Chapitre 9

-Vous êtes sûr, agent Hill, que nous suivons le bon trajet? Cela doit faire une demi-heure que nous marchons dans les bois.

-L'agent Ferron a dit que ça prenait une vingtaine de minutes, nous devons approcher.

-Nous ne voyons pas du tout au travers les feuillages et nous n'entendons rien. Pas de bruit de civilisation ni d'avion.

-Les avions du SHIELD sont très subtils. On doit arrêter Loki, on ne va pas rebrousser chemin.

- On n'a même pas de réseau! Si la tour Avengers a un problème, on ne le saura pas.

-Attendez, nous n'avons pas de réseau?

-Puisque je vous le dis. Il serait plus sag…

Un mouvement attira l'attention de l'expert des rayons gamma, une silhouette se dessinait un peu plus loin. Suivant son regard l'agent Hill remarqua la forme.

-Loki?

-Je ne pense pas, la silhouette semble rouge. Loki porte du vert. C'est Thor qui est habillé en rouge.

Armes dressées, ils arrivèrent à la hauteur de la silhouette.

-Qu'est ce que c'est?

-On dirait une cape.

À l'une des branches de pin se trouvait un long tissu d'un velours rouge vif. Le docteur banner prit l'étoffe.

-Une cape rouge. Que fait-elle si loin dans la forêt?

L'agent Hill devint toute blanche.

-Ce n'est pas une cape, c'est un chaperon. C'est horrible! Il faut retourner à la tour. Je vous expliquerai en route. Mon dieu, Fury!

-Je réclame pitance!

Le directeur du SHIELD soupira sans lever les yeux de son livre.

-Tien agent Barton, vous avez réussi à enlever votre bâillon.

-Par quel étrange nom tout le monde m'appelle? Vieil Homme, je réclame pitance.

Le directeur ferma le livre de Cendrillon qu'il était en train de lire.

-Fesons une pause agent Roumanof. Pourquoi ne pas manger un morceau? J'ai vu dans le réfrigérateur qu'il y avait des restants de pizza.

L'agent Roumanof se leva contente de pouvoir à nouveau marcher. Elle mit au micro-ondes les restants de pizza. Il y en avait assez pour eux trois et Bruce et Hill quand ils reviendraient. Elle écoutait distraitement les deux hommes dans le salon. Fury venait de demander à Barton-Robin de lui parler de son monde et celui-ci répondait à cœur joie. Elle sourit en l`écoutant narrer l'une de ses aventures contre le cupide prince Jean. Son sourire s'effaça quand elle l'entendit parler de Marianne. Elle fut prise d'étourdissement. Le contacte de son front chaud contre le métal froid du congélateur la remis d'aplomb. Elle se dirigea vers ses deux collègues, les mains chargées de victuailles. À mi-chemin, elle s'arrêta net. Le sol bougeait sous ses pieds, du moins, elle en avait l'impression. Ses jambes se dérobèrent, elle tomba au sol, inconsciente.

Un bruit sourd attira l'attention du directeur. Il trouva bien vite l'agent Roumanof étendue de tout son long face contre terre. Il la souleva et la porta jusqu'au divan. La laissant aux bons soins de son subalterne entravé, il sortit chercher une serviette mouillée. En revenant, il tomba nez à nez avec un immense loup blanc dans le couloir. Le grondement du loup ne trompa pas Fury sur ses intentions. Il envoya au loup la débarbouillette mouillée. Elle atteint le bout de son nez et claqua comme un fouet. Le loup glapit et montra les dents. Alors que le loup s'élançait, Fury enlevait le cran de sécurité de ses pistolets.

L'agent Coulson visa de nouveau la femme devant lui. C'était étrange, elle se tenait encore debout comme si la première déflagration ne l'avait pas touché. Il était pourtant certain d'avoir visé la main sur la cheville de son héros. Son dit-héro se trouvait maintenant derrière la PDG dans une citrouille entourée d'un cheval, d'un chien et de six colombes.

-Éloignez-vous de cette citrouille! Les mains en l'air!

L'arrogante princesse lui fit un sourire et au moment où les électrodes auraient dû la toucher, elle se mit à disparaitre doucement ce même sourire niais sur le visage. L'agent Coulson s'approcha. D'un geste de main, il fit partir les animaux. Le cheval entra dans le hall d'entrée où il provoqua une vague de panique. Ne s'en souciant pas, Phil prit la courge orange. Une colombe était restée sur place. Quand il s'approcha d'elle, elle s'envola. Elle s'était posée sur une chaussure de vair. L'agent la ramassa et appela Fury. N'obtenant aucune réponse, il se dépêcha de retourner au quartier général des Vengeurs.

Robin trépignait, il était perdu. Sa précieuse Marianne, il l'aurait suivie jusqu'au bout du monde et c'est ce qu'il faisait. Malgré tout, dans ce monde sans arbre et étrange rempli de métal et d'acier, il avait le mal de sa forêt, du village et surtout de ses amis. Plus particulièrement de petit Jean et du père Tuck. La femme à ses côtés agonisait. Il aurait voulu l'aider, un lointain écho dans sa tête lui donna envie de la sauver à tout prix, mais cette écho lui échappa. Il tendit l'oreille, il n'entendait plus que sa respiration et celle de la jeune femme. Les grognements et les bruits de canon mignature s'étaient tus. Il doutait que ce soit son ami-bourreau borgne qui est gagné la bataille. Pour une nouvelle fois, il tenta de se libérer de sa chaise. Rien à faire. Il sauta sur place à plusieurs reprises pour briser la chaise.

-Monsieur, voudriez-vous de l'aide?

Robin leva la tête au ciel, surprit par la voix désincarnée.

-Dieu?

-Non, monsieur.

-Je doute qu'une voix puisse m'aider et ce, aussi déterminé qu'elle le soit. Je me débrouillerai.

Il prit un élan et se balança sur la chaise dans l'espoir de la briser. Des lumières l'aveuglèrent, un avion venait tout juste de se poser. Sa Marianne et son joyeux compagnon rentrèrent par la baie window une cape à la main. L'homme se précipita sur la femme rousse.

-Qu'est ce qu'elle a? Et ses pieds?

-Un homme lui a rendu ses pieds, mais je ne sais pas ce qui s'est passé. Votre grand ami l'a ramenée agonisante. Mais il y a pire…

Un claquement de porte l'interrompit, l'agent Coulson monta avec dans les mains une citrouille et un soulier.

-Nous sommes rentrés. Tout va bien? Il n'y avait pas de réponses quand j'ai appelé tout à l'heure.

-Nous?

-Le Capitaine et moi-même.

-Vous voulez dire que notre meilleur Avengers est une citrouille? Alors c'est la cata… Désespéra Hill

L'agent Coulson se précipita à son tour sur Natasha trébuchant au passage sur le chaperon laissé négligemment au sol.

-Qu'est ce que c'est?

-Nous cherchions Loki et tout ce que nous avons trouvé est ceci. Je crois que le docteur Banner est le petit chaperon rouge.

-Vous avez rencontré un loup?

-Non, quand nous avons trouvé la cape, nous sommes, tout de suite, revenus.

-Moi, j'ai entendu des grognements. Le grand monsieur semble s'être battu contre quelque chose de gros, intervient l'agent Barton.

Sans faire ni une ni deux l'agent Coulson avait composé le numéro abrégé de son patron. Il lui répondit, sa voix légèrement étouffée.

-Bonjour Monsieur le Directeur, l'agent Barton vient de nous dire que… oui c'était bien un loup? Vous l'avez repoussé à l'étage inférieur. D'accord... on pense qu'il pourrait s'agir du loup du petit chaperon rouge. Vous voulez qu'on vienne vous aider? Vous êtes sûr? L'un de nous peut rester avec… Bien Monsieur.

L'agent du SHIELD raccrocha.

-Le directeur va bien. Il a blessé le loup qui s'est réfugié dans les étages inférieurs. Il le traque. Il nous dit de rester en haut, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée de le laisser affronter cette bête seule.

-Je vais y aller.

-Mauvaise idée! Monsieur Banner, vous n'êtes pas un agent.

-Je suis un Avengers et je ne pense pas que le loup arrivera à gagner contre l'autre gars. En même temps, je vais voir s'il y a un conte sur le petit chaperon rouge en bas, il n'est pas sur la table.

Robin se remit à se débattre alors que le docteur quittait la pièce. Pour le calmer, l'agent Hill s'agenouilla devant lui, lui prenant la tête entre les mains.

-Tout va bien, calmez-vous. On a la situation en main.

-Non. Il ne doit pas y allez! Le loup... Votre ami ne peut pas avoir gagné!

-Ne vous inquiétez pas, le directeur Fury est expérimenté. Il a traqué les pires criminels alors un canidé...

-Vous ne comprenez pas Marianne. C'est un piège!

Le cellulaire de l'agent Coulson se mit à sonner. Il décrocha.

-Agent Coulson à l'appareil. Miss Pott ravie de vous entendre! Oui, je vais bien et vous? Vous êtes encore loin? Comment?

Toujours à l'appareil, l'agent Coulson sortit de la pièce pour atteindre la baie vitrée. Voyant que sa Dame ne l'écoutait pas, l'archer profita d'un moment d'inattention de celle-ci pour lui subtiliser son couteau.

-Agent Hill, venez voir, appela Coulson.

Les deux agents loin, l'archer commença à couper les liens de cuirs avant de laisser tomber le couteau sur les liens qui entravaient sa cheville droite. Libre de mouvement de son pied, il utilisa ses orteils pour attraper le manche du couteau.

Quelle chance que je sois nu-pied!

Il trancha l'entrave. Une fois les pieds libérés, il se mit en « petit bonhomme » sur le siège utilisant ses menottes pour briser le bras de chaise. Il céda après quelques résistances et l'archer réussit à glisser l'autre extrémité sous le bois brisé. Il recommença avec son autre bras.