mais c'est très très bien pensé ! Superbe analyse ! Mai est-ce que c'est par rapport au sang-pur ? hmm…
Pour le petit ami moldu de Draco, ce n'était pas vraiment le fait que Draco soit gay que je pensais lire dans les commentaires, mais plutôt le simple fait qu'il ait quelqu'un sans qu'on ne l'ait jamais lu nulle part. J'ai décrit Draco comme une personne isolée, qui se rapproche certes des moldus mais pas à ce point-là. J'ai même dit qu'il était vierge. Je pensais juste lire des théories sur le sujet, au moins une petite mention, avant de le mettre en avant dans le chapitre précédent. Mais ce n'est pas grave. Ce n'est pas une déception du tout, juste une petite satisfaction de voir que c'est passé inaperçu pour le moment. Tous les détails sont importants dans cette histoire, j'essaie de ne rien laisser au hasard, même les plus petites idées lancées par-ci par-là. Et balancer un petit copain sorti de nulle part est souvent un aimant pour tout le monde. Dans ce fait, j'essaie juste (peut-être lamentablement, peut-être vainement) à attirer l'attention de tout le monde sur les détails, et voir ce que cela va donner. Cette histoire est un test, un exercice pour moi, et votre aide à tous m'est de plus en plus nécessaire car ça va se compliquer encore. Je voudrais éviter les erreurs. Alors du coup, je tente de mettre en avant les moindres détails pour attirer le regard et évaluer les conséquences pour adapter et faire au mieux. C'est tout. Mais effectivement, rien ne dit qu'il est bel et bien moldu.
Une « taupe » ou un « Jekyll », why not ? Mais tu as tout à fait raison : la sécurité est drastique, et Funestar est très compétent. Il y a une solution toute simple, mais je ne la donnerais pas (j'espère juste que ça ne va pas vous décevoir pour sa simplicité… en tout cas, elle ne sera pas donnée de sitôt). Ton raisonnement est parfaitement exact. Tu as raison d'être perplexe.
Je ne suis pas convaincue pour Georges moi non plus, mais c'est une belle idée. C'est vrai qu'il connait assez de « trucs et astuces » de grande qualité pour tout ça. La preuve, il a même créé avec son jumeau les chapeaux boucliers dont les Aurors étaient devenus de fervents utilisateurs. Donc ça tient la route. Le problème c'est qu'ils vendent leur création…
Héhé, et oui, bien joué pour le sort sur Draco ) J'espère te relire très bientôt Inspecteur Oups ! Tes idées sont très intéressantes ! Je note pour le sang, j'en parlerais prochainement (je ne sais pas encore trop quand), et je penserais alors très fort à toi ! A BIENTÔT !
« Yin »: Oulala, tu me mets la pression ! J'espère que la suite va tout autant satisfaire tes attentes de lectrice ! Ne t'inquiète pas pour moi, je m'épanouis très bien dans cette histoire malgré sa grande difficulté. Je ne suis pas toujours satisfaite, loin de là, mais le défi est de taille et est très stimulant. Toutes les reviews m'aident énormément, quelle qu'elles soient. J'ai rarement eu autant besoin de soutien ^^'...
Effectivement, comme tu as pu le lire dans ce chapitre, le mobile est la haine et non l'amour. Et entre les deux, il y a plus qu'un pas : il y a un gouffre sans fond de plusieurs kilomètres ! (je ne supporte pas qu'on traite le viol à la légère, pour moi c'est entre ce crime et le meurtre qu'il n'y a qu'un pas). Cependant, Colin Crivey est mort. Il reste son frère, Denis, mais ce serait un peu facile, non ? :D Huhuhu.
J'espère que tu auras toujours autant de plaisir à lire la suite de cette histoire. Je vais reprendre tout doucement les analyses des inspecteurs et leurs recherches. Une petite redescente dans la tension de l'histoire. A très bientôt Inspecteur Yin ! J'espère te relire très prochainement !
NOTE DE L'AUTEUR
Les chapitres sont de plus en plus difficiles à écrire… Je suis désolée, les événements sont plutôt lents à arriver et se mettre en place. Je vais essayer d'avancer plus vite, mais j'ai beaucoup de points à aborder les uns après les autres. Une chose à la fois, où je vais partir dans tous les sens et ce sera l'anarchie. Déjà que j'ai abordé des tas de choses, il faut maintenant que je les traite petit à petit. J'ai vraiment peur de me perdre, alors si vous pensez à un point précis que je n'ai pas abordé et dont il faut que je parle SIGNALEZ-LE ! J'essaierais de le traiter en priorité. Ca m'aidera beaucoup… J'ai peur de louper des détails dans mon tableau récapitulatif…
A propos du discours sur le viol, je n'ai même pas dit la moitié de ce que je voulais, j'ai du me retenir. C'est un sujet qui me tient à cœur, particulièrement quand je suis en train de regarder tous les épisodes de « New York Unité Spéciale »… En sachant que certains épisodes de cette série me font hurler d'indignation par moment… En tout cas, je ne voulais en rien « faire la leçon », juste parler et extérioriser un sujet brûlant. Surtout quand ce sujet là va devenir au centre de cette histoire. Vous avez du le voir venir… Déjà avec Charlie, que je ne vais pas laisser tranquille, (oh non !), puis le harcèlement… Et j'insiste : RIEN A VOIR AVEC LE DESIR, L'AMOUR, OU L'ATTIRANCE ou tout autre mot associé. Juste une pulsion de domination pour détruire quelqu'un et se soulager, et pas forcément sexuellement. Les violeurs sont des psychopathes très souvent récidivistes qui ont un type de victime mais ne les désirent pas forcément : c'est de la violence. Mais j'arrête là, je me retiens… J'aurais largement le temps d'aborder le sujet dans cette histoire, en ton d'ambiance, toile de fond à cette enquête. Je vais essayer de ne pas en abuser.
Je suis désolée pour Blaise. Il a pris un sale coup, et ce n'est pas encore fini… Malheureusement. J'imagine l'horreur de la situation pour lui. Je vous promets que je vais un peu calmer le jeu, y aller un peu plus en douceur après… ^^' Pour réattaquer ensuite. Parce que, soyons francs, je vais avoir du mal à tenir la montée en puissance de l'horrifiant. Ce n'est pas le but. Je crois que j'ai posé les bases dans ce chapitre. Je vais y aller un peu plus mollo après. En tout cas, n'ayez pas peur pour la vie de Blaise, plutôt pour sa santé mentale.
oooooooooooo
J'ai la pression maintenant ! Ca va être de plus en plus dur de satisfaire vos attentes à tous ! C'est pour cela que j'ai GRANDEMENT BESOIN de vos reviews pour pouvoir jauger vos envies pour la suite ! Le tueur ne changera pas, mais ça peut modifier son apparition pour la suite, en tant que meurtrier ou en son nom propre… Je ne vous demande pas d'écrire la suite ou ne me dire de faire telle ou telle chose, puisque je ne le ferais pas. Juste pour vous cerner tous un peu plus, savoir ce qui est important pour vous, ce que vous avez relevé et qui n'est pas encore expliqué, mentionné… Ce que vous pensez qu'il manque ou traine un peu trop en longueur. J'ai conscience de ralentir les événements, je vais essayer d'aller un peu plus vite. C'est pas gagné, c'est pour ça que j'ai besoin de connaître votre priorité. Cela fait parti de vos analyses après tout. Mais n'hésitez pas à mettre tout ça en avant ! Je ne voudrais pas vous frustrer inutilement.
oooooooooooo
Voilà voilà, c'est fini pour cette fois-ci. J'ai été un petit peu en retard, ce chapitre a vraiment été compliqué à écrire. J'ai tout relu au moins quatre fois pour corriger et réadapter. Au début, ça n'avait aucun sens… J'espère galérer un peu moins pour la suite, il faut que je trie mon méli-mélo petit à petit pour démêler ce sac de nœuds. Ca va ordonner mon esprit et le votre je pense ^^
oooooooooooo
A bientôt mes bits chéris !
Fantômes ou manifestants !
Sortez-moi tout le jus de votre cerveau en ébullition, mes très chers inspecteurs !
XXX
Capitaine Ashu
