Chapitre 10
La journée se passa sans trop de problèmes pour Tom et pour Léo. Etienne était absent ainsi que Liam, seul Maxime avait eu l'ambition de venir au lycée mais il n'était pas venu se friter avec le dreadé. Ben avait été sans doute mit au courant de l'histoire de la veille mais n'était pas venu se manifester non plus, apparemment il se fichait de tout ça, ce qui confirmait la raison pour laquelle il avait intégré la bande : gagner en popularité dans la classe.
Tom rentra chez lui en compagnie de Léo. Sur le chemin, le brun entama une conversation essayant de faire parler Tom. Il pensait que ça pourrait le soulager de se confier à quelqu'un d'autre que Bill, surtout s'il devait justement parler du beau brun.
« Tu vas le dire à ton père alors ? »
« Je pense oui. Mais je sais pas comment faire. »
« Demande à Bill de venir peut être, c'est bien passé avec ta mère. » Proposa Léo.
« Mon père n'a pas du tout la même vision de l'homosexualité que ma mère. Je voudrais pas que Bill assiste à une scène d'insultes en direct. » Répondit le dreadé.
« Je vois… » Souffla le brun. « Mais lui dire cash ce serait plus violent encore non ? »
« Aucune idée, j'arrive pas à deviner sa réaction à l'avance sachant qu'il s'agit de son propre fils. Je souhaite tellement qu'il le prenne bien, tout du moins qu'il ne me renie pas ou qu'il ne me frappe pas. »
« Tu verras…Tu sauras quoi faire, j'en suis sûr. » Complimenta Léo. « Bon, j'arrive à mon immeuble, on se voit pas demain je pense que tu iras voir Bill. »
« Ouai, sûrement. A dimanche peut être. »
« Salut. » Termina Léo en entrant dans son hall.
Tom monta jusqu'à son appartement, sa mère l'y attendait comme chaque soir. Elle l'accueillit avec une étreinte et le dreadé la savoura. Il avait retrouvé sa mère et ça le rendait heureux. Il avait simplement peur de tout perdre avec la réaction de son père.
« La journée était pas trop difficile ? » Demanda Simone.
« Non, ça a été, ils n'étaient pas là. »
« Ceux qui t'ont frappés sont dans ton lycée ? Qui c'est ? »
« Je veux pas porter plainte Maman, je veux pas plus de problèmes. »
« Dis-moi quand même. C'est grave ce qui t'est arrivé Tom, faut pas laisser passer ces choses là. Raconte-moi ce qu'il s'est passé. » Continua la mère.
« Je sais pas si je pourrais encore tout dire, ça fait mal de se rappeler ce moment. » Murmura Tom sur l'épaule de Simone.
« Essaye…Viens on va s'asseoir dans le canapé, pose ton sac. »
Tom le fit et s'assit près de sa mère. Elle lui tient une main et il essaya de raconter dès le début.
« J'étais dans ma chambre, tranquille, je pensais à lui tu sais, Bill. Et puis Léo m'a appelé. »
Tom trembla, des larmes perlèrent à ses yeux au souvenir de l'angoisse qui l'avait prit au moment de cet appel.
« Je savais qu'on nous avait vu putain ! Je le savais et j'ai pas su le protéger. »
« Calme…Calme-toi… » Souffla Simone caressant les doigts de son fils qui regardait le mur d'en face fixement.
« Et puis Léo m'a dit que le reste de la bande était parti en direction de…ma cachette. »
« Ta cachette ? »
« L'usine désaffectée, j'y passais tous mes mercredis après-midi pour taguer, m'évader, c'était mon endroit. Et ils l'ont découvert, et quand je suis arrivé, ils étaient là. Ils tenaient Bill contre le mur et ils…et ils le frappaient à grands coups de pieds. J'ai eu l'impression d'étouffer quand j'ai vu ça…Tu…Je…J'ai hurlé pour qu'ils arrêtent mais ils continuaient. Je leur ai sauté dessus. Et là, Léo est arrivé juste après Liam qu'il avait essayé de maintenir dehors. On s'est tous retrouvés dans l'usine à l'étage et les bastons ont commencées. Je me suis acharnés sur eux, j'avais déjà couru pendant presque dix minutes, j'avais déjà mal partout mais je ne m'arrêtais pas. Il fallait que je sorte Bill de là…Je…Ils arrêtaient pas de le toucher, de lui faire du mal. Et ils savaient que ça m'en faisait à moi aussi. »
Tom souffle, les sanglots lui nouent la gorge mais il continue alors que sa mère le prend dans ses bras pour le bercer. L'histoire la touche et la révolte, elle commence à comprendre qui sont les malades qui ont agressé son fils. Ceux qui prétendaient être ses amis…
« Continue Tom… » Murmura Simone.
« Alors ouai, ils nous frappaient mais on se laissait pas faire. Léo nous a aidés mais à un moment, Etienne a sorti une lame et il l'a posée contre le cou de Bill. J'ai vu tous mes souvenirs même récents avec Bill passer devant mes yeux. D'un côté je savais qu'il aurait pas le courage de le tuer, mais d'un autre, il aurait pu abîmer son visage d'ange et ça je pouvais pas admettre qu'on touche à même un seul cheveux de Bill. Je l'aime tellement Maman…Je sais même pas pourquoi je te dis ça, ça doit te faire mal, et putain Maman… » Acheva Tom serrant sa mère contre lui et déversant sa peine dans son cou.
« Tu me fais pas mal Tom, c'est ceux qui vous ont fait ça qui m'en font aussi. J'suis heureuse que mon fils soit amoureux. » Dit Simone pour rassurer son fils même s'il était vrai que ça lui faisait un peu de peine que Bill soit un garçon.
« On s'est battu Maman, on est pas des tafioles, on est pas tout ce que Papa dit, on n'est pas des pédés, on est juste des gens comme les autres et on s'est défendus. » Ajouta encore le dreadé serrant ses doigts dans le pull de sa mère.
« Je sais Tom…Je sais. Je t'aime mon fils. »
« Je t'aime Maman. »
« Aller, calme toi et sèche tes larmes. »
« Tu porteras pas plainte hein ? » Supplia Tom.
« Non même si c'est pas l'envie qui m'en manque, mais j'irai parler aux parents de ces mauviettes. Si jamais ils osent encore lever la main sur toi, par contre je me gênerai pas pour les envoyer en taule. »
« Merci…Je… »
« Oui ? »
« Je peux aller chercher Bill pour qu'il vienne ce soir dormir ? » Demanda Tom.
« Si tu veux mais ton père… »
« Justement, je veux lui dire ce soir et si Bill est là, peut être qu'il verra que c'est lui qui me rend heureux et enfin, j'en sais rien, on verra, mais j'ai besoin que Bill soit là. »
« T'es beau quand tu parles de lui. Ca te va bien d'être amoureux Tom. »
Le dreadé rougit sous ces mots faisant rire sa mère qui lui retira sa casquette. Il grogna et alla dans sa chambre déposer son sac avant de repartir chercher son beau brun.
[…]
Lorsque Tom arriva près de l'usine, il entendit une musique qui provenait de l'étage. Quelqu'un était déjà là et il se doutait bien que c'était le brun qui l'attendait déjà. Il monta lentement pour essayer de le prendre par surprise, mais lorsqu'il arriva en haut des marches, et qu'il leva les yeux vers le joli brun, son cœur loupa un battement et il trébucha légèrement faisant du bruit. Il se rattrapa au mur et Bill se retourna.
« Oh, tu es déjà là, j'ai…Enfin… » Hésita ce dernier.
« Bill, je… »
« Je sais, c'est pas aussi bien fait que toi, mais voilà, je voulais te faire ce cadeau et enfin, tu vois quoi, c'est même pas fini, on voit le message mais la déco autour est pas terminée et je… » Continua le brun en rougissant de plus en plus.
Tom s'approcha de Bill la respiration haletante. Il avait les larmes aux yeux et pour cacher cela, il serra le brun fort dans ses bras l'obligeant à lâcher la bombe de peinture noire qu'il avait dans la main. Tom se recula et embrassa doucement Bill qui répondit à son baiser de façon passionnée malgré la légère douleur persistante au niveau de sa lèvre blessée.
Le dreadé cassa l'échange et regarda le brun dans les yeux. Leurs prunelles brillaient et c'est la voix enrouée par l'émotion que Tom répondit au message de Bill :
« Je peux enfin le dire ?… »
« Tom… »
« Je t'aime. » Répéta le dreadé.
« Je t'ai jamais adoré Arc en ciel. Toujours aimé. »
Ils se dévisagèrent un moment et Bill enfouit son visage dans le cou de Tom respirant son odeur à plein poumons. Ils auraient pu rester là des heures et pourtant il fallait partir. Tom devait tout avouer à son père et il avait besoin de la présence de Bill.
« Merci. C'est juste magnifique. » Souffla Tom. « J'ai besoin de toi ce soir, il faut que tu viennes dormir chez moi, je dois parler à mon père et…j'ai besoin que tu sois là. Tu comprends ? »
« Oui, bien sûr. Et…De rien pour le cadeau, j'avais peur que ça te plaise pas. » Répondit Bill.
« T'es bête… » Se moqua gentiment Tom qui prenait vraiment confiance avec le brun.
Ils sortirent de l'usine, oubliant les bombes de peintures restées en vrac. Derrière eux, le « je t'aime » taggué par Bill sur la brique ressortait plus que n'importe qu'elle œuvre de Tom. Le dreadé savait que lorsqu'il reviendrait, il ne verrait plus que cette fresque là.
[…]
« Bon… » Souffla Tom alors qu'ils étaient de retour chez lui.
« Garde confiance en toi et oublie pas que quoiqu'il arrive, je suis là. » Répondit le brun avant d'embrasser timidement les lèvres du dreadé.
Tom hocha la tête puis ouvrit la porte à l'aide de ses clés. Ils entrèrent et Tom passa en premier. Les affaires de son père étaient posées dans l'entrée, il savait qu'il était là alors discrètement, il demanda à Bill d'aller dans sa chambre. Jörg n'était pas dans le salon et ne put donc pas voir l'androgyne passer pour aller se cacher. Tom avança vers la cuisine où il trouva ses deux parents en train de discuter. Sa mère paraissait plus belle, plus joyeuse, mais quand elle le vit, elle su que l'heure était venue pour les révélations. Son sourire s'effaça un moment avant de reprendre place sur son visage. Jörg se retourna pour saluer Tom, assez froidement ne remarquant même pas les bleus sur le visage de son fils. Le jeune homme ne dit rien et emporta la vaisselle pour mettre la table. Il piqua aussi le sachet contenant le reste de brioche et le mit dans la poche de son immense veste comme il put.
Après avoir mit le couvert, Tom alla dans sa chambre. Il ne pouvait pas fermer à clé mais c'était le seul endroit où ses parents ne viendraient pas s'il n'y était pas. C'est pourquoi il ne passa que rapidement expliquant quelques petites choses au brun.
« Tiens, c'est de la brioche, j'ai pu piquer que ça et y'a une bouteille d'eau près de mon lit. J'avais pas pensé au fait que t'avais peut être pas mangé, je suis un peu stressé…Enfin désolé quoi. Je… »
« C'est bon Tom, je vais pas mourir, je peux m'en sortir hein. » Rassura Bill.
« Désolé. »
« Arrête, c'est bon j'te dis. » Insista le brun. « C'est moi ? » Demanda-t-il pointant du doigt le dessin sur le mur.
« Non non, c'est ton jumeau. » Se moqua le dreadé.
« Nianiania…C'est beau. »
« Normal, c'est toi. » Complimenta Tom les joues rougies.
Le visage de Bill s'empourpra aussi et il embrassa rapidement le dreadé avant de le pousser vers la sortie.
« Aller, vas-y, on t'attend. »
« A tout à l'heure… » Souffla Tom essayant de se donner du courage.
Il se tourna une dernière fois dévisageant le brun qui porta une main contre son cœur lui faisant comprendre qu'il était avec lui pour cette épreuve à passer, et qu'il l'aimait. Tom sortit enfin de la chambre refermant bien la porte derrière lui et soupira. Il alla retrouver ses parents déjà en train de s'installer pour dîner et prit place en face de son père. L'affrontement allait commencer…
« Ca va Tom ? » Demanda Simone pour faire réagir son fils.
« Hum… » Bougonna simplement le dreadé relevant à peine les yeux en direction de sa mère.
« Nan mais regarde moi cette tête de pédé ! Comment veux tu que ce pays aille bien si on a des mecs comme ça au gouvernement ! » S'indigna Jörg faisant grincer les dents de Tom.
« Calme toi Jörg, t'es pas obligé de parler comme ça… » Intervint Simone.
« Je parle comme je veux ok ? J'aime pas les tapettes, ils m'énervent et ils sont bons à rien. »
Tom sentit sa gorge se serrer, il n'avait pas encore touché à son assiette et n'avait qu'une envie, celle de vomir ses trippes tant il était effrayé par son père. Il sentit ses yeux le piquer et lorsqu'il releva la tête vers Jörg, celui-ci écarquilla les yeux.
« Tom ! Tu t'es battu ou quoi ? Qu'est-ce que t'as foutu encore ? Où t'as été traîner ? »
« Jörg ! Mais arrête de lui parler comme ça ! » Crie Simone.
« Il peut se défendre tout seul non ? » Rétorque le père. « Tom ! Pourquoi tu t'es battu ? »
Le dreadé se sentit plus vulnérable que jamais. Il tremblait et pensait s'enfuir, comme les autres soirs. Mais cette fois-ci, c'était trop tard, Bill était là près de lui, et il devait tout avouer. Il ne savait pas comment faire, pas comment le dire.
« Tom ! Tu me réponds ? » Insista l'homme en rogne.
« Arrête de hurler, je suis pas sourd ! » Répondit le jeune homme.
« Et toi me parle pas comme ça, je suis pas ton chien ! »
« Ah non ? Et moi je suis quoi ? Je suis quoi pour toi ? Putain tu comprendras jamais rien Papa ! » Lâcha Tom avant de sortir de table faisant presque tomber sa chaise.
Il ne pouvait simplement pas lui dire, pas maintenant. Pourtant c'était tout près, au bord de ses lèvres. Seulement les cris de son père, sa voix froide, son ton réprobateur l'empêchaient de se dévoiler, ça l'effrayait encore plus. Il se sentait déjà désaimé, comment pouvait-il oser penser que son père accepterait ce qu'il est vraiment ?
Tom courut dans sa chambre, le visage déjà ravagé par les larmes. Il referma la porte et s'appuya tout contre. Une seconde plus tard, il sentait un corps se plaquer contre le sien et le serrer fort. Il huma l'odeur rassurante de Bill et pleura dans son cou. Il se sentit soudain mieux, mais cela ne dura pas longtemps.
Derrière la porte, les pas de son père se rapprochaient. Furieux. Hors de lui. Il entendait vaguement ce que Jörg disait, il savait qu'il voulait entrer alors il cria la seule chose qu'il trouva assez sensée :
« Non ! »
« Laisse-moi entrer Tom ! Explique-moi ce qu'il s'est passé ! » Continua d'hurler le père derrière le panneau de bois.
« Non ! Laisse-moi ! Tu comprends rien ! Tu me détestes déjà ! »
Le père ne répondit rien tout de suite. Un silence se fit derrière la porte mais Tom continuait de pleurer dans le cou de Bill qui ne disait rien, se contentant de serrer le dreadé dans ses bras.
« Tom…Désolé de m'être énervé si vite. Je pars au quart de tour tu le sais. Mais je veux pas que tu te battes pour des conneries. Dis pas que je te déteste, c'est faux. Juste, laisse-moi entrer. » Reprit Jörg un ton plus bas, essayant de calmer la situation pour une fois.
« Tu me comprendras pas, tu peux pas me comprendre. Reste loin. » Expliqua Tom au travers de ses sanglots, serrant ses doigts sur la veste de Bill.
« Bon Tom, ça suffit maintenant ! Sors de là où j'entre de force ! »
« Je sortirai pas ! »
« Tom bordel ! » Hurla Jörg de plus belle actionnant la poignée de la porte et poussant de tout son corps sur la paroi.
De l'autre côté, les deux jeunes hommes poussaient aussi pour empêcher le père de Tom d'entrer.
« Tom, arrête ton caprice ! »
« Papa arrête ! Arrête ! Arrête… »
Bill et Tom continuèrent de s'appuyer contre la porte, mais le dreadé, trop affaiblit par son état mental, fatigué de faire des nuits aussi courtes lâcha rapidement prise. La force de Bill ne fit pas le poids contre celle de Jörg et la porte s'ouvrit violemment. Jörg entra suivit de Simone qui n'avait pas pu retenir son mari en rage. Face à eux se trouvait leur fils, en pleurs, étroitement enlacé par ce grand brun androgyne qui faisait battre son cœur plus vite que de nature.
« Tom ! C'est qui ? » Demanda Jörg rouge de colère et dreadé se colla encore plus au brun laissant un nouveau sanglot s'échapper.
« T'es sourd ? Pourquoi tu chiales comme… » Ajouta l'homme s'abstenant de prononcer sa dernière pensée.
Mais Tom savait ce qu'avait voulu dire son père, et c'était vrai. Alors il se détacha brusquement de Bill et s'approcha lentement de son père. Ses yeux rouges, tout comme le reste de son visage, ne quittèrent pas ceux de Jörg. Les larmes coulaient silencieusement à présent, mais toujours en abondance.
« Comme une tapette ? Ou tafiole peut être ? Ah non, pédé…C'est ta préféré celle là. » Dit froidement Tom.
« Non, j'ai pas voulu dire ça. » Mentit l'homme pétrifié par le regard noir de son fils qu'il n'avait jamais vu aussi remonté contre lui.
« Si tu l'as voulu, tu l'as pensé si fort que je l'ai entendu ! Et tu sais pourquoi ? Tu sais pourquoi je l'ai senti venir ? Hein ? Est-ce que tu sais pourquoi ? » Interrogea le dreadé fixant toujours son père hargneusement.
« Tom, je voulais pas dire ça, je… »
« Et non, tu sais pas pourquoi… » Souffla Tom dégouté. « Mais je vais te le dire pourquoi…Papa. » Le dreadé renifla et continua. « A chaque fois que tu sors une de ces insultes, je le sens venir avant même qu'elle soit audible. A chaque fois, je sens mes entrailles s'écraser. » Expliqua Tom appuyant son poing serré contre son ventre. « A chaque fois j'ai un peu plus peur que tu découvres qui je suis vraiment… »
« Tom… » Lâcha Jörg impuissant face à la rage contrôlée de son fils.
« Et ouai Papa, t'as rien compris, t'as rien vu, t'as jamais voulu savoir…Mais tu vois, ton fils est pédé et ça tu pourras rien y changer. Parce que ton fils, il est putain d'amoureux de celui qui est juste derrière et qu'il a pas l'intention de te laisser tout gâcher. »
« Arrête tes conneries Tom ! Dis-moi que tu dis ça pour rire ! » Cria l'homme.
« Tu trouves que j'ai une tête à rire ? Tu crois que ça me fait plaisir de devoir t'avouer ça ? Mais t'es vraiment ignoble ! Je me sens vide, je t'ai tout déballé, c'est sorti tout seul parce que j'en pouvais plus. J'ai mal ! Tu comprends ça ? J'ai mal ! » Acheva Tom pleurant toujours calmement, la rage enfouie au plus profond de lui.
Jörg ne disait plus rien, il était comme coupé du monde et il se tourna vers sa femme qui pleurait.
« Simone ! Dis quelque chose ! Tu le savais ? »
Elle hocha la tête en signe d'approbation avant d'ajouter :
« Oui, depuis hier. »
« Et tu m'as rien dit ? »
« Et t'aurais fait quoi ? Tu l'aurais humilié plus tôt ? C'est ton fils bordel ! Tu dois l'aimer, peu importe ce qu'il aime, peu importe qui il aime ! » Répliqua Simone.
« Parce que tu acceptes que ton fils soit pédé ? Mais c'est dégueulasse ! »
« C'est toi qui est dégueulasse ! T'as même pas vu à quel point il était heureux dans les bras de Bill. T'as même pas remarqué depuis tout le temps où t'es dans sa chambre, que le dessin sur le mur de Tom, c'est Bill. T'as pas vu comme il se cramponnait à lui pour éviter le cauchemar qui l'attendait. Mais surtout, tu te préoccupes plus de ta personne que de celle de ton fils qui s'est fait tabasser hier parce qu'il est amoureux d'un garçon. Il aurait pu crever que t'aurais rien pu y faire. » Débita la mère du dreadé pointant son mari du doigt.
« Je peux pas avaler ça, je peux pas, juste nan je peux pas. Pas maintenant. Je… » Répondit l'homme se sentant seul contre tous avant de sortir en trombe de la chambre de son fils.
Tom courut après son père et le stoppa dans le couloir l'attrapant par l'épaule. Ils se jaugèrent du regard quelques secondes puis Jörg retira sèchement la main de son fils de son épaule avant de prendre sa veste et de sortir de l'appartement sans rien ajouter.
Le dreadé retourna dans sa chambre et s'effondra sur son lit. Bill s'allongea près de lui et le serra contre son torse fin. Simone sourit tristement au travers de ses larmes et s'assit par terre, près du lit de son fils. Elle posa sa main sur la main de Tom qui était passée autour de la taille de l'androgyne. Le dreadé serra les doigts de sa mère. Il priait pour que son père revienne lui pardonner de ne pas être comme il aurait voulu qu'il soit.
