Point de vue Lexa

La lumière filtrant par les carreaux me réveille aux aurores comme chaque matin. Mais aujourd'hui lorsque j'ouvre les yeux, Clarke est endormie à mes côtés. Je souris instantanément. Même si la voir si paisible me brise parfois le cœur lorsque me revient à l'esprit ma trahison. Comment a-t-elle fait pour me pardonner ? Elle m'aime donc tant que cela ? Oui… Me revient en mémoire la soirée de la veille. Elle m'aime… Je ne peux m'empêcher de me pencher sur elle pour déposer un baiser sur son épaule nue. Sa peau vibre m'invitant à répéter le geste trois fois de plus. Clarke finit par gémir un peu grognon et ouvre les yeux.

— Bonjour, je lui dis en dégageant son visage des quelques mèches de cheveux qui s'y trouvent.

— Lexa…

Mon prénom est presque un râle qu'elle enfouit en approchant son nez de ma poitrine. Je ris en la serrant contre moi.

— Il faut que j'aille m'entraîner Clarke, je lui chuchote au creux de l'oreille.

— Mmmh, comment tu fais pour te lever si tôt…

— Je n'ai pas d'horloge.

— Je suppose que c'est une raison valable.

Elle se décolle de moi et me regarde. Bientôt sa bouche rencontre doucement la mienne. Puis elle descend sur ma mâchoire, continue dans mon cou et me rend la pareille sur mon épaule. Arrivée sur mon bras elle s'arrête et remplace ses lèvres pas la pulpe de ses doigts.

— C'est beau…

En disant cela elle caresse les deux tatouages qui ornent mon biceps.

— Un symbole pour chaque personne importante qui a quitté ma vie…

— Deux ? Gustus et ?

Je lui ai déjà parlé de Costia mais je n'ai pas envie de l'évoquer en ce matin doux. Je prends son visage dans mes mains pour la regarder.

— On pourrait parler d'autre chose ?

— On n'est pas obligé de parler…

Son regard devient malicieux et elle m'embrasse encore. Je souris contre sa bouche et me laisse faire.

Quelques instants plus tard je me retrouve la tête au pied du lit, les pieds coincés sous les draps. Clarke est adossée contre la tête de lit et me regarde avec tendresse en caressant doucement mon mollet près d'elle. Je repense à notre discussion sur ma possible mort. Elle s'inquiète vraiment pour moi. Peut-être que si je parlais à ces filles j'arriverai à la rassurer.

— Clarke ?

— Oui ?

Elle semble sortir d'une rêverie habitée par l'image de mon corps nu sous ses yeux.

— Je vais convoquer Eliza. Je veux l'entendre me raconter ce qu'elle sait sur ma possible mort.

— Seulement Eliza ?

— Je crois que j'ai encore un peu de mal à être dans la même pièce qu'Alycia…

— Oui je comprends, c'est troublant… Je pourrais être là ?

— Oui si tu veux.

— Je vais les chercher alors ! Habille-toi !

— Attends, je dois toujours m'entraîner ! Je suis sûre qu'Aden m'attend…

— C'est un grand garçon il aura commencé tout seul, ou avec Titus.

— Tu veux bien aller lui dire que je ne viendrais pas ce matin ?

Clarke se décolle de son dossier et avance à quatre pattes sur moi. Elle m'embrasse avec fougue et plonge son regard dans le mien.

— Promis je vais faire un détour avant d'aller chercher mon double.

— Merci…

Je l'embrasse à mon tour et il lui faut un peu de temps avant de finir par se décoller pour aller s'habiller.

Point de vue Clarke

Je suis peut-être un peu trop joyeuse lorsque je sors de la chambre de Lexa en sifflotant. Je descends en vitesse et profite de la fraîcheur matinale sur le chemin qui me mène à Aden. Lorsque j'arrive au terrain d'entraînement il est seul. Sa façon de manier l'épée me fait penser à Lexa. Ses cheveux blonds brillent au soleil du même éclat que les miens. Cette pensée me réjouit. Je décide de l'observer un peu avant de l'interrompre.

C'est lui qui finit par remarquer ma présence. Le jeune garçon s'arrête et vient à moi en souriant.

— Heya Clarke* *Bonjour Clarke

— Heya.

— Lexa n'est pas avec toi ?

J'apprécie ses efforts pour me parler dans ma langue natale.

— Justement je venais te dire qu'elle ne pourra pas s'entraîner ce matin, elle a des affaires urgentes à régler.

— Merci de me prévenir. Je m'entraînerai seul alors.

— Elle croit en toi !

Aden pince la bouche et hoche la tête avec une conviction qui me ravie. Il me salut et retourne dégainer son arme.

Lorsque j'arrive devant la porte de la chambre de nos invitées spéciales, un des deux gardes dort presque debout. Quand le premier me voit arriver il tape dans l'épaule de son compagnon qui manque de tomber à terre.

— Wanheda, me salut le fatigué.

— Lexa convoque celle qui me ressemble. Je peux entrer pour les avertir ?

Ils déverrouillent la porte en s'apprêtant à l'ouvrir mais je les arrête.

— Attendez, il est encore tôt…

Je frappe à la porte. Aucune réponse. Je retente ma chance. Cette fois j'entends du bruit. Une petite voix m'invite à entrer. Je jette un œil aux deux gaillards avant d'ouvrir et de refermer derrière moi. Lindsey est au milieu de la pièce, un rapide coup d'œil me montre que les trois autres filles dorment encore. C'était bien ce que je craignais.

— Lexa voudrait s'entretenir avec Eliza…

— Je vais la réveiller.

Je reste à ma place et observe la brune se pencher doucement au dessus de mon sosie pour tenter une approche. Ses gestes tendres me font sourire. Raven aurait-elle la même douceur à mon encontre ? La blonde émerge en grognant, tout comme moi quelques temps plus tôt. Alycia à ses côtés se retourne sans pour autant se réveiller. Marie aussi semble dormir profondément. Comment y parviennent-elles dans ces circonstances ?

Lindsey parle bas et explique la situation en me montrant du doigt. Eliza s'étire et attrape des vêtements qu'elle emmène plus loin pour se changer. Lindsey ne semble plus savoir où se mettre et décide de revenir vers moi.

— Je peux vous accompagner ? me demande-t-elle. J'en peux plus d'être enfermée ici.

— Euh, je suppose que Lexa n'y verra aucun inconvénient, je me porterai garante dans le cas contraire.

Sans mot dire elle fait comme son amie et va se changer.

— Ça va ton poignet ? je m'informe auprès de Lindsey lorsque nous sommes dans le couloir.

— Hé ! Si Raven peut survivre à une blessure qui lui paralyse la jambe, je peux survivre à un petite égratignure !

— Ahah oui vu comme ça !

Sa réponse me fait rire et pourtant j'ai peur que justement la blessure de mon amie finisse par la mener à sa perte…

Point de vue Alycia

En me retournant dans le lit la sensation d'avoir trop d'espace me réveille. Eliza n'est pas à mes côtés. Le brouillard du réveil me rend triste face à cette constatation. Elle avait accepté de dormir avec moi la veille, mais elle ne voulait peut-être pas se réveiller à mes côtés étant donné ce qui c'était passé la fois précédente…

Je me redresse pour constater que je suis seule dans la pièce. Une petite terreur fait accélérer mon rythme cardiaque. Heureusement des bruits de pas venant de derrière, et que je reconnais être ceux de Marie, me rassurent.

— Ça va marmotte ? elle me dit en revenant probablement de la salle de bain.

— Oui mais euh, où sont les autres ?

— Je n'en ai pas la moindre idée !

— Et ça ne t'inquiète pas plus que ça ?

— Bah, si on les avait kidnappées je pense qu'on s'en serait rendu compte. Elles ont dû quitter cette pièce de leur plein grès. Si c'était pour s'enfuir elles ne seraient pas parties sans nous. Donc je suppose que Lexa ou Clarke voulait les voir.

Je la regarde étonnée.

— Arrête avec ces yeux de merlan frit ! Ça m'arrive de réfléchir de temps en temps, oui Alycia !

— J'ai rien dis !

— Tu l'as pensé c'est pareil !

Nous rions et je vais prendre sa place dans la salle de bain.

Dans la pièce chaude je prends le temps de réfléchir un peu. Les filles ont remarqué qu'il se passe quelque chose entre Eliza et moi. C'est que je ne me fait peut-être pas des illusions. Maintenant que je suis seule avec Marie c'est le moment de lui parler de mes doutes. Je crois que j'ai bien besoin d'une oreille attentive et de quelques conseils.

— Marie ? j'interpelle lorsque je reviens dans la chambre. Puisqu'on est que toutes les deux, je peux te parler de quelque chose ?

— Bien sûr.

Son visage avenant m'invite à venir m'asseoir près de la fenêtre à ses côtés.

— Tu veux me parler d'Eliza ?

Je veux demander comment elle sait, mais au fond c'est évident.

— Oui. J'en ai déjà parlé à Lindsey il y a quelques temps, je n'ai jamais trouvé les mots pour te le dire, je ne sais pas pourquoi…

— Ne t'excuses pas pour ça, va.

— Merci… Comme tu l'as sûrement compris, j'ai des sentiments pour Eliza. La réalité a dépassé la fiction apparemment.

— Alors ça c'est sûr ! dit Marie en ouvrant les bras comme pour englober toute la situation dans laquelle nous nous retrouvons.

— Depuis la fin du tournage, non, depuis qu'on a lu cette scène d'amour en répétition générale, tout a changé entre Eliza et moi. Au début je pensais qu'elle prenait ses distances, qu'elle avait compris mes sentiments, étant donné que mon homosexualité n'est un secret pour personne à part pour mes fans. Mais depuis qu'on a embarqué sur ce paquebot, et plus particulièrement depuis notre arrivée sur cette île, j'ai l'impression qu'il se passe quelque chose de nouveau. Mais j'ai peur de me faire des illusions…

— Écoute, je ne suis pas dans la tête d'Eliza mais de mon point de vue ça ressemble vachement à du flirt. Lindsey n'a pas tort. Je l'ai retenue parce qu'elle en fait trop et que ça finit par vous gêner, voir par vous bloquer, mais je vous ai vu la première nuit enlacées l'une contre l'autre au petit matin. Ça ne ressemblait pas à un étreinte amicale. En tous cas moi je vous vois bien ensemble. Par contre, toi tu es au clair avec tes sentiments, ça ne m'a pas l'air le cas d'Eliza. De ce qu'elle nous a dit, elle n'a jamais rien ressenti pour une femme alors c'est une grande première pour elle. Je pense qu'elle doit un peu nier ce qu'elle désir. Alors il faut y aller doucement. Peut-être en parler avec elle. Même si je me doute qu'en ce moment c'est un peu compliqué de trouver du temps pour avoir une vraie discussion. A part toi et moi actuellement.

Je souris puis elle reprend.

— En tous cas Alycia, il faudra agir avant qu'elle n'imagine que tu ne ressens rien et qu'elle tente de passer à autre chose. Ou avant que cela devienne dangereux avec Lexa et Clarke.

— Dangereux avec Lexa et Clarke ?

— J'ai vu l'effet que ça vous faisait de voir vos doubles. Clarke n'a d'yeux que pour toi, Lexa n'avait d'yeux que pour Eliza. Ça va devenir compliqué si, à la base, vous deux ne mettez pas les choses au clair.

Je sens que son discours est fini mais je n'arrive pas à y répondre. Je retourne ses mots dans ma tête pour les digérer.

— Tu as raison, je dis après un temps, merci de m'avoir conseillée. Je vais essayer de lui parler, mais tu me connais, ma nature timide, c'est dur pour moi…

— Je sais, mais si tu l'aimes réellement ton cœur arrivera à trouver les mots pour la toucher.

Elle pose sa main sur ma cuisse en signe de soutien et nous nous tournons toutes les deux pour observer la vue.

— C'est beau, je chuchote.

— Oui, ça me donnerait presque envie de rester !

Point de vue Lindsey

Nous suivons Clarke dans les couloirs de cette Tour inconnue et j'ai l'impression d'enfin me dégourdir les jambes. J'espère secrètement qu'on nous emmène à l'extérieur pour que j'ai le loisir de respirer l'air frais et de sentir le soleil sur ma peau, mais j'ai bien peur de trop rêver. Hélas Clarke nous invite à entrer dans une pièce sans que nous soyons passées dehors. Je reconnais une salle du trône que j'ai déjà vue en fiction. Mais le trône est vide. Lexa est autour d'une table sur le côté, près de la lumière du jour. Elle n'est pas maquillée, elle porte juste son bijou sur le front. Je sais que sur le tournage il le lui font tenir avec une colle spéciale, mais dans cette réalité je brûle de lui demander comment il tient…

— Eliza, Lindsey, dit Lexa me sortant de mes pensées en ne regardant que moi avec un air insistant.

— Je voulais me dégourdir les jambes…

Eliza me donne un coup de coude.

— Bonjour Heda, salue mon amie avant de se pencher vers moi pour chuchoter à mon oreille. Un peu de respect quand même Lindsey, on n'est pas dans une fiction ici.

— Oui, oui, je marmonne. Heya Heda.

Lexa lève la main comme pour nous dire que nous en faisons trop. J'ai envie de chuchoter à Eliza que j'avais raison d'être familière mais je me retiens.

— Venez vous asseoir.

Nous avançons toutes les trois en direction de la cheffe et à ma surprise Clarke prend place avec nous. Je ne me fais toujours pas à l'idée d'avoir deux Eliza sous mes yeux. Le sérieux de Lexa me fait un peu peur également mais je suis contente d'avoir pu venir. Être enfermée avec Marie commençait à me peser. Le petit incident de nos mains entrelacées me revient sans cesse en tête. En revanche, elle ne semble pas le moins du monde troublé par la chose. Elle s'était allongée à mes côtés la veille au soir sans plus ressentir aucune gêne lorsque je m'étais sentie rougir bêtement. Cette île te rend folle ma vieille ! Depuis quand tu fantasmes sur ta meilleure amie…

— Eliza, si je t'ai demandé de venir ce matin c'est pour entendre de ta bouche le récit prémonitoire de ma mort.

Son ton grave me fait redescendre immédiatement sur terre. Sans plus de détour Eliza lui raconte tous les détails qu'elle a retenu du scénario que nous n'avons pas encore tourné. En écoutant son récit je repense à Raven. Nous en étions au moment où elle allait commencer à partir en vrille à cause d'A.L.I.E. L'envie me revient de vouloir la sauver. Mais tant que Lexa ne nous sort pas de cette prison dorée il n'y a rien à faire. J'essaye de me remémorer cette partie du scénario pour aider Eliza sur des détails cruciaux qui lui échapperaient.

— Et qu'est-ce qui me prouve que tu n'inventes pas tout cela pour gagner ma pitié ? Ma mort passe encore, mais dire que la balle est pour Clarke… J'admets que cela sonne un peu gros à mes oreilles.

J'aperçois Clarke se mordre la joue. Elle nous croit.

— Je comprends que ça peut être dur à entendre mais je n'ai vraiment aucun intérêt à inventer cette histoire. Néanmoins j'ai un détail pour que tu me crois. Mais, je ne veux pas en parler devant Clarke…

La Cité des Lumières, c'est de ça qu'Eliza veut parler, non ? Mais Clarke n'est pas encore au courant de la Puce implantée dans le cou de Lexa. Ni même sûrement de la Clef que Jaha fait avaler à Arkadia.

— Tu peux tout me dire devant Clarke.

Je vois Eliza hésiter. Mais elle semble trouver comment dire les choses correctement :

— Je sais le vrai rôle de ton Fleimkepa.

Lexa est choquée. Même si Eliza pourrait lui mentir à ce propos également, la cheffe des clans comprend que ce n'est pas une ruse. Et surtout, elle ne tient pas à ce que mon amie aille plus loin devant Clarke. Lexa ferme les yeux avant de les rouvrir plus sereine.

— Admettons que je vous crois, toi et tes amies, qu'est-ce que je suis censée faire de cette information ? Il y a des différences dans nos deux mondes, Anya, Octavia, je ne peux pas évincer Titus par précaution.

— On pourrait t'aider à l'en empêcher, propose Eliza.

— Je n'ai pas besoin de votre aide.

Soudain un trait du scénario me revient en tête. Aden ! Mais oui !

— Euh, si je peux me permettre, je dis enfin.

Tout le monde me regarde étonné.

— Lexa, que ta mort soit proche ou lointaine, tu entraînes Aden dans l'espoir qu'il soit vainqueur du Conclave organisé après ta mort, n'est-ce pas ?

Le fait que je sois au courant de cette information finit de la convaincre quant à notre sincérité.

— Oui, en effet.

— Tu te souviens d'Ontari, la protégée de la Reine Azgeda ?

Elle est de plus en plus étonnée, Eliza me regarde en comprenant où je veux en venir.

— Oui.

— Elle veut ta place Lexa. Si Titus arrive à te tuer par accident, elle ne laissera pas le Conclave se produire.

— Impossible, c'est un rituel.

— Allons Lexa, tu connais la perfidie d'Azgeda. Ontari est une Nightblood-

— Blasphème ! dit Heda en tapant du poing sur la table.

Je me lève aussi pour ne pas me laisser écraser et aller au bout de mon idée. Clarke a l'air totalement perdue. Je me rapproche de Lexa qui me fixe en fronçant les sourcils. Nous avions promis à Clarke de ne pas révéler le futur mais je ne peux pas convaincre Lexa sans entrer dans quelques détails.

— Je ne mens pas Lexa et tu le sais. Ontari veut le trône et elle n'hésitera pas à tuer quiconque se mettra sur son chemin. Elle profitera du Chaos provoqué par ta mort soudaine pour tuer tous les Nightblood et ainsi s'autoproclamer unique porteuse de la flamme.

Alors qu'elle me fusille du regard je la dépasse pour aller voir par le fenêtre. Je l'avais vu de notre chambre, je le repère d'ici. Le terrain d'entraînement est visible de la salle du trône. Le jeune blond y manie l'épée seul. Je le regarde et reprend mon récit :

— Tous les Nightblood Lexa, ça veut dire Aden aussi.

La cheffe des Natifs s'approche pour regarder dans la même direction que moi. Je sais qu'elle voit son petit protégé. Elle se retourne vivement et va prendre place sur son trône comme pour mieux réfléchir. De nouveau ses yeux se ferment.

— Et comment vous comptez vous y prendre pour que Titus ne me tue pas ?

Eliza se lève à son tour et se rapproche du trône.

— C'est simple, dit mon amie. Nous pouvons presque prédire les évènements et nous savons ce qui énerve et énervera Titus dans le comportement de Clarke et dans le tien. Il suffit de nous donner un peu plus de liberté, il suffit de nous laisser rencontrer Titus, il suffit de nous laisser vous aider à le convaincre que Clarke, mes amies et moi ne sommes pas une menace pour ton Peuple. Il n'y a que deux solutions, nous tuer et renvoyer Clarke aux siens ou nous laisser t'aider pour que Titus accepte le fait que les Skaikru sont ici pour vous soutenir.

Lexa rouvre les yeux.

— Plus de liberté ça va être compliqué, pour notre sécurité à toutes, mais je veux bien concéder à vous loger mieux.

Yes ! Enfin je vais pouvoir prendre l'air ! Je crois…

— Pour Titus il ne faudra pas y aller frontalement. Il ne veut rien entendre si on lui rentre dedans directement. Il faudra être malines.

Au sourire en coin qu'elle affiche je sens que l'idée de lutter contre son conseiller lui fait plaisir. Après tout, il déteste la femme qu'elle aime.

— Bon, dit Lexa en se levant, il faut que je réfléchisse à tout ça, en attendant je suis désolée mais je vais devoir vous renvoyer dans votre chambre.

J'ai envie d'émettre une objection mais Eliza me devance en disant qu'elle comprend tout à fait.

Point de vue Lexa

Clarke reconduit nos prisonnières dans leur chambre me laissant seule un instant. Ai-je pris la bonne décision ? Ces filles ont peut-être tout simplement réussi à me retourner le cerveau… Et pourtant quelque chose d'instinctif en moi sait qu'elles disent la vérité. Je ne peux pas me permettre de risquer la vie de mon successeur. Et puis, ni celle de Clarke… J'avais été égoïste de ne pas la croire lorsqu'elle m'avait rapporté que Titus voulait attenter à sa vie. Qui suis-je si je ne songe pas même à vouloir sauver la femme que j'aime ? Mais Clarke est une survivante après tout… Wanheda.

Je suis toujours assise lascivement sur mon trône lorsqu'on frappe à la porte.

— Sha ?

Mais ce n'est que Clarke qui revient. Je peux me détendre.

— Merci Lexa, elle me dit en avançant vers moi.

— Pourquoi ?

— D'avoir changer d'avis.

— L'avenir qu'elles me décrivent ne me laisse pas trop le choix… Je pense que je vais prendre la proposition d'Anya et les amener dans la forêt des anciennes Trihous.

— C'est Aden qui t'a fait changer d'avis ?

Je me sens un peu coupable…

— Oui, pardon d'avoir réagit si tard…

— Oh tu veux dire de ne pas t'être inquiétée du fait que Titus peut me vouloir morte ?

Elle lit dans mes pensées.

— Je ne t'en veux pas tu sais, au contraire, tu pensais pouvoir me protéger, c'est plutôt flatteur. Et puis je suis heureuse que ton désir de protéger Aden t'as fait réaliser qu'il nous fallait les écouter.

— Si Ontari prévoit de s'emparer du trône après ma mort, elle pourrait bien en avoir envie avant. Alors je n'ai plus trop le choix. Leur savoir d'un possible avenir est un atout. Si les écouter me permet de te sauver toi et Aden, alors je dois les accepter.

— Et te sauver toi…

— Oui mais tu sais…

— Je sais, ton esprit ne mourra jamais, tu me l'as expliqué lorsqu'on se cachait de ce foutu gorille. Je n'ai pas tout saisi même si je suppose que ça a un rapport avec le rituel qu'Eliza a mentionné plus tôt.

— En effet mais je…

Elle me coupe en levant la main.

— Je ne t'oblige pas à m'en parler Lexa. C'est un acte sacré pour vous, tu n'as pas à me le révéler.

— Merci…

Sans demander la permission elle monte sur le trône pour s'asseoir sur mes genoux. Elle attrape mes bras pour les entourer autour de sa taille. J'en profite pour enfouir mon nez dans sa nuque.

— Clarke ?

— Oui ?

— Elles t'avaient parlé de la mort d'Aden ?

— Non, si elles l'avaient fait je t'en aurais informé tout de suite.

— Tu tiens à lui ?

A ma question elle pivote son buste pour me regarder à demi.

— Oui, je crois que je me suis attachée. Je vois comme tu tiens à lui, comme tu prends soin de son enseignement. Il a juré de me protéger s'il t'arrivait malheur. C'est un peu comme un fils pour toi, n'est-ce pas ?

— Peut-être bien, je n'y avais jamais vraiment pensé. Et j'espère bien que tu prendras soin de lui également s'il m'arrive réellement malheur.

— Évidemment ! Comme si c'était mon fils ! Mais il ne t'arrivera rien maintenant que tu acceptes leur aide.

— Oui Clarke, oui…

Je chuchote ma réponse et l'empêche d'ajouter quelque chose en déposant ma bouche contre la sienne.


Dans le prochain chapitre, arrivée d'un nouveau personnage et de quelques problèmes...