Coucou tout le monde! Revoilà un nouveau chapitre! Je sais pas quand est-ce que je publierais la suite parce que j'ai pas commencé la suite. D'ailleurs il n'y aura plus qu'n chapitre ou deux. Les longues fics et moi ça fait deux, même si j'ai déjà d'autres idées pour remplacer celle là.

Vous allez enfin savoir pourquoi Harry a le sida.

Bonne lecture à vous.

Chapitre X

La porte se ferme devant mes yeux et je reste planté là. Je… Je lui avoué que je l'aimais et il m'a envoyé balader. Je sursaute quand j'entends le rire de Severus derrière la porte. Le rire de quelqu'un qui a perdu pied. Et je me sens moi-même au bord du gouffre. Gouffre qu'il a ouvert en moi… il m'a rejeté alors qu'il m'avait dit qu'il serait toujours là pour moi… Il a dit… à Remus… il a dit qu'il m'aimait… Il l'a dit mais il me déteste… Il me déteste !

Je porte mes mains à ma gorge quand l'air me manque. J'ai l'impression de me noyer, je suffoque et je n'arrive pas remonter à la surface. Je tombe à genoux quand mes jambes me lâchent. Il ne me vient même pas à l'idée que c'est peut-être moi qui ai mal entendu. Non… Parce que je ne pourrais jamais m'empêcher de croire qu'il m'aime. L'amour rend aveugle… Et je le deviens… Je ne vois plus rien… Juste le noir, le vide… Tout disparaît et je sombre dans l'inconscience…

Lorsque je me réveille, je suis allongé au milieu du lit de Severus, seul et habillé, ce qui me prouve que ce n'est pas Severus qui m'y a mis. Il a l'habitude de me mettre en pyjama avant de me coucher. Enfin… Jusqu'à ce qu'on se dispute. Aurais-je de nouveau la chance de lui parler, ne serait-ce qu'une fois ? Je porte mes mains à ma bouche pour étouffer mes sanglots et tente d'enfouir mes émotions mais c'est impossible.

Je sens d'ors-et-déjà ma magie m'échapper. Si avant j'avais déjà du mal à contrôler ma magie sous le coup d'une émotion, c'est encore pire maintenant. J'ai l'impression que le virus à un impact plus ou moins direct sur elle.

Ma respiration s'accélère, mon corps se réchauffe. J'entends nettement un bruit de verre brisé, vaguement une porte qui s'ouvre, et de très loin une vague magie se confronter à la mienne. Je la sens colorée, lumineuse, s'insinuant en moi… Non… Non… qui que vous soyez, laissez-moi. Laissez-moi à ma douleur, laissez-moi souffrir… laissez-moi succomber et partir…

-Harry… Harry, reprends-toi… Harry… Ecoute-moi et reviens ici !

J'ouvre brusquement les yeux et tente de fixer un point. Tout est flou autour de moi et mon mal de tête n'arrange rien. Une main se pose sur mon front et la vague de fraîcheur qui en découle me permet de rencontrer deux yeux bleu pâles. Le visage encore flou de Dumbledore m'apparaît alors. Dumbledore, dont les yeux brillent, mais pas de joie comme à son habitude. Ils brillent de tristesse et semblent humides de larmes contenues.

-Je suis désolé, Harry, que Severus ait réagis comme ça.

Et moi donc. Comment aurais-je pu imaginer une seule seconde qu'il me détestait autant ? Qu'il m'ait mentit ? Qu'il ait joué avec mes sentiments ? Qu'il m'ait fait croire qu'il m'aimait ? Pour me rejeter juste après ! Je l'aime tellement que ça me brûle. Ca me bouffe les entrailles et ça me ronge le cœur. J'aurais peut-être pu supporter la douleur s'il m'avait juste dit qu'il ne m'aimait pas… mais j'ai insisté et il m'a rejeté. « Arrête de me coller et je ne tuerais pas »… Arrête de me coller… Je ne peux pas… Je ne pourrais jamais m'éloigner sans encourir la pire souffrance. Ces mots m'ont déjà tellement blessés… Alors les actes ?

-Il faut que tu sois fort Harry… N'abandonne pas maintenant…

Ne pas abandonner ? Ne pas abandonner quoi ? Ma vie ? Ou Severus ? Parce que si c'est pour ces deux là, c'est trop tard. Je n'ai jamais eu de vie, de toute façon. Entre Voldemort et le SIDA, je n'ai jamais vraiment eu beaucoup le choix. Finalement, je crois que j'aurais préféré Voldemort, parce que connaître l'amour pour se le faire reprendre juste après… Mourir tout de suite pour éviter la longue agonie d'une maladie… et de la perte de celui qu'on aime.

-Je vais faire déménager tes affaires, d'accord ? Tu vas t'installer au Terrier quelques temps et-

-Non ! Je vous en supplie, non… Je… Je ne peux pas partir… Même si… même s'il me déteste, je ne peux pas partir… et m'éloigner… loin de lui… Je dois rester… Il faut que je reste, j'en ai besoin…

J'entends Dumbledore soupirer et je vois dans ses yeux qu'il n'est pas d'accord avec ma décision. Mais… je ne peux pas partir… Parce qu'au fond de moi, j'espère… j'espère que ce qu'il aura dit à Rémus ait une chance d'être vrai… L'espoir… c'est tout ce qu'il me reste.

-Harry… Tu ne dois pas rester… Il ne faut pas que tu restes seul…

Peut-être que je ne devrais pas. Peut-être devrais-je m'enfouir dans les bras d'Hermione, pendant qu'elle écouterait, avec Ron, tous mes soucis. Peut-être Ron insulterait-il Snape pour essayer de me faire rire, et peut-être trouverait-elle une solution sous les regards indignés de son petit ami qui crierait au scandale, « Non mais tu te rends compte, Mione, ce type ne mérite pas Harry ! Mon meilleur pote, le Survivant, lui a avoué son amour et il l'envoie bouler. »

Alors toute ma détermination vole en éclat et je me jette dans les bras de mon directeur. Encore une fois, je le laisse diriger ma vie. Mais que puis-je faire d'autre ? Je me sens soulever et je m'étonne un peu que mon si vieux directeur puisse me porter dans ses bras. Je ne dois vraiment plus qu'être un squelette.

Je sombre peu à peu dans une sorte d'indifférence, ne m'occupant plus que de ce qui se passe autour de moi. Quand je reprends pied avec la réalité, je suis dans une chambre différente de celle de Severus, et je devine que je suis au Terrier. Essayant d'ignorer la douleur qui se propage dans mon cœur, je tourne la tête et fixe mon regard dans le ciel bleu, que je vois partiellement par la fenêtre. Si tout c'était passé comme prévu, nous aurions pu être ensemble et se promener et… J'ai tout gâché. Absolument tout. Je ne pense pas que je le reverrais un jour. Et si jamais je le revois…

-Harry ? On peut entrer ?

Hermione. Ma douce Hermione. La meilleure amie que j'ai jamais eu, avec le seul ami qui ne m'ait jamais trahis. Entendre leur voix et les voir m'avait manqués. Bien plus que je ne voulais me l'avouer. Surtout que depuis qu'Hermione travaille à Sainte-Mangouste et que Ron est Auror, je ne les vois plus beaucoup.

-Oui…

Doucement, je les observe entrer dans la chambre, presque timidement. Je ne leur souris pas, parce que cela me serait impossible mais les larmes que je laisse échapper sont celles du soulagement. Ils s'approchent de moi et je les laisse me prendre dans leur bras. Ils n'ont pas le même effet que ceux de Severus, mais je m'y sens tout de même bien.

-Est-ce que tu veux nous parler de ce qu'il s'est passé ?

Je me crispe brusquement sans pour autant me dégager de leur bras. Au contraire, mon étreinte se resserre et ils le sentent bien, parce que la leur aussi. Je tente de reprendre une respiration un peu plus calme et leur réponds.

-Je… je préfère attendre si ça ne vous dérange pas. C'est… encore trop… frais.

-Pas de problème Harry, on attendra.

« Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre vous, mais je n'ai jamais vu Harry dans un état aussi pitoyable. Moi qui pensais que tout se passait bien entre vous deux. Mais je suis bien la dernière personne à savoir ce qui n'allait pas. Cependant, malgré ce que vous avez pu faire à Harry qui l'ai fait ce sentir aussi mal, je continue mon rapport. Je le dois à mon meilleur ami, à ses amis qui tiennent à lui, et je vous le dois à vous. Vous qui n'avez jamais fait preuve d'autant d'inquiétude envers quelqu'un. Du moins, à ce que je sais.

Enfin… Ce n'est pas de ça dont je dois vous parler. J'ai appris récemment que le médicomage qui s'occupait du dossier de Harry lors de son hospitalisation est un ami de Fudge, qu'il est plutôt tyrannique – j'ai travaillé sous ses ordres pendant deux semaines – et qu'il est en partie moldu. Il connait parfaitement bien les méthodes de transfusion et l'histoire du sang contaminé.

Je vois presque les rouages de votre cerveau se mettre en place comme les miens l'ont fait. Et la question vient d'elle-même : »
-A-t-il transfusé du sang contaminé à Harry sous la demande amicale de Fudge ?

« A-t-il transfusé du sang contaminé à Harry sous un ordre discret de Fudge ? Est-ce que vous avez pensé à la même chose que moi ? J'en étais sûre.

Bien que Fudge soit hors-circuit depuis sa démission il y a de cela un bon moment, je pense qu'il n'a pas digéré le fait que Harry et Dumbledore aient eut raison sur le retour de Voldemort. Ayant eut connaissance de l'état de faiblesse de Harry, il a sûrement monté ce plan pour se venger des deux hommes qui lui ont pourri sa carrière. Cependant, si tard après la contamination, il n'y a aucun moyen de le prouver, sauf aveux express de Fudge ou du médicomage.

Je ne peux malheureusement rien faire plus. Je vous laisse en possession de ces informations, faites-en ce que vous voulez. Vous êtes le seul à qui je l'ai dit, libre à vous d'en parler à Dumbledore ou à quelqu'un d'autre.

Je vous fait grâce des formules de politesse habituelles, Hermione Granger. »

Je reste fixé sur la lettre sans pouvoir faire un geste, pendant quelques minutes. Je suis impressionné par la rapidité avec laquelle elle a réussit à récolter les dernières informations. Maintenant nous savons les raisons pour lesquelles Harry est malade, et j'aurais peut-être préféré ne pas savoir. Parce que cela veut dire qu'il y a encore quelqu'un derrière tout ça.

Et que suis-je censé faire de ça maintenant ? Dois-je venger Harry ou laisser courir ? Que je choisisse l'une ou l'autre solution, cela ne changera rien, ni pour lui, ni pour moi, ni pour qui que ce soit. De toute façon, je ne le reverrais sans doute jamais. Si il ne me déteste pas, c'est un miracle. Chaque fois que je repense à cet instant, l'instant où je le rejette, où je le fais souffrir encore plus qu'il ne souffre déjà, j'ai envie de me frapper à en mourir. A m'en faire pleurer autant qu'il a pleuré, qu'il pleure et qu'il pleurera à cause de moi.

Quelques jours ont passé et je me demande encore ce que je dois faire. J'ai bien envie d'aller à Sainte Mangouste pour éclaircir les choses. Bien sûr... et que dis-je au médecin qui était en charge du dossier? « Il paraît que vous avez empoisonné le Survivant avec du sang contaminé. Qu'avez-vous à dire pour votre défense? Comment? Qu'est-ce que Severus Snape a à faire de la vie ou de mort de Harry Potter? Mais vous ne le saviez pas? Je l'aime! » Ouais... Ouais c'est super! Faisons ça comme ça. Pas de doute que je vais me retrouve moi aussi enfermé à Sainte Mangouste. En voilà une idée qu'elle est bonne.

Je soupire. Voilà que je me mets à parler comme un Gryffondor! Peut-être que je devrais aller voir le mien. Le mien? Depuis quand c'est ton Gryffondor? Depuis que tu l'as rejeté, trahi, sali? Continue comme ça Severus, vas-y, et tu vas finir par devenir dingue. Mais je suis déjà dingue! Dingue de cet adonis qui meurt d'une maladie inconnue au bataillon. Dingue d'un lion que tu as poussé un peu plus vers la mort alors que tu savais très bien qu'il avait besoin de toi.

Hin. Une mort de plus ou de moins dans mon palmarès, qu'est-ce que ça peut faire hein? Ce n'est que Harry Potter, n'est-ce pas? Ce n'est que l'homme que j'aime après tout. Absolument rien d'irremplaçable. L'amour nous tombe dessus tout le temps, c'est bien connu. C'est comme respirer! On connait l'amour autant de fois qu'on respire! Ouais bien sûr! Continue comme ça Severus, tu tiens le bon bout! L'ironie il n'y a que ça de vrai. Fais semblant de ne pas être affecté. A qui tu veux faire croire ça, franchement?

Pas à moi en tout cas. Je ferme les yeux et m'avachis dans un fauteuil. Je n'en peux plus. Il me manque tellement que j'ai, en permanence, une barre dans la poitrine. Elle m'empêche de respirer normalement et me rappelle constament que je l'ai laissé tomber.

Est-ce qu'il accepterait de me revoir? Ça m'étonnerait beaucoup. Même mourrant je crois qu'il préfererait me maudire que de se jeter dans mes bras. A sa fierté. Et moi je n'en ai plus aucune. Je serais prêt à le supplier de me laisser le revoir ne serait-ce qu'une seconde. Voir ses yeux verts, voilés de fatigue, ses lèvres presque blanches, sa peau si pâle qu'elle ferait peur à un fantôme. Revoir tout son être, lui en entier, même une dernière fois, pour ne pas me laisser repartir soulagé, mais coupable de l'avoir offert à la mort. De l'avoir poussé dans ses bras, plutôt que de le garder dans le miens.

Des coups vifs et précipités à ma porte me sortent de mes pensées. Mais je n'ai pas le temps de lancer un « n'entrez pas » qu'Albus apparaît, le visage défait. Et je sais. Je sais que ce qu'il aura à me dire sera en rapport avec Harry et que ça ne va pas me plaîre. Pire que si l'on m'annonçait le retour de Voldemort.

Je ferme les yeux et pose une main dessus pour ne pas voir l'air complétement désolé et infiniment triste de mon vieux mentor. Je ne veux pas voir la vérité dans ses yeux malgré tout son talent pour essayer de me la cacher. La petite lueur qui dit que je n'aurais jamais dû le rejeter et que j'ai acceléré la maladie.

- Il est à l'hôpital, Severus. Miss Granger m'a prévenu qu'une tempête de magie avait secoué le Terrier. Harry n'avait quasiment pas mangé depuis qu'il était arrivé et la fatigue et la douleur n'aidant pas... Sa magie a voulu combattre le mal qui l'étreignait mais ça n'a pas arrangé l'état de santé de Harry. Ce fut encore pire.

Je secoue la tête en signe de dénégation. Je ne veux pas entendre ces mots. Ces mots qui le condamnent et qui m'accablent d'un poids plus grand que tous ceux que j'ai eu à porter depuis lors. Je ne peux cependant pas me boucher les oreilles parce que je dois entendre le mal que je lui ai fait. Quand une personne rennonce à se battre elle finit par mourir. Et je l'ai poussé à ne plus se battre.

- Allez le voir, Severus. Au moins une fois. Avant...

Il ne finit pas sa phrase et je comprends malgré moi la fin. Pas besoin d'être sorcier pour comprendre que ce sont peut-être... sûrement ses derniers jours.

Albus n'attends pas de réponse. Il me laisse seul avec mes pensées et la certitudes que j'irai voir Harry, même si je dois me faire rejeter par lui.


Alors alors? Review ou punition?