Chapitre 10. La désillusion du Fils.

Harry se réveilla en hurlant, le corps secoué de violents spasmes et ses draps, déchirés par endroits, étaient trempés d'une sueur épaisse sentant la peur et l'effroi, d'un coup de baguette magique, il raccommoda l'édredon avant de regarder autour de lui, il était confortablement installé dans un lit à baldaquin aux teintures vertes et argent entourées d'un puissant sort de silence.

Le tout se trouvait dans une sorte de cachot aux murs de pierres noires ruisselantes d'humidité, à ses côtés se trouvait un autre lit semblable au sien où dormait tranquillement Severus Rogue. Immédiatement, une peur étouffante s'empara de lui : Voldemort l'avait attrapé, il allait le torturer, encore…, une larme coula sur sa joue, il avait déjà passé trois mois dans les sombres cachots du Lord Noir, subissant chaque jour des sorts nouveaux, toujours plus puissants et plus douloureux, son seul réconfort fut sa meilleure amie présente à ses côtés : Hermione Granger, mais Voldemort la tua au bout de peu de temps, lassé de jouer avec elle.

Fou de douleur, la Magie du soit disant « Elu » s'était déchainée et avait entièrement détruit le Manoir Malfoy, jusqu'alors QG du Lord Noir, Harry avait réussi, in extrémis, à s'enfuir, le corps encore chaud de son amie dans les bras, il ne pourrait pas en supporter plus et … Severus Rogue ?

« Mais qu'est-ce que Severus Rogue fait là ? »rumina Harry, tout de même surpris de se trouver en présence de l'espion.

Harry se redressa d'un bond et, prudemment, s'approcha du jeune garçon endormi et l'observa à la lueur de sa baguette magique: des cheveux noirs, un nez crochu, un visage quelque peu disgracieux : c'était bien le professeur Rogue, mais il paraissait plus jeune.

Pourquoi Voldemort aurait-il fait dormir son pire ennemi dans la chambre d'un de ses mangemorts supposé être mort ?

- MacMillan, tu fous quoi, là ? Maugréa le futur maître des potions d'une voix ensommeillée.

Harry qui s'apprêtait à rejoindre son lit, complètement perdu, se retourna subitement, surpris : devant lui se tenait un Severus Rogue de 16 ans, et avec lui, tous les souvenirs de la veille lui revinrent brutalement en mémoire : Dumbledore, MacMillan, Dame Eihwaz, Poudlard, Serpentard, sa mère…, 1977.

Sa mère.

1997.

- Harry. grogna le jeune garçon à la cicatrice quelque peu remis de ses émotions, mais la boule de stress qui était apparue au creux de son ventre ne disparut pas pour autant.

Le jeune garçon ne voulait pas qu'on l'appelle par son nom de famille, surtout si ce n'était pas le sien…, le jeune Rogue parut surpris :

-Quoi ?

-Harry, je m'appelle Harry.

- Et pourquoi je t'appellerais par ton prénom, je ne te connais pas. Demanda le Serpentard aigri, avec froideur.

- Parce que je suis un Sang-pur. Tenta Harry pour détendre l'atmosphère, ce qui ne marcha pas du tout et fit blêmir le futur Mangemort/espion plus qu'il ne l'était déjà.

« Mauvais plan. Songea le jeune garçon pour lui-même, il n'avait jamais été doté d'humour… »

- Et plus sérieusement parce qu'on va partager le même dortoir pendant un an…plus ou moins. Ajouta-t-il pour lui-même, n'ayant, pour sa part, aucune envie de rester dans cette sorte de dortoir morbide à l'allure de caveau funéraire.

Rogue garda son masque d'impassibilité sur le visage mais une lueur de surprise passa dans ses yeux noirs, mais pour garder sa réputation de cœur de glace, il grogna :

- Si tu crois que ça me fait plaisir…, je ne te connais pas et je ne veux pas te connaître. Lâcha-t-il avec un air « made in Rogue ».

- Surement plus que moi, vielle chauve-souris rabougrie, si t'es pas content, t'as qu'à dormir dans le couloir. Répliqua sèchement Harry, les jointures de ses points rougirent sous la colère, puis, voyant son comportement puéril et stupide, il baissa les yeux :

- excuse-moi.

Cette fois-ci, le jeune Rogue hoqueta de stupeur :

- pardon ?

- Je t'ai demandé de m'excuser, je n'aurais pas dû réagir comme je l'ai fait, c'était inapproprié et excessif, mais c'est plus fort que moi, j'ai le sang chaud.

Severus Rogue laissa tomber son maque quelques secondes et observa le jeune garçon devant lui avec stupeur, le Nouveau s'étaitexcusé, lui, un sang-pur et Serpentard par-dessus le marché, avait présenté ses excuses à un sang-mêlé.

- ouaih…, et pourquoi tu m'as réveillé à quatre heures du matin ? demanda Rogue, s'attendant à ce que le nouveau lui dise que ce n'était pas ses affaires.

- cauchemar. Lui dit-il simplement, un petit sourire triste sur ses lèvres fines, ses yeux n'exprimant qu'un profond regret.

- ah … Severus ne sut quoi répondre, et même…, il ne voulait pas que le nouveau pense qu'il s'inquiétait pour lui, même si c'était un peu le cas…, juste un peu, après tout ce n'était pas tous les jours que quelqu'un se comporterait comme ça avec lui, un simple sang-de-bourbe.

Car même si sa mère était une sorcière Sang-pur de très bonne famille, son père n'en restait pas moins moldu,un impur, une vermine, mais il avait eu de la chance, Lucius l'avait pris sous son aile, malgré qu'il soit de basse naissance et que le jeune aristocrate considère tous les êtres humains n'étant pas sang pur comme de la vermine, le jeune Malfoy l'avait promis à un avenir plein de gloire et de reconnaissance…, auprès du Maitre.

Oui, Severus ferait ses preuves auprès de lui, il serait puissant, reconnu, il ferait de grandes choses et ferait partie de la nouvelle civilisation mise en place par l'Héritier de Salazar Serpentard.

Et il y avait de fortes chances pour que le nouveau intéresse fortement le Lord Noir…

Dans le lit d'à côté, Harry se recoucha et ferma les yeux, attendant que Morphée vienne l'emmener avec lui, mais rien n'y faisait, au bout de quelques minutes le jeune garçon se releva et se saisit du sac d'Hermione avant d'aller s'enfermer dans la salle de bain.

D'une main hésitante, le jeune garçon se saisit de l'album photo offert par Hagrid en première année, parmi tous les présents qu'il avait reçu, c'était sans doute celui auquel il tenait le plus, d'un geste doux, l'enfant soldat se mit à feuilleter les pages qui renfermaient son passé, à chaque visage familier, une larme coulait sur son beau visage : une larme pour un mort.

Il savait qu'il se faisait du tort en agissant ainsi mais pourtant, Harry ne pouvait se résoudre à les oublier, parce que c'était oublier son passé, renier ce qu'il était au fond de lui-même, et il ne voulait pas oublier, parce que, même si ces souvenirs étaient désormais douloureux à remémorer, lui rappelant les moments où il avait était heureux, entouré de sa famille, il aimait se souvenir :

Certains auraient pu dire qu'il était masochiste, d'autres qu'il était fou, mais lui, lui savait. Il savait qu'il aimait se souvenir du doux rire d'Hermione, des enfantillages de Ron, il aimait se souvenir des blagues des jumeaux Weasley et de l'étincelle de malice dans les yeux de Dumbledore, de l'air sévère du Professeur MacGonagall , de la bêtise de Neville et de la folie de Luna, même le mauvais caractère du Professeur de Potion le plus détesté de Poudlard lui manquait :

Tous ces moments, c'était ce qui faisait ce qu'il était : lui, Harry, pas Potter, pas l'Elu de la Prophétie, pas le Sauveur du monde Sorcier…, non, juste lui, juste Harry, avec ses bonheurs, ses peines, ses joies, c'était son passé, son présent et son avenir, même s'ils étaient tous morts, c'était leurs souvenirs qui le faisaient tenir debout, c'était pour leurs mémoires, à tous, qu'il continuait la lutte.

En observant la dernière photo de son album, Harry ne put que sentir, impuissant, son âme se déchirer sans bruit : Ginny.

Cela faisait un an bientôt, un an qu'il avait demandé la main de la jeune Weasley, et cela faisait huit mois qu'elle était morte, huit mois à vivre avec ce manque insoutenable, huit mois à vivre avec une partie de son âme en moins. Mais pourtant, elle était là, virevoltant sous un soleil radieux dans une magnifique robe noire, elle n'avait pas encore sa bague de fiançailles aux doigts mais souriait de toute ses dents à son père qui se trouvait derrière l'objectif.

Toute une vie anéantie, des projets mis à l'eau, Harry et Ginny, Ginny et Harry, déjà séparés dans la vie, maintenant séparés par la mort, Harry se demanda s'ils auraient eu des enfants ensemble, une ribambelle de petites têtes rousses courant dans une grande maison blanche, avec un chat, peut-être, le jeune garçon avait déjà trouvé plusieurs prénoms : James, Sirius, Lily, Albus, Godric, Salazar… des noms emprunts d'histoire, mais ils ne pourraient pas, à cause de Voldemort, de la guerre.

Dès qu'Harry eut épuisé sa réserve de larmes, il retourna se coucher, le sac de son amie caché sous son pull, mais avant de ranger l'album photos, il en retira l'image de sa bien-aimée et la glissa dans une poche intérieure, contre son cœur, là où était désormais sa place.

L'Aube approchait enfin, il devait être dans les environs de six heures et le couvre-feu était donc passé depuis quelques temps. Harry, qui ne s'était pas rendormi, se décida finalement à aller déjeuner, et c'est d'un pas plus que soulagé qu'il quitta la salle commune des Serpents avant d'aller manger, mais se rappelant qu'il devait être nouveau et par conséquent, ne pas savoir où pouvait se trouver la grande Salle, il se mit à déambuler dans les couloirs, observant des détails qui lui rappelait chez lui : comme ce couloir ou les Jumeaux Weasley avaient ensorcelés les armures pour qu'elles courent après quiconque leur passerait devant, par malheur, il avait fallu que leur première victime fut Miss teigne, l'horrible chatte du concierge.

Bien que le spectacle d'une chatte complètement paniquée coursée par deux monstres en armure en avait amusés plus d'un, le Professeur MacGonagall avait, pour sa part, moyennement apprécié, envoyant Fred et George en colle avec Rusard que leur avait fait nettoyer les cachots avec une brosse à dents, à défaut de pouvoir les y enfermer.

Harry se promena donc pendant quelques minutes, espérant secrètement qu'une âme charitable passerait dans le coin pour lui montrer le chemin, sans quoi il pourrait déambuler longtemps dans l'antique antre des Fondateurs.

Et quelle ne fut pas sa joie, quand, aux détours d'un couloir du troisième étage, il tomba nez à nez avec les Maraudeurs au grand complet, ces derniers, en le voyant, sortirent leurs baguettes par réflexe et la pointèrent sur le jeune homme. Instinctivement, Harry fit de même, et avant de leur lancer un sortilège pour les mettre hors d'état de nuire pour un bon moment, il se rappela qui ils étaient et, pour la première fois de sa vie, il maudit ses réflexes trop rapides.

- Qu'est-ce que tu fais là MacMillan ? Demanda Sirius Black d'une voix froide qui étonna le jeune garçon, Sirius avait toujours été doux et gentil avec lui, et le voir s'adresser à lui de cette manière lui fendit le cœur plus qu'il ne l'était déjà.

- Je me suis perdu… s'entendit-il répondre, à vrai dire, il ne savait pas quoi dire, l'émotion lui nouant la gorge, son parrain était là, devant lui, plus vivant que jamais, aux côtés de son père…, tellement vrai, tellement heureux, ignorant l'ignoble destin qui l'attendait.

On avait souvent dit à Harry qu'il ressemblait à son père, mais le voir en vrai, en chair et en sang, était autre chose : son visage était semblable au sien, arborant les mêmes cheveux noirs indomptables et les mêmes lunettes rondes, les mêmes traits délicats et la même posture, seuls leurs yeux différaient, James Potter avait deux billes d'un brun chaleureux pour un regard ami mais pourtant glacial en cette instant. Ils pétillaient pourtant de la joie de la jeunesse, contrairement à Harry donc les deux pupilles d'émeraude reflétaient la dureté des combats auxquels il avait participé, durant lesquels il avait tué.

Mais Harry ne ressemblait plus à ça, du moins, pas Harry MacMillan, pas le Nouveau.

A côté d'eux se trouvait un autre jeune garçon, plus en retrait par rapport à ses amis, il avait un badge de préfet aux couleurs rouge et or, il n'avait pas sorti sa baguette et attendait visiblement de voir la suite des évènements. Quant à Pettigrow, il était caché derrière James Potter…, comme le lâche qu'il avait toujours été.

« Rémus a toujours été quelqu'un de Sage » songea Harry avec regret, regret que son ami ne soit pas là, avec lui.

- Bin voyons. Continua le jeune Potter avec une voix aussi froide que son ami. Vous entendez ça les gars, le nouveau s'est perdu…, pauvre p'tit mangemort.

Patmol rit à la remarque de son ami avant de foudroyer Harry du regard, ce dernier s'était attendu à tout, sauf à ça : son père et son parrain le rejetaient, sa famille… Une larme coula silencieusement le long de sa joue sans qu'aucun des Gryffondor ne le remarque, Harry rechercha un quelconque soutien dans le regard miel de son professeur, mais rien.

Juste de la méfiance, des illusions, encore, toujours, il avait cru que son père comprendrait, le comprendrait, mais cette insulte : « mangemort » résonna aux oreilles du jeune garçon comme un coup de poignard en plein cœur, en cette instant, Harry eu envie de se cacher au plus profond de lui-même, il ne voulait plus de cette, vie, il ne voulait plus souffrir, il avait juste espéré rencontrer sa famille, encore une fois, il avait été dupé par le destin.

- POTTER, qu'est-ce que tu fais ? S'écria une voix furieuse, quelques secondes plus tard, une jeune femme à la crinière de feu surgit d'un couloir perpendiculaire au leur, furieuse. En les voyant ainsi, baguettes levées et pointées sur le nouvel élève, le rouge lui monta au joue.

- VOUS N'AVEZ PAS HONTE !

- Mais Lily…

Sa mère se planta devant James Potter, ce dernier lui offrit un sourire charmeur…, et se pris une baffe qui laissa une belle trace rouge sur sa joue, les deux autres émirent un petit glapissement qui n'échappa pas à la préfète.

- ça vaut aussi pour toi Black…, et toi…, Remus. Sa voix se fit plus menaçante, pointant un doigt accusateur entre les deux yeux du loup garou :

- toi…, tu ferais bien de suivre un peu moins ces abrutis et de faire un peu plus ton boulot de préfet, ou sinon…

- mais Lily…

- Il n'y a pas de mais, Lupin! S'écria la jeune femme, furieuse.

- Laisse Remus tranquille, il n'a rien à voir avec ça et… clac. Deuxième claque de la part de la jeune rouquine au tempérament de feu, la discussion reprit de plus belle.

Harry regardait ses parents se disputer devant lui, un venin acide lui rongeant le cœur, il savait que ses parents ne s'entendaient pas très bien et qu'ils avaient commencés à sortir ensemble à la fin de leur septième année, mais il pensait que ce serait un peu comme Ron et Hermione : se lançant des piques de temps en temps, mais sans plus.

Mais là…, là c'était de la haine qu'Harry lut dans les yeux de sa mère, de la haine envers celui qui serait un jour son père.

Quand soudain une voix surgie derrière lui, en temps normal, il aurait été furieux, mais là, il était complètement ravagé par le spectacle qui s'offrit a lui, il ne réagit pas, il ne pouvait pas, ne pouvait plus.

- ça alors, Potter et Black se faisant dominer pas une Sang-de-Bourbe…, quel honte vous faites à votre Sang...

Lucius, accompagné de Severus, Crabbe, Goyle et Bellatrix venait d'apparaître derrière Harry, un sourire sadique sur le visage.

Les trois Maraudeurs et Lily se retournèrent comme un seul homme, James blêmit sous l'insulte et menaça Malfoy père de sa baguette :

- excuses-toi, maintenant ! Exigea-t-il, mais la jeune femme ne parut pas l'entendre de cette oreille :

- Je n'ai pas besoin de toi Potter.

- Mais, il t'a insulté Lily-jolie…

Les Serpentard regardaient les deux jeunes tourtereaux et leurs amis avec dégout, seul Severus avait les yeux fixés sur la jeune femme aux yeux verts, une lueur de nostalgie dans les yeux, une lueur qui aurait pu passer pour du dédain pour toutes personne qui ne connaissait pas le Prince de Sang-mêlé.

- Harry, tout va bien ? Demanda la version miniature de Bellatrix d'un ton doux, passant un bras autour de son épaule et lui offrant un petit sourire inquiet, le jeune brun en question se retint de lui lancer un sortilège dont elle lui dirait des nouvelles, dommage que la magie noire soit interdite à Poudlard…, il se contenta d'hocher doucement la tête, trouvant un soudain intérêt à ses chaussures, la jeune femme dû prendre cela comme de la timidité car elle gloussa de contentement.

Harry savait que ses yeux étaient devenus rouges sous le coup de la colère, comment cette … cinglée osait-elle lui parler, comment osait-elle-même le toucher, rien que le fait de savoir qu'il respirait le même air le répugnait, les sens surdéveloppés du loup-garou sentirent l'aura de noirceur qui émanait du jeune garçon car il frissonna et fit signe à ses amis de ficher le camp en vitesse, sans demander leurs restes.

- Fais gaffe à toi MacMillan. Ajouta James avec un regard mauvais. Ici, on n'aime pas les types comme toi…

- C'est bien vrai ça. Ajouta faiblement le rat, montrant enfin son immonde face.

Harry vit rouge…, comment osait-il, cette pourriture, s'afficher aux côtes de son père alors qu'il allait bientôt le trahir, ainsi que ses deux autres meilleurs amis, et les vendre à son Maître.

- TOI. Hurla-t-il, furieux, l'aura de noirceur qu'il avait jusque-là tenté de camoufler le plus possible sembla comme exploser autour de tout son être et remplit lentement le couloir de toute la haine contenu en lui, un froid puissant s'installa et tous frissonnèrent sous la puissance du nouveau. « Espèce de MONSTRE, immonde bâtard, lâche…, comment peux-tu seulement m'adresser la parole…, je te jure, sur ma magie et sur mon sang, que si j'entends encore la moindre parole sortir de ton immonde bouche, je me ferai un plaisir de te couper la langue avant de te torturer jusqu'à la folie, et Merlin seul peut savoir comme je connais un bon nombre de ces sortilèges… » Acheva le Survivant, la voix emplie de menaces, et comme pour confirmer ce serment, un éclair noir plus que suspect sortit de la baguette du voyageur temporel et se dirigea tout droit sur le rat, ce dernier prit peur et se cacha derrière Sirius, apparemment terrifié par les évènements.

Là où le sortilège avait touché le sol, une petite trace noire encore fumante était visible.

- Tu ne toucheras pas à un seul cheveu de Peter, Mangemort, ou je me charge personnellement de toi...Le menaça alors son père, menaçant.

Harry hoqueta de stupeur, son être tremblant sous le coup de la trahison : non seulement son père le traitait comme l'un des vulgaires larbins de face-de-serpent, mais en plus, il protégeait l'homme qui deviendrait son assassin…

- C'est une menace Potter ? demanda Rogue, acide, se plaçant presque qu'instinctivement devant Harry afin de l'empêcher de tuer Pettigrow, pas que cela le gêne, loin de là, mais pour assassiner quelqu'un, valait mieux le faire sans témoins, moins gênant.

-Une promesse, Servillius, une promesse. Et il s'en retourna, la colère qu'Harry avait éprouvé à l'encontre de Mrs Lestrange qui avait in sinueusement placé sa main dans la sienne laissa place à la sensation d'extrême solitude, sa mère était restée au milieu du couloir, elle les observait avec affliction, son regard consterné se posa finalement sur son fils avant de baisser la tête, camouflant ses larmes qui commençaient à apparaître : elle était déçue, Harry aussi.

Il avait espéré plus, une illusion, encore, toujours.

Il ne voulait pas rester là, il ne pourrait pas supporter que sa mère le rejette, elle aussi, le Rat était un de ses amis après tout…, c'est pourquoi il fit demi-tour, saisissant Severus par la manche et le forçant à le suivre, cachant ses larmes qui menaçaient.

- MacMillan ?

Harry ne répondit pas, fuyant toujours plus loin, comme pour échapper au destin cruel qui, de toute évidence, s'amusait à le voir souffrir.

- MacMillan !

Toujours aucune réponse, son professeur de potion s'impatienta et se planta au milieu du couloir, forçant le jeune garçon à la cicatrice à s'arrêter lui aussi :

-Harry !

Le jeune releva les yeux, désertant sa prise sur sa baguette, par chance, ses yeux avaient repris leur couleur habituelle.

- oui ?

- tout va bien ? Le ton du Serpentard était légèrement inquiet, du moins c'est ce que Harry crut les quelques secondes où son camarade de chambre perdit son masque de froideur.

- oui, merci, c'est juste …

-ouaih, je comprends, et il fallait que tu tombes sur Potter et cie, toujours à enquiquiner leur monde ceux-là, méfis-t-en à l'avenir.

Harry regarda le jeune homme en face de lui, le Severus Rogue de son époque aurait tué celui qui aurait eu le malheur d'avoir un vocabulaire aussi fleuri devant lui, c'est sans doute sous le coup de la rage songea Harry.

Il jeta un coup d'œil plein de regrets vers le couloir où se trouvait sa mère, il l'avait laissée avec Mrs Lestrange, Malfoy, Crabe et Goyle…, malgré tout, tout n'était pas perdu, il fallait le jouer finement, mais peut-être, avec un peu de chance, elle réussirait à comprendre…

« NON.Songea tristement Harry, ne voulant plus se faire leurrer une fois de plus. Elle ne comprendra pas, et si j'essaye de lui expliquer, j'en souffrirai encore, plus, il faut que je reste loin d'elle…loin d'eux »

- Et la fille ? demanda quand même Harry au Serpentard, ce dernier ne réagit pas tout de suite, se souvenant du passé, des temps heureux…

- C'est Lily Evans, la préfète de Gryffondor. Comme Harry s'y était attendu, le Serpentard n'avait pas précisé sa « Pureté »

« Il n'est peut-être pas tout à fait bon à jeter » songea le Survivant en observant le jeune homme du coin de l'oeil, peut-être arriverait-il à le faire changer de camp avant qu'il ne soit trop tard ?, ainsi que Regulus Black, Narcissa Malfoy née Black…, et peut-être Pettigrow, s'il ne le tuait pas avant, oh, et puis non, il n'allait cas crever comme le sal rongeur qu'il était, il ne manquerait à personne !

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Toujours plantée au milieu du couloir, Lily Evans regardait les Serpentard s'éloigner vers la grande salle, sous le coup de la colère, elle ne les avait pas vus s'approcher.

La première chose qu'elle remarqua, ce fut Rogue, son ancien meilleur ami devenu un parfait futur Mangemort, accompagné de Malfoy, l'ainée Black ainsi que Crabe et Goyle : Cela lui fendait le cœur, mais la marque brûlante de l'insulte enflammait encore son cœur : « Sang-de-bourbe » c'était ce qu'elle était, d'après eux, inférieure, tout comme le pauvre Peter.

Ce dernier avait eu, pour une fois, le courage d'exprimer ses opinions, et le Nouveau avait presque faillit le tuer, le traitant « d'immonde bâtard », lui qui n'était pourtant qu'un sang-mêlé..., Lily observa le mur nu, ne sachant pas ce qui lui était passé par la tête, les MacMillan était une grande famille de sang-purs très stricte sur la pureté du Sang, pire que les Blacks, et la haines et le dégoût qu'elle avait lu sur les traits du Nouveau reflétaient explicitement l'éducation que le jeune aristocrate avait reçu.

Son avenir était tout tracé : mangemort, fiancé à une jeune Sang-pur à peine plus âgé que lui, puis un héritier, mâle, si possible, avant de le marier lui aussi, de force à sa majorité…, et ainsi de suite, un cercle vicieux sans fin.

Lily n'aimait pas juger les gens aux premiers regards, mais elle devait se faire une raison, Harry MacMillan, le bel homme aux yeux sylvestre et épaules carrées rejoindrait bientôt les rangs de celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, et cela sans qu'elle ne puisse rien y faire :

Quant Lucius Malfoy l'avait insulté, le nouveau n'avait pas réagi, cachant son visage derrière ses longs cheveux bruns, le bras de Bellatrix Black autours de ses bras musclés, la jeune fille ne savait pas pourquoi, mais elle était déçue, elle espérait que le nouveau serait différent, cela n'avait l'air d'être le cas, mais pourquoi lui avoir souri dans ce cas ? Peut-être ignorait –il qui elle était. Et c'est d'un pas lourd et monotone, elle se rendit à la table des Gryffondor et s'assit à côté d'une jeune fille de son année, blonde, les cheveux lui arrivant au bas des reins, elle possédait aussi deux magnifiques yeux couleur lagon qui donnaient envie de s'y abandonner pour l'éternité, même si la plupart des garçons s'accordaient pour dire qu'elle avait un très, très mauvais caractère, elle était en réalité la gentillesse et la bonté incarnée.

Bref, du haut de ses 16 ans, Julie Anderson, était un beau brin de fille au caractère…spécial.

Lorsqu'elle remarqua la tête déprimée de son amie, elle se pencha vers elle et posa une main sur le bras de la jeune préfète, inquiète :

- Lil's, tout va bien ?

- Oui, oui, c'est bon… lui répondit-elle sans grande conviction. Puis, remarquant qu'il manquait quelqu'un, elle demanda :

- Aniel n'est pas là ?

- Si. Lui répondit son ami, un sourire conspirateur sur les lèvres. Avec Sirius…

En entendant le nom de Black, la jeune femme frissonna, depuis leur troisième année, sa deuxième meilleure amie, Aniel, était complètement tombée sous le charme du jeune aristocrate, et ce dernier n'était pas insensible à la belle métisse aux yeux aussi sombres que la nuit, mais il n'osait pas le lui dire, ayant peur de la taille de ses sentiments envers la jeune femme, lui qui avait pour but de sortir avec le plus de filles possibles.

- Sans blague. Soupira Lily, quand soudain, elle sentit un regard dans son dos, en se retournant elle l'aperçut.

Harry MacMillan, le nouveau, la regardait avec insistance, les larmes aux yeux.

Harry se retourna vivement et baissa la tête mais ne pleura pas, il ne pleurerait plus, il serait fort, quitte à supporter le rejet de sa mère…, et c'est d'une voix chargée de regrets qu'il murmura ces mots :

« Je suis désolé maman, tellement désolé, que toi et papa ne compreniez pas, je ne peux pas vous en vouloir…c'est de ma faute, entièrement ma faute, mais je vous sauverai, tous, je vous le jure, même si je dois mourir » personne dans la salle ne l'entendit, mais le jeune Rogue le vit, il vit un ami en train de pleurer, du moins ce qu'il pouvait considérer comme un camarade de dortoir assez proche de lui pour l'appeler par son prénom, comme ce dernier le lui avait demandé, lui-même n'était pas familier aux gestes d'affection, n'en ayant jamais reçu de qui que ce soit, mais il posa tout de même une main maladroite, certes, mais réconfortante sur l'épaule du nouveau, ce dernier le regarda surpris, avant de le remercier faiblement, appréciant cette nouvelle amitié, quoi que dangereuse, qui venait de se lier entre les deux jeunes hommes.

Severus Rogue n'était pas la personne avec laquelle il aurait le plus de facilité à se livrer, il ne pouvait s'empêcher de superposer le visage du jeune Rogue sur celui qui deviendrait un jour, un espion, qui n'en restait pas pour le moins un être exécrable.

A la table des Gryffondor, Julie prit son amie dans ses bras et la berça tendrement comme elle le faisait jadis avec son petit frère lorsque celui-ci faisait un cauchemar, la jeune femme blonde se doutait bien que l'état de son amie était lié au Nouveau, et elle se promit d'éclaircir tout ça le plus rapidement possible, et ça, à sa manière…, MacMillan avait intérêt à avoir un bon alibi, ou Madame Pomfresh aurait besoin d'un lit à son nom pour le reste de l'année.

Dans ses bras, la préfète en chef se laissa faire, appréciant le contact de son amie, elle ne comprenait pas, pourquoi s'était-elle attachée si vite au vert et argent ?, alors qu'elle ne le connaissait même pas, peut-être à cause de ses yeux… si semblables aux siens mais si différents, si tristes.

La rouquine ne dit rien. Pour beaucoup de gens la jeune Anderson pouvait être violente, vulgaire, limite dangereuse par moment lorsqu'on la cherchait un peu trop, mais pendant les six ans où les deux jeunes femmes avaient partagé le même dortoir, Lily avait découvert quelqu'un de profondément doux, juste, gentil et toujours à l'écoute…, une amie parfaite qui savait trouver les mots pour soigner le cœur, assez loin du caractère sauvage d'Aniel que certains garçons étaient venus à surnommer, à leur risque et péril « chaud lapin » ou encore « La Chasseresse » : en effet, la jeune femme avait la fâcheuse tendance à collectionner les hommes comme d'autres collectionnaient les timbres : avec passion et douceur, la version féminine de Sirius.

Chacun de leur côté, la mère et le fils baissèrent la tête, l'appétit coupé, ce n'était que le début…, mais le début de quoi ?