Chapitre 10 : Courage

Vernaa et Cassandre arrivèrent dans le monde des humains. Le ciel rougeoyant retrouva sa couleur bleu azur après quelques secondes qu'ils soient revenus. Le drémora sentit la fatigue l'envahir quand leur course s'arrêtait. Ses jambes cédèrent et ses genoux s'appuyaient sur l'herbe fine de la colline. La prêtresse avait atténué son écroulement en attrapant avec délicatesse ses bras. Elle avait son visage près du sien, elle put lire dans ses yeux l'épuisement. Il parvenait à rester debout.

-Vous n'avez plus rien à craindre, nous sommes partis de cet enfer. La rassura la guérisseuse.

-Non, vous ne pouvez pas comprendre. Commença le Kynval d'une voix faible en baissant ses yeux vers le bas.

-Il est vrai que j'ignore ce que vous avez vécu durant ces derniers mois. Mais peut être que cela vous soulagerait si vous m'en faîtes part.

-Je ne crois pas. J'ai subi flagellation, séquestration et duel à mort. Mais je ne suis pas ravi de m'être évadé. Une personne... à qui je tiens beaucoup, a préféré couvrir ma fuite plutôt que de me suivre. Il aurait dû partir aussi.

Il tourna sa main gauche, ne tenant pas la claymore, pour voir sa paume tâchée de sang.

-Je ne sais que penser, il ne désirait pas mourir puisqu'il s'est blessé volontairement mais...

-Vous devez cesser de vous tourmenter et remercier cette personne, répliqua Cassandre en posant sa main sur l'épaule du Daedra. Les reproches s'avèreront inutiles à présent, vous n'avez plus retourner là-bas.

Vernaa ne répondit pas, il regarda la dangereuse arme daedrique salie de rouge.

-Nous devons rentrer, mais il faut que vous relâchez cette arme.

-Cassandre, je ne peux pas y retourner. Décida le drémora en laissant tomber la claymore d'Axeli.

-Que dîtes-vous ? Se questionna le prêtresse en écarquillant les yeux.

-Je suis troublé par ce qu'il vient de m'arriver. De plus les humains me n'accepteront plus, je ne peux plus cacher mon apparence.

-Ne soyez pas pessimiste, dit Cassandre d'un ton dur qui fit surprendre le Kynval. Ma présence est votre protection. Les gardes vous tueraient sans hésitation si je ne suis pas à vos côtés. Ils ne pourront que croire mes paroles et les vôtres : vous êtes Vernaa, celui qui a protégé les habitants de Chorrol grâce à sa grande bravoure.

-Vos mots semblent si vrais. Est-ce que ce sera suffisant ?

-Oui, à condition que vous me laissez toujours prendre la parole et que vous soyez désarmé.

-J'attirerai toujours la peur même sans arme, raisonna le Kynval.

-Laissez-moi faire, ce n'est pas vous malheureusement qui convaincront les gardes. Vous le savez mieux que moi, n'importe quel Daedra est à première vue un être sanguinaire et terrifiant.

Le drémora termina cette conversation en hochant la tête. Le guérisseuse le soigna de ses plus graves blessures sans pouvoir lui retirer sa déception profonde. Il allait devoir reprendre le jeu du muet pour un bref instant. Mais était-ce la bonne solution désormais ?

Cassandre marcha à petit pas avec Vernaa pour qu'il ne tombe pas. Une fois qu'ils n'étaient plus sur la colline, le sol était plat mais l'invocatrice servirait d'appui au cas où le Kynval tomberait de fatigue. La porte n'était plus qu'à quelques mètres mais les deux gardes postés à l'entrée donnèrent l'alerte dès que la silhouette du Daedra fut visible.

-Non, vous faîtes erreur ! Cria instantanément Cassandre.

Sans qu'ils se ne posent la question mutuellement, la prêtresse et le drémora accoururent jusqu'à la porte. Au lieu d'entrer dans la ville, les protecteurs de Chorrol dégainèrent leur épée et leur arc. La guérisseuse s'arrêta avec Vernaa à cet instant, ils étaient à dix mètres des humains. Un des deux mortels tendit son arc, pointant sa flèche vers l'ennemi. Le drémora recula d'un pas devant ce geste, il ne survivrait peut être pas s'il s'y opposait.

-Écoutez-moi...

-Écartez-vous, sœur Cassandre ! Ce Daedra est dangereux ! Dit le garde armé d'une lame.

-Non. Leva-t-elle la voix sévèrement. Il n'a rien d'hostile.

-Avez-vous perdu l'esprit ? Vous êtes en train de risquer votre vie !

-Vous vous trompez. Le Daedra devant vos yeux nous a protégé maintes et maintes fois. C'est Vernaa.

La personne concernée n'échangea aucun regard malgré la stupeur des humains.

-Ce ne peut pas être lui, vous nous avez raconté que c'était un Bréton. Dit l'archer.

-J'ai préféré mentir pour la sécurité des habitants. Je suis désolée mais je n'avais pas eu le choix.

-Étiez-vous la seule à le savoir ? Vous savez que vous avez aidé un criminel depuis tout ce temps ?

Le drémora avança d'un pas, Cassandre recevait chaque fois un rejet de la part des mortels. Il devait parler. Mais le garde tira sa flèche quand le Daedra avait bougé. Il avait été tiré en pleine poitrine, ce qui fit tombé directement Vernaa sur le dos. Celui-ci retint un cri de douleur. Le prêtresse se précipita vers le blessé malgré les avertissements des gardes. Elle tenta de répandre un sortilège de soin à travers son corps, retirer la flèche était risquée. Cependant, le Kynval l'arracha vivement. La flèche l'avait touché à proximité de son cœur, son sang s'écoulait. Les yeux fermés, il tenta de reprendre son souffle. Paniquée, Cassandre regarda vers les humains.

-Celui que vous êtes en train de tuer n'est pas un criminel mais notre sauveur ! Les raisonna la guérisseuse, telle une divinité. Il vous a protégé de l'Aube Mythique, il a combattu les Daedra et a mené une bataille à vos côtés il y a plus de neuf mois. Et vous refusez d'admettre qu'il n'est pas notre ennemi ? Amenez Alyssia ici et maintenant !

Elle ne pouvait pas y aller elle-même, les gardes achèveraient certainement le drémora derrière son dos. Les protecteurs de Chorrol avaient écouté cette fois la prêtresse de la chapelle et partirent promptement vers la ville devant cette situation critique. Ils s'étaient rendus compte de leur erreur et que Cassandre ne s'en irait pas.

Alyssia était la dernière chance pour Vernaa de survivre. Les talents de Guérison qu'elle possédait surpassaient ceux de son amie. Cette dernière avait abandonné ses plus puissants pouvoirs de soin pour s'initier à l'Invocation, ce qui avait sauvé en partie le Kynval. La plaie du Daedra ne se refermait pas même si la prêtresse faisait le plus d'effort possible. La lumière dans sa main était très faible. Vernaa craignit que la mort l'emporte.

-Alyssia, viens vite ! Cria la voix de la prêtresse.

Il sentit une main plus froide toucher son sang. Sa peau cicatrisa et la marque disparut sous une lumière éblouissante. Quand celle-ci s'éteignit, le drémora rouvrit lentement ses yeux. Toutes ses blessures n'existaient plus. Il reconnut les cheveux blancs et le visage de son amour, elle était au dessus de lui. Elle versait des larmes d'espoir.

-Alyssia, murmura Vernaa.

Le simple prénom prononcé rassura les deux femmes. Alyssia sentit l'éternel peur de ses derniers mois se dissiper et une immense joie la fit entourer son amant de ses bras. Le Daedra partagea son étreinte en silence, soulagé d'avoir regagné ce monde qui l'avait tant manqué. Alyssia écarta quelques uns des cheveux rouges pour l'embrasser tendrement. Elle recula ensuite son visage.

-Tu m'as tant manqué, j'avais peur de t'avoir perdu. Lui avoua-t-elle honnêtement.

-Je suis enfin revenu, comme je te l'ai promis. Répondit le Kynval d'une voix calme. Mais c'est avant tout grâce à Cassandre si je suis de retour, Alyssia.

La femme aux cheveux blancs l'aida à se relever en lui tenant sa main droite. Elle regarda Cassandre pour la remercier avec admiration. Son amie avait fait tout ça pour elle, pour leur bonheur.

Le trio devait à présent faire face à la population, mais Vernaa se sentit désormais confiant. Même s'il ne pouvait plus cacher son apparence. Il avança main dans la main avec Alyssia, la prêtresse était de l'autre côté du Daedra afin de le protéger de toute colère incontrôlée des humains.

Ils avaient franchi le grande porte et rentrèrent dans la ville. La première chose qui frappa l'œil de tous fut évidement Vernaa. Sa race de Daedra dévoilée au grand jour. Entre une femme vêtue de blanc, de cheveux de même couleur, et une autre vêtue sombrement et de ses cheveux noir bleuté, il y avait ce démon. De ses cheveux rouges et démesurément longs, on distinguait les cornes de son front. Sa peau anormalement sombre et rougeâtre lui imposait une laideur devant ces visages saints et clairs. De ses yeux fins et rouges, on ne pouvait que distinguer de loin une pupille fine jaune. Et ses lèvres sans sourire que la forme de son visage ne laissait jamais paraître rendait le drémora dangereux pour quiconque croiserait son regard.

La peur se répandit très rapidement sur la place du grand chêne. Les habitants les plus faibles s'enfuirent devant la créature daedrique. Seule une certaine Elfe avança face à lui, le cœur rempli de rancune et d'audace.

-Tu es enfin découvert, et cette fois je te ne laisserai pas t'échapper. Déclara Lara, seule cette fois-ci.

-Tu affrontes la mauvaise personne, je ne suis pas ton ennemi. Répondit Vernaa sans être terrifié.

-Tu es un tueur comme tous les autres Daedra, parce que tu en es un !

-Même si j'ai tué quelques victimes, je me suis repenti.

-C'est toi qui as tué mon frère !

Le drémora se remémora alors cette nuit et ce Haut-Elfe qu'il avait vu lors de sa fuite. Il n'avait fait qu'observer le meurtre de ce magicien, sa présence aurait semé la panique entre cet homme et celui qui allait le tuer. L'assassin, cela n'avait pas été lui mais un autre. Son silence et son regard impassible faisaient confirmer à Lara sa culpabilité pour la mort d'un membre de sa famille.

-C'était toi, avoue-le !

-Non. Répondit le Kynval avec sérieux et honnêteté.

-Tu te caches pourtant comme...

Le Daedra avança en s'éloignant de Cassandre et Alyssia, toutes les deux craignirent que cela allait mal se passer. Mais Vernaa n'était pas idiot et usa de la parole. Il s'adressa cette fois ouvertement pour que les oreilles de n'importe quel habitant l'entende.

-Comme un meurtrier, parce que vous ne savez que juger sur l'apparence. Tu es comme mes frères dans ce cas, qui veulent la mort de ceux qui ne leur ressemblent pas.

La Haute-Elfe fut en colère, prête à lancer un sortilège de feu. Le drémora ne se protégea alors que par ses mots.

-La violence ne te servira à rien. Si tu me tues, je ne pourrai plus vous protéger. J'ai juré de vous défendre et c'est ce que je suis toujours prêt à faire. Et vous le savez. Vous connaissez déjà mon nom, je suis Vernaa.

-Silence, monstre !

La magicienne leva sa main pour lancer son sort, mais Cassandre s'interposa en se plaçant entre les deux pires ennemis.

-Calme toi, Lara. Lui ordonna-t-elle d'une voix autoritaire. Tu crois toujours que tout est contre toi. La vengeance ne te mènera à rien. Ce n'est pas Vernaa qui a tué ton frère.

-Et tu préfères que je ne fasses rien ? Je sais que c'est lui.

-Ton impétuosité va finir par te perdre. Tu seras seule contre tous, parce que tu n'admets pas que Vernaa, même s'il est un Daedra, est innocent et nous a protégé contre le mal.

La Haute-Elfe annula son sortilège et sa flamme s'éteignit. Elle se tourna pour s'éloigner d'eux, afin de ne plus jamais croiser leur route. Le drémora regarda la prêtresse, il ne pensait pas qu'elle emploierait des mots aussi sévères. La Cassandre qu'il avait connu avant aurait calmé Lara pour qu'elle reste leur amie. Alyssia revint vers son amour pour tenir sa main, ses yeux mêlaient déception et faible joie.

-Certaines choses n'ont pas changé. Lara me méprise toujours, avoua son amante.

-Elle n'a pas le droit de te traiter de la sorte, répondit Vernaa avec injustice.

-Nous devons rentrer à la chapelle, annonça la guérisseuse en les regardant. Vous avez une nouvelle étape à franchir, le regard de mes frères et sœur sur vous.

-J'espère compter sur votre soutien. La chapelle est un lieu saint, mon retour ne sera pas toléré.

-Cela n'a rien à avoir, lui expliqua-t-elle. Nos dieux vous acceptent mais la peur est humaine. Rassurez-vous, il ne vous arrivera rien.

Le trio entra dans la chapelle, Cassandre avait passé en premier la porte. Les prêtres étaient sur les bancs, ils se relevèrent et se tournèrent vers elles. Cassandre avança seulement d'un pas. Les frères et sœur revinrent devant la guérisseuse qui s'était absentée durant un jour sans raison. Le cœur rempli d'anxiété, ils posèrent de multiples questions sur sa brève disparition. Pourquoi ? Était-ce volontaire ou involontaire ?

-Je suis désolée de vous avoir inquiétés, mes frères. S'excusait Cassandre avec sincérité. Mais si je suis partie, c'était pour une bonne raison. Il était temps de franchir la porte d'Oblivion et de ramener une personne très importante, longtemps disparue.

-Avez-vous vraiment traversé cette porte, sœur Cassandre ? Fut stupéfaite la jeune sœur.

-Oui.

-Votre apprentissage pour l'Invocation, c'était donc pour... Dit l'un des prêtres.

-Pour pouvoir me défendre dans l'autre monde. Par je ne sais quel miracle, 'il' s'est évadé lui-même et ma magie lui a permis de quitter l'autre monde avec facilité.

-Vernaa est donc de retour ? Se réjouit frère Selan, le prêtre elfe.

-Oui. Il est ici, derrière la porte de la chapelle. Je ne peux plus à présent cacher son identité à cause des nombreuses tortures qu'il a subi.

-« Cacher son identité » ? Se questionna la sœur, suivi de quelques murmures et des regards surpris de la part des prêtres.

-Vous ne pourrez cacher votre étonnement et je le sais. Mais nous avons appris à juger sur les actes et non l'apparence d'une personne. J'appelle à votre tolérance quand vous verrez Vernaa, car la première impression ne sera pas la bonne cette fois.

Le Daedra franchit alors la porte, sa main tenait celle d'Alyssia. Les prêtres restèrent sous le silence, déclenché certainement par la peur. Mais Cassandre gardait un regard rempli de sérénité, tout comme Alyssia. Sa présence avait surpris puis calmé les esprits car elle montrait qu'elle était la partenaire du drémora. L'effet inverse aurait dû se produire, mais cette scène prouva l'innocence du Kynval. Si certains avaient des doutes, la guérisseuse ajouta un argument.

-Cela fait plus d'un an que Vernaa est parmi nous. Les dieux l'ont accepté depuis toujours, mes frères. Pour ses intentions pures. Même Alyssia qui craignait les Daedra a su lire dans son cœur.

-Faîtes-lui confiance, ajouta son amie avec un sourire sincère.

Il y avait encore comme une sorte de crainte qui se lisait dans les yeux des humains, causée par le visage de Vernaa. Il put changer par ses sentiments mais rien ne pouvait pas changer son apparence. Et il fallait l'accepter. Un homme trouva le courage de s'adresser à la créature daedrique.

-Êtes-vous toujours prêt à défendre l'humanité, même si vous êtes un Daedra aux yeux de tous ? L'interrogea l'un des frères.

-Oui, peu importe ceux qui me méprisent. Je recherche la paix et souhaite la défaite des Daedra, comme vous. Je le jure, devant vos dieux. Répondit le drémora avec serment.

Les prêtres inclinèrent leur tête, en signe d'acceptation. Finalement, ils semblaient très convaincus. Les résidents de la chapelle étaient tout simplement humains, et la tolérance leur vertu. A présent, Vernaa, qu'il soit dissimulé ou non, restait le même. Un héros.

On laissa ensuite le couple passer, Alyssia tenait à faire avancer son amant et il le suivait. Il remarqua qu'une seule personne restait assise sur l'un des bancs, dos à eux. Ce n'était pas une prêtresse.

-Nous avons quelqu'un à te présenter, lui annonça Alyssia en allant jusqu'aux bancs.

Il ignorait ce qu'elle comptait lui dire. Il regarda l'autre personne qui se leva doucement, elle avait les mains prises. De dos, il reconnut la chevelure blonde d'Élise. L'Elfe des bois se tourna vers le Daedra, elle semblait contente. De ses bras délicats, elle tenait un petit être dont le corps, excepté le visage, était recouvert d'un tissu en soie. Son visage légèrement rond était clair comme celui de sa mère. Sa petite tignasse du haut de son crâne avait une couleur rose inhabituelle, elle était le mélange des cheveux blancs et rouges de ses parents. Ses yeux fermés ne révélaient pas ses iris bleu azur.

Le drémora resta sans voix devant ce petit ange qui dormait paisiblement. C'était la première fois qu'il voyait un être vivant aussi jeune. Il ne sut comment dire mais ce nourrisson s'innocentait par son apparence, comme la femme qu'il aimait. Il ne se doutait pas encore de l'origine de cette petite fille. Aucun son ne sortit des lèvres du Daedra, il ne voulait pas perturber son sommeil.

-Je te présente notre enfant. Murmurait Alyssia. Elle s'appelle Naamu.

Vernaa répéta doucement avec indulgence son nom tout en la regardant. Il était à la fois étonné et émerveillé. Leur fille était si adorable.

-Je pourrais te laisser mourir pour ton incompétence.

Axeli était resté à terre, le sang de sa propre blessure coulait. Oren avait été alerté par Marek de la fuite du traître. Le jumeau tenait son frère autour de la taille, il avait soigné Malik de sa profonde plaie. Celui qui devait surveiller le prisonnier se releva faiblement. Il avait sa main sur l'entaille, tentant de se guérir par sa magie. Le Kynreeve défia du regard son chef. Il lui faisait confiance mais il était capable de contempler son cadavre.

-Mais je ne suis pas mort, maître. Répondit-il d'une faible voix mais audacieuse.

Par ses yeux de dominant, le Valkynaz se montra insensible. Il fixait toujours le supérieur de Vernaa. Axeli avait eu tort de lui parler sur ce ton. Les mots d'Oren étaient aussi des armes redoutables, en particulier s'il évoquait certains sujets. Il prit le manche de son marteau pour simplement frapper le sol avec lassitude. Un bruit réclamant le silence.

-La séquestration ou la mort ? Demanda le maître, qui n'avait pas été dupé par le plan d'Axeli.

-La mort, évidemment. Ton visage me répugne après chaque séquestration.

-Tu réponds bien trop rapidement. Mais si c'est ce que tu souhaites.. quand je le ramènerai. Avoua le Valkynaz qui comptait tuer Vernaa dès son retour.

-Tu n'y parviendras jamais, pas sans moi.

Le drémora avait raison sur ce point, puisque c'était lui qui avait ramené une fois son amant dans leur monde. N'importe quel autre Daedra ne le pouvait. Oren ne laissa que cinq secondes s'écouler avant de reprendre la parole.

-Tu l'as aidé à s'enfuir, n'est-ce pas ? Si tu veux que je ferme les yeux sur ce que tu as fait, et que je renonce à te séquestrer, tu vas devoir répondre à ma question.

-Je ne répondrai à rien. Répliqua Axeli en serrant ses dents.

-Vernaa était-il le Xivilai qui s'est élevé contre moi ?

-Si je te le dis, tu nous laisseras en vie ?

-Je n'ai qu'une parole, Axeli.

Mais il ne répondit pas pour protéger son amant, le Valkynaz allait le rechercher ardemment. Durant son ancienne vie, le Daedra avait plusieurs fois désobéi et avait fait face à leur maître. Et Oren ne supportait pas la déloyauté. La cause de son caractère rebelle fut sa nature de Xivilai. Axeli se tut et ne révéla rien.

-Je vais finalement te séquestrer. Et quand je le désirerai, je te reposerai la même question.

Le Kynreeve retint son souffle. Il allait s'enfuir de la petite salle mais Oren le frappa violemment avec son marteau au torse. Le Daedra ne put riposter car il était désarmé. Le Valkynaz le renvoya dans sa prison qu'il referma. Il se tourna ensuite pour partir.

-Je n'ai qu'une parole. Le mensonge.