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CHAPITRE 10

Flash back : hôpital John Hopkins août 86 :

(note: ce passage se passe juste après la ponction lombaire où Gibbs est présent. )

Après avoir quitté la chambre de son fils avec la gorge nouée, Gibbs repartit rapidement à l'hôtel. Il devait le faire maintenant sinon, il savait parfaitement qu'il n'aurait plus l'occasion de le faire lui-même. Moins d'une heure plus tard, il était de retour à l'hôpital. Arrivé à la chambre de son fils, il enfila de nouveau la tenue réglementaire, charlotte, gants, blouse et masque avant de pénétrer dans la pièce. Mme DiNozzo était auprès de son petit-fils, endormi sur le dos, le lit légèrement relevé. Tony était torse nu dans son lit, le drap recouvrant seulement ses jambe frêles. C'est là qu'il vit la cicatrice qui zébrait le ventre de son enfant. Dire que lui aussi aurait pu mourir dans cet accident de voiture et que dans ce cas, il n'aurait sans doute jamais appris l'existence de son fils. Quand elle le vit apparaître sur le pas de la porte, Mme DiNozzo lui fit signe de s'avancer.

-Anthony, tu as de la visite chuchota-t-elle à l'oreille de l'enfant.

Celui-ci ouvrit péniblement les yeux.

-Tu te souviens de moi ? C'est moi qui t'aies donné la main tout à l'heure.

L'enfant l'observa un instant avant d'acquiescer pour lui signifier qu'il l'avait reconnu.

-Et comme tu as été très courageux, j'ai un petit cadeau pour toi.

Gibbs lui posa alors le paquet dans les mains.

-Merci, monsieur dit doucement l'enfant.

Il tenta d'ouvrir le paquet mais ses gestes étaient incertains.

-Attends, je vais le faire pour toi lui dit sa grand-mère.

-Non, je veux le faire moi.

La voix était faible, mais néanmoins déterminée. Il finit par réussir à ouvrir son paquet et découvrit le Mig-28. Son visage s'illumina.

-Merci, Monsieur.

-De rien, mon bonhomme, ça me fait plaisir.

L'enfant, fatigué, cligna des yeux luttant contre le sommeil.

-Je vais te laisser avec ta grand-mère, tu devrais dormir un peu.

L'enfant se mit sur le côté, serra contre lui son doudou et son nouveau cadeau avant de s'endormir rapidement.

-Merci d'avoir été là tout à l'heure pour lui donner la main. C'est toujours une épreuve difficile pour lui.

-J'imagine. On m'a dit que les ponctions étaient très douloureuses, même pour un adulte.

-Fabrizio ne va pas tarder.

-Alors, il vaut mieux que je sois parti avant, c'est ça ?

-Je suis sincèrement désolée.

-Oui, moi aussi.

Fin flash back

La porte qui s'ouvrit derrière lui le ramena au temps présent. Tony venait de pénétrer dans la pièce et fusilla Gibbs du regard quand il vit que celui-ci se trouvait dans sa chambre.

Un plâtre recouvrait sa main et remontait jusqu'à la moitié de son avant-bras.

-Alors ? demanda Gibbs en désignant le membre blessé du menton.

-Double fracture du poignet et j'ai aussi quelques phalanges et quelques métacarpes cassés répondit Tony du bout des lèvres en allant s'installer sur sa couchette. Je vais devoir rester plâtré pendant au minimum huit semaines.

Après ces quelques paroles, il se replongea dans un silence boudeur.

Gibbs arpenta la chambre et s'arrêta de nouveau devant la maquette du Mig28.

-Elle est toujours en aussi bon état que lorsque je te l'ai offerte fit-il remarquer doucement se disant que c'était un bon sujet pour entamer la conversation et pouvoir enfin raconter à Tony toute son histoire, toute leur histoire.

-Non ! C'est un infirmier qui me l'avait offerte parce que j'avais…

-Été très courageux au cours d'une ponction lombaire acheva Gibbs avec un sourire attendri. Ton père n'était pas là et…

-Ma grand-mère ne supportait pas la vue d'une aiguille, elle s'évanouissait à chaque fois. continua Tony sans pouvoir s'empêcher de sourire à son tour.

-Alors, c'était toi ? ajouta-t-il après quelques minutes de silence.

-Oui.

Tony lui sembla un peu moins furieux contre lui et plus enclin à le laisser parler et surtout, à l'écouter. Alors, il saisit sa chance et entreprit de lui raconter comment il avait été conçu et les évènements qui s'en étaient suivis.

-J'ai rencontré Lucia alors que j'avais tout juste 14 ans, on était dans la même classe au collège. Entre nous deux, ça a été le coup de foudre immédiat. Elle était la cheerleader des pompom girls de l'équipe de foot de l'école dont j'étais moi-même le capitaine.

Tony écarquilla les yeux. Il avait du mal à imaginer Gibbs dans le rôle de capitaine d'une équipe de foot de collège.

-On est sorti ensemble pendant quelques temps. Le soir où on fêtait nos un an, on a décidé d'aller plus loin que les simples baisers ou caresses dont on s'était contenté jusque là. On voulait franchir une nouvelle étape dans notre relation et on a fait l'amour. Nous n'étions que deux gamins inexpérimentés et maladroits et ça n'a pas été un grand moment remarqua Gibbs avec un petit sourire. Ça ne nous a franchement pas donné l'envie de recommencer dans l'immédiat. Donc on a essayé une seule fois. Juste une fois…et un mois plus tard, elle m'a annoncé qu'elle était enceinte de toi.

-Alors, tu l'as plaquée lança Tony sur un ton accusateur.

-Non ! C'est faux ! Ça n'est pas comme ça que ça c'est passé. Je l'aimais et même si je n'étais qu'un gosse, je n'aurais jamais fui mes responsabilités. Et pour rien au monde je ne l'aurais laissée tomber et affronter ça toute seule ! assura Gibbs avec force, en fixant Tony droit dans les yeux pour qu'il comprenne qu'il était sincère et lui disait la stricte vérité.

- Au début elle a caché sa grossesse à ses parents, puis il est arrivé un moment où elle n'a plus eu le choix et a dû leur annoncer son état. Elle était trop malade et ils commençaient à se poser des questions continua-t-il sur le même ton. A partir de ce moment-là, ils m'ont interdit de l'approcher. Ils ont voulu la faire avorter, mais cela n'était plus possible, elle avait attendu trop longtemps pour leur annoncer la vérité et le délai maximum pour effectuer un avortement était dépassé. Alors, ils sont venus voir mon père – qui ne voulait pas que je 'gâche' mon avenir en m'encombrant d'un moutard - et ils ont monté un complot tous ensemble : ils ont envoyé Lucia en Italie pour qu'elle achève sa grossesse et ils m'ont fait croire qu'elle avait avorté. Quant à Lucia, ils lui ont dit que je ne voulais plus la voir, ni jamais plus entendre parler d'elle ou du bébé. Bref, ils ont tout fait pour nous monter l'un contre l'autre et ne nous ont pas laissé l'occasion de nous revoir pour pouvoir nous expliquer. Après ça, mon père m'a envoyé à l'école militaire pour me donner une leçon, et me passer l'envie de mettre une autre fille enceinte. Dès que j'ai été majeur, je me suis engagé chez les marines et j'ai quitté la maison. Je n'y suis quasiment plus retourné jusqu'à la mort de ma mère, mon père, ton grand père y vit encore, mais lui et moi on ne s'adresse plus la parole depuis des années. L'ambiance était devenue très tendue entre nous deux…il ne m'a jamais vraiment pardonné ce qu'il appelait « ma pire erreur de jeunesse acheva Gibbs avant de rester silencieux un petit moment.

- Je ne prétends pas que ta mère et moi, on serait toujours resté ensemble. On était tous les deux trop jeunes et on ne connaissait rien de la vie… ni de l'amour. Mais, il y a une chose dont je suis sûr : je ne t'aurais jamais laissé tomber... jamais répéta-t-il pour tenter d'en convaincre Tony.

-Et pourtant, c'est ce que tu as fait… lui fit remarquer Tony sur un ton de simple constat avant de reprendre. Ducky m'a dit que c'était toi le donneur qui m'a sauvé la vie lorsque j'ai eu besoin d'une greffe.

-Il ne t'a pas tout dit, tu ne lui en as pas laissé le temps. Après la greffe, j'ai voulu que tu connaisses toute la vérité mais ton ... père- ce mot lui écorcha la bouche - n'a rien voulu savoir et a refusé catégoriquement. Alors, j'ai pris les services d'un avocat et je lui ai fait un procès pour essayer d'obtenir ta garde. Mais j'ai eu du mal à faire le poids contre le riche et puissant M. Doërti fit-il sur un ton désabusé.

J'ai perdu le premier jugement, alors j'ai fait appel. Mais j'ai perdu encore une fois. Et cette fois-ci, ton père s'est assuré que je ne viendrais plus lui mettre des bâtons dans les roues. Il a réussi à obtenir une injonction du tribunal m'interdisant de m'approcher ou d'entrer en contact avec toi sous peine de poursuites judiciaires. Ta grand-mère a eu pitié de moi et a continué à me faire parvenir de tes nouvelles en secret, jusqu'à sa mort, en décembre 86. Après ça, je ne plus jamais su ce que tu devenais… jusqu'à ce que, par hasard, on se rencontre à Baltimore au cours de cette enquête sur 'le tueur au lys'.

-Alors, c'est pour ça que tu m'as offert un job dans ton équipe, c'est parce que j'étais ton fils ?

-Oui et non. Je me suis vite rendu compte que tu étais un très bon flic, excellent même. C'est la raison principale pour laquelle je t'ai offert cette place.

-Donc, si j'avais été un flic minable, tu te serais cassé vite fait dès la fin de notre enquête. T'aurais eu trop honte d'avoir un fils comme moi.

-Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit et surtout ce que je ne pense pas ! dit Gibbs en élevant la voix. Je ne suis pas fier de toi à cause de ta carrière, mais à cause de l'homme que tu es devenu !

-Comment pourrais-tu être fier de moi ? Tu ne connais pratiquement rien de moi, en dehors de la facette de ma personnalité que je te présentais au boulot !

-C'est vrai, je ne connais pas grand chose de toi reconnut Gibbs. Mais je ne demande qu'à mieux te connaître, à apprendre tout ce que tu voudras bien me dire de toi, et de ton enfance.

-Y a rien à dire lui jeta Tony, avant de s'emmurer de nouveau dans son silence boudeur.

Gibbs réprima un soupir exaspéré. Mais ce n'était pas possible qu'il ait engendré une tête de cochon pareille ! À chaque fois qu'il pensait avoir enfin franchi les murailles que son fils avait construites autour de lui, ce dernier en construisait de nouvelles.

Bon, il y avait quand même un net progrès dans leurs relations : ils avaient réussi à discuter à peu près calmement et Tony l'avait laissé lui raconter toute son histoire. Il avait même fait preuve de curiosité et avait entretenu la conversation… Tout n'était pas perdu, il était sur la bonne voie pour atteindre le cœur de son fils.

Un long et lourd silence s'installa.

- Quand repars-tu ? demanda finalement Tony en sortant de son mutisme.

-Avec le prochain hélico, après demain.

Tony se leva en soupirant et ouvrit la porte menant à son bureau.

-Tu n'as qu'à prendre la couchette du haut alors.

Tony laissa Gibbs seul dans la pièce et s'installa à son bureau pour se remettre au travail, laissant la porte entre ouverte entre les deux pièces. Ne voulant pas en rester là, Gibbs le rejoignit et s'assit en face de lui.

-Alors, tu d'adaptes bien à la vie sur un porte-avion ?

-Je m'adapte répondit-il laconiquement, sans lever les yeux de son ordinateur.

Le téléphone de Tony sonna mettant fin au silence.

-DiNozzo.

-...

-Bien, je prends l'appel.

L'écran du visiophone s'alluma, laissant apparaître une Abby toute excitée.

-Hé, Tony ! Comme je suis heureuse d'enfin entendre ta voix et de te voir ! Tu as l'air en pleine forme. Tu vas bien ?

-Ça va, je survis. Mais ça manque cruellement de jolies filles ici ! Non pas que le peu de filles qui sont ici ne soient pas mignonnes. Disons juste qu'elles sont un peu trop masculines à mon goût… et mariées pour quatre d'entre elles.

-Tu ne changeras jamais ! Quand reviens-tu un peu à terre ?

-Environ dans quatre à cinq mois. Je peux dire que, sur ce coup-là, je suis gâté. Si Vance cherchait à me punir, il a bien réussi son coup ! Mon père n'a jamais fait mieux.

Il se mordit la langue, la phrase était sortie toute seule. Il jeta un coup d'œil discret à Gibbs et vit celui-ci faire une grimace. Mais après tout, comme pouvait-il appeler l'homme qu'il l'avait élevé et qu'il avait appelé papa durant toute sa vie ? Les habitudes avaient la vie dure.

-Pourquoi voudrais-tu que Vance te punisse ?

-S'il a renvoyé Ziva chez elle, en Israël et moi ici, sur ce porte-avion, c'est pour une bonne raison. Bon, parlons d'autre chose. Pourquoi as-tu appelé ?

-Pour avoir de tes nouvelles ! Je sais aussi que le boss devait venir te parler.

-Il est là, à côté de moi. Tu as besoin de lui parler ?

Tony tourna l'écran du visiophone vers Gibbs afin qu'il puisse voir Abby.

-Hé, Boss man ! Comment vas-tu ?

-Bien.

-Tony, tu aurais dû me dire tout de suite qu'il était à côté de toi !

-Tu ne me l'as pas demandé tout de suite.

Abby salua quelqu'un qui venait d'entrer dans son bureau.

-Salut, patron, vous allez bien ?

-Salut, Corinne. Oui ça va.

Tony observa le changement d'attitude radical de Gibbs. Celui-ci offrit un sourire radieux à la jeune femme qui se trouvait de l'autre côté de l'écran. Ses yeux parlaient pour lui : il était amoureux. Pourtant, elle ne ressemblait pas aux belles rousses avec lesquelles il avait l'habitude de sortir… ou de se marier.

Tony estima que la jeune femme avait la trentaine bien entamée, mais pas encore quarante ans. Elle avait des yeux noisettes, des cheveux bruns légèrement ondulés lui tombant dans le dos. Elle mesurait dans les 1 m 65 ou à peine plus et était de corpulence moyenne.

Gibbs et la jeune femme échangèrent quelques mots avant qu'Abby ne reprenne la parole pour discuter encore un peu avec Tony. Finalement, elle mit fin à l'appel et l'écran du visiophone redevint noir.

Sans un mot, Tony se leva, classa un dossier et éteignit son ordinateur.

-Ça va être l'heure du repas.

Il sortit du bureau, suivi de Gibbs. Après avoir fermé la porte à clé, il entraîna Gibbs dans les coursives jusqu'au mess. Tony présentant Gibbs comme son ancien patron.