CHAPITRE 7. Réveil
Deuxième Partie
POV Mike
Un bip cyclique raisonnait dans ma tête et une odeur de détergeant emplissait mes narines. Je tentais de bouger mais une vive douleur m'y fit renoncer. Le bourdonnement incessant me faisait mal à la tête, j'essayai tout de même d'ouvrir les paupières mais n'y parvins guère. Je percevais une certaine agitation non loin de moi mais la pièce où je me trouvais, moi et l'insupportable sonnerie mis à part, restait désespérément vide. Personne ne semblait se soucier de mon sort. Je tentai de parler mais ma gorge était sèche. Je remarquai qu'un tuyau un plastique me parcourait le visage, gêné par le corps étranger, je tentai par des mimiques douloureuses de le retirer. Même respirer me faisait souffrir. Je ne comprenais pas très bien ce qui se passait. Je me souvenais de ma soirée avec Bella, nous étions dans la salle à manger nous apprêtant à faire l'amour, je me rappelais avoir entendu un bruit fracassant et puis plus rien, c'était le trou noir. Que m'était-il arrivé? Et Bella, j'espère qu'elle va bien ? Charlie nous aurait-il découvert en pleine action ? Me serais-je évanoui sous le poids de l'émotion ? Peu probable. Mes questions restaient sans réponses et encore personne n'était venu me porter assistance.
Il me semblait que plusieurs heures s'étaient écoulées avant que je ne réussisse à entrouvrir une paupière, l'autre était trop tuméfiée pour me permettre le moindre mouvement. La gorge toujours incroyablement asséchée, j'ouvrai la bouche pour aspirer un peu d'air rafraichissant. La tête d'une vieille dame apparue alors dans l'entrebâillement de la porte. Elle avait les cheveux gris relevé en un chignon négligé, portait une blouse rose saumon par-dessus un ensemble de jogging qui semblait usé jusqu'à la corde tout comme ses sandales de contention. Son visage se voulait pourtant rassurant. Elle me souriait et avançait dans ma direction. Apercevant ma bouche entrouverte, elle bifurqua vers la table près de la fenêtre, saisit la carafe qui y était posée et versa l'eau dans un verre. D'un geste mécanique, l'infirmière appuya sur la télécommande accrochée au mur ce qui eut pour effet de relever mon matelas. Elle approcha le verre d'eau de mon visage et plaça la paille entre mes lèvres. Le contact de l'eau dans ma gorge était horrible et je recrachai immédiatement le liquide. La vieille dame me sourit et éloigna le verre d'eau. Sa voix était calme et bienveillante. Elle me dit que cette réaction était normale, que je n'avais pas à m'inquiéter et que je me remettrais très vite. Elle me fit remarquer que j'avais eu beaucoup de chance et que je devais être un, je cite, « solide gaillard ». Puis, elle sortit et m'enforma qu'elle partait prévenir le médecin chargé de mon dossier.
Je me sentais épuisé. J'avais passé toute la journée à faire des exercices pour retrouver mes capacités motrices quand le docteur Cullen apparu sur le seuil de ma chambre. Il arborait son traditionnel sourire, les yeux rivés sur le dossier médical dans ses mains. Il releva la tête dans ma direction et s'approcha du lit.
- « Alors Mike, comment te sens-tu ? » Je n'arrivais toujours pas à articuler trois syllabes.
- « Les infirmières m'ont prévenus que tu avais du mal à parler. Ne t'en fait pas c'est normal, tu es resté inconscient pratiquement deux jours ! »
DEUX JOURS !!! Mais qu'avait-il bien pu m'arriver ? Et je n'avais toujours aucune nouvelle de Bella, je sentis l'angoisse m'envahir.
- « Mike… » La voix du docteur Cullen était calme et posée. « Te rappels-tu de ce qui s'est passé samedi soir ? » Je le fixai droit dans les yeux puis haussai les épaules.
- « Tu te souviens que tu étais chez Bella quand cet incident est arrivé ? » J'hochai la tête en signe d'approbation.
- « Bien ! Est-ce que tu sais pourquoi tu es à l'hôpital ? » Cette fois-ci, je répondais par la négative.
- « D'accord, ce n'est pas grave. Peut-être devrions-nous remettre cette discussion à plus tard.»
Mes parents venaient d'entrer dans la chambre. Ma mère avait les larmes aux yeux et mon père un air grave. Le docteur Cullen tourna la tête dans leur direction et sourit de toutes ses dents. Il tendit sa main vers mon père et celui s'empressa de lui retourner son geste. Le docteur leur expliqua ma situation pendant de longues minutes, je ne saisissais pas tout de son discours mais je compris que je n'avais rien de grave. Une fois ses explications terminées, il parti en direction du couloir. Je tentai de l'appeler mais ma gorge n'était pas encore totalement remise. Le râle que j'avais produit attira son attention néanmoins.
- « Ne force pas Mike. Ta voix reviendra rapidement mais en attendant laisse-la se reposer. »
Je tendis la main en direction de son stylo. Il comprit mon intention et me tendit le bic ainsi que son bloc de papiers. Dans une écriture malhabile, je traçais le nom de Bella sur la feuille.
- « Elle va bien ne t'en fais pas. Elle est un peu choquée et a attrapé une vilaine bronchite mais elle sera sur pieds dans quelques jours…tout comme toi. Bon je te laisse profiter de tes parents. Je repasserai dans la soirée, repose-toi ! »
Il sortit sans me donner plus d'explications. Je lançai à mes parents un regard des plus interrogateur, ils me regardaient les yeux embués par l'émotion, un tendre sourire sur leur lèvres. Mais je n'avais que faire de leur compassion, ce dont j'avais besoin, c'était de réponses. Avec une extrême difficulté, je tentai de m'extirper de mon lit. Tous les muscles de mon corps hurlaient de douleur mais, ça n'avait pas d'importance. Au passage, j'arrachai les fils qui encombraient mes bras et mon torse. Ma mère émit un cri horrifié et mon père se jeta sur moi pour m'empêcher de bouger. Ma détermination eut raison de sa bienveillance. Je réussis à faire quelques pas dans ma chambre, mon père toujours sur les talons me tirant par le bras et m'intimant de regagner ma couche. Dans un ultime effort, des plus douloureux, je m'écroulai sur la table où reposait la carafe d'eau. Ma mère semblait paniquée, elle pleurait à chaude larmes et ne cessait de pousser des cris stridents au moindre de mes mouvements. Avec difficulté, je me relevai sur mes coudes et réussis à me hisser à hauteur de la fenêtre. Je tournai alors la tête vers le mur perpendiculaire. Un large miroir y était accroché. Pour la première fois, j'observai mon visage et l'étendue des dégâts. La vision de mon propre corps me donnait la nausée. J'étais couvert d'ecchymoses, mon œil droit (celui que je n'avais toujours pas réussi à ouvrir) était entièrement noir et gonflé, mon nez légèrement aplati et ma joue gauche couverte de griffures. Je passai la main dans mes cheveux et y découvrais une bosse de la taille de mon poing. Je baissai les yeux sur moi pour la première fois de la journée et découvris par la même occasion les nombreuses coupures et tâches brunes qui parcouraient mon corps. Je soulevai ma blouse et compris immédiatement l'origine de mes difficultés respiratoires. Un hématome de couleur prune des plus désagréable recouvrait une bonne partie de mon abdomen.
Je ne me souvenais plus des raisons de mon état actuel mais une chose était certaine, j'avais morflé. Je ne m'étais certainement pas fait ça tout seul et Bella aurait été incapable d'une telle force. Quelqu'un m'en voulait et me l'avait bien fait comprendre. Maintenant, la question était de savoir qui.
*********************************************
Voilà, c'était le dernier chapitre avant un petit moment (j'essaierais quand même de ne pas être trop longue). Une semaine de vacances et je n'ai réussi à écrire que ça, merci les voyages en train .lol.
Un grand merci à ma Jeny, ma relectrice désormais indispensable.
A bientôt. Sara.
