Quand Harry se réveilla, il était dans la chambre où il avait l'habitude de séjourner avec Ron. Et c'est en se tournant vers la droite qu'il remarqua d'ailleurs le rouquin qui était ancré dans un sommeil plutôt profond. Il marmonnait des choses, mais Harry ne put comprendre ce qu'il venait de bafouiller.

Une sensation nouvelle se fit sentir chez Harry. Il comprenait ce que disait Ron.

« Hermione, approche, je ne vais pas te manger…enfin, j'espère, tu es tellement… »

Harry, bien qu'il venait de se réveiller, et qu'il était dans un état plutôt lamentable, ne put réprimer ce fou rire, et au fur et à mesure de ses paroles, il remarqua que les lèvres de Ron ne bougeait pas, mais il entendant toujours ces phrases, plutôt révélatrices sur les sentiments de Ron à l'égard de Hermione.

Il se secoua la tête légèrement, et essaya de ne de plus « capter » les pensées de son meilleur ami. Peut être que si je ne le regarde plus, ça sera bon, se dit-il. Lorsqu'il se retourna, il remarqua que Ginny était à ses côtés. Elle dormait encore, et était magnifique dans son sommeil. Elle était encore habillée comme la veille, elle avait passé la nuit à veiller Harry, mais s'était endormie à ses côtés.

Harry remarqua cependant la présence d'un intrus dans la chambre, et c'est en levant les yeux sur lui, qu'il constata que Godric Gryffondor se tenait dans les airs, en train de faire le pitre. Il imitait une jeune fille, en train de faire un baiser. Le regard sérieux et excédé de Harry suffit pour qu'il reprenne ses esprits.

« Bonjour Harry » avait-il fait, comme Jaana avait le don de le faire. Harry ne répondit pas. « Tu m'entends Harry ? Tu es sur boite vocale ? A l'eauuuuu ! Ah non, au beurre et au vinaigre ! Harry ! »

« Bien sur que je vous entend ! Que venez vous faire dans ma chambre, à part faire le pitre ? »

« J'avais oublié de te dire que tu allais tomber dans les pommes après ton réveil… »

« C'est maintenant que vous me le dîtes ! »

« J'étais obnubilé par mon caleçon qui a … » fit-il, mais lorsqu'il comprit ce qu'il était en train de dire, il s'arrêta net.

« Quel caleçon, c'est quoi ce charabia ! »

« Helga me l'avait piqué ! Tu ne comprends pas, c'est mon préféré, je n'arrive pas à dormir sans lui… »

« Bon quand vous aurez terminé de me raconter vos ébats, vous me faîtes signe ! »

« Oh Harry, non, je ne puis pas ! » fit-il, sérieux « Mais je préfère les scies gognent ! Oh oh oh…Cigogne ! ».

« Je vais vous gogner six fois, on verra si vous serez moins fou ! Oh oh oh, cogner ! » fit Harry, excédé par la présence de Godric et des ses blagues plus vaseuses et nulles les unes que les autres.

« Trèves de plaisanterie Harry ! Sois sérieux un peu… »

« Vous vous foutez de moi ? » lui dit mentalement, en train de s'énerver.

« Euh, du calme mon petit… »

« Erm… Dites, pourquoi j'entends ce que pense Ron ? »

« Tes nouvelles capacités, j'espère que ça te plait ! Bientôt tu pourras même voir sous les vêtements de ces dames ! »

Harry prit un chausson qui se trouvait au pied de son lit, et le lança sur Godric. Bien entendu, il le transperça, mais Godric fut surpris du geste de Harry. Harry pria que le chausson retombe sur le côté supérieur, afin que le bruit de sa chute sur le sol soit un peu étouffé, mais ce qu'il se produisit fut le contraire.

Le chausson tomba et la collision de celui-ci avec le sol réveilla Ron et Ginny. Enfin, Ron, Harry ne savait pas s'il était vraiment réveillé, car il s'était levé d'un coup, suite à ce bruit inhabituel, et avait commencé à parler de Hermione. Quand il avait regardé Harry, honteux, il se recoucha et se tourna pour qu'on ne le voie pas.

Quant à elle, Ginny avait ouvert les yeux, mais s'était presque rendormie aussitôt. Elle avait passé un bras sur le torse de Harry, et dormait paisiblement contre lui.

Harry restait là, à regarder Ginny qui dormait. Sa présence était plus que réconfortante, et rien que la voir à ses côtés, ressentir son cœur battre à intervalles réguliers, lui procurait une plénitude totale. Il resta ainsi de longues minutes à l'admirer. Longues, ce n'est pas ce qu'aurait dit Harry, car il était en pleine extase devait Ginny, et elle se réveilla trop vite à son goût.

Ron n'avait pas réussi à se rendormir, et après un bref quart d'heure, où il repensait à la honte qu'il avait du subir, il daigna se lever pour ainsi aller prendre son petit-déjeuner. Enfin, son organisme criait famine, Harry l'avait remarqué : il avait perçu des gargouillements, même s'il savait qu'en temps normal, il ne les aurait pas entendus.

Alors qu'il allait sortir de la chambre, il avait donnait un coup de pied volontaire dans le chausson, ce qui réveillé d'ailleurs Ginny. Il murmura un faible « désolé » à Harry, et sortit de la chambre.

Ginny se réveillait à petit feu. Elle commençait à remuer ses lèvres, et à ouvrir ses paupières. Elle fut accueillie par un Harry, qui avait le sourire aux lèvres, et elle ne put attendre un instant de plus pour lui prouver son amour. Elle l'embrassa, mais avec une telle concentration d'amour qu'il fut difficile pour eux de le stopper.

'Mon amour… J'ai eu si peur…' marmonna t'elle. Elle le put dire autre chose, Harry avait posé son index sur ses lèvres, et il prit la parole :

'Mon cœur, je sais, et je suis désolé…J'ai tout entendu, enfin, j'ai entendu tout ce que tu me disais, et c'était un vrai calvaire, mais maintenant que je t'ai près de moi, je ne veux plus perdre une seconde…'

Et il l'embrassa. Ginny répondait à ce baiser, et ces mains s'agrippèrent à son dos musclé. Ses mains se baladaient sur le corps de Harry, et visiblement ça ne lui déplaisait pas, mais il arrêta Ginny.

'Ginny, pas ici, pas maintenant, s'il te plait…' lui demanda Harry d'une voix douce, pour ne pas la vexer. ' « Je ne suis pas prêt » aurait du être ma réplique, mais je ne pense pas que cet endroit soit idoine…pas assez idoine à te montrer ce que je ressens pour toi…' reprit Harry, en rougissant au fur et à mesure qu'il prononçait sa phrase.

Ginny ne le prit pas mal, elle l'embrassa.

« C'est vrai, excuse moi Harry… » fut ce qu'entendit Harry alors que sa petite amie l'embrassait, et il était content qu'elle soit de cet avis, même si parcourir ses pensées lui déplaisait un peu, il fallait trouver une solution à ce problème, ou bien maîtriser ses nouveaux dons.

Elle lui prit la main et l'entraîna en dehors de la chambre, pour aller déjeuner. Dans la cuisine, il y avait Ron qui était assis, en train de manger, et Mrs Weasley, en train de lire la Gazette.

'Bonjour' fit joyeusement Harry.

'Harry ! Tu es debout ! Tu vas bien ?'

'Oui, très bien et vous ?'

'Oui ! J'ai envoyé une beuglante à Sainte Mangouste, c'est inadmissible de t'avoir laissé sortir dans cet état !'

'Ce n'était pas de leur faute, Mrs Weasley, c'est ce crétin de Godric qui avait oublié de me dire quelques détails…'

'Godric ? Godric Gryffondor ?' lui demanda Ron, en sortant la tête de son bol de lait.

'Oui, Godric Gryffondor lui-même, ainsi que son caleçon ! Quel idiot tout de même !'

'Tu as passé son test ?' lui demanda Mrs Weasley, à demi intéressée, fascinée et inquiète.

'Oui, enfin, j'avais pas l'intention de le faire, j'ai seulement effleuré ce mur…'

'Et tu as réussi ce test…' fit Ginny, bouché bée.

'Oui, je l'ai réussi…'

'Il me semble que la dernière personne qui a fait ce test était ta mère, ensuite plus personne n'a osé le faire…Mais comment es-tu arrivé à cet endroit ?' demanda Mrs Weasley, curieuse.

Harry lui raconta son séjour à Godric's Hollow, qui lui semblait déjà si lointain. Il raconta aussi sa rencontre avec Alessa et Isaac, ainsi que pour la maison et la lettre de sa mère.

'Que vas-tu faire à présent alors ? Tu vas aller vivre là bas ?' lui demanda Ginny.

'J'aimerai rien rester ici, au Square un peu, Abelforth m'a promis que je pourrais avoir des leçons pour m'entraîner…Et puis j'aimerai faire parti de l'Ordre, maintenant que je suis majeur…'

'Tu fais parti de l'Ordre,' objecta Mrs Weasley. 'Dumbledore nous avait confié qu'il fallait que tu y fasses parti, bien que cette perspective ma ravit pas, on doit faire confiance à Dumbledore…'

Après avoir pris son petit-déjeuner, Harry était parti se laver et s'habiller. Ensuite il avait rejoint Hermione, Ron et Ginny dans le salon. Il s'était callé à côté de Ginny, et lui avait pris sa main.

'Harry, qu'est ce qui t'as pris ? Pourquoi as-tu essayé de te mesurer à Godric ?' osa Hermione, brisant le silence qui s'était installé.

'Je ne savais pas ce qui allait se produire ! Je te le jure Hermione, si j'avais su, je n'aurai jamais fait ça, car vous voir souffrir à cause de moi m'était insupportable…'

'Tu nous voyais ? Enfin, tu nous entendais ou bien ?' demanda Ron, en penchant la tête vers lui.

'Oui, je vous voyais…' fit-il avec un peu de tristesse. 'Je suis désolé,' reprit-il, 'je ne voulais pas vous faire subir ça, je suis vraiment désolé…'

'Tu n'as pas à t'excuser…Si tu nous parlais plutôt de ce que tu as vécu…' tenta Hermione.

Harry leur raconta alors qu'il avait du passer trois épreuves. Il les raconta avec des détails précis, ce qui l'étonna d'ailleurs. Il y eut des cris étouffés, montrant surprise et peur, mais personne ne le coupa durant son récit.

'Tu as quoi comme capacité alors ?' interrogea Hermione, très curieuse.

'Je peux lire dans les pensées des autres, enfin, parfois ça arrive, j'arrive pas encore à la maîtriser, cette capacité.'

'La legimencie !' fit Hermione.

'Oui sûrement, je devrais aller voir Godric pour qu'il m'explique, j'y verrai plus clair…'

Harry passa sa journée à parler avec les amis qu'il n'avait pas pu côtoyer durant deux longues semaines. Cependant il manquait une personne : Jaana, et on lui avait dit qu'elle n'était pas sortie de sa chambre.

Après avoir embrassé Ginny, Harry partit dans la chambre où il avait surpris Jaana en train de regarder un souvenir dans la pensine. Il ouvrit la porte le plus silencieusement possible, pour ne pas la réveiller si elle dormait. A cette heure-ci, c'est improbable, mais Harry ne voulait pas faire de bruits. Elle était dans son lit, et semblait dormir.

Il s'assit sur son lit, et tenta de la réveiller en passant sa main dans ses cheveux. Elle était exquise quand elle dormait.

'Harry ? Que fais tu ici ?' demanda Jaana, en se cachant dans ses draps.

'Moi aussi je suis content de te revoir !' fit Harry en rigolant. 'Tu vas bien ?'

'Oui, plutôt à demi éveillé, ça aurait était mieux si un idiot ne m'aurait pas éveillé !' lui dit-elle en rigolant à son tour. 'Tu m'as manqué Harry…'

'Toi aussi tu m'as manqué Jaana…Viens dans mes bras immédiatement, et que ça saute !' avait fait Harry, sur un ton de rigolade.

Jaana s'était presque jetée dans ses bras, et cette étreinte la réconforta. Etre avec la personne que l'on aime, après tout, il n'y a rien de plus réconfortant. Harry savait qu'elle éprouvait de tels sentiments pour lui, mais il ne voulait pas la mettre à l'écart, et sa présence, il en avait besoin. Ils restèrent ainsi longtemps, l'un dans les bras de l'autre.

'Jaana, pourquoi es tu restée dans ta chambre aujourd'hui ?'

'J'avais besoin de temps…'

'Ecoute, je ne peux pas t'offrir ce que tu aimerais, mais sache que j'ai besoin de toi à mes côtés…'

'Harry, je le sais bien, mais je ne contrôle pas mes sentiments, j'aimerai me dire : non tu dois pas l'aimer, mais j'y arrive pas…'

'Jaana, je veux seulement te voir heureuse, et je ne veux plus te faire souffrir…'

'Je sais Harry…' murmura t'elle. 'Au fait, je pensais pas que tu allais mettre seulement deux semaines…' fit elle pour changer de sujet de conversation.

'Tu me croyais aussi nul que ça ?' demanda Harry, tout en souriant.

'Non, seulement moi j'ai mis plus de dix ans à sortir…'

C'était donc ça, c'était pour cette raison qu'elle avait été dans le coma. Tout commençait à s'illuminer dans la tête de Harry, il comprenait mieux maintenant. Ensuite, elle lui raconta comment elle avait vécu ses dix années, ainsi que c'était Godric qui avait pris soin d'elle tout ce temps. Par ailleurs, pour la protéger, elle avait reçu de lui des pouvoirs, tout comme Harry.

'Ah, au fait, je l'ai vu tout à l'heure, il m'a demandé de te dire merci pour le chausson…Tu peux m'expliquer !'

Harry eut à ce moment un fou rire, penser à ce qu'il s'était produit ce matin là provoquait chez lui une hilarité sans fin.

'Bon, tu me racontes oui ou zut !'

'Oui, oui je te raconte ! Laisse moi respirer !'

Après lui avoir raconté, ils avaient rejoint tout deux leurs amis dans le salon. Harry en profita pour leur annoncer qu'il allait recommencer l'AD, pour préparer ses élèves contre les forces du mal, plus précisément, Voldemort.

Il avait envoyé un hiboux à tout ses anciens élèves, et avait organisé une soirée dans sa maison à Godric's Hollow. Hermione et Ginny étaient sous le charme lorsqu'elles avaient visité la maison, mais Harry ne cessa de les embêter sur ce point.

'Très bien, je vous donne donc rendez vous très prochainement pour de nouveaux cours !' avait conclus Harry. 'Neville, je peux te parler un instant ? Tu as amené ce que je t'ai demandé ?'

'Oui, tiens Harry, je ne vois pas ce que tu vas trouver dans ces papiers…'

« Revelatio » avait t-il fait vers le bout de papier du bout de sa baguette.

'C'est bien ce que je craignais…Ces chewing gums étaient empoisonnés…'

Harry expliqua tout à Neville : ses parents ne pouvaient redevenir eux même à cause de ces chewing gums. Neville lui avait d'ailleurs dit que ses parents avaient toujours eu un chewing par jour depuis leur internement à Sainte Mangouste. En effet, ils étaient empoisonnés, donc leur état de folie était prolongé.

'Ne t'en fais pas, Neville, ils seront de nouveaux parmi nous. Au fait, ils m'ont demandé de te dire qu'ils t'aiment très fort.'

'Comment, Harry ? Comment tu sais ça ?'

Il était parti en lui faisant un clin d'œil.

D'ailleurs il avait aussi passé le message à l'intention de Mrs Weasley. Ses frères, Gideon et Fabian avaient demandé à Harry de passer un message assez similaire à celui de Neville, et Mrs Weasley avait pris Harry dans ses bras, tout en pleurant comme une madeleine.

Les deux jours qui suivirent, Harry était allé à la même heure à Sainte Mangouste, afin de conforter son idée, et il avait remarquait qu'une médicomage offrait toujours des chewing gums aux parents de Neville.

Avec l'autorisation de la grand-mère de Neville, Harry avait fait transféré Frank et Alice Londubat au Square Grimmaurd, où Neville passait presque la totalité de ses journées.

Durant une semaine, entre les cours particuliers, ses amis, et les parents de Neville, Harry n'avaient la moindre seconde de répit.

Mais ces efforts furent récompensés, lorsqu'un jour, il découvrit Neville dans les bras de sa mère, dans la chambre qui leur était destinée.

Harry était heureux pour Neville, il avait retrouvé ses parents, mais pas lui.