Chapitre 10 Impuissance…

Kuga avait sauté de deux étages sans crier gare, et elle avait réussi avec une grande aisance à atteindre les branches d'un arbre. Elle dégringola brutalement de branche en branche en essayant de prendre de l'appuie sur l'une d'elles, afin de prendre plus d'amplitude pour sa réception. Et elle finit par atterrir en faisant un parfait plongeon avec un salto arrière, et des vrilles des plus impressionnants et spectaculaires dans la piscine de la riche famille, tel un plongeur olympique. La piscine se situait heureusement juste en dessous de la demeure, et la fenêtre de la chambre de la louve. La beauté de Kyoto qui avait assisté à toute cette scène le souffle coupé, s'écroula d'un coup sur les genoux ; soulagée. Ses mains tremblaient furieusement, et des larmes s'étaient écoulées comme un torrent sans fin sur son visage, elle tenait depuis tout ce temps fortement le rebord de la fenêtre en bois abîmant significativement la paume de ses mains.

''Oh...Merci mon dieu. Merci, merci, merci.'' Déclara t-elle en observant le ciel. Elle s'essuya d'un geste ses perles de chagrin. Puis l'aînée des Fujino se releva du sol, et elle allait accourir vers la princesse de glace. Toutefois, sa sœur la retient fortement par le bras ne lui laissant la possibilité d'atteindre le seuil de la chambre.

''Tu as intérêt à me lâcher maintenant, car je n'hésiterai pas à t'en mettre une Viola ! Maintenant la voie est libre, Natsuki ne sera pas là pour te protéger. Même si tu es ma sœur, je ne conçois pas tes agissements de petite fille pourrie gâtée. Tu mérites réellement que je te donne une bonne correction, mais contrairement à toi. Je ne suis pas aussi minable pour m'en prendre aux autres, même s'ils le méritent véritablement !'' Grogna la fille aux iris cramoisis qui poussa brutalement sa cadette, qui se cogna l'arrière de la tête contre le mur.

''Quoi que tu fasses Shizuru, Kuga est ma propriété et rien qu'à moi ! Tu l'as constaté par toi-même, il n'écoutera avant tout que mes propres désirs et pas les tiens; alors ne me provoque pas ainsi, car c'est lui qui payera très cher les conséquences de tes actes irraisonnés.'' Ria Viola.

''Est-ce une menace ? ''

''Totalement. ''

''Tu es vraiment quelqu'un d'immonde et d'abjecte. Je ne te reconnais plus !'' Cracha aigrement Shizuru les iris flamboyant de mépris, alors qu'elle n'avait plus pu se contrôler plus longtemps. Elle avait attrapé fermement par le col la peste brune, qui jubilait particulièrement de la situation.

''Ce n'est pas comme si tu me connaissais véritablement. Aussi merci beaucoup pour les compliments, je suis flattée. Vas-y frappe moi, et ne t'étonne pas que ton chéri adoré soit ensuite sévèrement puni, car il n'a pas pu me protéger quand il le fallait. Comme tu le dis, il n'est pas là et, c'est bien dommage pour lui, car s'il m'arrivait le moindre petit problème, alors qu'il devrait être à mes côtés. Alors que va t-il se passer ? Oh...je n'aime mieux pas y penser."

"Tu n'es qu'une-"

"Je suis qu'une quoi Shizuru ? Je suis toute ouïe ? Alors ? Vas-y, dis-le moi grande sœur adorée ? Je vois que tu meurs d'envie d'extérioriser tes sentiments refoulés ! Qu'est-ce que je suis ?"
Questionna avec un rictus la demoiselle mesquine, alors son interlocutrice serra fortement ses lèvres pour ne pas s'emporter, c'était probablement ce que souhaitait son opposante.

"C'est bien ce que je pensais. Dis ce que tu veux, ça ne changera rien à la situation actuelle. C'est MON Natsuki et pas le tien. Je dispose de lui comme je le souhaite.'' L'adolescente à l'accent de Kyoto relâcha la jeune arrogante, et s'en alla de la pièce sans dire un mot. Elle courra rapidement à l'extérieur, et vit la louve qui sortait de la piscine. Celle-ci se mit à secouer ses cheveux de droite à gauche afin de les sécher plus rapidement. Puis passa ses doigts afin de les plaquer à l'arrière.

''Natsuki est-ce que ça va?'' Demanda soucieuse la bourgeoise qui avait donné sa main pour aider son amie d'enfance à sortir de l'eau, mais le garde du corps ne l'utilisa pas, et remonta toute seule au bord de la piscine.

''Il en va de soi. Pourquoi ?'' Répondit celle-ci comme si rien ne s'était passé.

''Tu as sauté du deuxième étage...et...tu...dis que tu n'as rien ?''

''Oui...J'ai l'habitude.''

''Quoi ? Ce genre de chose arrive t-il souvent ici ?'' Commenta paniquer l'aînée des Fujino. Qu'est-ce qu'elle allait découvrir par la suite, elle en était déjà terrorisée.

''Ceci ne vous concerne pas.'' Ajouta le casse-cou qui s'apprêtait à s'en aller.

''Natsuki...je ne laisserais plus ce genre de chose t'arriver. Je t'en fais la promesse.''

''Ne faites pas des engagements dont vous ne pouvez tenir. Vous ne pouvez rien faire, alors oubliez tout ceci, et profitez de votre temps avec oujou-sama.''

''Il est hors question ! Comment puis-je le faire en te voyant traitée de la sorte, je ne peux fermer les yeux, c'est impossible. Pour qui tu me prends ? Je ne suis pas un monstre comme celle qui partage malheureusement mon A.D.N.'' Aboya la beauté aux iris rubis qui sera la main du garde du corps, elle vit son corps se raidir et sentit un liquide dans sa paume. Prêtant une plus grande attention à la main de son amie, Shizuru remarqua que du sang s'écoulait des deux mains.

''Oh Natsuki...tes mains, on doit aller les désinfecter.''

''Ne-'' Ne pouvant finir sa phrase la bourgeoise aux rubis attrapa fermement par le bras son garde du corps, puis elle la ramena à son niveau afin que la louve ne détourne pas son regard.

''Je veux pas t'entendre dire de ne pas m'inquiéter ! Car cela aurait strictement un effet inverse !''

''Laissez-moi s'il vous plaît, votre soeur m'attend en ce moment. Ce n'est nulle mon attention de la faire patienter encore plus longuement.'' Shizuru bouscula Kuga, car elle était exaspérée par son comportement frivole et des plus dangereux. La dite allait presque se briser la nuque, et elle ne pensait qu'à sa sœur, soit les maux de tous ses tourments ? C'était du pur masochisme, en plus de l'esclavage et de la maltraitance.

Pendant ce temps, la bluette allait tomber sur le sol, mais elle a eu le temps, mais surtout le réflexe d'utiliser une de ses mains, pour faire un flip arrière pour se redresser (mouvement gymnastique : utilise les avant bras pour soulever son corps, une sorte de roulade arrière avec les bras tendus.)

''Mais qu'est-ce qui ne va pas chez vous ! Vous êtes complètement malade ! Pourquoi m'avez-vous poussé comme ça !'' Glapit sous le choc le serviteur; qui s'était remise debout en un instant et avait remis en place ses vêtements complètement trempés.

''Ça ne t'a pas particulièrement dérangé de sauter de tout là haut. Soit deux étages ! Deux étages ! Qui font au total plus de trois mètres !'' Montra la riche de Kyoto la fenêtre de la chambre du domestique aux émeraudes.

''Ce n'est pas la même chose !''

''Je le sais, car s'il y avait pas eu la piscine à ton atterrissage, tu serais gravement blessée ou même six pieds sous terre !''

''N'exagérez pas non plus ! Et puis s'il n' y avait pas la piscine, j'aurai ralenti ma chute en m'agrippant aux branches de l'arbre.''

''Comment peux tu dire ce genre de chose ? Tu n'es pas un singe qui saute d'arbre en arbre !'' Protesta Shizuru à bout de nerfs. Elle ne s'était jamais emportée de la sorte, mais ne pouvait s'empêcher de continuer de raisonner son amie qui avait visiblement subi un lavage de cerveau.

''Mais j'ai eu un entraînement spécial qui me permet de le faire.'' Rétorqua obstinément la louve au plus grand désespoir de l'héritière, qui voulait sur moment secouer dans tout les sens cette tête de mule.

''Ça suffit avec tout ces réponses si parfaites, et qui ne le sont pas ! Et que ce serait-il passé s'il n'y avait pas eu cet arbre ?''

''J'aurais fait directement un plongeon dans la piscine. Et j'ai déjà sauté de beaucoup plus haut donc ce ne serait pas grand chose pour moi.''

"Pl...Plus haut ? Que veux-tu dire ?" Bégaya la buveuse de thé qui blêmit à vue d'œil.

"Rien." Mince, se réprimanda la bluette, elle ne pouvait pas dire qu'elle avait déjà sauté du haut d'un toit et d'un pont pour chercher les clés de Oujou-sama, qui les avaient fait tomber dans une rivière. Et bien entendu, qu'en fidèle petit chien, elle a dû les chercher pendant deux heures, sous le temps glacial d'un mois d'hiver. Sinon, comment le vivrait Shizuru qui était déjà presque au bord de l'hystérie ? Il ne fallait pas attiser pour rien les conflits, dont les dommages collatéraux seraient terribles.

''Et si par hasard, il n'y avait pas la piscine.''

"Il y en a une."

"Mais s'il y en avait pas !" Insista la châtain aux rubis, en serrant fortement des poings faisant craquer les articulations.

''Alors, je me serais débrouillée d'une autre façon pour l'atterrissage. Je vous rappelle aussi que rien de grave qui s'est produit, donc ce n'est pas de s'inquiéter autant. Alors ce débat est clos.'' Coupa Kuga.

''Non mais je rêve ! Qu'importe ! Je vais te soigner et maintenant et ne me parle plus de ma jeune soeur, il le vaudrait mieux pour elle !'' Siffla irriter la demoiselle de Kyoto.

''KUGA ! Viens ici immédiatement ! C'est un ordre !'' Aboya la despote aux iris sangs, qui était au perron de la demeure les mains posaient sur ses hanches.

''Natsuki n'y vas pas par pitié, je dois te soigner, et puis tu dois te changer ou tu vas être gravement malade à rester avec ces vêtements trempés.''

''Je suis désolée mais je n'ai guère le choix. Et je vous pris aussi …de m'excuser pour mon emportement, il y a quelque instant. Je n'aurais pas dû réagir de cette manière aussi virulente envers vous. Pardonnez moi. J'accepterai n'importe quelle punition que vous me donnerez.'' S'excusa la domestique en posant un genou sur le sol, tandis qu'elle observa le sol coupable.

''Je ne ferais jamais ce genre de chose, c'est impossible. Je ne suis pas Viola. Alors lève-toi s'il te plaît !'' Implora Shizuru les larmes aux yeux.

''Natsuki Kuga ! Je t'ai dit de venir et maintenant pas sur mon lit de mort !'' Hurla de manière assassine son tyran accroc à la théine.

''Veuillez m'excuser. Je dois y aller.''

''Non s'il te plaît reste...à mes côtés…'' Souffla désemparer Shizuru qui observa avec une grande tristesse son garde du corps qui s'inclina avant de partir, et s'éloigna aussitôt d'elle. Elle pouvait voir de loin sa cadette jubiler. La châtain serra fortement ses dents, elle n'allait plus laisser cette situation abominable durer. Elle ferait tout en son pouvoir pour sauver son amie, même si elle doit pour cela affronter directement sa méprisable soeur.