Chapitre 10
Dumbledore dégustait la tarte au citron meringuée qu'on lui avait servie comme dessert. Encore un de ses innombrables péchés mignons ! Pour rien au monde, il n'aurait gâché l'instant présent en engloutissant la tarte d'une traite ! Il prit tout le temps de savourer ce mets si cher à son estomac et à ses papilles gustatives. Chaque bouchée était un délice ! Cela lui prit exactement 12 minutes et 31 secondes (calcul effectué par un élève de Poufsouffle). Pendant ce temps, le suspens était devenu intenable et les élèves avaient commencé à s'agiter. Après avoir minutieusement récupéré chaque miette tombée dans son assiette et après s'être essuyé les mains, Dumbledore se leva enfin. Tout le monde retint son souffle quand il s'avança vers le pupitre :
« Nous donnons le feu vert au projet de Malefoy ! »
Cette simple phrase (sujet/verbe/COD/COI) fit l'effet d'une bombe. Certains sautèrent de joie, d'autres crièrent au scandale, et même deux jeunes filles s'évanouirent ! Un sourire vint à Malefoy, mais il se retint de tout autre signe de joie.
« Il est normal que certains ne soient pas d'accord ! Chacun est libre d'avoir son opinion, mais ceux qui aujourd'hui sont réfractaires à ce projet finiront par l'adopter. Ils comprendront qu'ils n'y a pas meilleur choix que celui que nous faisons. »
Les mécontents s'en allèrent aussitôt tandis que les autres restaient pour voir une nouvelle fois le drapeau inventé par Malefoy. Son idée en avait séduit beaucoup mais le personnage n'en était pas pour autant plus apprécié. Son mea culpa n'avait guère convaincu !
« Plus qu'une aprèm et on est en vacances ! chantonna Ron en quittant la grande salle.
- Merci pour l'information Ronald, mais on était au courant ! Et puis, techniquement, on est déjà en vacances !
- Hermione, tu serais cool de ne pas répandre pas ta mauvaise humeur comme la peste ! Merci !
- Comme tu veux ! Je vais répandre ma mauvaise humeur ailleurs. Vous serez plus à l'aise pour donner à Malefoy ma place dans votre trio ! Je serai évincée en douceur ! Quelle délicatesse ! » dit-elle sous le coup de la colère en s'en allant.
Ron et Harry, sans se concerter, la rattrapèrent. Harry fit signe à Ron de se taire…à moins qu'il ne veuille déclencher la guerre !
« Hermione, tu te trompes si tu crois qu'on a l'intention de te remplacer ! On a enterré la hache de guerre avec Malefoy. On a reconnu que son idée était bonne, mais c'est tout. Pourquoi tu t'énerves comme ça ?
- Oui, et puis demain vous irez fumer le calumet de la paix !
- De l'humour ? C'est nouveau chez toi Hermione ! » lança Ron.
"Quel boulet !" pensa Harry. Mais le discours de son ami le fit vite changer d'avis.
« Hermione ! Nous n'avons pas du tout l'intention de te remplacer. On te connaît depuis des années et on ne compte pas te lâcher. Ensemble on a réussi des trucs improbables, on a défrisé des montagnes ! T'es devenue un membre à part entière de notre petite "famille". Tu es comme une sœur pour Harry et comme une euh…une (paroles inaudibles)… pour moi. S'il te plaît, ce serait absurde de gâcher notre dernière aprèm de l'année à se faire la tête. »
Ron ne s'attendait pas ce qu'Hermione rie suite à son discours mais c'est pourtant bien ce qu'elle fit :
« On dit "déplacer les montagnes !". Mis à part cette petite faute, tu as raison… »
Pour terminer leur année en beauté, les trois compères allèrent rejoindre tous leurs amis auprès du lac. Une grande fête avait été organisée et tout le monde y participait.
Cependant, Malefoy, lui, n'avait pas le cœur à s'amuser. Il savait pertinemment que, même si tous les professeurs avaient été conviés à ce petit pique-nique près du lac, il y aurait toujours quelqu'un d'absent au bataillon. Il souhaitait s'entretenir avec cette personne avant de rentrer. Le maître – non pas des lieux, mais des cachots – n'allait certainement pas se montrer à une fête aussi pathétique et puérile qu'un pique-nique de fin d'année. Malefoy savait où il le trouverait.
Quand il entra dans le bureau de son professeur, la porte fit un bruit infernal. Elle grinça à en déchirer les tympans. Sans comprendre ce qui lui arrivait, Malefoy fut plaqué contre un mur glacé, une baguette sous le menton. La réaction pour le moins brutale de son professeur lui fit froid dans le dos. Quand Rogue vit qu'il s'agissait de Malefoy, il eut une légère grimace qui n'échappa pas au garçon :
« Merci pour l'accueil ! dit Malefoy.
- Vous m'avez surpris…mais je n'ai pas à me justifier ! Que faites-vous là ? dit-il en rangeant sa baguette.
- Je viens vous dire au revoir, professeur. Je m'en vais ! Cette année aura été ma dernière à Poudlard !
- C'est une blague de mauvais goût, Malefoy !
- Ce n'en est pas une, professeur ! Je termine ma course ici !
- Peut-on savoir à quoi vous allez consacrer votre temps dorénavant ?
- Je compte continuer mes études ! Enfin, pas vraiment des études !
- J'ai du mal à saisir. Vous quittez Poudlard pour partir apprendre ailleurs ? Les cours que mes collègues et moi vous dispensons ne vous conviennent plus ? Un manque de pédagogie ? Trop de travail ? Vous craquez sous la pression ? Des problèmes de…
- Non, non, rien à voir avec tout cela ! J'ai juste besoin de me ressourcer, de démarrer une nouvelle vie ! Je me lancer dans une carrière d'écrivain ! …
- Ecrivain ! Pour écrire quoi ? Des contes de fées peut-être ? ricana Rogue, amer.
- Pourquoi pas ! A l'instar de celui-ci, un conte qui se finit bien. Mais j'ai déjà une petite idée de la trame et du final. Le personnage principal sera un héros énigmatique et qui préfère agir dans l'ombre, …
- Je préfère ne pas relever ! Enfin, si c'est votre décision, je la respecte ! Vous aurez été un élève à problèmes, mais assurément un élève très doué !
- Quant à vous, si vous êtes un professeur avare de compliments, vous êtes un professeur extrêmement compétent. Merci encore ! »
Rogue en resta comme deux ronds de flan. Jamais un élève n'avait été aussi direct avec lui, aussi franc. Malefoy partit brusquement de peur que Rogue ne voie qu'il avait les larmes aux yeux. Dès qu'il fut dans les couloirs, il transplana en direction du manoir. Il regagna sa chambre en grimpant quatre à quatre les marches de l'escalier de marbre.
Sans en avoir touché mot à personne, il avait déjà bien entamé son expérience d'écrivain. Il avait déjà écrit un roman, bien qu'il n'en eut pas encore le titre. Le livre retraçait le parcours mouvementé d'un homme tiraillé entre le bien et le mal mais qui, grâce à un élément déclencheur rentrait finalement dans la bonne voie.
Force idées se bousculaient dans sa tête, mais sans qu'il s'arrêtât à aucune. Enfin, il se redressa sur sa chaise et écrivit frénétiquement. Il avait trouvé le titre parfait, celui qui récapitulait son histoire et celle du personnage. Fier de lui, il lut même le titre à haute voix :
« Prise de Conscience ! »
Le chapitre de fin! J'espère que vous avez passé un bon moment en lisant cette histoire :)
J'ai posté le premier chapitre de ma nouvelle fanfiction (Le syndrome de la page blanche) et le second devrait arriver en cette fin de semaine. Si l'envie vous dit d'aller y jeter un coup d'oeil, ne vous privez pas^^ Idem pour les petits drabbles sur Ron (Ron : petites anecdotes).
Merci d'avoir lu et d'avoir commenter!
Elmerlelephant
