Mot de l'auteur : Bien le bonjouuur, j'espère que la communauté sorcière se porte bien aujourd'hui ! :) Voilà voilà comme chaque semaine, voici le CHAPITRE 10 de La Nacre Dorée, beaucoup long que le précédent, et vraiment, vraiment plus court que le prochain... mais je ne dis rien sur ça, hihi

Je sais pas trop quoi dire, à part que j'ai eu 46 points d'avance au Bac et que j'en suis satisfaite, surtout quand j'me rappelle que j'ai APPRIS 21 textes de français 3 jours avant et que j'ai réussi à me taper un 15 (points surtout grattés à l'entretien où l'examinatrice divine m'a parlée de mon poème préféré -Le chat, de Baudelaire- et où j'étais tellement contente que j'ai récité la première strophe héhé) Bref tout ça pour dire que j'ai plutôt réussi les épreuves anticipées et que je suis contente (13 en français, 14 en histoire et 19 en TPE) walaaa !

Pour répondre à ma question précédente, je serai plutôt Lily/James, mais exploiter du Lily/Rogue serait vraiment bien, en respectant le caractère platonique de la relation, wala

Maintenant place au chapitre... Bonne lecture ;)

Réponses à la review anonyme :

Amandine : Merci de ta review, tu verras ce qui arrive à Drago ici ;)

Disclaimer : Seule l'histoire m'appartient, le reste est entièrement à J.K. Rowling.


La Nacre Dorée.

Chapitre X.

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Un silence de plomb peuplait le lieu sacré qu'était la bibliothèque de Poudlard. Il oppressait les oreilles, étreignait sans remords le moindre recoin de la grande pièce striées de grandes étagères en bois vieilli. Il était vil, sans pitié, et n'avait aucun état d'âme. Il vous saisissait fortement et ne vous laissait aucune chance de le briser, ne serait-ce qu'une infime seconde, étouffant le moindre murmure, le moindre gémissement qui parviendrait à franchir la frontière de vos lèvres trop intimidées par l'aura de puissance dont il émanait. Quel maître faisait-il dans l'art de la domination.

Flaf, flaf, flaf.

Mais ce soir, une petite effrontée avait osé s'immiscer sur son terrain de jeu favori qu'était la bibliothèque. Elle feuilletait, lisait, empilait manuscrit sur manuscrit, soupirait, baillait, grimaçait de mécontentement, feuilletait à nouveau, relisait, continuait d'amonceler des livres, et soupirait, et baillait, et grimaçait…

Flaf, flaf, flaf.

Sans cesse.

Flaf, flaf, flaf.

Page quatre-vingt dix-neuf, cent, cent vingt-deux, trois-cent quarante-six, trois-cent quatre-vingt dix-neuf…

Flaf.

Flaf.

Flaf.

Mais rien n'aboutissait à ses recherches nocturnes.

Rien.

Une colère sourde envahit son esprit, tordit son cerveau en deux et lui arracha un gémissement de douleur. N'y avait-il donc rien d'intéressant sur cet Ecclosia ?

En effet, depuis les deux derniers jours qui avaient précédé sa rencontre avec le professeur McGonagall, qui ne l'avait pas ménagé de part ses paroles, Hermione avait eu le macabre loisir de se poser mille et une questions sur la forme de magie dont faisait preuve le livre qu'elle affectionnait tant désormais, mais surtout, sur la potion qu'elle avait pris l'habitude d'ingurgiter près d'une fois par jour ; c'en était presque devenu un rituel essentiel avant de commencer sa journée.

Quelle lugubre situation…

Plus elle lisait les mots qui figuraient sur les innombrables pages qu'elle feuilletait, plus sa tête lui faisait affreusement mal. Elle avait cet fâcheuse impression qu'un marteau cognait violemment contre la paroi de son crâne, beaucoup trop surchauffé et malmené depuis ces derniers temps. Peut être n'aurait-elle pas dû assouvir son besoin primitif engendré par la potion diabolique deux heures auparavant ?

Elle balaya cette pensée d'un balancement de tête las ; elle ne pouvait s'empêcher de croire que l'Ecclosia l'apaisait et la guérissait de ses maux.

Même si, quelques malheureuses fois, elle en souffrait atrocement ?

Il fallait croire que oui.

Elle ressentait le liquide chaud parcourir ses veines, se diffuser lentement et impétueusement par delà sa peau, brûler son cou, ses mains, ses jambes, sa poitrine, son crâne. Elle la ressentait violemment. Et elle aimait ce plaisir intense d'un bien-être éphémère s'aventurant dans son corps. Ses sens s'enchevêtraient dans la plus grande anarchie. Elle en frémissait de désir.

Malgré tout, elle ne voulait pas s'abandonner entièrement entre ses griffes aux apparences duveteuses ; sa raison lui criait de tout arrêter et de remonter la pente pendant qu'il en était encore temps, mais le désir et la cruelle envie de se sentir en sécurité grâce aux effets de l'Ecclosia la dominait la majeure partie du temps.

Alors, puisant à l'intérieur de soi une force et un courage qu'elle croyait avoir disparus depuis la fin de la guerre, elle interdit formellement aux moindres de ses sens de ressentir un quelconque besoin envers la potion, même si son crâne la faisait affreusement souffrir.

Sans l'ombre d'un doute et paraissant plus déterminée que jamais, elle s'empara du douzième et dernier livre, particulièrement volumineux, qu'elle avait sélectionné au fond de la réserve, puisque son statut de préfète-en-chef lui autorisait son accès. Peut être serait-ce celui-ci qui lui apporterait les réponses que même son mystérieux livre ne lui avait pas apportées ?

Sur la couverture figurait le titre, en lettres gothiques savamment dessinées : « Le savoir noir à travers le monde ».

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Pendant ce temps, à moitié avachi sur le large sofa de velours de la salle commune des préfets-en-chef, Drago Malefoy pensait. Il n'avait d'ailleurs jamais autant pensé jusqu'à s'en torturer le cerveau et s'isoler que lorsqu'il avait entamé sa sixième année à Poudlard, deux ans auparavant. Depuis que sa vie avait pris le tournant du chaos, en fait.

Alors il fallait que plus rien n'est de sens, que son père se soit retrouvé à Azkaban, qu'il fût dans l'obligation de tuer le vieux fou qui servait de directeur à l'école, que sa mère ait disparu depuis maintenant des mois et que toute sa famille fusse en disgrâce, pour que, enfin, il se mette à penser ?

Pitoyable.

Je ne suis pas pitoyable, hurla-t-il à lui-même entre les parois meurtris de son propre cerveau. Juste un peu perdu.

Oui, juste un peu perdu. Et incompris. Il y a-t-il vraiment une différence ?

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Les doigts tremblants, Hermione entreprit d'ouvrir l'ouvrage de magie noire avec précaution. Elle n'avait jamais jusqu'à présent, touché à ce genre de livres. Les pages étaient jaunies par le temps et de petites stries brunâtres venaient se répandre sur la surface frêle des feuilles, noircies par des milliers de mots. Malgré le fait qu'il regroupait toutes les informations sur chaque élément magique exerçant de la magie noire, la jeune fille ne pouvait s'empêcher d'éprouver une fascination face à l'ancien manuscrit reposant sur la table en chêne.

Les minutes s'écoulaient et elle cherchait toujours aussi ardemment le moindre paragraphe parlant de la potion, lisant en diagonale chaque chapitre, traitant chacun d'une contrée magique qui regroupait son histoire et la magie des ténèbres qu'elle exerçait. Jusqu'à ce qu'elle trouvât, enfin, un chapitre particulièrement intéressant : « Chapitre cinquième : La Magie scandinave ».

« Horsens, ou aussi surnommée « La Perle du Nord », célèbre ville de Scandinavie, doit surtout sa notoriété à sa dévotion pour l'art de la magie noire complexe, dans laquelle elle excelle depuis le début du dix-neuvième siècle, de part l'arrivée du célèbre maître de potions Jorgen Rasmussen. Natif de la ville en 1881, Jorgen Rasmussen est notamment connu pour la publication de son livre « Etudes avancées des potions de Magie Noire » en 1901, qui a reçu un franc succès auprès des adeptes de cet art tant convoité mais malheureusement peu dignement exploité, de part la complexité et la perfection dont doit faire preuve cette pratique ancestrale.

« Jorgen Rasmussen, cependant, n'en est pas resté à un seul ouvrage de magie noire. Onze ans plus tard, alors que sa carrière atteint son apogée, il écrit un second livre sans nom, qui ne sera pas publié, et dans lequel aurait figuré les secrets les plus sombres d'une magie qu'il a lui-même créée, et qu'il nommera « La magie de Horsens ». Peu de temps après son écriture, il disparaît mystérieusement avec ses arcanes, alors qu'une seule personne eut la chance d'examiner le tant convoité manuscrit, Hans Jensen, le seul ami proche qu'eût Rasmussen, et qu'il qualifia du « plus bel ouvrage de magie noire jamais écrit ».

« Cependant, cet étrange ouvrage demeurerait secret : en effet, il se présenterai vierge d'une quelconque inscription à quiconque le feuilletterait, protégé par un sort très puissant et inviolable, que Hans confie être de l'invention de Rasmussen. Sans en avoir trop dévoilé, sûrement par respect pour son ami, Hans Jensen conta que cet unique manuscrit était la porte vers la rupture cérébrale, l'obsession de la pureté de l'âme, la connexion de l'esprit avec le livre lui-même… « Quand on dit qu'il existe une réelle osmose entre un lecteur et un livre, on ne peut que confirmer cette théorie avec celui-ci. Jorgen y a livré tous ses secrets, toutes ses expériences, ses inventions les plus noires et les plus belles. Je n'ai malheureusement pas eu la possibilité d'exploiter entièrement ses capacités après la disparition de Jorgen, qui me tenait souvent à l'écart des pouvoirs de son œuvre… Pour m'empêcher de faire la pire ineptie de ma vie, peut être ? Car une chose est certaine : aussi fascinant que ce livre soit, il détient et renferme un pouvoir dangereux sur l'esprit de l'Homme qui en mènera plus d'un à leur perte, si quelqu'un parvient à s'en emparer. »

« Hans Jensen confie en dernier lieu que le manuscrit aurait été remis à l'école de Poudlard, comme « patrimoine magique », mais aussi pour empêcher les plus déterminés à obtenir le livre mystique... La liaison entre l'Homme et la magie ne semble n'avoir jamais été aussi palpitante et menaçante qu'avec cet ouvrage. Cet œuvre mystérieuse nous confirme bien le génie qu'était Jorgen Rasmussen. »

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Il en avait vraiment marre, cette année, de se faire lorgner d'un mauvais œil par la majeure partie de l'école. Certes, il avait l'habitude des regards que les Gryffondor pensaient supérieurs et méprisants qu'ils lui envoyaient, il les trouvait tellement ridicules, ceux-là. Non, maintenant, même la plupart des Serdaigle, et pire, des Pouffsouffle, se complaisaient à le regarder de haut ; quelle infamie ils lui faisaient !

Le regard des gens avaient toujours eu de l'importance pour Drago ; il aimait être admiré, réclamé, flatté à n'en plus finir. Ses parents avaient toujours été pliés aux moindres de ses petits caprices d'enfant et d'adolescent, ses amis n'avaient cessé de lui obéir, à lui, ce tyrannique héritier de la famille Malefoy, et il était hors de question de s'opposer à ses ordres, ou les représailles seraient de taille. Les premières années frémissaient sur son passage, quelques filles de Serpentard gloussaient de plaisir en apercevant sa silhouette élancé et sa démarche assurée. Il était craint et respecté.

Et maintenant…

Maintenant, même les professeurs ne l'estimaient plus autant qu'à l'époque, il l'avait remarqué dans leur regard… Et Rogue n'était même plus là pour rattraper, ne serait-ce qu'un peu, ses affirmations. Il se retrouvait alors toisé par la plupart des élèves, rabaissé au rang de Mangemort déchu, écrasé comme de la pauvre et misérable vermine.

A cette pensée, son esprit s'orienta automatiquement vers Hermione Granger ; cette horripilante saleté qui était arrivée comme une fleur dans sa vie, avec son livre maudit ! N'avait-il pas assez de problème pour qu'en plus, il se retrouve constamment à la merci de cette horripilante phrase qui surplombait son torse et le brûlait toujours plus fort ? Le sort allait-il s'acharner encore longtemps sur lui et sa famille ?

Ses poings se contractèrent alors violemment et ses ongles s'enfoncèrent dans les paumes de ses mains avec force. Il avait bien essayé de la faire disparaître cette marque ; il s'était mutilé, avait tenté deux petits sorts de guérison banals, mais rien de tout cela n'avait fonctionné. Il aurait put allé voir Madame Pomfresh, mais il n'avait pas envie qu'elle vît ces cicatrices rosées en forme de lettres. Elles étaient affreuses. Elles n'étaient pas parties et ne partiraient sûrement jamais, et en plus, elles se permettaient de le brûlaient avec une force sans pareil !

Mutilé, ignoré, méprisé, rejeté, détesté par toutes ces personnes qui considéraient le bon Saint Potter comme leur sauveur. Quelle honte, quelle colère il ressentait ! Il avait cette furieuse envie de leur faire payer, à tous, les malheurs qui s'abattaient sur lui comme une pluie battant à tout rompre.

Brutalement, il se leva du sofa et le contourna. Il tremblait d'une haine sans pareil, le désir de vengeance s'agitait furieusement dans sa poitrine, lové au creux de son organe vital, et, rapidement, il se rapprocha de la table de travail près de la petite bibliothèque, pour finir par la balancer lourdement contre l'étalage de livres rangés par ordre alphabétique, par les soins d'Hermione.

Oui, il leur ferait payé à tous ces imbéciles, d'avoir rabaissé Drago Malefoy. Et toute sa colère, toute sa détresse, passeraient sur cette prétentieuse et misérable Sang-de-Bourbe ! Ils n'avaient fait que donner le coup de grâce, elle et son satané bouquin, l'acte suprême qui avait fait valser toute sa patience et libérer ses nerfs beaucoup trop en fusion. Et elle allait payer le prix fort, oui…

Son regard s'arrêta sur le vase de cristal travaillé, qui trônait présomptueusement sur un socle de marbre orné d'arabesques délicates, duquel les fleurs avaient été volontairement retirées par Drago, et qu'Hermione n'avait même pas remarqué. Quelle abjection, les fleurs…

D'un geste sec et vif, il sortit sa baguette de l'intérieur de sa veste noire, et fit exploser le vase rempli d'eau, avant de placer son bras à hauteur de son visage dans le but de se protéger. Rabaissant prudemment sa garde, le jeune Serpentard s'empressa de constater les dégâts qu'il avait causés ; des morceaux de verres avaient été propagés sur une assez large partie du sol de la salle commune, et se noyaient piteusement dans l'eau qui s'était répandue sur le parquet, alors que quelques furtives gouttes s'étaient faufilées entre les mèches de cheveux blondes de Drago.

Sa colère l'avait menée trop loin.

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Encore déboussolée par ce qu'elle venait de lire, Hermione se mit soudainement à trembler comme une feuille, tandis que les jointures de ses doigts agrippaient furieusement les bords de la table en bois. Ses songes filaient à vive allure et se heurtaient méchamment contre les parois de son crâne malmenés. Elle était convaincue que ce qu'elle venait de lire concernait le livre qu'elle avait trouvé dans la bibliothèque un mois plus tôt. Tout correspondait : l'absence d'écriture, les écrits de magie noire, cet attachement ingérable… Pourtant, elle avait réussi à rompre la protection par le moyen d'un sort beaucoup trop simple alors qu'il était sensé être scellé par un sortilège complexe. Pourquoi ? Et pourquoi Drago s'était retrouvé blessé, lui, quand il avait voulu l'ouvrir ? Pourquoi s'était-il retrouvé si étrangement lié au livre et à elle-même ? Et cet Ecclosia ? Était-il un facteur important dans toute cet histoire ? La liaison entre le monde réel et la puissance du manuscrit qui s'abattait sur eux ?

Tout cela ne présageait rien de bon…

La migraine qui avait envahi son crâne ne cessait de croître. De petites perles de sueur apparaissaient sur son front et dégoulinaient lentement sur ses joues rouges de chaleur. C'était comme si un étau fiévreux la compressait de toute part et ne lui laissait aucune chance de respirer aisément, alors que la moiteur de son corps poursuivait son ascension cruelle. Un bourdonnement assourdissant vint alors lui strier les oreilles, s'insinuant dans ses tympans, et se joignant à la danse féroce que menait ce foutu mal de tête. Tout à coup, sa gorge se compressa violemment ; l'air lui manquait affreusement, sa respiration se faisait de plus en plus irrégulière et elle peinait à retrouver un rythme cardiaque régulier. Un gémissement de douleur traversa sa gorge et se perdit entre ses lèvres, tandis qu'elle agrippait ses tempes à l'aide de ses doigts pâles, ses paumes de mains écrasant ses joues rougeâtres.

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Drago haletait de colère, son regard n'avait jamais été aussi expressif qu'il ne l'était désormais : rageur à souhait, une teinte de folie brillant perversement au fond de ses iris d'acier. Les traits déformés par la fureur, il dégageait néanmoins un aura effrayant certes, mais extrêmement aguicheur : qu'il était beau dans toute sa hargne, comme il brillait dans la noirceur de ses songes.

Quelle belle épave il faisait.

Le regard toujours alerte, il s'arrêta précipitamment sur une petite étincelle verte qui brillait au sol. Indécis, il laissa son courroux s'évacuer peu à peu, alors qu'il s'approchait davantage des méandres de verre, tout en écrasant quelques uns sous les semelles de ses chaussures.

L'étincelle verte s'allongea peu à peu et forma une longue tige émeraude.

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La jeune Gryffondor suffoquait et transpirait. Elle aurait voulu hurler sa douleur, crier à qui veut l'entendre la souffrance intérieur qui l'habitait et la martyrisait sans cesse. Elle laissa aller sa tête en arrière, les yeux à moitié révulsés, le visage plus tendu que jamais. Ses mains étaient toujours collées contre ses tempes et ses joues, alors que des mèches de cheveux bruns venaient se plaquer contre sa peau dégoulinante de sueur.

En cet instant, la seule chose qu'elle désirait plus que tout était de mourir.

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Drago se trouvait désormais obnubilé par l'apparition qui se faisait devant ses yeux. De petites épines avaient poussé tout autour de la mystérieuse tige, alors que désormais, un bourgeon se formait lentement, grossissant toujours plus sous le regard médusé du préfet-en-chef.

« Par Salazar, que se passe-t-il ici ? »

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Violemment, Hermione se laissa tomber au sol. Son corps tout entier était pris de convulsion qu'elle ne parvenait pas le moins du monde à faire cesser. Son crâne criait à l'agonie, sa gorge était plus serrée que jamais, sa peau semblait être aussi brûlante que du métal en fusion.

Son corps tout entier suintait le mal.

Elle se sentait partir.

Elle se laissait partir.

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Avec la plus grande délicatesse qu'il lui fût donner de voir, une somptueuse rose vint éclore et dévoila gracieusement ses pétales à la robe d'un pourpre délicieusement irisée, sur laquelle perlaient quelques petites perles d'eau égarées. Pris par un surplus d'émotion, Drago se laissa tomber mollement au sol, ignorant royalement les bouts de verres qui craquèrent sous ses genoux. Sa colère s'était évaporée et sur son visage, se peignait désormais une mélancolie des plus attendrissante.

Il n'avait jamais vu une aussi pure magie.

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Hermione sentait son esprit divaguer effrontément sans qu'elle ne puisse le rappeler à la raison. Mais elle était si paniquée à l'idée de mourir dans les prochaines minutes… Ses mains convulsaient frénétiquement, elle n'arrivait absolument pas à calmer ses tremblements insensés et incessants. Des larmes de douleurs et de colères coulaient à flot et se perdaient entre les gouttes de sueur qui émergeaient des pores de sa peau sanguinolente. Personne ne viendrait la trouver avant le lendemain matin, mais c'était évident qu'elle serait déjà morte d'ici quelques minutes. Alors on retrouverait vraiment le cadavre d'Hermione Granger dans la bibliothèque de Poudlard ? Ses amis seraient sûrement abattus par la macabre nouvelle.

Prise de panique, elle se mit à sangloter, émettre un son qui pourrait parvenir aux oreilles d'une quelconque personne qui passerait miraculeusement près de la bibliothèque. Mais elle était trop faible pour se faire entendre. Rien n'y ferait. Elle allait mourir et c'était inévitable.

Alors, sûrement par pure folie que par instinct de survie, elle parvint à émettre un chuchotis. Un minuscule et un imperceptible chuchotis.

« - Drago… »

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Un violent sursaut secoua le Serpentard ; il aurait juré avoir entendu un murmure féminin qui avait clairement résonné dans sa tête. Regardant furtivement tout autour de lui, il cru un instant qu'il était devenu fou. Les récents évènements dans sa vie l'avaient trop fatigué et lui faisaient sûrement entendre des voix ?

Ses réflexions précipitées n'eurent pas plus de temps de s'écouler ; la rose, demeurant toujours au milieu du verre et de l'eau, se mit instantanément à faner devant son air ahuri.

Est-ce qu'il était en train de faire un cauchemar ?

Empreint d'une délicatesse sans pareil, Drago saisit la fleur flétrie entre ses doigts minces. Le dernier pétale vint mourir au creux de sa main.

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Respirant à peine, la jeune fille tenta désespéramment, dans une dernière complainte pleine d'espoir et de tristesse :

« - Drago… »

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Cette fois-ci, il était sûr de ne pas l'avoir rêvée : il avait bien entendu la voix étouffée d'une femme murmurer son prénom. Il avait senti toute sa détresse, tout le mal être dont elle était empreinte. Il l'avait senti s'insinuer dans son corps, glisser subtilement dans son sang et dans sa poitrine. C'était un poison doucereux qu'il ne pouvait pas ignorer plus longtemps.

Il su instantanément que c'était Hermione Granger.

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Éreintée, elle sombra dans l'inconscient.

Sa dernière pensée rationnelle fut pour Drago Malefoy.

A moins que ce ne soit la folie de sa déchéance ?

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Le morne cadavre de la rose s'était curieusement remit à scintiller, tandis que, toujours aussi soucieux et intrigué, le jeune homme reportait son attention sur la fleur flétrie. Toujours plus fort, les pétales abîmés brillèrent de mille feux, obligeant Drago à plisser les yeux devant ce spectacle des plus étrange, jusqu'à ce que, en l'espace d'une demie seconde, la rose se mette à s'enflammer entièrement, brûlant par la même occasion les paumes des mains du Serpentard.

Effrayé et meurtri par les flammes, il s'empressa de jeter la fleur dans les décombres du vase, avant de porter ses mains tremblantes à ses lèvres et de souffler frénétiquement sur ses brûlures, aussi infimes fussent-elles. Il se releva rapidement, perplexe et apeuré face à cet étrange phénomène, et observa le feu s'éteindre progressivement jusqu'à ce qu'il ne reste que des cendres.

Qu'est-ce que cela voulait-il dire ?

Puis, revenant soudainement à la réalité, il se souvint qu'il avait sa ronde impérative à effectuer. Tant pis si Granger ne venait pas, ça lui ferait un problème en moins… non ?

Il s'empressa alors de quitter la salle commune sens dessus dessous.

Cependant, il ne sut jamais que, sur le livre qu'avait pris en affection Hermione et qui demeurait dans sa chambre, était apparue cette même mystérieuse phrase :

« À l'aube de la fin,

la rose s'éparpille. »

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Les talons de Madame Pince, la bibliothécaire de Poudlard, résonnait fortement entre les murs épais des couloirs du château endormi, alors qu'elle se dirigeait d'un pas rapide vers son havre de paix. Elle savait que Hermione Granger, la plus intelligente élève de sa promotion et de surcroit l'une des deux préfets-en-chef de l'école, avait profité des deux heures supplémentaires réservées aux deux homologues, pour avoir accès à la bibliothèque et se documenter et travailler en toute insouciance. Madame Pince aimait ce genre d'élève : calme, agréable, autoritaire, cultivée, curieuse et vive d'esprit. Hermione avait toute les qualités requises pour réussir. Elle adorait cette jeune fille.

D'un coup de baguette magique, la bibliothécaire pénétra dans l'immense pièce regorgeant de livres divers. Un silence de plomb régnait entre les murs tapissés. Un silence peu amène. Madame Pince fronça les sourcils ; elle n'avait pas l'habitude de ce genre de silence, dans sa bibliothèque. Il n'y avait ni le frottement d'une plume contre du parchemin, ni le bruissement des pages que l'on tourne.

D'un pas méfiant, la vieille femme s'aventura entre les allées désertes. Ses talons claquaient toujours autant, mais d'une cadence beaucoup moins rapide.

Clac. Clac. Clac.

Un cri étouffé.

« - Miss Granger ! »

D'un coup de baguette, elle fit parvenir un bout de parchemin sur lequel elle griffonna quelques mots à l'attention de Minerva McGonagall, puis elle l'ensorcela et la note magique s'envola rapidement et quitta la bibliothèque.

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Le regard vide, sa baguette pour seule éclairage, Drago arpentait les couloirs de l'école avec pas plus de présence et de mélancolie que le fantôme de la Dame Grise. Il n'avait de cesse de repenser à ce qu'il venait de se passer quelques minutes plus tôt, dans sa salle commune ; cette colère, cette rose, ces murmures…

Ses murmures…

Il ne comprenait pas pourquoi il l'avait entendu. À vrai dire, il ne savait même pas si ce qu'il avait perçu était réel. Après tout, il avait tous les antécédents pour se persuader lui-même qu'il commencer à perdre la tête. Mais non. Il y avait eu quelque chose, dans ces murmures. Il y avait eu cette détresse, cet appel à l'aide. Cette complainte larmoyante qui l'avait atteint de plein fouet. Il avait ressenti toute l'émotion dont sa voix était empreinte.

Comme si, l'espace d'un instant, il avait été à sa place.

Secouant vivement la tête, Drago s'efforça de penser à autre chose et de traquer le moindre son qui trahirait la présence d'un élève en dehors de son dortoir. Il fallait qu'il se change les idées. Oui, c'était ça. Il allait trouver un miséreux Gryffondor et il déverserait toute sa colère sur lui.

Inconsciemment, il bomba son torse et avança avec un peu plus d'assurance.

Cependant, sa détermination s'évapora presque sur le champ, lorsqu'il perçut, non loin de lui, la lumière d'un baguette autour de laquelle voletait une note magique.

« - Monsieur Malefoy ? »

Le professeur McGonagall le dévisagea un moment, son visage plus soucieux que jamais.

« - Que faites-vous en dehors de votre dortoir en pleine nuit ? réprimanda-t-elle.

- Et bien, j'effectue ma ronde, comme tout préfet-en-chef de ce nom, dit-t-il fièrement.

- Oh oui… l'espace d'un instant j'avais oublié, marmonna-t-elle.

- D'ailleurs, s'empressa-t-il de rajouter, je tiens à vous dire que Hermione Granger a délibérément pensé qu'elle ne devait pas faire sa ronde et me laisser donc tout le travail, de plus, elle ne se trouvait pas dans la salle commune quand je suis parti, rapporta-t-il en bon Serpentard qu'il avait toujours été. »

Le visage de Minerva McGonagall exprimait une réelle anxiété.

« - Monsieur Malefoy… Il se trouve que Madame Pince vient de retrouver Miss Granger inconsciente et brûlante de fièvre dans la bibliothèque, trancha la directrice de Poudlard. »

Sa petite mine fière s'estompa aussitôt qu'il eut saisi les mots qu'avaient prononcé son professeur. Hermione Granger avait été retrouvée dans la bibliothécaire en train d'agoniser ? Est-ce que

Est-ce que cela expliquerait ces étranges murmures ?

« - Je sais que vous ne vous portez pas vraiment dans votre cœur, Miss Granger et vous-même, mais j'aimerai savoir, si vous aviez remarqué quelque chose d'anormal, ces temps-ci, chez elle ? Y avait-il quelque chose d'étrange dans son comportement ? »

Sa voix était pleine d'espoir.

Il ne savait que répondre à cette demande presque suppliante. Devait-il tout raconter et peut-être sauver la jeune fille des griffes de ce livre ou de cette potion qu'il avait aperçu un jour ─car il était presque certain que c'était à cause de ça qu'elle avait défailli─ ? Devait-il raconté tout ce qu'il avait vu ? Ses yeux d'or, sa folie incongrue ? Devait-il expliquer comment il l'avait sauvé à plusieurs reprises ? Devait-il qu'il avait perçu des murmures ?

Devait-il même lui tendre la main ?

Un être sensé et non mal intentionné l'aurait sans doute fait. Harry et Ron l'aurait sans doute fait. Ginny aussi, sûrement. N'importe quel élève, en fait.

Mais Drago Malefoy…?

Il sentait qu'il devait tout raconter, même pour son propre intérêt : on trouverait ainsi une solution quant à la cicatrice sur son torse et cette foutue Gryffondor sortirai définitivement de sa vie. Tout rentrerai dans l'ordre.

Cependant, le désir de vengeance résonnait dans sa poitrine ; après tout ce qu'elle lui avait fait subir, s'il ne disait rien, on ne pourrait peut être pas l'aider ? Ainsi, elle mourrait et il aurait la paix, même si cette plaie demeurerait sur sa poitrine.

Oui, cela semblait être une bien meilleure idée.

Alors, dans une moue qu'il voulut désolée, il répondit :

« - Je suis désolé professeur, il ne s'est rien passé qui aurait pu m'interpeler.

- Bon, fit-elle, la déception se lisant clairement sur son visage fatigué. Merci tout de même de votre aide Monsieur Malefoy. Continuez votre ronde, maintenant. »

Sans plus tarder, elle poursuivit sa route, la petite note tournoyant toujours autour de sa baguette. Drago ne bougea pas pendant quelques petites secondes, regardant la silhouette s'éloigner rapidement, puis, reprenant ses esprits, il entreprit de poursuivre son chemin, tandis qu'un petit sourire narquois naissait sur son visage divinement diabolique.

Il ne put pas faire plus de dix pas qu'une douleur lancinante lui broya la poitrine, enflammant la plus petite parcelle de son corps.

Un cri inhumain s'échappa de sa gorge et se propagea violemment contre les murs peuplés de tableaux, atteignant par la même occasion les oreilles du professeur McGonagall qui s'empressa de rebrousser chemin, alors que le jeune homme tombait à genoux.

« - Monsieur Malefoy ! cria-t-elle lorsqu'elle le perçut à terre. »

Suffocant, la respiration coupée par la douleur, Drago entreprit de se relever en s'appuyant contre le mur le plus proche, alors que Minerva arriva à sa hauteur et lui saisit le second bras.

« - Monsieur Malefoy, est-ce que tout va bien ? Que vous est-il arrivé ? s'empressa-t-elle de lui demander, plus angoissée que jamais.

- Ca va, ça va, haleta-t-il bruyamment, je vais… »

Il ne put malheureusement pas poursuivre sa tirade rassurante, qu'une nouvelle vague de poignards l'agressèrent en pleine poitrine, pour la deuxième fois en quelques secondes.

Un énième cri, beaucoup plus puissant et douloureux accompagné de sanglots, déchira la plénitude de la nuit et fendit violemment le cœur de la Directrice. Elle essaya de le maintenir debout, mais étant trop lourd pour sa frêle stature, elle ne put que le laisser tomber grossièrement contre les pierres froides du château.

Les appels incessants de McGonagall lui parvenait de loin, comme le bruissement d'un battement de cils.

« - Monsieur Malefoy ! Est-ce que vous m'entendez ? Monsieur Malefoy… Monsieur Malefoy… »

Puis plus rien.


...Alors, ça vous a plu ? Ca vous surprend ? Ca vous déçoit ? Tell me !

L'intrigue progresse comme vous l'avez lu, on en apprend davantage sur le livre et son origine, ça rend dingue Hermione et Drago devient légèrement fou à se faire atteindre par les évènements comme ça, hihi

Mais que veut dire cette rose, que représente-t-elle? Pourquoi est-elle là? Tant de questions sans réponse pour l'instant...

Je vous invite à me laisser votre impression sur ce très long chapitre dans le cadre prévu juste en dessous, et peut être que Drago se matérialisera chez vous et vous donnera plein de surprises... Alors, review ? :B

Pour les anonymes, n'oubliez pas de signer à la fin de la review, of course ;)

A part Drago/Hermione, quelle est votre pairing favoris ? :)

Des bisous magiques, Lenny.